Vers un deuxième jour férié travaillé gratuitement ?

publié le 16 avr. 2018 à 00:11 par Syndicat National Unsa Valeo   [ mis à jour : 27 mai 2018 à 06:20 ]

Pour Agnès Buzyn, une deuxième journée de solidarité fait partie des pistes possibles pour financer la dépendance. Photo Bertrand GUAY/AFP Vers un deuxième jour férié travaillé gratuitement ?

Il s'agit de l'une des pistes évoquées jeudi par Agnès Buzyn, ministre de la Santé, pour le financement de la dépendance des personnes âgées et des handicapées.

Pour Agnès Buzyn, une deuxième journée de solidarité fait partie des pistes possibles pour financer la dépendance. Photo Bertrand GUAY/AFP


Après le lundi de Pentecôte, les salariés vont-ils travailler le

lundi de Pâques, ou tout autre jour férié du calendrier, par solidarité ? Il ne s'agit que d'une hypothèse, mais Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, l'a explicitement évoquée, jeudi, sur BFM TV.


"On pourrait imaginer avoir deux lundis de Pentecôte travaillés", a-t-elle déclaré, en évoquant les pistes éventuelles pour financer la dépendance des personnes âgées et des handicapés, précisant néanmoins qu'elle n'avait "pas envie de donner son opinion" sur la question.

Avant d'ajouter : "Je souhaiterais qu'il y ait un débat sociétal".

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Je veux ouvrir un débat sociétal sur comment nous prenons en charge la dépendance. Nous devons trouver un nouveau modèle, un nouveau financement : l'EHPAD dans forme actuelle ne peut pas être le seul modèle.  


La journée de solidarité a été instaurée il y a 14 ans par Jean-Pierre Raffarin, le Premier ministre de l'époque, après la canicule meurtrière de l'été 2003. L'extrême chaleur qui avait fait suffoquer les Français avait révélé au grand jour le problème de la dépendance des personnes âgées, souvent isolées.

Sur le principe, les salariés devaient travailler le lundi de Pentecôte, sans être payés, l'employeur versant l'argent directement à la Caisse de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

2,4 milliards d'euros récoltés en 2017


Depuis 2008, le lundi de Pentecôte est redevenu férié, et les entreprises, publiques comme privées, peuvent choisir le jour de solidarité parmi les dates fériées du calendrier. Elles peuvent aussi offrir à leurs salariés cette journée de solidarité, ou supprimer un jour de congé ou de RTT.


Mais quelle que soit la solution choisie, tous les employeurs doivent, au final, s'acquitter d'une contribution équivalente à 0,3% de la masse salariale. Seules les professions libérales en sont exemptées.

En 2017, la somme totale récupérée par la CNSA s'est ainsi élevée à 2,4 milliards d'euros (environ 30 milliards en tout depuis 2004). Ces recettes sont ensuite réinvesties dans les aides aux personnes âgées ou aux personnes handicapées.




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