Nairobi : Conférence de Guillaume Lecointre

publié le 21 mai 2017 à 12:16 par Erwan Le Fol   [ mis à jour : 13 juin 2017 à 00:50 ]
Un rappel sur la conférence que Guillaume Lecointre présentera mercredi 24 mai à 14h à Nairobi.

Thème : invariance en biologie

L’Histoire naturelle en général, la biologie moderne en particulier et sa théorie générale de l’évolution sont assurément nominalistes : ils n’enferment pas les êtres vivants dans des catégories étanches et projetées comme inscrites dans le marbre du réel. Bien au contraire, le réel ne serait constitué que d’individus variés, sur lesquels nous posons des catégories langagières que nous créons pour nos besoin d’intelligibilité, sans supposer que la dynamique de la matière puisse être entravée par ces catégories. En d’autres termes, une histoire naturelle qui distingue le contenant et le contenu. Pour être plus précis, qui ne subordonne pas l’existence matérielle des individus qui constituent le contenu à la validité du contenant. Qui ne transfère pas aux contenants les processus qui affectent les contenus. Pourtant, l’histoire naturelle a eu bien du mal à se débarrasser de l’idéalisme linnéen qui transparaît dans ce qu’on appelle le réalisme de l’espèce, lequel sous-tendait l'opinion d'Ernst Mayr au XXème siècle, l'abondante littérature qui en a suivi et l'enseignement de la biologie jusque dans les programmes scolaires. Et pour aller plus loin, on pourrait même montrer avec les concepts de « grade », de « plan d’organisation », un certain usage de la notion d' « information génétique », de « programme génétique », que la biologie du XXème siècle ne s’est pas complètement débarrassée de cet idéalisme. Nous examinerons que c'est l'abandon bienvenu de celui-ci qui révolutionne actuellement les thérapies du cancer, et qui donne toute sa cohérence à la théorie moderne de toute la biologie, l'anthropologie  et la paléontologie.

Valérie DEFONTAINE GOUTIER
EEMCP2 de SVT - Nairobi





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