Des bienfaits


    Au même titre que pour les valides, le sport pour les personnes porteuses de handicap présente de nombreux bienfaits. Généralement, le sujet handicapé a tendance à se sédentariser, à se renfermer sur lui-même, à craindre le regard des autres s’il sort. Par conséquent, son état de santé ne s’améliore pas. De nombreux sports peuvent donc être proposés aux personnes porteuses de handicap, que ce soit en loisir ou en compétition. La plupart des sports pratiqués par un sportif valide peuvent aussi être pratiqués lorsque l’on a un handicap. Ils apportent un certain bien-être par des bénéfices à la fois physiques, psychologiques et sociaux. De plus, après la survenue d’un handicap, l’activité sportive est un excellent moyen de rééducation et de réadaptation. Au-delà des bienfaits sur la santé, il est important d'avoir accès à un loisir sportif, pratiqué dans une ambiance conviviale, qui permettra le développement de soi.


  • Les apports physiques

    Le sport et la pratique physique influencent l’état de santé de la personne. En effet, comme pour le sujet valide, une activité régulière est nécessaire pour un corps en bonne santé. Au-delà cet aspect, l’exercice physique entraîne des acquis qui aideront la personne handicapée, dans sa vie de tous les jours, à surmonter son handicap. Ces acquis permettent d’assumer au mieux les activités quotidiennes et toutes les tâches physiques de travail. Les bénéfices physiques sont donc multiples.


    En premier lieu, le gain de force musculaire apporte des facilités pour la personne porteuse de handicap. Le renforcement musculaire des membres supérieurs et du tronc est particulièrement important et utile pour tous ceux qui se voient dans l’obligation d’utiliser des cannes ou un fauteuil roulant. Les personnes en fauteuil doivent souvent effectuer leurs transferts à la force des bras, pour se coucher par exemple, c’est pourquoi le gain de muscle facilite ces transferts.


    Ensuite, la pratique sportive permet une meilleure souplesse articulaire, celle-ci lutte contre l’atrophie musculaire et les problèmes articulaires. Effectivement, les personnes à mobilité réduite sont fréquemment sujettes à une diminution de leur masse musculaire.

    Par ailleurs, un des bénéfices physiques majeurs est la plus grande résistance à la fatigue. Les personnes en situation de handicap n’ont pas toujours l’occasion de pratiquer un sport et le moindre déplacement leur demande souvent un plus grand effort, ils se fatiguent donc plus rapidement. Or, le sport est un excellent moyen pour développer l’endurance et les fonctions cardio-pulmonaires. Celles-ci augmentent la résistance et accélèrent la récupération physique. Ainsi, les déplacements en fauteuil roulant manuel ou en cannes anglaises seront facilités.

    D’autre part, l’exercice physique est aussi une façon d’éviter les méfaits de la sédentarité. Il diminue les risques d’excès de poids ou d’obésité et d’ostéoporose de non-utilisation. Il est vrai que les personnes pratiquant une activité sportive régulière retardent significativement la déminéralisation osseuse, rendant les os cassants. Plus encore, la pratique sportive intervient pour un meilleur équilibre de certaines pathologies, telles que le diabète.

    Plus particulièrement chez les personnes handicapées mentales, le sport permet, entre autres, d’évacuer un trop plein d’énergie et d’acquérir une meilleure coordination motrice. Bien souvent, les déficients mentaux se sentent plus à l’aise dans un milieu aquatique, par exemple.

    Enfin, le sport permet d’acquérir de nouveaux réflexes et savoir-faire qu’il s’agisse de savoir rouler sur tous les chemins en fauteuil roulant, savoir nager, skier lorsque l’on est amputé, faire de l’équitation malgré une infirmité motrice cérébrale...Toutes ces activités développent les capacités physiques de base telles que l’adresse, la précision… La personne va, de cette façon, améliorer sa dextérité, ce qui lui permettra de recouvrir une indépendance de mouvement et ainsi, lui rendre son handicap plus facile à gérer.



  • Les apports socio-psychologiques

    Une personne gardant un handicap à vie a du mal à l’assumer dans un premier temps. Bien souvent, elle va avoir tendance à se replier sur elle-même, à éviter tout contact extérieur. La pratique d’un sport permet à l’individu de se réintégrer dans la vie en côtoyant d’autres personnes et en pouvant montrer ce dont elle est capable malgré son handicap.


    En effet, la pratique sportive permet de partager une activité au sein d'un groupe et d'exister aux yeux des autres, handicapés ou non. En rassemblant des personnes atteintes de handicaps semblables, le sport contribue à la normalisation et permet aux personnes handicapées d’échanger leurs expériences et de rencontrer d’autres personnes, qui comprennent leurs difficultés et leurs efforts. Grâce à ces rencontres, leur propre identité et l’identité de leur collectivité sont valorisées, car ainsi, les personnes porteuses de handicap ne se sentent plus mises à l’écart.


    Par ailleurs, le sport apporte des enseignements sur la socialisation. Il permet d’apprendre à communiquer avec efficacité. Il révèle aussi, l’importance du travail d’équipe et de la coopération, notamment dans les sports collectifs tels que le football. Enfin, le sport nécessite l’établissement d’objectifs, de la discipline personnelle et le respect d’autrui et des règles. De plus, on constate que c'est parmi les handicapés sportifs que l'on retrouve le plus grand nombre d'insertions sociales satisfaisantes et de réussites professionnelles brillantes.

    Par le biais du jeu, le sport est un excellent moyen d'inciter la personne handicapée mentale à interagir avec d'autres personnes et à développer ses capacités d'échange. A l’exemple du Comité du Sport Adapté, qui encourage les projets communs, tels que la décoration du comité.

    Par le biais du sport, les valides peuvent rencontrer des handicapés dans un contexte positif. Cela leur permet de changer leurs idées au sujet de ce que les personnes handicapées peuvent ou ne peuvent pas faire. Effectivement, le sport modifie les perceptions de la collectivité à l’égard des personnes handicapées. Les capacités et les performances de la personne sont mises en avant, tandis que le handicap devient secondaire. Cela a pour effet, de réduire la marginalisation et la discrimination.

    Aux avantages sociaux s’ajoutent des bénéfices psychologiques évidents. Ces derniers viennent de la restructuration de l’image du corps et à la récupération ou au maintien de l’estime de soi. De nombreuses études montrent que l’activité sportive améliore l’état psychologique.


    En premier lieu, pour certaines personnes, le fait de pratiquer une activité sportive est leur première expérience d’indépendance. Cela leur permet de faire des choix et de prendre des risques seuls. Les activités des différents comités, sont parfois, la seule occasion de sortie ou rupture avec le cercle familial. Ils ne sont plus dépendants de quelqu’un et doivent prendre leurs responsabilités. Ainsi, le sport change l’opinion et le sentiment que ces personnes ont d’elles-mêmes, cela leur fait gagner en autonomie.

    Le plaisir de dépasser ses limites et de démontrer ses prouesses techniques est une façon de rompre avec la déficience motrice. En effet, on s’intéressera davantage à la performance physique, qu’au handicap.

    Les activités sportives contribuent à une meilleure intégration psychique des déficits, à l’exemple des amputés qui doivent accepter leur corps changé et réapprendre à vivre avec lui. L’acquisition de nouvelles compétences contribue à renforcer leur confiance en eux. D’ailleurs, les sportifs montrent un niveau bas de dépression et d’anxiété. A l’inverse, ils présentent un niveau très élevé de vigueur morale, par rapport aux non sportifs. La pratique sportive est une source de plaisir, d’amélioration de qualité de vie et d’épanouissement personnel.



    Les bienfaits d’une activité physique rejailliront donc sur tous les apprentissages d'une personne handicapée, parce qu’elle lui aura donné une meilleure estime de soi et de ses capacités corporelles.


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