Mal et Bien

A Claire chérie, ma fille

pour répondre à ceux qui

désespèrent tellement de l' Homme

au point de ne l'envisager que de "nature mauvaise"

 

 

 

 

Bien et Mal :perspectives évangéliques et arésiennes

 

Plan

 

 

A Le Mal

 

1----- Rôle déterminant du groupe social qui en diluant les individualités, les empêche « d'être »

2-----Rôle des religions, des doctrines philosophiques, sociologiques dans la formation de nos mentalités concernant notre conception de la Nature humaine

3----Responsabilités personnelles dans la persistance du Mal

                           a responsabilité personnelle

                           b responsabilité collective

                           c problème particulier du mal dont nous héritons

 

B Transition

 

1---En l'absence de conscience: un monde sans Bien et Mal

2---Naissance de la conscience-individualité

3---La question de l'éthique universelle

 

C Le Bien

 

1---Le Bien: une re-création de soi par soi

                        a) Education de la conscience morale

                        b) la prise de conscience de sa propre liberté

 

2---Perspective évangélique

 

3—Perspective arésienne

                               a) Introduire le Bien

                               b) Faire effort

                               c)Introduire le Bien, faire effort : 2 conditions de la création de l' Image et Ressemblance

Conclusion

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Il n'est pas nécessaire d'être un monstre pour faire le mal.

« La malfaisance n'a pas besoin de malveillance dit Hannah Arendt

Le mal peut être banal, comme le bien d'ailleurs

Le bourreau s'efforce de déshumaniser sa victime, il évite de voir son visage, car le visage est la vraie représentation de l'humain.

C'est ce qui caractérise l'humain.

Ne pas le regarder, fuir son visage, c'est se donner les moyens de le persécuter, puisqu'on ne le voit plus en tant qu'humain.

On dit que les plus grands persécuteurs ont fait don de leur personnalité, de leur sensibilité à la cause qu'ils défendent. Obéir à plus fort ou plus grand que soi, avant même de s'être construit soi même. C'est souvent le parcourt de ces gens fragiles que sont les bourreaux.

« peu de gens sont cruels de cruauté, mais cruels et inhumains d'amour-propre » disait la Rochefoucauld

Le mal serait donc rarement voulu en tant que tel mais par un orgueil mal placé sur soi-même, une idée que nous nous faisons de nous mêmes. Le mal serait en quelque sorte une conséquence d'absence d'être, une conséquence d'une tromperie sur nous-mêmes par nous-mêmes. Ainsi le monde peut être mis à feu et à sang sur une ambiguïté, pour rien, parce qu'un individu ou plusieurs ont décidé de faire les fanfarons en se faisant une idée fausse d'eux-mêmes. Leur violence commencerait lorsqu'ils n'arrivent pas à imposer cette image à l'extérieur.

Et pour finir avec la Rochefoucauld, il disait aussi " que l'amour- propre est le plus grand de tous les flatteurs."

L'homme est-il programmé à la bienveillance ou l'est-il au contraire à la malveillance?

Le mal est-il dans la nature de l'homme?

Porte-t-il le bien et le mal en lui?

Qu'est ce qui fait qu'un homme ordinaire peut devenir une véritable brute?

Y a t-il un remède au mal? Pourrait-on l'éviter?

Un livre de Michel Terestchenko « un si fragile vernis d'humanité » donnent des réponses, des pistes spirituels nous permettant au moins de cerner ce mal. De mieux le connaître, de savoir, dans la mesure du possible, de quelles profondeurs il vient.

 

 

A---Le Mal

 

 

1 Rôle déterminant du groupe social qui en diluant les individualités, les empêche "d'être"

L'individu agit comme le groupe attend qu'il agisse. Il est ahurissant que des individus soient amenés à faire des choses qu'ils ne feraient pas, de toute évidence, s'ils étaient seuls face aux individus qu'ils martyrisent. L'individu aliène donc volontairement son propre moi pour se fondre dans la volonté réelle ou supposée du groupe. Pour paraître, pour étonner, parfois pour avoir, le pouvoir sur les autres ou tout simplement pour prouver sa bonne volonté, certains hommes se compromettent et font taire leur conscience. Car, le culturel, le social est souvent le seul refuge à celui qui n'a pas su se construire normalement et devenir autonome.

Dans beaucoup de cas d'agressions, de persécutions, on relève que les agresseurs ont fait abstraction de leur moi profond et qu'ils sont absents à eux-mêmes.

C'est de notre responsabilité de savoir combattre le mal en nous. Mais je crois malheureusement que certains êtres par d'innombrables concours de circonstance, liés à la naissance, à l'éducation et au déroulement de leur histoire sont particulièrement défavorisés par rapport au mal. Sans vouloir gommer leur libre arbitre, ils n'ont pas eu la chance de pouvoir se constituer une personnalité, une autonomie qui leur permette d'être eux-mêmes, et donc de résister au mal et même parfois d'en percevoir la teneur. Ils sont donc restés contingents du groupe auquel ils sont ou se sont rattachés .

On m'objectera peut-être ceux qui semblent faire le mal par plaisir. Ceux là sont considérés par la communauté humaine comme des psychopathes. Ils sont donc encore plus absents à eux-mêmes que les autres.

Si une des causes du mal se trouve dans une absence de consistance de l'être. Comment créer cette consistance? Comment éviter son contraire, c'est à dire l'inconsistance. Les deux questions, à quelques nuances près se rejoignent.

Est ce que d'avoir donné de « l'épaisseur à l'être » peut résoudre le problème du mal ou devra t-il encore apprendre à résister à ce mal?.

Ne pas avoir cette épaisseur, c'est d'une certaine façon être dans ce que Térestchenko appelle" l'absence à soi" ou aussi être sourd à sa conscience.

Mais pourquoi est-on sourd à sa conscience?
--A cause de notre instinct grégaire
--A cause de notre docilité, de notre obéissance à l'autorité ou à ce que nous identifions comme autorité (voir les expériences de Milgram, à ce sujet)
--A cause de notre paresse, de notre peur devant nos responsabilités (nous reverrons plus en détail cette cause, plus tard)
--A cause de notre amour-propre, qui nous fait craindre les moqueries, les colibets si nous ne faisons pas comme tout le monde. Il s'agit de donner aux autres l'image que nous voulons qu'ils aient de nous. Parfois nous en rajoutons de peur de paraître plus timoré que les autres.

Voilà effectivement ce qui met notre conscience dans un état de dépendance tel que c'est le corps social qui prend le pouvoir sur nous mêmes. Au point de commander à notre individualité et de faire faire à celle -ci des actes qu'elle ne ferait pas habituellement. Le groupe, alors étouffe l'individualité.

Certes la liberté de conscience devrait être opposable à tous, mais souvent par un processus lent d'aliénation, cette liberté ne s'exerce pas et "l'appartenance" au groupe devient la seule valeur qui peut donner à l'individu aliéné un peu d'existence. (il faut avoir la modestie de reconnaître que à un niveau ou à un autre nous sommes tous ces aliénés là)

Faire allégeance ne peut pas être un acte spirituel C'est un acte de prisonnier.

Par contre, écouter celui que nous jugeons digne de nous influencer, prendre modèle sur ses actes bons, poser son regard dans la direction de certitude qu'il nous propose ne constitue pas une allégeance. Tant que notre "acceptation" à l'enseignement du maître reste un choix, il n'y a pas conditionnement. Mais lorsque le "maître" (qui peut, être : l'état, le prêtre ou nous-mêmes) obligent, rendent obligatoire, donnent des ordres, alors, il faut quitter le "maître" sans se retourner. Car, s'il donne des ordres, c'est qu'il n'est pas un "maître". Il prend la place de Dieu. C'est pourquoi Dieu condamne les maîtres, ceux à qui on fait allégeance justement. La soumission ne devrait être que réservé à Dieu et encore, je me demande si Dieu n'a pas une tendresse particulière pour les insoumis, ceux qui lui tiennent tête (la Bible ne manque pas d'exemple)

Dans le prochain chapitre, nous verrons le rôle négatif sur notre mentalité collective de certaines philosophies et doctrines qui considérant notre nature comme mauvaise ont réussi à nous convaincre que puisque nous étions mauvais, cette absence de conscience pouvait être considérée comme normale.

j'essaierai de ne pas mêler le Bien et le Mal notion universelle, au bien et au mal relatif qu'on appelle «  morale » et qui sont différents suivant notre culture. Mais qui peuvent aussi parfois coïncider avec le Bien et le Mal universels, bien entendu.

 

2 --Rôle des religions, des doctrines philosophiques, sociologiques dans la formation de nos mentalités concernant notre conception de la Nature humaine.

Nous avons donc vu que le Mal prenait sa source dans une sorte d' inaccomplissement de notre conscience, de notre "soi profond". Et que souvent c'est le groupe social qui en permettait l'émergence par une sorte d'incapacité qu'à le sujet faiblement autonome de s'opposer à ses diktats.

Je vais donc essayer aujourd'hui de proposer une réflexion complémentaire autour du rôle négatif qu'ont joué certaines philosophies , certaines religions et certaines doctrines sociologiques dans la naissance de notre désespérance de la nature humaine.

Cet héritage ne nous pousse pas à voir en l'homme un altruiste

Commençons par la thèse du péché originel telle que l'Eglise catholique l'a toujours enseigné. Le Catéchisme dit à peu près ceci : par le péché originel, par Adam, l'humanité est devenue pécheresse, c'est à dire que par « nature » elle devient mauvaise. Elle est déchue et cette déchéance se transmet à chaque nouveau né. On évoque l'état corrompu de la nature humaine. Au moment de la Réforme protestante, cette thèse est encore davantage appuyée. Pour tous les Chrétiens, Jésus est "vainqueur du Mal et du péché". Cette doctrine considère l'homme comme mauvais puisqu'il a besoin d' un rachat

St Augustin lui même, verra dans le péché originel, une explication à l'attrait que les hommes ont pour le Mal..

D'autres théories, plus radicales ont aussi marqué les esprits dans différentes régions d'influence monothéiste, citons les théologies dualistes qui ont enseigné que le monde se divisait avec d'un coté, le monde du Mal , de l'autre le monde du Bien. Le monde du Mal étant celui de la matière, l'homme y compris.

Ces enseignements ont été diffusés par les Gnostiques, les Manichéens, les Cathares... Je ne peux dans ce conteste parler de chacun d'eux, mais nous pourrions le faire plus tard, dans le cadre d'un autre sujet. Ils ont fini par imposer une vision pessimiste du monde et de l'homme, malgré des persécutions terribles, dans les régions ou ils s'étaient implantés

De cette époque jusqu'au temps moderne, beaucoup de philosophes importants ont développé des théories pessimistes sur le genre humain, citons pour mémoire, Hobbes, Machiavel, La Rochefoucauld, la Bruyère

Il semblerait que notre époque contemporaine soit encore pire que les autres et que toutes les thèses modernes ne font que mettre l'accent sur « l'homme incapable d'agir d'une façon désintéressée ».

Un tel héritage de pessimisme et pour couronner le tout, des génocides tous plus sanglants les uns que les autres au cours du siècle dernier, ne nous prédispose pas à une vision optimiste de l'homme.

Mais bien que nous baignons dans une société, voire une civilisation qui pense que les actions les plus bienveillantes, les plus altruistes sont en réalité, toujours intéressées et égoïstes, on admet tous, paradoxalement, que certains actes relèvent de la générosité spontanée qui engagent même parfois la vie de leur auteur..

--Incontestablement l'homme est équipé d'un "sens moral" qui le fait trouver bien ce qui s'apparente au désintéressement

--De plus, spontanément, l'homme a des pulsions qui le pousse à la bienveillance, même si parfois il a des pulsions contraires. Et, l'existence même de ces pulsions bienveillantes, démentent une conclusion établissant que l'homme est mauvais à priori. On peut, autant conclure, qu'il est bon. On peut aussi constater que l'ensemble de la communauté rejette plutôt l'homme égoïste. De plus, aucune culture n'a comme fondement l'injustice, le mensonge, le manque de courage. Donc, il n'y a aucune raison pour adopter cet à priori de l'homme méchant par nature.

On aurait donc plutôt une disposition naturelle allant dans le sens du Bien, expliquant la compassion, l'amour que nous éprouvons spontanément devant certaines situations

En renonçant à admettre qu'il possède une « nature », l'homme accepte d'être libre.
Ce n'est pas facile.
Une nature humaine mauvaise suppose que l'homme ne compte dès lors, que sur la grâce divine pour le sauver.
C'est déjà plus facile.
C'est bien ce que les Eglises ont admis pour contenir leur pessimisme. La prière, en donnant accès à la grâce divine, permettait à l'homme de se maintenir dans un optimisme raisonnable.
Mais l'époque contemporaine qui rejette en gros ces notions, n'a pu produire, comme nous l'avons vu, que des théories du désespoir. Il ne peut en être autrement. Les génocides de notre siècle écoulé ont accrédité cette conviction de l'homme mauvais par essence.

Mais, on ne se pose presque jamais la question de savoir si cette « nature » n'est pas le résultat de mauvais choix répétés qui s'accumulant finissent par devenir « comme une nature », mais qui ne relève, en réalité que de notre liberté, une liberté qui a force d'être utilisée dans un sens négatif finit par produire des effets d'ordre maléfique.

Car nos pulsions (mauvaises) pour autant qu'elles nous paraissent venir du fond de notre « nature innée » ne viennent en réalité que de notre « hérédités acquises », une hérédité tellement reconduite qu'elle a finit par donner l'impression qu'elle était naturelle. On pourrait rétorquer qu'il y a peu de différence pratique, entre une nature « faite, créée » mauvaise dès l'origine, et une nature forgée par une longue histoire de méchancetés accumulées.


Il y a, cependant, une différence fondamentale :
- dans le premier cas, nous ne pourrions pas faire grand chose (on devrait alors compter sur la grâce divine quand on est croyant)
-dans l'autre cas, notre nature n'étant pas inéluctablement ce qu'elle est, et si ce sont nos mauvais choix répétés qui nous ont forgé cette nature d'apparence, alors, croyant et incroyant enfin réunis peuvent reconstruire cette « nature » volontairement dans les sens du Bien

On voit donc, que tout se ligue contre cette idée: les religieux, les philosophes, les sociologues développent des théories du désespoir dans l'ensemble.

Après avoir essayé de montrer qu'une conscience faible au prise avec un groupe à influence maléfique devenait elle même maléfique, dans ce deuxième temps, j'ai essayé de montrer que même les philosophies par leur pessimisme participaient à l'établissement du mal, en faisant croire à l'homme que sa nature était mauvaise et que tout effort pouvait de ce fait, être rendu inutile, il nous reste à aborder le problème de notre responsabilité personnelle dans la propagation de ce mal.

3 Responsabilités personnelles et collectives dans la persistance du Mal

 

a --Responsabilité personnelle

 

Autant nous ne devons pas considérer nos actes comme des actes de purs libres arbitres, autant aussi nous devons prendre conscience de la liberté effective de nos actes. Et du potentiel de liberté qu'il nous reste à conquérir et pour lequel nous avons manifestement été fait, si l'on en juge par notre inclinaison pour elle.

 

b-- Responsabilité collective

Pour le moins nous sommes collectivement responsable de l'état du monde. Nous perpétrons ainsi un lourd héritage de mauvais choix. A chaque fois qu'un mal particulier se fait, nous en partageons la responsabilité avec l'auteur.

Nous sommes tous les artisans de l'injustice, ne serait ce que par notre façon de consommer, notre façon de vivre. Nous sommes tous égoïstes à chaque fois que nous laissons notre intérêt propre conditionner nos actes. Nous pardonnons rarement, alors que nous savons que c'est la pierre angulaire de l'amour des hommes entre eux.

Donc le Mal, à des degrés divers, nous atteint tous. Nous y participons tous, même quand nous ne le savons pas.

Bien sur que la responsabilité n'est pas d'égal valeur entre celui qui a fabriqué l'arme du crime, celui qui l' a transporté, ou celui qui l' a utilisé.

Ainsi, le Mal est la conjugaison d'une responsabilité collective passée et présente et d'une responsabilité individuelle qui n'arrive pas à rétablir le déséquilibre en faveur du Mal.

C'est parce que nous n'arrivons pas à construire le Bien que le Mal continue de triompher. Paul dans l'Epître aux Romains disait déjà "Je ne fais pas le Bien que j'aime et je fais le Mal que je hais"

Mauvais choix et mauvais actes, mensonges, injustice, égoïsme, caractérisent notre vie d'adulte. Nous ne pensons pas que notre comportement personnel influe sur l'état du monde.

C'est parce qu' elle ne croit pas à l'efficacité de son action individuelle que l'humanité ne sort pas de son état.

Ainsi le mal continue parce que nous manquons de confiance ne nous.

Au niveau de la sphère privée, cela se passe encore d'une façon satisfaisante, car peu d'entre nous pratique le mensonge, l'injustice avec ses enfants ses amis. C'est ce qui fait que certaines éducations sont encore structurantes.

Mais au niveau de notre vie sociale, cela devient vraiment catastrophique . Nous oublions tous nos beaux principes comme si l'autre, celui que nous considérons comme un étranger devenait tout à coup l'ennemi. Nous nous comportons en animal social. Et alors, le mensonge, l'égoïsme, l'injustice deviennent la règle.

Le Bien que j'aime, je le fais en privé; le Mal que je hais, je le fais en société.

Ainsi rien ne change jamais..

 

c-- Problème particulier du Mal dont nous héritons

 

Je ne me sens pas responsable du Mal fait par mes ancêtres, mais en même temps le mal qui taraude notre humanité se transmet de génération en génération, non pas de façon héréditaire (et c'est peut-être là l'ambiguïté) mais parce que nous imitons, nous conjuguons, nous prolongeons le mal, déjà commencé dans la nuit des temps. Et, je pense qu'en ne rompant pas (collectivement) avec ce Mal nous nous rendons responsable, solidaire, de tout le Mal. Je ne dis pas que nous sommes solidaire du Mal consciemment, mais de fait parce que nous n'y renonçons pas.

Aussi contradictoire que cela puisse paraître, je sens confusément que, c'est quand je continue de me comporter comme mes ancêtres que je deviens solidaire de leur Mal. En le perpétuant, je deviens co- responsable de tout le Mal, celui qui s'est fait, qui se fait et qui se fera. En réalité, je prends conscience tout à coup que le Mal ne se divise pas... Il est. Et tant qu'il sera, nous en serons responsables tous, les hommes de tous les temps, depuis l'origine et jusqu'au moment ou il cessera, s'il cesse.
Une triste chaîne, mais une chaîne dont les maillons ne tiennent que parce que je suis moi même l'un des maillons .Terrible..

On va me dire, qu'en noyant ainsi les responsabilités, en nous rendant tous responsables, plus personne n'est coupable.
Je réponds que la responsabilité collective au Mal , n'empêche pas une responsabilité, voire pour le coup une culpabilité individuelle, suivant le degré, l'entrain que nous avons à faire ce Mal.
Il faut renvoyer chacun a sa propre conscience Et, je n'exclus pas, bien sûr, le tribunal, s' il reste dans le cadre humaniste pour lequel il a en principe été conçu.

 

Après avoir montré succinctement

1-- le rôle déterminant du groupe social qui en diluant les individualités, les empêche « d'être »,

2--le rôle négatif de certaines doctrines philosophiques, sociologiques, religieuses sur notre conception de la « nature humaine »

3--et enfin la responsabilité personnelle que tout homme a dans la propagation du Mal, nous voici arrivé au terme de notre étude spécifique sur le Mal.

 

Avant d'aborder l'étude spécifique du Bien, je propose une réflexion caractérisant à la fois le Bien et le Mal.

 

1-- En l'absence de conscience : on trouve un monde sans Bien et sans Mal

2-- La naissance de la conscience-individualité,

3—La question de l' éthique universelle

 

 

B Transition

Le Bien et le mal sont nés lorsque naît la conscience, car la conscience produit et qualifie l'acte (le Bien et le Mal n'existe pas en soi) c'est la conscience qui donne une consistance, une existence à l'action de Bien ou de Mal. Sans conscience, pas de Bien et de Mal.

 

1 En l'absence de conscience, nous sommes dans un monde sans Bien ni Mal

 

On peut penser que le Bien et le Mal naissent lorsque naît la conscience. Peut-être existe-t-il un monde du Bien et un monde du Mal, comme le suggère les philosophes « idéalistes » ainsi que Platon. Est ce que les « Idées » ont une existence en soi ? ce n'est pas moi qui trancherait ce débat,, en tous cas, c'est la conscience qui leur donne une consistance.

Saura-t-on jamais ce qu'était l'homme avant la naissance de sa conscience? Etait-il un animal évolué, comme certains primates que nous observons aujourd'hui, qui possèdent une certaine conscience?

L'homme au stade animal devait se comporter comme tous les animaux, c'est à dire obéissant à la loi du dominant, et ne pas être autrement troublés par des notions comme le Bien et le Mal. Obéir au plus fort est non seulement logique mais plutôt rassurant pour la survis du groupe. Pour la plupart des animaux, qui n'ont qu'une conscience assez peu évoluée, la notion du Bien et du Mal leur est étrangère. Le Bien, c'est la cohésion du groupe.

Pour les animaux plus évolués, possédant une conscience se rapprochant de la conscience individuelle, le Bien et le Mal sont déterminés par tout acte de satisfaction liée au sexe, au pouvoir ou à l'influence dans le groupe.

L'homme, paraît le seul, et c'est ce qui le caractérise, à pouvoir décider de faire ou de ne pas faire le Bien ou le Mal.

Ainsi, en conclusion, on peut affirmer que la notion du Bien et du Mal est née avec la conscience elle-même et avec le sentiment d'individualité.

Nous verrons plus en détail, le processus même du développement de cette conscience-individualité

 

2 Naissance de la conscience-individualité

L'individualité et la conscience ont dû se développer d'une manière assez simultanée, et progressivement la loi de cohésion sociale qui consiste à se regrouper autour des plus forts, des dominants est devenue moins impérieuse pour la survis du groupe

.On sait, cependant, les merveilles que cette loi a réalisé dans l'organisation de la nature. On peut penser à l'organisation des abeilles, des fourmis et de bien d'autres animaux essentiellement sociaux qui ont peu développé d'individualisation.. Le groupe obéit souvent aveuglément à un ou plusieurs dirigeants et a trouvé dans ce système le moyen non seulement de survivre mais aussi de s'assurer une évolution admirable.

Il en a été ainsi pour l'homme pendant longtemps et l'organisation féodale en était encore une subsistance.

En abandonnant l'idée que le plus fort est le plus digne de commander, en ne supportant plus la soumission du plus faible sans contre partie, l'homme a vraiment commencé d'exister Est né également le sentiment de liberté, d'injustice et de conscience des valeurs. Le Bien et le Mal sont alors sortis de l'innocence de l'être primitif.

 

Au fil des millénaires, cette conscience s'est affinée, jusqu'à exprimer l'exigence sublime du pardon, de l'amour des ennemis, de la compassion, de la charité, de la solidarité.... C'est vraiment quand l'homme quitte les comportements archaïques de la meute qu'il trouve la voie de l'individu en effort de changement.

Mais les vieux démons peuvent se réveiller, l'homme n'est pas complètement sorti de cet âge de la meute et de l'obéissance absolue au dominant. Nous voyons ce que cela donne lorsque la fureur s'empare de l'homme. Notre siècle précédent et le début de celui-ci ne manquent pas d'exemples, comme nous l'avons déjà vu.

Cela donne à penser que nous sommes encore à l'aube de notre évolution, que l'émergence de la conscience est en cours et que nous ne sommes pas vraiment à l'abri du vertige du Mal.

L'intelligence, le raffinement, le progrès matériel ne sont pas les garants de notre humanisme. S'ils se mettent au service de la cruauté, en l'absence de conscience véritable, ils deviennent encore plus redoutables et plongent l'homme au coeur du Mal, dans ce qu'il a de plus absolu.

Le conditionnement à la consommation, l'obéissance aveugle, la compétition quand elle s'accompagne de l'élimination des plus faibles, ne sont pas si loin de nos comportements ancestraux.

Non seulement, il nous faudra abandonner cette idée que la légitimité du pouvoir appartient au plus fort *, mais il nous faudra aussi faire d'autres progrès personnels, nous le verrons plus en détail

Si nous réalisons ces progrès, le Mal ne sera pas pour autant éradiqué et la possibilité du Mal existera toujours. C'est la condition de notre liberté. Ainsi, certains pourront choisir librement, en toute connaissance de cause, la voie du Mal.

Pour cette raison, il est important que l'immense majorité des hommes qui a choisi la voie du Bien soit attentif et actif afin d'avoir une conscience juste, aiguisée, finie .Car un Mal fait par manque de clairvoyance, par absence de conscience formée est à peine moins redoutable. Une conscience à l'abandon est susceptible des mêmes dérives qu'une conscience volontairement tournée vers le Mal.

PS * Dans son livre « Un si fragile vernis d'humanité », Michel Terestchenko déclare en se basant sur les expériences de Milgram, de la prison de Stanford et des sévices dans la prison de Abou Ghraib que nous obéissons aux ordres pourvu que nous percevons la légitimité du pouvoir de celui qui les donne.

 

 

3—La question de l'éthique universelle

 

Y a-t-il une éthique universelle liée à l'homme?

Autrement dit est ce que l'homme possède d'une façon innée le sens moral?

Dans un premier temps de réflexion, il semble que non.

Certes tous les hommes veulent le Bien et bannissent le Mal.

Mais qu'appelons nous Bien et Mal?

Avons nous tous, les mêmes codes moraux, le Bien et le Mal peuvent être différents suivant les cultures et les individus

Il y a une relativité entre le Bien et le Mal sur le plan culturel et sur le plan moral quand celui-ci se rattache à la culture.

La haine de l'autre communauté a servi parfois à maintenir l'unité du groupe. Beaucoup de peuples vivent encore ainsi, et n'aiment véritablement que leur famille, leur tribu, leur village, leur nation.

C'est ainsi que la haine et le meurtre deviennent un Bien, alors que pour d'autre c'est le Mal absolu.

On peut remarquer cependant, que les peuples qui ont appliqué ces modes de fonctionnement sont restés dans une spirale de vengeance sans fin, détruisant toute possibilité de développement à terme.

Tandis que la notion d'amour acceptée, au moins théoriquement, a permis le développement en instaurant un rapport à l'autre plus facile, moins cloisonné, plus universel.

Un des mythes fondateurs de l'humanité semble condamner le meurtre et le présente comme un fratricide (meurtre entre frères rivaux: Caïn et Abel).

Ainsi indépendamment des codes moraux, y a-t-il, cependant, une idée du Bien et du Mal, qui ne serait pas innée, mais au moins, universellement reconnue?

On a vu que le meurtre ne peut pas servir de point de départ pour prouver qu'il est un Mal reconnu universellement. Essayons de partir plutôt de ce que nous estimons être un Bien et montrons qu'il peut servir de plate forme commune pour s'accorder.

Tous les hommes reconnaissent que donner la vie, élever et aimer sa progéniture est un Bien.

En fait, donner la vie et la maintenir serait un Bien

Le Bien absolu serait donc l'amour, car il n'y a pas de vie sans amour

Et par voie de conséquence, le Mal absolu serait la haine., avec toutes ses déclinaisons, notamment le meurtre qui supprime la vie.

Ainsi le Bien et le Mal ne procède plus d'un étiquetage d'actes bons ou mauvais, mais de la conscience que nous avons d'aimer ou de haïr d'autres hommes, avec toutes les conséquences pratiques que cela suppose.

Si on ne peut pas dire qu'il y ait une éthique universelle innée chez les hommes, on peut cependant affirmer au moins, que respecter la vie et aimer est un Bien et que haïr et tuer est un Mal et reconnaître à ces notions une valeur universelle

 

Nous voici arrivés au troisième chapitre de notre propos.

Nous avons fini le dossier du Mal proprement dit, pour aborder l'autre versant de la liberté humaine celui du Bien. Naturellement bien des questions restent en suspens. La part de nos pulsions involontaires dans l'existence du Mal. Pulsions qui finalement révèlent peut-être, non pas une nature mauvaise, mais un état général de l'humanité qui n'a pas réussi à sortir de l'impasse du Mal.

 

C Le Bien

1—Le Bien : une re-création de soi par soi.

a) Education de la conscience morale.

En réalité, tout commence par la conscience. La rendre vraie, juste, évoluée c'est la rendre apte à se confronter au Bien et au Mal, c'est la débarrasser de la confusion, c'est l'éclairer, la rendre lucide. L'éducation, se retransmet d'homme à homme et s'inscrit dans le grand ensemble de la responsabilité collective.Mais cette éducation ne fait pas tout et ne substitue pas à notre propre responsabilité personnelle dans l'édification de notre personnalité

.Beaucoup de gens qui se sont révélés « héroïque » pendant la guerre avaient reçu une éducation basée sur l'altruisme. Un altruisme dépassant le cadre des frontières, des races, des religions, et des cultures, qui leur avait permis de se construire autonomes.

Pour résumer, ils avaient reçu une éducation orientée vers :

Le souci d'autrui

Autonomie et la liberté

La confiance en soi

Un grand sens des responsabilité

L'absence de principes autoritaires

.Mais plus encore que de l'altruisme que de la compassion ou l'acquisition de valeurs morales, plus que pour des raisons ou des principes, l'individu semblait mû par son caractère, sa personnalité . Sa conscience percevait cela comme quelque chose de normal.

Alors que le Mal s'introduit souvent par une première compromission au monde, un premier mensonge fait à soi-même sur lequel on ne peut revenir ensuite, le Bien s'introduit par l'attention à l'autre, la rencontre toujours possible avec l'autre. C'est plus par le lien affectif établit par leurs parents que par des principes qu'ils semblent s'être structurés. L'aide à autrui était devenue un comportement naturel, une sorte de seconde nature.

C'est du fond de leur propre moi que la sollicitation et la décision d'aide s'imposaient comme une nécessité interprétée par le sujet comme « naturelle »

On touche bien là, ce que peut-être, un véritable changement de l'individu, à savoir, une sorte de réflexe humaniste voulu et réalisé par l'individu, aidé en cela par ceux qui l'ont précédé.. Une véritable volonté d'évolution crée, certes en partie par l'éducation, mais aussi relayé par la volonté propre de l'individu. Car un grand sens de leur responsabilité personnelle les animait également.

Nous ne naissons sans doute pas, comme nous l'avons vu, avec un sens inné du Bien ou du Mal. Même si nous sommes Image et Ressemblance du Créateur, cela veut dire que nous possédons ses qualités et ses dons à l'état de potentialité. Notre nature spirituelle est semblable à celle de Dieu, mais nous devons librement l'établir en nous, l'acquérir.

Avant d'être bonne ou mauvaise, la nature humaine est accueillante. Nous naissons avec une nature à divers composantes dues à notre hérédité humaine mais aussi à notre hérédité divine. A partir de quelques matériaux naturels différents suivant les individus nous avons la liberté et la responsabilité de révéler non seulement notre nature humaine, mais aussi notre nature divine. Si nous choisissons d'explorer notre nature divine, il nous faut impérativement développer le Bien en nous. Notre éducation devrait être l'outil au service de cette réalisation.

On prévient le Mal en devenant toujours plus humain. Cela n'a rien à voir avec le savoir, c'est une façon « d'être », une manière acquise de se comporter et de se diriger. Car le conditionnement finit par tenir lieu de conscience, en l'absence de conscience véritablement formée.

On ne lutte efficacement et durablement contre le Mal qu'en créant en soi les conditions du Bien.

 

b-- La prise de conscience de notre propre liberté

 

Comme nous l'avons vu dans le paragraphe précédent, nous profitons dans notre éducation, des efforts que d'autres ont faits avant nous et dont ils nous retransmettent les fruits.

Mais nous ne ferons pas l'économie de notre propre effort. Il nous faudra réactiver les potentialités que Dieu a mis en nous (si nous sommes croyants), si nous voulons aller vers le Bien.( Si nous sommes incroyants, nous réactiverons les potentialités que nous sentons en nous, c'est la même chose).

Quelque soit notre condition, nous sommes appelés à prendre nos responsabilités. Nous sommes appelés à notre propre création et cela dans une liberté totale, presque effrayante.

Conquérir cette liberté dans le sens d'une plus grande autonomie est le meilleur moyen d'éliminer le Mal.

Mais l' autonomie voudrait que l'on s'extrait du groupe, alors que nous sommes dedans

En agissant sur les déterminismes, on devrait résoudre une partie du Mal.

Comment lutter contre les déterminismes, sinon en en établissant d'autres, c'est à dire en se déterminant à pratiquer le Bien?.

Le Bien construit, le Mal déconstruit.

 

2 Perspective évangélique

 

L'audace de Jésus c'est d'avoir compris que le précepte de l'amour du prochain, que l'on appliquait à l'intérieur d'une même communauté, pouvait devenir universel. Et que devenant universel, il pouvait changer la face du monde.

Si les hommes avaient vraiment compris et vécu l'amour évangélique, nous aurions, bien entendu, réalisé autant de progrès matériels aujourd'hui , mais tellement davantage de progrès humanistes.

Malheureusement, au lieu de s'engouffrer dans cette spiritualité nouvelle et créatrice, une église se met en place et exerce son talent à codifier les enseignements reçus. En insistant sur la grâce, l'église a pris une position attentiste dangereuse.

Alors que Jésus nous parle d'un royaume à construire, Paul nous parle d'une grâce à obtenir . Les fidèles demanderont désormais à Dieu de les équiper pour la route ( sacrement, aides, pardon...)

Pourtant Jésus ne cesse de nous encourager à retrouver ce Royaume en nous, à retrouver cette image divine.

Dans le prophétisme évangélique, Dieu se définit comme Amour. Et Jésus nous dit que, accomplir cet amour vis à vis de son prochain, est la meilleure façon de l'accomplir vis à vis du Créateur.

Le chemin qui mène à Dieu n'est pas obtenu par la grâce ou à cause de la grâce, mais par l'effort que nous faisons pour aimer sa créature

Et d'avoir élevé au rang de maxime universelle la notion d'amour change la face du monde et éclaire ainsi les notions du Bien et du Mal

D'avoir changé la loi du talion en loi d'amour du prochain (la notion de prochain n'ayant plus le sens de proximité mais d'universalité) a révolutionné les rapports humains. Car pour Jésus, l'homme n'est pas né mauvais, il se laisse seulement aller au mal, étant "endormi, ivre ou aveugle".

Quand l'homme est obligé de faire des lois, d'éditer des codes du vivre ensemble, c'est qu'il n' a pas su s'apercevoir tout seul de l'intérêt qu'il y avait à s'aimer.

Plutôt que d'éditer des lois, on aurait pu choisir de former les individus à la raison et à la logique. Car c'est raisonnable et logique d'aimer son prochain

Nous ne sommes plus, alors dans des notions morales de Bien ou de Mal. Ce n'est pas une notion morale qui nous commande d'aimer son prochain. Nous avons vraiment quitté le champ moral pour entrer dans la perspective évangélique, à savoir la nécessité spirituelle d'aimer son prochain

Si nous ne sommes pas capable d'éprouver de la joie à aimer l'autre, alors aimons-le raisonnablement, c'est à dire agissons les uns avec les autres avec respect, attention, sympathie, car il en va de notre survis, de notre bonheur et de notre paix d'introduire dans ce monde les valeurs évangéliques.

 

3 Perspective arésienne

 

Dans la perspective arésienne, il s'agit de transformer l'acte libre tourné vers le Bien en un acte d'auto création coincidant avec l'Image et Ressemblance du Créateur. Cette divinité que nous serons amenés à "révéler" est une création que nous pouvons appeler "âme". Il ne s'agit plus de conscience, mais d'une dimension tout à fait particulière liée à la spiritualité de l'homme.

 

a-- introduire le Bien

 

Les choses se compliquent quand la Révélation d'Arès nous laisse à penser que le Bien n'est pas l'absence de Mal, car mes actes mauvais même les plus innocents ne deviennent pas bons par leurs innocences même.. Nous nous éloignons encore un peu plus d'un bien ou d'un mal moral. Le Bien n'a plus de corrélation avec le Mal. Ne pas faire le Mal, est un acte neutre, certes très louable en soi.

Mais c'est faire le Bien qui produit de véritables effets. Le Bien devient un acte de Création de soi par soi avec un double effet sur soi et sur l'ensemble des hommes.

Changer en soi, petit à petit, le Mal par le Bien, introduit une dynamique créatrice d'un être nouveau, en accomplissement de son humanité. Cette création de soi par soi n'est pas une option philosophique ou morale, mais un effort constant sur soi pour s'accomplir.

 

 

b-- faire effort

 

Ainsi relégués la morale et le culturel, s'efface devant la perspective autrement attractive d'un être en accouchement permanent de son potentiel.

C'est en faisant effort constant pour s'accomplir, qu'on se fortifie, qu'on se rapproche de Dieu et que cette proximité nous donne la force. Il s'agit donc d'accomplir pour retrouver la force et non pas d' abord de retrouver la force pour accomplir

« Père de l'univers toi seul est Saint. Que règne sur nous ta Sainteté pour que nous fassions ta volonté » c'est parce que nous aurons fait régner la Sainteté de Dieu en nous, autrement dit que nous aurons pour le moins retrouver quelque force que nous pourrons faire la volonté de Dieu. Tout commence donc par notre effort et pas par la grâce. Faire la volonté de Dieu est un aboutissement, un résultat. Par notre effort à faire le Bien, nous entrons dans une dynamique divine qui nous met dans la voie de la volonté de Dieu. Cette volonté est suggéré par Dieu à travers des commandements ou des appels à la conscience, mais nous ne la connaissons vraiment que lorsque nous commençons à l'accomplir.

 

c-- Introduire le Bien, faire effort : deux conditions de la Création de l'Image et Ressemblance

 

Dans le prophétisme arésien, Dieu continue de se dévoiler comme Amour, mais il manifeste aussi clairement sa volonté, à savoir que nous changions pour mener l'aventure humaine au terme divin que Dieu a envisagé.

Mais le prophétisme arésien se caractérise aussi par la liberté et la responsabilité.

En fait, si Dieu manifeste sa volonté, c'est plus une manière de dire à l'homme la voie qu'il faut prendre pour réaliser l' « image et ressemblance » dont il l'a doté..

Mais Dieu ne demande rien, il se donne et attend d'être reçu, car encore une fois seul l'amour peut remplacer la Loi, le commandement.

Un amour réciproque.

Si ce n'est pas possible, il n'y a que deux solutions:

supprimer la liberté et revenir aux commandements

ou abandonner l'humanité à sa volonté.

Dans les deux cas c'est la mort définitive de ce qu'on a appelé l'homme .L'aventure humaine arriverait à son terme par manque d'ascension spirituelle et retournerait à l'état d'animal qu'elle n'a pas perdu, mais dont elle s'était détaché justement par le potentiel spirituel dont le Créateur l'avait gratifié.

Donc, comme nous l'avons vu, c'est à chacun d'entre nous de faire l' effort constant pour recréer un autre état de conscience tourné vers le Bien.

Mais là nous quittons le domaine de la conscience que l'on peut former, que l'on peut changer, que l'on peut affiner. Car quand cette conscience devient, elle quitte le statut de conscience pour devenir une véritable création nouvelle de l'individu qu'on appelle l'âme.

L'âme est la construction spirituelle de l'individu. Une auto-création qui fait naître une autre identité qui s'apparente à la Révélation de notre Image et Ressemblance du divin qui est en nous.

C'est ça la Révélation, faire éclore la part de divin que chacun possède..

 

 

Conclusion

 

Ainsi quand un humain naît au monde, il ne sait pas que la principale difficulté qui l'attend sera de se créer spirituellement. D'échapper au cercle infernal des mauvais choix répétés, pour exploiter le potentiel de bien qu'il possède comme tout homme. Pourtant tout petit, il sent cet irrésistible besoin d'aimer et d'être aimé, chevillé à lui comme si sa nature essentielle était marqué d'abord par l'amour.

Plutôt que d'utiliser cette pulsion puissante qui le relie directement au Créateur, il s'égare dans un labyrinthe de mensonge et de vanité.

Il faut dire que ce petit homme vient de loin. S'il est porté à l'amour par son héritage divin, son histoire, l'histoire des hommes n' est qu'une longue suite de meurtres, de guerres, de mensonges, de haines, de traîtrises....

.Un des tous premiers actes de l'homme qui sort de ce Paradis mythique, lieu d'amour et de félicité qu'il partageait avec son Créateur, c'est d'accomplir un crime.

L 'histoire de l'humanité débute par un meurtre, celui de Caïn sur Abel. Un meurtre, le mal absolu que l'on puisse infliger à l'autre, puisqu'on le prive du seul moyen qu'il a de se réaliser. De crime en crime, d'adultère en adultère, de tromperie en tromperie, Dieu finit par désespérer de cette humanité et décide de l'anéantir.

Depuis l'origine et cela se perçoit jusque dans nos mythes fondateurs, nous avons été marqué par le Mal. Un Mal que nous avons fabriqué..

A l'origine, aussi loin que l'on puisse remonter, l'homme se choisit des chefs puissants, courageux, charismatiques et tyranniques. Le règne animal est régi de cette façon, un dominant qui s'octroie tous les pouvoirs et qui offre sa protection en échange. L'amour ou la haine, le meurtre ou la vie, voilà ce qui hante notre conscience et notre inconscient collectif..

De révélation en révélation, de talion en talion, l'humanité a su garder le minimum d'amour évangélique pour ne pas sombrer à nouveau.

Mais plutôt que de poursuivre dans cette direction de l'amour évangélique, trop contraignante sans doute, l' occident préfère s'orienter sur une autre voie.

En évoluant, l'homme découvrant la notion de liberté individuelle, invente le concept de contrainte acceptée concrétisée par le contrat social. Avec comme conséquence l'obéissance à une loi commune Le contrat social dont le livre sacré est la loi, était parmi d'autres choix, sans doute le plus intéressant mais nous voyons bien aujourd'hui sa pauvreté spirituelle.

L'assise du contrat social s'ébranle, l'homme doute que la loi, le contrat social puisse lui apporter le bonheur comme il l'avait pensé initialement, car une dimension de l'homme manque cruellement dans ce contrat. C'est la dimension spirituelle. La loi est d'une carence spirituelle absolue. Plutôt que la contrainte acceptée, il faudrait mettre en place le vouloir vivre ensemble.

L'homme peut-il donc, prétendre avoir un rôle distinctif dans cette création?

Sûrement, il peut par choix, s'affranchir de la contrainte alimentaire classique. L'animal ne le peut pas.

Ou encore, il peut se libérer de la contrainte sexuelle uniquement liée à la procréation

C'est vrai que nous nous éloignons chaque jour davantage de notre condition animale originelle. Et on ne peut que s'en réjouir. Notre liberté par rapport au monde physique est devenue impressionnante même au regard des espèces les plus évoluées.. Continuer d'affirmer qu'on est un animal comme les autres ne résiste pas à l'observation.

Et ce que l'on peut craindre aujourd'hui, c'est ,de ne pas être à la hauteur des perspectives de liberté qui s'offrent à nous.

Si délibérément, nous n'acceptons pas d'être autre chose qu'un animal doué de raison, nous utiliserons notre liberté sans discernement , sans précaution, sans préparation

Alors qu'il faudrait être un peu plus homme pour assumer nos progrès, ces découvertes auront davantage servi à nous entre tuer qu'à nous apporter le bonheur et la facilité.

Ainsi l'homme se retrouve démuni après avoir expérimenté beaucoup de voies qu'il jugeait possible.

Mais, ni le meurtre, ni la haine, ni la loi avec sa raideur et sa sécheresse, n'ont apporté ce que l'homme porte dans son coeur, sa soif d'amour et son goût pour le bonheur.

Tant que l'homme n'affrontera pas l'idée du Bien sur le plan existentiel, c'est à dire comme étant une véritable construction de l'être, ses choix entre le Bien et le Mal resteront incertains.. Or le Bien doit devenir une seconde nature pour que cette incertitude devienne petit à petit en faveur du Bien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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