Le prophétisme et la Conscience humaine

Le prophétisme et la conscience humaine



Plan

A-le prophétisme

1-difficulté du prophétisme

            a-problème de retransmission

                              1Difficulté de langage

                              2Difficulté d'interprétation

                              3 Mythes et Paraboles: outils de la retransmission

           b-Comprendre et accomplir la Parole

                                         1 Accomplir la Parole

                                         2 Comparer les prophétisme

2- Retransmettre la Parole de Dieu

L'accomplissement est un témoignage en soi



B- La conscience, siège de la Parole de Dieu

                                          1-Travaux sur le cerveau et la conscience

                                          2-Différences entre conscience-réceptacle et conscience-esprit

                                           3-Conscience tournée vers le Bien=conscience-divine

C- Parole de Dieu, parole en évolution

                             1-Adam?

                             2-Pourquoi l'homme Adam n'est-il pas resté seul dans l'unité avec Dieu?

                             3-Aujourd'hui l'Homme

                             4-Parole de Dieu, parole à faire des dieux.





Un grand débat, qui n'est pas nouveau, aura lieu tôt ou tard, au sein de l'Islam.
Il a déjà commencé au sein d'une communauté de penseurs progressistes.
Il s'agira de répondre à la question de savoir si la Parole que Dieu a révélée à Mahomet est une parole intouchable, sacrée en elle même où une parole interprétable, donnée aux hommes pour les aider à évoluer et évoluable elle-même
Le Coran serait-il de nature crée, et en ce cas il pourrait subir des changements comme tout ce qui est crée ?
Ou est-il incréée, et alors il est comme Dieu de nature sacrée, sans interprétation possible ?
Le débat n'est pas si nouveau que cela puisque Abul Hasan al-Ash'ari de Bessorah (873-936) disait déjà : « Le coran que nous entendons, lisons ou voyons n'est pas la Parole de Dieu »

Chez les catholiques, divers mouvements de résistance ont toujours plus ou moins existé.
Des réformateurs ont payé parfois fort cher leurs réflexions. On peut penser à des hommes comme Lamennais, qui en plein XIXème siècle, remet en question toute la doctrine sociale de l'Eglise. Mais dans cet exemple, il ne s'agissait que de remettre en question la position de l' Eglise et pas d'interpréter véritablement la Parole de Dieu.
Par contre il en tout autrement de ceux qui agitent gravement l'intérieur même de l'Eglise aujourd'hui, en remettant à la réflexion des dogmes aussi fondamentaux que la divinité du Christ par exemple.

Cette effort de réflexion touche toutes les communautés qui estiment avoir reçu directement ou indirectement de Dieu des commandements, de messages...
Autrement dit la Parole de Dieu est-elle par nature interprétable et évoluable ou pas?



A- Le prophétisme



1 Difficulté du prophétisme



a--Problème de retransmission



Dieu ne peut se révéler que par des hommes puisque c'est à eux qu'il s'adresse. Il ne peut donc pas utiliser un autre langage que celui des hommes. Mais ce langage est marqué par l' histoire et la culture. Plutôt que Parole de Dieu, on devrait peut-être dire Pensée de Dieu , et langage de l'Homme.

Deux difficultés apparaissent d'emblée vis à vis de cette Parole dite de Dieu:



1 difficulté de langage

Dieu ne peut pas se définir avec nos mots. Quand Dieu nous livre sa Parole, c'est sous forme de parole, de mots d'homme. Dieu n'a pas un langage a lui. Avec un langage aussi perverti, avec des mots aussi facilement mensongers, Dieu ne peut que difficilement traduire sa Vérité. En parlant notre langue, Dieu a pris le risque de se trahir, de laisser de coté la partie essentielle de la Lumière dont il rayonne, par impossibilité de la suggérer par les mots humains. Notre langage ment par nature. Il n'exprime qu'une vérité à un moment donné de l'histoire subjective d'un humain. En parlant avec nos mots, Dieu accepte de quitter la Vérité pour se soumettre à notre histoire et à notre espace subjectifs et limités. Et sa Parole devient alors contingente.

Il souffre d'être obligé de descendre dans notre espace et dans notre histoire. Des bornes intolérables pour lui. Il souffre de devoir pénétrer dans un monde aussi empreint de Mal, dont le langage est, bien entendu, aussi le reflet.

 « La bouche d'homme, j'entre dedans;

Je serre, Je serre comme le clou(sous le marteau) »RA-II-21

A chaque fois que nous nous approprions la Parole que Dieu nous a livré, n'oublions pas la difficulté, la douleur que Dieu manifeste quand il s'en sert. La Parole que Dieu nous a livré n'est pas la Vérité de Dieu. Ne nous pensons pas détenteur de la Pensée de Dieu, nous n'y avons pas accès..

Dieu n'a que des mots humains pour exprimer une Vérité divine. C'est pour cela que la Vérité est inaccessible. La Pensée de Dieu est inaccessible. Il n'y a de parole qu' humaine. Quand bien même elle serait prononcé par Dieu, la parole reste un langage humain. Notre langage est forcément réducteur. Parler de Parole de Dieu est un abus de langage.



C'est ce qui explique les différences entre les prophétismes. C'est leur fond commun qui constitue la Parole. Dieu semble se résoudre à n'exprimer que des vérités de circonstance, relatives et pédagogiques du fait même de la faiblesse de l'outil humain qu'il emploie.. Mais cette pédagogie là sauve la Parole de sa finitude, car elle la place dans un mouvement de grande envergure qui est l'ensemble de la Parole . D'écho en écho, les vérités se répondent et finissent par faire une sorte de corpus que l'homme est appelé à comprendre de mieux en mieux, comme participant à l'enseignement évolutif de toute la Création.





2 Et difficulté d'interprétation.

Non seulement comme nous l'avons vu, le langage d'homme est réducteur, mais le mental de l'homme est lui même alourdi de culture, d' à-priori, d'amalgames, d'interprétations préconçues..Il y a donc une difficulté d'interprétation . Comment les hommes vont-ils interpréter leur propre langage, venu de Dieu? En s'incarnant dans le mental de l'homme, la parole de Dieu perd son objectivité. Elle entre alors dans la subjectivité humaine..

L'interprétation dépend de l'état d'avancement spirituel des gens qui reçoivent cette parole. Dieu tient compte du culturel dans lequel il intervient. Par exemple dans la Bible, Dieu sait qu'il ne pourra pas tout de suite échapper à l'univers des divinités un peu primaire de l'époque. Avec Abraham en particulier, il compose avec le culturel de celui-ci

Dieu laisse le temps au peuple d' Israël de le choisir parmi le panthéon des dieux existants à cette époque dans cette partie du monde.

Il se révèle certes à l'homme Israël, mais il reste au peuple d'Israël d'interpréter la Révélation et de connaître celui qui se révèle.

Par petite touche, en tenant compte du culturel dans lequel il agit, Dieu, de prophète en prophète affine son Image et à mesure de l'évolution culturelle, en douceur, il est passé du Dieu jaloux, violent, partisan, au Dieu de l'amour.

Patient, Dieu révèle sa véritable nature au fur et à mesure que l'homme s'humanise suffisamment pour entrevoir un Dieu bon, juste avec non seulement son clan, un petit peuple, mais aussi avec tous les hommes. Peut-être que d'avoir un Dieu possessif et belliqueux était-il vital à l'époque pour qu'un peuple résiste à la pression extérieure. Dans un tel conteste historique, Dieu n'avait sans doute pas d'autres choix que d'attendre un changement de conteste. Ainsi, il apparaît clairement qu' à partir du moment où l'homme se meut dans une histoire, dans un temps, l'interprétation de la Parole s'inscrit dans un lent processus d'évolution de la conscience humaine. La patience de Dieu est proportionnelle à l'histoire humaine et à la faiblesse humaine.

Est ce à dire que l'homme ne peut pas dépasser l'image des dieux de son époque et de sa région et que malgré tout ce que Dieu peut exprimer, l'homme demeure englué dans son milieu culturel, qu'il a bien du mal à dépasser ? Est ce à dire que Dieu ne peut guère aller au delà du langage des hommes et serait impuissant à transmettre un message abouti, sauf à agir dans certains esprits en soufflant dessus. Peut-être?

3-Mythes et Paraboles: outils de la retransmission.

Ce qui est important, c'est que Dieu ait pu retransmettre son désir de voir sa Parole accomplie. Et la Parole dans ce qu'elle a de mythique, parabolique, est avant tout, un enseignement, une manière de mettre en action tout son moi, de réveiller sa conscience et de donner la vie

b-- Comprendre et accomplir la Parole

1 Accomplir la Parole

.On voit bien que la parole n'est pas une suite de mot à prendre à la lettre, mais une suite de mot pour changer, pour évoluer. La Parole alors se féconde dans sa rencontre avec l'être. Et la vérité de la Parole s'exprime dans la vérité de l'être. En ce sens, la Parole n'est sacré que dans son accomplissement dans l'être. Cette part d'ombre qui tient au langage humain s'éclaire quand elle s'incarne dans nos comportements et nos mentalités. C'est en s'accomplissant en nous que la Parole devient vérité. C'est pourquoi Dieu nous dit que « la vérité, c'est que le monde doit changer »

«Prononcer ma parole pour l'accomplir, voilà la vraie piété » (35-6).

Accomplir, changer, tout cela s'inscrit plus dans l'action et le devenir que dans la foi et le souvenir. La Parole n'est prononcé que pour être accomplie. La Parole doit donc devenir.

2 Comparer les prophétismes : mettre en perspective tous les prophétismes.

La recherche de la Vérité doit se faire dans la recherche de l'unicité de la Parole de Dieu, à la fois dans la Parole révélées par les prophètes et dans notre conscience. Nous verrons plus loin, le problème de la conscience.

On doit se dire que la Parole est forcément « une ». Quand on croit y trouver une contradiction majeure, il faut réfléchir et mettre en perspective tout ce que nous connaissons de la Parole en général pour se rendre compte si la contradiction est réelle. Si elle l'est, il faut se poser la question des ajouts idéologiques des Eglises qui ont souvent soumis la Parole à leur a-priori. En dernier ressort, je crois, qu'il faut s'arrêter au tronc commun de la parole et tenir pour vrai ce qui se recoupe dans l'ensemble de la Parole.

Nous pèlerin d'Arès, ne possédons pas davantage la vérité que les autres. La Parole que nous proclamons, si elle est libre de toute glose, n'est pas libre de notre subjectivité, comme nous l'avons vu. De la même façon que pour les autres prophétismes, en empruntant nos propres mots, si limités, si entachés de mauvais sens, Dieu en accepte les limites, qui sont les limites de l'homme lui-même. Et pour bien la comprendre et donc l'accomplir, il faut la mettre en parallèle avec l'ensemble de la Parole, l'ensemble de la spiritualité et aussi, nous le verrons plus loin, notre propre conscience qui est le siège de l'accomplissement.

A force de dégager les constantes dans ce que les hommes nous ont retransmis comme étant la Parole de Dieu et à force d'interroger notre propre conscience, on finit par saisir le projet de Dieu. Ces constantes nous indiquent clairement que notre évolution est subordonnée à notre capacité à changer.

La Parole regagne en vérité par la mise en perspective de l'ensemble de la Parole et finalement les effets produits par cette Parole dans notre conscience. Ainsi, l'homme finit par comprendre ce que Dieu attend de lui.





2 Le prophétisme est avant tout un témoignage, une retransmission par l'accomplissement

Puisque la vérité c'est de changer et que la Parole de Dieu est faite pour être accomplie, le seul témoignage qui vaille c'est celui qui marque justement ce changement, cet accomplissement.

La Parole de Dieu accomplie devient de fait un témoignage. Je ne témoigne pas que Dieu a parlé à Arès, je n'étais pas à Arès quand il a parlé. C'est du domaine de la conviction intime, de la foi. Je viens rendre compte de ce que cette Parole a produit en moi. Si cette Parole ne s'est pas accomplie d'une façon ou d'une autre en moi, elle est vaine, inutile. Et c'est mentir et trahir que de la transmettre intellectuellement seulement. Si elle ne devient témoignage , je ne peux transmettre que des mots. Or je dois retransmettre autre chose que des mots. Je dois retransmettre une Parole accomplie, je dois retransmettre une Parole enrichie du changement qu'elle a opéré en moi Si je n'ai pas fait cet effort, je ne pourrais qu' intellectualiser et finalement indiquer les références d'un livre que je crois être la Parole de Dieu. La Vérité, c'est ce que la Parole a produit d'accomplissement en moi.





B La conscience : siège de la Parole de Dieu





Il convient, à ce stade de distinguer deux aspects de la conscience. Il y a d'abord cette conscience-réceptacle dont les fonctions sont liées au cerveau et à la subjectivité. Mais il y a aussi cette conscience sorte de présence à soi, hors du temps et de l'espace qui donne à la vie humaine une impression d'unité et d'existence supra matérielle.

Le problème c'est que la deuxième ne peut plus se révéler lorsque la première est endommagée ou absente. En réalité, nous n'avons pas accès à d'autres vérités que celles qui passe par notre conscience subjective, elle-même tributaire de notre cerveau. De ce fait, aucun élément de notre pensée ne peut échapper à la tentation du doute.

Car le commun des mortels ne fait pas d'expérience directe, objective, de la réalité. Tout ce que nous percevons, pensées, intuitions, sont assemblées et acheminées par le cerveau. Notre expérience de la réalité passe par le filtre du cerveau et transforme cette réalité en notre réalité.





1- Travaux sur le cerveau et la conscience



a-Le cerveau : fonctionnement


Notre cerveau contient dans son lobe pariétal différents opérateurs neurologiques, notamment l'opérateur binaire et l'opérateur causal.

Si cet opérateur causal n'existait pas, nous ne chercherions pas à connaître le pourquoi des choses. Il est le moteur principal de la curiosité. Tandis que l'opérateur binaire nous incite à comprendre les opposés: bien et mal; jour et nuit...


C'est la présence de ces deux opérateurs, en particulier, qui suscite le besoin de percevoir et de comprendre les aspects métaphysiques de l'existence. Et c'est ce qui fait la spécificité de l'homme. Ces fonctions, sont apparues chez l'homo erectus ( 500 000 à 100 000 ans). Mais l'existence de ces fonctions, avec la complexité que nous leurs connaissons, n'est attestée vraiment que par la présence du langage et des mythes chez les Néandertaliens (100 000 ans). Pour satisfaire leur curiosité et répondre aux questions métaphysiques qu'ils se posaient, on trouve chez eux la présence d'histoires mythiques explicatives du monde.




b-Le cerveau : une machine à poser des questions ?


Est-ce l'homme qui a fabriqué ces mythes et la fonction neurologique y répondant, pour combler le vide d'explication par rapport à son questionnement ? Si c'est le cas, on peut se demander alors, comment cette curiosité est venu chez l'homme et pourquoi ça lui est venu. Car aucune fonction n' apparaît dans le monde du vivant, sans qu'il y ait une nécessité vitale.


Neurologique ment, les savants ont trouvé, semble t-il, tous les points du cerveau qui créent cette curiosité, ainsi que les demandes d'explication de tous genres. Ils ont même trouvé les points qui mettent en route le processus de l'extase, cette sorte d'union mystique avec Dieu, le cosmos où tout simplement une force supérieure. Lorsque ces points sont affectés par quelques troubles où maladies, l'individu perd cette possibilité spécifique.




c-Cerveau et conscience ne font-ils qu'un ?


Est ce à dire que notre cerveau, comme je le suggérais plus haut, est producteur de cette idée de Dieu? Auquel cas, Dieu n'aurait d'autre existence que dans notre cerveau?

Il n'y aurait ainsi pas d'autre réalité que celle de notre cerveau et notre esprit, notre conscience se confondraient avec lui et ce que nous percevons comme immatériel serait en réalité dû à un système compliqué de connections neurologiques bien matérielles.

Ainsi que nous l'avons vu, nous n'avons accès à notre conscience que par l'intermédiaire de notre cerveau. C'est assez facile d'en conclure que l'un et l'autre ne font qu'un, car nous n'avons sur cette terre aucune expérience de notre conscience sans le concours du cerveau. Peut-on continuer d'affirmer l'existence d'une conscience séparée quand on sait que tout ce qui relève de la métaphysique est repérable dans notre cerveau?


Autrement dit, comment garder la certitude de l'existence de cette conscience, d'un esprit, d'une âme non contingent du corps?


Imaginons que seul notre cerveau existe réellement. On le voit mal créer d'autres curiosités que celles directement liées à notre vie pratique. Le cerveau ne crée rien d'autre que ce qui lui est utile. S'il s'est encombré d'une curiosité métaphysique aussi peu « utile » que celle concernant la causalité par exemple, c'est qu'il n'a pas pu faire autrement. Et on peut penser que cette causalité n'est pas une simple idée, mais une réalité profonde, notre réalité. Et ce désir d'explication , n'est pas arrivé là, dans le cerveau, on ne sait trop pourquoi. Car le cerveau n'est qu'un outil d'adaptation à la vie et ce qui n'a pas d'utilité à la vie justement, n'a aucune raison d'émerger.





d-N'est ce pas plutôt la conscience qui commande au cerveau?


Le cerveau n'est-il pas plutôt l' outil de transmission de la même façon qu'une main n'est que l'exécutrice d'un geste dont le commandement vient d'ailleurs. Dans ce cas l'esprit, la conscience seraient notre réalité profonde et le cerveau ne serait que l'outil pour traduire cette réalité. De la même façon qu'une ampoule électrique qui n'éclaire plus à cause d'un fil coupée n'induit pas que le générateur d'électricité n'a pas d'existence.


Le désir d'unité à Dieu, où d'unité à un absolu quel qu'il soit, tendrait donc à prouver que cette unité est un désir nostalgique que toute créature éprouve par rapport à son Créateur. Ce lien viscéral de souvenir d'une unité perdue. Il n'y a vraiment aucune raison pour que l'homme développe lui même cette fonction adaptée aux aspects métaphysiques de son existence, si cet aspect n'a aucune réalité.

D'autres animaux que lui, ont développé des adaptations, mais ces adaptations correspondaient toujours a un besoin réel actuel ou à venir. La réalité se trouverait donc à l'intérieur de la conscience qui l'exprimerait au fur et à mesure de son développement.








2-La conscience est un outil d'évolution et en même temps le lieu de l'évolution elle-même



A ce niveau, nous pouvons trancher et décider une fois pour toute que cerveau et conscience sont identiques. Ainsi la conscience ne produirait rien d'autre que ce que son cerveau lui dicte, à savoir des croyances, des connaissances, des certitudes, du culturel. Toutes choses limitées au plan strictement humain.

Mais on peut aussi et plus fructueusement penser que la conscience est réellement la force qui donne à tout notre être la possibilité d'évoluer sur le temps très court d'une simple vie humaine. Il s'agit alors de rendre cette conscience plus vigilante, active, interrogative, participative et en même temps auto-créatrice d'elle-même, ainsi que de l'élément spirituel qui l'accompagne et que l'on peut appeler âme.

Il paraît à peu près évident qu'une conscience-réceptacle n'aurait aucune possibilité d'accéder à quelque Parole que ce soit sortant du cadre de notre humanité.

Par contre, une conscience en création, en évolution est une conscience susceptible d'accueillir la part de vérité qui lui permette d'aller plus loin.



3- conscience tournée vers le Bien=conscience divine.

Toute parole prononcée par une conscience tournée vers le Bien, devient prophétique.

« Le royaume est au dedans de vous » disait Jésus. Théoriquement, chaque être qui va au dedans de lui, en cherchant le Royaume (c'est à dire en cherchant Dieu) prononce une parole digne d'être accomplie. Encore faut-il que cette parole comme toute la Parole ait une cohérence avec la Parole dite révélée.

Dans la vie des hommes, il y a les Paroles prononcées par des initiés reconnues, avertisseurs de Dieu et celles, bien plus nombreuses de tous les humains qui ont mis, à des degrés divers, leurs pas dans les pas de Dieu.

Chaque homme de bien est habité  par Dieu et est en ce sens un prophète.

Si le Royaume est en nous, comment peut-on vivre hors de ce Royaume? En réalité, nous vivons dans ce Royaume et nous ne le savons pas. Mais rien ne nous empêche de nous y connecter. Quand nous avons l'impression de vivre en dehors, c'est que nous n'avons pas fait l'effort de l' unité en nous.

La recherche de l'unité qui n'est rien d'autre que l'effort spirituel à accomplir pour se changer, finira par réunir Créateur et créature. Ainsi le « Royaume ne sera plus divisé contre lui-même ».

Après tout, ne sommes nous pas, chacun d'entre nous le lieu même du divin (Image et Ressemblance) (Royaume au dedans de nous) Une conscience qui travaille à arracher le mensonge d'elle-même, qui ne concède aucune complaisance et qui donne envie à l'être d'agir en conformité avec ce qu'elle dicte est une Conscience ou Dieu a élu domicile. Avant d'être n'importe où ailleurs, Dieu est là. D'ailleurs, Dieu n'est peut-être que là. Dieu n'est pas dans le prophétisme. Le prophétisme est en dehors de la conscience, il vient juste la guider, la former. C'est elle qui peut prétendre à une forme de vérité, car c'est elle qui est le siège du divin.

Nous sommes le véritable temple de Dieu, et c'est là que le prophétisme vient nous rappeler la bonne direction à suivre. On pourrait penser que certaines conscience proche de Dieu n'ait nul besoin du prophétisme pour être en accord avec la volonté divine.

C'est la conscience juste qui rend la Parole de Dieu juste et sacrée. Au contraire une conscience perturbée, faiblement spiritualisée, peut rendre la Parole de Dieu caricaturale. N'importe quel prophétisme, qu'il vienne d'un prophète ou directement de la conscience, s'il est mal interprété peut aussi mener à la guerre, à l'assassinat, au meurtre.

Ainsi, le prophétisme n'a de valeur et d'intérêt que s'il émerge d'une conscience juste. Rendre sa conscience capable d'accueillir ou capable de révéler la Parole de Dieu est un travail long, éprouvant et nécessaire.



C Parole de Dieu, parole en évolution





Le monde doit changer dit la Révélation d'Arès.

On peut interpréter le verbe devoir de deux façons complémentaires:

-Dans le sens de :il faut que le monde change, il doit changer sous l'impulsion d'une décision, d'une volonté.

-Dans le sens de : le monde, par nature est appelé à changer. Il changera inéluctablement, même si nous ne faisons aucune action, il changera.

Dans les deux acceptations, on retrouve une forte idée d'évolution. D'une part, évolution consciente, libre, volontaire par une action réfléchie de l'homme, (nous devons nous obliger à changer le monde) mais aussi évolution inscrite dans la nature même du monde.(le monde est censé changer par nature, presque malgré nous)

Cela signifie qu'avec la volonté de l'homme ou sans son consentement, le monde évolue, a toujours évolué et continuera malgré tout, d'évoluer.

Ce que Dieu propose depuis toujours et plus particulièrement aujourd'hui, c'est que le monde évolue avec, et grâce au concours de l'homme.


1-Adam ?

Cette proposition et le fait que le monde change naturellement rend peu probable l'idée d'une chute, d'une régression à un moment donné de l'histoire de l'homme tel qu'il est aujourd'hui..

Où alors, et c'est probable, la chute dont parle la genèse ne concerne pas notre humanité d'aujourd'hui. Elle concerne un autre type d'humanité dont nous sommes sans doute les héritiers, mais avec laquelle nous n'avons aucun lien conscient sinon celui d'un mythe fondateur. Cette histoire serait celle de l'échec du projet de Dieu, échec qui se perpétue de génération en génération.

L'idée d'évolution qui parcourt la Révélation d'Arès s'accorde mal avec l'idée d'une humanité qui aurait reculé sur le plan de son évolution jusqu'à une chute inéluctable imputable à sa conduite, pour refaire le chemin inverse.

Si une humanité très spiritualisée a existé, il ne s'agit que d'une humanité de parenté lointaine qui a disparut en tant que telle. Et on ne sait rien d'elle, sur son histoire et sur ses relations avec son Créateur. Par contre notre but est peut-être de retrouver cet état adamique de proximité avec le Créateur.

Que pouvons nous savoir de cet homme premier qui n'en est pas vraiment un comparé à ce que nous sommes devenus? Nous devinons, tout d'abord, que cette humanité devait être libre, d'une liberté proche de celle de Dieu lui-même, qu' elle n'était ni soumise au travail, ni à la reproduction (en tout cas pas au type d'enfantement douloureux que nous connaissons). Et qu'elle vivait en présence de son Créateur et discourait avec lui. Que donc, le langage du Créateur et de Sa créature devait être assez semblable pour qu'ils se comprennent et forme une unité.

On peut même penser à la lecture de ce mythe, qui comporte deux versions différentes dans la Bible et de nombreuses versions en Mésopotamie, que dans la deuxième version, l'Homme, au départ, était un être androgyne, ni mâle, ni femelle, profondément unifié.



2- Pourquoi l'Homme-Adam n'est-il pas resté seul dans l'unité avec Dieu?

Il était alors comme Dieu, dans l'unité et non dans la dualité. Et qu'après un « profond sommeil » (Gn 2-21),qu'on peut interpréter comme le commencement de la longue dégradation de l'homme, il devient deux, petit à petit, sous l'effet sans doute d'une dégradation de ses rapports avec Dieu.

D' avoir perdu son unité avec Dieu est sans doute la conséquence d'un lent processus de séparation entre le Créateur et sa Créature. En se déspiritualisant, en se privant de Dieu, en s'éloignant du plan divin, Adam s'est, peut-être, déconstruit. Il a fait disparaître cet unité qui le faisait vrai fils de Dieu. Il a peut-être fini par perdre tant de qualité aussi bien spirituelle que matérielle que sur sa dépouille spirituelle, Dieu a reconstruit deux êtres de polarité différente. Adam en se scindant en ève et adam est devenu infirme de lui-même.



Ainsi cet être unifié au début, ni homme ni femme, se divise en deux sexes séparés, Adam et Ève . Le dualisme avec tout ce que cela représente de tiraillement et de discordance s'est installé dans l'homme au point de le diviser physiquement.. Et Dieu dû accepter ce compromis en espérant que ces deux-là ne feraient à nouveau qu'un, un jour, conséquence d'une reconquête spirituelle décidée par l'Homme. « ...ils deviennent une seule chair. » (Gn 2-24) Notre vraie parenté commence avec ces deux là. Nous n'avons que peu de parenté avec l'humanité de l'Adam d'avant, sinon que nous en avons gardé le potentiel spirituel et un certain souvenir enfoui au fond de notre conscience

Au cœur de l'homme d'aujourd'hui, la dualité: le féminin, le masculin; le jour, la nuit; la perfection, l'imperfection; le bien, le mal; l'amour, la haine...

La dualité n'est pas un état normal mais un état nécessaire, dans le monde que nous connaissons, pour l'exercice de la liberté. Pas de choix sans dualité dans notre monde.

Pourtant l'homme répugne à cette dualité. C'est la source de conflits, de tiraillements parfois intolérables. C'est le siège de nos contradictions.

Inlassablement, l'homme semble à la conquête de son unité encouragé par Dieu lui-même « sois un en toi » RA (XXIV-1), comme si le retour à l'unité marquait une sorte de perfection. Une victoire sur l'imperfection, un progrès sur la route du divin. Comme si notre état originel était l'unité. Une sorte de nostalgie au plus profond de notre être.


Que pour des raisons que nous ne connaissons pas, nous soyons doubles (mythe de la Création de l'homme et de la femme), n' implique donc pas que notre état originel ait été la dualité et n'implique pas que nous devions rester dans cet état.. La naissance de deux êtres marque la naissance de notre humanité

En réalité , je crois que l'être humain n'est pas fini, qu'il vit toute son existence en état de manque (à part, peut-être quelques mystiques enivrés de Dieu). Ce manque, nous le traînons partout, sauf quand quelques rencontres sortant de l'ordinaire, nous font oublier notre incomplétude. Cet état de grâce nous remplit de l'autre au point de ne faire qu'un pendant de courts instants.


Ce sentiment est fugitif. Nous ne sommes pas « un » mais au contraire nous sommes écartelés, découpés en plusieurs avec cette souffrance du souvenir de l'unité au fond de nous

Ce sentiment d'incomplétude témoigne à la fois, de notre dualité profonde mais aussi de notre insatisfaction à rester duel, double. Car la complémentarité homme/femme ne comble pas la nostalgie d'avoir été dans l'unité même de Dieu. A son Image....


3- Aujourd'hui l'Homme

Ce que nous connaissons de l'homme aujourd'hui, s'accorde plutôt avec l'idée que nous sommes en cours d'évolution..L'évolution physique n'a pas cessé de progresser. D'adaptation en adaptation, l'être vivant est devenu une machine d'une perfection admirable. Quant à l'évolution spirituelle, il me semble aussi, même si nous jouons gros aujourd'hui, que nous sommes malgré tout sur le chemin du progrès.

Incontestablement, globalement, la conscience de l'homme s'éveille. L'esprit est en train d'émerger de ce monde. Et il ne tient qu'à l'homme de refaire la conquête de l'Adam qu'il était.

Et désormais notre vie est une longue recherche, non pas du Paradis perdu, mais de l'unité perdu. L'autre est celui que nous recherchons pour redevenir complet, mais nous savons aussi que ce que nous recherchons vraiment c'est l'unité de notre propre être. L'unité de Dieu, l'unité à Dieu.

Quête vaine et pourtant essentielle

.

4-Parole de Dieu, parole à faire des dieux.

C'est à cela que Dieu ne cesse de nous convier. Retrouver la « parenté » que nous avions avec lui. Et pour revenir à mon propos du début concernant le langage, retrouver ce langage commun qui permettait au Créateur et à ses Créatures de parler ensemble.

Dieu s'il nous a fait a son Image et Ressemblance, s'il a fait d' Adam un compagnon, un associé, ne peut avoir changé d'avis sur le destin de sa Création.

S'il nous livre sa Parole à travers certaines paroles prophétiques ou à travers la Conscience de chacune de ses créatures (qui n'a pas oublié Dieu quand il s'adresse à lui, voir RA), c'est de toute évidence pour nous inciter à redevenir les partenaires, les compagnons que nous étions. C'est à dire des dieux de parenté.

L'amorce de notre retour vers l'unité n'est possible que par l'amorce de notre retour à la vie spirituelle effective, c'est à dire par une certaine maîtrise du Bien. Car nous avons la nostalgie du Bien.

Par la maîtrise du Bien, l'homme ne perdra pas pour autant la possibilité du Mal, mais il pourrait en perdre l'usage au point peut-être d'en oublier la possibilité.

L'unité retrouvée par une lente asphyxie de la dualité.

Voilà peut-être, la toute finalité de l'homme et du prophétisme qui l'accompagne

Mais aussi la fin d'une histoire, la fin du temps, la fin de la diversité, la fin de la palette des possibilités humaine.

Le retour.

Le retour au divin

Le retour à Dieu

Le Jour de Dieu.


Spécificité du Message arésien


Parole essentielle





Conclusion



Nous avons vu que la Parole dans ce qu'elle a de mythique, parabolique, est avant tout, un enseignement, une manière de mettre en action tout son moi, de réveiller sa conscience et de donner la vie.

C'est vrai dans la Révélation d'Arès comme dans toutes les autres paroles de Dieu.

Mais dans la partie intitulée « le Livre », le message arésien devient déroutant car la forme et le fond sont ceux donnés par Dieu directement.

Il ne s'agit plus d'une retransmission d'un prophète.

Elle reste une Parole en langage d'Homme avec des mots d'Homme, mais l'éclatement même des phrases et de la syntaxe indique la volonté de Dieu d'enseigner également par la forme autant que par le fond

Proclamer la Parole sans ajout et passez vous de temps en temps des annotations, vous verrez comme cette Parole va à l'essentiel et casse les forme à-priori. Bientôt l'archaïsme apparent vous deviendra non seulement familier, mais vous paraîtra la forme la plus percutante, la plus essentielle, la plus susceptible d'opérer un changement en vous. Toute possibilité d'intellectualisation aura disparu et les mots même de Dieu percuteront votre conscience.

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