Jésus-Christ, le Divin


Jésus-Christ, le Divin


Les Hommes, hier et aujourd'hui, ont toujours éprouvé la mort comme un scandale, comme l'obstacle principal à la bonté, voire à l'existence de Dieu. Sans doute est ce l'Homme qui petit à petit imperceptiblement est entré dans un processus de mort. L'Homme meurt parce qu'il n'a pas su se créer immortel. C'est ça la fameuse entrée dans le Royaume.
En tout cas, le prophète Jésus d'il y a deux mille ans et celui revenu parler à Arès nous dit que nous ne sommes pas fait pour cette mort.
Pour nous sauver du désespoir et prouver la véracité de cette affirmation, il fallait bien que Jésus ressuscite. Comment Jésus qui a été le champion de la Victoire de la Vie sur la mort aurait pu être crédible s'il avait pourri dans le fond d'une fosse.

Car, la perspective d'une vie débouchant sur la mort, n’engendre que désespoir chez l’Homme. Le néant est un scandale. Ce n'est pas un hasard si le siècle écoulé,- le premier à avoir imaginé un monde sans Dieu,- a été le siècle de la philosophie du désespoir et de l'absurde.



Plan

A] Qui est Jésus dans la tradition monothéiste

      1. Qui est Jésus pour les Musulmans ?

      2. Qui est Jésus pour la Chrétienté ?

B] Qui est Jésus dans le Message de l'Evangile d'Arès ?

1 - Jésus n'est pas né Dieu, mais le devient.

                                           a-Jésus accomplit sa nature divine

                                           b-Jésus devient fils de Dieu.

2) La voix du Père et la voix du Fils sont perceptibles dans l’Evangile d’Arès

a- Dieu le Père parle par la bouche de Jésus

b-Jésus-Christ parle par la bouche de Jésus, c'est à dire par sa propre bouche.

-Jésus évoque ses disciples

-Jésus parle de sa mère.

-Jésus parle de son Père céleste

-Jésus évoque son Sacrifice.

-Jésus évoque son Triomphe


3- Cependant le Père et le Fils sont UN et parlent d'une même voix.


a- L'Eternel et le Christ forment un miroir

b- Fusion du Père et du Fils (l'incessant va et vient du « Je » et du « Moi ».

c- Jésus devenu christ : Image de Dieu.

d- Jésus, élevé au rang de Christ, rétroactivement : dès sa naissance ?

e- L'incarnation



4- La notion de Royaume

a- Le Royaume pour les Juifs

b- Le Royaume pour les Chrétiens

c- Mais alors, qu'est-ce que Jésus annonce ?

d- Le Royaume et la Révélation d'Arès.


Nous entrons là dans un domaine qui ne peut être que le reflet d'une réflexion personnelle et qui n'a aucune espèce de vérité absolue, mais qui peut contribuer à faciliter la réflexion dans le sens d'une approbation ou dans le sens d'une désapprobation. Ainsi en va t-il de la réflexion libre.

Le Livre, à juste raison, paraît difficile, mais l'Evangile donné à Arès l'est presque autant, tant il nous est ardu de comprendre le rapport du Dieu éternel avec l'Homme devenu Dieu. Ce rapport révélateur de ce que peut être l'amour absolu de Dieu pour sa Créature, nous décontenance complètement. Sur ce point, il faut nous déculturer vraiment. Ce va et vient entre la Parole de Dieu et du Christ-Dieu est étourdissant et semble parfois impénétrable.





A] Qui est Jésus dans la tradition monothéiste ?




Il faudra bien revenir sur la nature véritable de Jésus, dont l'Ecriture nous donne une identité qui sans être contradictoire ne fait pas l'unanimité. Pour les Juifs et les Musulmans, il est un prophète. Pour les Chrétiens, il est Fils de Dieu de toute Eternité. Il est la deuxième personne d'une trinité divine : un seul Dieu en trois personnes. Le Message arésien dans la partie intitulée « l'Evangile d'Arès » nous propose une autre vision de la nature christique.


1- Qui est Jésus pour les Musulmans ?


« Il est aujourd’hui communément admis que l’islam naquit en un temps et à un endroit où la figure de Jésus était largement connue. D’inscriptions issues de sources syriaques, éthiopiennes ou byzantines, des analyses modernes de la poésie arabe préislamique, des textes islamiques des premiers temps de l’islam nouvellement mis à jour, émerge une image de l’Arabie préislamique où diverses communautés chrétiennes, ne Arabie même ou dans son environnement immédiat, fournissent des images riches et variées de Jésus. Il est bon de rappeler que lorsque l’islam arriva sur la scène de l’histoire, l’Eglise des grands conciles n’avait pas encore imposé ses dogmes dans le Proche-Orient. En d’autres termes, l’Islam naquit au milieu de nombreuses communautés chrétiennes, souvent hostiles les unes aux autres, et non au cœur d’une Eglise universelle. » (Tarif Khalidi, « Un musulman nommé Jésus »)

Ainsi, le Coran s’installe plutôt dans des régions chrétiennes à tendances arianistes ou nestoriennes, c'est-à-dire, anti-trinitaire.


Jésus est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Le Prophète annonce même le retour de Jésus pour les temps messianiques, où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.

... Le messie, Jésus, fils de Marie est l’envoyé de Dieu et son Verbe, qu’Il projeta vers Marie, il est un esprit venant de Dieu; il est un esprit venant de Dieu. Croyez donc en dieu et à ses apôtres, et ne dites point :il y a Trinité. Cessez de le faire.....” (Coran, sourate 4 verset 169)

Le prophète Mouhamad a dit : “Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète”.

Coran XXI, sourate 91) « Nous soufflâmes notre Esprit à celle qui a conservé sa virginité; nous la constituâmes, avec son fils, un signe pour l'univers »


Al-Baqara 2.87. Nous avons déjà transmis le Livre à Moïse et, après lui, Nous avons envoyé d'autres prophètes, de même que Nous avons doté Jésus, fils de Marie, de preuves éclatantes, en le faisant soutenir par l'Esprit saint.

An-Nisaa 4.171. Dites uniquement la vérité sur Dieu ! Le Messie Jésus, fils de Marie, est seulement l'envoyé de Dieu, Son Verbe déposé dans le sein de Marie, un Esprit émanant du Seigneur !

Al-Maidah 5.110. "Ô Jésus, fils de Marie", dira le Seigneur, "rappelle-toi les bienfaits dont Je vous ai comblés, toi et ta mère quand, t'ayant soutenu par le Saint-Esprit, tu parlais aux gens, dans ton berceau, comme lorsque tu devins adulte , quand Je t'ai appris le Livre, la Sagesse, le Pentateuque et l'Évangile , quand Je t'ai permis de former de l'argile un corps d'oiseau qui devenait vivant dès que tu soufflais dedans , quand Je t'ai permis de guérir l'aveugle-né et le lépreux , quand Je t'ai permis de ressusciter les morts et quand Je t'ai défendu contre les fils d'Israël à qui tu apportas des signes évidents, pendant que les négateurs d'entre eux s'écriaient : "Tout cela n'est que pure magie !"

Al-i'Imran 3.55. C'est alors que Dieu dit : "Ô Jésus ! Je vais mettre fin à ta mission sur Terre, t'élever vers Moi, te purifier".



Jésus est le prophète le plus cité dans le Coran : 136 fois dans 34 sourates différentes. Certes, il est considéré comme un prophète, mais il est un prophète d'une stature bien particulière. On peut se demander à la lumière de sourates précédentes, si le fait d'être considéré comme Verbe de Dieu ne le met pas au rang de ceux qui sont parvenus à accomplir leur nature divine.


2- Qui est Jésus pour la chrétienté ?


Il s'en est fallu de peu pour que Jésus ne devienne pas la deuxième personne de la Trinité. Quelques intrigues conciliaires ? Un pouvoir politique moins dominant ?.

Bref, ce fut le pouvoir le plus fort qui triompha, la tendance marquée par la philosophie grecque, celle qui définit Jésus comme Dieu, non crée par Dieu , mais Dieu à l'égal du Père.....Au Concile de Nicée, pouvoir religieux et pouvoir politique associés, ont définitivement dogmatisé le concept et imposé la Trinité : un Dieu en trois personnes.

L'autre tendance celle qui voyait Jésus comme un prophète adopter par Dieu, autrement dit devenu Dieu à la suite d'une vie exemplaire s'est vue marginalisée en secte pour finir par pratiquement disparaître.

Ensuite tout s'enchaînera logiquement.

Si Jésus est un fils de Dieu envoyé sur la terre, il est forcément envoyé pour une mission bien particulière. Etant Dieu, il ne peut que venir sauver les hommes.

Il est évident que l'objet de la mission de Jésus est directement lié à sa nature. Cette mission est différente suivant qu'il est originellement de nature divine ou de nature humaine.


La chrétienté a choisi de faire reposer toute sa spiritualité sur le messianisme divin de Jésus « non pas créé mais engendré, vrai Dieu né du vrai Dieu » (credo)

Mais voilà que cette belle unité trouve ces premiers objecteurs et que bon nombre de Chrétiens silencieux ne croient plus que Jésus soit Dieu au même titre que Dieu, le Père de l'Univers. Ce Dieu qui se décline en trois personnes leur paraît de plus en plus étrange et pas forcément nécessaire à l'accomplissement du Message évangélique.




B]-Qui est Jésus dans le Message de l'évangile d'Arès?


Dans l'histoire de l'humanité, ce n'est pas si fréquent qu'un Homme puisse révéler par sa vie et ses actes, la divinité dont il est porteur. Cela vaut la peine qu'on s'y attarde un peu. Il est question d'un Homme devenu un Dieu dont l'histoire terrestre devient l'histoire de Dieu, par amour du Père pour le Fils, par osmose du Créateur avec sa créature. La souffrance du Fils est devenu la souffrance du Père, la vie du Fils, celle du Père .


Un humain devenu Dieu et qui à ce titre parle comme Dieu et à sa place, tout en précisant de temps en temps qu'il n'est pas complètement « dilué » en Dieu puisqu'il évoque nommément parfois le Père.

Il est à la fois ce Jésus qui a souffert en Palestine, il y deux mille ans et qui a mis, à cette époque ses pas dans les Pas de Dieu, et aussi Jésus, devenu un Dieu fondu en Dieu.

Nous avons donc un homme qui a réussi, par la sainteté de sa vie, à réaliser le Dieu potentiel que tout Homme est, en naissant.


1- Jésus n'est pas né Dieu mais le devient


a-Jésus a accompli sa nature divine


La réussite de Jésus c'est d'avoir pu montrer au monde que l'accomplissement de notre nature divine était possible. Il donne à ce monde une nouvelle virginité, un nouveau départ possible. En ce qui le concerne, l'accomplissement de cette nature le met définitivement au rang divin, qui pour exceptionnel qu'il soit n'en est pas moins le destin proposé, par Dieu à tous les Hommes.


La Révélation d'Arès et notamment l'Evangile donné à Arès vient nous dire que Jésus n'est pas né Dieu, mais qu'il est devenu Dieu parce qu'il a mis ses pas dans les Pas de Dieu.

Plus de rachat, seulement une formidable espérance dans la capacité de l'Homme a réaliser le divin dont il est porteur par nature, puisque Image et Ressemblance de Dieu.

Dieu ne rachète personne, chacun se rachète en devenant fils de Dieu ainsi que Jésus.

Voilà le Jésus-christ auquel les Pélerins d'Arès croient : un prophète qui accomplit sa nature divine.

La Révélation d'Arès qui par l'intervention de Jésus s'adresse plus particulièrement au monde chrétien, donne des précisions au sujet de Jésus, tout en affirmant comme l'affirme le Message coranique que Jésus n'est pas né Dieu et qu'il n'y a qu'un seul Dieu éternel.


b-Jésus devient fils de Dieu


Dès la deuxième veillée, Dieu nous renseigne sur Jésus. Jésus est qualifié de deuxième fils, le premier étant Adam, premier fils, crée à l'Image du Père, et qui a choisi de dominer toute la terre, comme si les dons divins lui avaient tourné la tête. Fausse route fatale, entrainant à sa suite tous les Hommes dont les prophètes eux-mêmes.

Dieu nomme dans l'ordre : Azor, Noé, Abraham, Moïse, Mouhamad, Elie, tous qualifiés avec insistance de fils d'Adam et donc rattachés à cette humanité déroutée. Tous attendant le Jour de Dieu en passant par la fosse, tous sauf Elie qui a été glorifié, parce qu'il a renoncé aux mauvais choix d'Adam et qui de ce fait a échappé à la mort.


Dès cette veillée 2, Jésus nous est présenté comme quelqu'un qui a rompu avec l'orgueil et le pouvoir en mettant ses pas dans les Pas de Dieu et qui pour cela, a mérité avec sa mère d'être soustrait à toute ascendance. Ainsi Dieu pour bien marquer le changement qu'opère la nature spirituelle, place Jésus et Marie en dehors de l'héritage d'Adam.

Prophète d'exception, Jésus a été fondu en Dieu. Il est devenu Dieu. Lire les verset 13 et 14 qui sont admirables.


Spirituellement Jésus et Dieu ne font plus qu'un. Jésus étant entré dans la perfection divine, il est devenu Christ-Dieu, et peut à ce titre parler dans le même esprit que Dieu. Fusionnels dans la Vérité, nous verrons plus loin que le Père et le fils sont cependant bien distincts.

Jésus est le prototype d'une autre humanité possible. Celle du fils qui commence une nouvelle ascendance spirituelle celle qui pourrait échapper à la fosse. Il a été oint par Dieu comme pas mal d'autres prophètes, mais Dieu précise qu'en effaçant son nom des registres de César, il l'a plus que d'autres soustrait aux héritages négatifs de notre humanité. Et sans doute, pour glorifier aussi Marie, effacé le nom de sa mère des registres du temple**pour l'enlever à tout ascendant et en faire un Dieu, en le « fondant en Moi » dit Dieu. Ce renseignement qui nous dit que Marie a été soustrait au registre du temple se retrouve en la veillée 33;

« Tu ne scelleras aucunes fiançailles

parce que J'ai effacé celles de Ma Mère sur les registres du temple,(33/17)


Note ** « Celui que j’ai oint Moi-même.

Celui dont j’ai effacé la tare

A cause de ses exploits pour mettre ses pas dans Mes Pas

Pour aimer Mon Peuple, en effaçant des registres de César son nom

Et le nom de sa mère des registres du temple….. »(II, 12)

On peut constater que Dieu fait une différence entre les registres de l'époque de Marie et ceux de l'époque de Jésus. Dans le protévangile de Jacques, on lit cette phrase à propos de Joachim :« Joachim eut grand chagrin, et il s'en alla consulter les registres des douze tribus du peuple, se disant : " Je verrai bien dans leurs archives si je suis le seul à n'avoir pas engendré en Israël ! " Il chercha, et découvrit que tous les justes avaient suscité une postérité en Israël. …. »

On peut donc penser qu'un registre de naissance était tenu, en effet, au temple et que Marie étant née au temps d'Hérode, ces registres étaient encore spécifiquement juifs, alors que du temps de Jésus, qui malgré les affirmations de Matthieu et de Luc, a dû naitre un peu après la mort d'Hérode, c'étaient peut-être les Romains qui tenaient eux-même le registre. Ce n'est qu'une hypothèse, bien sûr. Cependant, il est troublant de lire que le nom de Marie a été effacé des registres du temple et celui de Jésus des registres de César.....




2) La voix du Père et la voix du Fils sont perceptibles dans l’Evangile d’Arès


On pourrait penser que l'ensemble de l'Evangile d'Arès, prononcée par la bouche de Jésus, n'est qu'une longue dictée de la Parole du Père. Jésus ne serait alors qu'un ambassadeur. Jésus ayant été fondu en Dieu, n'existerait plus en tant qu'individualité

Mais le texte ne donne pas vraiment cette impression.

Au contraire, le Père, l'Eternel et le Fils, Jésus-Christ semblent s'exprimer dans leur individualité et il est facile d'identifier l'un et l'autre. Ainsi de nombreuses fois il est fait mention d'évènements qui sont à n'en pas douter des évènements ayant traits à la vie même du Christ en tant qu'il a été l'Homme-Jésus. De plus, le Christ parle de son Père, et le nomme.

S'il est clair que le Père s'adresse en son propre Nom par la bouche de Jésus, il est clair aussi, que ce Jésus porte-parole s'exprime également en tant que Jésus devenu Christ, fils du Père.

Insensiblement nous passons de l'un à l'autre.


En voici un exemple caractéristique :

« Tu ne scelleras aucunes fiançailles

parce que J'ai effacé celles de Ma Mère sur les registres du temple », (33/17)

On s'aperçoit que le verset 33/17 est prononcé spécifiquement par le Christ puisqu'il dit « Ma Mère »

Par contre, incontestablement c'est le Père qui parle en 2/12, quand il dit avoir effacé « des registres de César

son nom,

et le nom de sa mère des registres du temple,

pour qu'il n'ait plus de génération », (2/12)

Évidemment « son nom » c'est celui de Jésus et « sa mère » c'est Marie.

L'emploi de pronoms personnels nous aide à identifier l'interlocuteur.


Cependant nous verrons dans un des chapitres suivant que quand le Christ parle, c'est une Parole en union étroite avec le Père. C'est l'union du Créateur et de sa Créature qui s'adressent à nous.




a-Dieu le Père parle par la bouche de Jésus et Jésus n'est alors qu'un rapporteur, qu'un messager.

Prenons seulement quelques exemples :

Veillées 1 et 2, c'est incontestablement le Père qui parle et Jésus est sans ambiguïté son porte parole. C'est donc Jésus qui descend à nouveau pour témoigner et qui va prêter sa voix à Dieu le Père. Il ne fait aucun doute que c'est le Père qui parle puisqu'il nous le dit lui-même à la veillée 2 : "J'ai parlé par Jésus et je parle encore par lui à toi, aujourd'hui." (2/15)

En veillée 4, le Père évoque son Souffle...Veillée 6 et 7, à nouveau c'est le Père, le Semeur qui parle, donnant en veillée 7, des conseils de vie spirituelle pratique, évoquant aussi sa Parole, évoquant son Bras qui donne force et évoquant aussi son pardon.

« Fais plier dans les coffres, qu'elles y pourrissent!, les parures que tu portes, comme Aaron,

que J'ai prescrites à Moïse comme bouclier contre la magie pour les temps qui précédèrent Ma Victoire sur elle et sur la mort, » (34-2)

C'est bien Dieu le Père qui fait plier les parures qu'il avait prescrites à Moïse comme bouclier en attendant sa Victoire sur la magie et sur la mort.

On pourrait multiplier les exemples, cela ne fait aucun doute.



b- L'individualité Jésus-Christ parle par sa propre bouche et évoque son histoire.


Jésus parle de lui, de l'homme qu'il a été et de ses prouesses pour devenir homme-Dieu. Il parle de ses disciples, de sa mère, de son Père céleste, de son sacrifice et de sa résurrection, de sa victoire sur la mort.


a*Jésus-Christ évoque ses disciples

Veillée 5, le Fils évoque ses disciples, il parle des Témoins de ses pas sur la terre.

« J'avais suscité des disciples

les témoins de Mes Pas sur la terre

pour les envoyer au champ d'Israël »


b* Jésus-Christ parle de sa Mère (Jésus fils de Dieu et de Marie)

Veillée 9 Le Fils continue de parler de lui, parle d'une femme qui a prêté ses entrailles au Père pour qu'y germe le fils en Homme. Il ajoute que les femmes ont été les premières à témoigner de sa résurrection.


Veillée 11: « Marie, qui m'a porté, mis au monde, allaité, vêtu... »

Marie n'a pas porté Dieu le Père, mais elle a porté Jésus devenu Christ-Dieu.

Même remarque à la veillée 30 « Devrai-je regretter le temps où Marie M'enfanta...? »


c*Jésus-Christ parle de son Père céleste


Incontestablement, le Christ parle de cet homme Jésus qui vivait et qui a souffert en Palestine, il y a deux mille ans. Il évoque son Père, le Père de tous les Hommes, ainsi qu'il le faisait pendant sa vie terrestre.


A la veillée 10 : « Mes Sarments blessés de Mes Plaies ne donnent pas de fruit, le Père les taille... »

Quand la voix de Jésus dit :« Mes Sarments blessés de Mes Plaies ne donnent pas de fruit, le Père les taille... » Si c'est le Père qui les taille, cela veut dire que les sarments blessés sont ceux de Jésus-Christ. Nous sommes ici au cœur du paradoxe, car on peut penser que les Plaies qui ne portent pas de fruit sont aussi des plaies divines par analogie.

« Au Père l'on s'adressera comme Je l'ai prescrit; on fera de même Mémoire de Mon Sacrifice; » (v.33)

Par la construction même de la phrase, on voit que faire mémoire n'est pas la même chose que s'adresser au Père, même s'il ne faut jamais perdre de vu que Dieu parle par la bouche de Jésus.

Ces versets paraissent explicites puisque nous avons ici dans la même phrase une parfaite différenciation entre la prière adressée au Père et la Mémoire du Sacrifice. « On fera de même », c'est à dire comme je l'ai prescrit « Mémoire de Mon Sacrifice »

« ...pour le reste, j’ai dit comment on s’adressera au Père et à la mère élevée au-dessus de l’Orient. (35/04)

.

« Au Père l'on s'adressera comme Je l'ai prescrit;

on fera de même Mémoire de Mon Sacrifice;

Mais d'autres manières aussi, que tu prescriras et que Je scellerai, tu feras

converser Mes Assemblées avec Moi, et avec la femme élevée au-dessus de l'Orient, qui M'a enfanté,» (33/12-13)

D'un coté nous avons le Père a qui on s'adressera comme prescrit et de l'autre « Moi » que l’on identifie davantage comme le Christ, qu'on fera converser avec les Assemblées ainsi qu'avec la femme qui l'a enfanté et qui a été distinguée entre toute par le Père et élevée au-dessus de l'Orient.


Plus loin encore, à la veillé 9, on se rend bien compte que c'est Jésus qui évoque la façon dont le Père l'a engendré spirituellement avec Marie.

« Et n'est-ce pas l'Une d'entre elles

Qui a prêté Ses Entrailles,

Qui en a fait abandon au Père,

Qui Les a remplies de Sa Puissance,

pour que le Fils Y germe en Homme ? » (Veillée 34)


Et le jour où on proclame la résurrection du fils, au nom de ce fils (qui est donc distinct) on peut faire une demande au Père.(10-8)


d* Jésus-Christ évoque son Sacrifice

A la Veillée 3, verset 6 : Jésus-Christ évoque sa Croix

« ...tous, princes ou rebelles, proclamant Mon Nom

tous élevant ma Croix comme un bâton de commandement ...»

La Croix fait référence à Jésus.

Plus loin, Dieu demande à ce que l'on ne trace plus sa croix sur l'eau du baptême, car on en fait un usage superstitieux. Mais il ne dit pas que la croix est un signe superstitieux. Il dit bien ma croix, donc il la revendique.

« L'eau du baptêmes sur quoi tu traces Ma Croix,

que tu verses sur la tête et le dos,

ne contient aucune puissance.

C'est l'eau dont baptisait Jean. »


Veillée 8, Le Christ évoque son Corps et son Sang, ses Plaies et la Mémoire de son Sacrifice pour lequel il emploie une image qui renvoie vraiment à lui : « encorné sur le bois »

« Personne que Moi ne donne Mon Corps et Mon Sang.

Plus personne ne fera seul Mémoire de Mon Sacrifice...

.....

ils m'ont encorné sur le bois. »

Je ne cite pas sur les innombrables autres allusions aux Corps transpercé, au Sang versé des Plaies.

L'ensemble de ces allusions nous projette sans aucun doute, dans des épisodes de la vie de Jésus ,

"... faire Mémoire de Mon Sacrifice
Je n'ai pas laissé d'autre observance à mes Témoins"
Évangile d'Arès A 8/9

Mes Témoins ? On peut penser qu'il s'agit des apôtres....


Veillée 33

« Mais pour le petit reste tu établiras la prière

Au Père l'on s'adressera comme Je l'ai prescrit;

on fera de même Mémoire de Mon Sacrifice.

Mais d'autres manières aussi que tu prescriras et que je scellerai,

tu feras converser Mes Assemblées avec Moi,

et avec la femme élevée au-dessus de l'Orient, qui M'a enfanté,(33/12,13)

« Au Père on s'adressera.... » « On fera de même Mémoire de Mon Sacrifice »

La construction même de la phrase évoque d'un coté le Père et de l'autre, marquée par la locution « de même », nous indique que la Mémoire du Sacrifice s'adresse à une autre personne que le Père. La femme qui M'a enfanté indique bien qu'il s'agit aussi de Jésus.


e*Jésus-Christ évoque son triomphe, sa résurrection


Veillée 10 Le Christ toujours, dit qu'il n'a jamais parlé d'autel (allusion à l'autel de la Messe chrétienne). Il y substitue le rituel de la Mémoire du sacrifice qui devra se faire sur une table, dite table du Mémorial avec au dessus un tabernacle qui suivant qu'il sera ouvert ou fermé symbolisera sa passion, le Sacrifice fait pour assumer sa mission le conduisant finalement à la mort, ou symbolisera, au contraire la Victoire, le triomphe que représente sa résurrection.

« Pour que les pécheurs soient consolés

A la vue de ma Victoire. »

Plus loin, l'allusion aux femmes disciples de Jésus est évidente :

« ne furent-elles pas seules à résister au Tentateur,

à rendre Témoignage de Ma Résurrection ? »

Seul Jésus est ressuscité et l’épisode des femmes se rendant au tombeau est bien un épisode de la vie de Jésus.

Et encore, veillée 10 :

« Ce jour-là, l'Assemblée célébrera MON TRIOMPHE ,

Mes Œuvres Prodigieuses

en Hymnes et en Cris de Liesse.

Elle proclamera MA RÉSURRECTION

et le Baptême des pécheurs dans Mon Eau Sainte .

Ce jour là ,

Ce qui sera demandé dans la foi

vous sera accordé du Père en Mon Nom »

Tout indique que quand Jésus parle de sacrifice et de résurrection, il s'agit d'abord de son sacrifice à lui et de sa propre résurrection. Quand il parle de victoire, de triomphe, c'est du triomphe sur la mort que représente sa résurrection suivi de son ascension qu'il évoque. Et ce jour là (le jour d'évocation de sa résurrection) ce qui sera demandé dans la foi, sera accordé du Père en son Nom (Mon Nom : celui de Jésus-Christ)

Il me semble que l’ambiguïté n’est pas possible puisque Le Christ qui évoque sa Résurrection quelques lignes avant, précise que ce que l’on demandera au Père, de sa part, le jour de la célébration de cette Victoire sera accordé par le Père en son nom à lui, Jésus-Christ.

Cette dernière phrase n'aurait aucun sens si c'est le Père qui parle :

elle aurait alors cette allure : Ce qui sera demandé le jour de la proclamation de la Résurrection (laquelle ?) vous sera accordé du Père au nom du Père.

En mon Nom ne peut pas désigner une autre personne que le Christ.


« Encore un peu de temps et le jour de Ma Victoire,

tranche hardiment la corde qui t'attache au monde.... (33/2)

«  Encore un peu de temps » On arrive, en effet, au terme de ces veillées. La dernière, la quarantième interviendra le jour de Pâques 1974, le jour de la fête de la résurrection de Jésus qui est le signe de la Victoire de l'Homme bon sur la mort

Conclusion

Tout dans l'Evangile d'Arès fait allusion à la vie de Jésus : son sang versé, le sacrifice de sa vie pour mener à bien sa mission, pour l'assumer jusqu'au bout et enfin son triomphe sur la mort qu'on appelle aussi résurrection. Nous verrons que cette distinction apparente est en fait une véritable fusion du Père et du Fils, Victoire de l’amour réalisé entre Créateur et Créature.



3] Cependant le Père et le Fils sont UN et parlent d'une même voix


Introduction
Nous venons donc de voir que l’Evangile donné à Arès, produit une impression de flottement quant à la nature de celui qui s'adresse à nous.

-Par moment, Jésus prête sa voix vraiment à Dieu le Père, exactement comme un ambassadeur emploie le « je » ou le « Moi » de celui qu'il représente, comme s'il était vraiment cette personne. Le Père comme il l'annonce, parle par la bouche de Jésus.
« J'ai parlé par Jésus
et Je parle encore par lui à toi aujourd'hui. » ( 2/15)

-Par d'autres moments, on a l'impression que c'est Jésus qui parle de lui-même puisqu'il évoque comme nous l'avons vu précédemment, de larges souvenirs de son existence. Il parle de sa mère, de son Père céleste, de ses plaies, de sa mort, de sa résurrection....

Mais en réalité, il ne s'agit plus de Jésus mais de ce qu'il est devenu : un Christ (Jésus-Christ), c'est à dire une sorte d'entité fusionnelle avec le Père.

L’homme Jésus, devenu Christ, parle désormais comme un Dieu en parfaite harmonie avec le Père. Un homme qui a réalisé les dons divins contenus en lui. Et donc par extension, par symbole, sa vie terrestre devient aussi celle du Père.
Ainsi la Sainteté, la Puissance et la Lumière du Père étant transmise au Fils, sa vie terrestre, ses efforts, son combat, son sacrifice, sa Victoire sur la mort deviennent naturellement ceux du Père.

Jésus en devenant Christ ne peut pas s'exprimer autrement que comme le Père. Le Fils fondu au Père ne peut exprimer que la Vérité absolue divine.

Ainsi la fusion Père-Fils donne de la proximité au Père, l'Eternel. Le Fils devient une Image accessible du Père.



a- L'Eternel et le Christ forment un miroir.

Le Père nous dit d'emblée, à la veillée 2, qu'il parle par la bouche de Jésus et aussitôt après, le Père utilise l'image du Miroir pour qualifier ses rapports avec le Christ.
Un Christ désigné par le Père comme son deuxième fils, né homme, mais fondu à lui sans retour, comme on fond un alliage d'or et d'argent, formant un miroir si éblouissant que les anges et les élus ne pourraient le voir, si Dieu ne le ternissait pas par son souffle. Cette superbe image qui n'offre aucun doute possible, place Jésus définitivement parmi les Hommes ayant réalisé pleinement leur nature divine.

C'est donc ce Miroir plus « éblouissant que mille soleils », cet alliage, cette fusion entre l'humain et le divin qui parle dans l'évangile d'Arès sous la forme, tantôt du Père, tantôt du Fils dans une unité représentée par l'image du Miroir.

Jésus par la bouche duquel Dieu parle, n'est plus tout à fait le prophète qui parcourait la Palestine, il y a deux mille ans. Il est devenu Dieu « à cause de ses exploits pour mettre ses pas dans Mes Pas » (veillée 2-12)
Le Messager qui s'exprime au Nom du Père et qui n'a pas perdu sa personnalité, n'en est pas moins rattaché intimement au Père.
Il ne faut donc plus s'étonner que la Parole livrée par Jésus ne soit pas celle d'un simple Messager mais celle d'un humain fondu en Dieu. Dès lors la Parole divine s'étaye de nombreux faits qui relèvent de la vie propre de Jésus.

b- L'incessant va et vient du « Je » et du « Moi »


*Introduction

Nous avons vu que le Père s'exprimait par la bouche de Jésus. Nous avons vu aussi que l'emploi du « je » et du « Moi » lié à l'évocation de la vie terrestre de Jésus donnait parfois l'impression que c'était Jésus-Christ qui s'exprimait.

Ce va et vient constant entre la pure Parole identifiée comme étant incontestablement du Père et la Parole du Christ identifiée par les nombreuses allusions à sa vie personnelle, est la marque même de leur unité. En réalité Dieu et le Christ ne font plus qu'un et lorsque l'un parle, c'est aussi l'autre qui parle. Et si Jésus parle comme s'il était Dieu comme si Dieu s'exprimait en lui, Dieu à l'inverse s'exprime comme s'il avait vécu la vie de Jésus.

L'objet de ce chapitre est d'essayer de montrer comment tout cela s'articule dans une véritable fusion du Père et du Fils, comment le Père a intégrer en Lui la vie du Fils.


*Le texte, par un « va et vient » entre le « je » et le « Moi » du Père et le « je » et « Moi » du Fils, montre bien cette fusion

Dieu parle de corps transpercé, de sang versé, de plaies.... comme si c'était les siens. La souffrance du Fils, sa mort sont devenus la souffrance du Père, la vie du Fils, celle du Père. Dieu s'identifie à son prophète au point de mourir et de triompher de la mort avec lui.
Il y a dans ces veillées trop d'allusions à la vie de Jésus pour qu'on ne se pose pas la question à la fois de sa divinité et de sa place dans cet évangile donné à Arès.

-D'abord, il est important de réaffirmer que Jésus est avant tout un humain, un prophète et qu'il ne faut pas voir en lui un Dieu de toute éternité, deuxième personne d'une trinité divine.

-tout indique aussi que Jésus, par la qualité de sa vie a été fait un Dieu, a été fondu en Dieu. Il est devenu ainsi, un Christ de référence que tout humain peut imiter et devenir.

-Mais nous ne savons rien de ce qu'est un être humain, fils de Dieu potentiel, effectivement devenu Fils de Dieu, fondu à Lui comme un alliage inaltérable d'or et d'argent.

Nous ne savons rien mais le peu que nous pouvons savoir nous est suggéré dans ces veillées, si nous voulons bien le lire avec attention.


Veillée 5

« Car le Semeur est passé » (5/1)

Le Semeur c'est évidemment l'Eternel

« J’avais suscité des disciples

Les témoins de mes Pas sur la terre »(5/2)

Dieu évoque ici la vie du Christ et emploie le « Je » comme s'il était le Christ.


Veillée 8

« Personne que moi ne donne Mon Corps et Mon Sang . »(8/2)

« ….ils m’ont encorné sur le bois. »(8/3)

Toute cette veillée 8 ne semble concerner que le Christ. Le père n’a jamais ni donné son corps et son sang, ni été encorné sur le bois.

Cette croix est incontestablement le symbole de la mort de Jésus. De constater que cette croix est évoquée avec le Corps et la Sang est un élément de plus qui pousse à penser que le Père qui a fondu le Fils en lui, en a fait une sorte « d'entité divine », dont la croix devient le symbole.

Comment comprendre aussi :

Que disparaisse le péché pour qu'il ne reste plus trace de Mes Plaies !

Pour que de la Droite de la Puissance

Je revienne sur les nuées du Ciel au milieu des Miens. (8/7,8)

Qui se situe à droite de la Puissance sinon Jésus-Christ ?


Veillée 9

Les femmes ne feront pas Mémoire de Mon Sacrifice, parce qu'elles ne m'ont pas condamné.

Et même beaucoup d'entre elles M'ont pleuré.

Et n'est ce pas l'une d'entre elles

qui a prêté ses entrailles, qui en a fait abandon au Père

..

ne furent-elles pas seules à résister au tentateur, à rendre témoignage de Ma Résurrection ? (9/1à4)

Comme pour la veillée 10 qui suit on ne peut pas ne pas penser au Christ quand on lit ces paroles et lui attribuer les « Moi ».

Par contre à la veillée 11 qui suit :

« Parce que Je Me suis fait Image pour Mes Témoins, qui ont senti Mon Haleine,Entendu Ma Voix, vu la couleur de Mon Regard, Tu n’aboliras pas Mes Images (11/1)

Évidemment le Père nous dit qu'il s'est fait Image en la personne du Christ.

Nous verrons aussi dans le chapitre suivant, que même la naissance du Christ est comme la naissance de Dieu.


Je ne vais pas reprendre toutes les veillées où le Père emploie le « je » et le « Moi » pour évoquer la vie personnelle de Jésus. Presque toutes les veillées sont construites sur ce mode. Je vais m'attarder seulement sur les dernières veillées qui sont les meilleures exemples de cette fusion.


Veillée 29

« Toi, homme Michel,

tu connaîtras seulement le petit Reste,

trop faible pour te faire un rempart

contre les dominateurs, tous ceux qui te craindront, qui t'accuseront de mensonge et de blasphème, de rébellion, qui susciteront les rieurs contre toi,

et des insensés pour atteindre ta vie, comme ils l'ont fait contre Moi.

Mais pour toi comme pour tous,

J'ai assumé  le Sacrifice.

 Tous en feront Mémoire dans le repentir.

Mais qui saurait Le subir à nouveau ?

Pas même toi,

Car Ma  Victoire est déjà ta victoire. »( 29/2,3)


Homme Michel, nouveau prophète est mis en garde contre ceux qui pourraient « atteindre » à sa vie comme cela s'est passé pour Jésus. Celui-ci dit avoir assumé le Sacrifice (sa mort) une fois pour toute, pour tous (qui saurait le subir de nouveau ?), car la Victoire qui a suivi ce Sacrifice est la Victoire de tous.


Autrement dit, la résurrection qui a suivi la mort de Jésus est une preuve définitive que la mort n'est pas la fin de l'Homme. Il suffit de se rappeler (faire Mémoire) de cette mort pour savoir que nous sommes tous appelés à la vaincre.

Petite remarque : « Qui saurait le subir à nouveau ?» inscrit bien cet événement dans l'histoire, à une époque donnée. Ainsi dans ce contexte historique qui évoque la mort et la résurrection du Christ, on a bien l'impression que le « Moi » désigne Jésus-Christ.


« Tu n'auras pas l'orgueil funeste de t'offrir en Sacrifice comme Ton Dieu,

Qui Seul peut S'offrir au bourreau sans Se perdre.

 Car tu n'as pas pouvoir de te ressusciter,

et tu perdras Ce Que J'attends de toi …. » (verset 5)


Toi homme Michel, tu n'auras pas l'orgueil funeste de t'offrir en Sacrifice comme seul ton Dieu peut le faire, sans se perdre, sous entendu, parce que lui s'est ressuscité et toi tu ne pourras le faire.

Il est évident que l'Eternel ne peut s'offrir en Sacrifice, sauf symboliquement à travers son prophète Jésus.

Ce qui suit est encore plus équivoque puisque il n'y a que Dieu qui peut s'offrir au bourreau sans se perdre, forcément à l'abri de tout orgueil funeste et Lui seul peut se ressusciter.

Mais dans quel cas Dieu aurait-il besoin de se ressusciter, lui qui est l'Eternel ?

S'offrir en sacrifice, s'offrir au bourreau sans se perdre peut-il concerner l'Eternel ?

D'une manière symbolique, sans doute. Mais ces évènements évoquent bien la vie de Jésus telle qu'on la connait.

Nous sommes ici à la charnière de notre compréhension de l'unité spirituelle de l'Homme et de Dieu. Et pourtant, ici il n'y a pas de doute la désignation Dieu se mêle bien au « Moi » désignant le Christ.


Veillée 30

« Ce Que Je dis, Je L'ai déjà dit :

Mes prophètes et Mes Témoins L'ont livré au monde. »(30/1)

« Je » concerne le Père, l'Eternel, puisqu'il évoque les prophètes, qui ont livrés au cours des siècles sa Parole au monde. Du verset 1 au verset 3, Dieu fait le bilan de ses interventions auprès des humains, et prend acte de ses échecs à répétition.


« Pourquoi Mes Plaies restent-Elles ouvertes ?

Pourquoi refuse-t-on qu' Elles guérissent ?

 Sont-Elles à peine fermées, survient un temps d'abomination à son comble où le blasphème, le scandale,la cupidité, l'impudicité, le mensonge dépassent tout ce qui s'est vu jusqu'alors,

qui rouvrent Mes Plaies comme une pointe silex,

qui Y versent le feu !

 Elles ne guériront pas si l'homme ne se guérit pas;

 Mon Jour recule sans cesse ! (30/4)

Bien que ce verset fasse allusion aux plaies du Christ, on admet volontiers que l'Eternel les évoque métaphoriquement, lui qui souffre de la cruauté des Hommes.

 Devrai-Je regretter le Temps où Marie M'enfanta,

dire qu' il ne soit pas béni ? »(30/5)

Difficile de continuer de penser qu'il s'agisse encore ici d'une pure métaphore ! Car, la phrase :« Devrai-je regretter le temps où Marie m'enfanta, dire qu'il ne soit pas béni !? »,vient quelques lignes seulement après que le Père ait parlé de Plaies. Et cette phrase nous place incontestablement dans le temps historique de Jésus. Le Père parle ici comme si Marie l'avait enfanté.

Ne serait-il pas plus juste que cette évocation appuyée de la vie de Jésus soit en réalité une manière de dire que le Christ et l'Eternel parle dans une unité spirituelle absolue du « Je » et du « Moi » ?

D'avoir fondu Jésus en Lui, donne au Père toutes les caractéristiques de la condition humaine de Jésus qui va de sa naissance à sa mort.

La suite est encore plus troublante car si le verset 5 « Devrai-Je regretter le Temps où Marie M'enfanta ... », est identifiable comme caractérisant Jésus, le verset 6 qui suit: « Plutôt que balayer les pécheurs endurcis sous Ma colère comme sous Ma Trombe aux jours de Noé, Je descends prendre racine.... », est identifiable comme venant du Père.

Ainsi presque dans la même phrase, on identifie au verset 5 une parole clairement venue de Jésus-Christ et au verset 6 qui suit, une parole venant du Père, l'Eternel.


Toujours à la veillée 30 :

« Mes sarments blessés de Mes Plaies....

le Père les taille « (30-7)

Au verset 7, la Parole évoque les Plaies formées sur les Sarments blessés qui ne sont faites que d'abomination, de blasphèmes, de scandales, de mensonges, de cupidité, et d'impudicité. Ces Plaies sont donc identifiées comme étant celles de quelqu'un d'autre que le Père, puisque le narrateur dit « Mes sarments blessés de Mes Plaies ne donnent pas de fruits....le Père Les taille « 

« Le Père Les taille » indique qu'il y a d'un coté le « Moi » de Mes sarments et de l'autre le Père. Et si on avait encore un doute, ce qui suit : « s'Ils repoussent blessés de Mes Plaies, Il Les taille encore. » identifie bien deux individualités, celle du « Moi » (Mes Plaies) et celle du « Il » (Il Les taille encore).

On pense à Jésus-Christ qui ajoute, s'adressant au prophète Michel et parlant du Père, désigné ici par « Il » (Il Souffle, Il te bénit):

« ...Si tu es la bon Sarment Il souffle sur toi pour disperser la vermine;

Il te bénit pour que tu portes davantage de fruits... »(30/7)

Davantage de fruits que moi Jésus, je n'en aies portés ?


Au verset 16, « Le Christ n'écoute pas les aveux des pêcheurs,

Il les appelle à la pénitence,

Il leur montre Ses Plaies sanglantes,

Ses Sarments blessés étendus devant eux

Pour qu'ils Les pansent,

pour que Mon Jour illumine le ciel au-dessus d'eux  ».

Ainsi, le Christ, enfanté par Marie, appelle à la pénitence, montre les plaies et les sarments, évoqués plus haut, dont le Père taille ceux qui sont blessés, s'ils ne sont pansés par personne

Qui donc que l'Eternel peut prononcer ces Paroles où Il évoque d'une part le Christ et d'autre part son Jour ?


L'exemple de cette veillée où alterne une Parole identifiable comme celle du Père et aussi comme celle du Fils, est vraiment l'illustration que l'entité que forme le Père et le Fils, ce miroir déjà évoqué, ne parle que d'une seule voix et indifféremment l'un pour l'autre, comme si la vie de l'un était la vie de l'autre.



Veillée 31

Un peu plus loin, à la veillée 31, c'est à peu près la même présentation : le Père taille et jette les Sarments blessés. Il y a là encore comme une confusion entre le Père et le Christ, rendu par l'alternance du « Je » ou le « Moi ». N'est ce pas l'expression de la forme unifiée de la divinité : la forme du Créateur, et la forme Christique ?



Veillée 33

« Encore un peu de temps et le jour de Ma Victoire,

tranche hardiment la corde qui t'attache au monde.... (33/2)

«  Encore un peu de temps » On arrive, en effet, au terme de ces veillées. La dernière, la quarantième interviendra le jour de Pâques 1974, le jour de la fête de la résurrection de Jésus, Jour de Victoire sur la mort.


« Mais pour le petit reste tu établiras la prière

Au Père l'on s'adressera comme Je l'ai prescrit;

on fera de même Mémoire de Mon Sacrifice. (33/12)

« Au Père on s'adressera.... » « On fera de même Mémoire de Mon Sacrifice »

La construction même de la phrase évoque d'un coté le Père et de l'autre, marquée par la locution « de même », nous indique que la Mémoire du Sacrifice s'adresse à une autre personne que le Père.


Mais d'autres manières aussi que tu prescriras et que je scellerai,

tu feras converser Mes Assemblées avec Moi,

et avec la femme élevée au-dessus de l'Orient, qui M'a enfanté,(33/13)


« Les Assemblées l'appelleront au milieu d'elles,

lui demanderont le secret de sa force

et lui parleront comme à leur mère,

car les pénitents sont fils de Ma Mère (33/16)

.

Tu ne scelleras aucune fiançailles

parce que J'ai effacé celles de Ma Mère sur les registres du temple

Tu n'imposeras pas de funérailles

parce que comme Elie J'ai élevé ma Mère jusqu'à Mon Séjour (33/17,18)


« ….pour que le Père leur fasse don du regard des anges....(33/22)

« La femme...qui m'a enfanté », dont on est aussi les fils est bien cette mère de Jésus dont on sait depuis la veillée 2, que son nom a été effacé des registres du temple.

Par contre l'évocation du Père qui fait don du regard des anges ne fait place à aucune équivoque.

« Qui sait qui est dans Mon Lieu ?» (33/33)

Mon Lieu est aussi forcément celui de l'Eternel.

Tout ce balancement suggère une fois de plus, que le Père partage sa Parole avec le Fils. Alors que dans le « Livre » l'Eternel parle exclusivement en son Nom, ici se mêlent des éléments non spécifiques à l'Eternel.


Veillée 34

Au verset 2, Dieu dit qu'il faut éliminer les parures sacerdotales que «  tu portes comme Aaron, que j'ai prescrites à Moïse comme  bouclier contre la magie pour les temps qui précédèrent Ma Victoire sur elle (la magie) et sur la mort, » (34/2). Incontestablement les parures prescrites à Aaron au temps de Moïse l'ont été par l'Eternel. Cela nous donne aussi une indication à propos de cette Victoire qui est bien situé dans un temps donné puisqu'elle a lieu après l'époque de Moïse. On a une confirmation supplémentaire que cette Victoire sur la mort est celle de Jésus, intervenue, en effet, bien après Aaron.

Enfin au verset 3, la Croix évoquée est aussi, forcément, celle du supplice de Jésus.


Veillée 35,

Qui d'autres que le Père peut avoir envie de :

« rétablir le Temps où s'écoulaient dans Mes Jardins le tigre, le Pichôme, le Guihôme en Assour... »(35/2)

Ou qui peut dire :

« Alors, j'arrêterai les jours et les nuits... »(35/3)

sinon l'Eternel ?

Mais au verset 4 :

« pour le reste J'ai dit comment on s'adressera au Père et à la mère élevée au-dessus de l'Orient. »

C'est Jésus qui évoque l'Eternel.


Les veillées qui suivent continuent de nous plonger dans cette fusion. La Parole à la première personne du Père vient évoquer tantôt Judas comme en veillée 36 et tantôt la mère de Jésus, comme en veillée 38 :

« Devant Moi, partout quand j'étais avec vous,

J'ai trouvé Ma Mère et Mes Témoins... » (38/3)


En conclusion,

L'Evangile donné à Arès donne une impression de flottement quant à la nature de celui qui s'adresse à nous.

-Par moment, Jésus prête sa voix vraiment à Dieu le Père, exactement comme un ambassadeur emploie le « je » ou le « Moi » de celui qu'il représente, comme si il était vraiment cette personne. Et alors, le Père comme il l'annonce, parle par par la bouche de Jésus. « Je suis Celui Qui a parlé par... »

    -Par d'autres moments, on a l'impression que c'est Jésus qui parle de lui-même puisqu'il évoque de large souvenir de son existence. Il parle de sa mère, de son Père céleste, de ses Plaies, de sa mort, de sa résurrection.....Jésus qui ne cesse d’évoquer son Père, montre bien que, contrairement au bouddhisme, la créature ne se fond pas complètement dans le Créateur ou la Création, perdant ainsi toute individualité. C'est ce qui a été développé :

    -dans le chapitre intitulé « La voix du Père et la voix du fils sont perceptibles dans l'Evangile donné à Arés »

    -Mais dans un deuxième chapitre, nous avons vu que « cependant le Père et le Fils parlaient d'une même voix », avec un premier paragraphe consacré à :

  • l'analogie du « Miroir », donnée par Dieu Lui-même, véritable alliage indissociable du Père et du Fils, plus « éblouissant que mille soleils ».

  • Dans un deuxième paragraphe, nous avons mis l'accent sur « l'incessant va et vient du « Je » et du « Moi » divin et christique. » se traduisant par un véritable langage fusionnel confirmant leur unité. Il ne s'agit plus de Jésus mais de ce qu'il est devenu : un Christ (Jésus-Christ) qui forme avec Dieu une sorte d'entité fusionnelle.

    On ne peut pas parler d'un nouvel évangile de Jésus ou même de Jésus-Christ, car le Père qui parle souvent à la première personne nous a dit dès la deuxième veillée que c'est lui qui s'exprime par la bouche de Jésus. Il s'agit donc d'une Parole donné par le Père, qui accepte de partager « Sa Puissance » en un amour fusionnelle avec sa Créature devenu Christ.

  • Pour terminer cette réflexion, il nous reste un dernier domaine à explorer qui est susceptible de nous faire comprendre tout le reste, celui de Jésus-christ, Image accomplie de Dieu.



c-Jésus-Christ, Image de Dieu

Nous avons vu dans les deux premiers paragraphes, combien Jésus devenu Christ était unis à l'Eternel, combien sa vie l'avait rendu proche de Dieu, au point que ce que dit l'Eternel se confond avec ce que dit ou pourrait dire Jésus-Christ et inversement.


La veillée 35 se termine par :

« Encore quelques jours et tu ne Me verras plus... »(35/15)


La veillée 36 commence par:

« Déjà, homme Michel, roseau frêle, tu t'es habitué à Me voir....(36/1)


La veillée 37 poursuit :

« Bientôt tu ne me verras plus et ne m'entendras plus, homme Michel,

Remplis tes yeux et tes oreilles comme mes Témoins après Ma Victoire... » (37/1)

Il s'agit bien de Jésus que homme Michel voit et qu'il ne verra plus dans quelques jours. Ce Jésus dont les apôtres ont gardé le souvenir dans leurs yeux et leurs oreilles après sa résurrection, cette Victoire bien marquée dans le temps par le mot »après ».


« Tu pourras dire : «  J'ai vu Dieu, le Dieu de mon salut... » (37/3)

Avoir vu Jésus et pouvoir dire après « J'ai vu Dieu... », établit bien la corrélation qu'il y a entre les deux. Pourtant Homme Michel n'a pas vu l'Eternel, c'est évident. En réalité, l'homme Michel a vu Jésus-Christ, un Homme dont Dieu affirme :« Je l'ai fondu en Moi ».

Jésus devenu Christ est donc une véritable Image de Dieu et le voir, serait comme voir Dieu.


Enfin la dernière veillée, la veillée 40, donne une dernière cohésion au tout :

« Voilà la dernière nuit où tu me vois.

Grave Ma Face dans ton regard. (40/1)

Par quatre fois, Jésus dit au témoin qu'il va bientôt cesser de lui apparaître, qu'il va cesser de le voir.

Une fois, il se fait bien identifier en parlant de ses témoins et de l'attitude de ceux-ci après sa Victoire.

Une autre fois, il lui dit qu'il pourra dire qu'il a vu Dieu, alors qu'on sait par ailleurs que Jésus n'est pas l'Eternel

Et une dernière fois, il lui dit de bien graver Sa Face dans son regard, comme s'il était Dieu en personne.


Ces dernières veillées ne peuvent pas ne pas évoquer une veillée plus ancienne, la veillée 11 :

« Parce que Je Me suis fait Image pour Mes Témoins, qui ont senti Mon Haleine,

Entendu Ma Voix, vu la couleur de Mon Regard,

Tu n’aboliras pas Mes Images

Que tu feras fidèlement recopier. » (11-1)

Ici, il est évident également que l'Haleine sentie, la Voix entendue, et le Regard vu par les Témoins d'une manière sensible sont ceux de Jésus. Un Jésus en voie d'accomplissement ?

Cette Haleine, cette Voix ou ce Regard sont l'Image d'une autre réalité, car une image est la représentation de quelqu'un. Et cette autre Réalité est celle de l'Eternel (celui que le dévouement des anges servent) (11/2).

Le Père s'est fait Image dans la perfection relative d'un être en devenir christique si bien qu'en sentant son haleine, en entendant sa voix, en regardant son regard, les Témoins ont pu, à travers ce Jésus devenu Christ appréhender par les trois sens fondamentaux une certaine connaissance physique, matérielle de Dieu, établissant ainsi un rapport sensuel avec Dieu.

Ainsi la Face qui se manifeste en la personne du Christ est bien l'Image de la Face de Dieu. Sans cela il n'y aurait aucune raison pour que Jésus dise au prophète « Grave Ma Face »

Dans cette mesure et dans cette mesure seulement l'homme Michel peut dire : « j'ai vu Dieu...»

Le Jésus que le prophète voit et entend est le Jésus transfiguré en Christ, fondu en Dieu, habité de Dieu, qui n'irradie que du divin. Ce Jésus devenu Christ est vraiment une Image de l'Eternel. La fusion des deux devient plus explicite pour nous, plus vivante, plus facilement représentable et nous aide ainsi à mieux comprendre ce texte dont la forme d'expression est si déroutante.


Dieu veut peut-être nous redire aussi que le rapport que nous avons avec lui n'est pas une activité mentale mais bien un rapport de tout notre être y compris celui de notre corps et de notre sensibilité. N'abolissons pas ce rapport et vénérons en Christ l'image de Dieu lui-même, semble nous dire ce texte. Ce Jésus vivant, en chair et en os, en accomplissement de sa nature christique, est certes une Image bien matérielle, bien terrestre de Dieu, mais pour exceptionnel que soit le rapport du Christ à Dieu, il n'en est pas moins le témoignage du rapport général de chacun d'entre nous à Dieu. Ne sommes nous pas tous globalement Image de Dieu ?

Dieu établit donc un humain de référence en ce qui concerne l’Image et Ressemblance que tout Homme a potentiellement avec son Créateur.

Nous avons ainsi en la personne du Fils une Image accessible du Père, une proximité qui n'est pas évidente autrement.

On ne peut connaître le Père que par l'Image qu'en donne le Fils.

Et le Père s'exprime par le Fils.

Déjà Jésus avait senti cela de son vivant puisqu'il disait «Tout m'a été remis par mon Père, et personne ne sait qui est le Fils si ce n'est le Père, ni qui est le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler." (Luc 10/22 )


Cependant si Jésus a été pour ses témoins une Image sensible de Dieu, cela signifie que Jésus en chemin d'accomplissement aurait déjà été considéré comme une Image du Père dès sa vie terrestre ?

Dans le paragraphe suivant, nous allons voir ce que nous dit de plus le texte à ce sujet et oser une hypothèse.


    d-Jésus élevé au rang de Christ rétroactivement : dès sa naissance ?


Nous venons de voir avec la veillé 11 que l'Eternel s'était fait Image auprès des Hommes en la personne de ses prophètes, mais plus particulièrement de Jésus devenu Christ. Est ce à dire que Jésus quand il était sur terre était déjà la véritable Image de l'Haleine, de la Voix et du Regard de Dieu comme le dit le texte ?

Finalement comme le croyait un petit nombre des premiers chrétiens, le Père avait déjà reconnu en Jésus un être en réalisation de sa divinité. Le Père l'aurait « adopté » du temps de son vivant.

Est-ce au moment de son baptême lorsqu'on entend une voix : «  Tu es mon Fils bien aimé; tu as toute ma faveur » (Lc 3-22) ou au moment de la Transfiguration : » Celui-ci est mon Fils bien aimé; écoutez-le » (Mc 9-7) ou encore après la Résurrection.

A cette époque, Jésus a environ 30 ans. L'age de la maturité à cette époque. Il a donc, derrière lui toute une vie spirituelle dont nous ne savons rien et qui l'a amené à être ce qu'il est. Il n'est donc pas déraisonnable de penser qu'il a acquis une maturité spirituelle que Dieu reconnaît déjà comme la marque d'une véritable filiation divine.


Il est évident qu'aucun être humain ne nait autrement que dans l'imperfection d'un être humain. Si l'un d'entre nous, par la quasi perfection de sa vie, réalise la divinité qui est en lui, ce ne peut être qu'à la suite des efforts et des mérites acquis au cours de cette vie. Il en est ainsi de Jésus qui devient Christ. Qu'il le soit devenu à trente ans s'accorderait bien au texte. Toutefois le texte nous en dit davantage encore:

Reprenons à nouveau à la veillée 2

Je Suis Celui Qui a parlé par Jésus, Mon second Fils, celui qui, après Élie déjà glorifié,

 a renoncé au Vœu d'Adam de dominer la Terre et les Nations

 pour le prix d'un tombeau glacé où M'attendre,

 et Qui fut plus glorifié encore.

 Celui  que  J'ai  oint  Moi-Même.

Celui Dont J'ai effacé la tare à cause de ses exploits pour mettre ses pas dans Mes Pas,

pour aimer Mon Peuple  ,en effaçant des registres de César son nom


Le Père dit, en parlant du Christ qu'il l'a oint lui-même et qu'il l'a soustrait à la descendance d’Adam, et que son nom a été symboliquement effacé de tout registre terrestre y compris les registres concernant sa mère, l'enlevant à tout ascendant.

Il semble, contre toute logique spirituelle, lui reconnaître les caractéristiques de divinité accomplie dès l'origine de sa conception humaine, avant même que la qualité de sa vie ne puisse les lui donner. En l'enlevant, comme il dit, à toute l'ascendance adamique, globalement embourbée dans la haine et de la violence, il a voulu effacer toute trace de mal en cet homme qui a si bien su s'en préserver.

En résumé, le Père lui accorde de n'être jamais passé dans l'humanité du péché et efface rétroactivement son nom des registres humains.


Jésus, pourtant un Homme comme les autres, devient le second Fils de référence après Adam qui a démérité mais qui lui aussi était d'ascendance divine. Dieu manifeste ici le désir de faire de cet homme d'exception, l'Humain exemplaire de toute l'humanité qui déciderait de choisir la voie du bien.

Ainsi la vie de Jésus se déroule comme à l'envers devant nous. On remonte du Dieu qu'il est devenu effectivement au terme d'une vie exemplaire jusqu'au moment de sa conception, que Dieu consacre symboliquement comme le moment de sa fusion avec lui. Nous naissons tous enfants de Dieu, Image et Ressemblance du Père, mais nous ne concrétisons pas tous effectivement cette filiation qui peut ne rester que potentielle toute notre vie.

L'homme Jésus, est considéré au final comme le Christ qu'il est devenu, sa vie accomplie. En devenant Christ, il a cessé d'être Jésus, si on peut dire et c'est sous cette forme christique que Dieu le considère désormais en effaçant comme il le dit, toute trace de son appartenance à l'humanité ordinaire plus ou moins complaisamment installée dans ses mauvais choix.

Cette façon de considérer quelqu'un n'est pas si surprenante. N'en faisons pas nous aussi tout autant? Léonard de Vinci, Mozart, Victor Hugo ont été des petits bébés, des étudiants, des adultes en cours d'évolution, des vieillards. Mais l'image qu'on retient d'eux est celle de ce qu'ils sont devenus, comme si le bébé était déjà le Michel-Ange, le Mozart ou le Victor Hugo aboutis. Il y a une sorte de rétroactivité dans l'image que nous avons d'eux.

Dieu semble, au regard de certains textes, avoir réellement établi cette rétroactivité, vis à vis de Jésus devenu Christ.

Jésus, qui aux yeux de Dieu, n'a pas connu le péché est sorti, en quelques sorte du circuit habituel des Hommes pour entrer de plein pied dans une filiation spirituelle divine à l'abri de l'imperfection habituelle des Hommes.



De plus, le verset 2 de la veillée 9, trouve ici une résonance particulière:

« Et n'est ce pas l'une d'entre elles
Qui a prêté ses entrailles
Qui en a fait abandon au Père
Qui les a remplies de sa Puissance
pour que le fils y germe en homme ? »


Nos mères ont toutes fait abandon de leur corps au Père pour que germe spirituellement, autant que possible, le fils spirituel que nous sommes tous lorsque nous naissons. Jésus comme nous tous, est né petit d'Homme (fils de l'Homme). Il a germé en Homme. Mais lui, contrairement à la majorité d'entre nous, a honoré son statut de Fils de Dieu. Il n'est jamais sorti de cette filiation spirituelle en restant dans son état spirituel de l'origine, donnant une constance définitive à cette filiation. Ainsi l'embryon d'un Homme qui s'accomplit spirituellement, devient par volonté divine un embryon divin.

La Puissance de Dieu mise potentiellement en chaque être humaine à sa naissance, devient ici une réalité effective rétroactivement.

Petit exemple pour confirmer cela :

A la veillée 12, Dieu nous dit « aucune créature ne sera priée », « sauf Marie, grosse du Fils » qui a su renaitre pure.

Dans cette petite phrase, Dieu confirme que Jésus est bien considéré par le Père comme le Fils par excellence dès sa conception . En effet, « du Fils » indique bien une personne particulière et non pas les fils humains en général. En conséquence, on ne prie pas Jésus, en tant que créature, on le prie dans sa fusion avec le Père, comme Christ. Seule Marie possède vraiment ce statut et peut être priée en tant qu'être humain entré dans l'excellence du salut.


e- L'incarnation


-Introduction

Les évocations précédentes conduisent tout naturellement à se poser la question de l'incarnation.
Le monde païen avait une vision de l'incarnation à laquelle nous ne pouvons plus souscrire et notamment, le monde grec dont les dieux pouvaient s'incarner dans le monde humain et même s'accoupler avec des humains pour donner des demi-dieux. Il est question aussi d'accouplement divin avec des filles des Hommes dans la Bible.
Le mystère de l'incarnation dans le christianisme s'inspire un peu du modèle grec puisqu'il s'agit d'une décision divine de s'incarner dans l'humanité sous la forme d'un fils unique non seulement de même nature que le Père mais aussi deuxième personne d'un Dieu en trois personnes.

Il me semble que l'Evangile donné à Arès, donne à l'incarnation une portée humaine exceptionnelle et pratiquement inédite.

*Dans un premier paragraphe, on verra que l' Image et Ressemblance de l'Homme avec son Dieu crée une relation de filiation qui est une sorte d'incarnation de Dieu dans l'humanité, dont Jésus est l'exemple incontestable.

*A l'inverse, nous verrons dans un deuxième paragraphe que, à partir du moment où l'Homme décide de faire naitre Dieu en lui, il y a comme un retour de filiation ou Créateur et Créature dans un état d'amour fusionnel ne cessent de s'incarner mutuellement. Dans un mouvement circulaire sans fin, le Père incarne le Fils et le Fils incarne en lui le Père.
Ainsi non seulement la Créature accède au divin qui est sa véritable nature, mais aussi le Créateur accède à la parfaite Humanité de celui qu'il a initialement pétri de sa propre Ressemblance.

*Nous verrons enfin, comment cette analyse est compatible avec la notion de Royaume spirituel enseignée par Jésus.



* Dieu s'incarne en l'Homme (l'Homme né de Dieu)

N'est-il pas vrai qu'en créant l'Homme a son Image et à sa Ressemblance, Dieu s'est en quelque sorte incarné dans l'Humanité?
Dieu s'est donné une filiation.
Et la fameuse incarnation de Dieu en Jésus-Christ, n'est que la filiation normale prévue par Dieu dès le commencement du monde, quand l'Homme s'engage dans la voie du bien.
Pour que l'Homme devienne véritablement Fils de Dieu, il faut qu'il honore cette filiation, ainsi que l'atteste l'Evangile donné à Arès à propos de Jésus qui devient Christ.

L'Eternel n'est, certes, pas descendu pour sauver le monde sous l'incarnation humaine de Jésus.
Il s'est « incarné » spirituellement en Jésus comme il s'incarne en permanence dans chaque être humain. Mais ce qui fait le prestige de Jésus, ce qui rend son incarnation exceptionnelle c'est qu'il a  mis ses pas dans les Pas de Dieu, répondant ainsi positivement à la filiation proposée par Dieu.
Il est bien possible comme cela a eu lieu pour nombre de prophète que Dieu lui ait confié une mission spécifique dont nous ne connaissons pas les modalités exactes.

L'évangile donné à Arès nous donne l'exemple unique d'une extraordinaire incarnation de Dieu dans sa Créature. J'ai essayé de montrer que cette incarnation se manifeste en une fusion opérée par le Créateur et sa Créature, dont la Ressemblance devient une réalité tangible. Ainsi la vie humaine fondue en Dieu, (son histoire, ses agissements), devient celle de Dieu, comme si l'Homme était vraiment Dieu.
Dans cet évangile, le mode d'expression de Dieu se confond avec celui de Jésus devenu Christ. Il n'y a plus de frontière entre Créateur et Créature. Il s'agit d'une fusion et non pas d'un dédoublement divin, sorte de fission entre le Père et le fils, qui ressemblerait à un dieu à deux têtes.
Dieu nous donne ici un exemple d'une filiation réussie.

L'histoire de l'humanité, c'est l'histoire de cette incarnation, de cette filiation manquée. Cependant le Père continue d'enfanter spirituellement chaque être humain.
Nous naissons tous Fils.
Mais le carné de l'incarnation a pris toute l'importance réduisant au second plan la Ressemblance spirituelle et aussi matérielle que nous avons avec Dieu.




*-Par une démarche inverse, nous devons faire naitre Dieu en nous.


D'une manière différente de la filiation normale où le père engendre le fils et le fils devenant père, engendre à son tour un fils, ici le fils fait naitre ou renaitre le Père en lui.

Je ferai une petite remarque à propos du mot Père ou papa en araméen que Jésus emploie « Abba ». Ce mot est vraiment structurellement l'illustration de ce que je dis. Le « b » (fils) est engendré par la « A » (père) et à l'inverse le « b » engendre le « A » dans un mouvement perpétuel, puisque le mot est une sorte d'anagramme (exactement palindrome :mot qui écrit à l'envers reste identique). Petite remarque en passant.



Veillée 32 :

«  C'est le Christ Qui est Dieu,

c'est Moi né de Jésus, né de Marie »(32/2)

Le Christ dit l'Eternel, c'est Moi né de Jésus, né de Marie. Le Christ c'est donc Dieu né de Jésus et suivant l'interprétation que l'on donne à cette phrase, né aussi de Marie, donc né de deux créatures dans l'excellence du salut : une mère et son fils : Marie et Jésus.

Est-ce à dire que la perfection de Jésus et de Marie ont enfanté Dieu en eux ?


Dans ce cas, l'évangile donné à Arès nous projetterait dans une réalité inattendue, où l'Homme, certes né de Dieu, accomplirait par un mouvement inverse libre, une véritable naissance de Dieu en lui.

Car il ne s'agirait pas de se contenter d'assumer la filiation divine telle que la genèse nous la décrit en nous assurant que nous sommes Image et Ressemblance de Dieu, il s'agirait de faire véritablement naître Dieu en nous.


La plupart des religions nous propose d'assumer notre filiation. Mais ici il s'agit d'autre chose, il s'agit de la naissance d'un nouvel être nommé Christ. Autrement dit, un Christ c'est un Homme qui devient divin d'avoir engendré Dieu en lui.

L'histoire de Jésus, en particulier, puisque c'est surtout de lui dont il est question dans l'Evangile donné à Arès, serait l'histoire d'un homme qui aurait parfaitement réussi son incarnation divine et qui en retour et d'une manière naturelle aurait fait naitre Dieu en lui.

Car il ne suffit pas d'être enfant de Dieu pour réussir cette filiation. Il faut l'acceptation de l'Homme et la mise en place d'une volonté active d'accomplissement.

Cependant il faut se garder, je crois, de pousser trop loin ce propos et ne pas faire de l'Homme, le créateur de Dieu, comme certaines tendances spirituelles modernes voudraient nous le faire croire.

On peut dire que Dieu nait de l'Homme dans la mesure où l'Homme participe à la Création divine dans son ensemble et en particulier dans la révélation de la part de divin que l'Homme porte en lui.

En somme, c'est la révélation d'un être nouveau, appelé Christ.

Ainsi l'Homme, à son tour ferait naitre Dieu, répondant ainsi par son choix et sa volonté à la volonté même de Dieu.


Il dépend donc du fils que le Père naisse. C'est ici que se situe l'amour fou, insensé de Dieu : avoir partagé son règne avec un être dont l'engagement à ses cotés, est très incertain. Et c'est cet amour qui régit notre rapport au divin.


En même temps que le Fils se fond dans la divinité du Père, le Père se fond dans l'humanité du Fils, ainsi que le suggère tout cet évangile où la vie de la créature devient de fait et pas seulement symboliquement celle du Père. Il en résulterait une fusion absolue où la Parole de l'un est aussi la Parole de l'autre. Où Dieu reconnaitrait véritablement sa propre Image dans ce que l'homme donne à voir. Créateur et Créature ne faisant qu'un, où l'un et l'autre s'engendreraient dans un mouvement permanent et réciproque.


A partir de là, l'aventure prend une toute autre tournure. De penser que Dieu accepte de partager sa nature divine avec l'Homme est une Révélation formidable. Notre histoire est complètement bouleversée. Nous ne sommes plus dans un monde en attente d'une récompense après la mort, mais dans un monde en attente de notre nouvelle naissance.

Nous sommes au cœur de l'enseignement de Jésus. Nous dirons donc un mot sur le « Royaume » annoncé par Jésus.


4- La notion de Royaume


Qu'est ce que Jésus annonçait en annonçant le Royaume ?

Annonçait-il un royaume terrestre dont Jérusalem serait le centre ?

Annonçait-il son retour pour en prendre la direction comme le suggère toute la littérature apocalyptique?

Annonçait-il un lieu paradisiaque, refuge des « sauvés » après leur mort ?

Ou annonçait-il la possibilité pour l'Homme d'entrer, comme lui, dans un état fusionnel avec le Père dès cette vie-ci ?



a-Le Royaume pour les juifs

Pour les Juifs l'avènement du Royaume, c'est l'avènement du Royaume de Dieu sur terre et donc la fin de l'assujettissement aux puissances étrangères. La condition pour que ce Royaume arrive c'est de respecter l'alliance avec Dieu à travers les dix commandements.


Ce Royaume sera annoncé par le Messie et Jérusalem régnera sur toute la terre.

Jésus n'a pas réussi à faire évoluer la pensée juive de son époque. Ses propres disciples n'ont pas bien compris la portée de son enseignement spirituel et n'ont pas réussi à sortir de leur vision juive d'un Royaume terrestre.

" ... est-ce maintenant que tu vas rétablir le Royaume pour Israël?" (Actes 1,6) est la première question qu'ils posent au Christ ressuscité. On sait aussi qu'ils garderont longtemps une conception du royaume calquée sur une vision apocalyptique de l'avenir puisqu'ils penseront encore très tardivement, Paul y compris, que leur génération ne passera pas avant d'avoir vu le retour du Christ en gloire pour établir ce fameux Royaume d'Israël.



b-Le Royaume pour les chrétiens

C'est sans doute beaucoup plus tard et sous l'influence du milieu grec que les Chrétiens ont eu la conviction que Jésus était un Messie d'origine divine, le distinguant ainsi de la longue liste des prophètes d'Israël.

Sans cette conviction, Jésus aurait été un des prophètes parmi les prophètes suscité pour une mission particulière, celle de faire comprendre ce qu'est l'amour du prochain et celle de proclamer la Présence du Royaume.

Tandis que le monde juif semblait s'ancrer définitivement dans une spiritualité légaliste basée sur l'obéissance à la Loi, les Chrétiens se figeaient tantôt dans la conception d'un Royaume quasi terrestre dirigé par le Christ, deuxième personne d'une trinité divine, tantôt dans la croyance en un Royaume, lieu de récompense céleste.


Tous, passant à coté de la très fertile spiritualité du Royaume tel que Jésus l'envisage.

Jésus nous parle d'un Royaume à découvrir, à accomplir maintenant.

Aucune Parole , même divine ne peut décrire ce Royaume. Ce Royaume n'existe pas en dehors de notre construction personnelle. Il n'existe pas en dehors de nous. Il est la création que nous façonnons chaque jour, en relation directe avec le divin.

Jésus n'a pu en définir que les contours. Jésus comme les autres y entre seul, il reçoit pour lui seul, la marque de filiation donnée par le Père qui l'a fondu en lui. Certes, on peut s'y préparer ensemble, mais lui comme nous, n'y entrons que seul La rédemption c'est celle que son témoignage a suscité dans le cœur de ceux qui l'ont écouté et qui a sa suite se sont changés et sont entrés dans la même filiation divine.

Malheureusement l'héroïque Paul de Tarse a transformé cet enseignement en une sorte de compromis entre l'ancienne conception juive et une nouvelle conception basé sur un Royaume, lieu de séjour des bienheureux.

Pour une partie de ceux qui le suivent, l'enseignement de Jésus sans perdre ses caractéristiques propres : amour, bienveillance, générosité, esprit critique...a perdu, en revanche, tout l'aspect essentiel du changement personnel, de la relation intime avec son Dieu intérieur.

L'enseignement de Jésus est passé au second plan tandis que le Sacrifice et la Résurrection sont devenus les deux piliers de la nouvelle religion. Ainsi, la finalité du prophétisme de Jésus a été de mourir pour racheter nos péchés, de s’immoler pour sauver le monde.

Pourtant rien dans son enseignement ne laisse filtrer d’un tel projet.

Si la fraction dominante de l'Eglise naissante en a fait le centre de son enseignement, on peut cependant admettre que la mort de Jésus est une épreuve dont l’humanité aurait pu se passer. C’est un acte sanguinaire qui ne nous élève pas. On voit mal comment l'humanité en se rendant coupable de violence sur le prophète de Dieu pourrait par cet acte même, être rachetée de ses fautes passées.


On peut penser que ni Jésus, ni a plus forte raison Dieu ne souhaitaient cette mort qui intervient dans des circonstances imprévues et qui prouve seulement qu’un Homme au service de Dieu ou de la justice est une cible de choix pour ceux que cela contrarie. Qu’il ait, par contre, assumé le Sacrifice de cette mission confiée par Dieu ne parait pas douteux au regard des textes dont nous disposons.


Jésus accomplit sa propre divinité dès sa vie sur cette terre, comme peut le faire chacun de nous et c'est cette démarche spirituelle qui constitue le Royaume.

Quant à la Résurrection, si elle ne prouve pas que Jésus était Dieu, elle proclame que la vie d'un Homme juste ne s'arrête pas avec la mort de son corps qui apparaît comme une simple transition.



c- Mais alors qu'est ce que Jésus annonce ?

Si Jésus n’était pas mort dans les conditions que nous savons, nous aurions attaché beaucoup plus d’importance à son enseignement et notamment au Royaume qu’il annonçait.

Pourtant la Chrétienté a bien mis en évidence l'immense compassion et l'amour fraternel que Jésus éprouvait vis à vis d'autrui. Mais elle n'a pas vraiment compris que cette fraternité nous introduisait dans un Royaume accessible dès cette vie terrestre. Elle en a fait un séjour de récompense après une vie de vertus. Cette conception a été celle retenue par les Pères de l'Eglise.

Mais nous nous rendons compte à la lumière d'écrits non reconnus par l'Eglise que si cette conception a prévalu, elle est loin d'avoir fait l'unanimité chez les disciples des premiers temps, notamment chez Philippe et Thomas, représentatifs de courants devenus minoritaires par la suite.


*Jésus annonce la présence du Royaume en nous-mêmes, Image et Ressemblance de Dieu.

Certes Jésus prêche la fin des temps et la venue du Royaume, mais il ne fait pas de la fin des temps la condition du Royaume. Il assure même que le Royaume est déjà là. Aux Pharisiens, il dit :« La venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer, et on ne saurait dire : Le voici ! Le voilà! Car, sachez-le, le Royaume de Dieu est au dedans de vous ».(Lc 17,20/21)-(voir *)

En réalité, nous le savions déjà par le texte de la Genèse qui qualifie l'Homme d'Image et Ressemblance de Dieu.

Nous sommes donc porteurs de cette Image en nous, elle est la marque de notre humanité. Le meilleur et le pire d'entre les hommes possèdent ce Royaume au dedans de lui.

Mais nous ne sommes pas des dieux pour autant, nous n'en avons que la potentialité. Ainsi, le Royaume est bien aussi à venir. Il faut le créer, le réaliser : « Que ton règne vienne » « Que règne sur nous ta Sainteté ». Le Royaume est souvent présenté par Jésus comme un trésor à acquérir. Il nous enseigne comment entrer dans ce Royaume : par une sorte d'éveil à nous-mêmes, à notre héritage divin.


C'est retrouver en soi quelque chose de notre conscience divine, ce que d'autres appellent la conscience universelle. C'est une autre réalité qui n'a rien à voir avec la mort physique

Toute cette complexité spirituelle est bien exprimée par Thomas dans son Evangile dit apocryphe, qui a bien compris l'importance de la connaissance de soi, d'un certain éveil à soi, d'un effort pour retrouver cette filiation divine en soi.

Logion 3 :

Jésus a dit :

« Si ceux qui vous guident vous disent: voici, le royaume est dans le ciel, alors les oiseaux du ciel vous devanceront; s'ils vous disent qu'il est dans la mer, alors les poissons vous devanceront. Mais le Royaume est à l'intérieur de vous et il est l'extérieur de vous. Quand vous vous serez connus, alors vous serez connus et vous saurez que c'est vous les fils du père le Vivant. Mais s'il vous arrive de ne pas vous connaître,

alors vous êtes dans la pauvreté, et c'est vous la pauvreté. »

Ou encore toujours dans l'Evangile de Thomas, cette affirmation très explicite qui rejoint celle de Luc : 

« À ses disciples qui lui demandaient quel jour le Royaume viendrait, Jésus répondit: « Ce n’est pas en guettant qu’on le verra arriver. On ne dira pas : le voici, il est ici ! ni : voici le moment ! Le royaume du Père s’étend sur la terre, mais les hommes ne le voient pas. » (Logion 113)

Jésus en annonçant le Royaume savait de quoi il parlait. La façon dont il s’isole pour s’adresser à son Père, la communication qu’il semble avoir avec lui, les différents évènements de sa vie témoignent d’une relation étroite avec le Père. Il est déjà dans le Royaume qu’il annonce.


** Je propose ici la traduction littérale, du verset 17 de Luc, à partir du grec du Codex Bezae Cantabrigiensis, effectué par Sylvie Chabert d'Hyères. Ce codex est sans doute la plus ancienne version conservée des Evangiles.

" Ne vient pas la royauté de Dieu avec observation (astrologique);
- on ne dira pas : voici ici, ou voici là!
Ne croyez pas ! Voici, en effet, la royauté
de Dieu, à l'intérieur de vous est !"
(Lc 17, 21-22)


*L'accès au Royaume est possible dès cette vie par notre transformation.

Comme on vient de le voir, Jésus prêchait la venue du Royaume et sans doute croyait-il comme ses contemporains à la fin imminente du monde. Mais comme on l'a vu aussi, il n'attendait pas la fin des temps pour proposer d'y entrer.

Au contraire, il incitait chacun à entrer dans ce Royaume situé au dedans de soi en créant dès maintenant le lien qui nous unit au Père.

Il appelait à une nouvelle naissance, une sorte de Résurrection que chacun d'entre nous doit réaliser à partir de ce qu'il est.

On ne compte pas les paraboles qui évoquent la transformation de produits basiques en produits finis comme la farine ou le raisin qui sous l'effet d'un ferment (changement) transforme radicalement le produit en un autre produit plus abouti.

Jésus ne cesse d'évoquer cette lente maturation qui fait passer l'Homme d'un état de pauvreté à un état de richesse intérieure.

Le Royaume est certes à venir mais c'est à nous de le faire venir et la mort naturelle n'est pas la condition pour qu'il advienne. Ce n’est donc pas, comme on pourrait le penser, un lieu où les âmes des justes se retrouveraient après la mort. Ce n'est pas davantage une cité terrestre parfaite dirigé par un Jésus revenu dans la gloire instaurer un Royaume de gens sauvés.

Il faut mourir seulement à son égoïsme pour entrer dans ce Royaume. Un nouvel être est appelé à naitre et sa naissance peut se produire déjà sur terre, à n'importe quel moment

Le Message des Evangiles, y compris celui de l’évangile de Thomas qui ne parle ni de la passion, ni de la résurrection, est essentiellement le dévoilement de ce Royaume.

L'Evangile de Philippe qui a été écarté par les Pères de l'Eglise nous donne une bien étrange affirmation et un éclairage inattendu au sujet de cette mort et de cette Résurrection du Christ :

« Ceux qui disent que le Seigneur est d'abord mort

et qu'il est ressuscité ensuite se trompent,

car il est d'abord ressuscité, il est mort ensuite.

Si quelqu'un n'est pas d'abord ressuscité, il ne peut que mourir.

S'il est déjà ressuscité, il est vivant comme Dieu est vivant »

(Evangile apocryphe de Philippe XXI, 1/5)

ou encore dans le même évangile :

« Ceux qui disent qu'on va d'abord mourir et ressusciter ensuite, se trompent.

Celui qui n'est pas ressuscité avant de mourir ne connait rien, il mourra ».

Voilà qui donne bien à réfléchir sur le royaume et sur la résurrection de Jésus....

On peut donc conclure qu’un Homme bon est déjà dans le Royaume du Père. Nous sommes loin d'un Royaume récompense et loin du salut enclenché par un sacrifice suivi d'une résurrection.

Jésus réalise sa divinité dès qu'il devient bon, dès lors il est déjà dans le Royaume.

Pour Jésus qui apparemment ne s'est jamais écarté du Royaume si on se réfère à la Révélation d'Arès, le Père efface toute postérité lui donnant une gloire exceptionnelle. Nous avons déjà développé cet aspect.



d-Le Royaume et la Révélation d'Arès

Le Message arésien pas plus que Jésus, ne peut définir le Royaume. Jésus nous livre simplement l'enseignement pour y parvenir

Nés dans ce Royaume, nous ne décidons pas toujours d'y rester. L'enseignement de Jésus est tout axé sur la façon de réaliser ce Royaume et de s'y maintenir. Car il ne suffit pas que Dieu se soit incarné dans l'Homme, qu'il l'ait fait à son Image, il faut encore que l'Homme décide de se ré-incarner en Dieu. Si la filiation existe de fait, il faut cependant la faire éclore en soi. C'est ce que j'appelle le mouvement inverse, l'incarnation de l'Homme en son Dieu, au point où Dieu pourrait dire à chacun d'entre nous « Je l'ai fondu en moi », « Il est devenu Moi »(32/5).

Ainsi comme Jésus et Marie, il suffit d'enfanter Dieu en soi pour entrer dans le Royaume.

L'accomplissement de la Parole est Royaume. C'est ce que vient confirmer la Révélation d'Arès.


D'avoir fait de Jésus, un Dieu de toute éternité à l'égal du Père a eu comme conséquence de laisser les Hommes à leur condition et de les décourager du projet de devenir des Fils de Dieu, seul projet répondant à la certitude d'être image et ressemblance du Créateur.

Que Dieu ait envoyé son fils unique de même nature que lui-même nous rend complètement dépendant de Dieu et ce qu'on prend pour un acte d'amour est en réalité une soumission inféconde qui ne fait pas évoluer la Création.


Pour n'avoir pas compris ce qu'était le Royaume, le monde chrétien est aujourd'hui à bout de souffle. Il va lui falloir maintenant réfléchir à ce que Jésus exprimait quand il parlait du Royaume.


Le message arésien peut aider à comprendre le véritable enseignement de Jésus.

En cessant de considérer Jésus à l'égal du Père, on prend conscience qu'il est passé de la condition d'Homme à la condition divine en révélant son potentiel. Cette prouesse ne constitue pas un motif d'adoration, mais un motif d'admiration propice à nous encourager à en faire autant.

Jésus devient l'exemple de ce que chacun des Hommes peut réaliser. Son enseignement n'est plus de nous convaincre qu'il est venu racheter les péchés du monde, mais de nous convaincre que nous sommes en mesure de faire disparaître ce péché du monde, en décidant d'accéder au Royaume.

Le Royaume est ce retour de l'Homme vers Dieu marqué par une renaissance, un renouveau, une transformation, un changement auxquels la Parole ne cesse de nous inviter.


Il y a deux mille ans Jésus proclamait aux juifs de son époque , la possibilité de transformer leur mentalité pour accéder au « Royaume ». Aujourd'hui , dans l'Evangile donné à Arès, il s'adresse à la chrétienté et proclame que le Royaume dépend toujours de notre transformation : «  La vérité c'est que le monde doit changer ». Il proclame aussi comme il y a deux mille ans que notre transformation conduit à la Vie. Le Royaume n’est peuplé que de Vivants, Jésus n’arrête pas de le dire.

« Je ne meurs pas, j'entre dans la vie » dit Thérèse de Lisieux juste avant de mourir.


On ne compte pas le nombre de fois ou il est affirmé que Jésus a triomphé de la mort comme si la mort n'était qu'un épisode de cette Vie. La mort, est réduit à un passage qui n'interrompt pas le cours de la Vie éternelle. La façon dont la Révélation d'Arès insiste sur la Victoire de Jésus sur la mort physique, appelée aussi Résurrection, marque bien cette évidence que le Royaume se poursuit aussi dans une vie éternelle. Jésus en témoigne.

La vie éternelle est le royaume des dieux mais on y entre déjà ici bas.


En réalité à l'échelle de Dieu, il n'y a pas de rupture entre notre vie terrestre bornée par un espace/temps qui se construit autour d'une lente évolution et une autre vie délivrée de cette contingence.

La Réalité divine est d'un autre ordre. Le Royaume est Présence immédiate et permanente de Dieu. Le Souffle qui parcourt sans cesse la terre... Dieu n'est ni dans le passé, ni dans l'avenir : il est. Il est et se renouvelle sans cesse à la Présence. En ce sens le Royaume ne peut pas être à venir, il est. C'est à ce Royaume permanent que Jésus nous convie.


Ainsi accéder au Royaume, c'est accéder au Souffle de Dieu qui est Présence Eternelle. Jésus essaie de nous convaincre que la mort n'a rien à voir avec cette permanence, elle n'en ouvre pas la porte. La porte s'ouvre bien avant si nous le décidons.




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