Les sept accusés d'espionnage pour Israël jugés mardi, la pression s'accroît sur les bahá'ís

 
 
 
Les bahá'ís de France

Communiqué
Les sept accusés d'espionnage pour Israël jugés mardi, la pression s'accroît sur les bahá'ís
d'Iran
Vive inquiétude, à nouveau, pour les bahá'ís d'Iran. Les sept dirigeants bahá'ís, deux femmes et cinq
hommes, détenus à la prison d'Evin de Téhéran depuis 20 mois, doivent être jugés mardi 12 janvier,
et risquent la peine de mort. A mesure que la date approche, les mauvaises nouvelles tombent, la
pression s'accroît, comme pour préparer le terrain d'un procès exemplaire.
Encore treize bahá'ís ont été arrêtés dimanche 3 janvier. Parmi eux, Negar Sabet, la fille de
Mahvash Sabet, l'une des sept jugés mardi. Interpellée aussi, Leva Khanjani, la petite-fille de
Jamaloddin Khanjani, le plus âgé des sept dirigeants jugés mardi. La jeune femme a été arrêtée en
même temps que son mari, Babak Mobasher. Jinous Sobhani, ancienne secrétaire de la prix Nobel
de la Paix Shirin Ebadi a été interpellée à son tour, son mari, Artin Ghazanfari aussi. Dix d'entre eux
sont toujours détenus. Dans le même temps, une campagne anti-bahá'íe s'intensifie dans la presse
officielle, depuis quelques semaines.

Théorie du complot
Les bahá'ís, première minorité religieuse non-musulmane d'Iran, sont des boucs émissaires habituels
de la République islamique. Le régime iranien applique sur eux avec constance les vieilles recettes
de la théorie du complot. Les accusations, elles, s'adaptent au gré des circonstances. Ces derniers
jours, les bahá'ís ont été accusés, par des «experts» interviewés par les journaux ultra-conservateurs,
d'être, pêle-mêle, «derrière» les troubles post-électoraux, d'avoir fomenté les manifestations du 27
décembre à l'occasion de la fête sainte de l'Achoura, d'être aussi les conseillers occultes des
candidats réformateurs, et, accusation ancienne et persistante, d'être «sous la direction du
sionisme». Pour faire bonne mesure, les autorités ont exigé des derniers interpellés de signer un
engagement à ne pas participer aux manifestations. Rappelons que les bahá'ís ont pour règle de
s'abstenir de toute activité politique.
Les sept dirigeants bahá'ís jugés mardi n'ont toujours pas reçu d'acte d'accusation officiel, mais sont
accusés depuis des mois par les journaux ultra-conservateurs d'«espionnage au profit d'Israël»,
d'«insulte au caractère sacré de l'Islam», de «propagande contre la République islamique». Toutes
infondées, et chacune passible de la peine de mort.
Shirin Ebadi était l'avocate de ces sept bahá'ís. Alors qu'elle se trouve à l'étranger, son collaborateur,
militant des droits de l'homme et habitué des prisons iraniennes en raison de son courage, Me
Abdolfattah Soltani, a accepté de les défendre. Il a été arrêté en juin, puis libéré contre une caution
de 90.000 euros fin août.

«Organisation ennemie de Dieu»
Ces dix derniers mois, une soixantaine de bahá'ís ont été arrêtés puis libérés, détenus entre un jour
et plusieurs mois chacun. A ce jour, 48 sont incarcérés, au seul motif de leur foi. Depuis trente ans,
ils sont considérés comme des «infidèles non-protégés». Cette communauté de 300.000 fidèles est
qualifiée d'«organisation ennemie de Dieu». Sous-citoyens dans leur pays, les bahá'ís sont privés
d'études supérieures, privés d'accès à la fonction publique. Il suffit d'être bahá'í pour voir ses biens
confisqués, être privé de retraite, interdit de prêt, ou licencié. A l'école, on encourage les
enseignants à humilier en public les enfants bahá'ís. Des centaines de cimetières bahá'ís ont été
profanés et rasés. Les citoyens qui s'attaquent aux bahá'ís ne sont pas inquiétés. Plus de 200 bahá'ís,
dont deux mineurs, ont été exécutés par le régime depuis l'avènement de la République islamique.
Les bahá'ís ont au moins une raison d'espérer : ils constatent, de la part de leurs compatriotes, dans
et hors du pays, des témoignages de sympathie de plus en plus nombreux.
http://www.amnesty.org/fr/library/asset/MDE13/066/2009/fr/19351438-4ff0-4b8e-bc64-57e491e74d87/mde130662009en.html-