SmartWIPclub-05/06/2008
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Suite Jeux d'argent en ligne et sur mobile

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Loteries et jeux d'argent en ligne et sur mobile : 

à qui le tour ?

 

Quel sera le service le plus populaire dans le monde sur les terminaux mobiles en 2010 ? Celui qui attirera près de 400 millions d’utilisateurs et qui génèrera 12 milliards de dollars ? La vidéo ? La geolocalisation ? La publicité ? Non, aucun de ces services ! La prochaine killer application du mobile, selon une étude récente de Jupiter Research, ce sont les jeux d’argent : loteries, paris sportifs et hippiques, jeux de casinos, roulette, poker, mah-jong et autres jeux de hasard inventés pour les communautés en ligne où la mise est reine…

 

Il y a trois raisons majeurs à cela : d’abord, comparé à la télévision interactive ou au PC connecté à Internet, le mobile – avec son parc de 3,3 milliards de terminaux dans le monde - est non seulement l'appareil communiquant le plus diffusé mais aussi le mieux adapté à celui qui a le virus du jeu pour s’adonner quand il veut et où il veut à sa passion de parieur : quelque chose comme poker et loto 24 heures sur 24... Il suffit pour s’en convaincre de voir combien la loterie sur mobile est déjà populaire dans les nations où ces usages sont autorisés à l’instar des Pays de l’Est et d’Extrême-Orient.

 

Ensuite, la multiplication des moyens de paiement sur mobile à partir, notamment, de petites sommes en argent liquide, devrait largement profiter aux jeux d’argent et accompagner la création de toute une pléiade de nouveaux jeux et paris contextuels « à la volée ».

 

Enfin, tous les pays tendent à libéraliser leurs législations en la matière

et à autoriser de nouveaux acteurs à déployer leurs services. C’est notamment le cas du Royaume-Uni, leader du jeu d’argent en ligne et sur mobile, qui a adopté en septembre dernier le Gambling Act. C’est aussi le cas ailleurs en Europe où certains pays procèdent par touches et par amendements, notamment autour des loteries pour lesquelles les gouvernements semblent moins sévères que pour les autres jeux de hasard.

 

De leur côté, les Etats-Unis, patrie de Las Vegas et d’Atlantic City, s’apprêtent à assouplir leur législation sur le jeu en 2010. Quant à la Chine, empire du jeu, mais dotée d’une législation très restrictive pour les nouveaux entrants et les services sur Internet, si son intention n’est pas pour l’instant de casser « ses monopoles d'état », elle ne peut ignorer que les  Chinois forment la première nation de possesseurs de mobiles dans le monde et la population la plus addictive aux jeux...

 

Au cœur de la question : la législation et les monopoles sur les jeux d’argent

 

Mais quid de la France ? Pour l’heure, l’activité des loteries et jeux

d’argent y reste très encadrée, la Française des Jeux et le PMU bénéficiant d’un monopole, y compris sur Internet. Et on ne plaisante pas avec ce

sujet qui relève de la raison et des sous de l’Etat. Exemple ? L’arrestation médiatique à Amsterdam et la mise en examen en octobre dernier de Peter Nylander, le PDG d’Unibet, à la suite d’un mandat d’arrêt européen lancé par la France. Motif de la mise en examen ?  Infraction au monopole de la Française des Jeux et du PMU. La France reprochait à Unibet d’opérer depuis l’étranger des paris sportifs à destination des utilisateurs français d’Internet.

 

L’opération se voulait largement symbolique et dissuasive. Car Unibet n’était pas un opérateur « sauvage » dénué de structure juridique et opérant sans licence. La société est un des leaders européens des jeux d'argent, elle est cotée sur la bourse de Stockholm, possède des licences de jeux tout à fait légales au Royaume-Uni, à Malte et en Italie et opère en conformité avec la réglementation européenne.

 

Même mésaventure d’ailleurs pour un dirigeant de la société autrichienne BWIN en septembre 2006 qui a été déféré devant un juge du parquet de Nanterre et a dû s’acquitter d’une caution de 150 000 euros pour

recouvrer la liberté. Et même difficultés pour le président du groupe français de casinos Isidore Partouche qui a été condamné à un an de

prison avec sursis et 40.000 euros d’amende pour avoir prêté son nom à

un site de Poker en ligne installé à l’étranger.

 

A chaque fois se pose la question des restrictions imposées par la France et du bras de fer qui l’oppose à Bruxelles. La Commission européenne reproche en effet à la France des disparités dans l’accès et l’usage d’Internet aux casinos et elle lui a adressé en juin 2007 un avis motivé lui donnant deux mois pour ouvrir ce secteur à la concurrence. La France rechigne mais elle travaille à un assouplissement de sa législation. Le fait qu’elle prenne la présidence de l’Union européenne en juillet 2008 l’oblige à accélérer le règlement de son litige avec la Commission.

 

Un secteur très sensible où « monopole vaut protection »

 

Ouvrir ce marché en cassant les monopoles est évidemment lourd de conséquences. D’un côté, le risque pour l’Etat français est de voir se développer des activités illégales de jeux, de blanchiment d’argent et des dérives mafieuses. Au cœur de ces enjeux, se pose aussi la question fiscale. Car l’Etat français perçoit jusqu’à 60% du produit brut des jeux d’argent – le montant des mises avant le reversement des gains -, soit 5 milliards d’euros. Or cette manne risque de s’évanouir avec l’entrée de nouveaux opérateurs et la dilution des mises sur une foultitude de sites basés hors

du territoire. A Gibraltar et à Malte, par exemple, car la fiscalité très avantageuse incite les opérateurs de jeux à y installer leur siège. Plus près de nous, au Royaume-Uni, le prélèvement fiscal sur les mises n'excède pas 15%.

 

En outre, quand la Française des jeux ou le PMU redistribuent entre 60% et 75% d’une mise de 100 euros, les casinos ou opérateurs de paris hippiques en ligne peuvent reverser entre 90 et 95 euros. Les joueurs en ligne ne mettront pas longtemps à savoir où placer leurs paris, d’autant que les sites de comparaison de bookmakers fleurissent sur Internet.

 

Mais la question financière n’est pas la seule en cause. Protéger les joueurs de leurs propres addictions et lutter contre l’excès du jeu qui ruine des foyers et détruit des êtres sont aussi une mission de service public. Et qui financera la filière équine française, actuellement soutenue par le PMU

qui lui consacre une partie des recettes de ses paris hippiques ? Le débat est ouvert car le monopole ne peut pas être réduit à un abus de position dominante ; il est aussi une position dominante nécessaire pour lutter contre tous les abus.

 

Le mobile, un nouveau Bandit Manchot interdit aux casinos

 

Quant au mobile, c’est le no man’s land en France pour les jeux d’argent. Certes, les portails Gallery, i-Mode, Orange World et Vodafone Live intègrent déjà des services associés aux jeux d’argent mais seules la consultation des résultats et la préparation des paris y sont autorisées. Car le seul fait de miser une somme d’argent depuis son mobile est interdit par la loi, même via un SMS surtaxé. Une exception toutefois, le PMU : depuis 2006, les joueurs peuvent engager des paris hippiques depuis leurs mobiles et créditer leurs gains sur leur terminal. L’activité « mobile » du Pari Mutuel Urbain a représenté dix millions d’euros en 2007, contre 400 millions pour les paris sur Internet. C’est encore peu mais le marché du mobile progresse à un rythme exponentiel.

 

La Française des Jeux va d’ailleurs lui emboîter le pas. De tous les casinotiers et organisateurs de loteries, seule cette entreprise publique détenue majoritairement par l’Etat est habilitée à opérer sur les canaux multimédia : télévision interactive, Internet, mobile... Dans son rapport annuel de 2007, elle mentionne que l’un de ses objectifs en 2008 est de porter certains de ses jeux sur mobile. Avec plus de 40% de croissance en 2007 sur Internet et près de 600 000 joueurs en ligne qui s’adonnent à ses jeux de grattage et de tirage, le temps est venu de cibler les 52 millions de mobinautes français - en comparaison, la France ne compte que 12 millions de foyers abonnés à l'ADSL. D’autant que 2008 est l’année où devraient être lancés et autorisés les premiers systèmes de paiement sécurisés via mobiles. D'où la colère des gestionnaires de casinos traditionnels, purement et simplement tenus à l'écart d'un marché dont dépend leur survie.

 

Législation à refondre, monopoles d’état remis en cause, savoir-faire, image de confiance et prime au leader pour les acteurs traditionnels, intérêt très fort des propriétaires de casinos, des opérateurs virtuels, des opérateurs télécoms et même des acteurs media – le site Sport4funGames du groupe Lagardère montre que tout est prêt pour les paris payants quand la législation le permettra -, le secteur des jeux d’argent sur les médias interactifs va se transformer dans les prochains mois et la manne qu’il représente attire des acteurs de tous bords. Reste à savoir comment l’Etat va encadrer les nouvelles règles... du jeu.

 

L’innovation ne viendra peut-être pas des loteries et paris traditionnels

 

L’innovation ne sera pas le moindre des arguments des opérateurs de jeux. Après les loteries, les paris hippiques et sportifs, le bingo, le blackjack ou 

le poker sur mobile qui fait un véritable tabac au Royaume-Uni, apparaissent des jeux totalement nouveaux et même des « produits dérivés » du jeu qui sont fonction d’un événement à l’instar du trading en bourse.

 

Par exemple, imaginons des paris sur un match de football entre le PSG et Marseille. Les joueurs ne parient plus seulement sur le résultat du match mais aussi sur tous types de micro-événements associés audit match et à tout moment : nombre de coups francs, de coups de pied de coin, de cartons jaunes… Ainsi, je peux parier deux euros à dix contre un que dans moins de cinq minutes, le PSG bénéficiera d’un coup franc en sa faveur. Les autres parieurs peuvent soutenir mon pari. Si je gagne, je ramasse toutes les mises adverses ; si je perds, je paye 20 euros à chaque joueur.

 

Ce phénomène du jeu communautaire qui ne concerne pas que le sport mais s’applique à tous types d’événements - les résultats des élections politiques, par exemple - est tel que des opérateurs préfèrent jouer le rôle de places de marché que de proposer leurs propres jeux. Avec des arguments distinctifs pour capter l’audience des joueurs. C’est ainsi que le site BWIN a obtenu les droits de retransmission du championnat

allemand de football pour retransmettre les matchs en direct sur son site 

et faciliter ainsi le « life betting » des parieurs. Une façon de boucler la boucle et de s’affranchir des medias et des bookmakers traditionnels.

 

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