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  • Le courrier des auteurs : 22/08/2009

1) Qui êtes-vous ? 
Une conteuse. Du moins me caractérise-t-on ainsi très souvent.
Il y a très longtemps, un écrivain, membre de l'Académie - Marcel Arland - m'a dit cela, lui aussi, précisant : "Savoir conter est un don. Vous possédez ce don. Devenir écrivain est un travail. Il vous reste à devenir un écrivain".
Il m'a fallu beaucoup d'années avant d'oser me colleter à ce travail ! J'ai été d'abord médecin généraliste pendant 25 années, puis journaliste pendant
15 années, une manière d'affronter l'écriture par une voie détournée en tant que rédactrice en chef d'un magazine hospitalier - "Décision Santé" - Et, enfin, auteur. Mais avec quatre titres publiés depuis 1999, il est peut-être, encore trop tôt pour que je m'attribue le titre d'écrivain, bien que l'écriture soit devenue mon activité essentielle et ma principale source de satisfaction...

2) Quel est le thème central de votre livre ? 
Le "métissage culturel" comme antidote à l'aliénation secondaire à la différence d'origine, en l'occurrence de couleur de peau. Quand il faut acquérir la maîtrise de la culture dominante, donc de la langue dominante, ce formidable outil d'aliénation, la sauvegarde de ses racines et de sa langue propre passe par la revendication et la défense du statut de métisse pour celui qui se trouve en situation de dominé. Alors, le dominé va éviter de se renier et contribuer à l'enrichissement de la langue dominante tout en développant la sienne propre. Une fierté plus qu'un compromis. Le métissage se fait alors référence identitaire.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ? 
"Kréyòl-la sé on fòs andidan mwenmenm, sé lang a nanm an-mwen. [...] Kréyòl, sé jolivans an-mwen." : "Le créole est une force en moi, c'est la langue de mon âme. [...] Le créole est ma parure".

4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ? 
Celle du "gwo-ka", ce tambour qui bat comme le coeur d'une terre, d'une société, d'une histoire, qui fait vibrer quiconque l'entend, qu'il soit blanc,jaune ou noir de peau, qui "métisse" les émotions des corps et des âmes.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? 
L'aventure dans laquelle m'a entraînée "Mama Mondésir" : ce personnage était présent en moi de façon obsédante sans que je puisse lui donner la parole de façon vraisemblable. Il m'habitait mais restait muet. Jusqu'au jour où j'ai découvert une grammaire créole dans une librairie. J'ai commencé à étudier cette grammaire et mon personnage s'est mis à parler ! Alors, je me suis lancée dans l'étude du créole et j'ai pu m'identifier à mon personnage, devenir mon personnage.(Auparavant, dans mon effort pour l'entendre, j'avais lu énormément d'ouvrages sur les Antilles, la Traite des esclaves, etc...). 
Un parcours inattendu qui m'a apporté beaucoup. C'est cette aventure qui continue à me surprendre. Maintenant, je n'écoute plus les autres de la même manière. Je suis devenue sensible aux mots, à tout ce que véhiculent les mots.


  • Les présentations des éditeurs : 22/08/2009

L'étrange sentiment de malaise accompagnant inexplicablement l'agréable perspective de trente-six heures de repos (après sa nuit de travail) devait se confirmer chez Léonce Mondésir, le lendemain après-midi, par le message téléphonique de sa collègue de jour, amie depuis l'école d'infirmières. Hospitalisé pour un cancer du pancréas en phase terminale, Antoine Perrin réapparaissait soudainement. Le bel Antoine, l'interne qui l'avait plaquée parce qu'elle était noire.

S'étant construite sur la nécessité de rester fidèle à ses racines, c'est-à-dire à sa langue créole à laquelle elle avait été obligée de renoncer pour accéder à la culture dominante, cette «histoire banale» l'avait poussée à vouloir se frotter aux différentes manières d'être... «différent». Et c'est une vie entière qui défile en accéléré à travers de longs monologues en créole, cette langue qu'elle préserve fièrement mais difficilement dans son environnement métropolitain où tous, même son fils, s'expriment en fwansé gramatikal.

Dans cette «saga antillaise», par l'évocation de multiples tranches de vie et de personnages truculents, les soliloques en créole de Léonce (Mama) Mondésir permettent à celle-ci de maintenir en vie, dans sa mémoire, non seulement les paysages de son île, la Guadeloupe, mais aussi l'expression de ses émotions et de sa culture. 

Au milieu d'une vie professionnelle partagée entre l'exercice de la médecine générale et le journalisme médical, Monique RAIKOVIC s'est engagée dans une carrière littéraire qu'elle nomme son «Panthéon des différences». Elle est l'auteure de B. comme Bonhomme, L'Allée des lilas et Le Réverbère de la rue Malebranche. Mama Mondésir est son quatrième roman.