1.08.3 Agathe ou Agassie & 1265 Raimond VI, vicomte de Turenne



VIII.3° AGATHE, OU AGACIE DE PONS épousa, en 1265, Raimond VI, vicomte de Turenne.

 Il lui fut constitué en dot une somme de 200 livres de revenus annuel, que ses père et mère promirent d’assigner sur les biens qu’ils avaient dans la vicomté de Turenne, et 1500 livres une fois payées. 

Elle fut mère de Raimond VII, substitué à Geoffroy de Pons, son oncle, par le testament de Marguerite Rudel de Bergerac, son aïeule, en 1289 (v. st.). 

Raimond VII mourut à la guerre des Flandres en 1304    

et eut pour fille unique Marguerite de Turenne, qui épousa, avec le consentement de Renaud de Pons, et de Raoul de Castelnau, chevalier, Bernard, comte de Comminges. Agathe était déjà morte en 1289.



 Parents

 Union(s) et enfant(s)

 Fratrie

 Demi frères et demi sœurs

Du côté de Marguerite,seigneur de Bergerac dite de Turenne RUDELsgr de Gensac ca 1230-1289

 Aperçu de l'arbre

Renaud III de PONS,seigneur de Pons †1252 Marguerite dite de Montignac de PÉRIGORDdame de Montignac Hugues IX le Brunde LUSIGNAN,comte de La Marche†1219 Mathilde dite Mahautd'ANGOULÊME /1181-1233 Hélie le VieuxRUDELseigneur de Bergerac ca 1165-1251 Géraude de GENSACdame de Montclar 1170-1247 Raimond IV de TURENNE,vicomte de Turenne †1243 Hélis d'AUVERGNE
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Geoffroi V de PONSseigneur de Pons ca 1200-ca 1259 Agathe ANGOULÊME LUSIGNAN Hélie II RUDEL 1200-1254 Hélis de TURENNEvicomte de Turenne †1251
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Renaud III de PONSseigneur de Pons 1221-1271 Marguerite,seigneur de Bergerac dite de TurenneRUDELsgr de Gensac ca 1230-1289
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Agassie de PONS

H  Raymond VI de TURENNE

(Raimond de TURENNE)
vicomte de Turenne (1247-1316), voir Fondateurs de villes (1278)

  • Né vers 1238
  • Décédé en 1316 , à l’âge de peut-être 78 ans
  • Accorde à Saint-Céré en 1278 et 1296 des chartres de liberté, la qualité de ville et le droit d'élire un syndic de communauté.

 Parents

 Union(s), enfant(s) et les petits enfants

 Fratrie

 Notes

Notes individuelles

- En 1178, Guillaume IV d'Auvergne leur avait cédé la paroisse de Saint-Céré avec l'oppidum de Saint-Séreni (dit actuellement le "château de Saint-Céré") déjà mentionné dans la Vie de Saint-Géraud.
L'actuel château de Saint-Céré avec ses tours a été construit au XIIIème siècle par ses successeurs.
- Ce n'est qu'en 1642 que sont successeur le Maréchal de Turenne leur accordera le droit d'élire des consuls. /Apollon

 Aperçu de l'arbre

Raimond le Posthume de TURENNEvoir Croisades 1143-1191 Hélise de CASTELNAU Guy III de SÉVÉRAC,seigneur de Sévérac 1115-1181 Sibylle de BARCELONE ca 1117- Gaubert II de MALEMORT,seigneur de Donzenac 1169-1218/ Marguerite de LASTOURS  
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Raimond III de TURENNEvicomte de Turenne 1165-1212 Elise de SÉVÉRAC ca 1160- Pierre IV de MALEMORTcoseigneur de Malemort ca 1194-1246 Audierne N*** 1185-
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Raymond V de TURENNEseigneur de Servières †1247 Alamande de MALEMORT ca 1215-1246
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Raymond VI de TURENNEvicomte de Turenne ca 1238-1316


La Bataille de Mons-en-Pévèle 18 août 1304


Sommaire 

1/05/2003 - « AU BŒUF » Le cri de guerre de Jehan, sire de Joux par Gérard Hugot.

10/06/2003 - Ils ont sauvé la vie du roi de France par Gérard Hugot.

22/07/2003 - Le Prince de Monaco à Mons-en-Pévèle par Gérard Hugot.

24/07/2003

  • Récit d’un pévèlois, Jacques Legroux né en 1675 au hameau de l’Offrande, curé de Marcq-en-Baroeul de 1720 à 1734.


AU BŒUF 

Combien étaient-ils, au matin du 18 août 1304, sur le mont et dans la plaine de Mons-en-Pévèle ? Les chroniqueurs du Moyen Age ont avancé des chiffres très variables, culminant jusqu’à 200 000 à 215 000 hommes ; les historiens et les experts militaires s’accordent aujourd’hui sur un nombre d’environ 60 000 combattants pour l’armée royale et de 80 000 pour celle des fils du comte de Flandre, Guy de Dampierre.

Les Flamands venaient des villes et villages du comté, auxquels s’étaient joints des mercenaires, d’Outre-Rhin notamment. L’armée de Philippe le Bel comprenait des contingents originaires de toutes les provinces et d’au-delà des Alpes ou des Pyrénées.

Pour le comté de Bourgogne, qu’on appelle aujourd’hui la Franche-Comté plusieurs seigneurs caracolaient sur le champ de bataille. Quelques années auparavant, ils s’étaient opposés au roi de France mais, ils avaient fait allégeance et se trouvaient maintenant au sein des troupes royales.

Parmi eux, un redoutable guerrier attendait l’heure des combats ; il s’appelait Jehan ou Jean, sire de Joux. A côté de lui, son fidèle écuyer Aymonin de Vennes veillait au bon ordre du contingent qu’ils avaient amené jusqu’en Flandre. Le sire de Joux, quelques semaines plus tôt, avait quitté sa forteresse jurassienne après avoir fait ses adieux à Marguerite, son épouse alors enceinte, et à Jaquette leur fille. L’année précédente, Jean avait rédigé son testament car il savait que la guerre contre les flamands allait se révéler périlleuse.

En cette aube lumineuse du 18 août qui annonçait une belle journée d’été, le sire de Joux avait magnifique allure. Dressé sur son destrier, il en imposait à ses hommes, portant avec fierté son écu aux armes de la Maison de Joux « d’or fretté de sable » timbrées « d’un bœuf naissant d’or sur un casque ouvert entre deux ailes d’azur ». Cet ornement était partie prenante du heaume qui protégeait la tête du seigneur comtois ; la représentation de cet animal amenait naturellement pour cri de guerre Au bœuf ! Afin de rallier les vassaux et les hommes de pied au cours des combats.

Il est donc quasiment certain que dans le tumulte et la mêlée de la bataille de Mons-en-Pévèle, parmi toutes les clameurs, s’éleva le cri Au bœuf ! Lancé par Jean de Joux, et l’on peut imaginer les soldats et les serviteurs se lancer derrière lui à l’assaut des Flamands.

Quand le soir venu, le recensement des victimes fut effectué, Jean figura parmi elles. Il est probable que sa dépouille fut ramenée en son château puis, conformément aux volontés qu’il avait exprimées en 1303, inhumée non loin de Pontarlier, dans l’abbaye de Montbenoît dont les sires de Joux étaient protecteurs. Selon l’usage, ils y élirent le lieu de leurs sépultures et, sans doute, Jean y trouva-t-il son dernier repos.

Sa tombe, très certainement dans le chœur de l’église abbatiale, a disparu. A l’extérieur, au-dessus de la porte d’entrée, une grande statue figure l’un des sires de Joux, sur son destrier, sa visière levée et tenant sous le bras une masse de combat. Dans le calme de ces lieux, il est tentant de penser que le sculpteur a voulu représenter notre Jehan de Joux qui combattit au service du roi de France, dans la plaine de Mons-en-Pévèle…

Gérard Hugot

ILS ONT SAUVE LA VIE DU ROI DE FRANCE

Afficher l'image d'origineDans la galerie des batailles du château de Versailles, un immense tableau appelé Mons-en-Puelle 1304 illustre la scène la plus dramatique de la journée du 18 août, celle où Philippe le Bel, environné par les ennemis flamands, se bat avec l’énergie du désespoir, entouré de familiers qui le défendent dans de furieux corps à corps.

Les combats avaient duré toute la journée sous une chaleur écrasante : privés de nourriture et de boisons, les Flamands, exténués, s’étaient jetés sur le camp royal avec un objectif bien précis : tuer le roi de France. C’était au moment d’une trêve et Philippe le Bel se reposait, désarmé, tête nue. Lorsque les Brugeois déferlèrent, il réclama un cheval : deux bourgeois de Paris, les cousins Jacques et Pierre Gentien, se sacrifièrent pour que le roi puisse se hisser sur un destrier. L’un mourut, les reins brisés sous le poids de Philippe, l’autre fut sans doute décapité.

Le tableau de Versailles montre le monarque combattant l’épée à la main : en fait, ce fut peut-être une hache ou une barre de fer. Près de lui, des hommes de son entourage sont déjà morts, d’autres luttent vaillamment contre un nombre supérieur de Flamands. Parmi eux, plusieurs sortiront indemnes de la mêlée et Philippe le Bel, qui les avait remarqués, tint, après la victoire, à leur marquer sa reconnaissance.

Le premier s’appelait Morin ou Mourin d’Arfeuille : il était originaire de la Haute Marche, l’actuel département de la Creuse où sa famille s’enracinait depuis 1191. Le roi le fit venir à lui, arracha l’une des fleurs de lys de son pourpoint puis la lui tendit en disant que désormais, il pourrait la faire figurer dans ses armes. C’était là un fait extraordinaire car seuls, le roi et les membres de la famille royale avaient le droit de porter le lys de France dans leurs blasons.

Sept siècles ont passé, la famille d’Arfeuille existe toujours en son château, près de Felletin. Les armes des comtes d’Arfeuille comprennent, depuis 1304, une fleur de lys au centre de l’écu et trois étoiles sur fond azur, deux en chef et l’astre en pointe. Dans une correspondance échangée avec la comtesse H. d’Arfeuille, cette dernière a indiqué que sa maison a comme devise Virtus Astra Petit, c’est à dire Le courage monte jusqu’aux cieux.

Le second seigneur que Philippe le Bel récompensa portait l’un des grands noms de la noblesse, il se prénommait Edouard et il était le fils du comte Amédée V de Savoie ; tous deux, venant des Alpes, avaient traversé la France pour se mettre, à la tête d’importants contingents, au service du roi.

Amédée et Edouard, au cours de la journée du 18 août furent souvent aux avant-postes. Aux moments de l’assaut des Brugeois, le jeune Edouard se trouvait près du monarque et son épée tournoya avec force pour protéger celui-ci, creusant des sillons dans les rangs flamands. Philippe manifesta sa reconnaissance en l’armant chevalier sur le champ de bataille, ce qui était un magnifique honneur pour ce fougueux et courageux prince savoyard.

Le visiteur ou le pèlerin qui se rend de nos jours dans l’abbaye d’Hautecombe, non loin de Chambéry peut voir les cénotaphes d’Amédée et Edouard. Un bas-relief, sculté au milieu du XIXe siècle, attire le regard : il montre dans la pierre, d’une manière antiquisante, Edouard se battant avec son épée. Au dessus de lui, une Victoire va le ceindre d’une couronne de lauriers... Et cela, en hommage à son magnifique comportement pour défendre Philippe le Bel à Mons-en-Pévèle...

Gérard Hugot

LE PRINCE DE MONACO A MONS-EN-PEVELE

En 1297, lorsque commença la guerre de Flandre, l’armée de Philippe le Bel envahit le comté en vue d’assiéger Lille ; dans le même temps, le roi renforça les défenses du ports de Calais et ordonna à Jean Pédogre, corsaire calaisien, de harceler les ports anglais et de surprendre les bateaux d’Edouard 1er qui venaient apporter de l’aide au comte de Flandre, Guy de Dampierre.

Au cours de son règne, Philippe le Bel mit tout en œuvre pour doter le royaume d’une marine digne de ce nom. En 1300, il en confia le commandement à l’amiral Michel du Mans, puis à Rainier ou Rénier Grimaldi ; Jean Pédogre en devint leur adjoint, multipliant les exploits en mer du Nord. Dans les années qui suivirent, des galères furent commandées aux spécialistes réputés dans le domaine maritime, les Génois, car le roi, qui préparait l’invasion de la Flandre, voulait acquérir la supériorité sur les mers et donc être en mesure de détruire la flotte flamande.

En juillet 1304, cinquante navires et galères prirent la direction de la Zélande où les Flamands assiégeaient le port de Zierikzée qu’occupait une garnison favorable à Philippe le Bel. La rencontre eut lieu les 10 et 11 août dans les eaux du sud de la Hollande et l’amiral Rainier Grimaldi infligea à la marine du fils du comte de Flandre une écrasante défaite.

Cela se passe une semaine avant la bataille de Mons-en-Pévèle ; après sa victoire, la flotte revint vers les cotes françaises. Pédogre fut acclamé à Calais, tandis que Ramier Grimaldi se dirigeait vers Boulogne. Arrivé dans ce port. il décida de rejoindre le roi de France, à ce moment-là aux environs d’Orchies. Le 18 août I 304, l’amiral Grimaldi était à Mons-en-Pévèle, prenant part, avec la cavalerie, aux combats victorieux de l’armée royale.

Que savons-nous de ce seigneur auréolé de la gloire acquise à Zierikzée ? Il était connu comme le plus habile homme de mer de son temps et chacun - amis ou adversaires - reconnaissait sa bravoure. Il habitait Gênes lorsqu’une guerre civile opposa les Guclfes et les Gibelins ; son frère François et lui se rangèrent dans le camp des premiers mais ils furent vaincus et durent s’exiler.

En 1297, arrivés en Provence, ils prirent d’assaut le rocher de Monaco et s’y installèrent. Rainier, par la suite, fit construire des galères et se mit au service du roi de Naples. Philippe le Bel, qui cherchait un commandant pour sa marine, l’appela auprès de lui et c’est ainsi qu’à l’été 1304 il se trouva à Calais, puis à Zierikzée et, enfin, à Mons-en-Pévèle.

Cet audacieux marin est considéré comme étant à l’origine de la Maison Princière, celle qui fonda la dynastie de Monaco et dont la source historique fut la prise du rocher en 1297. C’est la raison pour laquelle, en 1997, la Principauté de Monaco a fêté avec éclat son 700 ème anniversaire.

A Mons-en-Pévèle, le 18 août 1304, nombreux étaient les princes et les hauts barons qui avaient répondu à l’appel de Phulippe le Bel. Parmi eux se trouvait donc Rainier Grimaldi, l’ancêtre de son Altesse Sérénissime le Prince Rainier III, du Prince héréditaire Albert, ainsi que des Princesses Caroline et Stéphanie de Monaco...

Gérard Hugot

Récit d’un pévélois, Jacques Legroux né en 1675 au hameau de l’Offrande, curé de Marcq-en-Barœul de 1720 à 1734.

Nous reproduisons ici le récit de la bataille de Mons-en-Pévèle, tiré de son manuscrit intitulé la Flandre gallicane, sacrée et prophane, terminé vers 1731.

Nous utilisons l’exemplaire copié après 1740 figurant aux archives départementales du Nord. Pour la vie et l’œuvre de Jacques Legroux, le lecteur pourra se reporter à notre article paru dans le numéro 64 de Correspondance, pp. 20-22 - Fol 744.

" Il est souvent parlé du Mons en Pevele dans les annales de France et de Flandres, à raison d’une victoire signalée que Philippes le bel roÿ de France y remporta contre les flamens en 1304 dont voicÿ l’occasion, la province de Flandres aÿant été donné en fief aux anciens comtes par les roÿs de France, les possesseurs devoient foÿ et hommage à la couronne, à quoÿ manquans ils s’attiroient la disgrace du souverain, voyez ce qu’il en est dit.

Philippes le Bel mécontent de ce Gui de Dampierre comtes de Flandres avait accordé en 1294 sa fille Philippette [sic] à Edouard prince de Galles fils d’Edouard 4e roÿ d’Angleterre, sans son consentement, le manda sous quelques pretextes à Corbeil en 1295 et le fit emprisonner au Louvre ; l’année suivante à la sollicitation du pape et d’Amédé comte de Savoÿe, le comte Gui sortit de prison livrans en otage sa fille promise au roÿ d’Angleterre et à condition de ne pas contracter alliance avec l’Angleterre ennemÿ de la France, et sous promesse d’observer inviolablement le traité fait avec le comte Ferrand son oncle, sous peine d’etre excommunié et son pays interdit par l’archevêque de Reims et l’évêque de Senlis juges délégués du pape. L’année suivante Jean de Wassome évêque de Tournaÿ est allé à Lille trouver le comte Gui et l’interdit de la communion des fideles ;

Fol 745.

la ville et la chatellenie de Lille furent pris par le roÿ de France en 1297, il y eut treve pendant deux ans. Les flamens excités pour ce qui étoit arrivé au comte firent quantité d’actes d’hostilité dans les terres soumises audit roÿ ; apres les treves expirées, Charles comte de Valois frere du roÿ étant venu avec une grosse armée en Flandres, le comte Gui agé et abandonné des siens s’est enfin rendû à la merci du roÿ avec ses fils Robert et Guillaume.

Le roÿ ayant pris possession de la Flandre en 130, les flamens se voÿant surchargés de tributs se révolterent, battent les francois pres de Courtraÿ en 1302, puis ayant été battûs pres de Saint Omer, vainquirent de nouveau les francois au Pont à Vendin puis en 1304 ledit roÿ Philippes ayant pris Orchies par composition vint à Mons en Pevele avec son armée pendant que les flamens étaient le long des marais de Fretin et Bouvines pour la commodité de fourages. Le lundÿ 17 d’aoust descendit de Mons en Pevele de grand matin vers Douaÿ pour retarder la bataille mais les flamens commandés par Philippes de Flandre fils du comte Gui, le suivirent audit Mons en Pevele le meme jour résolus de combattre le lendemain de maniere que dès les 6 heures du matin, ils ne cesserent de faire des escarmouches avec perte de part et d’autre, les flamens avaient environnés leur camp de chariots qui avaient servis à leur voyage faisoient un circuit de trois lieux où ils avoient une sortie libre pour aller contre l’ennemy.

Fol 746.

Les francois avaient divisés leurs troupes en quatorze parties differentes aÿant chacun leur commandant toutes disposées prêt de combattre ; ils se battirent de maniere qu’avec leur infanterie ils environnoient leurs ennemis, principalement les navarrois, et les provençaux avec leurs machines à jetter des pierres, leurs traits et autres instrumens eut agressez assaillis et agit avec beaucoup de force contre les chariots qui formait le camp des flamens, étant montés sur quelqu’uns des susdits chariots, ils leurs jettoient à grande force des traits, des pierres, des fleches, etc. De sorte qu’ils les incommodoient fort dans leur armée, et principalement parce que la chaleur du jour était vehemente, et qu’ils leur étoit moralement impossible de se procurer des rafraichissemens, alors quelqu’uns de flamens avec leurs officiers se battans en desespérez pleins de bravoure et de valeur sortirent de leur camp où ils étaient renfermés, firent de efforts estremes contre leurs ennemis, entre les gens les principaux furent le seigneur Guillaume de Julliers avec les bourgeois de Bruges, Philippes de Flandres avec les gantois et le comte de Namur avec beaucoup d’autres. Ces gens sont sortis tous ensemble par trois endroits differents et faisans grand bruit sont allé contre les francois qui ne si attendaient pas, et ils ont agi avec tant de valeur et d’impetuosité que Charles de Valois frere du roÿ et le comte de Saint Pol qui étaient les principaux de l’armée francoise, sont reculés en arriere avec leurs troupes,

Fol 747.

alors lesdits brugeois avec leur chef poursuivans avec la meme furie et faisans boucherie des francois sont arrivés jusqu’au pavillon du roÿ, où trouvans ce qui se préparait pour souper sa majesté l’ont pris pour eux manger. Ils s’informèrent de la personne du roÿ qu’ils n’avoient point reconnus dans la rencontre, et s’ils l’avoient reconnûs, ils l’auroient tué dans la pensée qu’ils auroient par le moÿen fini la guerre. Le roÿ eut assez de peine pour monter à cheval, une troupe de flamens marchans contre luÿ, mirent à mort ceux qui environnoient sa personne, et le roÿ eut son cheval tué sous luÿ ; celuÿ qui portoit la banniere royalle de Saint Denis nommé l’oriflamme tomba mort, l’oriflamme entre les bras, ceux qui remonterent le roÿ sur un autre cheval furent tués avant de pouvoir etre remontés eux memes ; un flamand étant allé de furie avec un dard blessa le roÿ et son cheval qui se sentant picqué emporta le roÿ avec violence au milieu des autres chevaux et par ainsi il fut hors de danger. Le roÿ annimant ses troupes à combattre vaillamment s’est trouvé supérieur ; Charles de Valois qui s’étoit aussi enfuit avec ses gens sachant que le roÿ combattoit, est revenu au combat et les autres barons de sorte enfin que les flamens furent vaincus par les francois ; Guillaume de Julliers qui comme nous avons vü avoit fait paroitre tant de bravoure fut tué avec quantité de gens de distinction outre environ 6000 soldats ;

Fol 748.

les francois y perdirent environ 1500 hommes dès leur entrée entre lesquels il s’est trouvé plusieurs officiers de marque. Ce combat dura jusqu’au soir. Philippes de Flandre, Jean de Namur et son frere étant échapés du combat, se sont retiré avec le reste de leur armée à Lille, laissans leurs chariots et bagages à leurs ennemis. Le lendemain le roÿ fit enterrer les morts de son armée dans une abbaye voisine dit Saint Antonin, ce qui paroit dit Buzelin etre l’abbaye de Phalempin, mais il est plus vraÿsemblable que cette abbaÿe soit l’enclos de Saint Vaast appellé communément l’abbaye de Pevele parce qu’on ÿ trouve par endroit quantité d’ossemens.

Le roÿ étant retourné à Paris à la fin de la campagne fit poser une statûe d’un homme armé à cheval dans l’église de notre dame en mémoire du péril qu’il avait été délivré en la bataille de Mons en pevele ; de plus en mémoire de laditte victoire le chapitre de ladite église de notre dame à Paris chante annuellement un office à pareil jour en action de grace. "

[Texte transcrit dans la version originale par Michel Champagne, mai 2003]

recherche google sur guerre des Flandres 1304

RIVALITÉS FRANCO-ANGEVINES dites 1re guerre de Cent Ans (1159-1299) (suite)

1285 Philippe IV le Bel (Fontainebleau, 1268/29-11-1314, des suites d’une chute de cheval à la chasse), fils de Philippe III et d’Isabelle d’Aragon ; roi (5-10-1285), sacré à Reims (6-1-1286). Ép. (16-8-1284) Jeanne de Navarre (Bar-sur-Seine, 1273/château de Vincennes, 2-4-1305), fille et héritière (conserve l’administration personnelle de ses États) d’Henri Ier (1284-1316), roi de Navarre, Cte de Champagne et de Brie [dont 7 enfants : LOUIS X (1289-1316) ; ISABELLE (1292-1357), mariée le 22-1-1309 à Édouard II, roi d’Angleterre (1284-1327) ; MARGUERITE (née avant 1294, morte jeune) ; PHILIPPE V (1294-1322) ; CHARLES IV (1295-1328) ; ROBERT (1297-1308) ; BLANCHE]. 1er roi de France à porter également le titre de roi de Navarre mais seulement du vivant de sa femme (la loi salique n’existant pas en Navarre).

  • 1286-98 rivalités avec l’Angleterre (voir p. 1011 a et b). 1295-7-3 traité de Lagny : les marchands italiens obtiennent la liberté de circulation et de commerce.

1296-24-2 le clergé se plaint au pape Boniface VIII qui publie la bulle Clericis laïcos et interdit, sous peine d’excommunication, à tous les dignitaires ecclésiastiques d’accorder des revenus à une puissance laïque sans l’autorisation du St-Siège, et à tous les dignitaires laïques de tenter d’extorquer ces revenus. Philippe interdit d’exporter l’or et l’argent. -

20-9 Boniface VIII publie la bulle Ineffabilis amor avertissant Philippe qu’il allait perdre l’affection et la confiance de son peuple. Après accord, Boniface VIII reconnaît à Philippe le droit de lever sur le clergé français un impôt modéré en cas d’urgence.

1299 traité de Montreuil avec Édouard Ier d’Angleterre.

1300 soulèvement albigeois.

1301-12-7 l’évêque de Pamiers, Bernard Saisset (vers 1232/vers 1311) qui accuse Philippe d’être un « faux-monnayeur » (de 1295 à 1306, il a fait frapper des monnaies démonétisées de 50 %), est arrêté et comparaît le 24-10 à Senlis pour rébellion et lèse-majesté ; il en appelle à Boniface VIII qui conclut à son innocence et ordonne à Philippe de le libérer (en 1302 convoque à Rome le clergé français à un concile et lance la bulle Ausculta fili affirmant la supériorité du pouvoir spirituel).

1302-11-2 Philippe fait jeter la bulle au feu et la remplace par un résumé tendancieux sur la collation des bénéfices ecclésiastiques ;

 10-4 : 1re réunion des états généraux (clergé, noblesse, représentants des communes ; les députés de la noblesse et du tiers se retirent pour délibérer, ceux du clergé restent dans la salle des séances) que Philippe a convoqués à N.-D. de Paris pour obtenir l’approbation de l’opinion publique. La bulle est brûlée publiquement. Philippe, applaudi, proclame l’indépendance du pouvoir royal ;

 11-7 Courtrai (bataille des Éperons d’or), 20 000 Flamands battent 50 000 Français : début des guerres flamandes qui se termineront par la sécession de la Flandre (XVe s.) ;

-1-11 les évêques français se rendent à Rome au concile (malgré l’interdiction de Philippe) ;

 18-11 Boniface VIII réaffirme dans la bulle Unam sanctam la suprématie du pape sur les rois ; il envoie en France un légat, le cardinal Jean Le Moine, mais Philippe [conseillé par Guillaume de Nogaret (vers 1260-avril 1313, devenu chancelier à la mort de Pierre Flote)] ne cède pas.

1303-janv. Boniface VIII convoque à Rome une assemblée du clergé français ;

-14-6 états généraux réunis au Louvre : chargent Nogaret d’organiser un concile général pour juger le pape ; -août Nogaret passe en Italie avec 300 hommes et s’entend avec les Sciarra Colonna, neveu et frère de 2 cardinaux déposés et exilés pour leur opposition au pape ;

 7-9 attentat d’Anagni (ville natale de Boniface VIII, à 60 km à l’est de Rome où il se réfugia à 86 ans). Reçu par Boniface VIII, Sciarra Colonna l’arrache de son siège (il l’aurait souffleté de son gantelet de fer). Nogaret le somme d’abdiquer mais Boniface VIII garde le silence. Nogaret, qui devait le conduire à Lyon, hésite 2 jours. Les habitants d’Anagni se soulèvent. Colonna et Nogaret s’enfuient. Boniface VIII est reconduit à Rome où il est fêté ;

-11-10 il meurt ;

 22-10 Benoît XI, son successeur, est élu : il lève les excommunications (sauf pour Nogaret, les Sciarra Colonna et 13 autres assaillants).

1304-7-7 Benoît XI meurt (empoisonné par des figues apportées par une inconnue ?) ;

-11-8 bataille de Zieriksee (Zélande) : amiral génois Grimaldi (flotte française) coule flotte flamande ;

 18-8 bataille de Mons-en-Pévèle : 80 000 Flamands battus (6 000 † dont Guillaume de Juliers, leur chef).

1305 paix d’Athis : annexion de la Flandre gallicane, Lille, Douai et Béthune ;

 5-6 Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, élu pape sous le nom de Clément V (Philippe le Bel ayant acheté les électeurs).

1306 confiscation des biens des juifs et des marchands lombards.

1308-24-3 états généraux de Tours : manifestation contre les Templiers ; -nov. Charles de Valois (frère de Philippe) battu à l’élection impériale.

1309 les papes à Avignon (Avignon appartenant à la famille d’Anjou-Provence, protectrice des papes contre les empereurs gibelins ; était entourée du Comtat Venaissin, appartenant aux papes depuis 1274. Clément V, qui était allé au concile de Vienne en 1307, jugea prudent de ne pas rentrer en Italie ; son successeur, Clément VI, achètera en 1348 la ville d’Avignon à la Ctesse Jeanne d’Anjou-Provence).

1311-13-1 Philippe de Poitiers (fils de Philippe IV et futur Philippe V), battu à l’élection impériale.

1314 scandale des brus de Philippe le Bel :


Marguerite de Bourgogne, femme de Louis (futur Louis X) et Blanche de Bourgogne, femme de Charles (futur Charles IV), convaincues d’adultère, sont arrêtées le 9-4 ; en mai, leurs amants, les frères Philippe et Gauthier d’Aulnay, sont émasculés, tirés aux chevaux, décapités puis pendus au gibet à Pontoise ; les princesses sont tondues et enfermées à Château-Gaillard près des Andelys [Marguerite y meurt étranglée ou de froid ( ?) en 1315 ; Blanche accepte l’annulation de son mariage et se retire à l’abbaye de Maubuisson où elle meurt en 1326]. La 3e bru (Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe, futur Philippe V) est acquittée faute de preuves : elle vivra tour de Nesle et mourra en 1329.

[Selon une légende, datant de 1471, c’est dans la tour de Nesle que les 3 brus royales recevaient des amants et, après 3 jours de débauche, les faisaient noyer dans la Seine, cousus dans un sac ; seul Buridan, maître de philosophie, repêché par ses étudiants, en aurait réchappé : né en 1300, il avait 14 ans en 1314 et ne pouvait alors être professeur (philosophe nominaliste pesant si bien le pour et le contre qu’il ne pouvait conclure, il a été comparé à un âne pressé par la faim et la soif, se laissant mourir plutôt que de choisir entre un seau d’eau et une mesure d’avoine)].

-1-8 états généraux de Paris : dans la cour du Palais de justice, le roi voulant des subsides pour la guerre des Flandres.



Notes :

[1] 1304 -juillet - décembre : guerre des Flandres : Philippe IV est vainqueur des Flamands, le 10 août, à Mons-en-Pévèle.



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http://www.anf.asso.fr/La-noblesse-de-la-vicomte-de La noblesse de la vicomté de Turenne (Bulletin janvier 2013) par Jean du Verdier 
http://home.nordnet.fr/soc-historique/page6.htm La Bataille de Mons-en-Pévèle 18 août 1304 o o O o o Sommaire 1/05/2003 - " AU BŒUF " Le cri de guerre de Jehan, sire de Joux par Gérard Hugot. Voir texte 10/06/2003 - Ils ont sauvé la vie du roi de France par Gérard Hugot. Voir texte 22/07/2003 - Le Prince de Monaco à Mons-en-Pévèle par Gérard Hugot. Voir texte 24/07/2003 - Récit d'un pévèlois, Jacques Legroux né en 1675 au hameau de l'Offrande, curé de Marcq-en-Baroeul de 1720 à 1734. Voir texte 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mons-en-P%C3%A9v%C3%A8le  
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Flandre_(1297-1305)  
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