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Une selle confortable

Traduit depuis A comfortable saddle, par Sheldon "Comfort" Brown

Tout le monde aimerait avoir une selle confortable sur sa bicyclette. Ce qui est moins évident, c'est ce qui fait qu'une selle est confortable.

Chaque printemps, les magasins de vélo vendent des tombereaux de selles à nombre de cyclistes parce que leurs anciennes selles sont devenues inconfortables durant la pause hivernale. Il sortent une ou deux fois et la trouvent bien moins confortable que l'an passé. Ils ont entendu parler des dernières selles à la pages et en veulent une pour eux !

Ils achètent la nouvelle selle, la mettent sur leur vélo, font deux ou trois sorties et la trouvent bien plus confortable. Ils en parlent à leur amis et leur assurent qu'ils doivent absolument acheter la même.

Mais était-ce réellement la nouvelle selle high-tech... ou était-ce seulement que le cycliste s'était déshabitué au vélo durant la pause hivernale ? Dans de nombreux cas, reprendre par quelques sorties courtes puis augmenter les distances graduellement est largement suffisant, si votre selle est de bonne qualité et bien ajustée. Si vous avez déjà trouvé votre selle confortable par le passé, ne vous pressez pas d'en changer.

[ici vient un développement lexical qui ne porte que sur la langue anglaise et ses finesses. D'après ce que je sais, l'utilisation du terme seat pour désigner la selle est un américanisme, son sens premier étant "siège" et le terme correct, en usage en Angleterre étant "saddle" - NDT] Vous remarquerez que j'utilise le terme "saddle" et non pas "seat". Il y a une raison à cela. Un siège est quelque chose sur quoi on s'asseoit et qui est conçu pour supporter le poids entier du corps. Les vélos couchés ont des sièges mais les bicyclettes conventionnelles sont équipées de selles. Une selle est supposée supporter une partie du poids du corps, mais pas la totalité. Le reste est essentiellement porté par vos jambes, et un peu par vos bras.

Un cycliste qui démarre sa saison n'est pas encore en forme, voudra démarrer fort mais ses jambes lui feront rapidement défaut. Lorsque les jambes commencent à tirer, le cycliste se repose plus sur sa selle et c'est ainsi que les problèmes commencent. De nombreuses réclamations à propos des selles sont en fait dues à la fatigue d'une trop grosse sortie en début de saison.

Si vous n'avez pas pédalé depuis plusieurs mois, voire plus, vous pouvez vous attendre à souffrir si vous commencez par une grosse sortie.

Si vous reprenez après une longue période (plusieurs mois ou plusieurs années), commencez par de très courtes sorties : moins de 5 km. Vous ne devriez augmenter que très graduellement. Ceci peut sembler frustrant, mais ça peut prendre du temps de réaccoutumer votre derrière [en français dans le texte - NDT] au vélo. N'importe qui en bonne santé est capable de sauter sur un vélo et parcourir 20 - 30 km, mais le lendemain vous en verrez de toutes les couleurs si avant ça vous n'avez pas accoutumé votre corps au vélo.

Tout cela ne veut pas dire qu'il n'y a aucune différence entre les selles, ni qu'on pourrait rouler avec n'importe laquelle d'entre elles. En fait, les selles fournies avec les vélos lors de l'achat sont souvent de bien plus mauvaise qualité que les bonnes selles qu'on peut trouver au rayon des accessoires de votre magasin de cycles.

Dures ou molles ?

Lorsqu'un cycliste trouve une selle inconfortable, le premier réflexe est souvent d'en chercher une autre plus molle. C'est souvent une erreur. De la même manière que les matelas les plus mous ne sont pas forcément les meilleurs, les selles les plus molles ne sont pas forcément les plus confortables.

Le problème des deux bosses

Imaginez-vous assis sur une table basse. Votre poids est concentré sur les deux bosses des os de votre bassin, aussi connues sous le nom de "tubérosités ischiales". C'est la partie de votre corps qui est prévue pour supporter votre poids. La plupart des cas de d'inconfort dues à la selle sont en fait provoqués par le fait que le poids du corps est porté par les tissus mous entre les ischions.

Imaginez maintenant que vous posez un coussin sur la table basse. Les ischions vont comprimer le coussin qui va s'écraser jusqu'à ce que les os soient à nouveau quasiment en contact avec la surface de la table. La différence est que maintenant, vous subissez aussi une compression entre les ischions.

Beaucoup de cyclistes ne font pas attention à cela, et de nombreuses selles sont conçues pour plaire à celui qui ne cherche qu'à regarder de combien s'enfonce le pouce lorsqu'on appuie dessus. Ce type de selle n'est confortable que pour des trajets très courts (bien que certains puissent plus confortables que les selles de meilleure qualité tant que les trajets ne dépasseront pas quelques km).

Les selles trop rembourrées sont aussi la cause de problèmes de brûlures et d'irritations à l'entrejambe lorsque les distances s'allongent.

Large ou étroite ?

La largeur de la selle est tout à fait cruciale pour le confort du cycliste : elle devrait être choisie en fonction de la distance entre les ischions.

Si la selle est trop étroite, les ischions vont dépasser des bords de la selle et ce sont les tissus mous qui supporteront le poids du corps.

Si la selle est trop large, elle risque de causer des brûlures à l'entrejambe, spécialement par temps chaud.

Gel

Un grand classique dans le marketing de la selle de vélo est le "gel", généralement présenté comme une panacée. Le matériau désigné sous le nom de gel est en fait une sorte de mousse à cellules fermées dans laquelle les bulles d'air sont sous haute pression. Le fait est que les selles où il y a marqué "GEL" en grosse lettres ne sont pas plus confortables que les autres.

Plastique ou cuir ?

Il y a essentiellement deux types de structures pour les selles de vélo : plastique rembourré ou cuir tendu.

Les selles en plastique rembourré

La selle moderne typique est constituée de 4 parties : l'armature, la base, le rembourrage et la couverture.

L'armature métallique

en acier ou en titane, forme un V dont les branches se rejoignent à l'avant.

La base

en plastique est reliée à l'armature aux trois extrémités de celle-ci. Elle peut être constituée de plastique souple ou rigide. Les bases de meilleure qualité sont celles qui sont conçues pour ployer sous le poids du cycliste, et sont souvent plus fines sous les ischions afin de mieux absorber les chocs.

Une tendance actuelle est de ménager un large trou au milieu de la base de manière à tenter de réduire la pression sur les parties génitales et la prostate. Dans certains cas, la couverture et le rembourrage recouvrent ce trou, et dans d'autres le trou est laissé libre de sorte que la selle ressemble à un donut [beignet en anneau très prisé par les flics new-yorkais et par Homer Simpson - NDT], mais triangulaire.

Ceci fonctionne parfois pour certains cyclistes, mais pas pour d'autres, car les bords du trou peuvent être aigus et concentrer la pression.

La base doit être adaptée à l'anatomie du cycliste et il existe des variations considérables entre les individus. Cela signifie qu'une selle confortable pour un cycliste peut devenir une torture pour un autre.

Le rembourrage

est généralement constitué de mousse à cellules fermées, parfois appelée "gel". Si il est trop mou ou trop épais, ça put poser des problèmes, soit à cause de la pression qu'il exerce sur les tissus mous, soit des brûlures dues aux frottements.

La couverture

qui doit être douce, mais pas trop détendue, moelleuse, mais pas trop fragile, devrait aussi être "respirante". Elle peut être constituée de

    • cuir : c'est ce qui est utilisé sur les selles haut de gamme car ce matériau réunit toutes ces qualités
    • lycra : souple et respirant, mais fragile. les meilleures selles en lycra ont des renforts aux trois coins.
    • vinyle ou tissu vinyle : généralement imitation cuir, le vinyle est moins souple et respirant, mais plus solide que le lycra, et meilleur marché que le cuir.

Les selles de cuir tendu

Jusqu'au milieu des années 1970, la plupart des vélos de haut de gamme étaient fournis équipés d'une selle de cuir tendu. Celles-ci ont une armature qui ressemble à celle des selles plastique, mais avec une sorte d'arceau métallique connectant les deux branches du V. La base du triangle de cuir qui la recouvre y est solidement rivetée tandis que la pointe est fixée à un système ajustable dans le bec de la selle. Le cuir est donc tendu entre ces deux points d'attache comme une sorte de hamac.

Une selle de cuir bien choisie est un excellent choix pour le cycliste qui se destine à effectuer de longues distances et qui ne s'inquiètera pas du léger excès de poids par rapport à une selle plastique.

Les selles de cuir se "font" en s'étirant et en s'assouplissant pour s'adapter exactement à l'anatomie du cycliste, un peu à la manière d'un gant de base-ball [ou d'une chaussure de randonnée - NDT].

Elles nécessitent plus d'entretien qu'une selle de plastique. Plus d'information dans l'article sur les selles de cuir.

Les housses de selle rembourrées

Il existe de nombreux modèles de housses de selle, généralement peu efficaces. Si votre selle est inconfortable, il est très peu probable que l'ajout d'une housse de selle l'améliorera. Si la forme de votre selle n'est pas adaptée à votre anatomie, aucun accessoire ne pourra l'améliorer : serrez les dents et achetez une nouvelle selle.

Réglages

Le positionnement de la selle s'effectue selon 3 axes, chacun d'égale importance.

La hauteur

L'ajustement le plus basique de la selle st la hauteur. La plupart des cyclistes règlent leur selle trop bas et leurs genoux sont excessivement fléchis lorsqu'ils pédalent, ce qui rend le pédalage bien plus dur et peut même aboutir à des blessures.

La cause probable de ces selles trop basses est que la plupart des cyclistes n'ont jamais appris à monter correctement sur leur vélo : il trouvent plus pratique de pouvoir poser les pieds par terre à l'arrêt. C'était possible avec certains vélos anciens, particulièrement pour les cyclistes qui avaient de très grands pieds. Avec les boîtiers de pédaliers plus haut des vélos modernes, spécialement les VTT, il n'est plus possible de le faire. Si vous pilotez un VTT et que vous pouvez poser le pied par terre à l'arrêt assis sur votre selle, alors votre selle est certainement trop basse. Ceci est vrai aussi pour la plupart des vélos hybrides.

Une selle trop basse empêche de faire porter le poids du corps sur les jambes : le poids sera reporté sur la selle, ce qui est aussi susceptible de la rendre inconfortable.

Quelle hauteur ?

Il y a de nombreuses formules de calcul de la hauteur de selle, la plupart basées sur la multiplication de la hauteur de l'entrejambe par un vague coefficient. Ces calculs à trois chiffres après la virgule donnent l'illusion d'une rigueur scientifique mais, à mon avis, ils masquent une simplification excessive d'un problème qui implique non seulement la longueur des jambes mais aussi celle des pieds, la position des cales, l'épaisseur des semelles, le type de pédales et même le style du cycliste.

On ne peut pas juger de la bonne hauteur de la selle simplement en s'asseyant dessus ou même en faisant le tour du pâté de maisons. Lorsqu'on s'approche des réglages corrects, les indices deviennent de plus en plus subtils.

La plupart des gens prennent comme base un réglage trop bas. C'est une habitude provenant de l'enfance car, en grandissant, les enfants ont presque toujours leur selle trop basse. D'abord on la leur règle bas par sécurité pour leur apprendre à s'arrêter ; puis, même lorsqu'ils sont capables de s'arrêter correctement, leur croissance a tendance à aller toujours plus vite que les ajustements de la hauteur de leur selle.

Si vous roulez toujours avec la selle trop basse, vous finissez par vous y habituer et ne plus vous rendre compte que c'est un problème... mais c'en est un. Rouler avec une selle trop basse, c'est comme marcher avec les genoux pliés (comme Groucho Marx). Si vous marchiez tout le temps comme ça, vous finiriez par vous y habituer, mais vous trouverez qu'un kilomètre, c'est une longue distance. L'anatomie de la jambe fait qu'elle développe son maximum de puissance lorsqu'elle est presque tendue.

J'aime à penser que William Blake [gasp - NDT] avait résumé tout ça très joliment il y a déjà 200 ans lorsqu'il disait :

Celui-là seul connaît la suffisance,
qui d'abord a connu l'excès

Je préconise de remonter graduellement la selle, par exemple de 1 cm à la fois. Chaque fois que vous la remontez, allez rouler. Si vous ne vous sentez pas gêné, roulez au moins quelques kilomètres.

Si elle était trop basse avant ça, vous aurez l'impression que votre vélo est plus léger et plus rapide avec cette nouvelle position. Si remonter la selle a amélioré les choses, remontez-la encore et roulez encore un peu. Continuez ainsi jusqu'au moment où la selle est finalement trop haute et baissez-la un petit peu.

Une selle trop haute oblige à balancer les hanches pour atteindre les pédales et vous aurez probablement l'impression de devoir tendre les jambes à fond pour réussir à tourner les pédales. Le fait que vous vous retrouviez assis très en avant sur le bec de selle est une autre indication que votre selle est trop haute. Cependant ce symptôme peut aussi indiquer que votre selle est réglée trop inclinée vers l'avant, ou que votre guidon est trop loin.

Le type de pédales/chaussures peut jouer : si vous utilisez des chaussures ordinaires, toute la force de pédalage n'est transmise que lors de la phase de poussée sur la pédale. Une bonne extension de la jambe est donc nécessaire pour vous permettre de transmettre le maximum de puissance dans cette direction. Si vous utilisez des pédales automatiques et des chaussures à cales, vous pouvez aussi appliquer de la force aux pédales au moment où vous les tirez vers l'arrière dans la partie basse du cycle. Ceci mobilise les puissants muscles de l'arrière de la jambe et peut être très efficace. Si c'est votre style de pédalage, vous voudrez une selle légèrement plus basse que pour le style "piston" en chaussures de ville. Une selle légèrement plus basse permet aussi de pédaler à des cadences plus importantes.

Ecrous et boulons

La selle est montée sur une tige de selle qui coulisse dans le tube de selle du cadre de la bicyclette. Ce tube comporte généralement une fente verticale, maintenue par le boulon de serrage de la tige de selle. Ce boulon peut nécessiter une clé plate, généralement de 13 ou 14 mm, ou alors une clé allen (voir ci-contre), en général de 5 ou 6 mm ; à moins qu'il ne comporte un système de serrage rapide.

Pour ajuster la hauteur de la selle, il vous faut desserrer le boulon de serrage et faire coulisser la tige de selle dans son tube. Il peut être nécessaire de la faire pivoter un peu pour la débloquer. Si elle est grippée, il vous faudra la sortir pour graisser l'intérieur du tube de selle (si c'est vraiment coincé, voir l'article sur les tiges de selle coincées).

Il y a généralement une marque de limite de sécurité à 5 cm du bout de la tige de selle pour vous rappeler de laisser suffisamment de longueur dans le tube de selle. En cas de doute, sortez-la entièrement et vérifiez sa longueur. Si vous ne pouvez pas obtenir une position correcte sans dépasser cette limite, il vous faudra en acheter une plus grande (il vous en faudra donc une du même diamètre : amenez l'ancienne au magasin comme référence).

Si le boulon de serrage a été difficile à desserrer, démontez-le et appliquez un peu d'huile ou de graisse sur le pas de vis, puis remontez-le : ceci vous permettra de le serrer plus fort avec moins de risque d'abîmer les pas de vis.

L'angle

L'angle de la selle doit normalement être proche de l'horizontale. Les hommes la préfèrent parfois légèrement penchée vers l'arrière et les femmes plutôt penchée vers l'avant, mais les angles extrêmes sont à éviter.

Si le bec de la selle est trop relevé, cela risque de comprimer les tissus mous et d'occasionner des douleurs.

Si la selle penche trop vers l'avant, le cycliste aura tendance à glisser vers l'avant sur la partie la plus étroite de la selle. Les femmes qui roulent sur des selles pour hommes ont souvent tendance à les incliner vers l'avant. Ceci améliorera le confort de la selle elle-même, mais entraînera aussi de nouveaux problèmes :  le cycliste, entraîné vers l'avant, devra contrebalancer par une pression plus importante des mains. Ce type de réglage est une cause fréquente de problèmes aux poignets, aux épaules et à la nuque.

L'angle et le recul de la selle sont tous deux ajustés par l'attache de la tige de selle.

Le recul

Il est aussi possible d'avancer ou de reculer la selle. Idéalement cet ajustement doit être fait de manière à ce que la selle se trouve à la bonne distance en arrière du boîtier de pédalier afin de vous permettre de pédaler selon l'angle le plus efficace. En général, lorsque la manivelle est à l'horizontale, votre rotule devrait être exactement à la verticale de l'axe de la pédale. Voir l'article de Keith Bontrager sur ce sujet.

On considère que dans la plupart des cas, c'est une Mauvaise Idée de jouer avec le recul de selle pour ajuster la distance selle - guidon. Il est préférable de choisir une potence avec une allonge différente, ou alors carrément acheter un vélo dont le tube droit est à la bonne longueur.

La tige de selle

La selle est reliée à la tige de selle par une attache, qui peut être de deux types :

Attache indépendante

Les vélos les plus anciens (et les vélos bas de gamme récents) ont des tiges de selle qui sont de simples tubes d'acier ou d'aluminium dont le diamètre rétrécit vers le haut. Une pince vient s'adapter à la partie étroite (dont le diamètre est en général de 7/8'' soit 22.2mm). Un boulon passant à travers la pince retient un jeu de rondelles qui emprisonnent les rails de la selle. Lorsqu'on desserre ce boulon, on débloque la selle et on peut l'incliner et la faire coulisser d'avant en arrière.

Ces rondelles comportent des encoches qui permettent de maintenir l'angle de la selle lorsque le boulon est serré. Il est très important de bien les serrer afin que la selle ne se transforme pas en chaise à bascule. S'il y a du jeu, les encoches vont s'user et vous ne pourrez plus bloquer la selle à moins de racheter une pince neuve.

Pinces incorporées

La plupart des vélos récents comportent une tige de selle à attache incorporée qui bloque la selle avec un ou deux boulons.

  • Les tiges de selle à simple boulon prennent les rails de la selle en sandwich entre deux pièces rainurées. La pièce du bas, dont la surface est incurvée et striée, est solidaire de la tige de selle. Lorsque le boulon est desserré, ces deux pièces peuvent être orientées de manière à régler l'inclinaison de la selle et les rails peuvent coulisser entre les mâchoires afin d'ajuster le recul.

  • Les tiges de selle à deux boulons utilisent une paire de boulons [sans blagues ! - NDT] pour maintenir les mâchoires de l'attache de tige de selle. pour régler le recul de la selle, on desserre l'un des deux boulons. Pour régler l'inclinaison, on en desserre un et on resserre l'autre (si l'un des deux est plus gros que l'autre, c'est celui qu'il faut desserrer en premier avant tout ajustement sur le petit). Ce type de mécanisme permet un contrôle plus fin sur l'inclinaison de la selle : il est aussi connu sous le nom de tige de selle à micro-ajustement. Les tiges de selle à boulon simple sont aussi qualifiées de "micro-ajustées" à précision douteuse.

Suspension

La plupart des cas d'inconfort liés à la selle sont causés par les cahots et les irrégularités de la chaussée. Ceci peut être fortement atténué par l'emploi d'un système de suspension.

La posture

Le système de suspension le plus élémentaire, c'est les jambes du cycliste § Les cyclistes expérimentés apprennent à se lever légèrement de leur selle au moment où ils roulent sur de gros cahots en gardant les genoux légèrement pliés, de manière à ce que leurs muscles agissent comme des ressorts.

Sur longues distances, avec la fatigue, ça devient plus difficile à faire. Parfois aussi, un cahot vous prendra par surprise. Dans ces situation, un système de suspension mécanique peut être utile.

Les selles à ressorts

Jusqu'au boom du vélo des années 1970, quasiment toutes les selles de vélo étaient équipées de ressorts. Les seuls cyclistes qui n'en avaient pas étaient les coureurs. En poussant fort sur les pédales, ceux-ci faisaient porter une part importante de leur poids sur les jambes et n'avaient pas besoin de selle à ressort. Par ailleurs, leur obsession du poids les amenaient économiser le poids des ressorts. Certains cyclistes préfèrent aussi les selles sans ressorts car elles leur permettent d'atteindre des cadences de pédalage plus élevées sans rebondir.

Au moment du boom du vélo, lorsque tout le monde se mit à acheter des vélo de course à guidon tordu et à 10 vitesses, la selle non suspendue a fait partie du standard. Malheureusement, ni la selle non suspendue, ni le guidon de course ni les pneus étroits n'étaient adaptés aux besoins d'un style de cyclisme utilitaire ou récréatif.

La révolution du vélo de montagne a remis en cause le dogme du guidon de course et des pneus étroits, mais la selle non suspendue a perduré. Comme ceux-ci étaient montés avec de gros pneus moelleux, c'était suffisant pour absorber les cahots et rendre les vélos confortables. Malheureusement ces pneus rendaient aussi les vélos lents et compromettaient leur rendement.

Hors de toute considération de mode, je pense que les selles suspendues sont un très bon choix pour la majorité des cyclistes qui préfèrent une position relevée qui fait porter l'essentiel du poids du corps sur la selle.

Tiges de selle suspendues

Si une selle suspendue n'offre pas assez de débattement, vous pouvez vous orienter vers un tige de selle à suspension intégrée. Il y a deux familles de tiges de selles suspendues : les tiges de selles télescopiques ou à parallélogramme.

Les tiges de selles télescopiques

elles comportent deux tubes qui coulissent l'un dans l'autre. Elles utilisent un amortisseur à huile ou un bloc d'élastomère.

Ce type de tige de selle a l'avantage de ne pas être encombrant. Malheureusement le contact entre les deux tubes peut parfois provoquer des frottements importants. Avec l'usure, ce type de selle peut aussi faire apparaître un jeu en rotation entre les deux tubes.

Le mécanisme télescopique fonctionne mieux lorsque la charge est appliquée verticalement sur l'axe de la tige de selle. La plupart d'entre elles ne permettent donc pas ou très peu d'ajuster le recul de la selle. Malheureusement cela peut poser d'importants problèmes biomécaniques : la plupart des cadres sont conçus pour être utilisés avec des tiges de selles permettant un recul important.

Les tiges de selle à parallélogramme

Sont constituées d'un petit parallélogramme suspendu par un petit bloc d'élastomère. Evitant les frictions, ce type de selle a l'avantage de d'être moins sujet aux blocage et au jeu en rotation. Ces tiges de selles permettent un recul correct. En fait, le recul est variable lorsque le système de suspension est en action.

Ces suspensions tendent à être plus lourdes que les systèmes télescopiquesComme le parallélogramme se situe tout en heut de la tige de selle, elles ne peuvent être utilisées que par les cyclistes qui disposent d'un espace considérable entre la selle et le tube de selle.

Les tubes de selle à suspension disposent généralement d'un réglage de précontrainte, normalement ajusté pour le poids du cycliste de manière à ce que celui-ci n'entre en fonction que lorsque le vélo rebondisse sur un cahot.

Suspensions à lame

Certains vélo n'ont pas du tout de tige de selle : la selle est attachée à une sorte de ressort à lame dont le point d'attache est situé juste derrière le tube de direction. Cette lame flexible offre un très bon système de suspension sans aucune pièce en mouvement. Bien que les premières tentatives remontent aux années 1940 avec un vélo italien équipé d'un ressort à lame en acier, le système est vraiment passé à la postérité au cours des années 1990 avec l'introduction du système Softride (appelé à l'origine "Alsop"). Cette lame composite ressemble à une petite planche de plongeoir et offre au cycliste un excellent confort.

Problèmes de prostate et d'impuissance

Récemment, un vent d'hystérie a couru sur le thème de l'impuissance liée à la pratique cycliste. Le coeur de l'argumentaire fait valoir que le poids du cycliste écrase le réseau artériel du pénis sur la selle, réduisant leur capacité sanguine et compromettant l'érection.

Je ne peux revendiquer aucune légitimité médicale, mais à mon avis, ces problèmes sont le plus souvent liées à de mauvais réglages ou des selles inappropriées ne permettant pas aux os du bassin de supporter le poids du corps du cycliste. En particulier, une selle trop haute ou trop inclinée vers l'avant provoqueront une position du cycliste trop en avant sur la partie la plus étroite de sa selle et une compression de ces artères avec aussi de possibles lésion du système nerveux. Ce type d'erreur peut aussi provoquer une pression sur la prostate.

Les cyclistes qui rencontrent ce problème, ou qui ressentent régulièrement des engourdissements, doivent tenter d'améliorer la position de leur selle de manière à ce que les os du bassin fassent leur travail. Les cyclistes connaissant des problèmes persistants doivent évaluer l'option vélo couché dont les sièges permettent d'ééliminer ce type de problème.

Les sièges fendus

[nouvelle subtilité linguistique : Sheldon emploie ici le vocable "seat" (siège) et non plus "saddle" (selle) malgré la mise au point lexicale qu'on a vu plus haut. Signe du mépris qu'il voue aux selles fendues ou assouplissement de sa rigueur légendaire ?... - NDT]

Une "solution" maintes fois tentée et abandonnée dans les dernières décennies est le siège fendu. Ce type de siège comporte deux petits coussins ronds placés côte-à-côte, habituellement fixés sur une barre centrale. Souvent ces coussins peuvent basculer légèrement de haut en bas. Ce type de siège ne comporte pas de bec et pour cette raison ils sont parfois considérés comme un bon choix pour les cyclistes connaissant des problèmes d'engourdissement du pénis.

Malheureusement, ce type de siège provoque plus de problèmes qu'il n'en résoud :

  • L'absence de bec peut compromettre le contrôle latéral dans certains cas.

  • Les coussinets doivent être orientés vers l'avant, ce qui tend à faire glisser le cycliste vers l'avant et provoque des problèmes de mains/poignets/épaules lorsque le cycliste pousse sur son guidon pour rester en position.

  • Si les coussinets ne sont pas orientés vers l'avant, ils tendent à couper la circulation des cuisses et à interférer sur le fonctionnement des muscles des cuisses.

Cette conception semble prometteuse sur le papier mais en pratique, elle ne fonctionne pas.

Spécificités féminines

La plupart des vélos haute performance sont fournis avec des selles masculines. La plupart des femmes ayant le bassin plus large, les os de leur bassin peuvent dépasser d'une selle trop étroite, aboutissant à une compression douloureuse des tissus mous.

En général les selles spécifiquement féminines sont légèrement plus larges et plus courtes que les selles masculines. Si toutes les femmes n'ont pas besoin d'une selle spécifique, c'est pourtant le cas de la majorité d'entre elles. Beaucoup de femmes souffrent de problèmes liés à une selle inadaptée : souvent la seule manière d'améliorer la situation est d'incliner la selle vers l'avant. Ceci peut réduire l'intensité de la douleur mais crée une tendance à glisser vers l'avant qui doit être contrebalancée par une poussée excessive sur les bras, occasionnant des problèmes de mains, poignets, épaules et nuque.

Certaines selles féminines récentes comportent une large ouverture en leur centre pour éliminer la pression sur les tissus mous. Celles-ci fonctionnent bien pour la plupart des femmes, mais certaines cyclistes sont gênées par l'irritation causée par les bords de l'ouverture.

Les vélos couchés

Pour de nombreux cyclistes, la meilleure solution aux problèmes de selle est un style de vélo totalement nouveau : le vélo couché. Un vélo couché offre la position d'une chaise confortable, avec des pédales directement en avant du siège (et pas de la "selle" [hin hin - NDT]). Le siège comporte un dossier, ce qui est important car le poids du cycliste n'est pas porté par les pédales. Le dossier du siège fournit un support qui optimise le pédalage en bloquant le bassin.

Le vélo couché est souvent perçu comme le vélo du futur, et il est possible que ce soit vrai. Il est nettement plus confortable que le vélo conventionnel et par certains côtés plus sûr.

Malheureusement, les vélos couchés sont plus encombrants que les vélos traditionnels et comme ils ne sont pas encore issus d'une production de masse, ils ont tendance à être nettement plus chers.

La conception du vélo couché complique par ailleurs le dessin de la transmission et l'efficacité mécanique est souvent inférieure à celle des vélos conventionnels. Ceci est pourtant contrebalancé par le fait que les vélos couchés sont plus aérodynamiques. A la différence du vélo "diamant" classique, qui bénéficie de plus d'un siècle d'améliorations, les vélos couchés en sont encore à un stade de conception immature. Avec leur popularité croissante , les designs les moins efficaces disparaîtront et les meilleurs resteront.

Pour plus d'information sur les vélos couchés, jetez un oeil sur l'International Human-Powered Vehicle Association (I.H.P.V.A.)

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