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biomasse

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La biomasse est en elle-même issue de la conversion de l’énergie solaire par photosynthèse. On l’utilise pour se nourrir, se vêtir, construire, etc., mais aussi pour la convertir en énergie : chaleur, électricité, carburant. Ainsi, en Afrique sub-saharienne, la biomasse représente 80% de l’énergie produite.

Les biocarburants de première génération ont, à cause de leur échec, jeté le discrédit sur l'ensemble des biocarburants. C'est une erreur grossière : les carburants de deuxième et troisième générations sont extrèmements prometteurs, compétitifs, et en rien en compétition avec l'agriculture. Les carburants de deuxième et troisième générations sont une des solutions sérieuses. On peut les mettre en place dès maintenant. Ils peuvent même servir dans les piles à combustible, et leur développement offrirait aux agriculteurs un complément de revenu non négligeable, et permettrait enfin la création de nombreux emplois, et ce à COURT TERME.
  • La génération "ZERO" : la combustion brute
  • La première génération de biocarburants : un désastre évité par son échec

  • Les deuxième et troisième générations : valoriser les déchets agricoles et la biomasse "inutile"

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La génération "ZERO" : la combustion brute

La première utilisation de la Biomasse est sa conversion en chaleur, soit pour utilisation directe de la chaleur, soit pour la convertir en électricité via une centrale thermique. On brûle ainsi les déchets agricoles, le bois, ou du biogaz obtenu par fermentation bactérienne des déchets en méthane. L’apport de la filière Bois dépasse 350 Mtep/an, soit le même ordre de grandeur que l’énergie nucléaire ou hydraulique, mais elle a quasiment atteint son pallier maximal. Les autres biomasses utilisées traditionnellement sous forme de combustibles contribuent à environ 200 Mtep/an. Si on considère enfin tous les déchets utilisés à des fins énergétiques, près de 500 Mtep/an, l’ensemble de la biomasse correspond à un peu plus de 1 Gtep/an, soit 10 % de l’énergie consommée dans le monde. La qualité de la combustion est un grand enjeu, car souvent une partie de l’énergie est gâchée faute de mettre les moyens adéquats, en particulier dans les zones défavorisées.

La première génération de biocarburants : un désastre évité par son échec

On peut fabriquer des biocarburants à partir de sucre transformé en éthanol, ou d’huiles végétales transformées en esters pour les moteurs diesel. Les perspectives des biocarburants sont floues, à cause de la très forte compétition avec le marché alimentaire. C’est une des raisons de la crise alimentaire actuelle, due aux spéculations sur le prix des matières premières. De plus, cela pose un problème de main-d’œuvre, de ressources en eau et d’occupation des terres cultivables. Du point de vue de la rentabilité énergétique, on produit 0,7-2 tep/ha/an de carburant pour une dépense de 0,3-1 tep/ha/an. Mais avec le transport, la fabrication des pesticides et des engrais, le bilan est souvent négatif, sauf au Brésil.

Pour remplacer le pétrole par des biocarburants de première génération, la totalité des terres arables du monde ne suffirait pas. Cette filière ne semble donc pas raisonnable, sauf dans quelques cas particuliers intéressants, comme au Brésil...

On envisage aussi la gazéification de la biomasse lignocellulosique, cultivable sur les terres pauvres, et la synthèse de carburant à partir du mélange CO + H2 ainsi obtenu. Mais il faut hydrogéner ce mélange, et on rentre alors en compétition avec les besoins des piles à hydrogène, et on retrouve le problème de la production et d'acheminement de l'hydrogène.

Les deuxième et troisième générations : valoriser les déchets agricoles et la biomasse "inutile"

Il s'agit maintenant de valoriser les déchets agricoles, ou de quelque nature qu'ils soient. Tant que ces déchets font partie de la biomasse, le bilan carbone est nul ou proche de zéro sur toute la chaîne (production du carburant, émission du C02, récupération du CO2 par la biomasse, etc). On peut d'ailleurs étendre le terme de biomasse à tous les déchets recyclables issus de la biomasse : le papier, le carton, etc.

L'avantage est énorme : sans concurrencer en rien l'agriculture, on produit de l'énergie à partir de déchets, et accessoirement cela peut fournir un revenu supplémentaire à l'agriculteur. C'est LA solution de remplacement ou d'appui à la Politique Agricole Commune Européenne, si problématique.

Enfin, un laboratoire du Département Américain de l’Energie vient de montrer que certaines champignons (Tricoderma reesei) pouvaient produire du sucre à partir des déchets de la biomasse.


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