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Discours de Laurent Berger, invité exceptionnel du conseil syndical du SFED-CFDT, le 12 juin 2018, à Balard.

Le conseil du syndicat Francilien des établissements de la Défense (SFED-CFDT) s’est tenu le mardi 12 juin au Ministère des Armées à Balard. Il a accueilli en première partie le secrétaire général Laurent Berger, tout juste réélu la semaine précédente au 49ème congrès confédéral à Rennes. Il nous a transmis son analyse sur l’actualité politique et sociale en France.

Laurent Berger : “On est au lendemain de notre congrès confédéral qui s'est déroulé la semaine dernière à Rennes. Il a conforté la CFDT dans sa place d'organisation syndicale un peu particulière dans le paysage français.

Le contexte, vous le connaissez comme moi. C'est un contexte compliqué d'un point de vue géopolitique. Forcément que votre ministère est impacté. Le monde ne va pas mieux qu'il y a quatre ans, loin s'en faut, en termes de conflits et en termes de dirigeants internationaux qui ne cessent de nous surprendre. Ça pèse, y compris les questions de sécurité qu'on vient d'évoquer, sur le climat et sur le travail.

Le contexte, c'est aussi une reprise économique dont on n'est pas certain aujourd'hui qu'elle soit une vraie reprise. On ne sait pas si c'est un rebond ou une reprise. En tout cas, ça va mieux économiquement. C'est plutôt une bonne nouvelle. Mais ça ne veut pas dire que ça permet de réduire les inégalités au chômage. Les enjeux, aujourd'hui, sont autres que simplement une reprise économique. Ce sont des enjeux d'accompagnement des personnes les plus éloignées de l'emploi, d'aide au retour à l'emploi, etc. L'idée, c'est d'avoir une croissance qui soit inclusive et qui permette de faire en sorte que moins de personnes soient au bord de la route.

Et tous les enjeux de transformation. Il y a la transformation technologique, ce qu'on appelle la révolution numérique, la digitalisation de notre travail et de nos façons de vivre, de consommer, de produire, de militer parfois. En tout cas, cette révolution technologique est extrêmement rapide et prégnante sur l'ensemble des composantes de nos vies. Elle gère autant d'inquiétude qu'elle ne crée d'opportunités, encore faut-il les déceler.

Il y a la transition écologique. On est dans une espèce de faux plat, après la COP 21. Je ne sais pas si vous avez vu les prévisions d'hier d'un groupe de scientifiques qui estimaient qu'à Paris, à la fin du siècle, il y aurait 4° supplémentaires de réchauffement climatique. Je peux vous dire que ça transforme complètement nos vies.

Et le dernier point, c'est un enjeu démographique avec un vieillissement de la population. C'est l'un des éléments qu'on n'anticipe pas. C'est un vrai défi en termes de politique de santé, de perte d'autonomie, mais c'est aussi un enjeu pour regarder comment on articule les différents âges de la vie pour mener des politiques de solidarité et faire que ce soit viable.
“(...) surfer sur les peurs pour exacerber les tensions. C'est ce qu'on appelle la poussée des populismes. Ce n'est pas du tout absent de notre pays aujourd'hui. On a beau jeu de critiquer les Italiens, les Hongrois et autres, mais on n'est pas exonéré de ces tensions.”
Toutes ces transformations génèrent des craintes. Il y a deux manières de les affronter. Il y a une manière, la nôtre, qui est de dire : "Regardons les choses en face et construisons des contre-propositions pour avoir un horizon et un équilibre global de la société". Et une autre façon qui est de surfer sur les peurs pour exacerber les tensions. C'est ce qu'on appelle la poussée des populismes. Ce n'est pas du tout absent de notre pays aujourd'hui. On a beau jeu de critiquer les Italiens, les Hongrois et autres, mais on n'est pas exonéré de ces tensions.

Notre conviction, c'est que les citoyens sont plutôt en attente de transformation. Ils l'ont exprimé politiquement. Ce qui a expliqué un certain nombre de choix politiques, notamment le choix du président de la République et du Parlement au pouvoir aujourd'hui.
“Notre conviction, c'est que les citoyens sont plutôt en attente de transformation. Ils l'ont exprimé politiquement.”

Laurent Berger, le 12 juin 2018
Nous ne sommes pas contre un certain nombre de propositions, nous ne sommes pas partisans du statu quo. On n'a pas de nostalgie du passé. On est dans une vision de construction. Mais aujourd'hui, la façon d'appréhender les choses d'un point de vue gouvernemental, c'est clairement deux logiques. Une logique de réduction des contraintes et des coûts des politiques publiques. Dans le privé, ça se manifeste plutôt par moins de contraintes sur les entreprises. Il y a des choses qui sont quand même assez choquantes. Et sur l'action publique, vous connaissez ça parfaitement, c'est moins de coûts. Le service public est vécu davantage comme une contrainte qu'une richesse pour notre pays. Ceux qui en pâtissent sont d'une part les citoyens.

N'oublions pas qu'un certain nombre de fractures territoriales s'explique par la fuite des services publics d'un certain nombre des territoires. On connaît ça y compris en Île-de-France. Le sentiment d'abandon est d'abord motivé par une fuite de l'action publique, en tout cas, une désertion.

Et l'autre élément, c'est que ça pèse sur les agents. Ce qui m'inquiète, c'est ce sentiment d'amertume qui, très souvent, est vécu par les agents publics alors qu'exercer une activité professionnelle qui permet de développer de l'action publique en termes de défense, de soins, d'éducation, de protection en tous genres, normalement, c'est un élément de fierté. Dans l'enquête qu'on avait faite sur le travail, ce qui était frappant, c'était que les fonctionnaires étaient en moyenne plus fiers du travail qu'ils avaient réalisé que les salariés du privé, mais moins fiers de leur employeur que les salariés du privé.

Ça en dit long sur le hiatus là-dessus. Notre gros travail, en ce moment, c'est de dire que plutôt que de regarder les choses par la seule lorgnette budgétaire, on demande d'abord à interroger les finalités des politiques menées avant de regarder les moyens à mettre en place pour y arriver.

Le deuxième élément, c'est un élément de dialogue social. C'est aussi l'un des enjeux des élections de fin d'année. On est, dans les fonctions publiques, trop souvent dans une logique où ça se règle par circulaire et par directive. La reconnaissance du travail dans l'élaboration de propositions d'évolution est absente. À chaque fois qu'on veut faire des transformations, mais que les premiers concernés sont mis hors jeu et ne sont pas suffisamment associés, les transformations ne sont pas très efficaces et, au pire, elles provoquent de profonds chambardements et du mal-être des agents concernés.

L'enjeu du dialogue social est fondamental dans les fonctions publiques. Ça rejoint l'enjeu des élections de fin d'année. On peut taper sur l'employeur public en disant qu'il ne fait pas suffisamment de dialogue social, mais il faut reconnaître aussi qu'on est dans un champ des fonctions publiques où le syndicalisme se complaît assez bien dans un rôle d'observateur.

C'est vrai qu'on a une vision un peu originale dans les fonctions publiques. On dit : "Chiche, développons davantage de discussions, engageons-nous dans une vraie confrontation des idées pour faire émerger les compromis". C'est un peu ce qui est engagé par l'UFA dans les concertations qui sont rouvertes sur les carrières et le pouvoir d'achat, ce qui ne nous empêche pas de participer à des espaces de mobilisation lorsque c'est nécessaire. Il y en a eu une le 22 mai. Ça n'a pas été l'immense succès qu'on attendait.

On est dans ce moment-là un peu particulier, où le gouvernement a foncé pendant un an bille en tête, même si on a essayé, ici ou là, de faire des contre-propositions. Je suis persuadé que ça ne dure qu'un temps. Je suis persuadé que le congrès de la CFDT nous repositionne comme une force qui va compter. Il y a une forme de cohérence et d'orientation. On ne s'est pas contenté de faire un congrès en tapant sur untel ou untel, on a voté un texte d'orientation, une résolution à une large majorité qui replace la question du travail, du dialogue social, du pouvoir d'achat, de la protection sociale à un niveau élevé. Je pense que le gouvernement, pour dire les choses très franchement, ne pourra pas avancer longtemps sans plus de dialogue social. Ça commence à coincer dans tout un tas de secteurs, et particulièrement les fonctions publiques.

Nous allons devoir tenir notre rôle d'organisation syndicale de plus en plus fortement, en utilisant toutes les facettes : l'indignation, la capacité de proposition, l'engagement dans la négociation et dans le compromis lorsqu'il est possible. On est dans un secteur public plus en difficulté pour le faire, mais je crois que les enjeux de la fonction publique, c'est ça.

Pour dire les choses franchement, bien sûr que c'est important que la CFDT soit première parce qu'on a envie qu'elle soit première. D'abord, première dans les fonctions publiques, attention. On est loin derrière la CGT. Première au ministère de la Défense, oui. Première dans les fonctions publiques, oui. Au-delà de cette petite bataille qui n'est pas ultra importante dans la vie des travailleurs, l'important, c'est qu'il y ait un signe fort adressé aux agents publics et un message envoyé à l'employeur public, au gouvernement, finalement, pour dire : "Si vous voulez faire vivre notre type de relations sociales au service des agents, vous avez cet interlocuteur".

C'est en cela que les élections de fin d'année sont fondamentales. Ça peut avoir un impact fort sur la vie concrète des agents. C'est ce qu'il faut porter. Il faut porter l'idée que si on veut de la transformation, de la prise en compte du bien-être des agents publics, on a besoin d'avoir une organisation qui construise des solutions avec ses agents. C'est tout l'enjeu de la campagne fonction publique. On aura besoin de l'implantation du rôle des syndicats.


Là où on fait des voix, c'est là où on est sur les lieux de travail et où on propose aux agents de voter pour nous. Ce n'est pas la bonne tête de Franck ou la mienne qui fera qu'on fera des voix aux élections. La confédération avec Jocelyne est pleinement engagée dans cette campagne. Mais il y a un enjeu de terrain, comme l'a dit Franck. C'est ce qui va faire qu'à partir de septembre, on va multiplier la présence aux agents. "Votez pour nous parce qu'on s'engage à obtenir des résultats et à faire contrepoids d'une logique gouvernementale".

C'est aussi la possibilité de faire des adhérents. On le voit. Dans toutes les enquêtes qu'on mène, et on le voit avec ce qui s'est passé à Balard, ce qui est problématique, c'est l'adhésion. On est dans une démocratie. Je ne veux pas d'un syndicat qui plairait à tout le monde. On n'est pas en Corée du Nord ! Qu'il y ait des gens qui n'aient pas envie d'adhérer, ça me paraît tout à fait sain. Mais à chaque fois qu'on propose, un certain nombre de salariés n'attendaient que ça pour nous rejoindre. La campagne des élections fonction publique est aussi une opportunité de proposer à des salariés de nous rejoindre. Un des éléments de notre rapport de force, c'est évidemment d'être plus nombreux même s'il n'y a pas que ça. Mais plus on est nombreux, plus on a de chances de peser. C'est l'un des critères de notre légitimité. La confiance des agents, le nombre d'adhérents et notre capacité à produire des idées et des propositions. C'est là-dessus que le syndicalisme s'en sortira.

Je suis plutôt confiant sur la CFDT. On s'est bien débattu au congrès. Mais soyons clairs : le défi se situe à notre niveau à tous, d'abord dans notre capacité à être présents au quotidien auprès des agents. C'est ce que vous faites. Je voudrais, pour cela, vous dire merci. Voilà.”

Remerciements à Christine Faisandier pour la photographie.



Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT,
invité exceptionnel du conseil du 12 juin 2018 du SFED-CFDT à Balard.



Voeux 2018 de la CFDT || VIDÉO || 

En 2018, continuons à faire progresser la justice sociale et redonnons aux travailleurs et au travail toute leur place ! Cette année encore vous pourrez compter sur toute la CFDT.

Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT, vous présente ses meilleurs vœux pour l'année 2018.


 

SIGNEZ L'APPEL DES 10 000

A l’occasion de son rassemblement de 10 000 militants (représentants du personnel dans les entreprises et administrations publiques) à Paris le 3 octobre 2017, la CFDT lance un appel aux organisation patronales, aux employeurs publics, au gouvernement.
Appel que vous êtes toutes et tous appelés à signer.
 
Partager le lien vers la pétition : https://www.cfdt.fr/lappeldes10000

Bulletins de payes dematérialisees : elles arrivent !

L'arrêté du 17 septembre publié au journal officiel du 24 septembre 2017 , précise le calendrier de mise en oeuvre du bulletins de paye dématèrialisé pour notre ministère.

DES SITUATIONS FINANCIÈRES PARFOIS DRAMATIQUES POUR LES FAMILLES

LES MOYENS NÉCÉSSAIRES : EFFECTIFS, FORMATIONS, OUTILS, DOIVENT ÊTRES MIS À LA DISPOSITION DES AGENTS GESTIONNAIRES

Le syndicat CFDT SFED alerte l'inspection des personnels civils... lire


TROP, C'EST TROP!

Prime oubliée, versement de salaire zappé, perception d’avancement retardée… la situation financière des agents et employés du MinDef et de leur famille mise en péril !

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Parcours Professionnels, des Carrières et des Rémunérations 2017
Agent de catégorie C : ce qui change en 2017

La mise en œuvre de PPCR commence à porter ses fruits en augmentant le pouvoir d’achat des agents et en améliorant le montant des pensions pour celles et ceux qui partiront à la retraite. La revalorisation des indices se poursuivra, chaque année, jusqu’en 2020.

À partir du 1er janvier 2017, tous les agents de la catégorie C sont reclassés dans les nouvelles grilles avec une augmentation de leur indice due essentiellement au transfert des primes en points d’indice.
Au 1er février, le traitement des agents de catégorie C augmentera de 0,6 %, une même augmentation est intervenue le 1er juillet 2016…

Plus d'infos ? Contactez votre correspondant local CFDT ou le syndicat.


25 mars 2017
JOURNÉE JEUNES SFED-CFDT

La première rencontre des jeunes adhérents SFED CFDT aura lieu samedi 25 mars 2017...

plus d'info...


Le 8 MARS 2017
Journée internationale de la femme...

La CFDT organise une Journée ouverte à tou.te.s les adhérent.e.s CFDT.

800 adhérent.e.s attendu.e.s le 8 mars à Paris.
  
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Journée construite autour d’espaces thématiques, rythmée par des rendez-vous fixes : tables rondes, moments de contes, théâtre forum...
Plus d'infos sur la page adhérents-sfed...

A voir ou à revoir...
Un exemple de la réalitée de la place de la femme dans l'entreprise...
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INDICATEURS REPÈRES
sources syndicalisme-hebdo 02 fév 2017

  
 
SMIC
HORAIRE
SMIC
MENSUEL
20149,531445,38 
20159,611457,52
20169,671466,62
20179,761480,00