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Quand et comment se quitter

publié le 22 févr. 2016 à 04:51 par Frédéric Six   [ mis à jour : 22 févr. 2016 à 05:07 ]

Savoir quand et comment quitter. Comment savoir que notre couple vit un moment difficile tout à fait normal ou une relation devenue impossible ? Que faire lorsqu'on pense à la séparation ? Comment s'assurer que tout à été fait pour reconquérir l'amour perdu ? Comment réussir notre divorce si on ne peut faire autrement ?

Les moments difficiles

Tous les couples passent par des crises tout à fait prévisibles. Tous n’y survivent pas. La moitié divorce ; d’autres se résignent ; certains sortent grandis dans leur amour suite à ces épreuves. La moitié des couples qui divorcent le font dans les cinq premières années de leur union, et souvent dans l’année suivant l’arrivée d’un enfant, véritable tremblement de terre. De plus, nous savons aujourd’hui que 65 à 80 % des divorces sont initiés par la femme. La principale raison d’après la sociologue féministe Evelyne Sullerot : leur désenchantement.

De nombreux couples ne survivent pas à la baisse de la passion, premier moment difficile. Près de 80 % des couples ne dépasse jamais la lutte pour le pouvoir consécutive à la lune de miel. Parfois, le couple éclate lors du déménagement dans leur maison tant espérée. Les changements de carrière de l’un des conjoints ou la perte d’emploi de l’autre constitue aussi des moments difficiles. L’infidélité (les deux tiers divorcent après une infidélité) est souvent utilisée comme prétexte à la séparation, alors qu’elle est la conséquence d’un déséquilibre conjugal.

La maladie d’un conjoint, la mort d’un être cher, le départ des enfants… sont d’autres difficultés auxquelles les couples doivent faire face un jour ou l’autre. On constate une recrudescence des divorces lors de la mise à la retraite d’un ou des deux conjoints. Les deux amants du début, devenus deux parents, se retrouvent parfois comme deux étrangers ou deux ennemis intimes lorsque les enfants s’en vont.


Les relations difficiles

Les couples heureux réussissent tant bien que mal à profiter de ces moments pour se rapprocher et devenir de plus en plus complices. En soi, aucun de ces moments ne justifie un divorce. Par contre, d’autres situations ne peuvent être résolues que par la séparation. Il existe six situations où la relation est une impasse et dont la solution serait d’y mettre fin, à moins d’une révolution de la dynamique toxique.

1. Vous devez mettre fin à toute relation avec une personne hors d’atteinte parce que votre amoureux est déjà marié, parce qu’il vous dit qu’il ne veut pas s’engager (croyez-le !) ou parce qu’il ne peut pas s’engager à cause de son workaholisme. L’une de mes clientes de 40 ans attendait que son amant divorce depuis plus de 15 ans. Vous imaginez !

2.Vous devez divorcer lors que vous êtes sur des longueurs d’ondes fondamentalement différentes, où n’existe aucun point commun, où la communication ne mène nulle part et où, finalement, vous avez peu de plaisir à être ensemble.

3. Si vos besoins d’amour et de tendresse ne sont pas respectés, si votre partenaire rejette votre sexualité, s’il n’y a aucun respect ou honnêteté (infidélité à répétition par exemple), si vous ne ressentez aucun soutien émotif, quittez !

4. Si vous avez l’impression que votre couple constitue un territoire dévasté où ne règnent que le vide, l’isolement, le manque, la distance... quittez !

5. Quittez aussi le couple qui n’est qu’un champ de bataille remplit de haine, de colère et d’insultes.

6. Et quittez toute relation de manipulation par la jalousie (tu n’as pas le droit d’exister en dehors de moi), par la faiblesse (je ne suis rien sans toi), par le pouvoir (tu agis comme je veux que tu agisses, sinon... je te quitte), par la servitude (je te suis tellement utile que tu ne pourras jamais me quitter) ou par la culpabilité (tout est de ta faute si ça ne marche pas entre nous)


Dynamique relationnelle malsaine

Il existe dans tout couple une lutte pour le pouvoir tout à fait normale. Cette lutte peut être saine si elle permet aux deux membres d’exprimer leurs besoins, de satisfaire leurs attentes et si elle se fait dans le respect mutuel et la confiance réciproque. Par contre, elle devient malsaine lorsque vous vivez une ambivalence viscérale entre votre raison qui vous dit de quitter cette situation malsaine et votre cœur qui vous dit que vous l’aimez toujours. Vous aurez alors tendance à rationaliser votre inaction à partir de fausses croyances ou de faux sentiments. 

Vous chercherez à vous convaincre qu’il vous aime malgré sa froideur, que c’est tellement bon ce qui se passe parfois (mais rarement) entre vous deux, que si vous vous disputez, c’est parce que vous vous aimez beaucoup, que l’amour n’est pas tout dans la vie, que c’est parce que l’autre a peur de l’intimité, ou qu’il n’a pas appris à exprimer ses émotions.

Ces rationalisations (le mental menteur) sont basées sur des croyances fortement enracinées telles que : • La solitude est le pire des états • Je sens que je ne pourrais pas vivre sans lui ou elle • On peut tout endurer quand on aime vraiment • Je ne peux pas lui faire ça • Qui d’autre voudrait de moi ? • Ça ne se peut pas qu’on ne s’aime plus après s’être tellement aimé. 

À long terme, cette ambivalence ne peut mener qu’à une perte d’estime de soi et de confiance en soi. De plus, le stress émotif provoque des tensions musculaires et des modifications biochimiques, lesquelles perturberont votre équilibre, abaisseront votre résistance, développeront toutes sortes de malaises (maux de dos, insomnies, dysfonctions sexuelles) et vous rendront malade. Pour contrebalancer, vous serez porté à utiliser différents moyens de fuite : le travail, l’alcool ou les drogues, les médicaments (amphétamines, barbituriques, tranquillisants), une quête téméraire où vous risquez le tout pour le tout. Vous pourriez même poser des actes suicidaires en devenant boulimique ou anorexique, en ayant une conduite dangereuse ou en faisant une véritable tentative de suicide.


Indices de statu quo

Il se peut fort bien que, malgré toute votre bonne volonté et votre amour, vous ne puissiez améliorer la relation avec votre partenaire. Voici des indices démontrant que votre partenaire ne changera jamais et qu’il ne vous aimera pas plus qu’il ne le fait actuellement.

1. Vous avez l’impression d’être le seul à vous impliquer dans le couple.
2. Il a développé une attitude négative devant la vie.
3. Les coupables, ce sont les autres.
4. Il fuit dans l’alcool, les paris, la drogue, le sport, le travail, les enfants…
5. Il a développé un caractère autoritaire et confrontant avec son entourage.
6. Sa vie est parsemée d’échecs à tous points de vue.
7. Il tient ses promesses le temps de vous amadouer.
8. Il essaie de gagner du temps et refuse toute thérapie ou changement.

Finalement, vous en arrivez à croire que « Cela ne peut pas être pire ailleurs ! » et vous vous surprenez de plus en plus souvent à penser à la séparation, à un ancien amoureux du temps de votre adolescence, à prendre un amant pour aller vérifier « comment ça se passe ailleurs ». Vous êtes de plus en plus sensible aux marques d’attention des hommes ou femmes qui gravitent dans votre entourage.


Deux questions fondamentales

Pour savoir s’il est temps de mettre un terme à votre ambivalence, posez-vous les deux questions suivantes

1) Est-ce que les bénéfices que je retire de cette relation sont plus importants que ce qu’il m’en coûte ? Utilisez le tableau ci-contre, puis répondez à la deuxième question.

Bilan relationnel
Évaluez si le degré de satisfaction de chacun de ces besoins est

5. Très élevé 4. Elevé 3. Moyen 2. Bas 1. très bas

1. Satisfaction affective générale _____
2. Communication _____
3. Complicité _____
4. Intérêts communs _____
5. Soutien pratique _____
6. Soutien affectif _____
7. Soutien de croissance personnelle _____
8. Sentiment d’être aimé par mon partenaire _____
9. Sentiment d’aimer mon partenaire _____
10. Sentiment de respect pour mon partenaire _____
11. Sentiment d’être respecté par mon partenaire _____
12. Sentiment de confiance envers mon partenaire _____
13. Sentiment que mon partenaire a confiance en moi _____
14. Sentiment d’être enrichi par mon partenaire _____
15. Sentiment d’enrichir mon partenaire _____
16. Plaisir d’être ensemble _____
17. Chaleur _____
18. Satisfaction sexuelle _____
19. Sentiment d’estime de moi dans la relation _____
20. Désir de passer du temps avec mon partenaire _____

Le degré de satisfaction de votre relation est directement proportionnel au résultat obtenu. Minimum : 20 points. Maximum : 100 points.

2) Est-ce que mes attentes sont réalistes ou narcissiques ?

Pour le narcissique, l’autre doit être exactement ce qu’il veut qu’il soit, répondre à tous ses besoins, toujours être disponible, n’avoir aucune exigence ou faiblesse, être son double psychologique, deviner ses moindres désirs, être le centre de l’attention… Il croit aussi qu’on ne devrait pas avoir à faire d’efforts lorsqu’on aime. Le narcissique est en fait un enfant gâté à la recherche d’une relation symbiotique impossible à obtenir.


Moyens pour faciliter la rupture

Si votre bilan est plutôt négatif et que vous n’êtes pas narcissique, vous devrez, pour rompre cette mauvaise relation, vaincre trois niveaux d’attachements. La médiation (maintenant obligatoire au Québec) vous facilitera le règlement des considérations pratiques, soit la garde des enfants et le partage du patrimoine.

Ensuite, vous devrez lutter contre les croyances apprises depuis longtemps et qui sont présentées comme des valeurs sociales : l’amour dure toujours et peut tout conquérir ; le mariage est un sacrement que l’on ne peut défaire ; le plus important, c’est la sécurité ; le divorce constitue un échec… Sans parler de l’image de vous-même que vous devrez reconstruire pour reprendre confiance en vous et votre charme. Une bonne façon de contrecarrer ces croyances est d’en développer d’autres : La culpabilité ne sert à rien ; L’amour ne dure pas nécessairement toujours ; La douleur de la rupture ne va pas durer toujours ; le divorce est une transition entre deux états de vie…

Le plus difficile reste cependant votre soif d’attachement qui devient souvent la base de la dépendance envers l’autre et qui explique votre choix d’un partenaire souvent inadéquat. Cette soif a des racines qui remontent loin dans votre enfance et qui nécessite souvent l’intervention d’un thérapeute pour en prendre conscience. L’amour de vos parents (ou son absence) influence votre scénario amoureux actuel. Tant que vous ne vous en libérerez pas, vous serez porté à le répéter.



* * *


Même si les gens mariés vivent mieux et plus longtemps, vivre à deux n’est pas une garantie de bonheur, tout comme vivre seul n’est pas une garantie de malheur. Rappelez-vous que vous n’avez qu’une seule vie à vivre, que vous n’êtes responsable que de vous-même et que la seule garantie que vous possédiez est que vous allez passer le reste de cette vie avec… vous-même.



Yvon Dallaire, psychologue, sexologue
http://www.psy.be/couple/fr/problemeencouple/savoir-quand-comment-quitter.htm

Les 7 erreurs d'un couple

publié le 3 juil. 2015 à 02:46 par Frédéric Six   [ mis à jour : 2 sept. 2015 à 05:34 ]



1 - LA FUSION

Paradoxalement, les couples les plus fragiles sont ceux qui, au début de leur relation, vivent une symbiose absolue. Engagés « très vite, très fort », branchés sur les besoins de l'autre, ils jouent tous les rôles : amant, ami, parent, enfant... Enveloppés, à l'abri des turbulences du monde, ils se nourrissent exclusivement l'un de l'autre. Ils vivent le couple comme une île déserte qu'ils seraient les seuls à habiter, jusqu'au jour où un élément extérieur vient perturber ce tête-à-tête exclusif. Ce peut être une naissance (comment composer à trois lorsque l'on n'a jamais vécu que l'un pour l'autre ?) ou un projet enthousiasmant qui se présente dans la vie de l'un des deux.
Mais, plus fréquemment, c'est une sensation de lassitude et d'étouffement qui s'empare de l'un des partenaires, qui prend conscience que la sécurité à peu à peu fait place à l'asphyxie. Le monde extérieur, si longtemps tenu à distance, est tout à coup paré de tous les attraits. C'est le début de la crise. Frustration insupportable d'un côté, sentiment d'abandon et de trahison de l'autre. La plupart du temps, ces couples se séparent en se déchirant.

2 - LE REFUS DE LA DIFFÉRENCE

Un conjoint n'est pas un double. Affirmation limpide en théorie, plus compliquée en pratique. Très souvent, les gros conflits sont nourris au quotidien par de petits refus : on n'accepte pas que celui dont on partage l'intimité n'ait pas les mêmes réactions que nous ou qu'il nous surprenne (et déçoive) par la façon dont il vit et exprime ses émotions. On projette sur l'autre des envies, des attentes, des erreurs de comportement qui, en réalité, sont les nôtres. Or un couple est composé de deux personnes différentes – qui plus est, dans la plupart des cas, de sexe opposé.
On sait combien hommes et femmes "fonctionnent" de manière asymétrique, notamment en matière de communication et de sexualité. Les femmes expriment plus facilement leurs émotions et ont un désir sexuel plus fluctuant que les hommes. « Il ne me parle pas assez », « Elle ne voit jamais les efforts que je fais », « Nous n'arrivons pas à avoir d'orgasme en même temps », « Quand je veux, c'est elle qui ne veut pas »... sont les plaintes le plus souvent entendues en consultation. Toutes témoignent de ce déni de la différence qui finit par faire du couple un champ de bataille ou un tribunal.

3 - LE MANQUE DE COMMUNICATION

Convaincus que les mots sont inutiles pour se comprendre quand on est faits l'un pour l'autre, les jeunes couples ont tendance à négliger la communication dans leur relation. Au nom du mythe de l'amour parfait, "instinctif", ils oublient que la communication est indispensable pour apprendre à se connaître. Comment, sans les mots, découvrir les envies, les besoins de l'autre ? élaborer des projets ? Sans échange, difficile d'éviter de fantasmer la relation, difficile aussi de ne pas s'exposer à la déception en se rendant compte un jour que son compagnon « n'est pas du tout celui que l'on croyait ».
Dans les couples au long cours, l'absence de dialogue nourrit quiproquos et frustrations : « A quoi bon lui dire ce que je veux ? Je sais ce qu'il va me répondre. » Persuadés de se connaître parfaitement, les partenaires estiment que parler ne modifiera rien. Chacun colle une étiquette sur l'autre et vit "à côté de" au lieu de vivre "avec". C'est oublier que la richesse et la force du couple viennent de ce que l'on ne finit jamais de découvrir l'autre et d'apprendre à se connaître à travers lui.

4 - LE COUPLE THÉRAPEUTE

Ce sont, en général, des couples très solides au départ. Leur contrat, inconscient la plupart du temps, repose sur des attentes complémentaires : guérir pour l'un (problèmes de dépression, d'alcool, d'échec professionnel...), se sentir indispensable pour l'autre. Le plus souvent, ces couples, fondés à la fois sur la domination et sur la recherche de la fusion, s'enfoncent toujours davantage dans leurs dysfonctionnements. Ce qui les amène, à terme, soit à l'impasse, soit à la rupture.
Premier cas de figure : avec le temps, le "malade" guérit et, de fait, n'a plus besoin d'un "médecin" ni d'un témoin gênant de sa « déchéance » passée. Il se peut également qu'il se révolte en prenant conscience que cette relation, loin de le libérer, entretient sa dépendance, s'en nourrissant pour continuer à exister. Second cas de figure : les tentatives du "sauveur" échouent, alimentant sa frustration et sa colère et générant de la culpabilité et de la souffrance chez son partenaire.

5 - LE MANQUE DE PROJET DE VIE

Établir des projets de vie est indispensable pour avancer à deux. Mais, pris dans l'euphorie des premiers temps de la relation, les jeunes couples revendiquent le droit de « vivre au jour le jour » et évitent de se projeter dans l'avenir. Ce n'est que lorsque le quotidien a émoussé l'enthousiasme et la spontanéité des débuts que l'avenir de la relation apparaît comme un espace vide, ennuyeux ou angoissant. Certains vont alors "voir ailleurs" pour remettre du désir et de l'excitation dans leur vie ; d'autres, pour meubler le vide, décident de déménager, de se marier ou d'avoir des enfants, mais, une fois ces projets réalisés, se rendent compte que la vie à deux ne leur apporte plus ni envie ni énergie.
C'est alors que, au lieu de questionner en profondeur la relation et ce que l'on attend d'elle, chacun se replie sur soi et développe, en parallèle du couple, des projets personnels. Lesquels, loin de nourrir la relation, la fragilisent encore davantage. Dans cette dynamique, l'un des deux finit par s'apercevoir qu'il est plus épanoui seul ou à l'extérieur de son couple et met fin à celui-ci. Ou, par peur de la solitude, par culpabilité, chacun se résigne et vit « seul, à deux ».

6 - LA PARESSE

« On s'aime, donc ça doit marcher entre nous », « Si ça ne marche pas, c'est que l'on ne s'aime pas assez », « Si l'on ne se comble pas sexuellement, c'est que l'on n'est pas faits pour vivre ensemble »...
De nombreux couples, les plus jeunes en particulier, sont persuadés que, entre eux, tout doit fonctionner d'emblée. Au moindre problème relationnel ou sexuel, ils concluent que la relation est condamnée. C'est pourquoi ils ne se donnent pas la peine d'essayer de surmonter à deux leurs difficultés. Habitués au zapping, à la consommation, donc à combler toutes leurs envies et tous leurs manques dans l'instant, ils ont du mal à supporter la frustration et à fournir des efforts qui ne portent pas leurs fruits immédiatement. C'est oublier que le couple et la sexualité ne vont pas de soi et se construisent avec le temps.

7 - LE FATALISME

Deux écueils principaux guettent les couples de longue durée : les conflits que l'on ne règle pas parce que l'on considère qu'il est trop tard, et l'essoufflement du désir, voire l'absence de relations sexuelles. Des conflits non réglés en profondeur ressortent rancœur et frustration, et de l'usure du désir, installée au fil du temps, des conduites d'évitement qui alimentent une agressivité souterraine empoisonnant les échanges les plus anodins.
La bonne réaction consisterait à communiquer sur ce qui fait effectivement problème pour tenter de trouver une solution (parfois en faisant appel à un tiers thérapeute).

QUAND L'ENFANT PARAIT :

La naissance d'un enfant agit souvent comme un facteur déclenchant, faisant remonter à la surface des difficultés plus anciennes. Avec l'arrivée de ce tiers, toutes les "erreurs" répertoriées ci-dessus deviennent autant de pièges qui se resserrent : absence de vraie communication ? Ce sont les désaccords qui surgissent à propos de l'éducation et de l'organisation au quotidien de la vie de famille.
Amour-fusion ? Le bébé vient rompre la symbiose, donnant l'impression de "prendre la place" de l'un des partenaires auprès de l'autre.Absence de projet de couple ? L'enfant devient l'unique centre d'intérêt de l'un ou des deux parents, jusqu'à ce que ceux-ci abandonnent toute vie amoureuse...
De nombreux couples pensent encore que l'arrivée d'un enfant résoudra de façon magique tous les problèmes. Mais un enfant ne peut constituer un projet "final". Idéalement, c'est pour le couple une étape à franchir, lorsque la plupart des pièges ont été déjoués et que les erreurs de comportement ont été repérées, et réparées.

RUPTURE : Quand est-elle inévitable ?

« Le seul moyen de savoir si une crise de couple pourra ou non être dépassée est, d'abord, de la vivre et de s'y confronter ». C'est-à-dire, ensemble ou avec l'aide d'un thérapeute, d'essayer de trouver d'autres aménagements, psychiques et matériels. C'est ainsi que l'on verra si l'on est capable, ou pas, de faire le deuil de certaines illusions sur le couple "d'avant la crise".
Si la réponse est oui, un nouveau départ est possible. Dans le cas inverse, la rupture s'imposera comme la seule issue réaliste. Les "symptômes" ? Une absence totale de communication verbale, la multiplication de petits et de grands conflits, des silences pleins de ressentiment, un examen permanent de l'autre, un sentiment d'amertume... Lorsqu'elles persistent, ces attitudes et réactions signifient que l'on s'est figé dans une position de défense et d'agressivité, et que la confiance et la complicité, indispensables à la vie à deux, ont totalement disparu.

L'ARGENT : Pomme de discorde

La gestion de la vie quotidienne, la sexualité et, enfin, les questions d'argent sont les principaux motifs de crise dans le couple. Françoise Sand, conseillère conjugale, explique pourquoi on parle davantage des deux premiers que du troisième.
« Les questions d'argent sont moins souvent évoquées mais sont de plus en plus fréquentes dans la réalité des couples. Soit l'un dépense beaucoup et l'autre thésaurise à l'excès, soit les deux partenaires se mènent la vie impossible à vouloir vivre dans un partage sans faille des dépenses... Ces différences dans les rapports à l'argent peuvent mener à la séparation parce qu'elles sont un indicateur de la confiance mutuelle que l'on s'accorde et qu'elles renvoient à la capacité (ou à l'incapacité) à surmonter la réalité qui, dans ce domaine, peut parfois être rude.
Elles sont aussi le signe d'une lutte de pouvoir. Garder ou, au contraire, brûler l'argent du couple devient un moyen de s'imposer face à l'autre. « Quelle "valeur" ai-je à tes yeux ? », « Est-ce que tu m'aimes pour ce que je représente ou pour ce que je suis vraiment ? », etc. Ce sont ces questions, relatives à l'identité de chacun, qui sont énoncées à travers ces comportements. »



Ont collaboré à cet article :
• Patrick Estrade, psychologue et thérapeute de couple. Auteur du "Couple retrouvé. Les mésententes conjugales et leurs remèdes" (Dangles, 1991).
• Nadine Grafeille, psychiatre, sexologue et directrice d'enseignement de sexologie à l'université de Bordeaux.
• Alice de Lara, conseillère conjugale formée à la thérapie de couple et médiatrice familiale.
• Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre, psychothérapeute spécialisé dans la thérapie de couple. Auteur de "Repenser le couple" (Livre de poche, 2002).
• Françoise Sand, conseillère conjugale. Auteur du "Couple au risque de la durée" (Desclée De Brouwer, 1998).
• Alain Valtier, psychanalyste et thérapeute de couple. Auteur de "La Solitude à deux" (Odile Jacob, 2003).





Hypnose et Sexologie

publié le 3 juil. 2015 à 01:34 par Frédéric Six   [ mis à jour : 22 févr. 2016 à 05:07 ]

Nous entendons de plus en plus souvent parler des sciences sexologiques et de l’hypnose. Dès lors, plutôt que de les regarder comme deux thérapies distinctes, nous pouvons aussi les entremêler et constater à quel point l’hypnose peut être un élément important en sexothérapie.


Qu’est-ce que la Sexologie ?

La sexologie est la science qui va traiter des difficultés sexuelles. Nous parlons notamment du vaginisme, des troubles de l’érection, du Désir Sexuel Hypoactif, de l’anorgasmie, etc.La sexologie regroupe un grand nombre d’auteurs apportant tous des éléments importants en sexothérapie. Cette dernière est alors composé de diverses techniques telles que la sexofonctionnelle, le sensate focus, la sexo-analyse, etc.A travers toutes ces techniques, nous pouvons alors donner des moyens pratiques aux personnes pour contrer les difficultés sexuelles qu’elles rencontrent.


Qu’est-ce que l’hypnose ?

L’hypnose, quant à elle, est un état modifié de conscience lors duquel nous pouvons travailler sur différents événements de vie et les émotions qui y sont alors liées.
L’hypnose dont nous parlons est appelée « Hypnose conversationnelle ». Lors de celle-ci, le patient est conscient et acteur de son changement. En co-création avec le thérapeute, on utilise les ressources du patient pour amener un changement au niveau souhaité. On parle du traitement des traumatismes, des phobies, des addictions, des douleurs psychosomatiques et même de certains troubles sexuels.


Hypnose et sexologie, plus proche qu’on ne le croit…

Au travers de ma pratique, j’ai pu à de nombreuses reprises travailler sur le manque de désir sexuel. En effet, il s’agit de modifier la perception et les émotions que la personne lie aux relations intimes. Parfois considérée comme taboue, comme honteuse, etc. il est important de s’ouvrir à la sexualité et de permettre aux patients, à travers l’hypnose, de réaliser leurs propres expériences. Dans le respect du rythme et des limites de la personne, nous rendons alors à la sexualité toutes ses formes possibles et ses bienfaits positifs.
Dans de nombreux troubles sexuels, il arrive souvent que la personne ait perdu tout contact à son ressentit corporel. Dès lors, l’hypnose est un outil intéressant car il permet aux patients de renouer ce lien étroit entre corps et esprit. Ils peuvent alors à nouveau prendre conscience de ce qu’ils ressentent suite au toucher de leur partenaire, aux préliminaires, etc.
Ils peuvent également se rendre compte de cognitions négatives et/ou erronées qu’ils auraient par rapport à leurs relations intimes.


En conclusion, le travail en hypnose se fait souvent en parallèle à une sexothérapie même si il arrive que l’hypnose puisse suffire à rendre aux patients une sexualité satisfaisante. Il sera donc utile de travailler avec le thérapeute en vue de définir les objectifs à atteindre et la manière d’y arriver. Cette étape se fera généralement lors des premières séances.
Notons qu’une thérapie ne sera jamais identique à une autre et il est important de toujours travailler en collaboration avec le patient et dans le respect de son propre rythme.




http://www.psycho-bien-etre.be/sante/sexualite/hypnose-et-sexologie





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