Témoignages

Témoignage de Benoît (sevrage brutal après traitement de court terme à dose élevée de benzodiazépines) :
 
Attention nous déconseillons absolument le sevrage brutal qui peut mettre votre vie en danger et vous fait courir le risque d'un syndrome de sevrage d'une extrême gravité. 
 
Le traitement de Bruno : 6 semaines de Lexomil et deux semaines d'Effexor
 
Alors voilà maintenant tous les symptômes du sevrage (Lexomil et Effexor) ont disparu. J'ai retrouvé le sommeil (quoique peut être que je fais encore un peu plus de cauchemars qu'avant) et surtout j'ai retrouvé pleinement mes capacités intellectuelles. Je réalise à quel point j'ai été completement dénaturé par les bonzodiazépines et l'effexor... ça me fait mal d'avoir perdu ma copine à cause de ça et d'avoir plombé mes derniers exams. Pour les autres membres qui fréquentent le forum, je vais faire un petit bilan de mon expérience. Comme je l'ai dit précédement j'ai fait un sevrage brutal du Lexomil (j'étais passe en deux semaines de 1 à 6 ou 7 comprimés de 4 quarts par jour...) et de l'Effexor LP (75 mg/jour). Du jour au lendemain je suis passé à 0 pour les deux...

Les souffrances ont été indescriptibles:

- je n'ai pas dormi une minute plus de 60 heures d'affilés

- j'avais des délires très violents à n'importe quelle heure de la journée mais surtout la nuit avec notamment le syndrôme d'Alice au pays des merveille (un joli nom pour un truc affreux) :
http://www.synesthesie.com/syn08/ debordements/ chermann/ def.html

- j'avais des pulsions suicidaires très fortes

- j'entendais mon rythme cardiaque constamment dans ma tête

- j'avais l'impression d'avoir la tête dans un étau

- j'avais de forts vertiges, l'impression de "flotter", c'est ce symptôme qui a perduré le plus longtemps

- j'avais un gout métallique très marqué dans la bouche

L'intensité des symptômes n'a presque pas diminué pendant deux semaines, chaque jour, chaque minute étaient insupportables. .. Heuresement j'ai été bien entouré et ça m'a aidé, sans ça je ne serais probablement plus là à vous parler.

Je déconseille fortement ce sevrage brutal. Si je l'ai fait c'est pour la raison suivante : j'ai commencé le sevrage 2 semaines et demi avant d'intégrer mon nouveau travail et la moindre dose de psychotropes m'aurais empeché d'être au top intellectuellement et donc de réaliser mon travail. J'avais donc le choix suivant : plomber mon avenir professionel ou faire un sevrage lent... J'ai choisis l'option du sevrage brutal car mes chances de le réussir n'étaient pas négligeables et ce car bien que je prenais des doses énormes de benzodiazépines, je ne l'ai fait que durant un laps de temps assez faible ce qui fait que la physiologie de mon cerveau n'a pas eu le temps d'être bouleversée profondément (structurellement parlant).
Pour les utilisateurs de longue date de benzo, un sevrage brutal me semble inconcevable et excessivement dangereux.

Enfin même ceux qui sont dans mon cas de figure (doses énormes mais sur un laps de temps court) ne devraient pas faire comme moi de sevrage brutal. Les souffrances engendrées s'ont d'une intensité extrême et proprement insupportables. En plus le sevrage de l'Effexor est au moins aussi affreux que les benzodiazépines, les deux sevrages brutaux simultanés font l'effet d'une bombe sur le cerveau et le corps en général.

Enfin je pense que pour faire un sevrage il faut être réellement prêt car une fois que l'on ne prend plus de benzodiazépines, on retrouve son état initial, avec peut-être des angoisses légèrement majorées...

Je traverse une période très dure: énormément de travail donc pas de temps libre, un travail très exigeant et très stressant, un célibat très récent qui me pèse déjà ... Je m'accroche et je veux m'accrocher mais c'est dur...

Pour conclure, un message d'espoir: je n'ai plus de symptômes, le sevrage est affreux mais il est possible de s'en sortir! Alors courage!
 
Témoignage de Lili : sevrage lent par substitution de benzodiazépine à demi-vie longue (Lysanxia) au somnifère Imovane
 
Bonsoir à tous, bonsoir Corinne, je t'avais promis de t'écrire mon témoignage; comme tu vois je n'ai pas oublié mais j'ai voulu prendre plusieurs mois de recul après sevrage afin d'être la plus objective possible. Tu peux le publier sur ton site si tu veux. je voudrais te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi cette année, je ne m'en serai jms sortie sans tes conseils. Voilà donc mon histoire...

J'ai toujours été d'une nature anxieuse, sensible au stress mais aussi en très bonne santé avec une excellente qualité de sommeil. mais voilà, suite à une longue période de chômage et à l'accumulation de problèmes personnels, j'ai perdu le sommeil. Épuisée, je vais voir un médecin qui me prescrit des somnifères (Imovane) comme des bonbons en m'assurant que cela n'entrainait aucune dépendance ni effets secondaires... Je prends donc ma drogue (sans savoir que c'en était) et effectivement c'est très efficace! mais je ressens rapidement une grande nervosité, des difficultés à me concentrer, je deviens agressive et peu à peu ce sommeil artificiel se détériore: je me réveille 4 à 5 heures après
la prise et il m'est impossible de me rendormir. Je dois donc augmenter les doses. C'est là que le cercle vicieux s'installe. je vais voir un 2e médecin qui me dit de tout arrêter. Ce que je fais... cauchemar. Il m'est impossible de dormir, je suis rapidement prise de gros tremblements ds tout le corps, de palpitations continues, d'acouphènes, de migraines et de nausées... Je ne suis plus moi-même, je tombe dans la dépression et ai des idées suicidaires très graves. je reprends mes somnifères et comprends que je suis hélas dépendante...
Je suis paniquée et ne trouve AUCUNE aide de la part des médecins. Certains me rient même au nez et un me prescrit des anti-dépresseurs (qui me rendent encore
plus malade et que j'arrête immédiatement). Que faire? vers qui me tourner???? C'est alors que je découvre le forum sur Internet et écoute les précieux conseils de Corinne et de tous les membres. Je découvre la méthode du professeur Ashton. Je comprends la nécessité de faire un sevrage lent. J'opte pour la méthode de substitution. Je remplace mon somnifère par du Lysanxia en gouttes (anxiolytique / Benzodiazépine aussi). La substitution se passe bien. Puis petit à petit je diminue mes gouttes très lentement (au début j'enlève une goutee par semaine puis toutes les 2 et 3 semaines). Chaque diminution amène son lot de symptômes : tremblotte, insomnies sévères, palpitations, saignements de nez,
problèmes digestifs, fatigue extrême... Malgré tout, je tiens bon et continue mes études. J'arrive à passer tous mes examens et valide mon année. Mais je vais très mal: je suis totalement dépressive, n'ai plus la force de voir du monde, n'ai plus goût à rien... Mes proches ne me reconnaissent plus. C'est bien-sûr un effet secondaire du sevrage. Je continue malgré tout.

Et 6 mois plus tard: ça y est, je suis sevrée!!! Mon sommeil (qui a été très mauvais pendant toute la durée du sevrage) revient peu à peu. je fais encore bcp d'insomnies, je garde ma tremblotte pdt environ 6 à 7 semaines et puis progressivement je me retrouve ENFIN! Je retrouve goût à ma vie, mes idées noires s'envolent, je dors de mieux en mieux, la tremblotte s'en va finalement.
Aujourd'hui, je suis sevrée depuis presque 3 mois et je vais bien. je garde une fragilité plus importante, une contrariété peut encore me donner des crises de
tremblements et faire resurgir les insomnies mais cela va en diminuant aussi. je m'estime guérie. je n'ai plus aucune attirance pour cette drogue. Ma dépendance
a été surtout physique.
J'ai eu bcp de chance car je me suis rendue compte de ma dépendance très tôt (au bout de 3 mois), je suis tombée sur ce forum et ai supporté le sevrage. Je voudrais dire à tous ceux qui sont victimes des benzodiazépines qu'on peut s'en sortir, que ça vaut vraiment la peine de se battre même si par moments le sevrage est vraiment atroce. C'est une terrible épreuve dans laquelle on est bien seul!! Personne ne devrait subir cela. Gardez espoir. Je ne suis pas particulièrement forte donc si j'ai réussi, vous aussi vous pouvez le faire. Soyez bien entouré, acceptez la maladie et dites-vous que vous retrouverez votre santé et mental d'avant. Je vous souhaite à tous bcp de courage.

Lili

 
Comments