Muestros Dezaparesidos

Depuis plusieurs mois, à l’initiative d’Alain de Tolédo, se construit le projet d’un mémorial des Judéo-Espagnols déportés de France. La présentation du projet a eu lieu le 17 janvier 2010 au Mémorial de la Shoah. Il a reçu début 2011 un premier soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

L’ensemble des associations judéo-espagnoles : Aki Estamos - Association des Amis de la Lettre Sépharade, Al Syete, Le Centre Communautaire Don Isaac Abravanel, Judéo-Espagnols à Auschwitz, L'Union des Israélites Séfarades de France, Vidas Largas ont fondé une fédération pour mener ce projet auquel s’est associé le Mémorial de la Shoah.

Depuis 2010 une équipe largement composée de bénévoles de notre association participe au travail de recherche sur les listes de déportés et au recueil de témoignages.  Vous pouvez contribuer à ce projet de différentes manières en contactant directement Alain de Toledo.



Pourquoi un Mémorial des Judéo-espagnols déportés de France ? Serge Klarsfeld dans son introduction à l’édition 2001 du Mémorial des enfants juifs déportés de France dit qu’ : « Il revient à notre génération d’orphelins des déportés juifs de France de dresser le bilan le plus précis possible de la catastrophe qui a frappé les Juifs de France et de léguer cette mémoire aux nouvelles générations. Une mémoire indiscutable, incontestable, indispensable.

« Ces enfants déportés, assassinés, sombreraient pour toujours dans l’oubli, si cette oeuvre ne leur restituait pas leurs identités et leurs visages, les enlevant à l’obscurité où ils étaient plongés pour les exposer à la lumière du jour, leur restituant leur dignité d’être humain, dont le destin ne peut être ignoré ou dénaturé. »

Dans le prolongement du travail de Serge Klarsfeld, Muestros dezaparesidos, se veut le livre du souvenir des Judéo-espagnols de France. C’est un livre spécifique pour une communauté spécifique. Comme l’a si justement remarqué le professeur Haïm Vidal Sephiha dans un saisissant raccourci : les Judéo-espagnols ont connu 1492 et 1942. Une autre spécificité de cette communauté c’est son petit nombre. La plaque apposée à Auschwitz commémore les 160 000 Judéo-espagnols disparus pendant la Shoah. Le nombre est insignifiant si l’on considère les six millions de victimes de la barbarie nazie. En revanche il est terrible quand rapporté à la communauté Judéo-espagnole d’avant guerre: de l’ordre de 300 000 âmes. Ces quelques chiffres pour dire que notre communauté est bien souvent oubliée, passe inaperçue, d’autant que le langage courant, procédant toujours par simplification, intègre les Judéo-espagnols sous le vocable général de Séfarades, les rendant encore un peu plus invisibles.

C’est donc ce travail de vérité, de lumière qu’il convient d’entreprendre. Travail d’autant plus urgent que les derniers témoins disparaissent, que les documents se perdent, que la mémoire défaille. A ces difficultés habituelles d’un travail de mémoire se rajoute un problème de définition : qu’est-ce qu’un judéo-espagnol ? En 1900 pour les communautés juives de Salonique (Thessaloniki), d’Andrinople (Edirne), de Constantinople (Istanbul) ou de Smyrne (Izmir), la question ne se posait pas vraiment : les communautés étaient soudées, séculaires, se transmettaient une culture espagnole, vivaient en général en harmonie avec leurs voisins, Turcs, Grecs, Arméniens, Albanais… et se sentaient Espagnols. Ils se sentaient tellement Espagnols qu’une anecdote raconte qu’un jour voyant arriver un bateau espagnol ayant à son bord un curé, ils s’exclamèrent « un curé juif !!! » tellement pour eux le parler espagnol était le parler juif. Tout fût irrémédiablement bouleversé avec l’entrée dans le 20° siècle, le démantèlement de l’Empire ottoman, la montée des nationalismes, l’émigration vers cet Occident porteur de tant de promesses.

Arrivés en France, comment les repérer ? Qui est Judéo-espagnol ? Il n’y a pas de passeport judéo-espagnol. Et au-delà de cela, les enfants, les petits-enfants, s’intégrant dans la société française que leur reste t-il de judéo-espagnol ? Une expression cueillie à la bouche d’une grand-mère « Adio santo, buen djidio », un gratin d’aubergines après les borekas, un pastel de massa à Pessah. Pour répondre à cette question nous sommes partis d’une définition large : est Judéo-espagnol tout individu portant une trace de la culture judéo-espagnole. Reste entière la question du « repérage ». Nous sommes partis de l’immense travail effectué par Mathilde Tagger, rassemblant dans le mémorial de Serge Klarsfeld les natifs de Grèce, Turquie et Bulgarie. Cela représente plus de 3 500 noms. A cela s’ajoute tous les natifs en France, descendants de ces émigrés. Si les Gattegno, Fresco et autres Sasson ne posent pas véritablement de problèmes, les questions sont plus délicates dès que l’on arrive à Lévy.

Il y a donc tout un travail de recoupement, de rassemblement d’informations auprès des centres de documentation, d’investigations auprès des survivants. Nous souhaitons par ce travail :

- Etablir la liste la plus exhaustive et précise possible, tout en sachant que nous n’éviterons pas certaines erreurs que dans des versions ultérieures il sera possible de corriger,
- Rassembler des témoignages de descendants, de parents, d’amis permettant d’écrire une histoire là où il n’y avait qu’une comptabilité,
- Récolter, photos, lettres et tout document rendant tangible ce monde qu’ils avaient voulu enfouir sous un épais brouillard.

Reste la question de l’objet final : un livre, un site, un mur des noms, un film… Il est trop tôt aujourd’hui pour se prononcer. Il faut d’abord effectuer une grande partie du travail de recensement de l’existant avant d’envisager la forme définitive de l’ouvrage.


Por ke un Memorial de los Djudeo-Espanyoles deportados de Fransia ? Serge Klarsfeld en su introduksion a la edision 2001 del Memorial de las kriyaturas djudiyas deportadas de Fransia dize ke « muestra jenerasion de guerfanos de los Djudios deportados de Fransia tiene el dover de estableser el bilanso mas prechizo posivle del horban ke aharvo los Djudios de Fransia i de entregar esta memoria a las muevas jenerasiones. Una memoria indiskutivle, inkontestavle, indispensavle. « Akeyas kriyaturas deportadas, asasinadas, kayeriyan para siempre en el olvido, si esta ovra no les restituiriya sus identidades i sus karas, kitandolas de la eskurdad en la ke estavan undidas para yevarlas a la lus del diya, dandoles atras sus dignidad de ser umano i de sus destino ke ninguno puede inyorar o deznaturar ».

Prolongando el lavoro de Serge Klarsfeld, Muestros dezaparesidos, kere ser el livro del rekodro de los Djudeo-Espanyoles de Fransia. Es un livro espesifiko para una komunidad espesifika. Ansi komo lo observo tan atinadamente el profesor Haïm Vidal Sephiha en un sorprendente akurtamiento : Los Djudeo-Espanyoles konosieron 1492 y 1942. Otra espesifisidad de akeya komunidad es lo pokos ke son. La laja metida en Auschwitz komemora los 160.000 Djudeo-Espanyoles dezaparesidos durante la Shoa. La kantidad parese insinyifikante si la komparamos kon los sesh miliones de viktimas de la barbariya nazista. A la kontra es terrivle kuando la komparamos a la komunidad Djudeo—Espanyola de antes de la gerra : unas 300.000 almas. Estas kuantas sifras para dizir ke muestra komunidad es a korruto olvidada, inapersivida, ainda mas ke la lingua korriente, ke siempre va simplifikando, mete los Djudeo-Espanyoles basho el biervo jeneral de Sefaradim, aziendolos ansina mas invizivles.

Es dunke un lavoro de verdad, de lus ke tenemos ke entreprender. Lavoro ainda mas urjente ke los ultimos testigos van dezaparesiendo, ke los dokumentos van peryendosen, ke la memoria se aflaka. A estas difikultades uzuales de memoria se anyade un problema de definision : ke es un Djudeo-Espanyol ? En 1900 para las komunidades djudiyas de Selanik (Thessaloniki), de Andrinopla (Edirne), de Constantinopla (Istanbul) ou de Smirna (Izmir), veramente, la pregunta no se aziya : las komunidades estavan apegadas, sekularias, se entregavan una kultura espanyola, biviyan jeneralmente en armoniya kon sus vizinos, Turkos, Gregos, Ermenis , Arnautes… i se konsentiyan Espanyoles. I tanto Espanyoles ke mos kontan ke un diya de los diyas, yego un vapor espanyol en el ke aviya un papas, i oyendolo, los djudios gritaron « un papas djudio !!!» tanto para eyos la lingua espanyola era la lingua djudiya . Todo se derroko irremediavlemente kon la entrada en el siglo 20, el despedasamiento del Imperio Otomano, la suvida de los nasionalizmos, la emigrasion verso el Oksidente yevador de tantas prometas.

Yegados a Fransia, komo deskuvrirlos? Ken es Djudeo-Espanyol ? No ay pasaporte djudeo-espanyol. ,mas aya, las kriyaturas, los inyetos ke van integrandosen en la sosiedad franseza, ke les sovra de djudeo- espanyol ? Un dicho kojido de la boka de una nona « Adio santo, buen djidio », un esfongato de berenjenas despues de las borekas, un pastel de masa de Pesah ? Para responder a esta pregunta, mos huimos de una definision ancha : es djudeo-espanyol todo ser umano ke tenga una trasa de kultura djudeo-espanyola. Sovra la kestion del « deskuvrimiento ».Mos huimos del imenso lavoro echo por, Mathilde Tagger ke, egzaminando el Memorial de Serge Klarsfeld, adjunto los ke nasieron en Gresia, Turkiya i Bulgariya, lo ke reprezenta mas de 3 500 nombres. A los ke kale anyadir los nativos en Fransia, desendientes de akeyos emigrados. Si los Gattegno, Fresco i otros Sasson veramente no azen pregunta, es mas yuch kuando yegamos a Lévy.

Ay dunke un lavoro entero de rekortamiento,de adjuntamiento de informasiones en los sentros de dokumentasion, de investigasiones ande los sovrebivientes. Por este lavoro dezeamos :

- Estableser la lista la mas kumplida i prechiza posivle, saviendo ke no evitaremos siertos yerros ke podremos enderechar en versiones ulteriores. Adjuntar testimonios de desendientes, de parientes, de amigos ke mos de la posivilidad de eskrivir una estoria ayi ande no aviya kontabilidad.
- Arrekojer, fotos, letras, i kada dokumento i dokumento ke arrebivan akel mundo ke kijeron atabafar en la nievla.
- Sovra la kestion del eskopo final : un livro, un sitio, un muro de nombres, un filmo… Es demaziado temprano para tomar una desizion. Primero, kale kumplir gran parte del lavoro de alistamiento de lo ke egziste antes de pensarse la forma definitiva de la ovra.

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