Histoire

Un aperçu de l'histoire judéo-espagnole en quatre temps :

Synagogue El Transito de Tolède construite de 1336 à 1357
par
Samuel HaLevi Abulafia et l'architecte Meir Abdeil.

Le Temps de l'Espagne

La culture judéo-espagnole est pluri-millénaire : des communautés juives sont attestées en Espagne dès l'Empire romain et certains font remonter cet établissement légendaire au règne du roi David.
Longtemps, la culture judéo-espagnole a été dominante, voire hégémonique, en Diaspora. Les rabbins, les philosophes, les poètes de Sepharad, ont été à l’origine d’œuvres universelles témoignant d’une renaissance intellectuelle au cœur du Moyen-âge. Ils bénéficiaient d’un pays situé géographiquement et culturellement au carrefour des influences latines, grecques et arabes... lire la suite.

Epitaphe
en hébreu provenant d'une tombe du XIème siècle.
Coll. Musée sepharade de Tolède.

Le Temps de l'Exil
L’expulsion de 1492 fut très douloureuse. Elle est précédée d’un siècle de sanglantes persécutions au cours duquel les grandes villes se vidèrent de leurs juifs qui trouvèrent refuge dans les bourgades de Castille et d’Aragon ou dans un exil au Portugal. De nombreux juifs, forcés ou démoralisés par les pressions qui s’exerçaient sur eux, se convertirent bien avant l’expulsion. En retour, l’Espagne s’engagea dans un procès contre elle-même pour se « désenjuiver », tâche mortifère, qui allait bien au-delà de l’expulsion des juifs d’Espagne...lire la suite.

Le Temps de la Dispersion et de l'Oubli
Les communautés judéo-espagnoles de l’Empire Ottoman florissantes jusqu’au milieu du XVIIème siècle, subirent ensuite un déclin marqué. Leur artisanat dans l’Empire subit la concurrence d’autres communautés plus nombreuses et entreprenantes comme les Grecs ou les Arméniens. Leur déclin suivit celui de l’Espagne et de l’Italie dans les échanges internationaux. Il se continua et même s’accentua avec le recul de l’Empire Ottoman au XIXème siècle... lire la suite

Les Judéo-Espagnols aujourd'hui.

Deux grandes communautés judéo-espagnoles organisées subsistent encore aujourd’hui : celle de Turquie forte d’environ 20 000 membres (autour d’Istambul essentiellement) et celle d’Israël. Encore faut-il nuancer cette affirmation : ces deux communautés n’ont plus le judéo-espagnol comme langue première et les jeunes générations le pratiquent de moins en moins. Dans les autres pays de la diaspora, le judéo-espagnol n’est plus parlé que de manière épisodique par l’ancienne génération. A Paris, les anciens se remémorent la fin du dernier restaurant judéo-espagnol, du dernier rabbin judéo-espagnol, du dernier café…
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