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Etude

Photographie d'une dynamique fragile...
Etude sur les conditions de production et de diffusion des spectacles 

adressés au jeune public en France. 


Saisons 2006/2008, Parue en mai 2009


L’Étude sur les conditions de production et de diffusion des spectacles adressés au jeune public en France : Photographie d’une dynamique fragile, éditée en mai 2009, engage Scène(s) d’enfance et d’ailleurs dans un travail de transmission auprès des artistes, professionnelLEs du spectacle vivant, responsables des collectivités territoriales,…S’emparer des conclusions de cette étude et en permettre la connaissance est une première étape avant de réunir adhérentEs et partenaires afin d’élaborer une plateforme de réflexions pour une politique artistique et culturelle en direction de l’enfance et de la jeunesse. De là découleront les chantiers à travers les territoires, le Manifeste... 


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Etude sur les conditions de production et de diffusion des spectacles adressés au jeune public en France 
Saisons 2006/2008
Parue en mai 2009


Réalisée par Scène(s) d’enfance et d’ailleurs, Association nationale de professionnels des arts de la scène en direction des jeunes publics avec le Ministère de la culture et de la communication / Direction de la musique de la danse, du théâtre et des spectacles.
La présentation ci-dessous est faite d'extraits de l'étude.


Historique

L’association Scène(s) d’enfance et d’ailleurs, créée en octobre 2004 à l’initiative de professionnels du secteur communément nommé jeune public, a affirmé ce qui constitue le fondement de son projet associatif et sa philosophie en se donnant comme mission de permettre :

A chaque enfant et à chaque adolescent d’avoir accès à des œuvres artistiques exigeantes dans le domaine des arts de la scène, 
A chaque artiste dans sa discipline et sa singularité d’avoir les moyens de créer et de diffuser pour ce public, 
A chaque équipement culturel d’avoir les moyens d’accueillir ce public et ces artistes dans des conditions qui les respectent.

Dans cette optique, elle a proposé au ministère de la culture de réaliser une photographie précise de la situation afin de réfléchir au développement du spectacle vivant adressé aux enfants, à la lumière de ses conditions de production et de diffusion.


Objectif

L’objectif de l’étude est de mettre en lumière ce qui constitue la singularité du spectacle vivant adressé au jeune public. Consciente que la question du secteur dit jeune public nourrit de nombreuses réflexions sociologiques et philosophiques, l’association Scène(s) d’Enfance et d’Ailleurs a choisi d’en faire une photographie fidèle et concrète.

L’étude est ainsi centrée sur les conditions de production et de diffusion des œuvres artistiques du spectacle vivant adressées au jeune public. Elle s’appuie principalement sur les saisons 2006 à 2008.

L’ambition n’est pas d’élaborer une définition du spectacle vivant jeune public ou d’identifier ce qu’est le jeune public mais d’analyser la réalité de l’activité d’un secteur.


Méthodologie

Avec l’aide du ministère de la culture et de la communication, l’association a recruté une chargée de mission, sur une période de 15 mois, afin de mener à bien le projet. La réflexion a été conduite en lien et sous la responsabilité d’un comité de pilotage composé de représentants de la faculté d’anthropologie et de sociologie de l’Université Louis Lumière Lyon 2, de la D.M.D.T.S., de l’Onda, d’artistes et de Scène(s) d’Enfance et d’Ailleurs.

La méthodologie mise en œuvre répond à la volonté d’avoir une vision claire de la manière dont le secteur jeune public est structuré, des acteurs qui l’animent et de leurs motivations.

L’étude s’est déroulée en deux phases : l’une, quantitative, de collecte d’informations statistiques, l’autre, qualitative, de recueil d’informations sur la nature des projets.

Cette méthode permet de caractériser un secteur composite, fortement hétérogène, qui appelle une analyse approfondie.

Constatant l’absence de critères fiables et reconnus comme tel, il a fallu construire des grilles d’analyses spécifiques au spectacle à destination du jeune public et créer de grandes familles d’acteurs caractérisées par le niveau d’activité.

Une fois ce travail mené, la dernière étape a consisté à s’éloigner des chiffres pour caractériser l’ensemble des problématiques portées par les acteurs en présence.

Une série d’entretiens a donc été menée, avec le même canevas de questions, auprès de compagnies, de lieux travaillant à la saison et de festivals. Les acteurs retenus sont représentatifs des disciplines artistiques, des typologies de structures et des niveaux d’activités préalablement répertoriés.

Au terme de ce processus d’enquête, le rapport s'organise autour des problématiques de fond apparues au travers des réponses des compagnies et des lieux ainsi que des chiffres qui les illustrent.

Pour les compagnies, l’étude s’intéresse à la relation qui existe entre la diffusion et la production, et aborde les problèmes liés à la structuration de l’activité avant d’évoquer ce qui constitue la spécificité des compagnies qui se consacrent régulièrement au jeune public.

Pour les lieux, le rapport aborde les questions liées à la diffusion, au soutien à la production, avant d’approcher les origines et les enjeux du volet jeune public de leur projet, la dimension territoriale et les perspectives d’évolution.

 

Conclusions

Nous pouvons dégager quatre grands traits qui caractérisent le secteur photographié :


1. La cohérence paradoxale d’un secteur hétérogène

L’hétérogénéité du secteur est représentée par des artistes de toutes origines, par des lieux et des festivals de typologies très diverses.
Des contraintes, tels que l’âge, les séances tout public et scolaires, au même titre que les conditions techniques et économiques déterminent puissamment, chacune à leur manière, l’activité du secteur.
La multiplicité et la diversité des acteurs sont relativisées par les étonnantes convergences d’analyses et de logiques de fonctionnement que révèlent les données statistiques et les points de vue recueillis lors des entretiens.


2. Des acteurs nombreux mais une structuration fragile

La multiplicité des réseaux et des acteurs culturels, comme la profusion de compagnies de toutes tendances artistiques, cachent une grande précarité des projets.
Plus encore que dans les autres secteurs du spectacle vivant, les artistes comme les lieux et festivals sont avant tout dépendants de la diffusion. Si les compagnies qui proposent des spectacles à destination des jeunes tournent beaucoup plus que les autres, les prix de vente des spectacles sont plutôt modiques, les formes et la technique relativement simples, et les tarifs d’entrées réduits.
Les jauges sont souvent limitées pour respecter l’accueil des enfants et permettre un rapport qualitatif au spectacle. Elles sont fortement exigées par les artistes.
L'apport en production et les parts de coproduction sont rares. Par contre, l’autofinancement et l’autoproduction sont importants.
Les actions culturelles se font souvent à minima. Les compagnies n’ont pas assez de temps pour s’y consacrer et les lieux dégagent peu de moyens spécifiques pour les accompagner.
Le renforcement de la structuration des projets, en fonctionnement et particulièrement en personnel (accueil et relations publiques pour les lieux, diffusion et administration pour les compagnies) sont les objectifs prioritaires à atteindre pour une large part de ceux qui ont participé à cette étude.

 

3. Des missions imprécises et une absence de priorités affichées

À l'exception des Scènes Conventionnées pour l’Enfance et la Jeunesse, aucun cadre explicite de soutien n’existe à l’échelle nationale.
La plupart des structures définissent elles-mêmes leurs objectifs et s’auto-évaluent.
Les tutelles et les élus sont fréquemment en retrait par rapport à ces projets, tout en leur portant un regard bienveillant.
Les lieux et festivals sont souvent soumis aux aléas des changements d’orientations politiques et subissent fortement les impacts des restrictions budgétaires.
Si beaucoup de lieux proposent des spectacles, une grande partie d’entre eux n'en programme que peu par saison.
Pour ces structures, le peu de place consacrée à cette programmation spécifique n'est pas suffisant pour développer une politique cohérente en la matière.
L'absence de priorités affichées touche aussi les compagnies qui subissent le manque de cohérence des politiques en direction des projets artistiques à destination des jeunes spectateurs.
Cela a pour conséquence de fortes inégalités territoriales.

 

4. La pertinence de projet lié au territoire

Dans un contexte où la précarité est récurrente, des projets pertinents émergent.
Ces derniers bénéficient d’une situation locale favorable, avec l’appui des collectivités territoriales, voire de l’Etat. Les lieux et festivals porteurs de ces projets sont de statut très divers : service culturel, théâtre municipal, association à mission territoriale ou socioculturelle, scène conventionnée, scène nationale et exceptionnellement centre dramatique national.
Qu’elles soient spécialistes ou généralistes, ces structures développent leur projet sur un territoire élargi, en liaison avec un nombre important de partenaires et de relais et fédèrent leurs actions avec les scènes voisines. Les équipes, malgré une structuration fragile, programment un nombre important de représentations, développent des dispositifs d’actions culturelles et artistiques et soutiennent, avec plus ou moins de moyens, la création.
De même, les compagnies qui arrivent à générer un volume de représentations suffisant et qui disposent d’une structuration administrative minimum, tentent de développer un travail pertinent sur le territoire, en lien avec un lieu ou un festival.

 

Une photographie d’attente

La photographie réalisée permet, elle, une description précise, certes comme un instantané, mais qui révèle toutefois l'état de la complexité et le paradoxe de la richesse du sujet photographié.
Se contenter d’exposer la photographie serait la classer trop vite, négliger ce qu’elle exprime et ne pas tenir compte des questions qu’elle pose.
L’analyse attentive, enrichie des regards qui seront posés sur cette photographie, attestera de l’attention manifestée et des réponses attendues.

 

L’étude est téléchargeable sur le site du Ministère de la culturel et de la communication 
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ScènesEnfance Ailleurs,
11 nov. 2011 à 14:14