Accueil‎ > ‎La paroisse‎ > ‎

Histoire de la paroisse

  • Le Faubourg Saint-Pierre, un quartier d’auberges, de manufactures et de
    jardins


L’église Saint-Pierre est l’église du faubourg Saint-Pierre, c’est-à-dire du quartier situé hors les murs, au débouché de la porte Saint-Pierre qui commandait l’entrée sud de Dijon (routes de Longvic et d’Auxonne). La porte elle-même tirait son nom d’une ancienne église voisine, détruite à la Révolution, qui se trouvait rue Pasteur.

Le quartier se signalait autrefois par ses auberges et relais de poste, qui permettaient aux voyageurs de passer une nuit à l’extérieur de Dijon sans avoir à payer l’octroi ; et par de nombreux jardins maraîchers, situés de part et d’autre des allées du Parc ; ces dernières avaient été construites par le Prince de Condé pour servir d’accès à la demeure qu’il projetait de construire dans l’actuel parc de la Colombière. 


                          La porte Saint-Pierre au XVII° siècle.
On y voit les jardins hors les murs, et l’ancienne église juste devant la porte.

 

L’ancienne église Saint-Pierre, située rue Pasteur (gouache de J-B Lallemand)


Il reste de ce passé pas si lointain un hôtel-restaurant d’excellente réputation, un culte à Saint-Fiacre qui est fêté le premier samedi de septembre par la confrérie du même nom, et des immeubles édifiés tout au long du siècle passé sur les anciens terrains agricoles.

 

  • Une église néo-gothique dans un quartier en mutation

 

L’église est contemporaine de la restructuration du quartier, à une époque – le milieu du XIX° siècle – où Dijon s’est généreusement étendue au-delà des remparts, et où des exigences nouvelles ont commencé à s’imposer dans l’urbanisme : eau courante (en témoigne encore aujourd’hui la fontaine qui est au centre de la place), gaz (une imposante usine en produisait à l’emplacement actuel de la caserne des pompiers), augmentation de la circulation (destruction de la porte Saint-Pierre et aménagement de la vaste place actuelle). Elle a été construite en 1858 par Lassus, l’architecte à qui avait été confiée la restauration de la Sainte-Chapelle et de Notre-Dame de Paris. Son agencement intérieur a été profondément modifié dans les années 1960 : les peintures murales ont disparu, les vitraux ont été remplacés et l’autel a été placé au centre.

 

Avec l’extension du quartier vers le sud (jusqu’aux limites de Chenove et de Longvic), la paroisse a changé de physionomie. Pour répondre à ces transformations et à l’arrivée d’une population ouvrière venue du monde rural, on a construit au début du XX° siècle la chapelle Saint-Louis, plus proche du centre géographique du territoire. Dans sa jeunesse, la Bienheureuse Elisabeth de La Trinité venait y faire le catéchisme aux enfants pauvres. Dans la deuxième moitié du siècle, les vagues d’immigration (surtout espagnole et portugaise) ont conforté le caractère populaire de la paroisse. C’est dans une salle paroissiale que s’est rassemblée la première communauté musulmane de Dijon, et c’est la raison pour laquelle la mosquée a été construite rue Charles Dumont.

 

  • Du patronage à l’action catholique, l’action des prêtres et des religieuses a marqué la paroisse.

 

La paroisse a été marquée, dans son histoire, par la personnalité de ses prêtres : en particulier du P. Latour, qui est resté légendaire par sa générosité et par la simplicité de sa vie. A la différence des autres curés de l’époque, il tenait à vivre avec les autres prêtres de la paroisse une véritable vie de communauté au presbytère. Entouré de jeunes vicaires très engagés socialement, il a été l’artisan d’un profond renouveau de la vie paroissiale et d’une réflexion sur le sens de la présence de l’Eglise dans un quartier. A cette époque, Saint-Pierre et les autres paroisses du doyenné avaient fait des choix pastoraux jugés audacieux, proches de ceux prônés par le mouvement « échange et dialogue » : catéchèse familiale, développement de l’Action catholique, abandon progressif de la profession de foi. Le but en était une recherche d’authenticité de vie chrétienne, dans un monde profondément marqué par un catholicisme d’habitude.

 

Autres personnes et initiatives pastorales marquantes pour la paroisse : des communautés religieuses (dominicaines, investies dans la catéchèse, la vie du quartier et la célébration des funérailles ; sœurs de St-Vincent de Paul, proches des pauvres et des malades) ; le patronage, qui est à l’origine du stade de l’Eveil, aux environs de la chapelle St-Louis ; la kermesse paroissiale et le chœur de chant, où sont nés bien des mariages.

Comments