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Remets ton épée dans son fourreau

REMETS TON ÉPÉE DANS LE FOURREAU

À vous chrétiens et musulmans qui êtes mes frères. 

Après les grandes guerres en Europe, les guérillas d’Amérique et d’Afrique
Et la chute du mur de Berlin, nous espérions… la paix !
Mais une autre guerre s’est déclarée : une guerre sans visage, une guerre sans frontières,
une guerre avide de vengeance et de sang.
Sur la route des hommes et de l’Histoire, depuis les origines est tapie dans le cœur de l’homme…
la violence.

Pour être artisans de paix, Jésus aux jours de sa vie terrestre, nous a invités à prendre de la distance et à être vigilants.
Si dans la prière, tu ne demandes pas la lumière,
si ta prière n’est pas habitée d’un esprit de paix,
nous risquons de prendre des chemins de guerre.

Des années d’humiliation, de violences cachées ont enfoui, dans la mémoire des peuples, 
des bombes à retardement qui exposent aujourd’hui. 
Mais accueillez mes questions : 
Pourquoi en venez-vous à faire exploser vos corps ? 
Pourquoi tuer de manière si cruelle et en faire un spectacle ? 

Quel est votre Dieu et le nôtre ? 
Je perçois trois visages de Dieu qui peuvent nous rapprocher : 
    - Le visage d’un Dieu créateur : les uns et les autres, nous y croyons. 
    - Le visage d’un Dieu miséricorde qui ne se fatigue pas de pardonner. 
    - Le visage de la sainteté de Dieu qui nous grandit quand on l’accueille. 
Le Dieu en qui je crois n’a pas d’ennemis, il n’a que des enfants.
Il fait lever son soleil et tomber la pluie sur les bons et les méchants. 
Depuis toujours, il est un Dieu de paix. 

Alors, 
Comment peut-on répandre le sang au nom de Dieu ? 
Comment peut-on parler de paix en préparant la guerre ? 
Dieu serait-il à l’image de notre méchanceté ? 
Comment pourrait-il haïr les uns et aimer les autres ? 
Sommes-nous prêts, les uns et les autres, à reconnaître les droits que tout homme peut avoir ? 
Partageant la même humanité, nous pourrions alors nous reconnaître de la même famille humaine et nous asseoir à la même table, sinon comme des frères au moins comme des hommes. 

À cette table, il n’y aura pas de chaise vide. Le croissant ne coupera pas les ailes de la croix et la croix n’empêchera pas le croissant de briller. En ces jour-là nos religions se donneront la main, elles prendront le tablier de service et désamorceront bombes et grenades. 
Dans mon cœur désarmé, je te dirai cette parole venue de Dieu : « Ta vie, crois-moi, est aussi précieuse que la mienne. 
Tu me répondras : « La tienne l’est autant que la mienne ! »
Pour notre Dieu nous avons tous un prix infini à ses yeux. 
Et le Prince de la Paix nous redira : « remets ton épée dans le fourreau ». 



Jacques Lancelot
ĉ
CSP Caen,
24 nov. 2015 à 06:09