Médiation sur la Fresque de Fra Angelico, couvent di San Marco à Florence

Ce qui m’impressionne tout d’abord c’est le vide… mais non ! le blanc, n’est pas le vide….

Le blanc , cette marque suprême de la divinité, la couleur qui contient toutes les couleurs, qui contient tout le créé .



« Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.

Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille » (Mc 9, 2-3)


C’est sur le chemin qui mène vers Pâques que le Christ se donne à voir dans sa gloire : un peu comme s’il nous disait à nous, comme l’Eternel à Moïse autrefois : « je suis celui qui est ».

Les quarante jours que nous vivons nous font monter vers la certitude que le salut est là : celui de Moïse, celui des disciples ; oui, c’est pour nous, aussi incroyable que cela semble !

La voix venant du ciel « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » s’adresse à nous, c’est la voix qui a résonné au jour de notre baptême, comme un écho du premier Baptême : Jésus nous précède en tout… Et c’est l’incroyable grâce de nos vies ; il nous faut juste la recevoir , la contempler et …. Remercier

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Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni (postérieurement connu sous le nom de Fra Angelico), est né vers 1400 . Il est dit de lui par ses contemporains qu'il avait un « talent rare et parfait »

Bien qu'il eût été toujours appelé "bienheureux", il n'a été canoniquement béatifié que le 3 octobre 1982,sous le nom de Bienheureux Jean de Fiesole.

Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes picturaux de la Renaissance — constructions en perspective et représentation de la figure humaine — avec les valeurs médiévales de l'art : sa fonction didactique et la valeur mystique de la lumière.

À partir de 1440, Cosme de Médicis lui confie la décoration du couvent di San Marco, pièces et cellules individuelles des moines. La transfiguration décore la cellule n°6 du couvent.

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Tout en respectant le schéma traditionnel, Fra Angelico en modifie les proportions. Dans la cellule du couvent San Marco, son Christ occupe à lui seul presque toute la surface de la fresque. Placé à l’intérieur d’une mandorle d’un blanc éclatant, elle-même posée sur un fond d’or brun, il est auréolé de l’habituel nimbe crucifère et vêtu d’un manteau blanc. Les pieds posés directement sur un rocher, il étend les bras en croix… pour nous rappeler que la Transfiguration est aussi une annonce de la Passion.

De Moïse et d’Élie, on ne voit que les têtes, mais en-dessous d’eux, la Vierge et saint Dominique, les mains jointes, sont témoins de la théophanie. Tout en bas, Pierre nous regarde en face, il s’étonne et lève les mains comme pour se protéger de la lumière ; Jacques aussi, de la main gauche, mais il nous tourne le dos et semble éprouver quelque peine à se relever ; Jean, cette fois à droite, les mains jointes, est en train de prier, à genoux, les yeux ouverts.

Fra Angelico a peint une icône.