L'histoire

Histoire de St Jean de la Paix de Dieu1



I. Les débuts


        C'était au lendemain de Noël 1943. J'habitais alors à Montpellier, où j'avais la charge de diriger l'école Sévigné. Ma fonction me mettait en contact avec beaucoup d'enfants et de personnes qui souffraient de la guerre. Je portais un peu leur souffrance et ma propre inquiétude, car j'avais un fils de vingt ans, étudiant à la faculté de lettre, et une fille de dix-huit ans élève à l'école d'assistantes sociales de Montpellier, tous deux partageant ma vie.


Nous sommes tous des passants à la recherche du train, du bateau ou de l’avion qui nous transportera au pays de la Vie. Et parfois une indication, un ordre nous est donné.

Je sus seulement qu’un être me parlait, ce 26 décembre 1943, mais il s’agissait d’un être invisible. Cela se passait dans une chapelle où j’étais entrée, appelée, je ne sais pourquoi, par la clarté qui venait de sa porte ouverte et se projetait sur le trottoir où je marchais. J'étais entrée dans une église que j'avais vue ouverte sur mon chemin, alors qu'elle l'était rarement. L'église -qui devait être vouée à Saint Jean le Baptiste- était faiblement éclairée. Je demandais à Dieu de donner la Paix au monde, et tandis que je priais, la silencieuse voix qui parle au coeur, s'éleva en mon être, disant :


    "Il faut que tu fasses construire une église; elle se nommera "Saint Jean de la Paix de Dieu". Là, tous les hommes s'assembleront; ils formeront des vœux seulement pour l'arrivée et le maintient de la Paix dans le monde. L'église pourrait s'élever sur les hauteurs d'où l'on domine la petite ville de Lamalou, et tout le couloir de la vallée de l'Orb."


        Je me représentai alors les collines de Proprianous, dont j'avais parcouru les sentiers au temps de mon enfance et d'où la vue s'étant loin par dessus la vallée de l'Orb. En évoquant ce paysage, je voyais en esprit l'église à construire placée très exactement en face d'une chapelle vouée à l'Archange Michel et dressée sur un éperon rocheux, de l'autre coté du petit fleuve.


Alors, se dessinait pour moi un paysage : des collines douces aux pentes couvertes de vignes et de châtaigniers… Plus loin, en face, apparaissait la vallée de l’Orb dominée par de verdoyantes montagnes s’élevant, assises par assises, jusqu’à un vaste plateau.

Et, sur un promontoire bien détaché des autres, le signe blanc d’une chapelle ronde enserrant le roc : une chapelle vouée à l’Archange MICHEL.


L’inaudible voix intérieure s’était arrêtée, mais elle m’avait indiqué un lieu que je voyais bien. Tout aurait été clair pour moi si j’avais su qui avait parlé, sans aucun bruit de voix, dans le silence de la chapelle.


A qui donc pourrais - je apporter ce message venu je ne savais d’où ?

Et surtout, à qui oserais - je l’apporter ?


A un prêtre ! ou bien à mon fils, car il avait l’âge de recevoir une telle chose, peut être de la comprendre ? Ma fille était trop jeune encore

Je vivais seule avec mes deux enfants : mon fils Maurice 20 ans, ma fille Natie (de Noëlle qui vient de nativité ) 17 ans, et j’avais la charge d’une école de l’Etat : l’école Sévigné, à Montpellier, dans le quartier de Saint – Denis.


Rentrée chez moi, je revivais en pensée ce qui avait, en cette dure guerre, précédé Noël.

Le 24 décembre, après le départ des élèves et des maîtresses de l’école, j’étais sortie pour essayer de trouver quelques gâteries pour Natie et Maurice : un peu de chocolat, quelques figues ou dattes.


Je revenais de l’épicerie, mon sac pesant plus lourd que je n’avais osé l’espérer, et j’avançais à tâtons dans la nuit compacte.


Brusquement, une sorte de muraille mouvante s’était dressée devant moi et, dans la faible clarté qui sortait du portail grand ouvert de l’Eglise SAINT – DENIS, j’avais vu qu’il s’agissait d’une colonne de soldats allemands. Ils se dirigeaient vers le sanctuaire, et s’y engouffraient en ordre, les bras croisés sur la poitrine.


J’avais compris qu’ils allaient là pour célébrer la Nativité de Jésus, porteur de Paix.

J’étais restée figée sur place, car la cruauté et l’absurdité de la guerre venaient de m’apparaître avec une bouleversante évidence.


« Eh bien, maman ! » m’avait crié une voix de l’autre côté de la rue. J’avais reconnu la voix de Maurice et m’étais hâtée vers lui.


Il tenait à la main un papier blanc : une convocation pour le Service du Travail Obligatoire (1)

J’avais dit aussitôt : « Nous trouverons un moyen de te garder ! ». Il avait sourit un peu tristement, sourit quand même, et déclaré : c’est Noël aujourd’hui ! ne pensons pas à autre chose !


Natie avait paré la salle à manger de houx et de lierre. Il ne fallait pas oublier que c’était aussi sa fête à elle !Nous avions été heureux d’être profondément unis mais tourmentés intérieurement à cause de tant de menaces qui étaient là, si proches et si dures !


Ainsi, c’était au surlendemain de ce soir de Noël qu’était venu à moi l’appel à édifier une église où se rassembleraient tous les êtres de Paix.

Je ne souhaitais pas du tout que l’inaudible Parole vienne encore à moi. Mais je portais, en dépit de tous mes soucis, une sorte d’étonnement joyeux de ce qui m’était arrivé.


Qui donc m’a parlé ? Ce qui m’a été dit, faut-il essayer de le réaliser ?


J’aimais bien le père Malaval, un prêtre de Saint-Denis, auquel je disais environ une fois tous les deux mois mes erreurs et mes peines. Je sentais en lui un véritable homme de Dieu qui voyait très clair dans les âmes et savait conseiller avec sagesse. Il avait coutume de dire : «  Je suis un prêtre bien maladroit pour parler, mais dans mon confessionnal, c’est autre chose ; Je suis branché sur Dieu. »


Deux mois plus tard, vers le 20 Février 1944, alors qu'une grave broncho-pneumonie, m'obligeait à garder le lit, l'emplacement de l'Eglise devait m'être représenté d'une façon si précise que je n'eu aucune peine à le reconnaitre, lorsque me fut donnée la possibilité de me rendre sur les lieux avec mon fils.


Le terrain désigné était la propriété d'une famille Jean Mas, habitant le hameau de l'Horte, près de la station thermale de Lamalou. Quand je demandai à Jean Mas et à sa femme de me vendre une parcelle de leur terrain, ils furent étonnés et voulurent savoir ce qui me poussait à une telle demande. Dès que je leur en eus appris le motif, ils me déclarèrent qu'ils me donneraient tout le terrain utile.


Je précisai alors dans quel but de Paix et d'union des hommes devait ête élevée l'Eglise et ils marquèrent une grande joie, et une compréhension qui me surpris même. Le terrain m'appartient depuis le 15 Mai 1954.

(1) Le S. T.O. était le Service de Travail Obligatoire en Allemagne imposé par l’occupant.


II Les grands désordres

1944


On était arrivé aux derniers jours de mars 1944. A la mi-février, j’avais été terrassée par une grave pneumonie.

Je voyais des larmes couler sur des visages amis. Mais je n’avais point d’inquiétude car, dans un rêve bien précis, j’avais vu le CHRIST portant sa croix sur laquelle j’étais couchée.


Est-ce que l’Ordre silencieux qui m’avait été donné venait du CHRIST  ?


Le père Malaval devait m’assurer, quand je vins à lui pour me confesser aux jours de la semaine précédant Pâques, que c’était un message de Dieu que mon esprit avait reçu, un message qui correspondait entièrement à son vouloir de Paix et d’Unité pour le monde.


Je fus peut-être plus inquiète qu’éblouie, parce que je commençais enfin à sentir le poids extraordinaire de l’ordre reçu.


Bien sûr, j’avais la certitude que le Père Malaval m’aiderait beaucoup …Mais, c’étaient tous les prêtres du monde qu’il eût fallu alerter…


Ecrasée par le sentiment de mon impuissance, je ne savais que faire.


Cependant, la guerre grondait toujours, et l’inquiétude pour Maurice, de plus en plus menacé, grandissait en moi.


Il avait rejoint ses grands-parents au Bousquet d’Orb et pour échapper au S.T.O., en Allemagne, il s’était engagé dans une mine française de bauxite à Bédarieux.


Temps infernal où les alertes aux bombardements se succédaient ! Ô, le terrible spectacle de ces processions d’êtres douloureux, fuyant la ville, traînant sur de branlants charretons, leurs enfants, leurs malades, leurs vieillards !

Tragiques défilés ! Je ne voulais plus les voir, je ne voulais plus quitter la maison, lorsque s’annonça le bombardement du 5 juillet. Mais ma fille arriva ; elle savait que les bombes allaient tomber sur la ville, elle me pressa de partir.


Nous eûmes tout juste le temps d’atteindre le chemin de l’Ecole d’Agriculture où d’autres personnes s’étaient massées.


Je m’étais assise au revers du fossé et avais demandé à Natie de s’allonger, la tête sur mes genoux.


Les avions tournoyaient dans le ciel, et les bombes lâchées rencontraient le sol dans un terrible fracas.


C’était le vacarme de dix orages éclatant à la fois, et bientôt la fumée nous environnait. Indicibles instants ! mais il semble que, de la peur extrême, une étrange force de résistance morale jaillisse.


La fin de l’alerte sonna ! On ne pouvait presque plus respirer.

Une femme s’était évanouie. Heureusement j’avais de l’alcool de menthe dans mon sac, et pus très vite la ranimer.


Dans la fumée qui se dissipait mal, nous avions, Natie et moi, repris le chemin de la maison ; nous croisions des ombres pressées. L’une d’elle pourtant s’arrêta près de nous.


« Vous savez, il y a eu du grabuge à la gare d’Arènes ( une gare de marchandises) deux trains de permissionnaires- des Allemands- étaient là prêts à partir ; on peut dire qu’ils ont été pulvérisés ! Il devait y avoir deux mille hommes ! »


Il eût fallu que je me réjouisse, et je ne le pouvais pas ! que de sang versé ! du sang d’homme ! et que de femmes, de mères qui allaient être dans la douleur !


Je pus seulement dire :


« Si la guerre pouvait finir ! »

« Cela va faire avancer la fin » dit l’ombre qui reprit sa route vers sa tâche ou vers les siens.


Bien sûr, cette ombre passante était celle d’un brave homme dans le sens habituel du

mot et d’un patriote.


Mais le sens de la Vérité ? Le sens de l’Amour ? Où cela était – il ?


Je n’en pouvais plus. C’était Natie qui me soutenait.


Elle me disait doucement «  : Maman, ce que tu penses, il faut le garder pour toi : C’est dangereux de parler. ». Elle avait raison. 


Je voulus aller voir si rien n’était arrivé à notre amie Eva qui habitait près du poste d’Arènes. Nous atteignîmes un quartier où tout était soulevé, écroulé. Des sauveteurs creusaient la terre, écartaient les pierres pour dégager des blessés et des morts.


«  Je voudrais les aider » dit Natie, mais je la sentais défaillir, et nous passâmes dans une rue dont les maisons avaient mieux résisté.


III La fin de la guerre

Nous ne suivîmes pas le cortège de ceux qui avaient succombé au cours du bombardement. Natie, si habituellement rieuse, était devenue sombre. Elle n’arrivait pas à écarter de son esprit les images d’horreur qu’elle avait entrevues. Elle aspirait à quitter Montpellier pour aller rejoindre ses grands-parents au Bousquet d’Orb comme en d’autres temps de vacances.


Justement, on demandait des enseignantes pour le Centre d’accueil des enfants de Sète, qui se trouvait à Bédarieux.


Je me proposai. Aussitôt ma candidature agréée, nous partîmes et, dans le train qui nous emmenait, ma fille redevenait elle-même.


On voulut bien l’accepter au Centre, sans toutefois lui donner un poste de monitrice.


Cependant, la guerre ne pesait pas moins lourd à Bédarieux qu’à Montpellier.


Les rafles de jeunes succédaient aux rafles.


Où donc était Maurice ? Il vint à nous ce jour terrible où les Allemands, dans l’obligation de battre en retraite, faisaient sauter toutes leurs installations.


Ce jour-là, je n’étais pas de service au Centre d’accueil, aussi Natie et moi étions réfugiées dans notre chambre.


« Venez vite- dit Maurice- toute la ville pourrait flamber. »


Nous allions dans la grand-rue, nous donnant le bras. Et puis ce fut la campagne, la montée à travers les buissons jusqu’au tunnel d’une ligne de chemin de fer désaffectée.


Nous étions en sécurité et contemplions tristement la ville dont le collège flambait. Au-delà, c’était la vallée boisée, riante et fraîche, appelant au bonheur de vivre !


Mais peut-on sourire à la beauté des choses quand on entend le déferlement des bombes, quand on pense à ceux qui sont demeurés dans l’enfer ?


J’essayais de voir en pensée sur les collines que je savais proches, la place d’une chapelle qui serait dédiée à JEAN, apôtre de l’Amour et autour de laquelle se rassembleraient des hommes et des femmes au cœur brûlant du désir de la Paix.


IV. Le commencement d'un temps de paix

En décembre 1944, le monstre de la guerre était écarté, mais partout s’étaient creusés des vides, et les images d’êtres torturés, d’êtres épuisés, vidés de leur substance étaient là pour que nous n’oubliions pas. On se reprenait difficilement à vivre comme si toutes les sources de joie s’étaient taries. Il fallait le temps d’oublier ces visions de cauchemar.


Les congés de Noël allaient se terminer… Il y avait juste un an qu’une inaudible voix m’avait invitée à faire édifier «  une église pour la Paix du monde. »


Je demandai à mon fils Maurice qui se trouvait à la maison, de venir découvrir avec moi l’emplacement du lieu désigné pour l’édification de l’église qui se nommerait « SAINT JEAN DE LA PAIX DE DIEU »


J’avais reçu en février 1943, une image précise de ce lieu où s’élevaient cinq châtaigniers tendant vers le ciel leurs branches dénudées irradiées de lumière.


Le 31 décembre 1944, Maurice accepta de m’accompagner ; il était visiblement heureux de venir.


Le voyage en autorail de Montpellier à Lamalou nous fit retrouver la joie des enfants qui, libérés des contraintes scolaires partent en vacances vers la maison familiale. Depuis toujours, nous empruntions cette ligne pour nous rendre chez mes parents à Mons-la Trivalle et puis au Bousquet. Il n’était ni gare ni horizon ni revers de talus qui ne nous soit familier et amical.


A dix heures du matin, nous descendions à la petite gare de Lamalou les Bains ; un vent fou nous y accueillait.


Il fallait faire à pied au moins trois kilomètres de route avant d’accéder au sentier qui nous mènerait jusqu’aux collines de Propiénous.


Nous avions avancé sur la route découverte, luttant contre un vent si fort que je devais, pour résister, m’accrocher au bras de mon fils.


Comme nous venions de dépasser le belvédère qui domine le barrage de la Biconque, le vent cessa brusquement, et le soleil parut dans un ciel sans nuage.


A la droite de la route, près d’un petit pont pour l’écoulement des eaux de pluie, un sentier s’amorçait. Je dis :


«  Ce doit être là », et m’engageai.


Tandis que j’avançais, je retrouvais, nette et précise, une image qui s’était présentée à mon esprit, alors que j’étais alitée et très malade, à la fin de février 1943.


J’avais vu une pente douce couverte de châtaigniers dont les fines ramures brillaient au soleil.


Un être grand, vêtu de bleu et d’une grâce extrême avait paru sur ce terrain. Il marchait, et ses pas rapides avaient, par trois fois, dessiné une ellipse qui enserrait cinq châtaigniers.


J’avais remarqué les cheveux châtain clair de celui qui marchait mais n’avais pu voir son visage toujours tourné vers le centre de l’ellipse.


Plus j’avançais, et plus se précisait en mon esprit, l’image enregistrée.


Tout-à-coup, le lieu m’apparut, dans ce même ensoleillement où je l’avais vu en rêve. Il y avait les cinq châtaigniers aux fines ramures brillantes de lumière. Mon fils me rejoignait. Je lui dis " c’est là." « J’ai bien compris. » me répondit-il, tout bas, comme si nous étions dans une église.


En face de nous s’ouvrait la vallée de l’Orb, et sur un roc, posée comme un jalon blanc, se dressait la très ancienne chapelle vouée à l’Archange Michel.


Le paysage déroulé devant nous était d’une saisissante beauté, mais, nous ne devions pas nous apercevoir ce jour-là que la grande forêt dédiée au souvenir des écrivains tués à la guerre, était toute proche sur les pentes du Caroux qui dévalaient à notre droite.


Nous priâmes ensemble avec ferveur, émus d’avoir pu répondre à l’indication divine, et découvrir cette terre où «  les hommes de paix viendraient demander la Paix pour le monde. »

C’était un de ces temps où la lumière et la joie deviennent si intenses en soi et autour de soi que la pensée des difficultés à venir cesse d’exister. Cependant, l’année 1944 avait durement pesé sur le monde. Il y avait eu la terreur des bombardements, l’horreur des maisons éventrées et du sang qui ruisselait des trains écrasés.


Année terrible, toute emplie de gestes de mort- et de sacrifices ! Année qui tombait, du poids le plus lourd dans le temps du passé, et dont le souvenir devait demeurer à jamais dans l’esprit de ceux qui l’avaient vécue.


Au-delà des saccages et des ruines, des magnifiques héroïsmes et des renoncements douloureux, ceux qui demeuraient vivants mesuraient de quel prix était la vie qu’ils avaient pu garder à travers l’enfer de la guerre.


Mes deux enfants avaient échappé aux périls, et mon cœur se dilatait de reconnaissance.

9

Mais sur ce terrain de Saint Jean de la Paix de DIEU, c’était une joie étonnamment légère et forte qui me pénétrait, car « LA SILENCIEUSE PAROLE » m’avait bien fait entendre que la Paix pour le monde entier pourrait jaillir là, du cœur des hommes fraternels et réunis.


Naïvement, je croyais l’avenir des hommes ouvert à la joie de vivre avec de beaux chemins allant vers la lumière.


Ces réalisations étaient bien éloignées, mais je ne le savais pas.


A Montpellier, le Père Malaval me disait de rester confiante, car ce que j’avais reçu intérieurement représentait bien ce qu’avait exprimé le Seigneur JESUS :


« Que tous soient UN !

Comme toi PERE, tu es en moi et moi en TOI ;

Qu’eux aussi soient UN en NOUS. »


V. Une ligne de conduite

En octobre 1945, mon fils était allé à Paris pour suivre les cours de l’Ecole des Langues Orientales. Il avait obtenu un poste de surveillant d’externat au lycée Chaptal.


Ma fille habitait encore près de moi à l’Ecole Sévigné ; mais elle devait partir dès le petit jour pour l’hôpital où elle apprenait le métier d’infirmière et d’assistante sociale.


Cependant, Maurice venait à toutes les vacances de l’année scolaire, et nous allions alors rejoindre mes parents en leur maison campagnarde du Bousquet d’Orb.


En 1947, Maurice se maria, et bientôt un petit enfant fut attendu… Au 1er janvier 1948 il y eut les fiançailles de Natie avec Paris, étudiant en médecine ; et les deux familles étaient là. Mais en mars 1948, mon père mourut, lui qui était le grand axe fort et généreux de notre famille.


Je fus moralement désemparée, incapable de consoler et réconforter ma mère. L’arrivée d’une petite fille chez le jeune ménage de Maurice fit pourtant renaître la joie dans mon cœur, et ma mère accueillit la nouvelle venue avec un visage détendu.


A la fin des grandes vacances, le bébé me fut confié.


Toute prise par mon travail et le souci de la mignonne et fragile petite fille, je devais en arriver à donner trop peu de mon temps et de mes soins à ma mère.


Elle en souffrit, et puis ma fille Noëlle s’étant à son tour mariée et continuant à habiter la maison avec son jeune époux, encore étudiant, ma mère déclara qu’elle ne pouvait plus rester auprès de nous.


Cela se passait au soir du 7 septembre 1949 : Je m’étais couchée, le cœur lourd de tous les reproches que je m’adressais, et le chagrin m’empêchait de trouver le repos.

Cependant, vers trois heures du matin ( on était donc au 8 septembre 1949),

prise d’une immense fatigue, j’allais m’endormir, lorsqu’un ordre vint à moi, impératif, sans aucun bruit de voix.


« Il faut que tu écrives ! »


Sur la table à côté de moi, il y avait du papier et un crayon.

Je me soulevai sur mon lit, et je notai :


« Ta mission, ce n’est pas l’action continue, mais le don fréquent de ton âme à d’autres âmes ;

 C’est l’obéissance à des lois qui se présentent à toi brutalement et que tu n’as pas le droit de discuter ;

 C’est de t’humilier quand tu viens d’être humiliée ;

 C’est d’éviter de raisonner, car le raisonnement se substitue à ma Parole et transgresse la Vérité de ma Loi. »(1)


Ainsi, une pensée qui n’était pas la mienne m’avait saisie.


Avec netteté elle m’indiquait la voie véritable où remords et inquiétudes devaient s’effacer pour faire place à ce que le Seigneur attendait de moi, faible, timide, maladroite et plaintive.


Je pensais :


Sans doute, tout être a-t-il une mission qu’il peut accomplir, seulement s’il consent à devenir un être nouveau.


Pour moi, c’était le don, l’obéissance, la paix dans l’humiliation, l’éloignement de toute discussion afin de recevoir la Vérité.

Je ne pouvais savoir d’où venait la silencieuse parole. Sur le moment, je ne m’en préoccupai pas. Dès mon crayon posé, je m’endormis dans un calme infini. C’est seulement au plein jour, entre sept et huit heures du matin que je repris la

page écrite la nuit, pour la relire.


Au matin du 14 septembre 1949, c’est une manière de voir, d’agir et d’être qui

m’est indiquée par la Voix inaudible, mais pressante :


« Tu ne dois jamais penser à l’imposture lorsque quelqu’un te déclare

qu’il  est dans le besoin, et tu dois l’assister par tous les moyens. 

 Souris, car le sourire est l’expression de l’Esprit qui t’habite…

 Il vient du plus profond de toi, du lieu où - en toi - Je réside »


(1) Je note ici seulement les lignes essentielles du texte reçu qui contenait aussi une exhortation à la confiance.


VI. L’ANNONCIATION EN TOUCHES DE LUMIÈRE


Les vacances touchaient à leur fin, mon fils et sa jeune femme se préparaient à rentrer à Paris, me laissant encore le bébé, Marie-josé dite Mijo, une petite fille débordante d’activité et de tendresse, dont la présence m’était tout à la fois source de joie et de fatigue…


Maurice me proposa : « Veux-tu, maman, qu’avant mon retour à Paris, nous allions jusqu’au terrain de Saint- Jean de la Paix ?


J’acceptai, sans hésiter, touchée de sentir combien la pensée de Maurice était proche de la mienne.


Il m’aidait déjà à porter la tâche étonnante mais bien lourde qui m’avait été remise.


Le 17 septembre 1949, nous étions à Lamalou. Tandis que Maurice faisait halte chez un coiffeur, j’allai l’attendre dans l’église de la petite ville.


Je me trouvai seule dans la nef, baignée de toute la lumière colorée qui passait à travers les vitraux.


Mon regard fut retenu par un grand vitrail représentant l’ANNONCIATION. Les coloris étaient doux, mais les visages avaient peu d’expression.


Cependant, la lumière du jour recomposait l’image sur le mur en touches délicates, et avec les plus douces nuances ; les mouvements de l’ange et ceux de Marie s’indiquaient en traits mouvants, légers et parfaits.


 Tandis que je contemplais, ravie, ce qui se passait, la silencieuse parole montait en moi :


« Tu vois L’ANNONCIATION sur le vitrail. C’est l’œuvre d’un homme,  maladroite ! Mais sur le mur, avec des coloris doux et célestes, c’est  l’Annonciation  aussi, reprise par la Lumière. L’Ange est beaucoup plus près de  Marie, et leurs visages sont  clarté. C’est l’Annonciation conforme à l’inspiration donnée à l’artiste. Lui, n’a pu la reproduire avec ses mains d’homme. »


« Mais, chaque jour, la Lumière retrace sur le mur, en touches fines et  délicates, l’apparition de l’Ange à Marie, celle que DIEU voulait et qu’il faut voir. »


« …Tout travail, toute œuvre sont conduits par le Maître, et ceux qui s’appliquent arrivent à réaliser la vision. »


LE PREMIER RETOUR AU TERRAIN DE SAINT JEAN DE LA PAIX DE DIE

Je venais de finir de noter ce qui était venu à moi dans le silence, lorsque Maurice entra dans l’église. Il resta un moment, priant ou méditant, puis il me dit :


« La route est encore longue ! »


Il souriait.


Nous avions en effet devant nous une randonnée de trois kilomètres, mais le temps était clair, presque trop chaud.


Nous ne parlions guère afin de marcher vite ; aussi arrivâmes-nous en une trentaine de minutes au sentier qui escalade la colline.


Nous marchions dans le somptueux décor des châtaigniers aux branches alourdies de fruits et des vignes rougissantes, offrant leurs grappes bleues ou dorées.


Je ne devais pas retrouver sur le-champ l’emplacement du terrain reconnu au 31 décembre 1944 car une étonnante végétation de plantes et de fleurs couvrait le sol.


Cependant, assez vite, je repérai le groupe des cinq châtaigniers, tandis que je voyais, se détacher, tout en face, de l’autre côté de la vallée, la blanche chapelle de SAINT-MICHEL dressée sur le roc.


A ma gauche, sur un petit plateau de pierre avancé au-dessus de la vallée, il y avait un autre point brillant : celui d’une minuscule chapelle dédiée à SAINTE ANNE, et faisant partie d’un ensemble entourant un sanctuaire voué au culte de la VIERGE enfant, sous le vocable de NOTRE DAME de CAPIMONT.


Toutes les paroisses des vallées montaient tour à tour en pèlerinage à Capimont dès que venaient les beaux jours. C’était un haut lieu, encore plus fréquenté que celui de SAINT-MICHEL.


Mais pourquoi convenait-il qu’un troisième lieu de recueillement, prière ou méditation vînt prendre place en ce pays?


La réponse se trouvait bien dans la demande qui m’avait été faite.

Il ne s’agissait pas d’un lieu de prière semblable aux autres.


On ne viendrait pas là pour implorer DIEU en faveur de soi, pour obtenir une guérison, une fin de tracas, la santé pour les siens, un mariage, un meilleur poste ! …


Toutes ces prières, si valables soient-elles, ne répondraient pas à la vocation de ce lieu où l’on demanderait d’abord l’arrivée de la Paix dans le monde et le maintien de cette Paix.


L’Eglise SAINT JEAN de la PAIX de DIEU serait différente des autres parce que, ouverte à tous, sans discrimination de confessions, ni de races, elle serait lieu de rassemblement pour tous les chercheurs de Paix.


Ce serait une Eglise différente des autres. J’étais d’un côté émerveillée, et de l’autre, profondément accablée par le sentiment de mon incapacité à réaliser la demande qui était venue à moi, et qui correspondait à une chose indiciblement belle et bonne.


Est-ce que la terre pourrait un jour devenir un havre d’Amour fraternel, un havre de Paix, grâce à ceux qui répondraient à l’appel de l’Eglise « SAINT-JEAN-de la PAIX de DIEU ? »


De multiples interrogations se posaient toujours à mon esprit : D’où vient-elle, cette demande d’une Eglise pour le rassemblement des hommes et des femmes entièrement disponibles pour le service de la Paix ?


Est-ce la même chose : le service de DIEU et le service de la Paix ?


Il est certain que celui qui pense servir DIEU le sert mal s’il ne s’occupe pas de servir la Paix.


Car la Paix est le rayonnement de l’Amour à travers le monde- Et DIEU est L’Amour même. Donc, celui qui déclare servir DIEU sans vouloir de toutes ses forces être au service de la Paix, celui-là se trompe et trompe les autres.


Plus juste et belle est l’attitude de l’homme qui, ne croyant pas en DIEU, veut quand même être entièrement au service de la Paix. Son action correspond à celle de DIEU qui est Amour. C’est en raison de cela que l’Eglise de la Paix est ouverte à tous !


Il fallait convaincre ceux qui pouvaient m’aider, de l’opportunité d’une telle Eglise. Mais à qui s’adresser ? Aux puissants ? A ceux qui avaient de l’argent à profusion ?


Comment les atteindre ?… Et si je les atteignais, comment les convaincre ?


Ils souriraient intérieurement, si ce n’est visiblement… Ils penseraient : « Si l’on voulait répondre à tous les imaginatifs et les utopistes qui croient pouvoir réformer le monde à partir d’une idée ou d’un geste, où irait-on ? »


Je sentais l’inutilité et même la vanité de toute démarche auprès de ceux qui possédaient pouvoir ou fortune. Pourtant, je savais déjà que le SEIGNEUR m’enverrait des êtres qui comprendraient et travailleraient à réaliser ce qui m’était demandé.


ANNEE 1950

Janvier 1950 :


« Dans l’humilité, former des êtres nouveaux de Paix… »


1er ou 2 février 1950 :


« Il est un temple sacré dont tu devras pousser la porte massive. Tu entreras seule, tu écouteras à genoux le Seigneur et tu pourras ensuite porter Son Message. » 


VII. LE NOM DE CELUI QUI PARLE


Le 16 octobre 1950 : C’était un ordre qui m’était donné, impérativement :


« Quitte tout ! quitte les hommes et les femmes que tu connais. Va en d’autres lieux où tu seras seule avec moi. Je t’apprendrai la Paix. »


Où donc le Maître silencieux voulait-il me voir aller pour m’apprendre la Paix, alors qu’en mon être, je portais tant d’impatience ?


Le temps était pourtant venu où Celui qui parlait devait se nommer.

C’était le 20 octobre 1950 à Paris, par un clair après-midi.


J’étais dans l’une des deux chambres d’étudiant mises à la disposition de mon fils et de sa femme. J’avais devant moi une feuille blanche car je me préparais à écrire une lettre. Ma belle-fille me parlait, et je lui répondais un peu distraitement, pensant à ma lettre, lorsque s’éleva pour moi le commandement d’écrire. (Il ne s’agissait pas de ma lettre).


Je notai les membres de phrases qui se présentaient à mon esprit, nets et précis, cependant que ma belle-fille continuait à parler de choses de tous les jours.


Je l’entendais, je pouvais même lui répondre, pendant que ma main inscrivait sur la feuille blanche la silencieuse parole :


« Je suis le Maître. Je t’ouvrirai le domaine de la Connaissance.

 Mon nom est CHRIST ! Tu peux dire JESUS – CHRIST.

 On t’a dit comment tu pouvais encore me nommer à cause de l’Amour  que Je te porte, que tu me rends souvent mal, bien que tu veuilles m’être fidèle en toutes choses.

 Il faut que l’Esprit domine en toi. Tu es un petit germe qui doit  devenir un arbre fort. Puise dans ma terre qui est ma substance. Il faut que tu croisses.  Tu ne le peux que par Moi. Nourris-toi à Ma Source.

 Epands sur les autres de l’Amour…

Fertilise-les de Mon propre Sang, de Ma propre Chair.

 Je suis le CHRIST. Je me donne. Je t’apprendrai à te donner.»

 


Le 25 octobre 1950, alors que je me trouvais encore à Paris j’appris la signification du cierge qu’on allume, de la cire transformée en flamme : leçon de renoncement à soi-même pour atteindre à une connaissance nouvelle, à une autre vision de la vie.


« …Commence à allumer le cierge de l’Amour

Déborder d’Amour et devenir ainsi Lumière pour les autres

Image du cierge dont la flamme haute attire les regards, indique un chemin, représente le point de contact entre l’âme et son DIEU.

Comme le cierge, il faut accepter de brûler et de se transformer pour redevenir.

 Tout être est une cire qui doit fondre en donnant sa flamme.

 Car la lumière que tu crées par ta combustion- âme d’Amour- demeure de la lumière pour toujours.

 Qu’ils s’allument et brûlent et n’aient pas peur puisqu’ils se transforment et demeurent. 

Et plus tu te rapproches et M’attires, et plus tu Me rends perceptible aux autres. »

( Vision intérieure du CHRIST-Roi.)


Mi-novembre 1950 :


« Les signaux : Ce sont les êtres porteurs d’un message qui traversent notre vie ou nous accompagnent un temps et puis s’effacent. »



VIII. L’UNITE PAR LA COMMUNION



C’est quelques jours plus tard, à mon retour à Montpellier, à la fin de novembre 1950, que me fut exposé le désir d’Unité du Maître, se réalisant par Lui-même à partir du Pain et du Vin consacrés.

« Tu leur parleras à l’un et à l’autre, à mille s’il le faut.

 Voici Ma Parole :

 Qu’on ne rejette plus rien. Que tous boivent au même Calice et mangent  le même Pain.

 Peu importe ce qu’ils pensent, comment ils conçoivent le geste de manger et de boire, c’est-à-dire de recevoir le Sacré.

 Qu’ils viennent pour apaiser leur faim, leur soif, car ils ont faim, car ils ont  soif…

C’est l’Esprit qui demande en eux des forces dans la seule Nourriture qui en puisse donner, et du rafraîchissement dans le seul Vin qui en puisse apporter.

Dis-leur bien que tous les prêtres sont les ministres de mon Amour, les

dispensateurs de la Joie. Demande, supplie pour qu’il n’y ait plus de barrière entre  les Chrétiens.

 Transmets aux autres ce que je veux faire connaître, ce qu’il faut réaliser  par l’union de tous, et ce que je donne pour y atteindre.

… Garde ta joie. Je ne te manquerai jamais. »

 « Tu as les mains pleines… Distribue à tous ceux qui te demandent et à ceux  qui attendent sans rien te demander. »


« Partout est l’Image du Bien-Aimé pour ceux qui aiment.

Partout est l’Image du Maître pour ceux qui servent.

Partout est l’Image de DIEU pour ceux qui sont redevenus comme des petits enfants. »


J’allai d’abord demander conseil au cher Père Malaval qui m’avait dit de me tenir toujours aux écoutes de la silencieuse parole !


Un grand sourire illumina son visage quand il lut. Son front rayonnait, et tout en lui exprimait la joie :

«  C’est bien à cela qu’il faut arriver:

La même communion pour tous ! Et nous connaîtrons enfin l’Unité ! »


Il me regardait : « Dire que c’est vous qui recevez tout cela ! Enfin DIEU sait ce qu’IL fait. IL vous aidera à dire ces choses…à convaincre ceux à qui vous les direz. Mais ce ne sera pas aisé ! »


Troublée jusqu’au fond de l’âme, je répondis :


« Mon Père, il faudrait que vous parliez pour moi, parce que, étant le prêtre, vous avez l’autorité. »


« Pas du tout, mon enfant. Je suis un prêtre qui va au chevet de pauvres filles de joie sur le point de mourir pour avoir voulu se débarrasser de l’enfant qu’elles portaient ; j’assiste les prisonniers et ceux que la justice poursuit. Les êtres déchus viennent à moi comme à un des leurs et sûrement il en est qui valent bien mieux que moi. »

« Tout cela fait qu’on me regarde comme un prêtre pas comme les autres, aussi je n’ai pas un grand crédit auprès des autorités supérieures. »


« Mon enfant, il faut que vous alliez voir l’Evêque Mgr Duperray, je pense qu’il voudra vous écouter et qu’il comprendra, et fera quelque chose pour répondre à ce que DIEU demande. »


Je sentis combien était sage le conseil du Père Malaval.


Sans peine, j’obtins une audience de Mgr Duperray.


J’avais essayé de rassembler en quelques phrases les choses si importantes que je devais lui dire.


Après m’avoir écoutée avec une réelle attention, Mgr Déclara :


« Je crois qu’il serait bon que vous ayez un autre confesseur !


 Si vous n’en connaissez pas, je vous proposerai moi-même un religieux. »


Sans doute aurais-je dû prendre le confesseur qu’avait en vue pour moi Mgr Duperray. Mais étourdiment, je déclarai :


« Je connais Monsieur l'Archiprêtre Raffit qui confesse à la cathédrale. »


« Il est très occupé », remarqua l’Evêque, «  mais puisque vous le connaissez, sans doute, voudra-t-il bien ! »


Entretien rapide, mais d’une grande portée, puisque j’allais remettre ma cause entre les mains d’un prêtre qui s’en chargerait… ou la rejetterait.


Du moins, pensais-je, qu’il en serait ainsi.


L’Archiprêtre Raffit était bon, juste, conciliant, ouvert…


Il avait un remarquable don de la parole et tout cela semblait bien le désigner comme devant être le meilleur des porteurs du message que j’avais reçu.

Il accepta de me recevoir un moment tous les jeudis et de lire avec attention les textes que j’avais notés.

Il me les remettait avec une parole d’encouragement, les commentant parfois et me recommandant de tenir bien compte de ce qui m’était demandé.


Le 20 décembre 1950, je notai :


« JE suis Celui qui est. »


« Tu enlèveras par ton sourire toutes les embûches jetées en travers de tes desseins qui sont les Miens.

 Nul ne peut aller contre Ma Volonté de Paix pour les hommes.

Le petit Enfant dans la crèche est la figure de l’Amour qui appelle l’Amour

 …S’ils croyaient, ils ME verraient.

  Tu ME vois, et tu marches à MA suite.

 Rends-MOI visible pour beaucoup d’autres. »


IX. A TRAVERS DES TACHES TROP NOMBREUSES


J’enregistrais la PAROLE, mais Elle ne demeurait pas en moi.


J’avais accepté la fonction de juge assesseur au Tribunal d’enfants, fonction délicate entre toutes, qui correspondait sans doute assez bien à mon sens de la justice vis-à-vis de ceux pour qui la vie avait été injuste, mais qui aurait demandé beaucoup plus de liberté que je n’en avais.


C’est pourquoi je ne prenais pas le temps d’assimiler cette PAROLE SILENCIEUSE que je recevais afin de la garder dans mon esprit et de la méditer.


« Tu ME vois et tu marches à MA suite… »


Sans doute la lumière du jour paraissait-elle s’intensifier autour de moi, tandis que j’écrivais ce qui m’était donné, et parfois, c’était près de moi, un long trait de clarté, chaude et vivante.


Je sentais une Présence, mais elle n’avait nullement les traits d’un être humain… et cela me semblait très naturel ! un Etre céleste ne pouvant être que : Esprit, Souffle, Amour.


Maintenant encore, après vingt années écoulées, je pense toujours que le contact entre le visible et l’Invisible produit rarement une vision de formes. 


Je n’avais pas trouvé le temps de réfléchir profondément à ce qui m’était demandé :


« Rends-MOI visible pour beaucoup d’autres. »



ANNEE 1951

Serait-ce à travers ma propre vie que je devais rendre «CELUI qui parle» visible aux autres ?


Je ne pouvais certainement pas le penser en ce début de 1951 car je répondais

péniblement à toutes les tâches dont je m’étais chargée, et il n’y avait en mon être ni paix ni sérénité.


Le Seigneur avait pitié.

La PAROLE m’arrivait, consolatrice :


« …Les ténèbres t’environnent, mais il y a la Lumière après la nuit. »


Au cours de la semaine sainte, alors que je m’étais rendue auprès de mes enfants à Paris, je devais être réconfortée par l’inaudible Voix.


C’était le Vendredi Saint, après l’office de la mise au tombeau du CHRIST.

Le 23 mars 1951


« Si Ma Voix s’est éloignée de toi, il faut bien dire que tu n’as plus cherché à La ressaisir dans le silence d’une âme humble… Et si JE te deviens étranger et lointain, c’est que tu n’es plus capable de M’aimer, toute prise que tu es par les multiples soucis de ta vie

 Relève la tête, car DIEU n’abandonne pas les siens... Tu sais bien que JE  ressusciterai, tu sais bien que tu vivras. »


Aux premiers jours d’avril, je rentrai à Montpellier, avec ma petite-fille, radieuse de retrouver la grande maison et son peuple d’enfants aux bras ouverts pour elle.


Au matin du 14 avril 1951, « LA SILENCIEUSE PAROLE » m’arrivait :


« …Demande et tu obtiendras tout de MOI, car JE t’aime et JE t’ai  choisie. Qu’importe si tu n’es pas digne de mon choix ! »


Un peu plus tard, dans cette même journée, je devais écrire :


« Les terribles prédictions de l’Apocalypse de Jean ne se réalisent qu’à moitié, car j’ai voulu épargner le monde, et c’est aussi à cause de cela que l’église portera le nom de Jean car à lui j’avais révélé, et par lui, J’épargne …

« JE Suis et tu es en MOI. »


J’écrivais avec la crainte de ne pas bien comprendre et le sentiment douloureux d’être incapable de réaliser.


Le 8 mai 1951 à Montpellier, les indications relatives à l’Eglise se précisaient :

« L’autel occupera la place centrale

 Comme une arche, elle sera surélevée !

Ta pauvreté t’effraie, mais les dons afflueront.

Mes Anges demanderont aux portes. Mais as-tu  besoin de t’occuper de

cela ? 

Ne te suffit-il pas de porter le message et de le laisser transparaître ? »


X. LA REFORME D’UN ÊTRE. ENSEIGNEMENT DE LA PATIENCE.


Je savais ce que le Maître attendait de moi. Il ne s’agissait que de porter un message… et de le faire accepter, regarder comme étant de source divine. Il ne m’était pas demandé de m’occuper de la recherche des sommes nécessaires à la construction…

Il savait bien Celui qui me parlait que j’étais  une femme pleine d’amour pour les plus démunis et les plus faibles mais trop souvent inquiète, troublée, agitée, remplie d’impatiences.


la silencieuse parole allait entreprendre une réforme profonde de ma manière d’être, en essayant de m’apprendre à me remplir de Paix et encore à sourire.


Le 13 juin 1951 « Je ne t’abandonne pas, mais Je t’éprouve.

Il faut que tu aies la patience. Rien ne compte en dehors d’elle.

 Sois patiente. Reflète Ma Patience. Parle de patience autour de toi.

 La patience c’est la bonté faite Paix, c’est le sourire aussi.

 Dis-toi que tu es bien soutenue, que tu ne peux faire de faux pas. »


 Et le 21 juin 1951 à Montpellier :Aller à Notre Dame de Paris

« C’est là que Mes chemins seront tes chemins.

« Quand il te plait de crier vers MOI, tu Me reçois, JE suis. »

20

TOUT EST MIRACLE


LA SILENCIEUSE PAROLE s’élevait à nouveau en moi le 7 juillet 1951.


« Les miracles éclatent tous les jours, à toute heure, mais de leur point de

 départ à leur éclatement, il y a des stades nombreux et du temps qui  s’écoule. On  oublie l’état premier. Qui même voit que le blé et le sang  sont UN et que la terre et la  lumière et la rosée et le vent sont UN avec le  germe qui veut naître ?

 Parce qu’il veut naître, le germe s’empare d’eux et les fait vie végétale.   Ainsi, l’air, la lumière, l’eau, la terre et la graine sont UN avec l’homme,

 avec son sang, avec sa chair. 

 Le germe est semblable à l’âme de l’homme qui cherche aussi à naître et

 à fructifier. »


Le 29 juillet 1951, c’était l’invitation à implorer l’Esprit à travers la

Vierge mère qui l’a si pleinement reçu :


« Demande à ma Mère que l’Esprit- Saint te remplisse comme Il l’a

 remplie. 

 Rien n’arrive sans Lui. Ma Mère est porteuse de l’Esprit- Saint, ma  Mère est « AMOUR. »


« Pourquoi n’agis-tu pas davantage ?

Rien n’arrivera jamais aux tiens quand pour MOI tu marcheras. »


15 septembre 1951 :


« Il faut que tu marches, que tu sues que tu souffres. Je ne t’épargnerai pas. Mais il y a la vie au bout de la côte. L’horizon se découvrira et tu embrasseras des terres fertiles… Sois Mon reflet ! J’ai sué, J’ai souffert, J’ai pleuré. On ne conquiert rien qu’à ce prix. Le temps de tes conquêtes est venu. Dépense-toi sans compter.

Tu es celle que J’ai choisi dans sa faiblesse pour porter les pierres les plus lourdes et tracer le chemin où s’engageaient Mes pas et les pas des hommes de Paix. »



NOTRE DAME DU PORT A CLERMONT- FERRAND


Sans doute, étais-je ainsi invitée à me rapprocher davantage par la prière de celle qui avait été traversée de l’Esprit, qui avait connu Son Amour et Sa Force, qui en avait reçu tous les dons et en irradiait la Lumière …


Je retrouvais toute proche, en dépit du temps, cette enfant de dix ans à qui le bon curé Chanelières de Malleval avait donné la prière du « Souvenez-vous » comme un appel à l’aide toujours entendu, toujours exaucé…


Avec quel cœur, petite fille de dix ans, j’envoyais mon appel à la mère de Jésus, chaque fois que je voyais ma mère malade, cette maman dont la fragile santé me valait les plus grandes inquiétudes.


Les termes de la prière m’étaient familiers et doux. Je devenais pour les dire un être tout à la fois suppliant et transporté. Le bonheur succédait à l’angoisse ; j’étais libérée, paisible.

Mais un temps était venu où j’avais dit le « Souvenez-vous » avec moins de conviction… et de Joie, et, finalement, j’avais cessé ou presque d’utiliser cette prière.


…Je l’avais retrouvée trois mois après mon mariage, en août 1922, à Notre-Dame du Port pour obtenir de Marie, mère de DIEU, la grâce de devenir maman moi aussi. Mon mari me reprochait durement de ne pas porter encore un enfant.


L’enfant demandé était venu au monde le 30 avril 1923 et il fut prénommé Maurice.


Je ne devais retrouver Notre-Dame du Port qu’en 1950, alors que j’étais déjà grand-mère de ma première petite fille, Marie- José. Je demeurai longtemps dans son sanctuaire pour remercier et prier ; je pressentais peut-être les chagrins qui cheminaient vers nous.


Au soir de ce jour, dans une petite chambre d’hôtel, alors que mes yeux se fermaient de fatigue, je reçus les mots d’une prière grave :


« Chante la Sainte Mère de DIEU portant la douleur de la Croix.

 Elle allait, et Jésus- Christ l’entraînait à sa suite car depuis longtemps, ce  n’était plus Lui qui se reposait sur Elle, mais Elle sur Lui.

 A l’âge de douze ans, Il était devenu son appui et, dans son martyre et  dans son agonie Il le restait…

O, Notre-Dame du Port, ton enfant contre toi, tu es la confiance et la vie,  et à ceux qui te prient, ton enfant en toi, tu réponds par l’abondante grâce de l’Amour  comblé. 

 Rien ne pouvait détruire l’Amour en toi, et dans tes épreuves

 innombrables, tu tendais tes mains vers Lui et tu en étais vivifiée. 

 Comme le monde que tu représentes, tu ne pouvais mourir, mais  seulement répondre à l’appel de Celui qui règne auprès du Père, ayant donné aux  hommes le Saint-Esprit, dont la première tu as été emplie.

 Et maintenant, dans le Royaume de Lumière comme autrefois sur terre,  Jésus appuie encore sa joue d’enfant contre ta joue de maman, et il te dit : « exauce,  accorde, ils ont confiance en toi, JE ne peux rien leur refuser. »



Le texte se continuait par une courte prière à Saint-Jean.

« Saint-Jean, tu as écouté battre le cœur du Maître. Tu l’as remplacé, Lui,  le Fils, auprès d’elle, sa Mère.

 Nul mieux que toi n’a connu Christ et Marie.

 Apprends-nous l’AMOUR. »


LA MESSE DU 6 NOVEMBRE 1951 A MONTPELLIER


Le dimanche 6 novembre 1951, ayant été empêchée de me rendre à une Messe

du matin, j’allai avec ma fille et mon beau-fils, à la Messe de six heures du soir que célébrait le Père Malaval en l’église Saint-Denis de Montpellier.

Nous avions pris place tous trois assez près du chœur.

La célébration n’était pas encore commencée. Tandis que je priais, je me retrouvai en pensée, mais d’une manière aussi nette que si tout était réel, sur le terrain de SAINT-JEAN DE LA PAIX.

Un léger vent du soir agitait doucement les branches des châtaigniers aux feuilles desséchées et bruissantes.

Un autel très simple s’élevait au centre du terrain.

J’attendais dans un état de calme absolu. Un prêtre vêtu d’une chasuble pourpre s’avança vers l’autel. Il y avait un rayonnement autour de lui. Je pensais : « C’est le CHRIST Lui-même. »

Il y eut sans doute un appel vers moi, car je m’avançai pour servir la Messe du CHRIST, alors que je n’avais jamais servi de messe et m’aperçus que je portais une tunique d’un vert sombre.


Les vases sacrés étaient placés à ma portée et je les déposai sur l’autel.

Je servais avec une aisance et une Paix infinie.

Je remarquai que sur la chasuble du CHRIST était brodé un agneau d’une extrême beauté.


Au moment de la Communion, je m’avançai, intensément émue.


Alors, je vis Jésus se tourner vers moi, tenant entre ses mains un tout petit agneau vivant d’une grande beauté. Il me le présenta et mes bras s’ouvrirent pour le recevoir.


Je pensai : « Comment pourrais-je garder l'agneau ainsi contre mon cœur ? »


Mais je vis une fine résille d’or se tisser autour de l'agneau et le fixer sur ma poitrine.


A cet instant, je retrouvai le chœur de l’église Saint-Denis et l’autel. Le Père Malaval donnait la bénédiction finale, et je me levai pour la recevoir. J’avais dû rester agenouillée durant toute la messe.


Ni ma fille, ni mon gendre ne s’étaient aperçus que mon esprit était absent de la messe de Saint-Denis, et participait à une autre célébration de l'agneau divin.


JE SUIS LA PAIX


Profitant du congé du 11 novembre, je revins à La Billière quelques jours plus tard.

J’atteignis le terrain en fin de matinée.

Il faisait très beau et très clair, et les châtaigniers dorés et bruissants parsemaient le sol de leurs fruits bruns et de leurs feuilles d’or.

Plus ils se dépouillaient, et plus la lumière les pénétrait.

Tandis que je me laissais imprégner par toute la beauté et la Paix de ce lieu, la silencieuse parole montait en moi : 


« Tu n’es plus seule. Je suis là. Saint-Michel te protège et l’œuvre que Je t’ai donnée à faire s’accomplira sous son regard vigilant.

 L’abeille bourdonne comme en plein été . Paix à ton cœur. Souviens-toi que tu portes l'agneau sur ton cœur depuis ce jour où Je l’y ai placé.

JE suis la Paix. A jamais JE te charge de MA Paix.

 N’aie pas peur de trahir, tu ne saurais.

 Je sauverai le monde. Tu apprendras aux autres à me chercher.

 Je suis là, moi, Ton Maître. je te conduirai.

 La terre où reposent tes pieds est fertile : des tours en sortiront qui  seront tournées vers les 9 points de l’horizon. »


Devenir transparente


Les jours de ce mois de novembre 1951 se succédaient brefs, rapides, hâtivement remplis des tâches quotidiennes. Je faisais l’effort de me lever tôt.


C’était seulement aux premières heures du jour que je me sentais vaillante et bien capable de préparer ma journée de classe.


30 novembre 1951 : 


Revenir à Lourdes.


« …Ma Mère t’appelle car il faut travailler à la Paix. La Paix ne vient pas de ton cœur de douleur. Elle est une illumination. Ceux qui l’ont vue deviennent des hommes de Paix.

 Sois la vitre transparente qui permet de voir ce qui console et apaise, ce  qui remplit la maison d’une Lumière plus belle que celle du dehors.

 Sois cette vitre qui pousse à ouvrir la fenêtre pour être davantage dans la  Lumière. »


Sans doute cette Lumière dont il m’était parlé m’envahissait-elle, tandis que j’écrivais.


J’étais ravie intérieurement, mais seulement pour le moment qui passait. Très vite j’oubliais les mots donnés et l’enseignement qu’ils contenaient.


Cependant, le Maître continuait en mon âme son travail d’épanouissement. IL m’apprenait surtout à accueillir dans la joie tous ceux qui venaient à moi.

Qui ne se refuse pas à l’accueil de DIEU en lui, devient pour les autres transparent- et les attire.


Celui qui conseille


Malgré tout, en cette fin de novembre 1951, il m’arrivait d’être intérieurement

éperdue d’angoisse ! Je n’avais plus le secours de mon père si bon, ma mère s’était éloignée, mon fils traversait une grosse épreuve !

A tous ces désordres, il fallait remédier, dominer mon travail, essayer de porter vraiment l’idée de l’Eglise de la Paix pour le monde


la silencieuse parole était là pour me dire que je ne restais pas sans appui.


« L’Archiprêtre Raffit travaille à l’œuvre que JE t’ai donnée à faire.

 Remercie- le : tu ne sauras jamais ce qu’il a dû vaincre en lui pour cela.  JE l’ai illuminé.

 Ses forces sont immenses. Il construit mieux que toi.

 Il sera élevé très haut parce qu’il est humble.

 Que ton âme soit action de grâce à cause de tant de bonté ! »


L’Archiprêtre Raffit ! Ce prêtre aimable et courtois, un peu distant, possédait le don de la prédication et celui de la persuasion.


Il m’inspirait un grand respect, mais il était bien davantage un redresseur d’âmes par sa parole et sa bonté qu’un prêtre capable d’initiatives.


La rencontre avec les chrétiens orthodoxes


J’étais allée passer les congés de Pâques à Paris, auprès de Maurice qui m’avait amenée à l’église Saint -Irénée, pour la nuit de la Résurrection.


D’abord, toute plongée dans la pénombre de l’Eglise, j’avais suivi l’office distraitement. Mais une telle vague d’allégresse avait soulevé les fidèles quand le prêtre passant au milieu d’eux avait annoncé « CHRIST est ressuscité! », que j’avais senti frémir tout mon être d’un grand souffle de bonheur.


Des voix exultantes clamaient autour de moi : « En vérité IL est ressuscité ! »


Toute tristesse était dépassée ; chacun de nous devenait à coup sûr un autre homme, une autre femme. Nous étions tous des ressuscités !… Tous des frères et des sœurs qui s’étreignaient dans la Lumière de la Résurrection.


Et puis, il y eut la consécration du Pain et du Vin, et l’appel à la Communion au Corps et au Sang du CHRIST et du RESSUSCITE.


J’étais allée recevoir les Dons, irrésistiblement appelée au festin de la Résurrection ; j’avais alors été saisie et portée comme par un grand souffle de l’Esprit, et j’essayai d’expliquer cela à Monseigneur Raffit. Il m’écoutait, il m’entendait, il me comprenait. Cependant, il pensait qu’il devait réagir et me dire : « Il ne fallait pas communier dans l’orthodoxie. »


Mais il ne le pouvait pas, car il sentait que c’était la grâce même de la Résurrection qui était entrée en moi, et m’avait conduite à la Communion.


Il ne se sentait pas le droit d’aller contre cette joie et cette force que j’avais reçues et qui venait à coup sûr du Seigneur.


Immobile, les mains aux genoux, il se mit à parler.


Les traits de son visage frémissaient imperceptiblement. Il disait, s’exprimant lentement et comme avec effort.

 « Je vous accorde d’aller aux Liturgies orthodoxes et d’y communier ; vous  serez alors dispensée de la messe. »

« Ce que je vous permets ne vous autorise pas à vous convertir à l’Orthodoxie.  Restez surtout attentive à ce que le Seigneur vous dira, et faites- le. »


L’Archiprêtre Raffit, si fortement attaché à la tradition romaine venait de sacrifier toute la sécurité de son âme à une recherche nouvelle.


Il avait, à son corps défendant, accepté de me laisser aller…



NOEL 1951



Le 20 décembre :


«C’est la Nativité. Je puis te purifier de tout ce qui t’attriste, t’alourdit et  ferme tes oreilles à ma voix. Sois lavée et offre- toi. L’Agneau n’est-il pas en toi ? Il te  montre le chemin.

 Ne te plains pas. Le chemin commence dans un bas-fond. Mais l’Agneau  bondit sur ton cœur. Toi avec Lui. Marche, cours plus vite. Tu vas arriver aux plaines  fécondes.

 …C’est ton âme qui est Mienne, perdue en Moi. Vois-tu, tu n’as pas  besoin d’être forte, puisque JE suis la Force.

 Paix à toi, Marguerite. Repose. Ton CHRIST veille sur toi. »


ANNEE 1952


L’ENSEIGNEMENT DIVIN CONTINUE



6 janvier 1952 « Ton pouvoir dépend du Mien. JE puis tout. Tu peux  tout.

Tu sauras te conduire chaque fois que tu te souviendras de cela. »


16 janvier 1952… «  Reviens à la Billière par la pensée : Les Anges y chantent aujourd’hui. Vois-les : Les Anges et les Chérubins et les Séraphins aux six ailes. Ils ont mis en fuite les esprits de fausseté qui venaient là défendre la terre choisie contre Ma conquête, la conquête que tu dois faire.

…Il est en ce pays des âmes qui n’ont pu trouver le repos, qui n’ont pu monter en MA Lumière. Il faut les délivrer par la prière en attendant le Sacrifice.

Sache qu’elles ont besoin de Mon Amour et que JE veux bien le leur donner. La prière mettra la Paix en elles. Que l’on prie pour elles ici d’abord et dans l’église d’en bas ensuite. 

 Il est en ce pays des Saints que l’on ne connaît pas. »


17 janvier 1952… « Ce sont des Saints et des Saintes que touchait le rayon  de Ma Grâce. Va à l’église. Demande à voir le registre, et tu sauras. C’est aussi à  cause de ton père, car il se tenait pur, au-dessus des mêlées, que J’ai choisi ce lieu. Ne  le trouves-tu pas assez humble pour y élever Mon Eglise ? Tu voudrais savoir et  pouvoir dire ce qui le sanctifie.

 Il suffit que tu m’obéisses. C’est Moi-même qui sanctifie ce lieu.

 La rosée y est plus qu’ailleurs abondante. Un jour, la source sera  découverte. Elle est très profonde, elle est très forte, elle gronde !

 Elle est courant de vie brûlante. (1)

Ne sois pas sceptique. Vois l’eau que JE te donne et bois en attendant. »


L’EAU QUI COURT –LA VÉRITÉ


A la fin de janvier 1952, LA SILENCIEUSE PAROLE s’élevait encore en moi pour m’apprendre quel lien existait entre l’eau courante et le Sang.


21 janvier 1952…  «Que l’eau vive te fasse penser à Mon Sang et qu’elle te régénère comme Mon Sang.

 L’eau vivifiante qui ruisselle en tous lieux est le Sang, devient le Sang, et

cela depuis l’immersion de mon Corps dans le Jourdain. J’ai voulu être baptisé, Moi qui suis le Baptême-même pour transformer l’eau en Mon Sang. »


  1. Cette indication devait se révéler exacte dix ans plus tard. En 1961, des

ingénieurs cherchant du plomb argentifère trouvèrent la rivière souterraine dont une partie fut

captée


C’est ensuite la pressante invitation à la Communion sous les deux espèces :


«  …  Il faudrait que les fidèles communient au Sang.

 Ils ont beaucoup moins s’ils ne communient au Sang.

 Que tous les Chrétiens instituent la Communion au Sang, et l’Unité de Mon Eglise commencera à se réaliser. »



LA PAROLE SILENCIEUSE revenait pour essayer de me faire comprendre ce qu’il fallait entendre par le Verbe-source de Vie- le Verbe fécondant :


« Le Verbe au commencement était sur les eaux. A cause du Verbe, les  eaux devinrent fécondes et fécondantes. Les arbres bourgeonnèrent, fleurirent et  fructifièrent dès le commencement des temps.

 L’eau qui montait à travers eux devenait suc nourricier, vin et vie.

 Les oiseaux et les hommes purent manger les fruits, car les fruits étaient  pour eux.

 Mais celui qui donne parfois à l’eau et à la terre mélangées une odeur  pestilentielle, celui-là, depuis le commencement, corrompt les choses et trompe  l’homme. 

 Alors, l’homme appelle la Vérité. Il cherche l’eau pure…Il aspire à la  Parole… 

Mais le destructeur de toute joie, le malin, le corrupteur salit l’eau pure, et c’est pour l’homme l’inquiétude et l’angoisse qui peuvent l’amener au désespoir ou aux pires désordres.

Cependant, il y a des êtres qui résistent au découragement, et veulent

retrouver la Source pure ! »



L’inaudible Voix continuait :


« Toi aussi, tu suivras la trace du Sang, tu remonteras le courant. Le Sang de mes Saints est encore Mon Sang. Où qu’Il se soit perdu, Il rejaillit un jour en un jaillissement de Lumière et de Paix… 

Retrouve les anciennes chroniques et tu sauras pourquoi le lieu de La Billière est choisi. »



Peut-être, la terre de Propiénous à La Billière a-t-elle porté et nourri des Saints qui sont allés jusqu’au sacrifice total pour le plus grand AMOUR ! En effet, une maison de La Billière, celle de la famille Gély, a servi de refuge au temps de la Révolution au Vicaire Général : Portalon de Rosis de Béziers.




1 11/07/1899-27/02/1992


 

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