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Saison 2012, Terminée - 3/3 Gerardmer

1 septembre 2012

Résumé de course à venir


Saison 2012, je continue - 2/3 l’Embrunman

15 Août 2012

Embrun 2/3…ou je devrais dire 3/3 car c’est déjà ma troisième participation à cette course. (Une folie diront certains, normal pour d’autre…pour moi, en m’étant inscrits 15 jours avant le départ, je me pose encore la question,…et je ne réalise pas que je vais participer encore une fois à cette course si difficile. (Certain concurrents terminent à minuit…) Récit d’un ironman qui m’est aujourd’hui familier.

 

15 Aout, 3h…une heure de levée ordinaire pour un ironman. Je suis en camping avec mon ami Cyril V. et sa famille, mais je me lève seul et déjeune seul…seul avec les mots d’encouragements reçus la veille par mes amis et ma famille, et surtout avec deux photos de mes nièces arrivées par mms et qui vont me remplir la tête et le cœur durant cette longue journée. Me voilà donc parti pour le site et le parc à vélo après mon gâteau sport avalé et un café difficilement englouti, car oui, une petit dej à 3h du mat’ on ne s’y fait jamais.

4h30, je suis dans le parc vélo, et je fais complètement abstraction de la situation. Je ne réalise même pas ce qui m’attend. Je ne veux pas y penser. Je suis là mais mon esprit est ailleurs. La première année j’étais sur cette course les yeux remplis de bonheur et une volonté de réaliser un rêve…aujourd’hui je suis un sportif aguerri qui veut donner un sens à son entrainement et qui veut encore une fois aller au bout de lui-même. Embrun à perdu de sa magie à mes yeux, mais je le sais et je l’ai compris, pour faire des ironmans et durer il faut que le mental soit fort et pour cela il faut faire abstraction de la course…je réfléchirai donc après. C’est pourquoi, je sais que ma préparation n’a pas été la meilleure, mais j’ai travaillé ce qui est indispensable : mon mental. Je finalise donc les derniers préparatifs, je m’échauffe et je me rends sur la ligne de départ. Il est 5h30, et il fait nuit.

5h50…Départ des filles, ça y est le stress monte et le cœur bat vite…6h c’est parti. Je plonge dans une eau froide, encore trop froide pour moi. Chose étonnante, quoique, je me bats dans l’eau, je n’arrive pas à m’étirer du peloton. Oui il est évident que je nage moins vite que l’an passé. Je ne voulais pas m’entrainer en natation et je le paye un peu. Les 3800 mètres avalés et le jour à peine levé je réalise une transition sans fausse note. J’ai appris, je ne me couvre pas trop, je prends mon temps, je me ravitaille et je pars tran…non ça je n’apprendrai jamais je pars taquet…et je monte les 5 premiers kilomètres avec les cuisses qui brulent…mais j’aime ça, allez comprendre.

Vélo…montagne et soleil..parfois même du vent^^

Je réalise un beau parcours vélo car je connais les difficultés et je ne gère pas mon vélo comme les autres fois. Je prends du plaisir km après km. Le vent du matin dans la vallée se trouve vouloir nous embêter toute la course car il tournera pour rester constamment de face. La montée de l’Izoard reste et est toujours aussi laborieuse. Les premières pentes monstrueuses, le vent et la route qui colle sont un défi pour les jambes et l’organisme. Mais ce n’est, et je le sais, encore que la moitié.

100km, cette barrière franchie, l’organisme s’épuise encore un peu plus et je sens mes jambes lourdes. Quand je me regarde, je me trouve maigre, je commence à me demander si j’arriverais au bout. Mais un œil sur la photo de ma nièce scotchée à mon cadre et je sens montée en moi la fierté et un regain d’énergie. (Pendant l’effort, on puise l’énergie dans son imagination, et on vie les choses différemment)

140ème km, c’est la partie la moins agréable de cette course vélo. Certains disent qu’on « randonne » à ce moment du parcours. En effet, on est seul, on navigue entre 1000m et 1300m. On subit la chaleur, le vent et ce n’est plus vraiment le vélo de haute montagne que j’aime tant…et c’est très difficile de garder un rythme. Alors, je ne veux qu’une chose…rentrer vite. Mais j’apprends par un spectateur, qui compte les participants, que je suis en 16ème position. Moi ? Cette nouvelle à pour effet de me déstabiliser et je me dis que je suis sans doute allé trop vite…et j’ai peur de le payer.

180ème km, le Chalevet..paradoxalement, j’ai mal partout et j’ai du mal à monter..étrange^^, je boucle le parcours vélo en 6h30 environ…ce qui est pour l’occasion un chrono honorable. Mais ça n’a pas beaucoup d’importance pour moi à ce moment là. Le marathon, ou plutôt les 42km de course à pied à venir m’angoissent. (On ne dit pas « marathon », bien que ce soit la même distance, mais c’est une vue de l’esprit^^)

Une transition plus tard et j’entame les premiers kilomètres avec des jambes de bois et le mental à bloque. Mais je pars vite, trop vite ! C’est comme si dans ma tête j’avais décidé, à l’avance que j’allais craquer. Je ne mange rien les 20 premiers kilomètres. Comment pouvais-je imaginer continuer à courir encore 20km avec un organisme à vide?...ça y est, 25ème km, mon calvaire commence..ahhh C’était ça mon défi, fallait-il que je craque pour me prouver que je pouvais, au prix d’un effort considérable continuer ?… je me suis battu, pas après pas, foulé après foulé, sous les encouragements de mes amis, là pour l’occasion, j’ai continué de courir. J’ai perdu beaucoup de temps et de place. Je ne sais pas si mon KO à ce moment là, est vraiment dû à ma mauvaise gestion de course, à mon manque d’entrainement, à mon manque de confiance en moi ou encore si c’est normal. Peut-être que même mieux entrainé je dois m’habituer à finir un Ironman en titubant. 42km, 4h de course à pied, je termine vidé et 29ème.

Bilan.

Cette saison 2012 est particulière pour moi. Je suis rempli de doutes, sportivement parlant je cherche à retrouver le plaisir et l’envi, c’est une année entre (parenthèses). Je viens de terminer le 4ème Ironman de ma carrière de triathlète amateur. Je suis venu contre les avis de beaucoup de monde, mais je suis venu  avant tout pour moi. Une 3ème participation en 3 ans, un top 30, je ne m’y attendais pas, mais je suis vraiment heureux et fière de ce que je viens d’accomplir


Saison 2012, c'est reparti - 1/3 l’Alpe d'Huez

30 Juillet 2012

Après un début de saison difficile dans la tête, je me suis remis en marche avec pour objectif affronter 3 épreuves majeures qui se déroulent en montagne:

   1- LD Alpe d'HUEZ

   2- Embrunman

   3- LD Gerardmer

Le triathlon de l'alpe d'Huez est à présent derrière moi, mon résumé de course...

J'avoue m'être lancé sur cette course un peu par hasard, sans objectif de performance, uniquement l'idée de plaisir en me demandant ce qui pouvait être plus difficile qu'un Embrunman...je crois avoir une réponse.

Est-ce mon manque de préparation hivernale ou alors la chaleur ou bien encore l'altitude qui ont rendus cette épreuve très difficile à mes yeux ?... Je n'aurais pas de réponse, mais ce qui c'est passé dans ma tête durant cette course à chamboulé ma vision du triathlon...

Debout 6h, la tête est prête, le vélo aussi, mon corps...nous verrons bien, mais je n'ai aucune pression. Après avoir déposé le sac de course à pied dans le 2ème parc (et oui celui que nous rejoindrons après la grosse montée de l'aple) je prends la direction du 1er parc vélo, au programme 45min de "descente' (oui car parfois...ça monte et ça pique déjà) j'arrive dans ce parc pour les derniers préparatifs habituels et surtout me concentrer car je le sais l'eau va être froide...(annoncée à 16°C..hummm je crois qu'un petit 14°C serait plus juste!)

Natation:

Départ -15min...zou échauffement, aie ça pique déjà mon corps est glacé et je claque des dents...je pense alors à 1000 choses pour évacuer cette idée de froid...puis à moins 10min du départ je me rends compte que beaucoup de concurrents sont en dehors de l'eau pour conserver un peu de chaleur...je ne rêve pas...je ne sens plus mes mains...ça va être un calvaire je le sais

Et c'est parti, 2200m (2 boucles) dans cette eau gelée, je n'arrive pas à trouver un rythme, j'ai froid et je dois faire avec....sortir le plus vite possible c'est mon objectif pour enfin stopper ce véritable moment de supplice pour mon organisme...(ma perte de poids trop importante m'a rendue encore plus frileux que d'habitude...je suis actuellement sous la barre des 58kg...)...46min, ça y est, enfin, je sors de l'eau et je cours pour aller me préparer, ma tête fonctionne au ralenti, je le sais les premiers kilomètre de vélo vont servir à me réchauffer...il me tarde d'y être :)

Vélo: (100km...et 15km de plus^^)

Après une transition habituelle, me voilà parti sur les traces du premier col de la journée...1km à peine de vélo et j'entends des voix m'encourager, ils ont fait le déplacement, ma famille est là...la course à changer dans ma tête, je vais aller au bout, pour eux, ils sont derrière moi et je me sens plein d’énergie...

Le début du parcours est relativement simple et j'arrive au pied du 1er col frais, 14km de montée. Je pars un peu vite et je lâche le groupe avec lequel je me bats depuis 20km...je m'économise un peu histoire de suivre les conseils lus la veille sur le site de l'épreuve...le groupe revient et je reste maintenant à bonne distance pour me donner une allure...La pente s'accentue, ce col est difficile (mais à l'ombre) et nous en sommes à peine à 40km de vélo...le dernier km est vraiment dur et je fini comme tout le monde à l’énergie pour profiter enfin du ravitaillement et surtout de la descente qui s'avère dangereuse. Attention aux gravillons... Un manque de lucidité et un premier virage mal négocié ...ouf je passe pas loin de la chute...(je lui ai promis de faire attention...alors je gère...)..Malgré une vitesse relative(70...80 km/h), cette descente me permet de lâcher le groupe, nous sommes à présent 2...on se tient compagnie et on se donne du rythme...jusqu'au 2ème col..

Je savais que cette partie du parcours n'allait pas être facile, c'était sans compter sur la chaleur et la pente des 5 derniers km...infernal, éprouvant, diabolique...je suis cuit. J'ai les jambes lourdes et mal au dos...je suis en train de suer à grosses gouttes. Dans cette vallée il n'y a pas d'air et mon compagnon à littéralement explosé. Je me retrouve seul face au bitume brulant. J'ai l'impression d'être au ralenti, mais je remonte des concurrents...(comment font-ils pour rouler moins vite que moi..?)...

La barre des 100km franchie, j'entame les premières rampes "monstrueuses...10%" de l'Aple...au bout de 10min je sais que ça va être très très long...je grimpe au mental...je tente de relancer régulièrement mais le vent et la chaleur rendent cette montée vraiment douloureuse pour mon organisme. Je suis déjà au bord des crampes.
Après plus d'une heure j'arrive en haut...étrange dans ma tête j'imaginais du monde comme sur le tour...et bien non :)
A ce moment précis je suis dans l'incapacité d'imaginer que je vais courir..et pourtant il va falloir...

Course à pied:

Je démarre doucement avec en tête deux mots..."tenir et finir"...c'est donc parti pour 3 boucles de 7.3km...je découvre la première boucle avec ses difficultés. (Oui car ça grimpe dur)
Courir à 2000m c'est...pas vraiment de mot pour définir comment les muscles sont à cette altitude...je suis parti sur des bases d'environ 14 km/h...je vais tenir cette allure pendant environ 2 tours.
Le dernier tour est une torture car j'ai tout donné et j'ai mal géré cette fin de course...je n'ai pas pris de gel car l'idée même me donne des maux de ventre...après 1h42 de course à pied je franchi la ligne d'arrivé au panache...vidé...heureux...et mal partout....

Bilan:

Je voudrais revenir sur une chose...je dis au début de mon résumé avoir été chamboulé...effectivement. Après mon échec de Nice et ma réalisation sur l'Embrunman j'étais presque devenu "blasé" par ce sport en me disant que finalement j'en avais peut-être fait le tour...comment retrouver la motivation après ça ?...Et bien j'ai découvert qu'il y a bien des courses à découvrir et j'avais fait fausse route...Un ironman n'est pas un aboutissement...et je suis très heureux de l'avoir compris....j'ai maintenant d'autres objectifs avec toujours comme ligne directrice "le plaisir" (même si dans la douleur je me pose souvent la question "mais pourquoi je fais ça?"...c'est uniquement une fois la ligne d'arrivée franchie que j'ai ma réponse...)

Temps total: 6h47min...

Préparation Hivernale - Putain de Picardie !!
13 Février 2012

Il est évident que je ne suis pas un homme du sud qui apprécie les fortes chaleurs....et bien sans surprise je ne suis pas un homme du Nord non plus.
Ces derniers jours, des températures polaires se sont abattues en picardie (Et sur le reste de la France) ce qui n'aide pas à la motivation et donc à la préparation hivernale.
J'écris c'est quelques lignes, qui ne sont pas glorifiantes, juste pour ne pas oublier qu'il faut savoir se bouger et se faire bouger pour garder le rythme et travailler ce foncier
si indispensable à la préparation d'une saison de course.
Alors voilà, nous sommes en Février, la saison 2011 est derrière (avec ces bons moments...comme les moins bons..avec en cloture une belle chute vélo qui m'a vallue 1 mois d'arrêt) et je me lance
dans cette nouvelle saison qui s'annonce...différente. Pourquoi ?
Comment décrire ce qui me passe par la tête après ces trois années passées à ne vivre que du triathlon, à en oublier presque les à côtés de la vie...je ne sais pas.
Je pense que pour rester motiver et continuer à vivre cette passion, il faut par moment "lever le pied" ou avoir une approche différente...j'opterai pour la deuxième solution :)
je n'ai pas rennoncé à l'idée de courire un iron, mais la decision sera prise certainement dans les dernières semaines car je veux avoir l'envie et l plaisir de m'entrainer sans contrainte et sans pression.
Etant un homme de la montagne (ce qui pourra en faire sourire certains), preuve en est , ma voiture est immatriculée dans le 74...quoi de plus normale donc que de vouloir courrir l'alpes d'HUEZ...
J'abandonne l'idée de courrir en région car l'envie n'est plus. Je pense peut-être aussi préparer un marathon pour la fin de saison.


Embrunman 2011- Et de deux…sous la chaleur encore

15 Aout 2011



Décidément, moi qui préfère les conditions de course plus fraiche, cette année Embrun n’aura pas été épargné par la chaleur…

2h50 : Après une nuit très courte, le réveil résonne dans ma tête…un petite douche, un petit déjeuner bien morose. On ne peut pas dire que je raffole de  mon « gâteaux sport »…mon truc à moi c’est plutôt brioche et Nutellas…mais je fais le métier. Je termine le tout avec pour seule compagnie la TV de l’hôtel…cette année j’ai décidé d’affronter ce monstre seul,…pourquoi ? Juste sur un coup de tête me prouver que j’en étais capable et aller chercher dans la douleur au plus profond de moi le courage d’avancer et de continuer. Et cette fois, j'irai jusqu’au bouts quoiqu’il en coute !...surement pour effacer la déception du 26 Juin…

4h : Arrivée sur le site… je suis bien seul, le parc ouvre pourtant ses portes à 4h ? J’avance et effectivement, je fais partie des premiers installés, ce qui me change de mes habitudes. (La plupart des concurrents sont dans les camping-cars et arrivent au dernier moment…) Ouf…mais le départ est à 6h…je tourne en rond et je ne vais pas m’échauffer deux heures avant !...envi de parler…c’est là qu’on se rend compte que rien ne remplacera jamais les mots d’une maman…elle attendait mon appel...juste quelques mots qui m’ont permis d’évacuer, de me concentrer et de rentrer enfin dans ma course…

5h : Échauffement, 15 min de course à pied éclairé par la lune sur la dernière ligne droite du parcours…quelques lignes…hop hop hop…il est temps d’aller dans le parc…j’ai l’esprit léger…j’imagine que mes proches sont là et qu’ils m’encouragent…les images de l’an passé m’aident beaucoup à ne pas paniquer....le stresse sur le visage des autres concurrents me rassure, "mais qu'est ce que je fais là"…c’est vraiment étrange comme sentiment!

5h50 : Je suis en combinaison près à m’élancer…le "start" est donné pour les filles…plus que 10min et la journée commence (Enfin! Le cœur est à 150 pulls)…à côté de moi, un concurrent me demande en combien je compte nager…je le regarde et lui dit euh…« 1h15 » ?!?… J’ai peur, il fait noir, j’attends,…5h59, le grand silence….6h…La course est lancée...

Natation : Je me sens bien, je nage sur mes appuis… je n’ai plus d’appréhension…après 30min je suis désorienté, j’ai mal au crane. Les lunettes me compriment et la buée me rend presque aveugle.. D’instinct, je décide de m’arrêter pour régler tout ça…ouf, il était temps, un peu plus et j’oubliai de tourner à la bouée…aller les derniers mètre et la vélo va  commencer..dans ma tête je suis déjà en haut de l'izoard...

7h05 : Après une bonne natation (52")...je reste concentré pour ne rien oublier dans l'air de transition...comme je connais la montagne et les caprice de la météo, j'enfile un sous-vêtement pour rester au chaud...aie..si j'avais su...

180...8km dé vélo:

Les 40 premiers km…facile…je suis frais, je connais…je m’envole…il fait déjà chaud et la lumière du soleil sur le lac est magnifique…même concentré, on est obligé d’être en admiration devant ce spectacle…

60km…Après un passage survolté dans la vallée, je remonte sur la première féminine…je suis compté 17ème…j’ai l’impression de ne pas forcer…mais j’en laisse et j’ai chaud…c’est supportable…mais j’ai vraiment chaud…un des concurrents que je double me regarde et me dis…attention gamin…c’est dur ! (« Pfuuu » je connais.. je l’encourage…il avait raison)

75km…J’entame les premières pentes de l’Izoard…aie, j’ai mal au ventre…la pizza de la veille n’était peut-être pas une si bonne idée…(Les douleurs gastriques deviennent de plus en plus difficiles à supporter)…se rajoute à ça la difficulté de la pente. L’an passé j’avais un 39x25…cette fois j’ai tenté le 39x23…encore une erreur, car je suis vraiment dans le dur…je me fais déposer par les concurrents que j’avais doublés…je suis dans le dur, et j’ai chaud, de plus en plus.

90km…Sommet de l’Izoard, j’ai décidé de ne pas m’arrêter, j’ai perdu trop de temps et je n’ai presque pas mangé, je suis encore chargé de tout mon ravito. Si j’avais su, les 5 premiers km de descente sont un calvaire dans le froid…cette fois je décide de m’arrêter et de rajouter les manchettes…ça fait du bien…je souffle…j’avais oublié que la suite du parcours était si dur. Le plus dur en réalité, avec la fatigue, le vent et la chaleur…la moindre erreur maintenant se paie cash (Jusqu’ici, j’en ai cumulé pas mal)…

150km…je souffre et j’ai vraiment chaud, j’ai envie d’arracher ce vêtement qui me fait suer à grosse gouttes…mais pourquoi je ne m’arrête pas…dans ces moments-là on ne s’écoute pas… Aller, le palon, ce mur de 1,5km…j’ai les images dans l’an dernier en tête…ça fait vraiment très très mal…

175km…J’arrive enfin sur Embrun, je suis lessivé, j’ai chaud…plus que le CHALVET. L’an dernier elle m’avait semblé si courte…cette fois c’est interminable ! Je suis à la peine, je sers les dents, je souffle je zigzag, c’est vraiment un supplice, cette impression de ne jamais arriver en haut va me tuer…arf, enfin, je gère la descente courte et dangereuse…l’entrée dans le parc est une libération…je vais pouvoir retirer ce maillot.

Marathon…c’est long 2 tours !

Après une transition durant laquelle je profite de ma chaise pour souffler un peu, le marathon est lancé. A ce niveau-là dans la tête, la seule pensée, c’est mettre un pied devant l’autre,…

10km…Je suis très surpris, je cours tranquillement et je passe en 42’. Pas si mal, je suis bien, je suis heureux, à ce rythme, j’apprécie et je savoure !

21km…La fin du premier tour, 1h40 environ, mes mollets sont à bloc et mes cuisses sont lourdes …mais il ne reste plus qu’un tour ! (J’ai vraiment très chaud…je sais que les derniers km vont être difficiles…je ne pense plus à rien)

30km…C’est la rupture nette ! Incapable de mettre un pied devant l’autre, à chaque foulée j’entends mon oreille interne qui va éclater…j’ai mal, je vois trouble, mais il faut rentrer. Pas le choix, c’est la différence avec Nice…le prochain passage devant l’arrivée c’est le bon…Je n’entends plus rien, je crois que je suis déshydraté à un niveau critique (Et pourtant j’ai beaucoup bu). Ces derniers km sont les plus difficiles de ma vie de sportif…

41km…le dernier petit km je le savoure, j’y suis arrivé et je me suis fait mal…ma tête à tenue et mon corps aussi…les encouragements me transportent jusqu'à cette foutue ligne…cette belle ligne d’arrivée…ça y est !...la frustration et la tristesse d’un Nice, non fini, sont oubliées. Je boucle l’épreuve en 11h48, 42ème position…mais tout ça n’a pas d’importance…ma victoire est personnel…je suis heureux…fière de moi…rassuré et comblé…malgré beaucoup (trop) d’erreurs j’ai beaucoup appris… Les conseils de mon coach et le travail accompli pendant toute l’année mon amené à ce résultat…Embrunman à défaut d’être un Ironman, je m’en contenterai et c’est déjà pas si mal!


Nice 2011 - Récit d'un Ironman pas comme les autres...

26 juin 2011



Après l'Embrunman 2010 réussi, dans la tête je n'avais pas imaginé que Nice 2011 pouvait m'échapper. J'avais tord.
Dimanche matin, réveille à 3h50, déjà beaucoup de questions me trottent dans la tête et mon premier réflexe est de prendre la crème solaire pour me protéger au maximum. Et si je ne supportais pas la chaleur ? "Non, tu iras au bout"..."ne rien lâcher" sont les phrases que je me suis répétées sans cesse. Mais déjà au petit déjeuner les premiers signes de déshydratation se font sentir..."Mince, je me connais, et je savais que boire était indispensable".  Je pense à autre chose et me prépare pour aller sur les lieux.

5h40: Arrivée à Nice, le speaker annonce que le parc va fermer ses portes dans 20 min...je pensais avoir le temps, mais c'était sans compter sur les 2500 triathlètes devant moi. Je suis pourtant habitué aux mouvements de foule du RER, mais je n'avais pas imaginé qu'il me faudrait autant de temps pour rejoindre mon vélo...
5h55: Entrée dans le parc, il ne me reste que 5 min pour gonfler mes pneus, mettre de la crème, enfiler la combinaison et rejoindre le départ...Le stress monte et j'essaie de faire abstraction de ce retard et me concentre sur le parcours...échauffement à sec rapide car les lieux sont envahis de triathlètes et la baignade est interdite...Plus que 10 min avant le départ.

6h30: Ça y est, j'y suis, le départ est lancé et le cœur s'emballe..les premiers mètres sont difficiles, je nage sur les autres et tente de me faire une place...200m, je perds mes lunettes,...2000m ça y est je suis enfin sur un bon rythme, mes lunettes commencent à me faire mal au crane...encore 400m et la sortie à l’australienne me permettra de retirer ces lunettes qui vont me faire exploser le crane...c'est reparti pour les derniers 1400m...tout se passe bien, 56min sans affolement...je suis dans la course. La transition est interminable, j’enfile ma tenue de vélo, c'est parti pour le premier grand défi du jour, 180km...

10km très facile malgré le vent, mais il n'est pas encore 8h et l'air est respirable...15km, la première bosse, 10%, est une formalité, je monte tranquillement...tout va bien...30km, que m'arrive t-il? Des crampes horribles dans les deux jambes? Comment est-ce possible? Je panique, je bois, je retire la plaque et mouline...la douleur s'estompe, mais je sais maintenant que ça n'ira pas en s'arrangeant.
10h30: Il fait chaud, le vent est lourd et les kilomètres se font de plus en plus dur...après chaque descente il me faut tourner les jambes avec de nouveau des crampes...sans compteur il est difficile de se rendre compte des kilomètres qui passent...mais je le sais et je gère...je ne peux m’empêcher de penser à ce foutu marathon qui m’angoisse...
12H: Plus que 20km, les derniers et interminables 20 kilomètres...le vent a tourné...allez bientôt les baskets...je sais que la course à pied est ma discipline favorite...je ne dois pas paniquer...

12h49: De retour dans le parc il n'est pas encore 13h..qu'est ce qu'il fait chaud...encore une transition interminable, je change de tenue pour enfiler la tri-fonction...encore une erreur..pourquoi mettre mes épaules à la vue du soleil, je me connais pourtant...aller hop hop hop les premières foulées sont faciles...ouf je suis dedans et je prends le rythme... Je redoutais d'avoir mal, mais non, tout semble se passer correctement... 10km, 47min...je me sens bien,... 15km aouch dur dur mais c'est normal...je garde le rythme. Un passage sous les douches... me voila trempé des pieds à la tête, moi qui ai horreur de courir les pieds mouillés, je n'ai pas fait le bon choix. Un verre d'eau sur la tête aurait sans doute suffit...20...21...22...23km que se passe-t-il? Que m'arrive t-il ? mes jambes ne répondent plus, mon corps me lâche...24km...le soleil me brule et je sens ma peau bruler...une douleur indescriptible  m'envahie...25km...c'est fini mon corps ne veut plus, pourtant ma tête me dit de continuer mais impossible, je titube...demi-tour, 27km...de l'herbe...ahhh...ça y est j'ai perdu la course...épuisé je ne réalise pas que c'est fini. Je reste là, 30 min et je rejoins le poste de secours...Je récupère un peu et retrouve ma famille...la tête va mal...comment peut-on abandonner si proche du but ?

Je ne courrai pas "pour finir" mais pour tenter quelque chose...courir un marathon en 6h quand on doit le courir en 3h20 n'est pas acceptable...dans tous les cas, même si j'avais franchi cette ligne la déception aurait été là...moindre mais présente. Maintenant, j'analyse et je me rends compte qu'un tas de petites erreurs m'ont amenées à ce résultat... mon corps était prêt, mais le moindre grain de sable à enraillé ma machine et mon organisme n'a pas supporté...Je me tiens 100% responsable de cet échec et je dois apprendre pour mieux rebondir.
Comprendre et apprendre pour mieux appréhender la prochaine...accepter que les 6 derniers mois de préparation ne sont pas vains et que de belles choses
restent à accomplir....


Je suis heureux d'avoir participé à cette aventure...même si il m'en restera, toujours un gout d'amertume...
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