années 30 350 concerts l'Orchestre national, l'Opéra-comique…

comiterogerdesormiere@gmail.com



curriculum vitæ de 1947 pour les années 30



 
au début des années 30 
à l'Orchestre philharmonique de Munich


en tout, 350 concerts dans les années 30


    Toute précision ou information sont les bienvenues.

    Pour les concerts, nous pouvons avoir parfois une dfférence d'un jour, certains journaux donnant les programmes du lendemain ou de la veille et non de la date de parution (notamment le Temps…).

   Nous finirons les années 30 au début 40 avec la mobilisation de Désormière, les années 40 débutant en septembre avec son retour à Paris…

   En bleu, parties de concerts ou même concerts non dirigés par Désormière.




1930, après la fin des Ballets russes, Désormière a peu d'activité, 
seulement 7 concerts retrouvés…

??? 1930 Paris, Salon de la Princesse de Polignac 
Markevitch     Partita pour piano et orchestre    avec Marcelle Meyer au piano

1er mars 1930 Bruxelles, Conservatoire Société Philharmonique
Mendelssohn ???
Beethoven ???
Stravinsky Pulcinella
Satie Mercure
Markevitch ???
Honegger Pacific 231













Le Ménestrel du 4 avril 1930


6 avril 1930 Paris, Salle du Petit Parisien & Excelsior 
Delalande Symphonie du Te Deum
Dieupart     Suite en fa de clavecin mise en concert
Le Guide Musical avril 1930
Montéclair Jephté (fragments)                                                                                                                                  
Mozart Concerto pour flûte et harpe
Boyce Symphonie n°5
Le Guide Musical juin 1930
4 juin 1930 Paris, Théâtre Pigalle Orchestre symphonique de Paris 
concert radiodiffusé
Rameau Acanthe et Céphise    avec Madeleine Vhita au chant
Markevitch Cantate avec Madeleine Vhita au chant
Satie Mercure
Le Guide Musical juin 1930

   Par une lettre des parents Désormière à sa sœur Tinon, sous savons qu'is purent écouter le concert en direct à Vichy par la TSF chez un voisin et profiter du succés de leur fils. Lettre du 5 juin 1930 : 





Le Figaro du 6 juin 1930
6 juin 1930 Paris, salle Peyel Orchestre symphonique de Paris gala Nirva do Rio
Albéniz    Ibéria
Albéniz    Chants d'Espagne
Granados    Danses
Falla    Danses du Tricorne
Falla    L'Amour sorcier



Le Guide Musical juin 1930

12 juin 1930 Paris, (église ?) Saint-Joseph Société de musique d'autrefois
Schütz Symphonie sacra
Krieger Lamento
Bach Actus tragicus
Bernier Motets
Grandi Motets

30 juin 1930 Paris, Châtelet… Compagnie ? Orchestre ? Chef ?
Rameau/Désormière    Ballet nocturne (d'après la Nuit de mai)    livret Etienne de Beaumont     chorégraphie David Lichine

La Semaine à Paris du 31 octobre 1930 

7 novembre 1930 Paris Grandes salle Pleyel Gala Menaka, danse hindoue 

avec Nilkanta et Bina Addy au chant 

Danses religieuses et lyriques

Reconstitution de sculptures antiques

Evocations de la vie de l’Inde

Légendes et Contes

Danse monghole

Chants de Tagore et de Vidyapatti 



Le Guide Musical décembre 1930
8 décembre 1930 Paris, salle de l'Ancien Conservatoire 
Orchestre symphonique de Paris
Haydn Symphonie n°7 "Le Midi"
Markevitch Concerto grosso     Création
Sauguet     La Nuit
Stravinsky Renard


1931, pas l'année la plus faste mais le double de 1930, 
14 concerts retrouvés…

Le Guide Musical février 1931
14 février 1931 Paris Société de musique d'autrefois
musique de chambre
Gervaise et anonymes     Danceries du XVIème siècle (travail de Désormière)
Monteverdi Madrigaux
Mozart Quatuor en ré
Bach Was mir behagt (Cantate de la chasses, n°208)






26 mars 1931 Paris, église Saint-Joseph Société de musique d'autrefois
avec la chorale de la SMA dirigée par Yvonne Gouverné
Roger Désormière et M. Seiffert ont réalisé les basses continues
Schütz Ach wie soll ich doch in Freuden leben    chanteurs Hugues Cuénod, Pierre Bernac, Henri Etcheverry
Schütz Die sieben worte Jesu Christ        chanteurs Jean Archimbaud, Guého, Hugues Cuénod, Pierre Bernac, Henri Etcheverry
Krieger Lamento        chanteurs Henri Etcheverry
Buxtehude Eins bitte ich von Herrn        chanteurs Jean Archimbaud, Marie-Thérèse Holley, Mlle Bonnal, Hugues Cuénod, Henri Etcheverry
                Panis angelicus
Bernier O decus virginum        chanteur Jean Archimbaud
                Tantum ergo grégoren
Grandi O quam tu pulchra es…



 1er avril 1931 Paris SIMC - France 
Hindemith Les Sérénades
Hindemith Concerto pour piano, cuivres et 2 harpes (Konzertmusik opus 49) Marcelle Meyer au piano

Les Nouvelles littéraires du 11 avril 1931



© Archives Erik Satie

16 avril 1931 Bruxelles, Palais des Beaux-Arts
Orchestre du groupe Pro Arte

au chant Lucienne Tragin (la Contrebasse ?), Aline Plato, Nathalie Hollevoët, Lydia Tourovetz, Marthe Kierkx, Maurice de Groote, René Letroye, Théo Mercier 


Haydn Symphonie n°7 "Le Midi"
Monteverdi Madrigaux
Satie Relâche
Sauguet La Contrebasse

30 mai 1931 Paris, Théâtre Pigalle  Opéra-ballet de Michel Benois  
Orchestre symphonique de Paris
Monsigny On ne s'avise jamais de tout    avec Mlle Catusso, Mr Dissard, Georges Gescat, Marie-Thérèse Holley         chorégraphie de  Thadée Slavinski 
Cimarosa Giannina et Bernardone avec Hélène Frey, Mlle N. Youchkevitch, Nicolas Agroff, M. Zennaro, André Dissart, George Gescat, Maria, Karnizka         chorégraphie de  Thadée Slavinski 
Prokofiev Symphonie n° 1 "Classique" (version ballet)     chorégraphie de  Thadée Slavinski     danse Mlles Vera Pietrokiewicz, Anna Ludniila, M. Turner

31 mai 1931 Paris, Théâtre Pigalle  Opéra-ballet de Michel Benois  
Orchestre symphonique de Paris
Monsigny On ne s'avise jamais de tout    avec Mlle Catusso, Mr Dissard, Georges Gescat, Marie-Thérèse Holley
Cimarosa Giannina et Bernardone avec Hélène Frey, Mlle N. Youchkevitch, Nicolas Agroff, M. Zennaro, André Dissart, George Gescat, Maria, Karnizka
Prokofiev Symphonie n° 1 "Classique" (version ballet)     chorégraphie de  Thadée Slavinski     danse Mlles Vera Pietrokiewicz, Anna Ludniila, M. Turner

Le Matin du 1er juin 1931

LES PREMIÈRES 

THEATRE PIGALLE. 

LES PREMIÈRES THEATRE PIGALLE. 

OPERA-BALLET DE MICHEL Benois. On ne s'avise jamais de tout, opéra bouffon, livret d'après Sedaine de Léon Tarie, musique de Monsigny. Giannina et Berardone, drame joyeux en deux actes, musique de Cimarosa. Symphonie classique de Serge Prokofieff 

Ce spectacle de musique coupé est aimable et reposant, il réunit maints agrémentes dont  la qualité apparaîtra entièrement quand il sera tout à fait au point et des que chanteuses et chanteurs se seront familiarisés avec leurs rôles. En tout cas, l'idée qu'a eue M. Michel Benois de puiser dans un répertoire dont on ne s'explique pas l'abandon systématique par les grandes scènes lyriques est, à notre avis, excellente.

L'acte de Monsigny a été créé, croyons-nous. à la foire Saint-Laurent, en septembre 1761. Son sujet s'apparente à la farce du temps. Il y est question d'un médecin qui, tel Bartholo avec Rosine, emprisonne sa pupille qu'il entend épouser. Malgré ses précautions et la garde de la servante, un jeune homme noble, Dorval, parvient à s'approprier la belle. Les ariettes de cet opéra-comique, dont le livret a été galamment remanié, sont charmantes  ; un ??? en est habilement traité. Les interprètes, Mlles Catusso, Marie-Thérèse Holley, MM. Dissard, Gesca et Goya manquent toutefois de légèreté. La mise en scène de M. Michel Benois est amusante, les décors et les costumes de Nathalie Gontcharova d'un curieux effet. Avec Giannina et Bernardone, les spectateurs ont un intéressant aperçu de l'abondance mélodique, de la richesse de fantaisie, de la formule brillante et de la sûreté musicale de cet admirable compositeur italien que fut Cimarosa. Que ne reprend-on de temps à autre quelqu'une de ses oeuvres La manière dont est traité cet opéra-bouffe sur un mode faussement dramatique est savoureuse. Mis en scène,  décoré  et habillé par Théodore Komisarjevsky, adorné de danses réglées par Thadée Slavinsky, ses récitatifs étant accompagnés au clavecin, il est interprété non sans relief par Mmes Hélène Frey, Youchkevitch, Karnizka, MM. Agroff, Dissard, Zennaro et Gescat.

Exécutée comme les deux ouvrages précédentes par l'Orchestre symphonique de Paris, que dirige fermement M. Roger Desormière, l'attrayante et diserte « Symphonie classique » de Serge Prokofiett permet à M. Michel Benois de présenter un bon ensemble de danses. Ordonnée, vive, réglée avec goût, la chorégraphie de M. Slavinsky a de la grâce et du bon sens. A la tête d'un corps de ballet bien entraîné, Mmes Vera Pietrokiewicz, Anna Ludmila, MM. Thadée Slavinsky et Harold Turner sont chaleureusement applaudis.

JEAN PRUDHOMME.


Chronique d'Henry Malherbe dans le Temps du 3 juin 1931

CHRONIQUE MUSICALE

AU THEATRE PIGALLE l'opéra-ballet de M. Michel Benois, « On ne s'avise jamais de tout », opéra-comique en un acte, livret de M. Léon Tarie, d'après Sedaine, musique de Monsigny ; « Giannina et Bernardone », drame joyeux en deux actes, musique de Cimarosa.

(…)

Quelques spectacles lyriques de la semaine 'dernière nous ont permis de faire une percée vers le passé. Au théâtre Pigalle, un jeune metteur en scène russe, M. Michel Benois, saisi par une belle idée d'émulation, a voulu marcher sur la trace de Diaghilew. Il a relevé et ranimé à sa façon la tradition interrompue par la mort du grand mécène slave. Son essai est encore assez timide et incomplet ; ne doutons pas qu'il ne soit un jour poussé jusqu'à l'œuvre. Dès le premier soir, M. Michel Benois, reprenant les choses de loin sinon de haut, a tiré de l'ombre l'un des premiers opéras-comiques de Monsigny, On ne s'avise jamais de tout, et un opéra-bouffe de Cimarosa, Giannina et Bernardone. Il nous a, de plus, gratifiés d'une chorégraphie librement adaptée à la Symphonie classique de M. Serge Prokofieff.

(…)

La curiosité de M. Michel Benois pour les opéras-comiques du passé se marque sous une forme nettement moderne. Un acte spirituellement vieillot comme On ne s'avise jamais de tout et qui rit encore à travers ses rides est curieusement transformé par notre nouveau metteur en scène. Tout d'abord le livret, le premier que Sedaine ait écrit, dans l'enthousiasme, pour Monsigny a été remanié non sans maladresse par un certain M. Tarie. Ce collaborateur posthume et imprévu de l'auteur du Philosophe sans le savoir a ajouté au texte original des vers incorrects et des répliques fâcheuses. Or, sous son aspect suranné, cette petite pièce à ariettes nous est chère à plus d'un titre. Sedaine n'en a-t-il pas emprunté l'intrigue à un conte de La Fontaine ? Les noms de Sedaine, de La Fontaine, de Monsigny auraient dû engager M. Tarie à plus de discrétion.

On ne s'avise jamais de tout ne vous est peut-être pas inconnu. L'ouvragé de Sedaine et Monsigny a été encore joué à Bruxelles en 1905 et repris, il y a deux ans, avec un vif succès, au théâtre-club de la Petite-Scène. L'action rappelle par plus d'un point celles de l'Ecole des femmes et du Barbier de Séville. Le vieux docteur Tue est le tuteur de la charmante Lise. Malgré son âge, il a formé le dessein de l'épouser. Il séquestre la jolie pupille et en confie la garde à l'acariâtre Margarita. Mais, au cours de ses rares sorties, Lise n'a pas manqué d'être distinguée par un brillant seigneur, Dorval. Les deux jeunes gens ne songent plus qu'à se réunir. Dorval se travestit en mendiant turc. Il parvient à éloigner le docteur Tue, achète la complicité de Margarita et donne une sérénade « ottomane » à sa belle. Dans l'intervalle il recommande à Lise de se glisser hors de chez elle en rasant les murs. Il remonte lestement chez lui, se déguise en « vieille décrépite » et, du premier étage, vide un sac de farine sur Lise qui se promène par un hasard bien combiné sous ses fenêtres en compagnie de Margarita. La duègne rentre précipitamment chez M. Tue afin de prendre un nouvel accoutrement pour Lise. Les deux amants se réfugient dans l'appartement de Dorval. Le docteur Tue, qui revient de tournée, aperçoit, de la rue, les embrassements du couple. Il ameute par ses cris la garde. Le sergent du guet ne peut que constater le flagrant délit. Le docteur Tue, plus furieux que jamais, est obligé de consentir à l'union de sa pupille avec celui qu'elle aime. M. Tarie a supprimé, on ne sait pourquoi, un épisode de la comédie qui amusait beaucoup nos aïeux, celui où Dorval se travestit en laquais bègue. Si l'on fait un retour sur l'ancienne manière lyrique on observe que la brève partition d'On ne s'avise jamais de tout est aussi agréablement amenée que possible. A la création, Grimm s'extasiait sur Monsigny et admirait fort le trio « Pauvre petite charité » qui « peut être regardé comme son chef-d'œuvre ». L'air de Margarita « Me prenez-vous pour une buse ? », les ariettes de Dorval et de Lisa, l'ariette syllabique du docteur Tue « Une fille est un oiseau » qui est restée célèbre, n'ont pas moins d'animation ingénieuse ni de grâce légère. Le temps n'a pas amorti la fraîcheur de cette musique dont la vive et tendre inspiration fait excuser les faiblesses techniques. Songez qu'On ne s'avise jamais de tout a étê joué pour la première fois à la foire Saint-Laurent, sur les tréteaux de l'Opéra-Comique à son début, le 17 septembre 1761. Monsigny ne devait donner que plus tard ses œuvres marquantes, Rose et Colas, le Déserteur, la Belle Arsène et Félix. A son apparition, On ne s'avise jamais de tout remporta une espèce de triomphe. Trois mois plus tard, le vaudeville à ariettes de Sedaine et Monsigny était par deux fois représenté à la Cour. Consécration suprême qui devait provoquer la jalousie à. l'Académie royale de musique, à la Comédie-Italienne et jusqu'à la Comédie-Française. Cinq mois après, à la suite de maintes intrigues, l'Opéra-Comique était obligé de se lier au Théâtre Italien. L'inauguration des deux théâtres désormais associés eut lieu avec Biaise le savetier et On ne s'avise jamais de tout, le 3 février 1762. « La première pièce, écrit Favart, a été reçue très froidement, la seconde a fait plaisir. L'affluence a été extraordinaire : dès midi il n'y avait plus un billet à distribuer. Plusieurs personnes ont été estropiées ; un homme a rendu l'âme dans la presse. » Ainsi le petit ouvrage de Sedaine et Monsigny a fait événement dans l'histoire du théâtre lyrique. On s'y reporte en esprit, non seulement comme à un opéra-comique d'une aimable aisance, mais aussi comme à un document précieux.

Au théâtre Pigalle, On ne s'avise minais de tout a subi d'étranges altérations. Comme je l’ai dit, le livret de Sedaine a été soumis à la choquante revision de -M, Tarie. Par ailleurs le décor gris et jaune citron de Mme Nathalie Gontcharova ne convient en aucune façon à ce délicat' vaudeville à ariettes. Mme Gontcharova ne tient aucun compte du caractère, ni du temps. L'interprétation elle-même n est accomplie qu'à demi. Dans le rôle de Lise, Mlle Catusso n'est que charmante, avec une touchante gaucherie. M. Dissard joue sans expérience le rôle de M. Tue. M. Georges Gescat chante avec goût mais semble un cavalier un peu fripé. Seule Mlle Marie-Thérèse Holley témoigne d'une belle voix.. Ajoutons qu'elle est aussi peu faite que possible pour figurer une duègne. La mise en scène de M. Michel Benois est grouillante, divertissante. Elle s'inspire des mœurs de l'époque. On voit même le cheval d'un postillon venir à l'abreuvoir dans un coin du décor. Ce souci du détail aurait dû s'étendre jusqu'au jeu des acteurs.

Giannina et Bernardone, le drame joyeux de Cimarosa, que nous avons entendu ensuite. est sans doute d'une veine plus assouplie, plus épurée. L'auditeur lettré y goûte cette facilité coulante et noble, cette verve intarissable, cette science des effets qu'admirait tant Stendhal. Giannina et Bernardone, écrit pour le theâtre Nuovo, avait été représenté à Naples en 17SS. Quelques mois plus tard, Cimarosa était appelé par la grande Catherine à. Saint-Pétersbourg, où il devait séjourner près de deux ans. Il y laissa un grand souvenir. Il était alors dans toute sa gloire. On comprend qu'un Russe comme M. Michel Benois ait voulu, dès son premier spectacle, évoquer un compositeur qui avait eu de telles attaches avec sa patrie. La trame de Giannina et Bernardone est égayée par d'innombrables incidents, pleins d'innocence. On marche de péripétie prévue en péripétie prévue. L'aventure se déroule à Venise. Le maestro Bernardone est férocement jaloux de sa femme Giannina. Le capitaine Francone se charge de donner un puissant motif à la passion du jaloux. Il simule un grand amour pour Giannina et s'enferme avec la belle. Un officier hongrois, don Orlando, débarque avec sa nièce Aurora à Venise dans le même temps. Tout en recherchant le séducteur d'Aurora, qui n'est autre que le capitaine Francone, il s'intéresse au sort de Giannina. Celle-ci, qui craint les fureurs de son mari, s'est réfugiée à l'auberge tenue par son frère Masino. Dans la nuit, elle veut regagner le domicile conjugal. Mais Bernardone a verrouillé la porte. Giannina, en chemise, grelotte sous le froid nocturne. Elle supplie Bernardone de la laisser rentrer. Il s'y refuse. Alors, comme dans George Dandin, la jeune femme feint un violent désespoir et déclare qu'elle va se noyer dans le canaL Elle jette une grosse pierre dans l'eau. Bernardone croit que sa femme s'est suicidée. Il se précipite au secours de la fausse noyée et pousse des cris si aigus qu'il réveille tous les personnages. Giannina profite de l'occasion pour se glisser dans la maison, où elle se barricade. Du haut du balcon, elle interdit à son mari de franchir désormais le seuil de sa demeure. Tumulte. Don Orlando reconnaît en Francone le suborneur de sa nièce. Sabre en main, il le contraint à épouser Aurora. Bernardone, trop faible pour lutter contre ses ennemis ligués, s'enfuit au loin.

Nous assistons, au second acte, au repas de noces de donna Aurora et de Francone. Bernardone est devenu un chanteur ambulant. II surgit au milieu des convives et, s'acçompagnant de sa guitare, il leur débite une complainte où il décrit sa propre mésaventure et accuse Francone de l'avoir trompé. Tous les invités se récrient. Don Orlando brandit encore son sabre. Bernardone finit par se réconcilier avec Giannina qui n'a jamais cessé de l'aimer.

Le drame joyeux de Cimarosa, qui avait été représenté à Paris dès 1801, est loin de valoir son chef-d'œuvre, Il malrimonio segreto, ou même la Ballerina amante et II trame deluse. La partition, composée d'une plume légère, est une esquisse rapide encore attachante d’acçent. Dans sa partie frivole et carnavalesque, elle paraît toute spontanée. Quelques pages. d'enchantement annoncent Mozart qui, à l'époque, végétait misérablement à Vienne. La troupe de M. Michel Benois enlève avec plus de brio Giannina et Bernardone qu'On ne s'avise jamais de tout. Les décors et la mise en scène de M. Théodore Komisarjevsky plaisent par leur couleur locale et leur subtil agencement. Mme Hélène Frey, qui ressemble à une madone de Raphaël, est une actrice lyrique racée qui paraît avoir été formée par Mme Kousnetzoff. Elle a emprunté à la grande chanteuse la beauté d'allure et la technique, sinon la voix. Mlle N. Youchkevitch porta avec élégance le fastueux costume vénitien des patriciennes du dix-huitième siècle. M. Nicolas Agroff est un chanteur intelligent. M. Zennaro traduit d'une voix mordante les répliques de don Orlando. MM. André Dissard, Georges Gescat et Mme Maria Karnizka mettent beaucoup de zèle et d'ardeur à animer les personnages de Francone, Masino et Lauretta.

Le spectacle se termine sur la Symphonie classique de M. Serge Prokofieff, transformée en ballet. La scène est occupée de chaque côté par quatre panneaux,blancs formant portants et sur lesquels M. Michel Larionoff a peint en vert et terreux de monstrueuses fleurs géométriques. Une danseuse en maillot noir et une autre en maillot gros bleu dansent tour à tour avec un hidalgo et un muletier espagnol. Des danseuses en jupes roses et des cavaliers en pourpoints gris leur font cortège. La Symphonie classique de M. Prokofieff qu'on a maintes fois entendue à Paris et dont on connaît la grâce volontairement pastichée de Haydn et Mozart, n'appelait peut-être pas ce commentaire chorégraphique. Ce tableau dansant s'apparente très étroitement aux divertissements des ballets russes. M. Thadée Slavinsky, qui l'a réglé avec soin, a d'ailleurs été pendant de longues années le pensionnaire de Diaghilew. Il n'est pas surprenant qu'il soit pénétré de ses préceptes. Mlles Vera Pietrokiewicz et Anna Ludmila, MM. Harold Turner et Thadée Slavinsky lui-même se montrent à leur brillant avantage dans l'exécution de pas académiquement consacrés. M. Roger Désormière, à la tête de l'Orchestre, symphonique de Paris, fait preuve d'une autorité singulièrement renforcée. Il n'est plus obligé à défigurer les rythmes, au gré des ballerines, comme sous la tyrannique domination de Diaghilew. Il y a une vague teinte d'amateurisme sur ce spectacle de M. Michel Benois.

(…)

Henry Malherbe


1er juin 1931 Paris, Théâtre Pigalle  Opéra-ballet de Michel Benois 
Orchestre symphonique de Paris
Monsigny On ne s'avise jamais de tout    avec Mlle Catusso, Mr Dissard, Georges Gescat, Marie-Thérèse Holley     chorégraphie de  Thadée Slavinski 
Cimarosa Giannina et Bernardone avec Hélène Frey, Mlle N. Youchkevitch, Nicolas Agroff, M. Zennaro, André Dissart, George Gescat, Maria, Karnizka     chorégraphie de  Thadée Slavinski 
Prokofiev Symphonie n° 1 "Classique" (version ballet)     chorégraphie de  Thadée Slavinski     danse Mlles Vera Pietrokiewicz, Anna Ludniila, M. Turner

2 juin 1931 Paris, Théâtre Pigalle  Opéra-ballet de Michel Benois 
Orchestre symphonique de Paris
Monsigny On ne s'avise jamais de tout    avec Mlle Catusso, Mr Dissard, Georges Gescat, Marie-Thérèse Holley     chorégraphie de  Thadée Slavinski 
Cimarosa Giannina et Bernardone avec Hélène Frey, Mlle N. Youchkevitch, Nicolas Agroff, M. Zennaro, André Dissart, George Gescat, Maria, Karnizka     chorégraphie de  Thadée Slavinski 
Prokofiev Symphonie n° 1 "Classique" (version ballet)     chorégraphie de  Thadée Slavinski     danse Mlles Vera Pietrokiewicz, Anna Ludniila, M. Turner

Le Petit Parisien du 2 juin 1931

Opéra-ballet de Michel Benois.

Ce titre exprime synthétiquement ce qu'a voulu réaliser M. Benois une série de spectacles lyriques et chorégraphiques de caractère, s'appuyant sur des éléments disciplinés et homogènes, à défaut d'oiseau rare et de voix exceptionnelles. Il nous offre pour débuter deux oeuvres anciennes, opportunément exhumées et présentées avec goût.

On ne s'avise pas de tout, de Monsigny, est d'un opéra-buffa dont la verve, l'invention mélodique pleine de fraîcheur et de vivacité assortissent un marivaudage ingénu. Petit bijou du précurseur de Grétry, dont nous ne connaissions guère que le Déserteur, interprété avec élégance et franchise par Mlles Catusse, Holley, MM. Dissard, Gesca. Goya.

De Cimarosa. compositeur fécond de l'école napolitaine, émule de Mozart dont il n'a pas la sensibilité, Giannina et Bcrnardone n'est pas moins oublié. Ce « drame joyeux » atteste une limpidité de style, une richesse abondante, une bonhomie séduisante qui annoncent Rossini. Encore que peu familiarisés avec la volubilité de la diction italienne, MM. Agroff, Dissard, Zennaro, Mlles H. Prey, Yonchkevitch en donnèrent une traduction charmante et adroitement mise en scène dans un joli décor de M. Komisarjevsky. On s'explique bien le succès dont ces oeuvres jouirent au XVIIIème siècle (1763) et à une époque où les formules et les répétitions de cadence plaisaient autrement que par leur charme de désuétude.

Dans la partie « Ballet » la Symphonie classique de M. Prokofieff oppose son modernisme et servit de support à une chorégraphie établie par M. Slavinski où celui-ci témoigna à la fois de ses souples moyens salvatoires, entouré de Mlles Vera Pietrokiewicz, Anna Ludniila, M. Turner. La musique de. M. Prokofieff, aux perspectives assez indécises, se prête par sa verve rythmique, aux ressources bondissantes de la danse. Dirigeant l'orchestre symphonique de Paris, M. Desormière sut lui donner, avec la précision et la couleur, le mouvement varié qu'exige chacune de ces œuvres. 

Ch. Tersot 


3 juin 1931 Paris, Théâtre Pigalle  Opéra-ballet de Michel Benois 
Orchestre symphonique de Paris
Monsigny On ne s'avise jamais de tout    avec Mlle Catusso, Mr Dissard, Georges Gescat, Marie-Thérèse Holley     chorégraphie de  Thadée Slavinski 
Cimarosa Giannina et Bernardone avec Hélène Frey, Mlle N. Youchkevitch, Nicolas Agroff, M. Zennaro, André Dissart, George Gescat, Maria, Karnizka     chorégraphie de  Thadée Slavinski 
Prokofiev Symphonie n° 1 "Classique" (version ballet)     chorégraphie de  Thadée Slavinski     danse Mlles Vera Pietrokiewicz, Anna Ludniila, M. Turner

Le Populaire du 5 juin 1931


THÉÂTRE ET CINÉMA

THEATRE PIGALLE

"L'Opéra-Ballet"

C’est un bien louable effort que tente M. Michel Benois. Pourquoi faut-Il qu'à l'heure où, obéissant à rebours des recommandations du ministre de l'instruction publique et des Beaux-Arts, les directeurs de théâtres parisiens nous infligent toutes sortes de reprises indésirables, ce soit un animateur étranger qui se propose aux louanges de la critique et du public ? Attristante comparaison ! Soyons donc reconnaissants à M. Michel Benois.

Certes, il serait exagéré de dire que son initiative a triomphalement abouti. Il a tout de même droit à quelque reconnaissance pour son opiniâtreté et son goût. Il a engagé des acteurs, des musiciens, des danseurs ; il s'est entouré de techniciens du théâtre et de la mise en scène. Il a commandé des costumes, des décors. Bref, il a entrepris seul une tâche lourde et délicate dont nos directeurs de subventionnés s'avèrent incapables ou impuissants.

Cela dit, avouons que On ne s'avise jamais de tout de Monsigny, et Giannina et Bernardone de Cimarosa, sont des oeuvres charmantes, pleines d'embûches et de chausse-trapes, dont les interprètes ne se sont pas toujours tirés. La bleuette de Monsigny, surtout, demande des chanteurs -très exercés et une mise au point impeccable. Celle-ci et ceux-là ne répondaient pas à ces exigences. Par contre, l'opéra-bouffe de Clmarosa fut joué dans un mouvement leste et vif, comme il se devait.

En fin de soirée, les danseurs et les danseuses de M. Thadée Slavinsky ont rythmé la Symphonie classique de Prokofiev, avec une adresse et une discipline vraiment louables. Ce fut là le meilleur du spectacle.

Mais il faut apprécier sans réticence les décors et les costumes si ingénieux, si adéquats que Nathalie Gontcharova a faits pour la pièce musicale de Monsigny et' ceux que Michel Larionov a peints avec tant d'originalité  pour la symphonie dansée de Prokofiev.

Excellente mise en scène de M. Komisarjevsky. M. Desormière conduisait l'orchestre avec son intelligence et sa précision coutumières.

Roger LESBATS.



© Nicolas Guillot/Comité Roger Désormière

27 octobre 1931 Paris, Bibliothèque Nationale Société de musique d'autrefois
Monteverdi Cantai un tempo    Rita de Vincenzi
Monteverdi Sfogava con la stella Rita de Vincenzi
Monteverdi Intorno adie vermiglie     Rita de Vincenzi, Rachele Maragliano-Mori
Monteverdi Standase amor a caccia Rita de Vincenzi, Rachele Maragliano-Mori
Monteverdi Ah dolente parita Rita de Vincenzi, Rachele Maragliano-Mori
Monteverdi Maledetto sia l'aspetto Rachele Maragliano-Mori
Monteverdi Eri gia tutta mia     Rachele Maragliano-Mori
Monteverdi Si dolce il tormento Rachele Maragliano-Mori
Monteverdi La mia turca Rachele Maragliano-Mori
Monteverdi Interote speranze Rita de Vincenzi, Rachele Maragliano-Mori, quatuor Abbada Malipiera, Marcelle Lacour (clavecin)
Monteverdi Chio medoro Rita de Vincenzi, Rachele Maragliano-Mori, quatuor Abbada Malipiera, Marcelle Lacour (clavecin)
Monteverdi Romanesca Rita de Vincenzi, Rachele Maragliano-Mori, quatuor Abbada Malipiera, Marcelle Lacour (clavecin)
Lully Alceste, ouv., rondo pour l'orchestre
Lully Cadmus et Hermione (fragmts)
Lully Cadmus et Hermione : entrée de l'envie
Lully Cadmus et Hermione : air n° 1
Lully Cadmus et Hermione : air n° 2
Lully Cadmus et Hermione : le dialogue d'Arbas et Charité Marcelle Denya, André Pernet
Lully Cadmus et Hermione : air d'Hermione "Amour vois quels maux..."     Marie-Thérèse Holley
Lully Cadmus et Hermione : air de l'Amour Marcelle Denya
Lully Cadmus et Hermione : menuet "Amants aimez vos chaines" Marcelle Denya
Lully Cadmus et Hermione : scène du sacrifice au Dieu Mars     André Pernet
Programme Radio-Paris dans l'Ouest-Eclair

LULLY Alceste (extraits : ouverture et Acte III scène 5 - Pompe funèbre). Paroles de Quinault. Arrangement d'Henry Prunières.
Orchestre de la Société de Musique d'Autrefois - Avec Marie-Thérèse Holley et André Pernet au chant
Enregistré à Paris en octobre 1931 - 78t : Ultraphone  EP 429, EP 430 (P 80100/1, P 75254/7)

CD : Dante LYS 293

Désormière - Alceste ‎(1931)‎.mp4

LULLY Cadmus et Hermione (extrait : Scène du sacrifice au dieu Mars). Paroles de Quinault. Arrangement d'Henry Prunières.
Orchestre de la Société de Musique d'Autrefois - Avec André Pernet et Henri Etcheverry au chant
Enregistré à Paris en octobre 1931 - Ultraphone  EP 428 (P 80102z, P 80103z)

CD : Dante LYS 293

Désormière - Cadmus&Hermione ‎(1931)‎.mp4


   Le Petit Parisien du 29 octobre 1931

Un magnifique concert à la Bibliothèque nationale 

Le concert de musique ancienne, organisé sous les auspices de Mrs Elizabeth Sprague Coolidge, à la Bibliothèque nationale et annoncé par le Petit Parisien, a obtenu un succès considérable.

La première partie du concert comprenait un choix des œuvres de Claudio Monteverdi.

La signora Rita de Vincenzi a chanté seule un madrigal de 158? Cantai un tempo et un madrigal de 1608 Sfogava con le Stella, avec accompagnement de violoncelle.

Elle a chanté, avec la signora Rachele Maragliano-Mori, deux madrigaux de 1590 Intorno a die vermiglie et Standasse amor a caccia, et un madrigal de 1608 Ah dolente partita.

La signora Rachele Maragliano-Mori a chanté seule deux chansonnettes de 1632 Maledetto sia l'aspetto, très expressive, Eri gia tutta mia, et deux chansonnettes de 1651 Si dolce il tormento, la Mia turca, avec accompagnement de clavecin.

Les deux artistes ont ensuite chanté ensemble trois madrigaux de 1619 Interrote speranze, Chiome d'Oro, Romanesca, accompagnées par le violon et le clavecin pour Chiome d'Oro, par le violoncelle pour les deux autres. Les deux signore ont chanté avec tant de goût et de sentiment ces diverses oeuvres de Monteverdi, dont elles paraissaient comprendre, à merveille, le mouvement, qu'elles ont été très vivement applaudies. Le quatuor Abbada Malipiera et Mme Marcelle Lacour, au clavecin Pleyel. ont pris part à leur succès.

La deuxième partie avait pour but de faire entendre des fragments de deux œuvres de Lulli avec chœur et orchestre sous la direction de M. Roger Desormière.

Les fragments d'Alceste (1674) comprenaient l'Ouverture et le Rondeau pour la gloire par l'orchestre, le Récit de la nymphe de la Seine, remarquablement chanté par Mme Marcelle Denya, de l'Opéra et de l'Opéra-Comique, la Scène des Enfers, dans laquelle M. André Pernet, de l'Opéra et de l'Opéra-Comique, a interprété le rôle de Caron avec une verve puissante, une femme affligée que représentait, fort bien et avec émotion, Mme Marie-Thérèse Holley, de l'Opéra, accompagnée par les chœurs et l'orchestre. Les fragments de la deuxième œuvre de Lully Cadmus (1673) comprenaient l’Entrée de l'Envie, qui s'effectue au milieu d'un ouragan, le premier et le deuxième airs aux dissonances célèbres, exécutés par l'orchestre qui a donné à chaque morceau l'expression spéciale qu'il convenait de faire ressortir, le Dialogue d'Arbas et de Charité chanté avec esprit par Mme Marcelle Denya et M. André Pernet, l'air d'Hermiane Amour, vois quels maux. par Mme Marie-Thérèse Holley l'Air de l’amour et le charmant menuet Amants, aimez vos chaînes, chantés par Mme Marcelle Denya.

Tous ces artistes ont été acclamés ils avaient si bien exprimé les nuances différentes de ces œuvres de l'auteur que la musique de Lulli nous a paru plus variée et plus belle.

La soirée s'est terminée par la Scène du sacrifice au dieu Mars, chantée par M. André Pernet, accompagné par les chœurs et l'orchestre, avec une telle puissance que tous les assistants ont récompensé par une ovation prolongée une exécution aussi parfaite. Nous devons remercier M. Cain, administrateur général de la Bibliothèque nationale M. Lallier, administrateur de la Bibliothèque Mazarine M. Leroy, secrétaire général des Bibliothèques nationales, d'avoir organisé ce magnifique concert et de l'aimable sollicitude avec laquelle ils ont assuré la bonne harmonie de cette soirée. Ils méritent d'être félicités de leur succès. qui a dépassé toutes les espérances possibles. 

Ernest de CANTALOUP.



13 novembre 1931 Rome (Académie Sainte-Cécile ?) Société de musique d'autrefois
Lully Alceste (fragments)
Lully Cadmus et Hermione (fragments)
Lully Alceste : récit de la nymphe de la Seine    Marcelle Denya
Lully Alceste : scène des enfers    André Pernet, Marie-Thérèse Holley

26 novembre 1931 Paris Orchestre symphonique de Paris Concert Prokofiev
Prokofiev Concerto pour piano n°1    avec Serge Prokofiev au piano
Prokofiev Le Pas d'Acier (nouvelle suite)
Prokofiev Symphonie classique
Prokofiev    Andante     Création     dirigée par Serge Prokofiev

Le Ménestrel  du 4 décembre 1931 

Orchestre Symphonique de Paris 

Jeudi 26 novembre. —: Ce concert, au programme duquel ne figuraient que des œuvres de Serge Prokofieff, débuta par la Symphonie classique, désormais familière au public des auditions dominicales, et par le Premier Concerto pour piano. Interprétant lui-même la partie de soliste, l'auteur, au clavier, s'acquitta d'une tâche assez épineuse avec une brillante technique et une autorité qui lui valurent d'enthousiastes applaudissements. Vint ensuite la Quatrième Symphonie, laquelle s'apparente un peu, par les procédés de son écriture, à la Symphonie classique, puis un Andante pour cordes, lequel fut présenté comme étant une première audition, alors qu'il n'est en réalité qu'une nouvelle version instrumentale du Quatuor à cordes, op. 52. 

La séance se termina par une Suite tirée du Pas d'acier, composée de quatre parties : entrée des personnages; les commissaires, les orateurs et les citoyens ; le matelot et l'ouvrière; l'usine. Musique robuste, d'une émotion plus particulièrement cérébrale que jaillit du coeur, d'une orchestration assez souvent massive, qui ne s'attarde pas à la recherche des effets de détails, mais qui sonne toujours bien sans donner jamais l'impression de lourdeur. A l'exception de Andante, pour l'exécution duquel l'auteur prit possession du pupitre de chef d'orchestre, le concert fut dirigé par M. Roger Désormière. 

M. PITOY.


1er décembre 1931 Paris, Salle Chopin-Pleyel 1er concert de La Sérénade
Mozart Divertissement (K.270)
Massimo    Sérénade pour 2 violons    Yvonne de Casa-Fuerte et M. Temerson
Milhaud    Sérénade    sous la direction de Darius Milhaud
Sauguet    Divertissement de chambre     au piano Henri Sauguet
Markevitch   Sérénade pour violon, clarinette et basson    Yvonne de Casa-Fuerte, MM. Vacellier et 
Grandmaison 
Rieti Sérénade   sous la direction de Vittorio Rietti

15 décembre 1931 Paris, salle Gaveau Orchestre symphonique de Paris
Satie Parade
Schœnberg 2 Chorals de Bach
Markevitch     Rébus    Création    sous la direction d'Igor Markevitch
Stravinsky Le Sacre du printemps
Très belle assistance : Stravinsky, Lourié, Nabokoff, Markevitch, Bérard, Auric et sa femme, Bonjean, Jean Cocteau, Jean Desbordes, Julien Green, Max Jacob…



1932, un peu comme 1931 en mieux, 17 concerts retrouvés…

en 32, date inconnue et où ?, dirige un  Festival de musique française à Vienne 


9 février 1932 Paris, salle de l'école normale de musique 
Société de musique d'autrefois
Couperin     4ème Concert royal
Arne Soliman et Zaïde    Mlles Pierson et Varrain, Braminoff, Hugues Cuenod, Archimbaud
Cavalieri La Rappresentazione di anima et di corpo Mlles Pierson et Varrain, Braminoff, Hugues Cuenod, Archimbaud, Chœurs Yvonne Gouverné
Le Jeune     Fantaisie n°2
Purcell 3ème Fantaisie à 4 parties


Le Petit Parisien du 16 février 1932

Musique

(…)

Fondée par l'érudit M. Lionel de la Laurencie, la Société de musique ancienne ressuscite des œuvres d'autrefois totalement oubliées ou inconnues, qu'elle fait exécuter par ses adhérents sur des instrumentes authentiques. C'est ainsi que nous avons vu apparaître l'autre soir le quatuor des violes, les flûtes à bec, la flûte traversière, le luth, les harpes d'autrefois, le chitarrone, l'orgue régale, qui avaient quitté pour quelques heures les précieuses collections où ils étaient enclos. Le programme se composait de la Deuxième Fantaisie de Claude Lejeune, musicien du XVIème siècle, pièce curieuse par sa polyphonie disposée comme pour être chantée. On a entendu aussi trois Fantaisies de Purcell, l'auteur anglais du XVIIème, précurseur de certaines audaces modernes ; puis le Quatrième Concert royal du grand Couperin. avec une courante à la française, une à l'italienne, d'une opposition des plus intéressantes, une sarabande, un rigaudon et une forlane d'allure exquise. Le duo de Soliman et Zayde, opéra de Arne, musicien anglais du XVIIIème, auteur du chant patriotique Rule Britannia, est un spécimen du style galant. La perle du programme a été la reconstitution d'une partie d'une cantate-opéra de Cavalieri, la Représentation de l'âme et du corps. oeuvre faite de chœurs, d'airs, d'ensembles et de récitatifs, qui sont le vêtement du texte, et où le chant et l'instrumentation ne sont plus des artifices scientifiques, mais l'expression inspirée du drame. Sous la direction de M. Désormière, les belles voix de Mlles Pierson, Warrain, du magnifique baryton Braminoff, du ténor Cuénod, du sopraniste Archimbaud, les choeurs et l'orchestre, bien stylé par Mlle Gouverné, ont évoqué avec éloquence la pensée du Cavalieri de 1602. 

Louis SCHNEIDER.



© Archives Erik Satie




22 février 1932 Paris, salle du conservatoire  
2ème concert de La Sérénade
Bach Prélude et fugue en ré majeur        à l'orgue André Fleury   
Stravinsky Octuor pour instruments à vent
Sauguet    Polymètres, 6 mélodies sur des poèmes de Jean Paul    Création     au chant Jane Bathori    
au piano Henri Sauguet
Milhaud    Sonate pour orgue    Création     à l'orgue André Fleury

Poulenc   3 Poèmes de Louise Lalanne (Guillaume Apolinaire)    Création    

au chant Suzanne Peignot    au piano Francis Poulenc

Poulenc   4 Poèmes de Guillaume Apollinaire        au chant Roger Bourdin    au piano Francis Poulenc

Satie Le Piège de Méduse    chorégraphie Serge Lifar    mise en scène Henri Sauguet    avec Henri Sauguet (le baron Méduse), Pierre Colle (Polycarpe), Madeleine Milhaud (Frisette), Raoul Levan (Astolfo), Thadée Slavinsky (le singe)

L'Ouest-Eclair
14 mars 1932 Nantes Schola cantorum
Chabrier Le Roi malgré lui (la Fête polonaise) baryton M. André Gaudin, de l'Opéra-Comique
Chabrier Le Roi malgré lui (la Danse slave)    baryton M. André Gaudin, de l'Opéra-Comique
Fauré Requiem    baryton M. André Gaudin, de l'Opéra-Comique
Moussorgsky Tableaux d'une exposition
Fauré L'Horizon chimérique baryton M. André Gaudin, de l'Opéra-Comique
15 mars 1932 Nantes Schola cantorum
Chabrier Le Roi malgré lui (la Fête polonaise) baryton M. André Gaudin, de l'Opéra-Comique
Chabrier Le Roi malgré lui (la Danse slave)    baryton M. André Gaudin, de l'Opéra-Comique
Fauré Requiem    baryton M. André Gaudin, de l'Opéra-Comique
Moussorgsky Tableaux d'une exposition
Fauré L'Horizon chimérique baryton M. André Gaudin, de l'Opéra-Comique

 
  L'Ouest-Eclair
 CHRONIQUE MUSICALE

Le 93e concert de la Schola 

« Ah comme il dirige bien, cet enfan Madame » écrivait jadis l'amusante « Ouvreuse » à propos de Camille Chevillard. Elle eût sans doute poussé le même cri d'admiration naïve si elle avait assisté au 93ème Concert de notre Schola, conduit par M Roger Desormière. Voilà en effet un jeune chef moins de trente ans qui s'affirme déjà comme un maitre. Sa précision rythmique. son art des plans et des nuances l'égalent aux plus grands de ses ainés. Et il en faut de l'autorité et de l'expérience pour interpréter les oeuvres difficiles inscrites au programme, les Tableaux de Moussorgshy surtout. Honneur à M. Desormière qui, dés l'aube de sa carrière, se manifeste doué de toute la sûreté de l'âge mûr. Ces Tableaux d'une Exposition sont une Suite pour piano revêtue après coup d'une orchestration éblouissante par Maurice Ravel. Elle nous fût révélée autrefois par le virtuose Edouard Bernard. Pittoresques et variées ces pièces dont la fantaisie luxuriante est coordonnée par un leitmotiv cyclique, le motif de la Promenade, exposé au début alternativement par les cuivres et les archets. Ce thème a toute la saveur et le parfum caractéristiques du folklore russe tels qu'on les goûte dans les chœurs de Boris.

Et autour de cette idée conductrice, gravitent les autres dans un apparent désordre savamment calculé pour leur donner le maximum de relief l'évocation des Gnomes par les arabesques des cordes graves associées aux trilles des bassons ; celle du Vecchio Castello, par la voix plaintive du saxophone ; celle des Tuileries, jaillissement de mélodies aux modulations imprévues ; et le lourd chariot des boeufs (Bydlo) où chante le saxhorn sur de pesants accords ; l'étonnant Ballet des poussins dont les pépiements sont presque enregistrés par la combinaison des hautbois, flûtes et clarinettes aiguës, saupoudrés de pizzicati ; le dialogue burlesque du juif riche et du juif pauvre Goldenberg et Schmyi avec ses trompettes en sourdine goguenardes ; le Marché de Limoges, grouillant et caquetant la procession lente et hiératique des Catacombes ; le drolatique cauchemar de la Cabane aux pattes de poule, dont les effets rythmiques et harmoniques rappellent raideur en moins le Sacre du Printemps ; enfin la Porte de Kiev où résonnent les cloches de Bons accompagnant la réexposition du thème cyclique élargi et magnifié.

Comment se fait-il qu'au lieu de la Comtesse Mariza ou de la Princesse Czardas, Graslin ne nous offre pas le Roi malgré lui de Chabrier ? Une délicieuse opérette dont les danses truculentes ont une autre allure que les flons-flons aux airs balkaniques de leurs indignes rivales. Il s'y trouve même une valse viennoise. et Chabrier, quoique Auvergnat, réussit mieux dans ce genre que Johann Strauss II et toute sa dynastie. Dire que la Fête Polonaise du Roi malgré lui nous fut donnée dernièrement à Graslin pendant une collecte pour les mutilés ou les chômeurs. Et personne alors n'y avait pris garde, bien que son instrumentation puissante couvrit les conversations des dilettantes et le bruit des strapontins se levant au passage des charmantes quêteuses. L'Horizon Chimérique cycle mélodique dont le nostalgique lyrisme se suffit sans l'orchestre d'ailleurs séduisant de Louis Aubert. M. André Gaudin est l'interprète rêvé de cette musique sa voix fervente et nuancée est toute faite pour chanter les beaux airs de Mirmont voguant sur la mélodie fonnéenne comme les rayons de Diane Séléné sur la Mer infinie.

Et notre Schola depuis longtemps, possède toutes les qualités requises pour une parfaite traduction du suave Requiem. Que de dévotieux accents dans le début calme et confiant Que de respect craintif mais tendre dans l'Offertoire et dans le Pie Jesu chanté délicieusement par Mlle Berthomé. Quelle extase dans le Sanctus et le sublime In paradisum. Et quelle grandeur dans ï'Hosanna

Tout cela nous ravit sans nous étonner. car la Schola est la Chorale par excellence. mais aux mains d’un Roger Desormière. elle se surpasse encore. Quo non ascendet ?

Seule critique,  pourquoi les chœurs sont placés derrière l'orchestre au lieu d'être échelonnés sur les côtés comme naguère ? Il en résulte un défaut d'équilibre sonore très sensible, surtout dans le Roi malgré lui où les instruments écrasent les voix. Souhaitons que l'ancienne disposition des chanteurs, préférable, soit de nouveau adoptée.

Paul LADMIRAULT.



20 avril 1932 Hyères, Théâtre Soirée de Noailles
Poulenc Le Bal masqué    Création    Gilbert Moryn baryton au chant, Poulenc au piano
Sauguet La Voyante     Création    Gilbert Moryn baryton au chant
Nabokov    Collectionneur d'échos    Création
   Sur les ruines de l'abbaye St Bernard dominant la ville, les Noailles, Bunuel, Giacometti, Markevitch, Bérard, Auric, Nabokoff, Sauguet et Poulenc, Salvador Dali et Aldous Huxley aussi selon Markevitch sont dans l'assistance.


© Nicolas Guillot/Comité Roger Désormière
Vogue de juin 1932

(…)

   Hyères doit beaucoup de son animation intellectuelle, de sa jeunesse et de sa gaîté, à la présence du Vicomte et de la Vicomtesse Charles de Noailles, dont l'esprit cultivé est accueillant à toutes les formes d'art. Un concert organisé par leurs soins, vrai régal de musique moderne, permit d'entendre, dans la petite salle du théâtre de Toulon, décorée pour la circonstance par le peintre Bérard, d'andrinople rouge et de guirlandes de papier, des œuvres de jeunes maîtres : Poulenc, Auric, Markevitch, Sauguet, Nabokoff, remarquablement conduites par Désormières.


(Hyères ou/et Roul




19 mai 1932 Paris, Salle Chopin-Pleyel 3ème concert de La Sérénade
Haydn Concerto pour trompette Albert Adriano à la trompette
Nabokov     Chants à la vierge Marie     Renée Mahé au chant Création
Markevitch Partita pour piano et orchestre Marcelle Meyer au piano Création
Rieti     Sinfonietta Création
Prokofiev Le Vilain petit canard     Lina Lioubera-Prokofiev au chant (en fait Carolina Codina dite Lina Llubera, soprano)
Sauguet La Contrebasse (1er acte)     Lucienne Tragin, Georges Cathelat , MM Lafolie, Ronsil au chant

??? juin 1932 Paris, église St-Joseph Société de musique d'autrefois
Buxtehude Cantate Ad Cor
Monteverdi     Cantate Ave Maris Stella

Le Figaro du 13 juin 1932

Le Figaro du 16 juin 1932 (MARIE DE HEREDIA)

CHRONIQUE DES THÉÂTRES DE PARIS 

SOCIETE DE MUSIQUE D'AUTREFOIS Salut solennel, en l'église Saint-Joseph, sous la direction de M. Roger Desormières.

Je vous ai parlé ici même bien que la musique ne soit pas « ma partie » de la Société de musique d?autrefois. En m'excusant, auprès de ceux qui savent si bien parler musique au Figaro, je ne peux m'empêcher, en profane, de venir remercier les grands artistes auxquels nous avons dû, jeudi, en l'église Saint-Joseph, un concert de la plus rare et originale beauté. Voici quelques semaines, la Société nous avait déjà offert un très beau et séduisant concert de musique profane, car elle donne à ses adhérents deux concerts par an, un de musique profane, un de musique religieuse. Au programme de la récente séance religieuse, un Ave Maris Stella de Monteverdi où les voix se mêlaient à l'orgue, aux violons, aux violes et aux basses de viole commença par nous charmer par une sorte de langoureuse rigueur très particulière et très belle. Sa stricte suavité nous ouvrit les portes d'or de la méditation et de la prière musicales. Elle nous prépara à écouter, pour la première fois, cette splendide cantate de Christophe Bernhard Ich sahe an alles Thun, qui est une œuvre de la plus rare beauté et qu'interprétèrent avec maîtrise les chanteurs aux belles voix, les violons, violes ténors et basses de viole, basse continue et orgue. N'est-ce pas une idée incomparable que de ressusciter la musique d'autrefois en l'exécutant sur les instruments mêmes qui l'inspirèrent, pour lesquels elle fut conçue, notée, écrite d'après les sonorités instrumentales auxquelles l'auteur savait pouvoir demander tel effet et telle résonance ? tel prolongement ou tel cri ? Ces grandes œuvres renaissent ainsi dans toute leur fraîcheur première, dans la jeunesse intacte du rêve musical et religieux, anges puissants aux ailes longtemps repliées, qui les rouvrent dans un essor rituel immuablement retrouvé. Ainsi, la composition instrumentale jaillit et s'épanouit de nouveau en sa flore naturelle. Elle est elle-même et non copiée avec ce je ne sais quoi d'artificiel que lui imposerait son exécution sur nos instruments d'aujourd'hui. C'est, sans doute, cette beauté de résurrection qui enveloppe d'une telle majesté, d'une telle sérénité, ces cantates de jadis. Bernhard écrivit celle-ci en 1669 nous dit l'éminent président de la société, Lionel de la Laurencie à l'occasion des funérailles d'un fonctionnaire des princes de Brunswick. « De caractère grave, douloureux, elle évoque l'instabilité, la vanité des choses humaines comme les autres cantates de Bernhard elle se plie à un dispositif uniforme que l'on retrouve chez Buxtéhude et Weckmann ; après une Sinfonia (adagio) d'introduction vient un chœur, suivi d'une série de couplets chantés en solo et admettant tous la même basse nous nous trouvons donc ici en présence d'une œuvre dont les prodromes se manifestent dans l'Ave Maris Stella de Monteverdi. La conclusion s'effectue par la reprise du chœur initial. » Je tiens à citer l'analyse de M. de La Laurencie, car, au point de vue technique, sa compétence est indiscutable et me permet de me livrer ensuite à la fantaisie de mes impressions auditives. Ce qui m'a frappé, en la majestueuse ordonnance de cette cantate et en ses diverses parties, c'est sa solennité si particulièrement dix-septième siècle. C'est pour l'auditeur profane, une sorte de danse austère, un ballet sombre exécuté avec pompe et révérences devant un Dieu qui serait aussi le Roi. Ce n'est pas seulement d'inspiration religieuse et funéraire, mais également d'un noble protocole, c'est la présentation d'une âme à la cour céleste. Avec de grands saluts, un noble et puissant défunt s'avance, balaie le parvis redoutable de ses péchés emplumés et, prosterné, avec une humilité titrée, demande accueil, pardon et bonne place à la droite de Dieu. Il y a là une grandeur, une sorte de « superbe » comme on disait, et de hauteur d'outre-tombe tout à fait étonnantes. A quoi bon ces décevants, ces passagers privilèges terrestres et mortels qu'essaient de nouer, pour les fortifier, les habiletés et subtiles précisions du contre-point ? Seul, le Paradis des gens de bien, amplement drapé de phrases musicales, à grands plis vocaux soutenant le dais du Roi des rois, est un séjour de sûre majesté. Et le chœur final célèbre les certitudes austères et définitives.

C'est splendide. Le manuscrit de cette cantate se trouve dans la collection de M. Pirro, qui l'a tout spécialement confié à la Société de musique d'autrefois pour que cette œuvre soit jouée avec les instruments anciens. Après cet unique concert, la cantate éteinte rentrera dans le silence des bibliothèques, et qui sait pour combien de temps ? Nous devons donc une double reconnaissance aux grands artistes qui l'interprétèrent, et pour leur interprétation admirable et pour la résurrection momentanée de l’œuvre de Bernhard.

La fervente et pourtant charmante cantate de Buxtehude « Ad Cor » que nous entendîmes ensuite a été composée en 1680, et fait partie d'un ensemble de sept cantates, dont chacune décrit un des membres du Christ en croix, c'est toujours Lionel de La Laurencie qui nous renseigne. « Ad Cor » est la sixième de cet ensemble, et la Société en a dû également la partition à l'obligeance de M. Pirro. Ce sont des alternances d'adagios et d'allegros dont les accords et les cadences « tour à tour trépidants ou contemplatifs » dit M. Pirro, nous transportent du grave à l'aigu, de la vigueur du rythme simple et plein à des motifs d'une grâce d'arabesque ressemblant à des guirlandes en ex-voto. Un grand sens dramatique, une ferveur d'une émotion montante qui s'éploie en final du plus tragique et douloureux amour, termine cette œuvre étonnamment variée en sa brièveté. Là, nous ne retrouvons rien de la pompe solennelle de la cantate de Bernhard, les rythmes en sont humains, les frémissements en sont corporels, on y sent vraiment battre un cœur. Et, par instants, certains détails sont d'une familiarité bucolique, violes de gambe, basses, orgues, voix de basse et soprani nous ont évoqué les bergers devant la crèche, cette heure étoilée où les humbles adorèrent en toute rustique ferveur ce petit cœur divin qui commençait à palpiter. La fraîcheur, l'aube de ces accents nous a ravis, et leurs notes de rosée. La Cantate de J.-S. Bach, qui terminait cette magistrale étude d'un même mode d'expression musicale, nous a paru d'une beauté extraordinaire. La cantate Liebster Gott, wenn werd' ich sterben ? (seizième dimanche après la Trinité) exprime, nous dit-on, « pathétiquement, l'ardent désir de la mort ». Cette interprétation est motivée par l'Evangile de saint Luc qui relate la résurrection du jeune homme de Naïm. J'y ai d'abord compris le plus émouvant, le plus jubilant amour de la vie, que soulèvent jusqu'à l'allégresse, jusqu'au délire, les joies, les délices, les promesses de la jeunesse, de l'amour et de la nature au printemps. Les soli lumineux, les chœurs d'un élan si pur, les pincements nerveux, si vivants, des instruments à cordes, violons, altos, violoncelles, basses, les piétinements dansants de l'épinette, les roucoulements de l'orgue, les modulations aériennes des hautbois d'amour et de la flûte traversière qui alternent ou s'unissent en broderies sonores, en jubilations d'oiseaux ivres d'aurore et de mai, et de leurs propres chants de plus en plus resplendissants, en trilles de joie, montant toujours plus haut jusqu'à se perdre en la bienheureuse lumière. Motifs délicats, épanouis en corolles larges notes s'ouvrant, se groupant en fleurs, sons de cloches, grand bruissement de toutes les vibrations du bonheur, extraordinaire paroxysme de jeunesse.

C'est devant cette vaste, cette universelle ardeur de rythmes de vie que l'âme éblouie, brusquement, se reprend et interroge. Et voici la réponse : tout ce mirage ne dure qu'un jour ; toutes ces splendeurs, toutes ces douceurs vont s'éteindre, s'effeuiller, vont se taire, tout va changer, tout va finir, tout va mourir. Alors l'âme réclame ce qui dure, ce qui ne change point, ce qui est éternel, mystérieusement, ce qui lui donnera, après une passagère souffrance, une sérénité sans fin, un amour sans formes, un inaltérable oubli de soi-même, perdu dans la splendeur de Dieu. Et c'est cela, le désir de la mort, triomphant de ces tentations d'une heure que la voix de basse refuse alors, par trois fois, avant que le récitatif du soprano lui offre une sorte de soutien ailé, et que le choral, d'un essor puissant, vienne emporter tout à fait cet humain qui veut le ciel et le soulever de rythme en rythme, de plus en plus sûrement, largement et magnifiquement jusqu'à la sérénité.

J'ai bien mal exprimé l'enchantement musical de cet admirable concert. Certes, il attirera de nombreux nouveaux fidèles à une société déjà prospère et applaudie, dont la science, le travail, l'art, l'érudition et les maîtrises diverses font un des groupements musicaux les plus ardents, les plus originaux, les plus intéressants que nous connaissions aujourd'hui.

Gérard d'Houville.


??? juin 1932 Vienne
Mozart Symphonie n°41 en ut majeur, KV. 551, dite Jupiter



© Nicolas Guillot/Comité Roger Désormière

juin 1932 Paris, Théâtre des Champs Elysées Ballets russes de Monte-Carlo
Orchestre Straram
Auric La Concurrence    Création
Bizet Jeux d'enfants     Création
Chabrier     Cotillon     Création
Chopin/Rieti Les Sylphides
Lully/Strauss R. Le Bourgeois gentillhomme    Création

9 juin 1932 Paris, Théâtre des Champs Elysées Ballets russes de Monte-Carlo
Orchestre Straram
Lully/Strauss R. Le bourgeois gentillhomme
Auric La Concurrence
Chabrier Cotillon

12 juin 1932 Paris, Théâtre des Champs Elysées Ballets russes de Monte-Carlo
Orchestre Straram
???


13 juin 1932 Paris, Salle Chopin-Pleyel 4ème concert de La Sérénade
Offenbach La Jolie parfumeuse, ouverture
Sauguet La Voyante     au chant Madeleine Vhita
Markevitch    Partita ou Galop pour 7 instruments    Création    au piano Igor Markevitch
Poulenc Le Bal masqué au piano Francis Poulenc, violon solo Yvonne de Casa-Fuerte    au chant Gilbert Moryn
Nabokov     Collectionneur d'échos pour 9 instruments et batterie au chant Madeleine Vhita et Gilbert Moryn
Nabokov    Chants à la vierge Marie    Création
Rieti    Sinfonietta    Création



© Nicolas Guillot/Comité Roger Désormière

14 juin 1932 Paris, Théâtre des Champs Elysées Ballets russes de Monte-Carlo
Orchestre Straram
Auric La Concurrence
Bizet Jeux d'enfants
Chabrier     Cotillon

16 juin 1932 Paris, Théâtre des Champs Elysées Ballets russes de Monte-Carlo
Orchestre Straram
???    ???

18 juin 1932 Paris, Théâtre des Champs Elysées Ballets russes de Monte-Carlo
Orchestre Straram
Chopin/Rieti Les Sylphides
Auric La Concurrence
Bizet Jeux d'enfants

21 juin 1932 Paris, Théâtre des Champs Elysées Ballets russes de Monte-Carlo
Orchestre Straram
Chopin/Rieti Les Sylphides
Auric La Concurrence
Bizet Jeux d'enfants

LA MUSIQUE 

AU THEATRE DES CHAMPS-ELYSEES Les Ballets russes de Monte-Carlo

Nous ne nous plaindrons plus que la musique de M. Serge de Diaghilew qui mettait sa note aisée et féconde dans tout le spectacle lyrique n’ait pas été reprise. Des héritiers apparemment légitimes se présentent de toutes parts.

Au Théâtre des Champs-Elysées MM. René Blum et W. de Basile se montrent hommes de cœur et de goût et en appellent aux Ballets Russes de Monte-Carlo qu’ils dirigent, les deux derniers maîtres de ballet de Diaghilev, Georges Balanchine et Léonide Massine.

A l’Opéra-comique, Mme Bronislawa Nijinska qui fut elle-aussi maîtresse de ballet de Diaghilev a recueilli de son côté certains pensionnaires parmi les plus honorables de la troupe du mécène russe.

Le directeur de l’Opéra s’est piqué au jeu en engageant M. Serge Lifar, le danseur le plus en vue des dernières représentations de Serge de Diaghilew.

Ceux-là qui se prennent pour hoirs de Diaghilew se sont ingéniés à prouver leur filiation directe. Trois soirs de suite nous avons pu voir ici et là huit divertissements chorégraphiques dans la manière du Moscovite tant regretté.

Notre vision en restait brouillée. 

(…)

La révélation pleine et entière du mode d’expression introduit par Diaghilev nous était réservée au Théâtre des Champs-Elysées grâce aux soins pieux de MM. René Blum et W. de Basile, directeurs des Ballets russes de Monte-Carlo. Le modèle « diaghilien » a été ressaisi dans son secret parfois exhaussé d’un ligne, propagé d’un rôle généreux.

Le Bourgeois gentilhomme nous a été restitué en chorégraphie dans un décors somptueux de M. Alexandre Benois sur la musique frivole, valsante, allègre et dépouillée de M. Richard Strauss. La Concurrence, un ballet d’une drôlerie irrésistible de M. André Derain, nous a permis d’entendre pour la première fois une partition de la verve la plus pittoresque de M. Georges Auric. Cotillon sur la musique d’Emmanuel Chabrier est resté un divertissement plaisant malgré la faiblesse de l’instrumentation de M. Vittorio Rieti. Rien n’est plus étranger au génie explosif de Chabrier que cette orchestration pimpante et abrégée. Seul un Florent Schmitt eût pu transformer symphoniquement ces extraits pleins de feu. Nous sommes largement dédommagés par les détails de l’arrangement chorégraphique. Une troupe d’une jeunesse fougueuse et domptée où l’on compte des danseurs d’exception comme MM. Woizikovsky, David Lichine, Ladré, Borovsky, Mlles Rostova, Toumanova, Rabouchinska, Stakhova, est associée à la tâche entreprise par MM. Blum et de Basile. Pour un peu on crierait à la merveille. Ce spectacle d’une riche variété, d’une aimable aisance, d’une portée étendue, sollicite des considérations plus grandes. On m’autorisera à y revenir. C’est plaisir de rendre justice longuement à de tels efforts.

Trois ou quatre compositeurs pour l’héritage d’art laissé par Diaghilew ne sont pas de trop. On approuve que l’œuvre de féconde innovation du grand mécène russe ait été ranimée, poussée, perfectionnée, dans des ramifications heureuses. Mais la révolution de Diaghilew s’est surtout produite dans la partie décorative du théâtre. Que si nous voulons être touché par la musique vraie nous devons encore nous rabattre sur des chefs d’œuvre comme Tristan et Isolde dont M. Fürtxangler nous a donné l’autre soir à l’Opéra l’exécution la plus précieuse, la plus scrupuleuse. On sentait à tout moment qu’un pilote irréprochable était au gouvernail du navire de haut bord.

Henry Malhebbe dans le Temps du 17 juin 1932.


LA MUSIQUE 

AU THEATRE DES CHAMPS-ELYSEES spectacles des Ballets russes de Monte-Carlo (direction René Blum et W. de Basil) ; première représentation de « Jeux d'enfants », ballet en un acte de M. Boris Kochno, sur la musique de Georges Bizet, chorégraphie de M. Léonide Massine ; « les Sylphides », ballet en un acte de M. Fokine, sur la musique de Chopin. 

Je m'étais promis de revenir avec un peu de détail sur les Ballets russes de Monte-Carlo dont les premières apparitions au théâtre des Champs-Elysées ont fait événement et prestige. Mais un acte de haute réparation domine toutes les manifestations musicales de cette semaine, la glorification officielle et en quelque sorte historique de Claude Debussy. On m'excusera donc de ne déterminer que par quelques rapides aperçus le caractère de la belle entreprise de MM. René Blum et W. de Basil.

Aux divertissements des Ballets russes de Monte-Carlo, que j'ai signalés dans le dernier feuilleton, il faut ajouter Jeux d'enfants, un ballet de M. Boris Kochno, qui a excité de véritables transports d'enthousiasme. C'est un tableau chorégraphique de l'enfance dans la manière de la Boîte à joujoux, du Petit Elfe Ferme-l’Œil, de la Boutique fantasque et de la Nuit ensorcelée. La partition a été faite de quelques pages arrachées çà et là à l'œuvre de Georges Bizet. Ces pages remplies de rythme, d'allégresse et de facilité, n'ont été ni reliées ni adaptées avec une convenance parfaite. Elles ne correspondent nullement au dessein primitif du compositeur de Carmen. Toutefois elles ont suffi au chorégraphe Léonide Massine pour nous donner une vision épurée et délicate du petit monde des marmots. Dans un décor schématique, de teintes plates, bleues et blanches, un bras ganté de noir se met à tourner, comme une manivelle, au centre d'une boule d'albâtre. Aussitôt, en maillots pâles, surgissent dans l'ombre de la nuit les deux esprits « qui commandent les jouets ». Ils commencent par faire mouvoir la toupie. Au bruit du sabot tournoyant, l'enfant se réveille. Il voit s'animer les chevaux mécaniques qui évoluent et sautent comme en un carrousel. Puis deux raquettes se renvoient un volant empenné ; en une pyrrhique saccadée, des amazones simulent un combat ; des bulles de savon se mêlent et s'élèvent. Maintenant un voyageur qui a parcouru l'univers en tous sens raconte ses aventures à l'enfant extasié. Le gamin s'éprend du globe-trotter. Trois sportsmen tentent à leur tour de séduire le petit personnage. Le sauteur est plus particulièrement du goût de notre mince héros. Mais la toupie sifflante s'introduit entre les nouveaux amis et les sépare. Brouhaha. Tous les jouets fantastiques se mettent de la partie. Le bras ganté de noir s'agite de nouveau au centre de la boule d'albâtre pour faire revenir l'ordre. Sur l'intervention des deux esprits qui commandent les poupées, le guignol s'immobilise aux lueurs du jour revenu. 

Comme on le voit, le thème n'est pas des plus palpitants. Les artistes de la troupe de MM. René Blum et W. de Basil en font, comme on dit au music-hall, une attraction des plus captivantes. N'ont-ils pas, en vérité, l'âge de croire encore de tout leur coeur à cette féerie puérile ? Songez que les trois vedettes féminines de ce divertissement, Mlles. Toumanova, Riabouchinska, Baronova ont quarante-cinq ans à elles trois. Comment ne se prêteraient-elles pas à la circonstance avec toute la conviction désirable ? D'autant que la virtuosité technique est, chez elles, de monnaie courante. Leur talent est déjà ferme dans sa singulière vivacité. Mlle Toumanova, que nous avions applaudie à l'Opéra dans l'Eventail de Jeanne, a encore accentué son agilité consternante et tant vantée. Mlle Riabouchinska. incarne l'enfant avec d'impayables mines naïves et rusées. M. Woizikovsky, en joueur de golf, et M. David Lichine, en voyageur, ne sont pas moins à louer pour leur adresse accomplie.

Un intérêt plus sérieux s'attache à la reconstitution du ballet de M. Michel Fokine, les Sylphides, qui se déroule à présent dans un décor qui n'est que l'agrandissement d'un tableau célèbre de Corot. Les figures chorégraphiques y sont exécutées d'une maîtrise complète. Aux étoiles déjà citées il nous faut ajouter Mlle Blinova, aussi gracieuse que preste, Mlles Tresahar et Morosava.

Ainsi MM. René Blum et W. de Basil ont repris le travail où Diaghilew l'avait laissé. Ils en ont sauvé la plus belle part. Peut-être se préoccupent-ils moins des allégories obscures et des abstractions philosophiques dont le mécène russe s'entêtait à la fin de sa carrière. Ils ont en tout cas atteint le meilleur de la manière « dïaghilienne ». De plus, leur tact porté en toutes choses les oblige à donner une limite aux écarts et aux déformations qu'on déplorait aux derniers ballets russes. Mais les ballets russes de Monte-Carlo doivent à leur tour fournir matière à un chapitre de l'histoire de l'art. Même sous l'invocation de Diaghilew, il leur faut une plus grande faculté d'initiative, plus de libre ouverture. Pourquoi n'essayeraient-ils pas des cordes nouvelles ? Pourquoi ne nous révéleraient-ils pas des partitions inédites et mieux adaptées à leur objet ? Déjà dans une bonne veine ils se montrent disposés à s'épanouir, avides de déborder. Ils ne témoignent de quelque faiblesse que dans la musique dont ils s'inspirent et qui devraient être leur premier point de départ et d'appui. Que leur choix de partitions soit donc aussi rigoureux et raffiné que celui de leur danse. Au premier acte du Bourgeois gentilhomme, que MM. René Blum et W. de Basil ont magnifiquement adapté pour la scène chorégraphique, le maître de musique affirme à M. Jourdain « Tous les désordres, toutes les guerres qu'on voit dans le monde n'arrivent que pour n'apprendre pas la musique. » Et le maître à danser réplique « Tous les malheurs des hommes, tous les revers funestes dont les histoires sont remplies, les bévues des politiques et les manquements des grands capitaines, tout cela n'est venu que faute de savoir danser. » A l'instar de M. Jourdain, les dirigeants des ballets russes de Monte-Carlo ne sauraient-ils prendre parti entre ces deux opinions extrêmes ? (…)

Henry Malherbe dans le Temps du 22 juin 1932.



29 juin 1932 Paris, Théâtre des Chants-Elysées Ballets Alice Nikitina 
Chorégraphie Balanchine Décors Christian Bérard et Miro Orchestre Straram
Prokofieff    ???
Sauguet     Caprice
Stravinsky    La Prédiction (d'après le Baiser de la fée)
Chopin     Le Rêve (sur des préludes)
Chopin/Rieti    Galathée
Chopin/Rieti    Diane et Actéon    en duo avec Anatole Wilzak
Liszt/Rieti        La Naïade (sur la Valse oubliée)
Markevitch    Galop
Chabrier    Leçon de danse    en duo avec Anatole Wilzak

   Ces ballets furent formés par des transfuges en rupture de ban des Ballets russes de Monte-Carlo, en conflit ouvert avec de Basile, notamment financier. Cette opération montée à la hâte, affaire de survie, donnera naissance l'année suivante aux Ballets 1933.

Le Petit Parisien du 5 juillet 1932

(…)

La danseuse Alice Nikitina est demeurée fidèle aux ultimes créations des ballets russes, d'un caractère nettement moderne et même outrancier. C'est ainsi qu'elle a dansé l'autre soir, au théâtre des Champs-Elysées dans des décors de Christian Bérard et de Miro, sur des musiques de Prokofieff, de Sauguet et de Stravinsky. Cependant son talent est fait surtout de grâce classique. Dans de rapides ballets réglés par Balanchine, elle a brillé par de jolies attitudes, par ses pointes et par la façon dont elle est tombée comme une poupée dont le ressort est brisé, là elle excelle plus que dans la danse rythmique originale, plus aussi que par des variations ou des entrechats savants, des fouettés ou des jetés-battus triomphants; grâce aussi à la vertu de costumes étincelants, elle a plu. Son apparition dans le Caprice de Sauguet, le Rêve sur des préludes de Chopin, Diane et Actéon avec son tout à fait remarquable partenaire Wiltzak, la Naïade sur la Valse oubliée de Liszt, Galathée, ont été les points lumineux de ce programme. La Leçon de danse sur la musique de Chabrier a terminé spirituellement la soirée et réuni les deux artistes dans les mêmes applaudissements.

(…)

Louis Schneider.


29 novembre 1932 Paris, Salle Pleyel Orchestre symphonique de Paris 
Concert Koechlin avec Dolorès de Silvera (contralto), Catherine Urner, Armand Dubos (ténor), B. Braminoff (basse), Chorale de Mlle Nivart
Koechlin 5 Chorals ds les modes du Moyen Age op.117         Création
Koechlin Fugue en fa mineur, orch. op. 112         Création
Koechlin Fugue symphonique "Saint Georges", op. 121         Création
Koechlin La Course de printemps (inspirée du second livre de la Jungle), op. 95         Création
Koechlin 3 Poèmes extraits du Livre de la Jungle (Chanson de nuit, Berceuse Phoque, Chant de Kala-Nag) op. 18         Création à l'orchestre


L’Européen du 9 décembre 1932

 LA MUSIQUE

Un festival Charles Koechlin

Je ne crois pas que le grand public connaisse le nom du compositeur Charles Koeohlin. Quelques canîatrices s'obstinent encore à interpréter au concert ses mélodies (presque toujours les mêmes) et le silence règne sur ce musicien obstiné, si sincère qu'il quitta Polytechnique pour s'adonner à son art merveilleux, pour s'isoler dans le domaine enchanté d'où il n'a jamais essayé de sortir: Peu d'hommes ont été aussi méprisants du succès que Charles Koechlin. Travailleur incessant, ce musicien dont la technique atteint les plus hauts degrés de perfection, s'est attaché à écrire des traités de composition admirables de clarté, d'intelligence, débarrassés enfin des lourdeurs et de la phraséologie inutiles. Mais de tels ouvrages sont-ils des faits pour lancer un compositeur? N'importe, Charles Koechlin a construit un monument solide, impérissable, il a cultivé des fleurs rares. Grâce à sa science et à sa grande culture, ces fleurs ont été révélées au cours d'une séance organisée par ses amis, avec le concours de I'O.S. P., dirigé par M. Désormières, devant un public de fidèles, d'admirateurs, de passionnés.

La musique de Charles Koechlin est dans le Livre de la jungle profondément descriptive, l'orchestre plein d'effets troublants, justes, capables de créer une véritable atmosphère. La Chanson de la nuit est une poétique et impressionnante évocation de la vie nocturne, dans la forêt, l'esprit se laisse dominer par les effets obtenus avec l'orchestre ordinaire, par l'habileté d'une instrumentation habilement dosée. Mais il y a aussi, dans l'oeuvre de ce musicien, quelque chose de rude, de châtié, de sévère, qui brise souvent tout élan du coeur. La sensibilité contenue ne se fait jour que rarement. Il y a parfois des frottements qui laissent entrevoir la charpente taillée solidement, peut-être à coup de hache. Dans la puissante Course de printemps, ce tableau parfumé d'exotisme, Charles Koechlin s'efforce de peindre à. larges touches, il ne peint pas seulement, il dépeint, comme il amuse poétiquement dans l'exquise Berceuse phoque. Plus sérieux, il jongle avec la fugue et se permet, en maître qui n'ignore rien de son art les fantaisies les plus audacieuses sans tomber dans le déjà entendu. La Fugue semble, pour Charles Koechlin, jeu d'enfant. Mathématicien hors ligne, il s'est efforcé de donner un tour littéraire à ses réalisations si ingénieuses, il a cherché à capter l'attention des auditeurs par sa richesse d'écriture et son extrême subtilité. Les musiciens ne s'y trompent guère, ces fugues sont des modèles du genre, et, si elle n'ont pas le pouvoir de soulever l'enthousiasme des foules, elles produisent une impression de noblesse, d'abnégation, de pureté artistique totales.

Le chant de Kala-nag est aussi écrit avec un art incomparable! Hélas ! cette musique n'est pas de notre époque, elle est des temps prochains, elle ouvre des horizons insoupçonnés, et l'apôtre qui, sans relâche, dans le silence de son studio, isolé du monde, l'écrit, s'est donné tout entier à son art avec une foi qui ne se trouve, plus de nos jours.

Je vois Charles Koechlin avec ses yeux si clairs, lumineux comme sa musique, sa barbe grise, sa silhouette fine d'astronome, toujours si cordialement affable, si simple, si juste et si profondément humain, et j'entends encore l'architecture sonore de sa splendide et obsédante Fugué symphonique.

PIERRE BLOIS.


Le Matin du 5 décembre 1932

LES GRANDS CONCERTS 

Les concerts Pleyel, sous la baguette persuasive de M. Roger Desormière, et avec la collaboration dévouée de Mmes de Silvera et Urner, de MM. Dubos et Braminoff, ont consacré une séance entière à M. Charles Kœcblin, lui im-,posant la plus périlleuse épreuve, lui demandant de retenir pendant trois heures, par l'unique prestige de ses œuvres, l'attention des foules, tout comme s'il était Beethoven ou Wagner, seuls capables, croyait-on, de réussir un tel exploit. Loin de les en blâmer, je les félicite d'avoir voulu faire connaître au grand public un producteur acharné qui, jusqu'alors, trouva peu d'occasions de se révéler, bien que possédant, après l'immense effort de sa longue vie laborieuse, un bagage considérable.

C'est dans la période s'étendant de 1898 à nos jours que furent recueillis les éléments du copieux programme. Durant une trentaine d'années, les préoccupations de M. Kœchlin se portèrent principalement sur le Livre de la jungle, de Kipling. Sa Chanson de nuit, sa Bereeuse-Phoque, son Chant de Kala-Nag évoquent normalement la forêt sauvage, mais sa Course au printemps décrit cruellement les troubles d'un adolescent à l'éveil de la puberté. L'explicative notice de l'auteur nous prévenait que ce morceau « est souvent très polytonal, presque atonal même ». On devait, hélas s'en apercevoir. Les Cinq chorals observent un âpre style, ici obligé, puis une première Fugue affecte la forme scolaire et une seconde s'émancipe symphoniquement. Respectueux, non sans raison d'ailleurs, de ces vastes travaux opiniâtres, l'auditoire choisi a rappelé, d'un geste cordial, M. Charles Kœchlin.

(…)

Alfred Bruneau de l'Institut


Le Ménestrel du 9 décembre 1932

Mardi 29 novembre. — M. Ch. Koechlin, à l’œuvre duquel toute la soirée était consacrée, est un musicien dont il ne convient de parler qu'avec respect et admiration. Il est de ceux qui ont toujours su aimer la musique plus que « leur » musique et dont la modestie étonne et même révolte un peu. Car lorsque l'on est vraiment un maître comme lui, on a le devoir de s'affirmer plus qu'il ne l'a fait et de gagner à son œuvre un public étendu. M. Ch. Koechlin est, par les musiciens, hautement estimé comme technicien ; comme érudit, il est considéré comme l'un des hommes les plus avertis de tout ce qui intéresse l'évolution musicale... En tant que compositeur, il a droit aussi à une place d'honneur. M. Ch. Koechlin a été certes un précurseur. Des pages écrites depuis plus de trente ans n'ont rien perdu de leur éclat.

Le public a entendu avec un vif plaisir les oeuvres si différentes qui formaient le programme : les trois Poèmes de la Jungle (Chanson de nuit, Berceuse Phoque, Chant de Kala-Nag), la Course de printemps (inspirée du second livre de la Jungle), les 5 Chorals dans le style des modes du moyen âge, la Fugue en fa mineur et la Grande fugue symphonique qui nous fait assister à la lutte de deux sujets musicaux, lutte acharnée, qui grandit jusqu'au triomphe définitif du principe le plus clair, symbole de la lumière et de la beauté.

Dans les Poèmes de la Jungle, les voix sont traitées avec un sentiment dramatique, une adresse dans les gradations, une force expressive remarquables. Que l'écriture de ces poèmes est moderne et qu'il y a de vraie, d'ardente inspiration pour en animer la forme !

M. Ch. Koechlin trouve le moyen de laisser sa personnalité s'épanouir en imitant les modes médiévaux et en appliquant les règles d'un contrepoint sévère. Il donne là aux jeunes musiciens une double leçon, car tout en posant des principes rigoureux, il fait comprendre, il fait aimer ce que ces principes ont de vivant. Il transmet un flambeau...

L'interprétation du concert mérite des éloges reconnaissants. L'orchestre était dirigé par M. Roger Désormières. Mmes D. de Silvera, G. Urner, MM. Dubos, Braminoff et la Chorale Nivard eurent leur large part des applaudissements.

Marcel BELVIANES.


Le Petit Parisien du 9 décembre 1932

Musique

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L'Orchestre symphonique de Paris, dirigé par M. Desormières, a joué, salle Pleyel, des œuvres de M. Ch. Koechlin. Ce qui caractérise le compositeur, c'est l'amalgame de la forme scholastique avec l'écriture moderne, comme dans la Fugue en la mineur et la copieuse Fugue symphonique qui oppose un sujet lumineux à des développements rugueux. Plus séduisants sont les Cinq Chorals dans le style du moyen âge, l'un d'eux, dévolu aux seuls cuivres, a produit grand effet.

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Louis SCHNEIDER.



1933, toujours lente progression19 concerts retrouvés…

13 janvier 1933 Paris, Cinéma Marivaux Orchestre symphonique Pathé Natan
Mozart Concerto pour flûte et harpe Roger Cortet (flûte) et Lily Laskine (harpe)
Stravinsky Pulcinella, suite

17 janvier 1933 Paris, salle Pleyel Orchestre symphonique de Paris 
Ravel Alborada del gracioso
Ravel Concerto pour la main gauche Ravel dirige Wittgenstein au piano   Création française
Ravel Tzigane Schwarz (violon)
Ravel Valses nobles et sentimentales
Milhaud     Salade     dirigé par Milhaud
Ibert    Escale    dirigé par Ibert

 

 Le Populaire du 25 janvier 1933

Musique

Les grands concerts

Sans doute l'événement musical de ces dernières semaines est-il la première audition du Concerto pour la main gauche de M. Maurice Ravel. C'est M. Wittgenstein, pianiste mutilé d'un bras, qui l'a interprété avec beaucoup de brio.

Cette œuvre brillante, alerte, nerveuse, déroule ses sonorités vives et miroitantes avec un art prestigieux. Le deuxième mouvement, surtout, fortement rythmé et la coda finale qui s'épanouit avec une grâce délicieuse, emportent l'admiration.

Ce concerto n'est probablement pas un chef-d'oeuvre, mais il indique des tentatives audacieuses dans le domaine modal. Quand donc les compositeurs modernes comprendront-ils que c'est de ce côté qu'ils pourront donner à la musique un nouvel essor ? L'ampleur inouïe et les incroyables richesses de ce domaine appellent de valeureux pionniers.

Roger Desormière a dirigé en outre, à l'O. S. P., une exécution admirable des Valses nobles et sentimentales, qui avec le Trio et Daphnis notamment sont si chères aux coeurs de tous les raveliens.

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Roger LESBATS.




Le Mercure de France du 1er mars 1933

MUSIQUE

A l'Opéra reprise de Parsifal et de Guercoeur. Concerts divers œuvres nouvelles de M. Maurice Ravel, Jean Rivier, Antoine Mariotte, Arthur Honegger et Henri Tomasi. Mme Wanda Landowska. Opéra-Comique Reprise des Noces de Figaro.

(…)

A la demande du virtuose viennois, M. Paul Wittgenstein, amputé du bras droit, M. Maurice Ravel (suivant en cela d'illustres exemples) a écrit un Concerto de piano pour la main gauche. La difficulté de l'entreprise et les précédents aussi éveillent l'idée d'acrobatie. M. Maurice Ravel ne s'en est point soucié il a voulu écrire pour cinq doigts une œuvre aussi musicale, aussi complète que pour les deux mains, mais sans aucune recherche de virtuosité pure. Evidemment, il faut pour jouer ce Concerto, posséder à fond la technique de l'instrument, mais ce n'est qu'un moyen, et non point un but. Il y a dans ces pages une verdeur et une ingéniosité, et puis encore tant et tant de musique qu'elles prendront naturellement place près de l'autre Concerto celui que Mme Marguerite Long fit applaudir pour la première fois il y a un an. Au cours du festival que dirigeait remarquablement M. Désormière, M. Wittgenstein a donné l'œuvre nouvelle avec le plus vif succès personnel. Pour ce Concerto, M. Maurice Ravel dirigeait l'orchestre.

(…)

RENÉ DUMESNIL.



22 janvier 1933 Paris, salle Pleyel Orchestre symphonique de Paris 
Falla     Le Tricorne
Haydn Concerto pour violoncelle    Amedeo Baldovino au violoncelle ???
Bach/Koechlin     Choral "In Dir ist Freud" 
Ibert    Escales    dirigé par Jacques Ibert
Milhaud Salade Mlle R.Mahé MM.de Trévi, P.Gilles et Henri Etcheverry dirigé par Milhaud

Le Petit Parisien du 24 janvier 1933

Musique

(…)

Dimanche, un jeune chef, M. Charles Munch, venu de Strasbourg, s'installait au pupitre des Concerts Lamoureux. Il s’est révélé, par sa façon précise et très musicale de diriger la Suite de Dardanus (de Rameau), dont il a fait valoir la grâce souple et la clarté. Il a conduit la 7ème Symphonie de Schubert, aux rythmes pimpants et chantants, où se reflètent toute la joie de vivre du Vienne d'autrefois et tout le génie d'un compositeur dont nous ne connaissons vraiment que les Lieder et la musique de piano. M. Jacques Thibaud, le virtuose du violon, a été triomphalement accueilli pour le style avec lequel il a joué le Concerto en la mineur de Vivaldi et le charme ensorcelant qu'il a prêté à la Symphonie espagnofe de Lalo ; M. Charles Munch en a fait ressortir la partie concertante avec toute la couleur et l'animation voulues. Voilà un jeune chef français qui a gagné ses galons chez nous.

L'Orchestre Symphonique de Paris avait confié son programme aux mains de M. Désormière, qui a réalisé du Tricorne de M. de Falla, une exécution très soignée. M. Jacques Ibert lui a succédé au pupitre pour diriger les Escales, le beau triptyque dont il est l'auteur. Puis ce fut M. Darius Milhaud, qui a conduit Salade, ballet chanté : cette œuvre avait été donnée en 1924 aux Soirées de Paris, à la Cigale. C'est de la musique alerte, bien rythmée : c'est du contrepoint vocal, orchestral et chorégraphique, qui rappelle par instants l'allure sautillante des Femmes de bonne humeur de Scarlatti, du répertoire des ballets russes. Plusieurs morceaux chantés par les jolies voix de Mlle Mahé. MM. de Trévi, Gilles et Etcheverry ont eu les honneurs du bis, et l'auteur, cette fois, a été particulièrement fêté.

(…)

Louis SCHNEIDER



Le Mercure de France du 15 février 1933

MUSIQUE

Henri Tomasi Mélodies et Danses de Rêve. Roland-Manuel Le Diable Amoureux. M. R. Désormière à l'O. S. P. Cantate de Bach orchestrée par M. Ch. Kœchlin. Deuxième concert du « Triton ». Concerts divers. Méfaits du snobisme. La démission de M. Rhené-Baton.

(…)

Le dimanche suivant, ce fut M. Roger Désormière qui prit la baguette. Il conduisit avec un magnifique brio le Choral de Bach, En Toi est la joie, orchestré par M. Charles Kœchlin. Cette orchestration est simplement une merveille et je ne connais rien qui soit à la fois plus original et plus respectueux de la pensée et du style de Bach que l'emploi des cuivres pour l'exposition de cette phrase d'allégresse. Page magistrale, et digne à la fois du maître qui l'inspira et du compositeur de la Fugue Symphonique et de la Course de Printemps (que nous souhaitons retrouver bien vite au programme d'une de nos associations).

Avec non moins de sûreté, M. Roger Désormière a conduit le délicieux Tricorne de M. Manuel de Falla et la joyeuse Salade de M. Darius Milhaud, dont la partie vocale a été fort bien exécutée par Mlle R. Mahé, MM. de Trévi, R. Gilles et Etcheverry.

(…)

RENÉ DUMESNIL.



4 février 1933 Paris, Radio Paris 6ème concert de la Sérénade
en fait concert sans chef d'orchestre
Berg Suite lyrique Création française
Sauguet Les Jeux de l'amour et du hasard   Création
Milhaud  Deux quatuors vocaux   Création
Schubert Dieux est mon guide 
Poulenc Sept Improvisations Création
Schubert Quintette en la majeur

19 février 1933 Paris, salle Pleyel Orchestre symphonique de Paris 
Schubert     Ouverture italienne
Ravel Concerto pour piano en sol     Janine Weil (piano)
Bach 2 Chorals et 1 fugue a capella Chorale des instituteurs et professeurs de la Ville de Paris
Beers Concerto pour soprano, saxophone et piano     Marcelle Gerar (chant), Jules Viard (sax), Janine Weil (piano)

Le Matin du 20 Février 1933  

LES GRANDS CONCERTS 

(…)

Il y avait, chez Colonne, des choeurs de M. Florent Schmitt chez Lamoureux, l'Injuste Mort, de M. Adrien Raynal et, chez Pleyel, un Concerto pour soprano. saxophone et piano de M. Jacques Beers. L'idée de destiner à la voix un concerto, tentait déjà dernièrement M. Kassern. Je vous en ai parlé. Rien de moins inattendu, la mode voulant qu'un chanteur, privé d'articuler l'habituel texte littéraire, se bornant à l'émission de vagues voyelles, soit considéré comme l'équivalent d'un corniste, d'un tromboniste ou d'un clarinettiste. Et vous savez quel engouement universel suscite à l'heure présente le saxophone, roi du jazz. Quant au piano, je n'ai pas à vous apprendre ses antécédents glorieux dans les annales de la virtuosité. 

M. Beers a donc réuni ces trois éléments. Il en tire des effets assez curieux bien qu'un peu monotones. Ses interprètes, Mmes Gérar et Weill, M. Viard, le secondent d'ailleurs au mieux, accompagnés par un orchestre réduit et discret que dirige attentivement M. Roger Désormière. 

(…)

Alfred Bruneau, de l'Institut


Le Petit Parisien du 21 février 1933

Musique

(…)

Dirigé par M. Désormières. l'Orchestre symphonique de Paris a fait entendre un concerto inédit de M. J. Beers. Ce concerto est bizarrement écrit pour la voix sans paroles, le saxophone, le piano et la masse instrumentale. Il est conçu en trois mouvements selon la forme classique ; ce qui lui manque le plus, ce sont les idées que la déformation orchestrale par le jazz ne saurait remplacer. Le beau soprano de Mlle Marcelle Gérar a été mis au service de la partie vocale ; Mlle Janine Weill a prêté son parfait sens musical aux accents du piano, et M. Viard a été l'expert saxophoniste donnant la couleur spécialement monotone, mélancoliquement alerte, voulue par l'auteur. Mlle Janine Weill avait d'abord montré dans l'interprétation du Concerto de Maurice Ravel son brio, sa virtuosité, sa pénétrante compréhension.

(…)

Louis SCHNE1DER



1er mars 1933 Paris ???? ????

14 mars 1933 Paris, Ecole Normale de Musique Orchestre symphonique de Paris 
œuvres dédiées à la Princess de Polignac
Milhaud    Les Malheurs d'Orphée dirigés par Darius Milhaud
Tailleferre Ouverture
Markevitch    Partita     Igor Markevitch au piano
Fauré     Pelléas et Mélisande
Poulenc    Concerto à 2 piano    Francis Poulenc et Jacques Février aux piano
Ravel     Pavane pour une Infante défunte dirigée par Ravel

Le Ménestrel du 21 mars 1933 

Orchestre Symphonique de Paris 

Mardi 21 mars. — L'O.S.P. vient de rendre à la Princesse Edmond de Polignac un hommage digne de l'illustre amie des musiciens et de la musique. Ce n'est point, toutefois que la soirée ait présenté dans toutes ses parties une qualité constante. L'opéra de chambre de M. Darius Milhaud, les Malheurs d'Orphée, conserve son aigre audace. La même fraîcheur éclate dans la Suite qu'écrivit, il y a quelque quarante ans, pour le drame de Pelléas, Gabriel Fauré. Le Concerto à deux pianos de M. Francis Poulenc a été joué par l'auteur et M. Jacques Février avec une franchise, une précision, une netteté de rythme et de son absolument hors de pair. C'est là une musique peu riche assurément, mais d'idée libre et aisée. Ne pas forcer son talent est une remarquable sagesse. 

La Partita de M. Igor Markewitch, jeune scythe de vingt ans, a, par son parti pris d'acide dissonance, désorienté le public pourtant conquis par l'exceptionnelle virtuosité pianistique de l'auteur. Par contre une Ouverture de G. Tailleferre, toute rossinienne de fougue et d'allégresse, a obtenu l'adhésion de tous. Signalons enfin le vif succès qui est allé à M. Ravel, monté au pupitre pour diriger sa Pavane pour une Infante défunte. 

Roger CROSTI. 



 
21 mars 1933 Paris, Salle Pleyel Orchestre symphonique de Paris
Hommage à la princesse de Polignac 
aussi Cortot, Milhaud et Ravel
Poulenc Concerto pour 2 pianos Jacques Février et Francis Poulenc aux pianos
Markevitch Partita Igor Markevitch au piano
Tailleferre Ouverture

24 mai 1933 Paris, salle Gaveau 7ème concert de La Sérénade et Alanova
Milhaud La Mort d'un tyran (poème dansé) F. Holney (chant), chorale Nivard    danse Alanova
Nabokov Fanfare     danse Alanova
Popow Septuor      danse Alanova
Rieti     Tableaux de cinéma danse Alanova
Satie Socrate     F. Holney (chant)     danse Alanova


1er juin 1933 Paris, Théâtre des Champs-Elysées  Ballets Alanova
Orchestre symphonique de Paris
Ravel Daphnis et Chloé (extraits)     Alanova
Wagner Mort d'Yseult     Alanova
Milhaud La Mort d'un tyran     Alanova, chorale Nivard
Liszt/Rieti Extase     Alanova
La Semaine à Paris du 16 juin 1933


La Semaine à Paris du 9 juin 1933

   Après 32 et la concurrence des ballets de Bronislava Nikinska, 33 voit Balanchine arriver avec ses Ballets 1933, dirigés par Abravanel face aux Ballets russes de Monte-Carlo de Massine dirigés par Désormière.

La Semaine à Paris du 16 juin 1933
9 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
Boccherini Scuola di Ballo
Françaix Beach
Tchaïkovski Symphonie n°5 (Les présages, ballet)

9 juin 1933 Paris, salon de la princesse de Polignac Orchestre symphonique de Paris
Markevitch         Hymnes     Création

   Le Figaro du 11 juin 1933
   Une assistance d'élite applaudissait, avant-hier, chez la princesse Edmond de Polignac, une œuvre importante d'Igor Markevitch : Hymnes, pour orchestre. Le succès de ce jeune compositeur a été très vif.

   Comme il y avait aussi un gala des Ballets russes de Monte-Carlo, on peut supposer que c'est ce soir-là que dirigea le mystérieux Perre Kolpitroff.

12 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
Strauss/Désormière    Le Beau Danube    décors et costumes de Constantin Guys        danseurs Léonide Massine, David Lichine, Alexandra Danilova     

14 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
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16 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
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19 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
Auric La Concurrence
Tchaïkovsky Présages (Vème symphonie)
Bizet Jeux d'enfants

21 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
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23 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
Chopin    Les Sylphides
Françaix Beach
Strauss/Désormière    Le Beau Danube

26 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
Françaix Beach
Auric Les Matelots
Chabrier Cotillon

26 juin 1933 Paris, salle Gaveau Orchestre symphonique de Paris

Comme il y avait aussi un gala des Ballets russes de Monte-Carlo, on peut supposer que c'est à nouveau le mystérieux Perre Kolpitroff qui dirigea.


28 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
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30 juin 1933 Paris, Théâtre du Chatelet Ballets russes de Monte-Carlo
Auric La Concurrence
Françaix Beach
Boccherini Scuola di Ballo


LES BALLETS RUSSES DE MONTE-CARLO 

« les Matelots », ballet en cinq tableaux de M. Boris Kochno, musique de M. Georges Auric ; première représentation des « Présages », symphonie chorégraphique de M. Léonide Massine, musique de Pierre Tchalkowsky ; «le Beau Danube », ballet de caractère en deux tableaux, de M. Léonide Massine, musique de Johann Strauss, arrangée et orchestrée par M. Roger Désormière.

On me permettra de ne m'exprimer avec quelque détail dans les lignes qui suivent que sur les dernières créations des deux troupes de danseurs slaves maintenant en vue. Car les Ballets russes de Monte-Carlo où, sous la direction de MM. W. de Basil et René Blum, s'étaient rassemblés l'an passé les meilleurs sujets de Diaghilew, se sont partagés en deux fractions rivales celle qui continue de s'appeler, comme au début, les Ballets russes de Monte-Carlo et celle qui se pare de ce titre passager les Ballets de 1933. Je dois dire tout de suite que le premier clan a su conserver les éléments les plus reluisants et les plus nombreux de la compagnie de Serge de Diaghilew. Le deuxième groupe, quoique plus remuant et avide d'inédit, semble, en comparaison, vert, un peu mince et sans fermeté.

Que s'il vous plaît d'avoir une idée exacte de la première manière de Diaghilew, la plus chère au cœur de notre public, il faut aller au Châtelet. Sous la surveillance de M. Léonide Massine, chorégraphe de la plus haute volée, les Ballets russes de Monte-Carlo y ont ranimé d'une belle ardeur la tradition diaghilienne. Ils ont remis justement en lumière le divertissement de MM. Boris Kochno et Georges Auric, d'une si joyeuse imagination, les Matelots. On n'avait pas affiché depuis cinq ans cette œuvrette allègre et pittoresque. La musique acide, pinçante et hardie de M. Georges Auric méritait pourtant un sort plus favorable. Vous retrouverez même quelques-uns des créateurs des Matelots Mlle Danilova, MM. Léonide. Massine et Léon Woizikovsky, toujours dignes de la réputation qu'ils se sont acquise. Mlle Tatiana Chamié remplace avec vigueur et relief Mlle Sokolova dans le rôle de l'Amie. M. David Lichine, danseur qui rappelle M. Voliniue, fait valoir une intelligence et une virtuosité peu communes.

La seule nouveauté de la première soirée consistait en une « symphonie chorégraphique », d'une prétention difficilement soutenable et intitulée Présages. Les personnages, purement allégoriques, ont pour noms le Sort, la Passion, l'Action, les Tentations, le Mouvement, la Légèreté, le Héros, les Destinées, les Présages. Comme dans la Symphonie en ut mineur, de Beethoven, M. Massine a voulu évoquer le combat de l'homme contre le destin. Il a essayé de figurer emblématiquement sur la scène l'action humaine interceptée ou brisée par les tentations, l'amour et le bonheur arrêtés sans cesse dans leur marche, la légèreté présidant à toutes choses, et les hommes poussés à la guerre et finissant par triompher de la fatalité qui les poursuit. J'y découvre, pour ma part, une satire sociale assez maladroitement masquée. Vastes desseins pour un si court ballet…

La partition de la Cinquième symphonie de Tchaïkowsky est aussi redondante et banale que la décoration de M. André Masson est puérile et criarde. Pourquoi donc avoir été chercher pour la circonstance dans l'œuvre de concert de Tchaïkowsky, alors que le compositeur de Wotkinsk a laissé d'excellente musique de ballet, comme la Belle au bois dormant et Casse-Noîselle ? Mlle Irène Baronova séduit par son agilité. Mlle Tatiana Riabouchinska, en maillot azuré, représente en perfection la Légèreté. Alliant la sensibilité à la technique, M. David Lichine prête au Héros d'admirables expressions de physionomie.

MM. W. de Basil et René Blum ont été infiniment mieux inspirés en reprenant le Beau Danube. Ce ballet, d'un charme facile, avait enchanté son monde aux « Soirées de Paris », que le comte Etienne de Beaumont avait organisées il y a huit ans à la Cigale. M. Roger Désormière avait ingénieusement réinstrumenté valses, mazurkas et quadrilles de Johann Strauss. L'action frivole, que je vous ai racontée au moment de la première représentation, se déroule devant une sépia agrandis de Constantin Guys. M. Léonide Massine danse avec une flamme communicative. Mlle Danilova se montre, une fois de plus, une ballerine de très grande classe. Mlle Riabouchinska incarne délicatement une jeune fille dans sa fleur. Mlle Baronova nous offre l'image d'une, modiste singulièrement preste et attirante. En progrès marqué, M. Roger Désormière conduit l'orchestre avec une autorité nerveuse et une brûlante application. Dans ses données familières et ses tons de fraîcheur, le Beau Danube a produit l'effet le plus pénétrant.

(…)

(vient ensuite une critique plus grinçante des ballets 1933 de Balanchine…)

Henry Malherbe dans Le Temps du 14 juin 1933


Le Mercure de France du 15 juillet 1933

MUSIQUE

Société Nationale Trois sonates pour piano et violon, de M. Guy Ropartz. Ballets Russes de Monte-Carlo et Ballets 1933. M. Furtwaengler à l'Opéra. Tam-Tam, de MM. Julien Maigret et Henri Tomasi. Reprise de Phi-Phi aux Bouffes-Parisiens.

(…)

Deux compagnies de Ballets russes ont donné des spectacles à Paris l'une aux Champs-Elysées, sous le titre Ballets 1933 ; l'autre au Châtelet, sous le nom de Ballets russes de Monte-Carlo. Et celle-ci, très supérieure à celle-là, par la qualité de la troupe et le choix des programmes, nous a rappelé les meilleurs soirs du temps où Serge de Diaghilew révélait les nouveautés qui allaient exercer une influence décisive sur l'art de notre époque. La musique a sa grande part dans ces spectacles ; et ce fut, plus tard, une erreur que de subordonner le musicien au décorateur, une erreur dont le genre « ballets russes » aurait pu mourir. Il faut louer MM. René Blum, W. de Basil et Léonide Massine de s'être tenus à la plus heureuse des formules, et précisément celle qui réussit si bien à Diaghilew si leurs spectacles, fort bien composés, furent un plaisir des yeux par la danse, par la qualité des décors et l'harmonie des costumes, la musique y trouva son compte, et des partitions comme celle de Scuola di Ballo ont grandement concouru au succès de leur entreprise.

Elle est charmante, cette musique du vieux Boccherini, elle est charmante, alerte, spirituelle et merveilleusement dansante, au point que, sans dénaturer le rythme (comme il arrive si souvent lorsqu'on adapte au ballet des musiques connues et qui ne sont point faites pour cela), chaque phrase semble suggérer nécessairement le geste saltatoire que l'on voit accomplir au danseur au moment que l'orchestre la joue. La mise en scène et la chorégraphie font honneur à M. Massine, et le décor du comte de Beaumont est, comme les costumes, tout à fait réussi. L'ouvrage son titre le dit de reste est une présentation parodique d'une classe de danse. Et c'est une farce italienne débordante de vie et de belle humeur, mais une farce chorégraphique où toute la troupe fait merveille.

Dans Les Présages (sur la Cinquième Symphonie de Tchaikowsky), la réussite est moins éclatante, sans doute parce que ce ballet appartient au genre grave, philosophique, pourrait-on dire, et que ce genre est, en soi, discutable. La danse ainsi comprise apparaît comme un langage incomplet, trop vague pour exprimer ce que l'on veut lui faire dire. Je préfère beaucoup, pour ma part, Jeux d'Enfants (que nous avions vu l'an dernier), et qui, sur la musique de Bizet, présente, dans un décor simplifié de Joan Miro, des danses sans autre prétention que les ébats d'une vingtaine de ballerines délicieusement costumées. Nous avons retrouvé avec plaisir quelques autres ouvrages déjà connus Matelots, de M. Auric, Le Beau Danube, de Johann Strauss (donné par M. de Beaumont il y a une douzaine d'années aux « Soirées de Paris »), les Sylphides sur la musique de Chopin. Et l'on annonce Beach, ballet de plein air d'après un livret de M. René Kerdyck, musique de M. Jean Françaix, décors et costumes de M. Raoul Dufy, collaboration brillante dont on peut attendre le meilleur résultat.

L'orchestre, conduit par M. Roger Désormière, mène au succès une troupe au premier rang de laquelle brillent M. Leonide Massine lui-même et Mme Alexandra Danilova. 

L'abondance des spectacles offerts à notre curiosité en cette saison (et, par malice sans doute, les mêmes soirs) m'a empêché de voir aux Champs-Elysées quelques-uns des Ballets 1933. J'ai été assez déçu par Les Sept Péchés Capitaux, de M. Kurt Weil (l'auteur de l'Opéra de Quat’ sous, qui fit fureur au cinéma et dont le disque a popularisé quelques passages). La présentation en est propre à ramener à la vertu le plus endurci pécheur une lente psalmodie accompagne les évolutions chorégraphiques, et c'est un commentaire de l'action qui se déroule sous nos yeux. Elle nous montre les tentations auxquelles est exposée une ballerine, tandis que sa famille, et surtout sa sœur, demeurée dans une pauvre mansarde, chante une sorte de complainte qui évoque les aventures de la danseuse. La partition ne m'a point paru égaler celle de l'Opéra de Quat' sous, à beaucoup près. Nous avons eu un dédommagement avec Errante, un ballet dansé sur la Fantaisie en ut de Schubert, orchestrée par M. Charles Kœchlin avec toute la maîtrise et tout le goût que l'on pouvait attendre d'un tel artiste. Mais cette musique, nous la retrouverons certainement au concert. L'orchestre était dirigé par M. Abravanel qui a de l'autorité. Mlles Tamara Toumanova, Tilly Losch, L. Kylberg et M. Roman Jasinsky pour la danse, Mlle Lotte Lenja, pour le chant, se sont montrés excellents.

(…)

RENÉ DUMESNIL.



Le Matin annonce le dimanche 24 Septembre 1933 : «  LES VIRTUOSES Tito Schipa, Lotte Schoene, MM. Iturbi, Wittgenstein, Uninsky, Elisabeth Schumann, Lauri Volni, Busch, Tagliafero, Horowitz et les chefs d'orchestre Cortot, Rhené-Baton, Babaud, Coppola, Sydney Beer, Desormière, Abravanel, viennent d'être engagés par M. Monteux pour participer aux concerts de l'Orchestre symphonique de Paris, cette saison qui commencera le dimanche 15 octobre. »



5 novembre 1933 Paris, Salle Pleyel Orchestre symphonique de Paris
Chabrier     Suite pastorale
Debussy     Images (Gigues)
Debussy     Rondes de printemps
Mendelssohn     Symphonie n°4 "Italienne"
Ravel         Concerto pour la main gauche     Paul Wittgenstein au piano
Saint-Saëns Bourrée

Le Ménestrel du 10 Novembre 1933

Orchestre symphonîque de Paris 

Dimanche 5 novembre.— M.Paul Wittgenstein, au piano offre un spectacle émouvant et héroïque. Il nous souvient de cette soirée, il n'y a pas encore un an, où il fit entendre ici-même, pour la première fois au public parisien, le Concerto pour la main gauche de Ravel, qui est devenu si rapidement illustre. Ce morceau, d'un lyrisme sombre et tumultueux, est d'un accent tout spécial dans l'oeuvre du maître. Un lamentable contre-basson prélude, soutenu par une pédale aux cordes des plus profondes. Puis viennent des bouffées de rag-time et un éclatant final. L'ensemble est noble comme l'art de l'interprète à qui Mars a dévoré le bras du chant. Après Ravel, le virtuose mutilé a joué la Bourrée de Saint-Saëns, extraite des Six études pour la main gauche et, hors programme, dans un style de grandeur simple et solide, la monumentale Chaconne de Bach, arrangée pour la main gauche par Brahms. Disons franchement que la Symphonie Italienne de Mendelssohn n'est pas une oeuvre dont le maintien au répertoire des concerts s'impose. D'une facture élégante, d'une écriture claire et déliée, elle paraît cependant longue et vide d'idées. Il ne s'y passe à peu près rien. C'est le brillant exercice d'un élève comblé de dons et qui accède à la maîtrise, mais cela n'est qu'exercice, jeu, pure virtuosité. 

M. Roger Désormières, jeune, brusque, ardent, qui conduisait l'orchestre, a donné de Gigues et de Rondes de Printemps de Debussy, une remarquable interprétation : vivace et bruissante, allègre et tendre, courant à pas ailés vers un bonheur mélancolique et trempé de larmes. Peut-être a-t-il été moins heureux avec la gracieuse et charmante Suite Pastorale, de Chabrier, qui terminait la séance. Des quatre mouvements qui composent cette suite, Idylle est, suivant nous, le meilleur. 

Roger CROSTI.


1934, les débuts de l'orchestre national, plus du simple au double : 
37 concerts retrouvés…
et débuts d'une grosse actvité cinéma, 8 films



© Nicolas Guillot/Comité Roger Désormière

BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 

EXPOSITION DE LA MUSIQUE FRANÇAISE 

SOCIETE DE MUSIQUE D'AUTREFOIS 

GALERIE MAZARINE LE 25 JANVIER 1934 


Concert de Musique Ancienne avec les Instruments de l'Epoque

par la

SOCIETE DE MUSIQUE D'AUTREFOIS 

sous la Direction de M. Roger Désormière. 


Présentation par M. Henry Bidou.


1. Chansons françaises des XIVème, XVème, et XVIème siècles.

a) De tout sui si confortée                                        Guillaume de Machaut.

   Chanson baladée                                                            (1360 env.)

   Chant et harpe.

b} Mon cuer chante joyeusement                                       Binchois

   Rondeau de Charles d'Orléans                            (première moitié du XVème siècle)

   Chant, luth et harpe.

c) Mort, j'appelle de ta rigueur                                           Anonyme.

   Rondeau de François Villon                                     (seconde moitié du XVe siècle)

   Chant, luth et harpe.

d) Jouissance vous donneray                                    Claudin de Sermisy

   Paroles de Clément Marot                                                   (1529)

   Chant, flûte traversière et luth.


2. Danceries du XVIème Siècle.

a) Basse dance : « Par fin despit »                                     Anonyme

   Le quatuor des flûtes à bec, le double quatuor des violes, luths et harpe.

b) Bransle de Bourgogne.                                              Claude Gervaise

   Le quatuor des hautbois.

c) Tourdion                                                                         Anonyme

   Flûte à bec, luths et harpe.

d) Bransle simple.                                                             Anonyme

   Le double quatuor des violes.

e) Bransle de Champaigne (I).                                      Claude Gervaise

   Le quatuor de des flûtes à bec.

f) Allemande. Claude Gervaise

   Flûte à bec, luths et harpe.

g) Gaillarde.                                                                  Claude Gervaise

   Le quatuor des hautbois.

h) Bransle de Champaigne (Il)                                        Claude Gervaise

   Le quatuor des flûtes à bec, le double quatuor des violes, harpe, luths et épinette.


3. a) Ouverture de la Grotte de Versailles. (1668)               J. B. Lully

   Les violons, violes de gambe, clavecin.                          (1633·1687)

b) Plainte italienne de Psyché. (1671)

   Chant, violons, trio de flûtes à bec, clavecin, archiluths, violes de gambe.

c) Airs de danse d'Acis et Galatée. (1686)

   Les violons, flûtes traversières, hautbois, violes de gambe.

d) Armide, Acte V, Scène dernière (1686)

   Chant, violons, violes de gambe, flûtes traversières, hautbois, clavecin.


4. Quatrième Concert Royal                                                     Fr. Couperin

                                                                                                  (1666-1737) 

   Pour violon, flüte traversiere, hautbois. basson, basse de viole et clavecin. 

    Prélude. Allemande. Courante française. Courante à l'italienne. Sarabande. Rigaudon. Forlane en rondeau. 

Mme Geneviève Lorrain, Mme Lucy Dragon, M. Gromer, M. Grandmaison, Mme Bluhm-Dufy, Mme Marcelle de Lacour, 


5. Fragments de Jephté, tragédie tirée de l'Êcritulre Sainte          Montéclair 

a) Menuet.                                                                                     (1666.1131) 

b) Air d’Iphise, 

c) Douce simphonie. 

d) Pastourelle, 

e) Entr'acte. 


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                                                        Chant : Mme Marie-Thérèse Holley. 

Quatuor de flûtes à bec :            Dessus: Mme Lucy Dragon. Alto: Mme Geneviève Lorrain, 

                                                   Ténor ; M. Trembelland Basse: M. George, Marie. 

Quatuor de violes :     1ers Dessus : Mme Geneviève Lorrain, Mlle Lewis, M. Migliorini. 

                                    2ème Dessus: Mme Horiol et M. Bronschwak. 

                                    Ténors (tailles): Mme de Lamberterie et M. Jouvensal.

                                    Basses : Mme Bluhm-Dufy et M. Ladoux. 

Quatuor de hautbois : 

1er Dessus: M. Gromez. Dessus: M. Jeannoutot, 

Taille: M. Decroix. 

Basse de hautbois et basson: M. Gandmaison 

Harpe et épinette: Mme Marcelle de Lacour. 

Luths: Mme de Lamberterie et Mlle Madeleine Collin. 

Archiluths : Mme de Lamberterie et Mlle Cottin.

Flûtes traversières: Mme Lucy Dragon, M. Trembelland. 

1ers Violons : Mme Geneviève Lorrain et M. Bronshwak. 

2èmes Violons : Mlle Lewis et M. Migliorini. 

Altos : Mme Horiol, Mme de Lamberterie, M. Jouvensal. 

Violoncelles : Mme Bluhm.Dufy et M Ladoux. 

Contrebasse de viole et contrebasse: M. Georges Marie 

Clavecin: Mme Marcelle de Lacour. 


   Toutes les pièces sont exécutées conformément à l'instrumentation originale sur des instruments authentiques : même les violons, altos, et violoncelles sont barrés à l'ancienne. 


   L'ouverture de La Grotte de Versailles, la Plainte Italienne, et les Airs de danse d'Acis el Galatée ont été transcrits par M. Henry Pruniêres. Les autres œuvres ont été transcrites, et les basses chiffrées réalisées par Mmes de Chambure et Marcelle de Lacour, et par M. Roger Désormiêre. 


   Le clavecin et l'épinette ont été remis en état et révisée par M. Marcel Asseman, les autres instruments par M. Masciarelli. 



1. Chansons françaises des XIVème, XVème, et XVIème siècles. 

a} De tout sui si confortée Guillaume de Machaut. (1360 env.) 

En Guillaume de Machaut, nous rencontrons une grande figure de musicien-poète qui domine tout le XIVème siècle. Ce chanoine de Reims. qui mena une existence singulière et aventureuse, chantant tour à tour Dieu el l'amour, a laissé un nombre considérable d'œuvres : lais. motets, ballades. Certaine. d'entre elles admettent une participation instrumentale, au dire même de l'auteur, qui, dans son Voir-Dit, parlant d'une pièce « aussi douce que papins (bouillie) dessalés », conseille « de la mettre sur les orgues, suz cornemuses, ou autres inslrumens ». 

La chanson balladée « De tout lui si confortée » s'apparente aux caroles par la mélodie syllabique, son rythme gai et franc, son ténor clair et aisé, et semble plutôt destinée à être accompagnée d'une harpe ou d'une « guiterne ». 


b) Mon cuer chante joyeusement . .. Binchois

Ce rondeau a été écrit par Charles d'Orléans, alors qu'il était prisonnier en Angleterre. On connaît l'intérêt que ce poète porta dès sa jeunesse à la musique : élevé par une mère qui jouait de la harpe, lui-même exécutant, il se fit faire, à l'âge de vingt ans, une somptueuse robe brodée de 960 perles. dont 568 cousues sur les deux manches, reproduisaient lout au long une chanson, Celle donnée ici est aimable. de style courtois et nous révèle l’art gracieux et sobre à la fois de Gilles Binchois, chapelain du duc de Bourgogne Philippe le Bon, 


c} Mort, j'appelle de ta rigueur Anonyme 

Ce rondeau, détaché du Testamen! (vers 978-989), est la seule pièce de Villon mise en musique par un contemporain que nous connaissions ; l’auteur, dont nous ignorons hélas ! le nom, est sans nul doute un des meilleurs musiciens du XVème siècle. Le sentiment de la mort, qui a suggéré à Villon des accents pathétiques, a certainement inspiré le compositeur. qui a su faire passer dans sa musique l'émotion poignante qui se dégage de la poésie. 


d) Jouissance vous donneray Claudin de Sermisy 

Nous arrivons maintenant à une pièce très différente des précédentes, où s'affirme une clarté rythmique et mélodique plus grande, en même temps qu'une solidité plus profonde, Aussi cette œuvre, due à la collaboration de Clément Marot et de Claudin de Sermisy, a-t-elle eu un succès qui s'est prolongé jusqu'au début du XVIIe siècle. Les peintres la fixent sur leurs toiles, reproduisant la partie de superius entre les mains d'une chanteuse. celle de ténor ouverte devant une flûtiste. C'est en nous reportant à un tableau du Maître des demi-figures (dit aussi Maître des femmes à mi-corps) qui se trouve à Meiningen, que nous avons réalisê l'accompagnement instrumental de cette chanson, et l'avons confié à une flûte et à un luth. 


2. Danceries du XVIème Siècle. 

Ces Danceries, extraites des sept Livres de Danceries d'Attaingnant (1547 - 1557), et dont quatre portent la signature de Claude Gervaise, habile violiste de la Chambre de François 1er, présentent un certain nombre de types d'airs de danse usitée au XVIème siècle : d'abord la Basse-dance qui, comme l'indique son nom, ne comportait pas de sauts, et qui souvent provenait d'une chanson. La Basse-dance se divise en Recoupe et Tordion ou Tourdion, Puis, ce sont les Branles, très répandus dans toutes les provinces françaises. fréquents dans les recueils de d'Estrée, de Gervaise et de Prærorius ; ils comprennent plusieurs espèces : Branle simple, Branle de Bourgogne, Branle de Champagne, que Thoinot Arbeau el Prætorius appellent aussi Branle de Montirandé, du nom d'une localité du Haut Barrois. Enfin, nous trouvons l’Allemande, d'allure grave, qui, au temps d'Arbeau, passait déjà pour une danse ancienne et la Gaillarde, d'origine italienne. danse ardente, qui s'exécutait « par haut ». 

L'Orchésographie d'Arbeau (1588) indique comment ces danceries doivent se jouer : « On les peut jouer avec violons, epinettes, flûtes traverses (traversières) et à 9 trous (flûtes à bec), hautbois et toules sortes d'instrumens, voire chanter avec les voix. » Arbeau et Prætoriue spécifient même certaines modalités d'exécution auxquelles on s'est attaché dans le présent concert, et qui impliquent deux espèces d'instrumentation : emploi de toute une famille instrumentale, comme dans le Branle de Bourgogne et dans la Gaillarde (quatuor de hautbois), dans le 1er Branle de Champagne [quatuor de flûtes à bec), ou bien association d'instruments à cordes et à vent, comme dans la Basse-dance. qui met en action le quatuor des flûtes à bec, le double quatuor des violes, le luth et la harpe. et dans le deuxième Branle de Champagne qui joint une épinette à cet ensemble. On obtient ainsi une grande variété du coloris instrumental. 


3. a) Ouverture de la Grotte de Versailles (1668)                             J. B. Lully 

Celle ouverture, détachée de l’Eglogue chantée en 1668 dans la « Grotte » de Versailles appartient au type classique de l’Orchestre français tel que Lully après divers essais, en donne le modèle en tête de ses Ballets à partir de 1657. Le premier mouvement, grave, à 2 temps, se joue deux fois. el s'enchaîne sur la dominante au second mouvement, un lugato léger et vif à trois temps, qui conclut par une brève péroraison lente à deux temps. Cette ouverture est remarquable par la grâce de sa ligne mélodique. 


b) Plainte italienne de Psyché (1671) 

Il semble que Lully ait conservé jusqu'à la veille d'écrire ses opéras, le préjugé que seule la langue italienne se prêtait à l’expression de sentiments extrêmes, tragiques ou bouffons. Ceci explique pourquoi des intermèdes italiens apparaissent de la façon la plus inattendue au milieu de Monsieur de Pourceaugnac ou de Psyché. Cette magnifique plainte, malgré de nombreux gallicismes, évoque le souvenir des lamenti des maîtres italiens, de Cavalli surtout. Elle est précédée d'une longue ritournelle qui accompagnait le défilé sur la scène du cortège funèbre conduisant Psyché au lieu de son supplice. Des joueurs de flûte (souvenir de l'antiquité !) marchaient en tête et dialoguaient, en quelque sorte, avec l'orchestre des violons et des violes qui leur répondaient de l'orchestre, C'est un magnifique exemple d'une de ces symphonies chromatiques qui produisaient sur l’oreille des auditeurs du XVIIème siècle un effet déchirant. 


c} Airs de danse d'Acis et Galatée (1686) 

Le prologue d'Acis et Calatée, le dernier opéra de Lully, contient des danses pour les bergers d'une verve toute populaire qui forment une petite suite instrumentale, Menuet, 1er et 2ème Airs (à 2 temps), Marche. 


d) Armide, Acte V, Scène dernière (1686) 

La partition d'Armide, le chef-d'œuvre dramatique de Lully, contient deux grandes scènes tragiques justement célèbres : celle où Armide s'apprêtant à poignarder le héros endormi, sent sa haine se changer en amour passionné, et la scène finale où Renaud ayant rompu ses enchantements et ayant fui le Palais de la Magicienne, Armide, exhale sa fureur et sa douleur. Lecerf de la Viéville, au début du XVIIIème siècle, a fort bien jugé cette superbe conclusion de l'opéra : 

« La dernière Scène efface autanl les premières que l'Ade efface les quatre premiers : 

« Le perfide Renaud me fuit. 

Combien de beaulez ! Quelle force, quelle adresse d'expression jusques dans les moindres choses ! Par exemple, remarquez en passant Ie port de voix el le tremblement sur la blanche du mol, me fuit, ce long ton ne veut~il pas dire, me fuit bien loin, me fuit pour jamais ! On peut appeler cette Scène pour le pathétique, pour les grâces, pour la diversité des mouvements, le triomphe en abrégé de la Musique Françoise, Cela finit par le fracas du Palais enchanté, que les démons viennent détruire en un instant. Dans l'émotion que cause une machine, amenée el placée avec un art si unique, la toile tombe, el l'Auditeur, plein de la passion, qu'on a augmentée jusqu'au dernier mouvement, ne peut pas ne la point remporter lout entiêre. Il s’en retourne chez lui pénétré malgré qu'il en ail, rêveur, chagrin du mécontentement d'Armide. »


4, Quatrième Concert Royal                                                         François Couperin

Celle œuvre du grand Couperin fait partie d'un ensemble de quatre concerts de symphonie qu'il publia, en 1722, sous le titre de Concerls Royaux. Ainsi que Couperin I'expose dans sa préface, ces compositions avaient été écrites pour les petits concerts de la Chambre, où Louis XlV le faisait venir presque tous les dimanches ; elles convenaient non seulement au clavecin, mais aussi au violon, à la flûte, au hautbois, à la viole et au basson. Donc, Couperin indique lui-même l'instrumentation qu'elles comportent, indication à laquelle on s'est conformé avec le groupement suivant violon, flûte traversière, hautbois, basson el basse de viole, Pour la réalisation des ornements, on a eu recours aux tables d'agréments de l'auteur, 

Ce Concert consiste en une Suite de pièces portant des titres d'airs de danse, mais dépourvues des sous-titres que l'on relève dans les plèces de clavecin ; il comprend 6 airs de danse que précède un prélude grave et ornementé ; une Allemande décidée, suivie de deux Courantes, l'une française, l'autre à l'italienne, donnant des échantillons de chacun des deux styles. La Courante française se déroule pleine de grâce, alors que l'italienne, avec son coulé pointé et ses mouvements séquentiels que ponctuent des trilles rieurs. se situe dans une atmosphère de gaieté. Puis viennent une Sarabande, aux formules insistantes, un Rigaudon, de thème net et marqué, enfin, pour conclure, une Forlane en rondeau, qui fut justement célèbre. Originaire du Frioul, la Forlane était très répandue en France au début du XVIllème siècle : Feuîllet en donna la notation dans son recueil de Danses de 1700. 


5. Fragments de Jephté, tragédie tirée de l'Êcriture Sainte                     Montéclair 

Montédair s'appelait, en réalité, Michel Pinolet, et naquit à Andelot, près de Chaumont, en Champagne. Il prit le nom de Montéclair en souvenir d’une vieille forteresse ainsi nommée, et qui dominait son village. Ancien élève de la maîtrise de Langres, il entra à l'orchestre de l'opéra à la fin du XVIIème siècle. Jephlé, opéra biblique, fut composé par lui sur un livret de l'abbé Pellegrin, mettant en scène le vieux drame juif de Jephté, vainqueur des Ammonites, après avoir fait le vœu de sacrifier à la Divinité la première personne de sa maison qui viendrait à sa rencontre. Or, celte personne n'était autre qu'Iphise, la propre fille de Jephté. Le succès de l'opéra, représenté en février 1732, eut un grand retentissement et dissipa les craintes que laissait percer le Mercure à l'égard d'une pièce biblique. Ravie de son triomphe, le brave Pellegrin acheta une perruque qu'il baptisa : « Sa Jephté ».

Rameau se montra fort impressionné par l'œuvre de Montéclair et prit précisément l'abbé Pellegrin comme librettiste de son premier opéra Hippolyte et Aricie. L'opéra de Jephté est remarquable par la justesse de la déclamation, par la puissance et par le pathétique des chœurs, ainsi que par la richesse des symphonies. 

Les deux Menuets (en sol majeur et en sol mineur) montrent l'ingéniosité de l’écriture instrumentale de Montéclair, tandis que l'air d'Iphise (IVème acte) donne la mesure de sa vigueur dramatique. Cet air est soutenu par deux flûtes, une flûte à bec et une flûte traversière. D'ailleurs, le musicien manifeste une prédilection particulière à l'égard de la flûte, ainsi qu'on peut en juger par la précision avec laquelle il stipule son emploi. (Acte Il, scènes 5 el 6.) La Douce Symphonie et l'aimable Pastourelle font voir une autre face de son talent, tandis que l'Entr'acte témoigne d'une souplesse rythmique dont nous avons peu d'exemples à cette époque. 

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Les notes du n°3 sont dues à M. Henry Prunières ; toutes les autres au regretté Président de la Société de Musique d'Autrefois, M. Lionel de la Laurencie.



27 mars 1934 Paris Orchestre national
(le 13 mars l'Orchestre national donnait son 1er concert, dirigé par Inghelbrecht, 
celui-ci était le 3ème)
Pergolese Stabat mater Fanny Malnory-Marseillac, Lina Falk
Honegger Le Roi David      Fanny Malnory-Marseillac, Lina Falk, Georges Jouatte, Georges Dorival (récitant)

Le Figaro du 27 avril 1934
27 avril 1934 Paris (Poste PTT) Orchestre national
Rediffusé le 2 mai 1934 sur le Poste PTT
Trois ouvrages lyriques bouffes
au chant Mmes Marcelle Ragon, M. Piffeau, Pierson, MM. Gilbert Moryn, Cathelat, Hazart, Prigent
Sauguet    Le Plumet du colonel

6 mai 1934 Paris (Poste PTT) Orchestre national
Auber     Ouverture de la Muette de Portici
Inghelbrecht     La Nursery, 2ème suite
Ganne Deux danses 
Sokoloff     Le Rossignol s'est tû 
Rachmaninoff Le Printemps 
Pierné Farandole
Debussy Suite bergamasque
Gillet Ernest La Lettre à Manon 
Offenbach     Couplets de Frageletto, extraits des Brigands 
Delny Berthe Quand refleuriront les lilas blancs
Delibes  Le Roi s’amuse, ballet 
von Suppé     Un jour et une nuit à Vienne, ouverture  

26 mai 1934 Paris Orchestre national
Beethoven Adélaïde
Weber Euryanthe (air)
Guiraud Suite d'orchestre n°2
Gounod Symphonie concertante
Mozart Plaisanterie musicale
Messager La Maison grise de Fortunio
d'Ollone Paysages grecs
Lalo Namouna

6 juin 1934 Paris Orchestre national ???


9 juin 1934 Paris Orchestre national
(même soir, concert de la Sérénade dirigé par Nadia Boulanger et Igor Markevitch)
Rameau Acanthe et Céphyse (extraits)         au chant ?
Monsigny Jeannot et Colette (air)         au chant ?
Mozart Aria
Schubert     Rosamunde (extraits)
Massenet Le Cid (ballet)
Duparc Le Manoir de Rosemonde
Ravel Chanson grecque         au chant ?
Milhaud Les Songes (suite d'orchestre)
Strauss J. Dis-moi tu, dis-moi toi

9 juin 1934 Paris Orchestre national (?)
Stravinsky    Histoire du soldat 

15 juin 1934 Paris, Ecole normale de musique 
Orchestre de  Chambre Roger Désormière avec Marie-Thérèse Holley au chant
Milan Don Luis
Clérambaud ???
Monteverdi ???
Purcell ???
Erlebach ???
Scarlatti     IVème symphonie
Ravel    Introduction et Allegro
Delage 4 Poèmes hindous
Poulenc Le Bestiaire
Milhaud Liturgies Comtadines        Création
Sauguet La Voyante


Le Mercure de France du 15 août 1934

(…)

Au cours d'un concert donné à l'Ecole Normale de Musique, Mme Marie-Thérèse Holley a chanté en première audition Liturgies Comtadines de M. Darius Mithaud. Ces pièces, qui s'apparentent étroitement aux Poèmes Juifs, traduisent avec éloquence le sentiment religieux qui les inspire. Aussi bien dans ces chants que dans les beaux Poèmes Hindous de M. Maurice Delage, que dans les ouvrages anciens de Monteverdi, de Purcell, d'Erlebach et de Scarlatti, Mme M.-Th. Holley a fait apprécier son goût parfait et le timbre émouvant de sa voix. L'orchestre, conduit par M. Roger Desormière, a interprété avec brio des pièces anciennes (dont la Quatrième Symphonie d'Alessandro Scarlatti), puis l'Introduction et Allegro de M. Maurice Ravel et l'adorable accompagnement des Poèmes Hindous de M. Maurice Delage. Pourquoi faut-il que soient si rares les occasions d'applaudir ce pur chef-d'œuvre ?

RENÉ DUMESNIL.


16 juin 1934 Paris Orchestre national
Opéra-comique français du XIXème siècle
Saint-Saëns La Princesse jaune

21 juin 1934 Paris Orchestre national
Boieldieu     Le Nouveau Seigneur du Collège, ouverture
Haendel    Concerto grosso n° 7
Mozart Deux marches
Mozart Deux contredanses
Gluck Iphigénie en Aulide (Air de Clytemnestre) Mlle Madeleine Vhita, de l'Opéra
Berlioz La Captive     Mlle Madeleine Vhita, de l'Opéra
Bordes Sur un vieil air    Mlle Madeleine Vhita, de l'Opéra
Bordes Dansons la gigue    Mlle Madeleine Vhita, de l'Opéra
Massenet Concerto pour piano et orchestre     Mlle Madeleine Fourgeaud-Groviez au piano
Glinka Valse fantaisie
Saint-Saëns La Jeunesse d'Hercule, poème symphonique
27 juin 1934 Paris Orchestre national ???

6 juillet 1934 Paris Orchestre national
Gounod    Le Médecin malgré lui    Géronte : M. Oot, de l'Opéra-Comique ; Léonore : M. Prigent ; Sganarelle : M. Gilbert Moryn ; Lucas : M. Lebreton ; Valère : M. Hazart ; Robert:  M. Emile Rousseau, de l'Opéra-Comique ; Lucinde : Mme Mona Marcelle, de l'Opéra-Comique ; Martine : Mme Plerson 

13 juillet 1934 Paris Orchestre national ???

25 juillet 1934 Paris Orchestre national (le 27 Poste Parisien) 
Musique allemande du XVIIIème
Mozart La Clémence de Titus (Ouverture)
Haendel Concerto pour harpe     harpiste ?
Telemann Jeux Nautiques
Cannabich Symphonie
Kraus Symphonie

18 août 1934 Paris Orchestre national
Rameau Acanthe et Céphise (suite n°2)
Mozart Concerto pour piano et orchestre        au piano ?
Binet Suite d'airs et danses populaires suisses
Koechlin Les Heures persanes op.65 (extr. n° 6, 16) Création

21 août 1934 Paris Orchestre national
chanteurs ?
Pergolese La Servante maitresse
Roland-Manuel Isabelle et Pantalon

24 août 1934 Paris Orchestre national ???


 29 août 1934 Paris Orchestre national
Evolution de la musique en France
Lully Marche
Delalande Suite d'orchestre
Campra L'Europe Galante
Rameau, arrangement Désormière Les Paladins
Rameau Zaïs, ouverture
Lalo     Namouna (Sérénade, Sieste, Tambourin)
Ravel Le Tombeau de Couperin

 1er septembre 1934 Paris Orchestre national
chant ? violoncelle ?
Bach J.S.    Symphonie en ré
Borodine      Dans les steppes de l'Asie centrale
Moussorgsky Danse persane
Purcell Air de la Reine des fées
Mozart Les Noces de Figaro (air de Suzanne)
Fauré Dolly
Boccherini Concerto pour violoncelle
Grieg Danses norvégiennes
Saint-Saëns Le Carnaval des animaux


4 septembre 1934 Paris Orchestre national
Emission d'ensemble des stations du réseau d'Etat français
à l'exception du poste national Radio-Paris
Messager La Béarnaise Jacquette (Mlle Camta, de l'Opéra-Comique) Blanca (Mlle Jeanne Rolland, de l'Opéra-Comique) Bettina (Mlle Cuvelier, de l'Opera-Comique) Permlgnac (M. Emile Rousseau, de l'Opéra-Comique) Pomponio (M. Macaire, de l'Opéra-Comique) Girafo (M. Paul Payen de l'Opéra-Comique) Le duc (Duvaleix) Crabasson (France) Cadet (Poujols, de l'Opéra-Comique). Orchestre national et chœurs sous la direction de M. Roger Desormière. 

5 septembre 1934 Paris, Radio Paris Orchestre national
Saint-Saëns Symphonie n°1
Clérambault Cantate pour voix et orchestre Odette Turba-Rabier et M. Lebreton
Lully Armide (airs)      Odette Turba-Rabier et M. Lebreton
Fauré Masques et Bergamasques
Ravel Ma mère l'Oye
Gounod Le Médecin malgré lui (ouverture)

Le Figaro du 12 septembre 1934
12 septembre 1934 Paris, Radio Paris Orchestre national
Mendelssohn Ouverture de Calme de la mer (Mer calme et heureux voyage)
Mozart Concerto pour piano n°9         au piano ?
Proch Thème et variation pour chant et orchestre            au chant ?
Haydn Canzonetta pour chant et orchestre            au chant ?
Campra Chanson papillon            au chant ?
Rossini Le Barbier de Séville (grand air)            au chant ?
Ducasse Suite française
Schmitt Reflets d'Allemagne
Debussy Marche écossaise


Le Figaro du 13 septembre 1934
14 septembre 1934 Paris (Poste PTT) Orchestre national
Adam Le Brasseur de Preston avec Leila Ben Sédira, Max Moura, Guého, Rousseau, Zucca ???

15 septembre 1934 Paris Orchestre national
Haydn Symphonie en ut
Lamy Fernand Rustique pour hautbois et orchestre
Milhaud Saudades do Brasil

20 septembre 1934 Paris Orchestre national
Offenbach Madame Favart

27 ou 28 septembre 1934 Paris Orchestre national
Lully Monsieur de Pourceaugnac, ouverture
Kallman Comtesse Maritza, suite de valses
Massenet Ballet Bacchus 
Casadesus Francis La chanson de Paris Ninon Guérald
Gillet Ernest Au Moulin                         Ninon Guérald
Février Henry     Agnès Dame Galante Ninon Guérald
Mozart Larghetto pour clarinette et cordes
Ansell (?) Children's Suite (2ème cahier)
Gounod    Mireille, ouverture

29 septembre 1934 Paris, Radio PTT Orchestre national
Montéclair, révision R. Désormlère Jephté, suite d'orchestre
Gluck Suite d'airs de ballets
Grétry Air du Rossignol (de « Zéphlr et Azor »)
Saint-Saëns Phaéon, poème symphonique
Ravel Valses nobles et sentimentales

13 octobre 1934 Paris Orchestre national
Gluck Iphigénie en Aulide (ouverture)
Vivaldi Concerto pour 4 violons
Ravel Pavane pour une infante défunte
Haydn Symphonie n°101 "L'Horloge"
Haendel Héraclès (extraits)
Prokofiev Symphonie classique
Mendelssohn La Grotte de Fingal (ouverture)

27 octobre 1934 Paris Orchestre national
Rossini Le Barbier de Séville (ouverture)
Tchaïkovski Capriccio italien
Berlioz Absence (mélodie) Mlle Milly Mrère (???), de l'Opéra
Thiriet Mélodies                         Mlle Milly Mrère, de l'Opéra
Butzow von (?) Divertissement tzigane
Bizet L'Arlésienne (suite n°1)
Weber Andante et rondo à la hongroise

5 novembre 1934 Paris Orchestre national
Mozart L'Oie du Caire Isabelle : Mlle Suzanne Hédouln de l'Opéra-Oomique ; Jacinthe : Mme Pierson ; Fabrice : M. Cathelat, de l'Opéra-Comique ; Don Bertran : M. Tubiana, de l'Opéra-Comique ; Pascal : M. Robert ; Franc l'Eunuque : M. René Hérent, de l'Opéra-Comique. 

10 novembre 1934 Paris (Poste PTT) Orchestre national
Glinka Russlan et Ludmilla (ouverture)
Debussy L'Enfant prodigue (cortège et air)
de La Presle Chanson d'Extrême Orient Mme Deniau-Blanc, de l'Opéra
de La Presle Le Jardin clair                    Mme Deniau-Blanc, de l'Opéra
Schumann Scènes d'enfants
Delibes Sylvia

19 novembre 1934 Paris Orchestre national
Offenbach La Diva La Dlva : Marguerite Soyer, de l'Opéra-Comlque ; L'Amour : Mlle Roland, de l'Opéra-Comique ; Mme Palestine : Mme Jane Norlet ; Emma : Mme Roux-Legrain ; Virginie : Mme Plerson ; Rafaël : M. Emile Rousseau, de l'Opéra-Comique; Galuchet : M. Genio, de l'Opéra-Comique ; Nepomuc, M. Max Moût! ;  Habacuc : M. Payen, de l'Opéra-Comique  ; Raoul : M. Franck ; Sostliènes : M. Baldous, de l'Opéra-Comique

23 novembre 1934 Paris Orchestre national
chanteurs ?
Delibes L'Omelette à la Follembuche
Offenbach Mesdames de la Halle

24 novembre 1934 Paris Orchestre national
Mehul Le Trésor supposé (ouverture)
Haydn Symphonie n°103
Schumann Concerto pour 4 cors et orchestre MM. Blot, Robln, Richard, Courtinat, cornistes
Thiriet Le Livre pour Jean
Samuel-Rousseau     Aux Anonymes ensevelis au champ d'honneur     Alice Raveau, cantatrice
Fauré Après un rêve Alice Raveau, cantatrice
Saint-Saëns La Solitaire (Mélodie persane) Alice Raveau, cantatrice
Falla     L'Amour sorcier

8 décembre 1934 Paris Orchestre national
chant ? clarinette ?
Boyce Symphonie n°1
Lully Bois épais (mélodie d'Amadis de Gaule)
Grétry Sérénade de l'Amant jaloux
Weber Premier Concerto (? pour clarinette ?)
Ravel Valses nobles et sentimentales
Milhaud Le Bœuf sur le toit

16 décembre 1934 Paris Orchestre national
Gounod La Colombe chanteurs Odette Turba-Rabier, Mlle Faroche, René Talba, Willy Tubiana

18 décembre 1934 Paris, Théâtre des Champs-Elysées 
Orchestre de la société philharmonique de Paris 1er concert 
Nadia Boulanger/Roger Désormière
Bach, MonteverdiSchutz     Nadia Boulanger
Stravinsky Le Sacre du printemps
Stravinsky Symphonie de Psaumes      Emile Passani et Jean Schricke aux pianos - Chœurs russes de Vlammov

Comœdia du 27 décembre 1934

Le premier concert de la Société Philharmonique de Paris est conduit par Nadia Boulanger et Roger Desormière 

L’héroïsme symphonique est définitivement passé dans nos mœurs musicales. L'exemple de l'Orchestre de la société philharmonique de Paris bravant les calamités du temps présent et offrant un premier concert d'orchestre à des mélomanes gorgés de lyrisme, le prouve. Un public nombreux assistait en effet à cette séance d’inauguration donnée, un soir de la semaine, et placée sous le patronage de puissants barons de la musique, Bach, Schutz, Monteverdi, et Stravinsky.

(…)

La deuxième partie du programme opposait le Sacre du Printemps à la Symphonie de Psaumes, de Stravinsky, le paganisme des Slaves primitifs  à l’alleluia du chrétien. Deux œuvres dissemblables de caractère, mais qui ont en commun une sorte d'objectivité lyrique, une dureté d'accent qui écarte l'effusion facile, mais qui ne manque pas d'une grandeur farouche. 

C'est à M. Roger Désormière qu'était confiée la direction de ces deux importants ouvrages. Il les conduit avec feu, avec vivacité. Le jeu capricieux des rythmes du Sacre ne le déconcerte pas. Avec une nerveuse précision, M. Roger Désormière conduit ses musiciens à travers le dédale traître de la partition. On aime chez ce chef un don d'entrainement et d'animation qui font de lui l'une des meilleures baguettes de notre temps. 

(…)

Paul Le Flem



Le Ménestrel du 28 décembre 1934

CONCERTS DIVERS

Société Philharmonique de Paris. — Premier Concert d'orchestre (18 décembre). — Il y a déjà près de trente-quatre ans que la Société Philharmonique de Paris a été fondée ; et pourtant ce concert du 18 décembre avait quelque chose d'inaugural. Pour la première fois, en effet, après des extensions successives, le groupement, d'abord tout entier consacré à la musique de chambre, abordait en toute son ampleur la musique orchestrale et chorale.

Peu lui importait l'objection trop facile : celle qui ferait allusion au trop grand nombre, déjà, de nos orchestres et à leur existence trop souvent languissante et anémiée. Cette objection n'aurait en effet de valeur que si l'orchestre nouveau n'ambitionnait rien d'autre que de suivre les routes déjà tracées, et d'être parmi trop de rivaux un survenant à peine dissemblable. Qu'il innove au contraire réellement ! Qu'il comble les lacunes, inutilement tant de fois déplorées ! et l'on verra combien il était attendu.

Expérience maintenant réalisée ; et victorieusement. Et ca été grâce à la manière même dont le programme était conçu. Novateur, en effet, en les deux directions où ne s'aventurent qu'avec parcimonie nos concerts dominicaux. Qu'explorent-ils du passé, sinon une étroite frange ? Et quant aux œuvres récentes, de quelle méfiance les entourent-ils ! Tout autres auront été les deux parties de cette séance, avec, comme chefs d'orchestre, Mlle Nadia Boulanger, puis. M. Roger Désormière.

(…)

Quant à M. Roger Désormière, c'est avec un art intense et strict qu'il donna tout son éclat et toute sa force à la pensée de Strawinsky, à travers la Symphonie de Psaumes et le Sacre du Printemps.

Claude ALTOMONT.



22 décembre 1934 Paris Orchestre national
Mozart Symphonie (?)
Delibes Kassya
Larmanjat Jacques     Chants d'Armor  chant Le Mar'hadour (voir le film Chanson d'Armor de Jean Epstein)
d'Ollone Bacchus et Silène
Saint-Saëns Phaéton

28 décembre 1934 Paris Orchestre national
Montéclair, révision Désormière     Jephté, suite d'orchestre
Gluck    Suite d'airs et de ballets        Mlle Roland au chant
Grétry    Air du rossignol de Zémire et Azor        Mlle Roland au chant
Berlioz    Le Jeune pâtre breton        Mlle Roland au chant
Saint-Saëns Phaéton
Saint-Saëns    2 Mélodies            Mlle Roland au chant
Ravel Valses nobles et sentimentales


1935, l'année record ? 43 concerts retrouvés…


??? 1935 Paris
Sauguet    Fastes    Création au concert (ballet créé en 1933)

5 janvier 1935 Paris Orchestre national
Haendel Concerto grosso n°8
Monsigny Le Déserteur
Rameau Accourez, riante jeunesse (air des Fêtes d'Hébé)
Haendel Acis et Galatée (air)
Naderman Trois pièce pour harpe et orchestre
Jacob (Maxime ?) Sérénade
Roland-Manuel Trois Poèmes de Paul-JeanToulet
Miaskowski Concertino lirico
Fauré Masques et Bergamasques

19 janvier 1935 Paris Orchestre national
???

2 février 1935 Paris Orchestre national
avec Dorothée Ruzitschka/Růžička ?  au piano et Marguerite Pitteau, cantatrice
Lalande, arrangement Désormière    Sinfonies pour les soupers du Roy
Mozart    Sérénade
Berlioz    Les Troyens (Mort de Didon)        au chant Marguerite Pitteau
Bach    L'Oratorio de Noël, air        au chant Marguerite Pitteau
Satie    En habit de cheval
Finke Fidelio Friedrich     Pièce de musique tchèque pour piano    Dorothée Ruzitschka au piano
Smetana     Pièce de musique tchèque pour piano        Dorothée Ruzitschka au piano
Kricka Jaroslaw  Pièce de musique tchèque pour piano        Dorothée Ruzitschka au piano
Chabrier    Valses romantiques
Debussy    Colloque sentimental

16 février 1935 Paris Orchestre national
Beethoven Symphonie n°4
Schubert     Le Roi des Aulnes
Schubert     Rosamunde (ouverture et entracte)
Saint-Saëns Une nuit à Lisbonne
d'Indy     Fantaisie pour hautbois et orchestre
Mihalovici Karagueuz (suite d'orchestre)

mars 1935  Radio Poste Colonial
Désormière     Roméo et Juliette   version Jean Cocteau
   
2 mars 1935 Paris Orchestre national
Chabrier L'Etoile (ouverture)
Grétry/Mottl Suite de ballet
Mozart Don Juan (air de Leporello)
Saint-Saëns Le pas d'arme du roi Jean
Borodine     Petite suite
Haydn Concerto pour violon et orchestre
Ravel Menuet antique
Pierné Ballade des petits rentiers
Aubert Feuilles d'images
Saint-Saëns Marche héroïque

L'Humanité du 17 mars 1935

13 avril 1935 Paris Orchestre national
Chabrier Une Education manquée (ouverture)
Corelli Concerto grosso n°8
Mozart Bella mia fiammo addio
Haydn Symphonie n°83 "La Poule"
Larmanjat Jacques L'Ecuyère aux cerceaux
Lermyte André     Sérénade pour hautbois et orchestre
Pascal A.     Trois Poèmes de Julien Maigret
Strauss J. Dis-moi tu, dis-moi toi

25 avril 1935 Paris Orchestre national
Weill Fantaisie symphonique (Symphonie n°2)
??????

27 avril 1935 Paris Orchestre national
au chant ?
Haydn Symphonie concertante
Anonyme du XIIème siècle     Appris ai qu'en chantant
Rossi F. Air de Mitrano
Schubert     Ouverture italienne
Massenet Scènes pittoresques
David H. W. ou William H. David (?)     Suite pour orchestre de chambre
Tomasi Berceuse - Tarentelle
Milhaud Séparation
Milhaud Berceuse
Milhaud Chant hassidique
Saint-Saëns Le Rouet d'Omphale
Moussorgsky Danse persane


7 mai 1935 Création Les Cenci de Shelley, par Antonin Artaud, 
musique de Roger Désormière


11 mai 1935 Paris Orchestre national
Rossini L'Italienne à Alger (ouverture)
Weber/Berlioz L'invitation à la valse
Saint-Saëns Havanaise         Robert Soetens (violon)
Bizet L'Arlésienne (suite 1)
Monsigny Rose et Colas (ariette)
Boïeldieu     Les voitures versées (air)     Jeanne Rolland au chant
Guiraud Carnaval
Pierné Ballet d'Izeil
Ravel Tzigane         Robert Soetens (violon)
Liadov Huit Chansons populaires russes         Jeanne Rolland au chant
Rabaud Marouf (danse)

15 mai 1935 Paris (Poste PTT) Orchestre national
Donizetti     Don Pasquale au chant Mlle Marie-Thérèse Gauley, P. Fouchy, Emile Rousseau, Willy Tubiana

25 mai 1935 Paris Orchestre national
Boïeldieu     La Fête au village (ouverture)
Delibes La Source
Paisiello Proserpine (cavatine de Cérès) Ellen Dosia au chant
Gounod Sapho (stances)     Ellen Dosia au chant
Bizet Jeux d'enfants
Godard B. Scènes poétiques
Ravel Mélodies populaires grecques Ellen Dosia au chant
Rabaud Suite anglaise
Saint-Saëns Henri VIII (airs de ballet) Ellen Dosia au chant

8 juin 1935 Paris Orchestre national
Thomas A. Le Songe d'une nuit d'été
Grétry/Mottl Suite de ballet
Brahms Variations sur un thème de Haydn
Bourgault-Ducoudray Chansons bretonnes Yvon Le Marc'Hadour au chant
Beethoven Danses viennoises
Passani Rhapsodie sur des airs provençaux pour piano et orchestre Emile Passani au piano
Saint-Saëns Une nuit à Lisbonne
Massenet Les Grands violons du roi
Rhené-Baton     Chansons pour Marycinthe Yvon Le Marc'Hadour au chant
Ravel Ma mère l'Oye

11 juin 1935 Paris, salle Gaveau Orchestre national
Opérettes
Delibes L'Ecossais de Chatou     au chant Yvonne Faroche, Jeanne Rolland, Emile Rousseau, Prigent, Lebreton
Lecocq La Petite mariée (duo des larmes) Jeanne Rolland, Lebreton
Terrasse Claude Chonchette (Glissez, glacez) Yvonne Faroche
Messager Véronique (duo de l'escarpolette)     Jeanne Rolland, Emile Rousseau
Hahn Brummel (A dada)         Jeanne Morlet/ Yvonne Faroche       
Christiné     Madame (Elle n'est pas du tout si mal que ça) Yvonne Faroche
Yvain Ta Bouche (Air de la comtesse)     Jeanne Morlet
Chabrier Une Education manquée Yvonne Faroche, Jeanne Rolland, Emile Rousseau

21 ou 22 juin 1935 Paris Orchestre national
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27 juin 1935 Paris Orchestre national
Casadesus Francis    La Chanson de Paris    au chant Germaine Cernay, Andrée Moreau Jean Pianel, André Balbon, Emile Rousseau 


Le Temps du 10 juillet 1935

En l'honneur de M. George Blumenthal qui fonda, on le sait, avec Mme Florence Blumenthal les bourses américaines pour la pensée et l'art français, l'Association Florence-Blumenthal, dont les membres sont les anciens titulaires de ces bourses, a donné cet après-midi un concert dans le grand salon de la direction des beaux-arts 3, rue de Valois. Cette matinée a eu lieu sous les auspices de MM. Georges Huisman, directeur général des beaux-arts, et Robert Brussel, directeur de l'Association française d'échange et d'expansion artistiquès.

On a entendu des oeuvres musicales de MM, Marcel Delannoy, Roger Désormières, Lucien Ferrier-Jourdain, Pierre-Octave Ferroud ; Georges Hugon, Georges Migot, Manuel Rosenthal, Robert Siohan, présentées par M. Marcel Sauvage, ainsi que quelques poèmes de sociétaires de l'Association, MM. Pierre Guéguent, André Berry, Fernand Lot, Raymond Millet. On remarquait M. André Dézarrois, conservateur du musée du Jeu de Paume, les membres des jurys de la fondation et Guy Loë, président de l'Association Florence- Blumenthal.



été 1935 tournée en URSS avec Robert Soetens
ils retrouvèrent à Moscou Nicolas Nabokov, semble-t-il

Thorez. et Désormière au Komintern à Moscou en 1935 ?.mp4




6 concerts juillet/août 1935 Moscou, Orchestre de la radio (de Moscou ou de l'URSS ?) ????? ????? 1 ?????

11 concerts juillet/août 1935 Bakou ???
????? ????? ?????
   Signalons que Désormière et Soetens étaient amis avec Prokofiev, alors à Bakou.

4 concerts juillet/août 1935 Tiflis (Tbilissi) ???
????? ????? ?????

(correspondance avec le musicien Carlos Pedrell à propos du théâtre  Colón à Buenos Aires) 

En tournée en URSS à Bakou puis à Moscou,  tournée qui le trouve à 

Bakou (Sinfoniq Qonsertlari Idaras - Qomunisti Kycasi N°2 - Bakou) jusqu'au 30 juillet 

et à Moscou, à Radio Comité, 17, rue Gorki ensuite. De retour, il doit rentrer à 

Paris le 28 août (adresse : 73, rue Caulaincourt Tel : Marcadet 51-60), puis être

à Vichy chez ses parents du 4 au 10 septembre d'où il repart 

à Madrid à partir du 18 septembre, hébergé chez Luis Bunuel au 17 Menendez Ypelayo.


Le Temps du 24 août 1935 

Musiciens français en U. R. S. S.

(Par dépêche, de notre correspondant particulier)

Moscou, 23 août.

La société pour le développement des relations intellectuelles entre l'U. R. S. S. et l'étranger a offert hier après-midi une réception en l'honneur des artistes français MM. Désormières, chef d'orchestre, et Soetens, violoniste, venus faire en U.R.S.S. une tournée de propagande en faveur de la musique française. Ces deux musiciens ont donné deux concerts à Moscou et continueront leur tournée par Tiflis et Bakou.


L'Homme libre du 24 août 1935

Musiciens français en U.R.S.S.

La société pour le développement des; relations intellectuelles entre l'U.R.S.S. et l'étranger a offert une réception en l'honneur des artistes français MM. Désormières, chef d'orchestre, et Soetens, violoniste, venus faire en U.R.S.S. une tournée de propagande en faveur de la musique française. Ces deux musiciens ont donné deux concerts à Moscou et continueront leur tournée par Tiflis et Bakou.




Nous trouvons aussi une photo de Désormière, sûrement prise à Moscou, avec Rheinold Gliere (à droite), le compositeur qui fut aussi le mentor du jeune Prokofiev (la femme doit être Colette Steinlein et ce doit être Soetens à gauche ?).



6 concerts à Moscou, 11 à Bakou et 4 à Tiflis, c'est ce que la Gazette de Lausanne du 25 octobre 1935 raconte :



   Nous n'avons trouvé aucune trace des projets hivernaux de Moscou et Leningrad.

  Par contre, Soetens et Désormière durent s'adresser au même studio photographique moscovite pour leur portrait, regardez…


L'Orchestre national de France - l'album anniversaire 1934-1994






   Enfin, la légende de l'ON veut qu'Inghelbrecht avait confié une mission "sacrée" à Désormière : rapporter le matériel d'orchestre original de Boris Godounov de Mousosrgsky (que l'on ne connaissait alors que par la variante de Rimski-Korsakov).











  Autre mystère, à qui Désormière semble-t-il (c'est inhabituel) demande-t-il un autographe ? Ou est-ce une autre avec Soetens ? Au dos la marque du photographe nous situe bien en URSS en 1935.


















3 septembre 1935 Paris Orchestre national
Gluck Iphigénie en Aulide (ouverture)
Haydn Symphonie n°103
Fauré Pavane
Gounod Sapho (l'extase)
Rimsky-Korsakov Le Vol du bourdon
Busser La Perle noire
Gaubert Les Yeux
Debussy Marche écossaise

28 septembre 1935 Paris (Poste PTT) Orchestre national
???
25 octobre 1935 Paris Orchestre national
Mozart Don Juan (extraits) au chant Odette Turba-Rabier, Elsa Rulhmann, Roger Bourdin, Paul Cabanel, Henri Etcheverry, René Talba

23 novembre 1935 (Poste PTT) Paris Orchestre national
Lalande, arrangement Désormière    Sinfonies pour les soupers du Roy
Beethoven Danses viennoises
Haendel Judas Maccabaeus (air) au chant Elsa Rulhmann
Brahms Variations sur un thème de Haydn
Huré Jean Fantasio (ouverture)
Boccherini Concerto pour violoncelle     Geneviève Martinet au violoncelle
Maingueneau L. Quatre Vieilles chansons au chant Elsa Rulhmann
Arney J. Hommage à Emmanuel Chabrier
Grieg Sigurd Josalfar (marche triomphale)

7 décembre 1935 Paris Orchestre national
Méhul Le Trésor supposé
Widor La Korrigane (extraits)
Offenbach La Grande duchesse de Gerolstein  (Pif paf pouf chanté par André Balbon)
Pierné Ballade des petits rentiers André Balbon (chant)
Messager La Basoche (Elle m'aime)     André Balbon (chant)
Delibes Soir de fête (extraits)
Baumgartner B. Divertissement
Lazar F. Concerto pour piano et orchestre    F.Lazar au piano
Saint-Saëns Javotte (extraits)

21 décembre 1935 Paris Orchestre national
Rieti, Casa Fuerte… un peu du groupe Sérénade reconstitué
Grieg Peer Gynt (suite n°2)
Haydn Symphonie n°22 "Le Philosophe"
Duparc Chanson triste Ellen Dosia au chant 
Duparc Lamento Ellen Dosia au chant
Grétry/Mottl Céphale et Procris (suite ballet)
Godard B. Scènes italiennes
Rieti     Sérénade pour  violon concertant et petit orchestre Yvonne de Casa Fuerte (violon)
Rimsky-Korsakov Aimant la rose le rossignol Ellen Dosia au chant
Rubinstein La Nuit Ellen Dosia au chant
Cui     La Statue de Tsarskoie-Selo     Ellen Dosia au chant
Saint-Saëns Etienne Marcel (airs de ballet)        Ellen Dosia au chant


1936, Orchestre national, le 14 juillet de Rolland, 
passage à l'Opéra-Comique :  43 concerts retrouvés comme en 35…

4 janvier 1936 Paris Orchestre national
Corelli Concerto grosso op. 6 n°12 pour cordes et clavecin
Rameau Platée (air de la folie)     Suzanne Peignot, sorano
Mozart Divertissement si bémol pour 2 hautbois, 2 cors et 2 bassons
Schubert     Rosamunde (airs de ballet et entracte) Suzanne Peignot, soprano
Grieg Danses norvégiennes
Chostakovitch 2 Etudes pour orchestre à corde    création française
Poulenc Poèmes de Ronsard Suzanne Peignot, soprano
Milhaud Saudades do Brasil

9 janvier 1936 Paris Orchestre national
Méhul Les 2 Aveugles de Tolède (ouverture)
Chausson Le Roi Arthus (3ème acte) Suzanne Balguerie (Guenièvre), Fernand Faniard (Lancelot), Henri Etcheverry (Arthus)
Rabaud Marouf
Borodine     Symphonie inachevée

18 janvier 1936 Paris Orchestre national
Rameau, arrangement Désormière Les Paladins (suite n°2)
Rameau     Castor et Pollux (air de théâtre) Marie-Thérèse Holley (chant)
Erlebach P-H.     Meine Seufzer Marie-Thérèse Holley (chant)
Schneider Symphonie concertante pour clarinette, basson et orchestre
Widor Conte d'avril
Sauguet La Voyante        Marie-Thérèse Holley (chant)
Binet Suite d'airs et danses populaires suisses
Lalo     Rhapsodie norvégienne

1er février 1936 Paris Orchestre national
Bach Suite n°2 en si mineur Franck Dufrêne (flûte)
Haendel L'Allegro, il penseroso ed il Moderato Odette Turba-Rabier (chant)
Haydn Symphonie n°45 "Les Adieux"
Grieg Mélodies norvégiennes (orchestre à cordes)
Passani Amour et grammaire        Odette Turba-Rabier (chant)
Stravinsky Le Rossignol Odette Turba-Rabier (chant)

15 février 1936 Paris (Poste PTT) Orchestre national
Geminiani Concerto grosso n° 2 en sol mineur
Gretry Céphale et Procris, recitatif et air         Marcelle Denya
Mozart ldoménée, air d'Ilienos Marcelle Denya
Mozart Concerto en mi bémol pour deux pianos Jean Doyen et Emile Passani aux pianos
Dargomyjski Concertstück
d'Ollone Les ??ngsor

23 février 1936 Paris, Théâtre des Champs-Elysées Orchestre national
Weber Turandot (musique de scène)
Gluck Orphée (Menuet - Tarentelle) Franck Dufrêne flûte, Gaston Hamelin clarinette
Delibes Sylvia (suite)
Gounod Le Médecin malgré lui (ouverture)
Massenet Scènes pittoresques
Chabrier Habanera
Widor La Korrigane (suite d'orchestre)

25 février 1936 Paris Orchestre national
Inghelbrecht Carvaval romantique
???

29 février 1936 Paris Orchestre national
Beethoven     Octuor en mi bémol
Saint-Saëns    Concerto n°2 pour piano en sol mineur        au piano ?
Weber Les 3 Pintos
Boieldieu     Le Calife de Bagdad
Honegger Les Dits des jeux du monde
Ravel Schéhérazade
Schekhter Turkmenien

1er mars 1936 (Radio Paris) Paris Orchestre national
???? ????         Mme Martinelli

15 mars 1936 Paris Orchestre national
Beethoven Romance en fa           au chant Arnoult ou Marie-Thérèse Holley ?
Debussy Children's Corner au chant Arnoult ou Marie-Thérèse Holley ?
Delibes Lakmé
Gounod Philémon et Baucis
Rossini Le Barbier de Séville
Sibelius Le Cygne de Tuonela

22 mars 1936 Paris Orchestre national
Auber Les Diamants de la couronne (ouverture)
Saint-Saëns Rhapsodie d'Auvergne, pour piano et orchestre Emile Passani (piano)
Bizet Scènes bohémiennes
Fauré Masques et Bergamasques
Messager Les Deux pigeons (ballet)
Saint-Saëns Une Nuit à Lisbonne
Chabrier     Le Roi malgré lui (extraits)     Emile Rousseau (chant)

26 mars 1936 Paris (Paris PTT) Orchestre national

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Désormière chroniqueur musical dans L'Humanité du 4 avril 1936


CONCERT SOVlÉTIQUE

Le concert organisé, samedi 28 mars, par la FMP et les Amis de l’Union soviétique, avec le concours de Mme Gonitch, de l’Opéra ; de M. Etcheverry, de l’Opéra-Comique, et de nombreuses chorales de la Région parisienne, se proposait de présentait un ensemble d’œuvres issues de la révolution russe.

La partie symphonique, assez pauvre, comprenait des œuvres de musique pure et des airs populaires arrangés pour orchestre ; ces compositions sont sans rapport avec l’esprit de la Russie nouvelle, et il faut regretter de ne pas avoir vu figurer à ce concert quelques-unes des grandes compositions : 1er mai, anniversaire des événements d’octobre, fête de l’aviation, fête des sociétés de gymnastique, etc.

La partie chantée, bien plus représentative, comportait des chansons populaires semblables à celle de notre Folklore (pastorales, complaintes, chants d’amour et chansons gaies), des poèmes chantés expressions de sentiments individuels, (mélodies, lieds), des chants révolutionnaires de l’ancienne Russie, et enfin des chansons inspirées de l’esprit de collectivité.

L’ensemble de ce programme permettait de se faire une bonne idée de ce qu’est la production musicale de l’URSS, bien que la partie symphonique ait été un peu sacrifiée à la partie chantée.

Les auditeurs ont réagi de façon semblable. Tant que la musique reste dans le domaine du pittoresque, alors même qu’elle est très jolie, elle n’intéresse guère ; mais dès qu’elle devient plus humaine, elle nous transporte dans un domaine nouveau ; la force qui se dégage de ces chants de masse, les sentiments qui s’y expriment appartiennent en propre à l’esprit de la révolution, cette musique frappe droit au cœur et la salle tout entière était bouleversée en écoutant Notre Avenir, Allons au devant de la Vie ou La Marche des Aviateurs. Riches de substance musicale, d’harmonies savoureuses et bien orchestrées, ces œuvres contribueront à donner au peuple le goût de la bonne musique mais c’est une grave erreur de mêler à des chants de cette qualité une « Joyeuse chanson » où tout n’est que platitude, le peuple n’est pas toujours à même de sentir la différence des valeurs, et c’est le devoir des dirigeants que de l’éclaireR tout au long du chemin qui mène à une culture meilleure en lui évitant des dangers inutiles.

Il est à peine croyable que la seule bonne volonté puisse compenser le savoir, on reste en admiration en écoutant l’ensemble des chorales de la Fédération populaire et en particulier la Chorale populaire de Paris à qui incombait la majeure partie de l’exécution. La qualité des voix est excellente, les intonations sont justes, ainsi que l’interprétation vibrante et enthousiaste. Il faut espérer que ces chorales populaires vont se multiplier et qu’elles apporteront partout, en France, chez les travailleurs, avec le goût de l’union et l’amour de l’humanité, la connaissance de la musique et les satisfactions qu’elle donne.

Dans un élan auquel personne n’a résisté, leur dirigeant a entraîné à la victoire l’ensemble des chorales qu’il avait bien préparées avec l’aide de sa fidèle assistante Suzanne Cointe.

L’orchestre était dirigé par William Cantrelle, on a retrouvé chez le chef les qualités de précision, d’autorité et de sensibilité expressive auxquelles le virtuose nous avait habitués.

ROGER DESORMIERE



Autant nous avons l'habitude de croiser Henri Etcheverry, autant nous connaissons mal Mme Gonitch, de l’Opéra, qui doit être la chanteurse russe Mariana de Gonitch (1900-1993). Si nous connaissons bien l'attachement de Désormière au rôle des chorales populaires, on ne comprend pas très bien les critiques du début sur la partie symphonique… Y retrouve-t-on un peu les accents anti-Jdanov qu'il adoptera 10 ans plus tard ?





5 avril 1936 Paris Orchestre national
Boieldieu     La Fête au village
Beethoven Danses viennoises
Grieg Holberg (suite)
Chapuis A. Cavatine
Lalo     Namouna (suite)
Bizet Roma (scherzo)
Rimsky-Korsakov Le Tsar sultan (suite)
Mozart Les Noces de Figaro (airs)     Mlle Corney (chant)
Massenet Noces napolitaines

11 avril 1936 Paris Orchestre national
Telemann Musique de table
Gluck Pâris et Hélène (A ma beauté...)        Mlle Deva-Dassy au chant
Mozart Concerto pour cor n°3             Louis Courtinat (cor)
Satie Mercure (extraits)
Mompou/Rosenthal Suburbis
Aubert Les Yeux
Glazounov Romance orientale
Ferroud Trois Poèmes intimes de Gœthe
Delannoy Symphonie

12 avril 1936 Paris Orchestre national
Dvorak Danses slaves
Verdi Nabucco (ouverture)
Dubois Th. Fantaisie pour harpe et orchestre     Lili Laskine (harpe)
Schubert     Rosamunde (entractes)
Perilhou Fête pastorale au Velay
Rossini Cendrillon (ouv)
Saint-Saëns Henri VIII (ballet)
Grétry Sylvain (ouverture et air de Lucette) A.Schmidt (chanteuse)
Mozart Les Noces de Figaro (air de Suzanne) A.Schmidt (chanteuse)

19 avril 1936 Paris Orchestre national
nous identifions mal le rôle d'Aimée Bourgeois-Félix(?), Lucie Caffaret (pianiste) et de René Charles (?)
Boieldieu     Le Calife de Bagdad     au chant Aimée Bourgeois-Félix et Lucie Caffaret
Borodine Le Prince Igor     René Charles ?
Chabrier Joyeuse marche
Delibes Le roi s'amuse     René Charles ?
Godard B. Kermesse     René Charles ?
Honegger Les dits du jeu du monde Aimée Bourgeois-Félix, Lucie Caffaret
Massenet 1ère Suite d'orchestre
Nicolai Les Joyeuses commères de Windsor René Charles ?
Ravel     Shéhérazade     Aimée Bourgeois-Félix et Lucie Caffaret
Schechter Turkmenien Aimée Bourgeois-Félix et Lucie Caffaret
Saint-Saëns Concerto pour piano n°2 en sol mineur     Aimée Bourgeois-Félix et Lucie Caffaret
Weber Les 3 Pintos  Aimée Bourgeois-Félix et Lucie Caffaret
Beethoven Octuor en mi bémol     Aimée Bourgeois-Félix et Lucie Caffaret

25 avril 1936 Paris  (Poste PTT) Orchestre national
Récital : au chant Mlles Metehen et Clarisseau ou avec Mmes Bourgeois-Félix, cantatrice, Caffaret, pianiste ?
Massenet Qu'il est loin mon pays (Sapho)
Massenet Solitude (Sapho)
Auber La Muette de Portici
Boulanger Nadia Pièce en ut dièse
Lalo     Concerto (?)
Massenet Sapho
Reineke Tableaux musicaux
Rimsky-Korsakov Le Coq d'or
Saint-Saëns Parysatis
Massenet Ils s'en vont, c'est la solitude (Sapho))

 3 mai 1936 Paris Orchestre national
Mendelssohn Songe d'une nuit d'été
Saint-Saëns Havanaise
Massenet Le Cid

Désormière : Les Offrandes oubliées.mp4


3 juin 1936 Paris, salle Gaveau Orchestre symphonique de Paris
1er concert Jeune France
Baudrier     Raz de Sein
Daniel-Lesur     5 Interludes pour 4 cors
Daniel-Lesur     Suite française
Messiaen Hymne au St Sacrement
Messiaen Les Offrandes oubliées
Tailleferre Ballade pour piano et orchestre     Ricardo Viñes (piano)
Baudrier     Chant de jeunesse
Robert Brussels/Le Figaro du 7 juin 1946

Florent Schmitt dans Le Temps du 27 juin 1936 :

LES CONCERTS

« Jeune-France » de 1936 Œuvres de Mme Germaine Tailleferre, de MM. Messiaen, Baudrier, Jolivet et Lesur.

Parmi le déchaînement de répertoires mozartiens, beethoveniens et wagnériens qui, sous la dénomination collective et tant soit peu ironique– de « grande saison musicale de Paris», sévissent en ce moment avec une ardeur accrue, on est tout heureux de pouvoir glaner par hasard quelques musiques d'origine authentiquement parisiennes, même si elles ne comblent pas intégralement nos vœux ! Car pour celles-ci aurons-nous eu du moins l'illusion de l'attente.

Voici, par exemple, le concert de la « Jeune-France », une Jeune-France, toutefois, à retardement non d'un siècle, comme vous pouviez craindre, mais seulement de dix à quarante ans selon les cas. En 1919 on disait des « Six », lorsqu'ils en étaient à l'heure miroitante des promesses, qu'ils avaient du talent comme quatre. Plus ambitieux, nos quatre Jeune-France prétendent avoir du talent sinon comme six, du moins comme les « Six ». Ce dont l'avenir nous assurera. Pour le présent contentons-nous de discerner aussi impartialement qu'il est possible dans notre pauvre nature humaine les mérites réels ou en puissance de ces jeunes hommes, tous artistes dans le cœur, La pipe ou le cigare aux lèvres, l'air moqueur, Le temporal orné d'un bonnet de Phrygie,

En barbe Jeune-France, en costume d'orgie. ainsi qu'en 1830 les dépeignait l'auteur de Feu et flamme !

Mais aujourd'hui, en ces adolescents glabres et vêtus comme tout le monde, sans bonnet phrygien et sans poignards de Tolède, c'est à peine si O'Neddy reconnaîtrait ses bousingots, Jehan le statuaire, Reblo le poète, Don José le duelliste et enfin l'architecte, ce facétieux Noël alias Jules Vabre, auteur présumé de l'Essai sur l'incommodité des commodes, une, horde enthousiaste malgré sa splendide indolence, la même qui, à l'instigation de Gautier, Nerval et Berlioz, ses chefs de file, devait certain soir mémorable livrer et gagner la bataille d'Hernani.

Cette première escarmouche de la Jeune-France de 1936 échelonnait, sous l'égide d'une non moins jeune vétérane, Mme Germaine Tailleferre, ci-devant « six » et l'une des plus combatives, tous les degrés du traditionalisme le plus académique à l'intransigeance la plus échevelée, en un groupement d'oeuvres par definition fort dissemblables que cette promiscuité quelque peu arbitraire dut, j'imagine, mutuellement effarer. A côté de ce tableau sombre, quasi dramatique, où Olivier Messiaen, voulant évoquer « le don de la divine essence, le « pain vivant descendu du ciel », nous présente un Saint-Sacrement irascible et agressif, nous voyons surgir un Raz de Sein terriblement suave pour un sujet aussi gros de menaces, et en même temps bien timide pour la plume d'un compositeur qui, nautique aventureux, s'enorgueillit du grade de deuxième barreur de France. A croire que les titres ont été insidieusement intervertis pour dérouter l'auditeur ce thème rimskyen de la Grande Pâque russe, en l'espèce la tendre mélopée de clarinette qui, chez M. Baudrier, assume le plus clair de l'invention, ce gentil balancement de violons en noires pointées et croches qui figure la grande voix de la mer, feraient merveille dans l'Hymne au Saint-Sacrement, alors que réciproquement les tempêtes de Messiaen, ses orgies de cuivres et de percussion évoqueraient avec assez de précision l'atmosphère redoutable de l'île des sept sommeils. Le mysticisme de Messiaen s'émaille des plus terrestres, des plus coupables effusions, d'élans à la Strauss j'aime malgré tout ce début, fougueux comme un assaut qui vous font songer à quelque Don Juan pimenté de discordances plus ou moins opportunes, tandis que le Raz de Sein, ramené au rang d'un simple goulet, est une placide et inoffensive rêverie. La même conception toute profane des choses mystiques s'étend aux Offrandes oubliées, que d'ailleurs nous n'avions nullement oubliées depuis Straram. C'est pourquoi, des trois parties de ce poème, mes sympathies iront, plutôt qu'à la Croix ou à l'Eucharistie, dont le recueillement un peu artificiel ne me convainc qu'à demi, mais bien et sans ambages au Péché, page pleine d'une vie, d'une trépidation enfin justifiées où, au point culminant, une plantureuse quarte et six de dominante s'étale, superbe et impudique comme le péché lui-même. Quant au Chant de jeunesse, tout y est en effet incroyablement vert et inexpérimenté les idées, qui sont faciles mais sans relief, et une mise en œuvre à l'avenant, formules de traité, et marches harmoniques d'une symétrie sans caprice, progressions scolaires dont l'école fatiguée ne veut plus, gammes par tons que l'auteur découvre après quarante ans d'usure et qu'ainsi, trois générations se seront en vain acharnées à abolir. Sans doute M. Yves Baudrier est-il sensiblement contemporain de ce chant. Aussi peut-on, sans l'offenser, ne pas lui celer des vérités qui plus tard lui seraient pénibles. Mais qu'il se méfie d'un entourage d'amis qui s'entendent, ils l'ont prouvé, à couler les jeunes talents par leur sollicitude aveugle. Le cas de M. André Jolivet est un peu mélancolique. Après une assez importante production de lieds et de musique de chambre où l'on aurait plaisir à encourager des recherches parfois bien un peu inutilement laborieuses, mais souvent couronnées de trouvailles, le voilà aujourd'hui qui s'engage de gaîté de cœur, longtemps après Edgar Varèse dont Arcane serait, pour ainsi dire, l'aboutissement par anticipation de cette Danse incantatoire dans un labyrinthe où Varèse lui-même erre à tâtons depuis des lustres sans parvenir en dépit' d'une confiance inébranlable dans sa fameuse étoile de l'Apocalypse à y allumer le bienheureux rais d'espoir. Comme dans Varèse,' sans se développer, ne modifiant leurs apparitions successives que par la diversité des plans, ces thèmes étales iront, se répétant avec une insistance obsédante, dans un adagio peut-être seulement apparent, mais constant, où le rythme, ce créateur du mouvement, n'engendrera qu'une sorte d'immobilité statique, ou des agrégations harmoniques agglutinées en grappes compactes, dominées çà et là par les sirènes aiguës ou les puissants rugissements de trente-deux pieds des ondes Martenot, envelopperont cette magie d'un halo de couleurs étranges et indécises. Tentative des plus intéressantes, certes, mais que je crains, hélas, imperfectibles et sans issue.

Des quatre, M. Daniel Lesur serait peut-être le plus musicien en ce sens qu'il a l'intuition, comme d'autres de l'orthographe ou de la syntaxe, de l'harmonie naturelle et bien en place. Il ne risque ses dissonances que dûment filtrées et contrôlées. Le plus musicien, dis-je. Ce qui ne signifie pas absolument qu'il soit le plus artiste et le plus original. A Mendelssohn, à Brahms, à Saint-Saëns, grammairiens infaillibles, il me semble que je préférerai toujours les gaucheries géniales d'un Berlioz ou d'un Moussorgsky, les joyeux coups de boutoir d'un Chabrier. Les Cinq interludes pour quatre cors (un de trop), dont un Quasi andantino bien sonnant, un Tranquillo ma andante, démonstration un peu simpliste du registre grave, un Poco scherzando effectivement peu scherzant, et un Giocoso déplorablement sérieux, sont d'honnête travail, parfaitement réfractaire à toute révolution, Jeune-France ou autre, voire à toute évolution. De même la Suite française qui, d'une sagesse à éteindre les fureurs du Cotopaxi, semble d'une autre Suite française, celle .apparemment de Roger-Ducasse, l'aînée d'un quart de siècle. J'y note toutefois, outre une orchestration habile et non sans saveur, le thème de la Ronde pastorale, d'une bonhomie à la Haydn assez goguenarde, et qui, à lui seul, rachètera les lieux communs et les monotonies d'un Divertissement trop légal ou d'un Menuet aux grâces ralenties. Souhaitons que du contact avec Messiaen et Jolivet, ses camarades du pôle extrême au pays de Jeune-France, résulte pour ce Boréal un' peu glacé quelque rapprochement vers un centre plus ardent.

Comme il était à prévoir, c'est à la poétique et si musicale, en son néo-debussysme, Ballade pour piano et orchestre de Germaine Tailleferre, réalisée ces dernières années par Monteux, que les applaudissements s'étaient donné rendez-vous. Et comme elle fut jouée à ravir par notre cher et admirable Ricardo Vines, l'heureux dédicataire, musicien et public ne pouvaient qu'être unanimes dans l'enthousiasme.

Conduite avec fermeté et souplesse par M. Roger Désormières (sic), un jeune chef chez qui nous constatons à chaque apparition au pupitre une autorité grandissante, l'exécution de ces œuvres si diverses me parut pleine d'unité, d'initiative et de compréhension.

Quelques jours plus tard la Jeune-Italie donnait à la Jeune-France une victorieuse réplique.  (… dont Malipiero, Gorini…) 




 9 juin 1936 Paris  (Poste PTT) Orchestre national
Roussel Les Dieux dans l'ombre des cavernes 
Roussel La Ville rose
Grassi  Fête Khmère 
Grassi  Le Réveil de Boudha
Vuillermoz     Chansons canadiennes 
Perez     Ballet de Tout-Ank-Amon 
Saint-Saëns Africa
Désormière Chansons de la Martinique


L'Homme libre du 11 juin 1936
LES PREMIÈRES 
Théâtre du Châtelet: : 
Les ballets russes de Monte-Carlo 
Voici les ballets russes revenus chez nous, chargés d'un potentiel nouveau. 
Nous avons revu Les Matelots, dont la musique de Georges Auric fait l'agrément, et aussi les charmants travestis, car les ballets russes ont ceci de commun avec les ballets français que leur thème est des plus sommaire. 
Présages est une création, et qui dit création ne dit pas toujours récréation. Ce fut plutôt la manifestation traditionnelle de superintellectualiié relevant du poil classique qu'on coupe en quatre. 
Sur la musique de Tchaïkovsky, Leonid Massine a construit une chorégraphie racontant la lutte de l'homme avec son destin. Thème spécifiquement russe. Hier soir l'Orient commençait au Châtelet. L'homme veut accomplir des choses inouïes, gigantesques. Mais ses passions et ses désirs lui sont nuisibles et l'amour se lance à son tour dans la bagarre pour lutter contre le mauvais sort. Néanmoins l'homme doit savoir même tirer parti de la malchance et emprunter ainsi la route aride de l'héroïsme. 
Je n'oserais pas affirmer que les figures chorégraphiques de Présages soient assez éloquentes, assez démonstratives, pour exprimer ce thème en toute clarté. Qu'on se souvienne seulement, avant d'aller assister aux ballets russes, qu'il est indispensable de consentir d'abord un gros effort d'imagination. Le symbolisme de la danse est un tyran en habit noir. Il est trop chic, trop snob pour qu'on ne s'évertue pas désespérément à croire qu'on le pénètre. 
Le Beau Danube, de Leonid Massine, sur la musique de Strauss, arrangée par Roger Désormière, est une pantomime aux rythmes familiers, je dirais presque démocratiques ! Il y a une jeune fille éprise d'un séduisant hussard habillé de gris souris. 
Mais le hussard est l'amant d'une danseuse des rues. Drame. Mais le beau 
hussard ne manque pas de raison. 
Mlles Tatiana Riabouchinska, Nina Verchinina, Danilova et MM. Massine, Woizikovski, Lichine ont été très applaudis. 

 

23 juin 1936 Paris (Poste PTT) Orchestre national
Inghelbrecht Carvaval romantique à Paris au chant Mmes Odette Turba-Rabier, Faroche, J. Morlet, M. Dunan, Reyer, Lancret, et Dagmar  MM. André Balbon, Argentin, Clérisseau, R. Fleur, H. Krimer, Lavialle   Chœurs Felix Raugel

26 juin 1936 Paris, Salle Pleyel Concert pour le centenaire de la mort de Rouget de Lisle
avec la Fédération musicale populaire et les Fêtes du peuple
Doyen Albert    Chant de midi
Simon J.-C. Défilé sur les chants et thèmes révolutionnaires
Rouget de Lisle    Le Chant des industriels    au chant Henri Etcheverry
La Marseillaise de Rouget de Lisle
orchestration Berlioz
orchestration Gossec
Gossec    La Carmagnole        au chant Henri Etcheverry         Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset
Gossec    Marche lugubre pour harmonie
Gossec    L'Hymne à la statue de la liberté
Gossec    L'Hymne à la victoire
Gossec    La Ronde nationale     Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset
David Félicien    La Ronde des Saint-Simoniens     Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset
Sauveplane    Prélude pour harmonie          Création ?
Berlioz    Symphonie funèbre et triomphale pour chœur et harmonie     Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset
Koechlin    Apothéose : La Victoire, pour harmonies          Création ?
Rouget de Lisle    La Marseillaise      Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset
Degeyter    L'Internationale         Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset



27 et 28 juin 1936 Choisy-le-Roy 
Concert pour le centenaire de la mort de Rouget de Lisle
avec la Fédération musicale populaire et les Fêtes du peuple
A 11 heures, concerts d'harmonies et de chorales populaires
A 16 heurs, Grand concert au Stade Municipal Chorales et Harmonies populaires de Paris
Simon J.-C. Défilé sur les chants et thèmes révolutionnaires
Rouget de Lisle    Le Chant des industriels    au chant Henri Etcheverry
La Marseillaise de Rouget de Lisle
orchestration Berlioz
orchestration Gossec
Gossec    La Carmagnole    au chant Henri Etcheverry         Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset
Gossec    Marche lugubre pour harmonie
Gossec    L'Hymne à la statue de la liberté
Gossec    L'Hymne à la victoire
Gossec    La Ronde nationale     Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset
David Félicien    La Ronde des Saint-Simoniens     Chorale de la FMP dirigée par Peters-Rosset
Sauveplane    Prélude pour harmonie          Création ?
Berlioz    Symphonie funèbre et triomphale pour chœur et harmonie
Koechlin    Apothéose : La Victoire, pour harmonies          Création ?
La Marseillaise et l'Internationale
par toutes les harmonies et tous les orchestres : 1.200 executants
direction Désormière et Peters-Rosset

L'Homme libre du 30 juin 1933
Châtelet. — Ce soir, pour la clôture de la saison des ballets russes du Châtelet, on donnera, outre les divertissements annoncés, un nouveau ballet : Nocturne, musique de Rameau, adaptée par M. Roger Desormières; argument, décor et costumes du comte Etienne de Beaumont. 
Ce ballet est réglé par David Lichine.


20 représentations du 14 juillet au 24 juillet, prolongées au 2 août 1936 
Paris Théâtre de l'Alhambra Le 14 juillet de Romain Rolland


Regards 1936/06/25 (N128).

14 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra Création
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

15 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

L'Humanité du 16 juillet 1936

Vers un théâtre populaire

L'expérience qui se tente actuellement au théâtre de l'Alhambra ne saurait manquer d'avoir les suites les plus heureuses sur ce que Lenormand appelle le destin du théâtre et qui est le destin de notre âme collective. Des groupes théâtraux indépendants travaillant à l'unisson, avec la collaboration d'artistes venus du plus illustre et du plus traditionnel de nos théâtres officiels et acceptant les exigences d'un art qui n'est plus. un art de conflits individuels, mais un jeu de masses, des décorateurs, des metteurs en scène fraternisant dans un parfait esprit d'équipe. Voilà tout ce que nous apportent de neuf et de réconfortant ces représentations de Quatorze Juillet, la grande fresque historique où Romain Rolland a mis toute sa générosité fruste et violente et où, à chaque mot, à chaque réplique, et surtout à chaque mouvement de foule, acteurs et spectateurs retrouvent leurs soucis et .leurs passions d'aujourd'hui, tant il reste encore de Bastilles à reprendre. Il faut donc rendre hommage à la cordiale abnégation des organisateurs de cette festivité, à toutes les associations que groupe la Maison de la Culture, à Jean-Paul Dreyfus et à Virginia, ainsi qu'aux metteurs en scène, Jacques Chabanne, Julien Lacroix, Sylvain Itkirie, Grégory...

Les décors, sont dus à Nadine Landowski, Mathos, Moulaert.

Pour le rideau, on n'a pas hésité à le demander au peintre, le plus audacieux de ce temps et l'un des plus grands de tous les temps Pablo Picasso. Ce que l'académisme officiel se refuse à reconnaîre et à admettre c'est-à-dire l'art vivant et les hardiesses et les inquiétudes du génie, tout cela peut désormais trouver asile dans une fête populaire. Enfin sept musiciens se sont rencontrés, Koechlin, Roussel, Milhaud, Ibert, Lazarus, Auric, Honegger, qui se sont accordés à composer une musique de scène, illustrant, soutenant tels tableaux dramatiques, prolongeant l'émotion expressive de cette tragédie du peuple, .jouée par lui, écrite pour lui. On conviendra que ce sont là de beaux noms, et ce n'est pas un des moindres attraits de l'événement que ces sept artistes tressant cette couronne musicale et faisant montre d'une entente et d'une solidarité qu'on n'a pas toujours pour accoutumé de trouver entre musiciens ou, plus généralement, entre créateurs.

Ainsi un souffle neuf et une intention unanime, dans sa multiplicité, soulèvent cette suite d'images où Romain Rolland, disciple des grands symphonistes et des grands romantiques, exégète de Beethoven, de Berlioz et de Gossec, a évoqué un moment de notre histoire populaire, moment pathétique, tout des palmes estivales du Palais-Royal, et où collaborèrent la nature, l'inspiration, toutes sortes de forces profondes et puissantes. Des artistes réfléchis et instruits aux plus savantes techniques ont accepté de se laisser emporter par la fougue de cette épreuve toute neuve pour eux. C'est le signe que l'art va toujours à la vie et que s'il découvre, dans les circonstances de son temps, quelque issue qui va permetre de se manifester avec plus de richesse et plus de majesté, il s’y précipite. Il est assez beau de penser que cette issue, cette fois, c'est la nécessité de créer un théâtre populaire, qui la lui fournit, la nécessité de donner une expression aux ardeurs des masses. C'est par là que l'art court une chance de se renouveler et cela sans bassesse aucune, sans « aller au peuple » comme on disait autrefois, mais parce qu'avec le peuple et dans le peupie, l'art sait qu'il retrouve le contact d'une réalité vivante et le moyen pour lui, l'art, l'art éternellement jeune, de se sentir ressusciter. 

Si l'art n'était pas le compagnon de.l'homme, qui meurt et ressuscite avec l'homme, épouse la courbe des vicissitudes de l'homme, meurt de ses défaillances et le précède dans ses espoirs, s'il n'était ainsi fidèle à à l'homme, quelle pauvre chose serait-il ? Nous assistons à un tournant admirable de l'histoire de l'art, celui-ci est, tout simplement, en train de retrouver sa dignité. Parce que l'homme est en train de retrouver la sienne.

Jean CASSOU.


16 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

Le Matin du 17 juillet 1936

COURRIER DES SPECTACLES 

LES PREMIÈRES 

ALHAMBRA. Le 14 Juillet, action populaire en 3 actes de M. Romain Rolland. 

C'est une résurrection. N'était l'époque, elle semblerait naïve. Inutilement, aux environs de 1902, Gémier avait essayé de réaliser scéniquement le rêve de M. Romain Rolland. Le 14 Juillet fut ainsi créé à la Renaissance. Cela fit peu de bruit alors. L'écrivain de Jean Christophe est un visionnaire ardent et pathétique il a le sens du théâtre lyrique il n'a pas eu celui du théâtre tout court, et son 14 Juillet ne vaut que par le frémissement d'un peuple en marche, le véritable héros de la pièce car Marat, Robespierre, Desmoulins, Hoche, ne sont que des comparses. 

Ne cherchez même pas à retrouver en eux l'image de l'histoire ou les traits de la légende, ils semblent pâles, mesquins, disproportionnés à leur gloire. Surtout Hoche, que M. Romain Rolland a dépeint ridiculement. Il en fait un rhéteur, braillard et prétentieux. Pauvre Hoche pauvre douce et fière et pure figure de la Révolution. Créature 

d'une telle simplicité et d'une telle modestie que Michelet n'en parlait qu'avec les larmes aux yeux. 

Il est vrai que M. Romain Rolland n'a pas recherché la vérité historique. Au contraire, il nous a prévenus, jadis, que « l'exactitude minutieuse des détails importait moins que la vérité passionnée de l'ensemble ». 

C'est bien l'ensemble qu'il nous faut seulement voir, cet ensemble à deux têtes dont l'une est la Bastille et l'autre le peuple. Mais quel contraste entre ces deux têtes synthétisant l'une le présent, l'autre l'avenir, celle-ci la laideur, celle-là la beauté. Cela est assez facile cela est aussi bien touchant parfois. 

Mais trêve de la pièce son spectacle seul compte. Ce spectacle est l'un des plus remarquables, peut-être le plus remarquable de ces dernières saisons. En si peu de temps, faire aussi bien, est une espèce de miracle. Sans doute, l'enthousiasme a décuplé les talents, peintres, musiciens, metteurs en scène, unis pour un même but, par une même foi ont réalisé l'impossible, d'emblée ils ont vaincu. 

Les principaux interprètes sont au-dessus de tout éloge M. Vidalin, Hoche à la voix ample et sonore, joue avec une fougue et une ardeur admirables M. Bacqué, M. Georges Vitray et Mlle Marie Bell, rivalisent de sincérité et de conviction. L'orchestre et les chœurs, dirigés par M. Desormières, ont enfin un rôle très important. Ils eurent, hier, une belle part dans le succès de la soirée, que le président du conseil avait tenu à honorer de sa présence. 

Fred Orthys.

Rideau de scène de Picasso.


17 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

Le Temps du 17 juillet 1936

THEATRE DE L'ALHAMBRA. - « Le 14 Juillet », de Romain Rolland. On se souvient qu'après la création des Maitres chanteurs, Wagner, s'adressant à ses compatriotes, leur avait dit avec une orgueilleuse satisfaction : « Et maintenant, messieurs, vous avez un art ! » Le télégramme dans lequel Romain Rolland se félicite d'avoir fondé hier le théâtre du peuple, avec la réalisation de son 14 Juillet, s'inspire du même état d'âme. 

En cherchant à nous abstraire de toute sentimentalité politique, comment faut-il juger cette tentative ? Sommes-nous donc sortis du théâtre confidentiel, de l'art de chapelle et du divertissement réservé à une seule caste sociale? Avons-nous, enfin, un théâtre fait pour le peuple de France et destiné à trente-cinq millions d'hommes et de femmes qui ont été, jusqu'ici, privés de ce plaisir ? En montant le 14 Juillet à l'Alhambra, a-t-on posé la première pierre de ce temple magnifique où les foules viendront communier dans un idéal élevé et s'Imprégner d'idées et de sentiments qui seront, pour elles, des disciplines intellectuelles et morales solides et efficaces ? La question est trop grave pour qu'on se contente d'une réponse d'une courtoisie évasive. La partie est-elle gagnée ? 

Oui, si l’on se place au point de vue de la générosité de la tentative, de la noblesse de ses aspirations, de la grandeur des idées exprimées et de la hauteur philosophique du sujet. 

Non, si l'on considère la qualité de la présentation et la technique de la mise en scène. Le texte, malgré sa longueur excessive, sa grandiloquence et son ton déclamatoire - qui sont, d'ailleurs, conformes au style du temps - crève aisément les décors de talle et de carton et fait reculer les murs du thêâtce. Mais à une œuvre de cette envergure et de ce souffle, il fallait une autre ambiance et surtout un autre « métier » scénique. 

Ici, tout est timide et traditionnel. 

La figuration n'oublie pas assez l'Odéon et le Châtelet. Les mouvements d'ensemble n'ont pas suffisamment d'ampleur. Et pourtant. l'on s'est adressé à d'excellents éléments artistiques. Mais leur diversité même ne leur a pas permis de réaliser l'unité de style qui est, malgré tout, indispensable à une fresque de ce caractère. Un art spectaculaire aussi nouveau que celui-ci ne peut pas s'accommoder des vieux poncifs de notre théâtre historique. Il faut trouver autre chose, une expression plus simple, plus forte, plus directe et moins encombrée de traditions arbitraires. L'œuvre de Romain Rolland n'a pas encore reçu sa traduction définitive. 

Ces trois tableaux, qui frémissent et palpitent comme les trois couleurs du drapeau républicain au souffle de la liberté, sont remplis de répliques lapidaires qui semblent avoir été écrites spécialement pour commenter les événements d'aujourd'hui, Les allusions à l'actualité la plus brûlante y sent Incessantes. Et ce recul de l'histoire qui permet des synthèses fécondes, en nous montrant l'éternel recommencement de toutes choses, a produit une forte impression sur les spectateurs. 

Un mélange de romantisme à la Hugo et d'ironie pénétrante créent, dans ces trois actes, une atmosphère singulière. Les personnages de Camille Desmoulins, de Hulin, de Hoche et surtout celui de Vintimille sont dessinés avec beaucoup d'intelligence et d'adresse. Les silhouettes de Gonchon, de Marat, de Robespierre et surtout ceux de la Contat et de la Bouju sont beaucoup plus conventionnelles. 

La partition qui accompagne ces trois tableaux a été commandée à sept musiciens de très inégale valeur. Ce sont, par ordre d'intervention dans le spectacle : MM. Jacques Ibert, Georges Auric, Darius Milhaud, Albert Roussel, Charles Kœchlin, Arthur Honegger et Daniel Lazarus. Ce choix est un peu paradoxal, parce qu'il juxtapose des talents réellement un peu trop disparates. Mais on a pu observer avec un vif intérêt que ces musiciens, en écrivant pour un public élargi, ont immédiatement renoncé à une quantité de petites manies d'écriture et de parti pris tendancieux que j'ai eu souvent l'occasion de reprocher à plusieurs d'entre eux. On a pu s'apercevoir que ces recherches laborieuses ne faisaient pas partie intégrante de leur style, comme ils affectaient de le laisser croire. En entrant dans un théâtre du peuple, ils ont pris un bain de simplicité, de loyauté et de droiture. 

Si nous devions à cet « art de masses » un bienfait aussi caractérisé, il faudrait se féliciter de son avènement. Plus on agrandira le cercle des auditeurs de nos musiciens d'aujourd'hui. plus on purifiera leur esthétique des germes malsains qui l'ont intoxiquée depuis quelques années. La disparition de l'art de petite chapelle va devenir une nécessité sociologique. Dès hier, on a pu s'apercevoir de l'Importance de cette évolution. Nos sept compositeurs ont écrit très sincèrement la musique qui convenait aux ouvertures, aux ballets. aux mouvements de foule, aux marches joyeuses ou graves et aux conclusions qui leur étalent confiées. 

Un orchestre sans quatuor, conduit avec une fougue héroïque par Roger Désormtères, a donné à cette curieuse partition un relief étonnant. Et je suis injuste pour de dévoués collaborateurs de l'œuvre en ne citant au hasard que Georges Vitray, Robert Vidalin, Abel Jacques, André Becqué, Roger Maxime, Julien Lacroix, Léon Larive, Marie Bell, Marie Morgan et Colette Borelli parmi les quarante artistes de l'interprétation. 

Il faut maintenant que le théâtre du peuple cherche et trouve son mode d'expression personnel et son style neuf pour remplir sa mission sociale avec toute l'efficacité souhaitable. 

Emile Vuillermoz. 


18 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

19 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

20 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

21 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

22 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

23 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

24 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

25 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

26 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

27 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)


28 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

29 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

30 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

31 juillet 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

1er août 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

2 août 1936 Paris Théâtre de l'Alhambra 
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)
Milhaud 14 juillet de R.Rolland (introduction, marche funèbre)
Roussel 14 juillet de R.Rolland (prélude du 2ème acte)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland (Liberté op. 158)
Honegger 14 juillet de R.Rolland (Marche sur la Bastille)
Lazarus 14 juillet de R.Rolland (Fête de la Liberté)

   Désormière n’enregistra jamais sur disque cette œuvre qui parut chez Le Chant Du Monde ‎ avec la Musique Des Gardiens De La Paix dirigée pas Desiré Dondeyne  et la Chorale Populaire de Paris dirigée par Gilbert Martin-Bouyer  (Notes de Léon Moussinac). Réédité en 1976 pour le 125ème anniversaire de la S.A.C.E.M. (Notes de Frédéric Robert et Lucien Ades)

Le 14 Juillet de Romain Rolland - 1. Ouverture : Jacques Ibert(Musique des gardiens de la Paix de Paris).mp4

Le 14 Juillet de Romain Rolland - 2. Palais Royal : Georges Auric(Musique des gardiens de la Paix de Paris).mp4

Le 14 Juillet - 3. Introduction et marche funèbre : Darius Milhaud(Musique des gardiens de la paix - Désiré DONDEYNE).mp4

Le 14 Juillet de Romain Rolland - 4. Prélude du 2eme acte : Albert Roussel.mp4

Le 14 Juillet de Romain Rolland - 5. Liberté : Charles Koechlin(Musique des gardiens de la paix - Désiré DONDEYNE).mp4

Le 14 Juillet de Romain Rolland - 6. Marche sur la Bastille : Arthur Honegger.mp4

Le 14 Juillet de Romain Rolland - 7. Fete de la liberté : Daniel Lazarus.mp4







??? 11 novembre 1936 Paris Débuts à l'Opéra-comique ???
représentation privée en l'honneur des Anciens combattants
sûrement une erreur
Bizet Djamileh MM. L. Musy, Couret, Morot, Pujol, Bouvier Mmes Mattio, Legouhy et Chellet
Gounod Le Médecin malgré lui    MM. L. Musy, Couret, Morot, Pujol, Bouvier Mmes Mattio, Legouhy et Chellet





19 novembre 1936, lettre d'Albert Roussel à Jacques Rouché au sujet de la création du Testament de Tante Caroline à l’Opéra-Comique  : 

« Mon cher Directeur et ami, 

Roger Désormière me paraît être le chef d'orchestre tout désigné pour conduire une opérette qui demande beaucoup de jeunesse et d'allant, et qui comporte des situations franchement bouffes. (…)  » in Lettres et écrits, Albert Roussel, Nicole Labelle, Flammarion.





1937,  autre année faste, nouveau record : 52 concerts retrouvés…

??? 1937 salle Pleyel 4ème Fête de la radio
RD avec l'Orchestre national


??? 1937 Paris Orchestre national 3 concerts dans le cadre de l'Expo 37 
Haydn Concerto pour violoncelle     au violoncelle Pablo Casals
Schumann Concerto pour violoncelle    au violoncelle Pablo Casals 
Boccherini Concerto violoncelle     au violoncelle Pablo Casals 

27 janvier 1937 Paris Théâre de la Porte-Saint-Martin Répétition générale
Milhaud Le Trompeur de Séville d'André Obey (musique de scène)


L'Humanité du 4 février 1937

21 février 1937 Paris, Salle du Conservatoire 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
Beethoven Symphonie n°4
Haydn Concerto pour violoncelle par Emmanuel Feuermann (voioloncelle)
Duruflé 3 Danses
Bach Suite n°4 par Emmanuel Feuermann (voioloncelle)
Berlioz La Damnation de Faust (3 extraits)

L'Humanité du 22 février 1937

L'Humanité du 25 février 1937

L'Humanité du 4 mars 1937


6 mars 1937 Paris (Poste Parisien) Groupe 5 mai 1936
Désormière Roméo et Juliette (version Jean Cocteau) avec Julien Berteau, Jean Cocteau, Yvette Guilbert (la nourrice), Madeleine Renaud (Juliette)

Le Populaire du 4 mars 1937 : Radio Nous rappelons que c'est le vendredi 6 mars, à 20 h. 30, que MAI 36 diffuse sa première émission dramatique : Roméo et Juliette, adaptation de Jean Cocteau, musique de Roger Desormières.



10 mars 1937 Paris, Opéra-comique
Roussel Le Testament de tante Caroline Création à l'Opéra-comique     Mmes Fanely Revoil (Lucine), Suzanne Dehelly (Christine), Madeleine Sibille (Béatrice), Christine Lyani (Noémie), Rose Pocidalo (Ernestine Béju), Christiane Gaudel (la nurse) ; MM. Paul Derenne (Noël), Louis Guénot (Jobard de Courtepointe), André Balbon (M. Corbeau), Rousseau (docteur Patogène), René Hérent (Ferdinand Laguigne)

Le Matin du 11 mars 1937

COURRIER DES SPECTACLES

LES PREMIÈRES THEATRE DE L'OPERA-COMIQUE. Le Testament de la tante Caroline. opéra bouffe en trois actes, livret de Nino, musique de M. Albert Roussel.

Angélique et Rayon de soieries avait permis au burlesque d'entrer, par la petite porte, à l'Opéra-Comique. Il entre aujourd'hui par la grande et occupe la scène toute une soirée. Un essai, visiblement. Comment cet essai sera-t-il accueilli par le public ? Impossible de hasarder un pronostic sur ce point. L'affaire est audacieuse, elle sera sans doute commentée diversement. Elle représente pourtant un effort et de ce point de vue, elle commande sinon la sympathie du moins l'indulgence. Enfin, observons que depuis qu'elle a pignon sur rue, la salle Favart, à chacune de ses tentatives d'évolution et de modernisation, a provoqué des sursauts indignés. Elle n'en a pas moins une histoire que l'on voudrait voir redevenir aussi brillante qu'autrefois.

Le Testament de la tante. Caroline est une farce à la manière théâtrale de M. Nino. Après avoir vécu dans la galanterie, la tante Caroline meurt cinquante fois millionnaire en testant er faveur du premier enfant à naître dans le délai de douze mois d'une de ses trois nièces, qui avaient d'ailleurs rompu toutes relations avec elle. La fortune reviendra à une œuvre si un héritier n'apparait pas dans le délai fixé. L'une des nièces,, Béatrice, est célibataire, les deux autres, Christine et Noémi, sont obstinément stériles. Qu'à cela ne tienne. Grâce à des complicités qu'elles trouven dans la pouponnière du docteur Patogène, Christine et Noémi se procurent chacune un enfant. Mais les deux naissances simulées ayant eu lieu à là même minute, Me Corbeau, l'exécuteur testamentaire, ne sait à quoi se résoudre lorsque Béatrice, qu'il croyait vertueuse, retrouve un fils naturel âgé de vingt et un ans. Ce sera un garçon vraiment chanceux qui deviendra légataire universel de la tante Caroline. L'histoire comporte cent détails bouffes ; chacun des personnages a ses travers, les querelles de famille prennent une acuité désopilante, une pouponnière et une étude de notaire ont un aspect extraordinaire, les plus baroques situations se succèdent, on vit dans le domaine de la fantaisie et de la satire. La mise en scène originale et curieuse de M. Georges Pitoëff ajoute à l'étrangeté de ce renversement complet des valeurs conventionnelles du théâtre lyrique amusant.

Comment M. Albert Roussel, symphoniste notoire, allait-il se comporter en présence d'un livret si particulier ? Fort habilement et sans rien abandonner de sa science et de son imagination. A l'humour de l'auteur s'accorde, seconde par seconde, l'humour du compositeur. Chaque phrase, chaque mot même, trouve à la fois son expression vocale et son expression instrumentale. Certaines pages, qu'on détachera certainement, ont de la grâce et du sentiment, d'autre; ont un brio réjouissant. Des pastiches comiques passent çà et là. M. Roger Desormière, qui dirige l'exécution, donne tout son relief à une orchestration très intéressante.

Mme Fanely Revoil, dans un charmant rôle de sage-femme, et Mme Suzanne Dehelly, dans le rôle de Christine l'une des trois sœurs, abordent la scène de l'Opéra-Comique avec un succès qui ne surprendra personne. Mmes Sibille, Rose Pocldalo, Liany et Gaudel sont également applaudies en partage acec une excellente distribution masculine qui comptent MM. André Salmon, Rousseau, Hèrent, Guenot et Derenne.

Jean Pruhomme


14 mars 1937 Paris, Opéra-comique
Roussel Le Testament de tante Caroline Mmes Fanely Revoil (Lucine), Dehelly (Christine), Madeleine Sibille (Béatrice), Lyani (Noémie), Pocidalo (Ernestine Béju), Gaudel (la nurse) ; MM. Paul Derenne (Noël), Guénot (Jobard de Courtepointe), Balbon (M. Corbeau), Rousseau (docteur Patogène), Hérent (Ferdinand Laguigne)

18 mars 1937 Paris, Opéra-comique
Roussel Le Testament de tante Caroline Création Mmes Fanely Revoil (Lucine), Suzanne Dehelly (Christine), Madeleine Sibille (Béatrice), Christine Lyani (Noémie), Rose Pocidalo (Ernestine Béju), Christiane Gaudel (la nurse) ; MM. Paul Derenne (Noël), Louis Guénot (Jobard de Courtepointe), André Balbon (M. Corbeau), Rousseau (docteur Patogène), René Hérent (Ferdinand Laguigne)

21 mars 1937 Paris, Opéra-comique
Roussel Le Testament de tante Caroline Création Mmes Fanely Revoil (Lucine), Suzanne Dehelly (Christine), Madeleine Sibille (Béatrice), Christine Lyani (Noémie), Rose Pocidalo (Ernestine Béju), Christiane Gaudel (la nurse) ; MM. Paul Derenne (Noël), Louis Guénot (Jobard de Courtepointe), André Balbon (M. Corbeau), Rousseau (docteur Patogène), René Hérent (Ferdinand Laguigne)

L'Humanité du 25 mars 1937

LA MUSIQUE

Le Testament de la tante Caroline Opéra-bouffe en 3 actes

Livret de Nino, musique de A. Roussel, à l'Opéra-Comique

Je ne sais vraiment pour quelles raisons certains s'effarouchent à' l'idée qu'à l'Opéra-Comique on ne doit pouvoir sortir des œuvres du « répertoire » et que s'il advenait que l'on fit des créations, il faudrait qu'elles fussent dans la « ligne » de ces dites œuvres et partant, qu'on n'y put trouver. place pour certaines « musiques » légères dans lesquelles il y aurait matière à rire sainement et à s'amuser..

Je n'ouvrirai pas ici un débat sur la discrimination que l'on peut faire, disons même que l'on fait toujours, hélas ! entre la musique dite « grande » et la, « petite » musique.. Je n'en ai pas la place. Mais, il doit apparaître, au premier abord qu'il ne peut être question, en l'occurrence, de cet « arbitraire » et, bien malvenus, seraient ceux, qui, toujours en l'occurrence, pourraient mettre en cause le talent, voire même le génie, d'une personnalité qui a voulu, par un petit chef-d'œuvre, nous persuader qu'il n'y a de musique sur cette terre, que pour être grave et que l'on ne peut s'instruire en s'amusant. Ceci dit, et il importait de le dire pour effacer tout malentendu, nous allons essayer de rendre compte de cet ouvrage.

Le livret de cet opéra-bouffe, que l'on pourrait appeler aussi bien une opérette, est dû à Nino, que nous connaissons bien déjà, pour nous avoir donné la délicieuse « Angélique », dont la musique est de J. Ibert. On en reconnaît immédiatement l'auteur à la facture. C'est une histoire d'héritage. Trois sœurs, croyant se partager la succession « hénaurme » de ta tante Caroline, découvrent sur le tard, par les bons soins de Me Corbeau, le notaire, un testament dans lequel est stipulé, que seul l’enfant premier né d'une des trois sœurs et cela dans un temps donné sera légataire universel de ladite « tante ». Deux seulement des sœurs sur trois, étant mariées,; mais n'ayant pas d'enfant, on voit d'ici, à quelles combinaisons, parfois très bouffonnes mais pas toujours très recommandables vont pouvoir se livrer ces personnages. Or il advint comme conclusion, que seule, la sœur qui n'était pas mariée, mais qui s'était dévouée aux « bonnes œuvres » avait un enfant depuis vingt ans et que par un miraculeux hasard, elle retrouve, dans le personnage de l'ancien chauffeur de la tante Caroline.

Voilà pour le livret. Pour la musique, nous dirons tout de suite, qu'elle reste dans la meilleure tradition de l'opérette française. Traité avec légèreté et esprit, ce livret a donné lieu à une musique gaie, claire, très rythmique parfois. On y peut trouver de la vie et du mouvement. Il est certain, évidemment, que rien dans ces « airs » ne saurait encourager, à la banalité « populacière » que tant d'élucubrations du genre dit opérette ont réussi, hélas! à développer chez un public plutôt confiant et que l'on a réussi à tromper. Et, sans irrévérence, je crois que l'on pourrait. dire de cet ouvrage, qu'en passant par Messager, nous sommes arrivés à du Roussel de la meilleure veine. Un orchestre bien ordonné et sonnant toujours agréablement ne peut que faire ressortir toutes les beautés de cette, partition..

La distribution de cet ouvrage est d'une homogénéité parfaite. En faisant appel à Suzanne Dehelly, qui est tout à fait à sa place avec sa fantaisie coutumière, dans le rôle d'une des trois sœurs, ainsi qu'à Georges Pitoëff, pour la mise en scène parfaitement réussie, l'Opéra-Comique a montré qu'il ne se gênait pas de préjugés stupides. Nous avons aussi admiré. Fanny Revoil, dont la voix souple, l'excellente diction et le jeu intelligent ont contribué à faire du personnage de l'infirmière un rôle plein de vie et de mouvement. De même, Balbon, dans Me Corbeau, Hérent, Madeleine Sibille, Rose Pocidalo, etc.

Roger Désormière a dirigé les études de cette délicate partition avec un enthousiasme et une science des proportions en tout point dignes de l'ouvrage. Il importe de souligner aussi le grand effort artistique accompli par la direction, dont nous avions déjà admiré les réalisations dans les deux dernières reprises.

Et en terminant, nous ne saurions trop conseiller à tous nos amis d'aller voir ce spectacle qui mérite entièrement leur confiance.

Henry SAUVEPLANE.


25 mars 1937 Paris, Opéra-comique
Roussel Le Testament de tante Caroline Création Mmes Fanely Revoil (Lucine), Mona Doll (Christine), Madeleine Sibille (Béatrice), Christine Lyani (Noémie), Rose Pocidalo (Ernestine Béju), Christiane Gaudel (la nurse) ; MM. Paul Derenne (Noël), Louis Guénot (Jobard de Courtepointe), André Balbon (M. Corbeau), Rousseau (docteur Patogène), René Hérent (Ferdinand Laguigne)

26 mars 1937 Paris, Opéra-comique
Roussel Le Testament de tante Caroline Création Mmes Fanely Revoil (Lucine), Mona Doll (Christine), Madeleine Sibille (Béatrice), Christine Lyani (Noémie), Rose Pocidalo (Ernestine Béju), Christiane Gaudel (la nurse) ; MM. Paul Derenne (Noël), Louis Guénot (Jobard de Courtepointe), André Balbon (M. Corbeau), Rousseau (docteur Patogène), René Hérent (Ferdinand Laguigne)

25 mars 1937 Paris, Opéra-comique
Roussel Le Testament de tante Caroline Création Mmes Fanely Revoil (Lucine), Mona Doll (Christine), Madeleine Sibille (Béatrice), Christine Lyani (Noémie), Rose Pocidalo (Ernestine Béju), Christiane Gaudel (la nurse) ; MM. Paul Derenne (Noël), Louis Guénot (Jobard de Courtepointe), André Balbon (M. Corbeau), Rousseau (docteur Patogène), René Hérent (Ferdinand Laguigne)

16 avril 1937 Paris, Opéra-comique
Roussel Le Testament de tante Caroline Création Mmes Fanely Revoil (Lucine), Mona Doll (Christine), Madeleine Sibille (Béatrice), Christine Lyani (Noémie), Rose Pocidalo (Ernestine Béju), Christiane Gaudel (la nurse) ; MM. Paul Derenne (Noël), Louis Guénot (Jobard de Courtepointe), André Balbon (M. Corbeau), Rousseau (docteur Patogène), René Hérent (Ferdinand Laguigne)

18 avril 1937 Paris, Opéra-comique
Massé Victor Les Noces de Jeannette MM. Rousseau, Poujols, Mme Lucienne Baugé


 1er mai 1937 Paris, Musée des arts et traditions populaires (nom ?) Inauguration
Assure le programme musical (ami avec Georges Henri Rivière)



4 mai 1937 Paris, Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Odette Turba-Rabier, Legoulx, Tiphaine, MM. Lebreton, Carlton-Gauld, Rousseau, Le Prin

L'Humanité du 15 mai 1937

Le Populaire du 26 mars 1937

CONGRÈS MUSICAL

La Fédération Musicale Populaire organise son deuxième Congres national du 15 au 17 mai (Pentecôte) dans le cadre de l'Exposition Internationale 1937.

Ce Congrès réunira d'une part les représentants d'Harmonies et de Chorales populaires de toute la France, et d'autre part, les personnalités les plus en vue du monde musical actuel, telles que : G. Auric, Cantrelle, M. Delage, M. Delannoy, R, Désormière, M. F. Gaillard, J. Ibert, A. Hoérée, M. Jau- bert, Jolivet, Koechilin, Honegger, Lazarus, D. Milhaud, A. Roussel, H. Radiguer, etc.

Tontes les questions qui intéressent la- musique, les compositeurs, les intèrprètes, les. sociétés d'amateurs seront étudiées ; particulièrement toutes les questions qui intéressent l'éducation musicale.

Pour tous renseignements concernant les programmes et les réductions sur ies chemins de. ferc écrire à la F.M.P., 12. rue de Navarin Paris. (9e),


20 mai 1937 Paris, Opéra-comique
Lazarus La Chambre bleue Création        Fanely Revoil, Louis Arnoult, M. Tubiana
Puccini Gianni Schicchi André Balbon
Mascagni Cavalleria Rusticana

23 mai 1937 Paris, Opéra-comique
Lazarus La Chambre bleue Fanely Revoil, Louis Arnoult, M. Tubiana

27 mai 1937 Paris, Opéra-comique
Lazarus La Chambre bleue Fanely Revoil, Louis Arnoult, M. Tubiana

Le Figaro du 1er juin 1937
4 juin 1937 Paris, salle Gaveau 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
2ème concert Jeune France
Baudrier     Le Musicien dans la cité     Création
Daniel-Lesur Pascassaille
Delannoy Le Fou de la Dame (Ouverture)
Jolivet 3 Chants des hommes     Création     Jacques Bastard, baryton
Messiaen    Poèmes pour Mi      Création    Marcelle Bunlet au chant

6 juin 1937 Paris, Opéra-comique
Massenet     Werther         Mmes Arvez-Vernet, Micheau ; MM. Charles Friant, Lanzone, Bouvier, Givaudan


13 juin 1937 Paris, Opéra-comique
Lazarus La Chambre bleue Mlle Fanely Revoil MM Arnoult, Tubiana
Delibes Lakmé    Mmes Odette Turba-Rabier, Tiphaine, Fenoyer, MM. Jacques Gérard, Claude-Got, Rousseau

19 juin 1937 Paris, Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Création        Marcel Herrant, Odette Turba-Rabier, Odette Ertaud, Balbon, Guénot, Couret, Tubiana, Poujols

Désormière : Le Bourgeois de Falaise.mp4




20 juin 1937 Paris, Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise M. André Balbon, Mmes Odette Turba-Rabier, Odette Ertaud, MM. Hérent, Tubiana, Guénot, Couret, Poujols

22 juin 1937 Paris, Opéra-comique
Mascagni Cavalleria rusticana Mlles Sibille, Gaudel, MM Girard et Bouvier
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mlles Odette Turba-Rabier, Odette Ertaud, MM. Balbon Hérent, Guénot, Tubiana, Couret, Poujols

27 juin 1937 Paris, Opéra-comique
Lazarus La Chambre bleue Mlle Fanely Revoil MM Arnoult, Tubiana
Delibes Lakmé Mmes Odette Turba-Rabier, Tiphaine, Fenoyer, MM. Jacques Gérard, Claude-Got, Rousseau

29 juin 1937 Paris, Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mlles Odette Turba-Rabier, Ertaud MM. Balbon Hérent, Guénot, Tubiana, Couret
Bizet Les Pêcheurs de perles Mlle Lilie Grandval, MM. Seguy, Musy, Tubiana
https://drive.google.com/file/d/0B8nEF56igWTSYk9fTWo3VmZXQkU/view?usp=drive_web
Regards 1937/06/24 (N180) le 29 juin 37


30 juin 1937 Paris, Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mmes Odette Turba-Rabier, Ertaud MM. Balbon, Hérent, Couret, Tubiana, etc.

1er juillet 1937 Paris, Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mlles Odette Turba-Rabier, Ertaud MM. Balbon Hérent, Guénot, Tubiana, Couret


2 juillet 1937 Paris, Comédie des Champs-Elysées Expo 37 Musique de chambre
Vaubourgoin    Trio    Trio d'anches de Paris (Myrtille Morel hautbois, Pierre Lefebvre clarinette, Fernand Oubradous basson)
Tailleferre    6 Chansons françaises    au chant Lise Daniels
Larmanjat    Mélodies    au chant Geneviève Cernay
Gallon Noël     Trio    Trio d'anches de Paris (Morel, Lefebvre, Oubradous)
Rabaud     Duos pour voix de femmes     au chant Geneviève Cernay et ? Delprat
Arrieu Claude    Trio    Trio d'anches de Paris (Morel, Lefebvre, Oubradous)
Stravinsky    Octuor à vent    Marcel Moyse flûte, Pierre Lefebvre clarinette, Fernand Oubradous et Gabriel Grandmaison deux bassons, Adriano et Eugène Foveau deux trompettes, Joseph Alviset et André Lafosse deux trombones


9 juillet 1937 Paris, Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mlles Odette Turba-Rabier, Ertaud MM. Balbon Hérent, Guénot, Tubiana, Couret
Bizet Les Pêcheurs de perles Mlle Lilie Grandval, MM. Seguy, Musy, Tubiana

13 juillet 1937 Paris, Opéra-comique
Lazarus La Chambre bleue Mlle Fanely Revoil MM Arnoult, Tubiana
Massenet Werther Mmes Renée Gilly, Ertaud, MM. Arnoult, Bouvier et Guénot

17 juillet 1937 Paris, Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mlles Odette Turba-Rabier, Ertaud MM. Balbon Hérent, Guénot, Tubiana, Couret
Bizet Les Pêcheurs de perles Mlle Lilie Grandval, MM. Seguy, Musy, Tubiana

24 juillet 1937 Paris, Opéra-comique
Massenet Werther Mme Galdemas Mlle Becondi MM. Micheletti, Bouvier et Tubiana
Schmitt Reflets Ballet sur les thèmes de la suite des valses


29 juillet 1937 Paris, Opéra-comique
Delibes Lakmé Mme Odette Turba-Rabier, Tiphaine, Liany, MM. Louis Arnoult, Carilon-Gauld, Revoux, Pujol
Liszt     Rhapsodie hongroise n° 2


L'Humanité du 25 août 1937

14 septembre 1937 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Madeleine Sibille, J. Rolland, MM. Arnoult, Bouvier, Morturier
Weber/Berlioz L'invitation à la valse

17 ou 18 septembre 1937 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mme Odette Turba-Rabier, Tiphaine, Liany, MM. Louis Arnoult, Carilon-Gauld, Revoux, Pujol
Liszt     Rhapsodie Hongroise n° 2

Le Populaire du 18 septembre 1937
21 septembre 1937 Paris, Théâtre des Champs-Elysées 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
Premier concert de musique espagnole
Second sous la direction de M. Perez Casas 
Bautista Juan Suite à l'antique
Remacha     La Maja Vestida (3 danses)
Albeniz Catalonia
Halffter Rodolfo     Don Lindo de Almeria (ballet)
Antonio José/Bautista Evocation                     Création
Del Campo Conrado Ouverture Madrilène
Sanjuan Liturgie noire, la noce de Luis Alonso dirigée par l'auteur
Falla     L'Amour Sorcier

L'Humanité du 25 septembre 1937

LA MUSIQUE

ŒUVRES ESPAGNOLES

La musique populaire espagnole est considérée comme l'une des plus riches du monde. En Andalousie c'est le bouleversant chant «Flamenco » issu de racine la fois arabes et gitanes. Dans la Galice et les Asturies l'accent celtique résonne dans mille mélodies. Au Pays basque d'étranges instruments accompagnent des danses plus étranges encore et modulent des airs dont l'origine reste un mystère. En Aragon règne la fervente et la passionnée « jota ». En Catalogne enfin résonnent les flutiaux de la Sardane et les échos admirables des musiciens de la Cobla de Barcelone ne se sont pas encore tus aux oreilles de Paris.

Ce très riche trésor populaire espagnol a inspiré la musique européenne toute entière. Debussy, Ravel, Rimsky-Korsakov, Stravinsky s'en sont inspirés. En Espagne même cette richesse du folklore mélodique fut l'un des facteurs importants de la renaissance musicale espagnole dont le catalan Albeniz fut l'un des principaux initiateurs. 

Une des pièces maîtresses pour orchestre d'Albeniz « Catalonia » figurait au premier concert de musique, espagnole que dirigeait avec une mâle élégance Roger Desormières. Un autre morceau de premier plan figurait à ce concert, « l’Amour sorcier », l'œuvre célèbre qu'écrivit en 1915 à Madrid Manuel de Falla et qui, de pantomime qu'elle était primitivement, devint, après divers remaniements, un ballet. L’œuvre était remarquablement interprétée par les musiciens, des concerts du Conservatoire. Nerveuse, forte d'un dessin net puissant, violente, profondément ibérique, elle est sans doute l'une des grandes œuvres musicales de ces trente dernières années, et l'on comprend qu'avec elle Falla ait achevé de placer la musique espagnole au premier rang des écoles contemporaines.

La « Liturgie noire » de Sanjuan, musicien hispano-cubain, mit une note curieuse dans ce concert. C'est un essai d'utilisation de mariage des mélodies nègres et de la musique symphonique. Œuvre heurtée et colorée elle fut un des grands succès de la Soirée : Sanjuan avait lui-même dirigé l'exécution de sa « Lithurgie Noire ».

Plusieurs jeunes musiciens espagnols figuraient au programme. Le Madrilène Bautista avec une « Suite Atlantica », le navarrais Remacha avec un ballet « La Maja Vestida » inspiré de l'œuvre célèbre de Goyà, Antonio José, fusiifè par les rbelles pour sa seuls activité de foiklorïite, avec une « évocation » orchestrée par Bautista et qui était donnée en première audition, et enfin R. Halffter avec une suite de ballet, « Don Lido de Almeria ».

L'œuvre de Halffter est sans doute l'œuvre de jeune la plus remarquable qui ait été jouée à ce concert. L'écriture en est vigoureuse et nette , et l'utilisation de toutes les audaces de la technique musticale moderne n'est jamais dispersée ou gratuite. Cette œuvre tantôt pleine d'une violence contenue, tantôt toute débordante d'une bonne humeur baroque qui semble s'inspirer de celle qui souffle dans les Goyas de l'époque des tapisseries, est toujours de la meilleure tenue. Les amateurs de musique retiendront le nom d'Halffter.

Pierre BOURDIN


15 et 16 octobre 1937 Obsèques de Paul Vaillant-Couturier

A partir de 9 heures ce matin, à la Maison Henri-Barbusse, 51, avenue Bolivar, le peuple endeuillé défilera devant la dépouille mortelle. Demain, à 14 heures, se dérouleront les obsèques solennelles. (…) Durant toutes les journées de vendredi et samedi, jusqu'à la levée du corps, des quatuors à cordes, dirigés par Albert Locatelli et Cantrelle, chefs d'orchestre à la radio, exécuteront, sous la direction générale de Roger Dêsormières, de la musique funèbre à la mémoire de notre grand camarade. in L'Humanité du vendredi 15 octobre 1937


18 octobe 1937 Paris, Palais des sports Maison de la culture
Jean-Richard Bloch  avec Désormière chef d'orchestre 
et directeur musical avec Jean Wiéner, décors Fernand Léger
Création d'une cité ou Naissance d'une cité ou Construction d'une cité ?
Milhaud Création d'une cité Création    (2 chansons : Chanson du capitaine et Java de la femme)
Wiener Création d'une cité Création
Désormière Création d'une cité Création
Honegger Création d'une cité Création

Le Populaire du 5 octobre 1937 : avec Fanny Kobianne, Juliette Verneuil, et Georges Colin, André Varennes, et Isabelle Anderson, Muse Dalbret, Simone Guisin, Suzanne Nivette, et MM. Daguy, Raymond Destac, Dapoigny, Darnault, Pierre Ferval, Guy Frère, Julien Lacroix, Louis Raymond (plusieurs de la Vie est à nous :  Muse Dalbret ou Daibray, Simone Guisin,  Pierre Ferval)   mise en scène de Pierre Aldebert      décoration par Fernand Léger      chorégraphie de Tony Grégory    pour la musique, ne cite que Désormière et Wiéner

19 octobe 1937 Paris, Palais des sports Maison de la culture
Jean-Richard Bloch  avec Désormière chef d'orchestre et directeur musical
Milhaud Création d'une cité
Wiener Création d'une cité
Désormière Création d'une cité
Honegger Création d'une cité

20 octobe 1937 Paris, Palais des sports Maison de la culture
Jean-Richard Bloch  avec Désormière chef d'orchestre et directeur musical
Milhaud Création d'une cité
Wiener Création d'une cité
Désormière Création d'une cité
Honegger Création d'une cité

L'Humanité du 20 octobre 1937

21 octobe 1937 Paris, Palais des sports Maison de la culture
Jean-Richard Bloch  avec Désormière chef d'orchestre et directeur musical
Milhaud Création d'une cité
Wiener Création d'une cité
Désormière Création d'une cité
Honegger Création d'une cité
22 octobe 1937 Paris, Palais des sports Maison de la culture
Jean-Richard Bloch  avec Désormière chef d'orchestre et directeur musical
Milhaud Création d'une cité
Wiener Création d'une cité
Désormière Création d'une cité
Honegger Création d'une cité

Le Populaire du 22 octobre 1937

"Naissance d'une Cité"

par JEAN-RICHARD BLOCH

présenté par la Maison de la Culture

CE sera l'inoubliable mérite de Jean-Richard Bloch d'avoir, l'un des premiers, apporté au public une nouvelle formule théâtrale et d'avoir largement, audacieusement, frayé la voie à ses contemporains Un spectacle à trois dimensions ; l'union de la tradition grecque et de la technique moderne ; la trace de l'apport médiéval ; le recours à la danse, à la musique, au music-hall, au cirque, aux grandes ondes de la voix humaine ; l'entrée des masses dans l'arène ; la synthèse de la kermesse, de la compétition sportive et de l'action populaire ; la tonalité de l'âme humaine mariée à la couleur du temps présent, tout cela rassemblé et lancé sur la piste pour donner « peut-être » le départ au théâtre de l'avenir, voilà qui constitue une date, un moment important de l'histoire de la dramaturgie.

L'action, en soi, est à la fois simple et grandiose. De cette sorte de simplicité, de cette catégorie de grandiose qui sentent peut-être un peu trop le magasin des abstractions, et qui, partant, ne sortent guère du schéma.

Une foule de travailleurs modernes — chair à profit, forçats de l'usine prend conscience de son esclavage et, pour y échapper, émigre dans une île déserte où, dans l'effort, l'espérance et la joie, elle fonde la République de ses rêves et la Cité nouvelle. Cette construction ne va pas sans embûches. La terre élue contient dans ses flancs du pétrole. La voilà devenue l'objet de la convoitise des nations qui font débarquer leurs soldats sur son pacifique rivage et plantent des poteaux-frontières au milieu des chantiers. Sera-ce la levée en masse des bâtisseurs ? Ils s'y préparent... Mais un message de la S.D. N. passe par les airs à point nommé ; en un instant, les généraux se volatilisent, les armées fondent, les envahisseurs déguerpissent, les hurrahs montent vers le ciel et les militants ouvrent le bal.

Est-ce à dire que l'exécution soit à la mesure du propos, à la mesure même des moyens employés et qui sont du genre colossal ? On ne saurait aller jusque là. A part des moments remarquables (le réveil du dormeur, la concentration de la foule dans une rame de métro, et l'hallucinant éclairage qui suggère vitesse, trépidation, cahots, rêve éveillé et voyage infernal) l'action s'étire, monotone, elle ne jaillit pas d'une nécessité immanente, elle ne suscite aucune attente, ne pose aucun de ces conflits que déchaîne l'instinct créateur, elle reste artificielle, arbitraire, linéaire et sans consistance, comme une construction de l'esprit.

Mais la musique est belle (n'est-elle pas de Darius Milhaud et Arthur Honegger, Roger Desormière et Jean Wiener ?), la toile de Léger magnifique, les acrobates prodigieux, et cette Idée d exécuter, sous les vœux du public. comme une action incorporée à l'action dramatique, toutes les manoeuvres nécessaires aux changements de décor, témoigne à elle seule de l'audace de l’entreprise.

Puisque le sujet est « social », il ne relève pas uniquement de la critique artistique. Des naïfs pourraient s'étonner de la singulière conception du problème social qui résout tout par l'évasion, transforme la tragédie ouvrière en berquinade, et met fin à la lutte des classes en faisant fuir le prolétariat. De plus naïfs encore, devant les accents de la Marseillaise, les effusions patriotardes et l'estampille tricolore, pourraient se demander s'ils ne se sont pas évaporés dans l'antre de la réaction. Des voisins les rassureront ; mode d'un soir et tournant du jour.

Cependant. si cette conception n'est pas faite pour servir la Révolution, la tentative restera pour servir le théâtre et hâter sa résurrection. Redisons-le : !a voie est ouverte.

Nous le proclamons avec un empressement d'autant plus grand, une joie d'autant plus hautaine, que les entreprises de ce genre sont vouées, d'habitude, aux flèches empoisonnées des petites chapelles, des petites boutiques et des petits clans.

Tel groupement de socialistes en fit récemment l'expérience lorsqu'il produisit son effort au théâtre, suscitant de troubles remous, de mesquines attaques, se heurtant au silence commandé de Ce Soir, le journal de Jean-Richard Bloch (qui refusa d'insérer même la· publicité savante). Et il se réjouira. nous en sommes sûrs, d'applaudir avec nous, sur le plan de l'effort théâtral, ce qui mérite d'être applaudi et de saluer ce qui vaut qu'on s'incline.

Ainsi, par le respect des œuvres et l'honnêteté du jugement, doit se comprendre la critique. Ainsi, par l'élévation de la vue et le mépris des petits moyens, doit se comprendre l'unité

Magdeleine PAZ


28 octobre 1937 Théâtre des Arts Création en France de la pièce d'Alfred Gehri 6ème Etage
Musique de Jean Wiéner Direction musicale de Roger Désormière

7 novembre 1937 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mlles Solange Delmas, Liany, Tiphaine Gaudel, Gaudinenu
Liszt     Rhapsodie hongroise n° 2

10 novembre 1937 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Sibille, Rolland MM. Friant, Gaudin, Tlubiana
Liszt     Rhapsodie hongroise n° 2

11 novembre 1937 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Sibille, Rolland ; MM. Friant, Gaudin, Tubiana, Buck, Dufout
Liszt     Rhapsodie hongroise n° 2 danseurs : Mlles Byzanti, Juanina et Constantin Tcherkas



21 novembre 1937 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mme Odette Turba-Rabier
Weber/Berlioz L'Invitation à la valse

27 novembre 1937 Paris Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mmes Odette Turba-Rabier, Chellet, MM. Balbon, Hérent, Tubiana 
Bizet Les Pêcheurs de perles Mlle Lilie Grandval, MM. Seguy, Musy, Tubiana

Le Populaire du 28 novembre 1936
28 novembre 1937 Radio Paris Groupe 5 mai 1936
rediffusion ? du 5 mars 1937
Désormière Roméo et Juliette (version Jean Cocteau) avec Julien Berteau, Jean Cocteau, Yvette Guilbert (la nourrice), Madeleine Renaud (Juliette)

Le Figaro  du 28 novembre 1937
28 novembre 1937 Paris, Salle du Conservatoire 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
Beethoven Symphonie n°7
Mozart Bella mia fiamma addio Nathalie Wetchor (chant)
Milhaud Suite provençale      Création
Mozart Concerto pour violon n°7 en ré Henryk Szeryng (violon)
Chabrier, orchestration Ravel Menuet pompeux

28 novembre 1937 Paris Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mmes Odette Turba-Rabier, Chellet MM. Balbon, Hërent, Tubiana, Guénot
Bizet Les Pêcheurs de perles Mlle Lillie Grandval MM. Seguy, Jeantet, Tubiana

cette date est problématique, 3 concerts le mêrme jour ? déjà la radio doit être une radiodiffusion, 
et c'était un dimanche, peut-être un spectacle en matinée et un concert le soir ou l'inverse
non, la date de l'Opéra-comique ne doit pas être la bonne


7 décembre 1937 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Opéra Comique Mlles Solange Delmas, Liany, Tiphaine Gaudel, Gaudinenu, MM. Arnoult, Morot, Rousseau, Buck
Liszt Rhapsodie hongroise n° 2

8 décembre 1937 Paris Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise Mmes Odette Turba-Rabier, Chellet MM. Balbon, Hérent, Tubiana, Guénot, Couret, Poujols
Bizet Les Pêcheurs de perles Mme LilIie Gandvat MM. Seguy, Musy ,Tubiana

12 décembre 1937 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Odette Turba-Rabier, Tiphaine, Maltio MM. Arnoult, Morot, Rousseau
Weber/Berlioz L'Invitation à la valse

19 décembre 1937 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Solange Delmas, Liany, Tiphaine MM. Arnoult, Morot, Ravoux, Buck
Weber/Berlioz L'Invitation à la valse

22 décembre 1937 Paris Opéra-comique
Thiriet Le Bourgeois de Falaise    Mmes Odette Turba-Rabier, Chellet, MM. Balbon, Hérent, Tubiana, Guénot
Massenet Werther Mmes Madeleine Sibllle, Janine Micheau, MM. Girard, Vieuille, Bouvier


1938,  toujours plus : 71 concerts retrouvés…


2 janvier 1938  Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Odette Turba-Rabier, Lagny et Tiphaine MM. Arnoult, Guénot, Ravoux MM. Louis Arnoult, Guénot, RavouxMme Solange Delmas
Weber/Berlioz L'Invitation à la valse

15 janvier 1938 Meeting du Front populaire, au Vel' d'Hiv'

L'Humanité du 15 janvier 1938

Les intellectuels soussignés rassemblés en dehors de tous les partis politiques et de toutes tendances, par la crainte de voir leur pays entraîné aux aventures et persuadés que ces aventures ne peuvent être évitées que par un gouvernement conforme à la volonté populaire 

Demandent que soit respectée cette volonté clairement exprimée par la nation lors des élections de mai 1936 et confirmée depuis à chaque nouvelle consultation du pays.

Paris, le 15 janvier 1938.

Paul Langevin Louis Aragon J.-R. Bloch A. Chamson Paul Rivet Ch. Vildrac Andrée Viollis Lévy Bruhl, de l'Institut, Jean Renoir, metteur en scène Jean Guéhénno Georges Auric, compositeur de musique Albert Bayet, professeur à la Sorbonne Jacques Madaule, écrivain André Lhote, peintre Martin Chauffier, écrivain Joseph Bernier, président de la Ligue française de l'enseignement Jean Gabin, artiste de cinéma. Henri Wallon, professeur au Collège de France Roger Desormière, chef d'orchestre Gromaire, peintre Charles Platrier, professeur à l'Ecole Polytechnique Francis Jourdain, architecte Charles Koechlin, compositeur de musique. Jean Cassou, écrivain Jean Perrin, prix Nobel Emile Kahn, docteur es sciences Georges Hoog, de la « Jeune République » Chapelon, professeur à l'Ecole polytechnique H. Lacroix, professeur agrégé Jean Effel, dessinateur E. Drain, de la Comédie-Française Léon Moussinac, écrivain Alexandre Zévaes, avocat Tristan Rémy, écrivain Guy de la Batut, écrivain René Maran, écrivain Agnès Humbert, attachée des musées F. Drujon, écrivain Claude Aveline, écrivain Jean Bruhat, écrivain J. Labasque, peintre Joseph Dubois, économiste Sautereau. Bernanos, artiste dramatique J. Lacroix, artiste dramatique Marcilly, artiste dramatique Picard-Ledoux, artiste Mattel Rousseau, écrivain Fernand Desprès, écrivain Roger Desvignes, écrivain Georges David, écrivain P. Juvenet, artiste dramatique docteur MabiUe Bellanger, docteur es-sciences Georges Fournier, maître des recherches à la Faculté des Sciences Robert Vidalin, de la Comédie-Française Julien Bertaut, de la ComédieFrançaise Tony Gregory, artiste chorégraphique, etc.

On peut adresser tes signatures à la Maison de la Culture, 29, rue d'Anjou, et à « Vendredi », boulevard Haussmann.



16 janvier 1938  Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mme Odette Turba-Rabier, Tiphaine, Liany, MM. Louis Arnoult, Guenot, Revoux, Buck
Weber/Berlioz L'Invitation à la valse Mlles Byzanti, Juanina M. Constantin Tcherkas



30 janvier 1938 Paris, Salle du Conservatoire 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
Haydn Symphonie en mi bémol
Duparc La Vie antérieure au chant Mme Malnory-Marseillac
Pascal A.     Chanson de Kon-Singa (Torpeur et Le Capitaine de bateau)     au chant Mme Malnory-Marseillac
Roussel Le Festin de l'Araignée
Schumann Concerto pour piano et orchestre     Mme J. Durand-Texte au piano
Moussorgsky/Ravel Tableaux d'une Exposition

Le Ménestrel du 4 février 1938

LES GRANDS CONCERTS

Société des Concerts du Conservatoire

Le programme, cette fois, ne nous apporterait rien de nouveau si Mme Malnory-Marseillac n'avait interprété, de sa belle voix si unie et si chaude, après la Vie antérieure de Duparc, deux des expressives et pittoresques mélodies que M. Pascal, premier violon de la Société des Concerts, a écrites sur le petit poème de Julien Maigret : la Chanson de Kon-Singa. L'une, Torpeur, évoque l'écrasante chaleur des Tropiques ; l'autre, le Capitaine de bateaux, les rythmes insouciants égrenés sur les fleuves africains : l'orchestre achevait heureusement ces petits croquis.

La séance commençait avec la belle et vivante Symphonie en mi bémol de Haydn, celle qui commence par un roulement de timbales à découvert. Puis venait l'amusante fantaisie mimique et chorégraphique d'Albert Roussel : le Festin de l'araignée, qui perd tout de même un peu à n'être pas visible ; et les Tableaux d'une exposition, la suite originale et colorée de paysages musicaux, d'autant plus attrayante que Ravel a orchestré et mis encore plus en valeur les évocations de Moussorgsky. Entre deux, le romantique Concerto de piano de Schumann a été joué avec feu, avec délicatesse, avec brio, par Mme Durand-Texte.

C'est M. Désormières qui, cette fois, dirigeait l'orchestre : il a eu sa bonne part de succès.

Henri CUDERZON.



4 février 1938  Paris Opéra-comique
Milhaud Le Pauvre matelot MM. Pujol (le matelot), Morot (son beau-père), L. Musy (son ami), Mme J. Rolland (sa femme) /décors et costumes de M. Guillaume Monin, mise en scène de M. Jean Cocteau
Milhaud Esther de Carpentras     Création        Mmes Renée Gilly et Drouot MM. Vergnes, Arnoult, Pujol, Hérent, Poujols, Balcon, Jouénot ; Mmes Giliy et Drouot, décors et costumes de Mme Nora Auric, mise en scène de M. J. Mercié.
Milhaud Suite provençale (ballet)     Création        ballet réglé par M. Constantin Tcherkas, décor de M. André Marchand.



Le Ménestrel du 11 février 1938

Un Spectacle Darius Milhaud à l'Opéra-Comique

Esther de Carpentras, opéra-bouffe en deux actes, paroles d'Armand LUNEL. — Fête Provençale. — Reprise du Pauvre Matelot.

POUR faire contraste avec le récent programme classique formé du Couronnement de Poppée et de la Servante Maltresse, M.Jacques Rouché nous a présenté un très curieux spectacle moderne, composé — fait extrêmement rare — de trois oeuvres d'un même auteur, qui est d'ailleurs une des personnalités les plus représentatives de la jeune musique française.

Ce spectacle comporte des ouvrages de caractères fort différents, et même opposés, mais que relie un thème commun : la Provence, si chère au coeur de M. Darius Milhaud, qui en est originaire.

La tragédie, la bouffonnerie et la danse populaire alternent dans une même ambiance et constituent un ensemble extrêmement pittoresque.

Les auteurs d'Esther de Carpentras ont, sous le triple signe d'Israël, de la Provence et de l'Amitié, entendu, je pense, travailler au renouveau de l'opéra buffa en France, renouveau qu'appelle le goût de l'époque, volontiers épris de caricatural, de stylisé, d'une manière de comique truculent et simplifié. Dans cet esprit, Armand Lunel a écrit un texte remarquablement savoureux et spirituel, qui nous transporte dans le ghetto lumineux de Carpentras et chez le Cardinal-évêque du Comtat-Venaissin, au temps du Bien-Aimé et des Etats Français du Saint-Siège. Un hilarant trio d'ambassadeurs, composé d'un financier, d'un amateur de théâtre et du portier de la synagogue entreprend d'obtenir du Cardinal, bouillant jeune homme frais débarqué de Rome, l'autorisation de représenter l'histoire d'Esther sur la place de la Juiverie pour la fête de Pourim. Accordé. Mais tandis que se déroule l'improvisation rituelle — si j'ose dire — voici que se présente, en pleine liesse israélite, le Cardinal-évêque, suivi de son valet-musicien-porte-queue. Il donne à choisir entre une conversion en masse et le bannissement. Une conversion, quelle horreur ! Mais l'actrice qui joue le rôle d'Esther est jeune et belle. Elle saura fléchir la volonté de cet Assuérus à barrette. La fête continue. La fiction s'enlace à fa réalité.

Ainsi, nous explique-t-on, sous le ciel méridional et tolérant, les voix de l'Ancien et du Nouveau Testament ont pu résonner pendant de longs siècles sans la moindre fausse note. On n'en pourra certes pas dire autant de la musique de Darius Milhaud, que marque le ferme propos de n'admettre les sons qu'en raison inverse de l’habitude qu'ils ont de se trouver ensemble. Ceci concédé aux auditeurs résistants — et ils ont paru nombreux — reconnaissons que cette partition vivante, claire, bruissante, allègre, avec son je ne sais quoi de pétulant, d'incisif et de trop vert, recèle un charme secret qui, après le premier choc, dissout peu à peu les objections et finalement s'impose. Parmi les pages les mieux venues, citons le Prélude qui précède chacun des deux actes, le Quatuor du premier, et, au second, ces choeurs de la foule juive qu'empreint un mouvement chaleureux, puissant, historique.

L'ouvrage est très soigneusement monté, avec un constant souci de vie. L'interprétation est fort méritante, encore que M. Vergnes n'ait pas dans la partie du Cardinal-évêque un rôle qui lui soit entièrement favorable. Mlle R. Gilly est une Esther d'une toute persuasive et biblique matité. M. L. Arnoult est excellent dans le rôle de Vaucluse, le valet faiseur de noëls. MM. A. Balbon, Pujol et Hérent se montrent d'une efficace adresse tant dans la houppelande sémitique traditionnelle que sous le diadème d'Assuérus, le turban d'Aman ou celui du chef des eunuques. Tout ce monde là joue et chante. Et le texte musical se rit, je vous l'assure, des impératifs de l'émission vocale.

Ne taisons pas la part prise par Mme Nora Auric dans la réussite du spectacle. Débutant au théâtre, c'est elle qui a dessiné décors et costumes, donc cette amusante antichambre épiscopale d'un rococo blanc et rouge, cette place aux hautes maisons pavoisées du ghetto provençal, les costumes d'un rehaut si pittoresque de la juiverie.

Avec Esther de Carpentras, l'Opéra-Comique reprenait, en une version orchestrale allégée, le Pauvre Matelot, complainte en style « Inscrits » dont le poignant livret est de Jean Cocteau. L'oeuvre, jouée en style « marionnettes », et très louablement, par Mlle J. Rolland, MM. Pujol, Morot et Musy, laisse une impression complexe d'irritation et d'émotion profonde. C'est agaçant et beau.

Aucune irritation, par contre, avec Fête Provençale, qui, dans un charmant décor d'André Marchand, termine le spectacle sur une chorégraphie vivante et eurythmique de Constantin Tcherkas.

Au pupitre, Roger Désormières, vif, énergique, heureux.

Roger VINTEUIL.

Le Monde illustré, Miroir du monde du 12 février 1938 

MUSIQUE  ET  DANSE

par G. SAMAZEUILH

(…) A I'Opéra-Comique. M. Darius Milhaud assure à lui seul l'affiche du nouveau spectacle, monté avec un soin dont il faut faire honneur à la direction. La Radio nous avait fait connaître l'an dernier Esther de Carpentras, la plus importante des pièces qui le composent. Mais il n'est pas douteux que la présentation scénique, les décors et les costumes établis par Mme Nora Auric avec tant de goût et de sens judicieux du rapport des valeurs, ajoutent à la saveur de la divertissante aventure judéo-comtadine imaginée par M. Armand Lunel. Les gazettes quotidiennes vous auront sans doute appris qu'elle se déroule en plein Carpentras, d'abord dans le logis du nouveau cardinal-évêque, ensuite sur la place même, brillamment pavoisée, de la Synagogue, où les Juifs ont organisé, pour leur fête traditionnelle, une représentation de la Reine Esther, par des acteurs improvisés. Le Cardinal, survenu à l'improviste, veut expulser du Comtat toute cette « racaille de ghetto ». Mais la jeune Hadassa, chargée du rôle d'Esther, lui fait les doux yeux. et ramène le jeune prélat à plus de mansuétude. Les Juifs resteront à Carpentras et, tranquillisés sur leur sort, ils célèbrent avec conviction la gloire du Cardinal.

La partition de M. Darius Milhaud a certes, en maints endroits, de l'abondance, de la vie, du mouvement. On lui voudrait parfois plus de liaison avec un texte qui aurait gagné à être élagué, et plus d'aération dans son écriture vocale et sa réalisation instrumentale.

Mais les propos des émissaires juifs au premier acte, la méditation de l'Evêque, la java instrumentale qui précède la scène populaire, la « grande scène » d'Esther, le chœur final, sont bien menés. Mme Gilly et M. Nergnas chantent peut être plus qu'ils ne jouent les rôles de la Reine et du Cardinal. MM. Baibon, Hérent, Pujol, Guénot, Arnould dessinent avec esprit maintes silhouettes épisodiques. Les chœurs, dont la justesse n'est pas, hélas ! à toute épreuve, se dépensent de leur mieux et contribuent à assurer le mérite de l'intelligente mise en scène de M. Mercier.

Le spectacle avait commencé par le Pauvre Matelot, que l'Opéra-Comique nous avait fait connaître il y a une dizaine d'années.

M. Milhaud y adopte un style de « complainte » un peu analogue à celui de M. Kurt Weil dans l'Opéra de Quat'sous, qui date déjà un peu, encore que Mlle Jeanne Rolland, MM. Pujol. Musy et Morot aient interprété dans la véracité de son esprit ce sketch lyrique passablement lugubre. Heureusement que l'excellente réalisation chorégraphique de la Suite Provençale, spontanée, colorée, librement jaillie, :a terminé la soirée dans une note plus gaie, et valu à M. Milhaud, à M. Marchand, signataire du décor, Tcherkas, chargé de la mise en scène, à la gracieuse troupe dansante, des suffrages unanimes, dont M. Désormière et l'orchestre de I'Opéra-Comique, pour leur triple contribution, ont mérité une large part.



Olivier Messiaen dans la revue belge La Sirène en 1937, d'après Olivier Messiaen : Journalism 1935-1939 par Stephen Broad



11 février 1938  Paris Opéra-comique
Milhaud Le Pauvre matelot MM. Guénot, Hérent, Poujol, Mme J. Rolland
Milhaud Esther de Carpentras Mmes Renée Gilly et Drouot MM Vergnes Arnoult Pujol Hérent Poujols Balbon et Guénot
Milhaud Suite provençale (ballet) Mlles Byzanti, Juanina. M. Constantin Tcherkas

L'Humanité du 19 février 1938

A L'OPÉRA-COMIQUE

Esther de Carpentras

Spectacle de Darius MILHAUD

Restant dans la tradition. qu’elle avait si heureusement reprise à .ses débuts, la direction de l'Opéra-Comique vient de nous donner la primeur la scène d'un ouvrage de Darius MILHAUD –.je dis là la scène, puisque la radio nous avait déjà fait connaître, dans la forme concert, ce même ouvrage qui se situe admirablement dans le cadre de ce théâtre. Esther de Carpentras (c'est le titre de cet ouvrage) est éclairée tout du long par un soleil véritablement provençal et l'on est comme pénétré, pendant ces trois actes, par cet air si doux qui vous rend l'âme si quiète et si sereine et qui vous prédispose si agréablement ce qui est la plus précieuse qualité à mon avis pour un musicien au point que l'action qui se déroule est rendue infiniment sympathique. Il est vrai que l'atmosphère de cette époque était merveilleusement préparée par les délicieux décors de Mme Nora AURIC qui avec les costumes ont été certainement un précieux adjuvant à la musique et au poème. La douce ironie et la malice jamais trop forte qui se dégagent de ceux-ci, nous ont montré à quel point peuvent être habiles le librettiste et le musicien. C'est du meilleur Milhaud, c'est du Milhaud tendre et doux, c'est du Milhaud extrêmement adroit, comme esthétique et comme technique ; en un mot, un petit chef-d'œuvre de goût, de sincérité et de beauté. L'ouvrage est admirablement montée. Les artistes ont tous été judicieusement choisis pour leur rôle respectif.

Esther de Carpentras était précédée sur l'affiché par Le Pauvre Matelot, complainte en trois petits actes de Jean COCTEAU pour, le poème et de D. Milhaud pour la musique. Cette œuvre d'une importance moindre avait été créée il y a environ une dizaine d'années, en ce même théâtre, et je me rappelle y avoir pris un plaisir très; vif. Malgré le recul, il faut dire tout de suite, qu'elle est restée une œuvre très intéressante et très neuve. L'idée de mettre à la scène un sujet de chanson est toujours très délicat, mais souvent fort bien, pourvu toutefois qu'il soit honnêtement réalisé, ce qui est le cas en l'occurrence. Milhaud pour sa musique s'est très adroitement servi de la belle et émouvante chanson de marin qui est tellement admirée par tout le monde.  Le spectacle se terminait par un ballet réalïsé par TCHERKASS, sur la Suite Provençale, toujours de Darius Milhaud. L'ambiance favorable au climat provençal, déjà créée par le précédent ouvrage, a fait que celui-ci nous a paru comme étant l'indispensable « épilogue » d'Esther de Carpentras. Epilogue tout de joie dans le soleil méditerranéen avec une musique dont la couleur spécifiquement provençale' « d'époque » ne pouvait que compléter un si magnifique spectacle. Il faut que tout le monde aille voir ce spectacle à l'Opéra-Comique. Inutile de dire que le succès immense de ce spectacle est en grande partie dû au magnifique talent de Roger DESORMIERE.. Son autorité, l'intelligence avec laquelle il dirige l'orchestre, les artistes et les chœurs, nous ont prouvé une fois de plus que nous possédions en France un très grand chef d'orchestre.

Henry SAUVEPLANE.


17 février 1938  Paris Opéra-comique
Milhaud Le Pauvre matelot MM. Guénot, Hérent, Poujol, Mme J. Rolland
Milhaud Esther de Carpentras Mmes Renée Gilly et Drouot MM Vergnes Arnoult Pujol Hérent Poujols Balbon et Guénot
Milhaud Suite provençale (ballet) Mlles Byzanti, Juanina. M. Constantin Tcherkas

Le Populaire du 20 février 1938
24 février 1938  Paris Opéra-comique
Milhaud Le Pauvre matelot MM. Guénot, Hérent, Poujol, Mme J. Rolland
Milhaud Esther de Carpentras Mmes Renée Gilly et Drouot MM Vergnes Arnoult Pujol Hérent Poujols Balbon et Guénot
Milhaud Suite provençale (ballet) Mlles Byzanti, Juanina. M. Constantin Tcherkas

27 février 1938  Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Odette Turba-Rabier, Lagny et Tiphaine MM. Arnoult, Claude Got, Ravoux Pujol
Milhaud Suite provençale (ballet) Mlles Byzanti. Juanina, M. C. Tcherkas
 
2 mars 1938  Paris Opéra-comique
Milhaud Le Pauvre matelot Mme J. Brilland, MM. Couret, Morturier et Musy
Milhaud Esther de Carpentras Mmes Gilly, Drouot, MM. Vergnes, Giriat, Balbon, Guenot, Hérent, Pujol
Milhaud Suite provençale (ballet) Mlles Byzanti. Juanina, M. C. Tcherkas

11 mars 1938  Paris Opéra-comique
Milhaud Le Pauvre matelot MM. Guénot, Hérent, Poujol, Mme J. Rolland
Milhaud Esther de Carpentras Mmes Renée Gilly et Drouot MM Vergnes Arnoult Pujol Hérent Poujols Balbon et Guénot
Milhaud Suite provençale (ballet) Mlles Byzanti, Juanina. M. Constantin Tcherkas

17 mars 1938  Paris, Eglise St-Etienne du Mont 17ème Concert de la Sérénade
Milhaud Cantate de la Paix
Milhaud Les 2 cités     Création    par les Petits chanteurs à la Croix de bois, sous la direction de l'abbé Maillet
Sauguet Petite messe pastorale    Création
Rieti     Concerto n°1 pour violoncelle et 12 instruments     Création   André Lévy au violoncelle
Sauguet La Voyante         au chant Madeleine Vhita
Koechlin L'Hôpital, fantaisie pour petit orchestre op.167 (deviendra Victoire de la vie)     Création

17 mars 1938  Paris Opéra-comique
Gounod Le Médecin malgré lui
Chabrier Une Education manquée

19 mars 1938  Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Solange Delmas et Tiphaine MM Vergnes Ravoux Pujol
Liszt     Rhapsodie hongroise n° 2 Mlles Byzanti, Juanina, M. C. Tcherkas

20 mars 1938  Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Solange Liany et Tiphaine MM Vergnes Ravoux Pujol
Liszt     Rhapsodie hongroise n° 2 Mlles Byzanti, Juanina, M. C. Tcherkas

24 mars 1938  Paris Opéra-comique
Chabrier Une Education manquée Jeanne Rolland, Christiane Gaudel, P. Rousseau
Gounod Le Médecin malgré lui Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Chellet, MM. Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier, Derroja











31 mars 1938  Paris Opéra-comique
Chabrier Une Education manquée Jeanne Rolland, Christiane Gaudel, P. Rousseau
Gounod Le Médecin malgré lui     Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, MM. Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier, Derroja

2 ou 3 avril 1938  Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes R. Gilly, Rolland, MM. Girard. Jeantet, Tubiana, Couret, Jullia
Liszt     Rhapsodie hongroise n° 2

4 avril 1938  Paris Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
Hommage à l'Autriche
Haydn ?????
Mozart ?????
Schubert ?????
Strauss Johann ?????
Schœnberg ?????
Sous la présidence de Heinrich Mann, assisté de Jean-Richard-Bloch, André Chamson, André Malraux.

Le Populaire du 3 avril 1938
5 avril 1938  Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée
Gounod Le médecin malgré lui 2 Opéra Comique Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, MM. Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier, Derroja

9 avril 1938  Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée Jeanne Rolland, Christiane Gaudel, P. Rousseau
Gounod Le médecin malgré lui Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, Mrs Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier, Derroja

Nouveau spectacle à l'Opéra-Comique

Au risque d'être accusé de redites et de m'attirer les « foudres » de ceux parmi les spectateurs qui persistent à croire que l'Opéra-Comique est un théâtre dans lequel on ne peut donner que des œuvres dites sérieuses, je m'empresse de répéter que la direction a été particulièrement bien inspirée en montant un autre spectacle de musique légère, perpétuant ainsi une tradition qu'elle avait si heureusement reprise. L'Education manquée, de Chabrier et le Médecin malgré lui, adapté de Molière par Barbier et Carré, avec une musique de Ch. Gounod, sont les deux ouvrages composant ce spectacle. Le sujet de l’Education manquée n'est pas très compliqué. Il ne prétend du reste à rien d'autre qu'à nous faire observer, malicieusement parfois, et finement toujours, tout ce qu'il peut y avoir d'inutile, dans le « fatras » que peut enseigner un précepteur bourré de latin et de grec, de sciences physiques et métaphysiques, et négligeant' en cela les choses les plus pratiques de la vie. Gontran, un jeune aristocrate, vient de se marier. Le voilà très ennuyé après avoir prononcé devant sa jeune épouse, de « naissance » aussi, le fameux et traditionnel « Nous sommes seuls ». Cependant, il espère encore car son précepteur vient de lui faire passer une lettre de son grand-père dans laquelle il' croit trouver des indications « précises » quant à sa future conduite vis-à-vis de sa jeune femme. Hélas il n'y trouve rien qui puisse l’éclairer. Tout à coup une lueur de génie « Mais, mon précepteur qui sait tant de choses, qui m'a enseigné tant de choses, il. connaîtra celle-ci, indispensable en l'occurrence. » II n'y faut point compter, le précepteur n'y connaît rien. Heureusement qu'à la faveur d'un orage propice, l'énervement aidant, les deux époux comprirent sans professeur, la leçon de l'amour conjugal.

L'on voit d'ici, à quelles situations drôles peut prétendre un tel sujet. La musique en est toujours malicieuse, spirituelle sentimentale à souhait, C'est du très fin Chabrier, précurseur aussi, dans ses trouvailles rythmiques et mélodiques.

Jeanne Rolland en travesti, elle joue le rôle de Gontran, est délicieuse de naïveté et d'audace tout à la fois. Mlle Gaudel, dans le rôle d'Hélène, et M. Rousseau. dans celui du précepteur, sont également excellents. Heureuse idée, la reprise du Médecin malgré lui. Malgré l'adaptation, il en reste tout de même cette critique acérée de Molière, des personnages de son époque. La musique de Gounod est hien, sans plus. C'est toujours du bien fait et dit bon. M. Musy a réussi un très amusant Sganarelle.

En résumé, spectacle intéressant et soigneusement monté. Désormiëre conduit tout cela avec son autorité et sa science habituelles et sait faire rendre à l'orchestre des effets très satisfaisants. 

Henry Sauveplane.

L'Humanité du 16 avril 1938



15 avril 1938  Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée        Emile Rousseau, Janny Delille, Christiane Gaudel, Pilleyre    14ème représenntation
Bizet Les Pêcheurs de Perles  Nina Bovy, Louis Arnoult, Bouvier, Louis Morot        140ème représenntation


18 avril 1938  Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée Jeanne Rolland, Christiane Gaudel, P. Rousseau
Gounod Le médecin malgré lui     Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, Mrs Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier, Derroja

20 avril 1938 Poste PTT Groupe 5 mai 1936
rediffusion ? du 5 mars 1937
Désormière Roméo et Juliette (version Jean Cocteau) avec Julien Berteau, Jean Cocteau, Yvette Guilbert (la nourrice), Madeleine Renaud (Juliette)

24 avril 1938  Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée Jeanne Rolland, Christiane Gaudel, P. Rousseau
Gounod Le médecin malgré lui      Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, Mrs Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier, Derroja

28 ou 29 avril 1938  Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mme Nina Bovy MM. L. Arnoult, Claude Got, Ravoux et Mlle Mattio Tiphaine


 7 mai 1938  Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée      Jeanne Rolland, Christiane Gaudel, P. Rousseau
Gounod Le médecin malgré lui      Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, Mrs Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier, Derroja

L'Humanité du 10 mai 1938

12 mai 1938 Paris, Ecole Normale de Musique 3ème concert Jeune France
Dandelot     Chœurs
Daniel-Lesur Pastorale
Jolivet Poèmes pour l'enfant     au chant Claire Croiza
Baudrier Eléonora
Baudrier Rivière du silence
Messiaen    Poèmes pour Mi      Marcelle Bunlet au chant

Le Figaro du 17 mai 1938

Œuvres nouvelles 

Société Philharmonique. Jeune France.

Avec une égale opiniâtreté et cette incertitude inquiète que nous avons tant de fois signalée, les jeunes musiciens continuent à chercher leur voie. Rien ne montre mieux leur hésitation que la diversité des tendances qui se manifestent dans le récent programme de la Société Philharmonique que conduit M. Münch ou dans celui de « Jeune France » dont M. Roger Desormières a dirigé l'audition. L'un et l'autre étaient consacrés à des ouvrages composés pour orchestre de chambre, ce qui, en ces heures d'économie budgétaire, est aussi un signe des temps. La « Musique » de Bela Bartok domine de haut l'ensemble par sa force, sa maîtrise technique, sa diversité, sa couleur. Mais la Pniiila de M. Alexandre Tansman bien qu'elle ne soit pas l'œuvre que je préfère de ce remarquable compositeur offre, elle aussi, beaucoup d'intérêt au double point de vue du rythme et de l'utilisation des ressources du quatuor. M. Marcel Minalovici nous doit mieux que l'imposant témoignage de savoir scolastique qu'il nous a donné sous le titre de Prélude et Invention. Quant à M. Henry Barraud, son talent nous inspire trop de sympathie et a fait naître en nous trop d'espoir pour qu'on hésite à lui dire que ses Préludes ne gagnent guère à passer du piano à l'orchestre et que son Poème qui est l'œuvre d'un vrai musicien lyrique annonce un tout autre art plus généreux et moins abstrait que celui-là.

La Symphonie de M, Jean Rivier nous a, par contre, donné bien du plaisir avec son langage clair, son naturel, le charme de son adagio et la brillante adresse de son final.

Les musiciens que groupe « Jeune France » sont partagés, eux aussi, quant aux tendances et aux moyens expressifs. M. Daniel Lesur, avec une Pastorale élégante, colorée et d'un métier habile, penche vers une tradition qui sait ménager l'agrément de l'oreille. M. André Jolivet, dont Mme Croiza était la persuasive interprète, demeure au contraire fidèle, du moins dans les parties instrumentales de ses Poèmes pour l'enfant, à des procédés musicaux plus agressifs. Il se révèle tout autre dans les passages chantés qui contiennent la substance la plus significative de son ouvrage notamment dans le deuxième épisode « Adoration » qu'inspire une sincère émotion et qu'entraîne un réel élan lyrique, et dans la « Berceuse » d'une fort jolie sonorité et d'un sentiment élevé. Yves Baudrier, dont le métier est peut-être moins ferme, utilise avec profit les ondes Martenot, et montre de la délicatesse et de la sensibilité dans Eleonora, et surtout dans la coloration de sa Rivière du Silence. M. Georges Dandelot, selon la coutume, est clair et vigoureux dans des chœurs chantés par la Chorale Ronceret, et les Poèmes pour Mi, déjà connus, de M. Olivier Messiaen, musicalement interprétés par Mme Marcelle Bunlet, confirment tout ce qu'il y a de profonde poésie dans l'art de ce jeune compositeur. 

Robert Brussel.


Le Ménestrel du 20 mai 1938 

« Jeune France » (Ecole normale de Musique, 12 mai). — Un programme en deux parties, dont la seconde dépassait de beaucoup la première.

Celle-ci était formée de trois oeuvres données en première audition, exprimant des idées différentes dans une langue et avec des moyens matériels identiques, très limités à tous égards. Ces trois compositions étaient toutes écrites pour « orchestre de chambre » (quatuor à cordes simple sans contrebasse, quatuor à vent, avec trompette, harpe et piano). Pastorale de M. Daniel-Lesur évoque un paysage, par des soliloques ou colloques de personnages tendres ou ironiques, rêveurs ou joyeux, et dont les caractères sont appropriés, non sans une certaine adresse, à chacun des instruments. La composition est assez pauvre d'idées et d'efforts d'invention. Elle emploie surtout les instruments isolément et s'attarde, dans leur groupement, à de faciles effets de polytonalité. Poèmes pour l'Enfant de M. André Jolivet fait appel à l'intervention d'une voix de femme précisant par la déclamation ou les vocalises les expressions un peu vagues que cherchent à dégager les instruments. Atonalité, fort bien appropriée d'ailleurs à l'évocation de la « Naissance » ; langage surtout modal, se pliant aux épanchements jubilatoires de 1' « Adoration », au langage dépouillé de la « Berceuse » et devenant judicieusement polymodal pour exprimer les « Jeux ». L'atmosphère créée est souvent heureuse, certaines touches sont exactes, mais l'ouvrage manque de concision, et il reste un peu indécis et monocorde, malgré l'intervention de la partie vocale, tenue par Mme Croiza avec l'art incomparable dont elle semble avoir le secret. Eléonora de M. Yves Baudrier s'inspire d'un conte d'Edgar Poe pour « créer un climat sentimental et poétique, idéal et réel », évoquant « la Rivière du Silence », à l'influence pacifiante, et « Eléonora », symbole de l'âme ardente des ancêtres animant le dieu Eros, tiré de cette onde. L'auteur recherche des effets d'expression en renforçant un peu les cordes de l'orchestre de chambre et en s'attardant à l'emploi des ondes électriques, dont les sonorités de scie ont été pendant assez longtemps jugées inséparables de l'intervention d'un élément surnaturel. La composition ne témoigne pas d'une originalité ni d'un relief particuliers.

Ces trois oeuvres, fort honorables, ne sortent pas du cadre normal d'un groupement dont beaucoup de membres cherchent visiblement un point d'appui dans le snobisme et la mondanité, qui, en d'autres temps, ont pu réussir à leurs aînés immédiats. De là sans doute cette impression in peu candide d'audition d'élèves, où chacun des participants est applaudi chaleureusement par sa famille et ses amis. M. Roger Desormière « dirigeait » l'orchestre. Il a accompli des tâches plus ardues.

L'essentiel de la seconde partie était constituée par les poèmes pour Mi de M. Olivier Messiaen, magnifiquement chantés par Mlle Marcelle Bunlet accompagnée au piano par l’auteur. Il s'agit ici d'un musicien d'une toute autre classe, dont la qualité dominante est la sincérité dans l'expression d’une intense vie intérieure. En ce cycle de neuf chants exaltant le Sacrement du Mariage, sur des paroles écrites par lui, l'auteur use d’une grande liberté d'écriture : absence de mesure, langue modale, oscillant entre le plain-chant et la musique indoue, rythmes irréguliers suivant le débit naturel de la parole, chant où la psalmodie alterne avec la vocalise expressive en se rapprochant parfois du chant populaire, accompagnement pianistique formé de dédales bruissantes ou de lumineuses grappes d'accords, l’ensemble est varié et émouvant.

La soirée se terminait par la première audition de Deux chœurs exquis de M. Georges Dandelot, écrits pour voix de femmes et deux pianos : un chant funéraire de belle tenue, dolente et lugubre, et une valse vive pleine de verve et d'entrain Interprétés, malheureusement, par un ensemble vocal insuffisant, ces deux choeurs, écrits avec finesse et élégance, constituent une réussite complète. Le second été bissé.

Paul BERTRAND.



13 mai 1938  Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Germaine Cernay, Georgette Donys MM. Charles Friant. A. Gaudin, Jacques Rousseau
Inghelbrecht ??? Scènes de danse

14 mai 1938  Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mme Solange Delmas, Tiphaine, Liany, MM. Amoult, Gueno Ravoux Pujol
Milhaud Suite Provençale, ballet

SUR LE CONCERT DU « CHANT DU MONDE »

Le folklore et les musiciens

Ainsi que l'Humanité l'a déjà annoncé, aura lieu mardi prochain à 20 h. 30, à la Gaité-Lyrique, le premier grand concert populaire du Chant du Monde, placé sous le signe du folklore. A cette occasion, notre ami Roger Desormière, qui dirigera l'orchestre et les chœurs, a bien voulu nous communiquer l'article ci-dessous sur le Folklore et les musiciens. Nous sommes persuadés que nos lecteurs y prendront un vif intérêt.


La musique est née du chant populaire. L'œuvre entière du moyen âge et de la Renaissance en est imprégnée. S'il est notoire que l'époque classique a été dominée par la musique allemande, il ne faut pas oublier que la Renaissance flamande a aidé à la formation de la Renaissance italienne, et que c'est de Venise qu'est partie la Renaissance allemande. Bien que né en 1685 et mort en 1750, Bach est encore un musicien de la Renaissance.

Après lui, la grande figure de Beethoven domine le 18e et le 19° siècle. Il est un de ceux qui ont le plus profondément éprouvé l'influence des grands courants populaires, et ces derniers ont très certainement contribué au développement de son génie. Au reste, nul n'ignore le final de la Neuvième Symphonie, d'origine nettement populaire. La plupart des scherzos, de ses sonates et de ses symphonies ne sont-ils pas influencés par des airs d'allure populaire. Tout comme les saisons du Bonhomme Haydn qui puise lui, aussi à cette source ? Est-ce pour cela que son génie est plus accessible à la masse que celui de Mozart. Bien qu'il fleure bon le terroir, l'art du divin Wolfgang est peut-être plus aristocratique, alors que celui du maître de Bonn se tient plus près du peuple. En France, après les chansons des troubadours et des croisés, accompagnés au luth (moyen âge) se développe la polyphonie vocale (madrigaux) et instrumentale (danserie) puis arrive, avec le 17e siècle et Lulli (qui écrivit Au Clair de Lune) la grande époque de l'opéra-ballet qui se termine sous Louis XV avec Rameau. Au 18e, Gluck, compositeur allemand, auteur de tragédies et considéré comme un musicien de l'école française, échappe à l'influence de l'art populaire bien que ses airs de ballet soient apparentés aux airs populaires de danse. C'est par l'opéra-comique des Philidor, Dalayrac et (Monsigny), que nous nous acheminons, petit à petit, vers Mehul et Grétry.

La naissance des idées libérales a pour résultat de révéler les conditions sociales de la vie, donc d'influencer et de diriger les musiciens vers'̃̃d'autres idéaux de liberté, de fraternité, d'égalité. Nous assistons alors à l'évolution d'un art qui recourt davantage aux ressources musicales populaires et s'enrichit de ce fait. 

Le romantisme, conséquence de la Révolution française, naît et se développe dans tous les pays. Est-ce à dire que le folklore musical ait apporté son tribut au romantisme et contribué à son évolution en France et ailleurs ? Certes, puisque ce sont des airs populaires dont Schubert s'inspire dans la plupart de ses « lieders ». Que dire de Schumann ? Quant à Chopin, les plus importantes de ses œuvres sont directement ou indirectement d'inspiration populaire.

En France, Berlioz, Bizet et Gounod sont influencés de la même manière et dans des proportions tout aussi larges. 

Gabriel Fauré n'est certes pas un musicien d'inspiration populaire, et cependant Charles Kœchlin, dans son livre sur ce charmant musicien a pu écrire de Pavane : « Ni pastiche du 18 ou du 17° siècle l'esprit des temps passés, traduit par une musique nouvelle, qui se souvient des modes de jadis. »'» Beaucoup de musiciens, .parmi les plus grands et nous n'avons même pas pu ici parler de la musique russe, ont été touchés par l'art issu du peuple. D'autres, sans lui avoir directement emprunté, sont restés d'esprit véritablement populaire. En tentant une rénovation des chants populaires français, et en s'adressant, pour ce, à l'élite des compositeurs: de ce pays, on peut écrire que le Chant du Monde a pris une initiative qui peut contribuer au développement de l'art musical français. C'est le vœu que nous formons. 

Roger DESORMlERE.

L'Humanité du 14 mai 1938

15 mai 1938  Paris Opéra-comique
Gounod Le médecin malgré lui     Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, Mrs Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier
Mascagni Cavalleria rusticana José Luccioni Mlles Sibille, Gaudel et Moisan


L'Humanité du 17 mai 1938
17 mai 1935 Paris, La Gaité-Lyrique Chant du monde 150 exécutants
Chorale de la Fédération musicale populaire dirigée par Yvonne Gouverné
Beethoven ???
Mozart ???
Schumann ???
Strauss    Air du Baron tzigane    Marguerite Kozenn au chant
Smetana    Air de la Fiancée vendue    Marguerite Kozenn au chant
Kipner    Suite tadjik    Création en France    Roland Charmy au violon
Halffter Rodolfo      Suite de Don Inigo d'Alumerfa
Delannoy Chant populaire des provinces françaises
Honegger Chant populaire des provinces françaises
Jaubert Chant populaire des provinces françaises
Koechlin Chant populaire des provinces françaises
Milhaud Chant populaire des provinces françaises
Sauveplane Chant populaire des provinces françaises
Auric     Chant populaire des provinces française

Guide du concert de mai 1938


Le Figaro du 20 mai 1938
20 mai 1938 Paris Où ? Quel orchestre ???
Schubert     Rosamunde : entracte
Fauré         Pavane
Strauss J. Perpetuum mobile

22 mai 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Madeleine Sibille, Rolland, MM. Jeantet, Barbero Buck Dupont
Milhaud Suite Provençale, ballet

25 mai 1938 Paris Opéra-comique
Gounod Le médecin malgré lui     Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, Mrs Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier
Mascagni Cavalleria rusticana José Luccioni Mlles Sibille
Larmanjat Le Banquet         Création     ballet mêlé de chants de Marcel Belvianès  décor et lumières d’Édouard Sandon chorégraphie de Constantin Tcherkas     danseurs Lydia Byzanti (la Gourmandise), Constantin Tcherkas (le Banquet) soli vocaux : Marguerite Legouhy et Raymond Malvasio (Création à l'Opéra-Comique le 3 juillet 1938???)

Revue de Presse de l'Ouest-Eclair (Rennes) sur le Banquet (5 août 1938) :

A propos d'une œuvre récente de M. Jacques Larmanjat 

Récemment, notre éminent collaborateur Maurice Brillant analysait dans la page littéraire de L'Ouest-Eclair l'œuvre récente du compositeur Jacques Larmanjat « Banquet ». La presse parisienne a, elle aussi, fait un écho admiratif à ce ballet si magistralement écrit par le distingué directeur du Conservatoire et des Concerts symphoniques de Rennes.

Nous reproduisons ci-dessous quelques extraits de ces articles.

La musique de M. Jacques Larmanjat est savoureuse ainsi qu'il convient, et instrumentée avec adresse. J'en ai surtout aimé la fin, pour sa grâce robuste, nerveuse, drue et pour sa sonorité impeccablement équilibrée, qui rappellent certaines terminaisons brillantes des ballets de Rameau.

Reynaldo HAHN.(Le Figaro, 8 juillet 1938).

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M. Tcherkas, sur un livret de M. Belvianes, vient de créer, salle Favart, un nouveau ballet intitulé « Banquet ». Bien qu'un peu court, ce ballet a été accueilli par de chaleureux éloges. D'une inspiration quelque peu lifarienne, quant à la facture générale, Tcherkas a conçu, dans le cadre d'un banquet, une heureuse et légère allégorie où la danse garde ses droits.

Une très belle partition de M. Jacques Larmanjat, où les chœurs jouent avec bonheur un rôle important. 

Henri DARRAS DE PERETTI DE LA ROCCA (La Page Musicale, le 15 juillet 1938). 

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Ce nouveau ballet, d'une audacieuse fantaisie renouvelle le répertoire des divertissements de l'Opéra-Comique. L'argument de M. M. Belvianes est original.

Le compositeur J. Larmanjat est un humoriste, comme en témoignent ses précédentes oeuvres « L’Ecuyère aux cerceaux », « La Jupe nouée », « Le Bouquet inutile ». Avec le concours des chœurs dans l'orchestre, il renouvelle le genre des « Cantates burlesques » de J.-S. Bach, ce qui ne l'empêche pas d'esquisser des mouvements de danses très modernes. L'ensemble est cohérent, rythmé.(L’Intran, 5 juillet 1938).

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A l'issue d'une représentation de La Tosca dominicale à souhait, l'Opéra-Comique nous a offert la primeur d'un ballet de M. Jacques Larmanjat qui, après s'être fait connaître à Paris par plusieurs pièces vocales et instrumentales justement estimées des musiciens, a pris la direction du Conservatoire et des Concerts symphoniques de Rennes où son activité intelligente a obtenu de fort intéressants résultats.

L'argument de « Banquet » dû à M. M. Belvianes est une défense et illustration de la cuisine de France. La musique de M. Larmanjat, qu'un concert de la radio m'avait dernièrement fait connaitre, a le dynamisme qui convient à un spectacle dansé. Mais ce dynamisme reste toujours musical, trouve des rythmes bien en place, une instrumentation à la fois légère et incisive qui met dûment en valeur la nature des idées toujours nettement dessinées. L'écriture dégagée des chœurs contribue à lui donner son caractère. M. R. Désormière et ses troupes l'ont servie avec zèle.

0. T. (Le Temps, 5 juillet 1938).

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Que voilà un sujet fait sur mesures pour ce bon vivant de musicien Toutes les qualités de saine franchise, de clarté, de robuste équilibre qu'il manifeste dans son œuvre y trouvent leur meilleur emploi.

On se réjouit d'une aussi brillante réussite, touchant un compositeur éminemment sympathique, parfaitement indépendant, et qui a su, du style symphonique à celui de la chanson, plier son talent aux genres les plus différents. Ce « Banquet » mérite de figurer au tout premier plan de sa production par sa forte structure, son dynamisme, sa couleur orchestrale, sa langue directe, drue et pittoresque. 

Louis AUBERT. (Le Journal, 8 juillet 1938).


26 mai 1938 Paris Opéra-comique

Gounod Le médecin malgré lui    Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, Mrs Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier
Mascagni Cavalleria rusticana     José Luccioni Mlles Sibille, Jeantet

31 mai ou 1er juin 1938 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mme Odette Turba-Rabier, Tiphaine, Mattio, Liany, MM. Paul Vergne Musy Ravoux Pujol
Liszt     Rhapsodie Hongroise n° 2     Mlles Byzanti. Juanina, M. C. Tcherkas

??? juin 1938 Paris Orchestre ??? Concert Chant du monde ?
Milhaud Magali

4 juin 1938 Paris Opéra-comique
Gounod Mireille Mmes Odette Turba-Rabier, Lecouvreur, M.M. Altéry, Jeantet, L. Morot, Barberon

5 juin 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Renée Ollly, J. Rolland, MM. Girard Bouvier, Barbero
Milhaud Suite provençale (ballet)

6 juin 1939 Radio Paris nouvelle production ?
Désormière Roméo et Juliette (version Jean Cocteau)

14 juin 1938 Paris, Salle Pleyel Concert Chant du monde
Chœurs FMP Yvonne Gouverné
Concert repris le 25 novembre et le 8 décembre
Chostakovitch Symphonie n°5         Création française
Koechlin Hymne à la Jeunesse, op. 148         Création
Koechlin Hymne à la Vie, op. 69         Création
Koechlin L'Eté, poème Symphonie op. 48         Création
Koechlin Victoire de la vie op. 167
Koechlin Hymne au Soleil, ou Choral Fugué, op. 127         Création
Delalande Fanfare en écho (extrait des Symphonies pour les soupers du roy)
Auric Ouverture pour orchestre

Le Ménestrel du 24 juin 1938 

Le Chant du Monde (14 juin). — Trois grandes premières auditions donnaient à ce concert, inaugural une séduction particulière : une Ouverture de Georges Auric, une Symphonie de Chostakovitch et une Symphonie d'Hymnes de Charles Koechlin.

La pièce de résistance était fournie par l’œuvre de Chostakoyitch : il s'agit d'un morceau de grande envergure et de puissantes ambitions, conçu sous le signe de Beethoven. Le fait suffit à lui conférer une origine relative ; mais l'esprit de Beethoven n'y souffle pas partout, et certains mouvements, le second et le quatrième en particulier, reflètent une joie saine et naïve de bel animal échappé, sans rapport avec la joie conquise de la Cinquième ou de la Neuvième. Il n'en demeure pas moins qu'en dépit des formules du premier mouvement et de l'Adagio, l’œuvre atteste une personnalité intéressante, audacieuse, et qui vise haut. Compte tenu de la prolixité des développements, souvent creux, il y a dans la Cinquième Symphonie de Chostakovitch mieux que du talent.

On connaît assez M. Charles Koechlin pour savoir que tout ce qu'il écrit est marqué du sceau d'une technique infaillible.

La science de ses développements et de son écriture donne à ses Hymnes pour orchestre une noblesse formulle (?) bien convaincante. Ici encore, ampleur sonore au service d'une ample aspiration. L'oeuvre fut largement applaudie.

Pour l’Ouverture de Georges Auric, elle fait regretter le silence relatif de ce compositeur ; la demi-retraite ne lui a pas nui. Solide, drue, vigoureuse, avec une alacrité dans l'esprit et le tour qui doit beaucoup à Chabrier, elle part en fusée et se termine en fusée, mais son verveux équilibre la signale à l'attention des chefs de la prochaine saison, nous ne pouvons pas l'oublier.

Le concert, fermement dirigé par M. Désormière, avait commencé par une Fanfare en Echo de Lalande, ce Lalande qu'ignorent les habitués des concerts et auquel le concis Riemann consacre cinq grandes colonnes de son dictionnaire.

Michel-Léon HIRSCH.



15 ou 16 juin 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Renée Ollly, J. Rolland, MM. Girard Bouvier, Barbero
Liszt     Rhapsodie Hongroise n° 2 Mlles Byzanti. Juanina, M. C. Tcherkas


17 ou 18 juin 1938 Paris Opéra-comique
Mascagni Cavalleria Rusticana     Mme Madeleine Mathieu, MM. Girard et Jeantet
Gounod Le médecin malgré lui     Louis Musy, Mlles Mattio, Lecouvreur, Challet, Mrs Arnoult, Morot, Pujol, Bouvier

26 juin 1938 Paris Opéra-comique
Gounod Mireille Mmes Odette Turba-Rabier, Lecouvreur, M.M. Altéry, Jeantet, L. Morot, Barbero

28 ou 29 juin 1938 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Solange Delmas, Liany, Tiphaine MM. Arnoult, Musy, Ravoux
Milhaud Suite Provençale, ballet
3 juillet 1938 Paris Opéra-comique
Larmanjat Jacques     Banquet (ballet mêlé de chants) Byzanti, Garnier, Bessis,  Constantin  Tcherkas

5 juillet 1938 Paris Opéra-comique
Catrufo Zadig      Mmes Bernadettte Delprat, Jennie Tourel, MM. Ch. Friant, Etcheverry, Balflou, Hérent, Morot, Rousseau, Tubiana, Couret        dirigé par Gustave Cloez
Larmanjat Jacques Banquet (ballet mêlé de chants) Mlles Byzanti, Garnier, Bessis, M. Constantin  Tcherkas

7 juillet 1938 Paris Opéra-comique
Larmanjat Jacques Banquet (ballet mêlé de chants) Mlles Byzanti, Garnier, Bessis, M. Constantin  Tcherkas

L'Humanité du 14 juillet 1938
14 juillet 1938 Paris (Poste PTT) Chorale populaire de Paris
Honegger 14 juillet de R.Rolland: Marche
Ibert 14 juillet de R.Rolland (ouverture)
Koechlin 14 juillet de R.Rolland: "Liberté" op. 158
Lazarus 14 juillet de R.Rolland Fête de Liberté
Milhaud 14 juillet de R.Rolland introduction, marche funèbre
Roussel 14 juillet de R.Rolland prélude du 2ème acte 0
Auric 14 juillet R.Rolland (Palais Royal)


L'Humanité du 13 août 1938


17 août 1938 Paris Opéra-comique
Gounod Mireille

21 août 1938 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé     Mmes Lucienne Dugard, Tiphaine, Liany, MM. L. Arnoult, Guénot, Rouseau
Liszt     Rhapsodie Hongroise n° 2

 16 septembre 1938 Paris Opéra-comique
Gounod Le médecin malgré lui     MM. Musy,Arnoult, L. Morot, Pujol, Bouvier, Mmes Lecouvreur, Mattio, Chollet
Chabrier Une éducation manquée     Mmes J. Delille, Christiane Gaudel, M. P. Rousseau



 18 septembre 1938 Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée M. Rousseau et de Mlle Gaudel, Mme J. Delille
Gounod Le médecin malgré lui     Louis Musy, L. Arnoult, L. Morot, Pujol, Bouvier Mme Legouhy et Mlle Mattio

 22 ou 23 septembre 1938 Paris Opéra-comique
Gounod Mireille Mmes Lillie Grandval, Mattio, Thelin, Gaudel, Secondi MM. Altéry, Bouvier, Morot et Jullla

 24 ou 25 septembre 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther      Mmes Renée Gilly, Rolland, MM. L. Arnoult, Jean Vleulle, Morturier
Larmanjat Jacques Banquet (ballet mêlé de chants) Mlles Byzanti, Garnier, Bessis M. Constantin  Tcherkas

4 octobre 1938 (Poste PTT) Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée Mmes Lillie Grandval, Mattio, Thelin, Gaudel, Secondi MM. Aitéry, Bouvier, Morot et Jullla
Gounod Le médecin malgré lui      Mmes Renée Gilly, Rolland, MM. L. Arnoult, Jean Vleulle, Morturier

5 octobre 1938 Paris Opéra-comique
Chabrier Une éducation manquée MM. L. Musy, Couret, Morot, Pujol, Bouvier; Mmes Mattio, Legouhy, Cheltet
Gounod Le médecin malgré lui      Mme J. Rolland, M. Rousseau, Mlle Gaudel

11 octobre 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Ninon Vallln, Rolland MM. Friant, André Gaudln, Morturler, Couret, Jullia

12 octobre 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther        Mmes Ninon Vallln, Rolland MM. Friant, André Gaudln, Morturler, Couret, Jullia

(…)

Nous reconnaissons aussi M. Rafaël Sanchez-Ventura, qui représente l'ambassadeur d'Espagne André Heussler, secrétaire gênerai du Comité international d'aide à l'Espagne Léon Moussinac Aragon, directeur de notre confrère Ce Soir les écrivains Claude Aveline et Edith Thomas MM. Roger Desormieres et Charles Koechlin Georges Pohtzci, agrègé de l'Université, Jeannette Vermesch, Danielle Casanova, Henriette Schmitt, secrétaire de l'Union des Jeunes Filles de France, Maria Rabaté, du Comité mondial des femmes, et Marie-Claude Vaillant-Couturier.

La soirée

21 heures. La partie artistique du programme va commencer. C'est d'abord l'excellent orchestre de la Fédération musicale populaire qui, sous la direction du grand virtuose Locatelli, exécute l'ouverture d’Egmont, de Beethoven. Ensuite Charles Kœchlin dirige l'exécution de la Marche Funèbre qu'il composa et dédia à Vaillant-Couturier. Après cette excellente interprétation, c'est la Chorale Populaire dé Paris, qui vient chanter deux airs populaires. Notons ensuite l'excellente interprétation de M. Nogueira, la grande vedette de l'Opéra, dans ses chants béarnais.

(…)

L'Humanité du 14 octobre 1938


16 octobre 1938 Paris Opéra-comique
Gounod Mireille Mmes Odette Turba-Rabier, Mattio par MM. AItery, Jeantet et L. Morot

20 octobre 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Renée Gilly, Rolland, MM. L. Arnoult, Jean Vleulle, Morturier
Larmanjat Jacques Banquet (ballet mêlé de chants) Mlles Byzanti, Garnier, Bessis M. Constantin  Tcherkas


26 octobre 1938 Paris Opéra-comique
Festival Bizet
Bizet     Patrie (ouverture)     sous la direction de Gustave Cloez    
Bizet Les Pêcheurs de Perles (extraits)     avec Ninon Vallin (soprano) sous la direction d'Eugène Bigot
Bizet Symphonie en ut     avec Ninon Vallin (soprano) sous la direction d'Eugène Bigot
Bizet La Nuit     avec Ninon Vallin (soprano) accompagnée au piano par Reynaldo Hahn
Bizet Jeux d'enfants
Bizet Ouvre ton cœur        avec Ninon Vallin (soprano) accompagnée au piano par Reynaldo Hahn

6 novembre 1938 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Lucienne Dugard, Tiphaine, Liany, MM. Guénot, Rouseau

11 novembre 1938 Paris Opéra-comique
Bizet Djamileh Mlles Jennie Tourel MM. L. Arnoult, Roger Bourdin
Gounod Le médecin malgré lui      MM. L. Musy, Couret, Morot, Pujol, Bouvier, Mmes Mattio, Legouhy et Chellet

13 novembre 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther      Mme Madeleine Sibille, J.-R. Rolland, MM. Ch. Friant, Bouvier, Morturler
Weber/Berlioz L'invitation à la valse

23 novembre 1938 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Lucienne Dugard, Tiphaine, Liany, MM. Guénot, Rouseau
Liszt     Rhapsodie Hongroise n° 2

24 novembre 1938 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Ninon Vallln, Rolland MM. Bouvier, Morturler, Couret
Larmanjat Jacques Banquet (ballet mêlé de chants)

25 novembre 1938 Paris, Salle Pleyel Concert Chant du monde
Chœurs FMP Yvonne Gouverné
Concert du 14 juin 1938 repris à la radio
Chostakovitch Symphonie n°5       
Koechlin Hymne à la Jeunesse, op. 148       
Koechlin Hymne à la Vie, op. 69       
Koechlin L'Eté, poème Symphonie op. 48       
Koechlin Victoire de la vie op. 167
Koechlin Hymne au Soleil, ou Choral Fugué, op. 127       
Delalande Fanfare en écho (extrait des Symphonies pour les soupers du roy)
Auric Ouverture pour orchestre

8 décembre 1938 Paris, Salle Pleyel Concert Chant du monde
Chœurs FMP Yvonne Gouverné
Concert du 14 juin 1938 repris à la radio
Chostakovitch Symphonie n°5         
Koechlin Hymne à la Jeunesse, op. 148       
Koechlin Hymne à la Vie, op. 69       
Koechlin L'Eté, poème Symphonie op. 48       
Koechlin Victoire de la vie op. 167
Koechlin Hymne au Soleil, ou Choral Fugué, op. 127       
Delalande Fanfare en écho (extrait des Symphonies pour les soupers du roy)
Auric Ouverture pour orchestre

14 décembre 1938 Rennes Théâtre Municipal Opéra Comique  pas RD mais Jean Morel
Larmanjat Le banquet
Tomasi La Rosière du Village
Weber L'Invitation à la Valse
Le même soir, grand concert de musique de danse dirigé par Désormière sur Paris PTT


25 décembre 1938 Paris, Opéra-comique
Gounod     Mireille    Mmes Granval, Liany, Thelin. Secondy, Gaudel MM. Altéry, Musy, Claude Got, Barbero, Dufont

29 décembre 1938 Paris, Opéra-comique
Mascagni Cavalleria Rusticana      Mme Madeleine Sibille MM. Girard et Jeantet
Gounod Le médecin malgré lui     MM. L. Musy, Couret, Morot, Pujol, Bouvier Mmes Mattio. Legoully et Chellet

30 décembre 1938 Paris, Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Renée Gilly et Rolland
Liszt     Rhapsodie Hongroise n° 2


1939/40,  la Guerre, la Mobilisation : 47 concerts retrouvés…

??? 1939 Budapest Orchestre Philharmonique de Budapest
Festival de musique française
Rameau, arrangement Désormière Les Paladins    Création à Budapest
Messiaen Les Offrandes oubliées     Création à Budapest
Koechlin Hymne au Soleil, ou Choral Fugué, op. 127     Création à Budapest
Berlioz La Captive     au chant Marie-Thérèse Holley     Création à Budapest
Gounod Lamento     au chant Marie-Thérèse Holley    Création à Budapest
Duparc Testament     au chant Marie-Thérèse Holley    Création à Budapest
Fauré Soir             au chant Marie-Thérèse Holley    Création à Budapest
Bizet L'Arlésienne, suites 1 et 2

Le Ménestrel du 3 mars 1939
HONGRIE
Budapest.— L'excellent chef d'orchestre français, Roger Désormière, qui est un érudit musicologue, a dirigé un concert de l'Orchestre Philharmonique, annoncé comme « Concert Français ». Le programme était composé, —sauf quatre morceaux des deux suites de l'Artésienne - uniquement de nouveautés pour Budapest : Rameau, les Paladins ; Olivier Messiaen, les Offrandes oubliées ; Koechlin, Hymne au Soleil. Puis quatre compositions pour chant, interprétées avec un art consommé par Mme Marie-Thérèse Holley : Berlioz, la Captive ; Gounod, Lamento ; Duparc, Testament ; Fauré, Soir. Partout de grands noms. M. Désormière voulait donner un aspect sommaire, mais représentatif et essentiel de l'évolution de la musique française. Parfait. Il a très bien fait de commencer par Rameau, mais pour le reste nous ne pouvons pas nous rallier à son choix. Tout d'abord : un chef d'orchestre étranger, en représentation, ne devrait jamais composer son programme, ni exclusivement de premières auditions ou nouveautés, ni exclusivement d'œuvres archi-connues. Or, comme je viens de l'indiquer, le concert de M. Désormière comporta sept nouveautés sur huit compositions. Ensuite, on peut très bien imaginer un programme représentatif de musique française sans l'Après-Midi d'un Faune, l'Apprenti Sorcier ou le Boléro, mais assurément aussi sans la majeure partie des œuvres que dirigea l'éminent chef avec une maîtrise absolue et un dévouement généreux que nous aurions préférés pouvoir apprécier dans l'interprétation d'autres œuvres.


3 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Larmanjat Jacques Banquet (ballet mêlé de chants)

4 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Larmanjat Jacques Banquet (ballet mêlé de chants)

6 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Solange Delmas,Tiphaine, Martin MM. Arnoult, Rousseau, Ravoux
Milhaud Suite provençale (ballet)

7 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Solange Delmas, Tiphaine, Mattio MM. Louis Arnoult, Jacques Rousseau, Ravoux
Milhaud Suite provençale (ballet) Mlle Juanita Schwarz, M. Constantin Tcherkas

13 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Letorey Omer Le sicilien, ou l'Amour peintre MM Hérent Cortet Tubiana Mlle Thellin
Gounod Le médecin malgré lui          MM. L. Musy, Couret, Morot, Pujol, Bouvier

14 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Letorey Omer Le sicilien, ou l'Amour peintre MM Hérent Cortet Tubiana Mlle Thellin
Gounod Le médecin malgré lui          MM. L. Musy, Couret, Morot, Pujol, Bouvier Mmes Mattio, Legouhy, Chellet

18 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Bizet Djamileh      Mme Touret, M.M. Arnoult Rousseau
Bizet Les Pêcheurs de Perles      Mme Lillie Grandval, M.M. A. Seguy, Jeantet et L. Morot

19 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Letorey Omer Le Sicilien ou l'amour peintre MM Hérent Cortet Tubiana Mlle Thellin
Gounod Le médecin malgré lui      MM. Musy Arnoul, Merot, Pujol, Bouvier, Mmes Legouhy, Mattio, Chollet

19 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Bizet Djamileh      Mme Touret, M.M. Arnoult Rousseau
Bizet Les Pêcheurs de Perles Mme Lillie Grandval, M.M. A. Seguy, Jeantet et L. Morot

20 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Letorey Omer Le Sicilien ou l'amour peintre MM Hérent Cortet Tubiana Mlle Thellin
Gounod Le médecin malgré lui      MM. Musy Arnoul, Merot, Pujol, Bouvier, Mmes Legouhy, Mattio, Chollet

28 janvier 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther      ???Briev Blanche Dars, Rouet, Duard

mauvaise date 30 janvier 1939 Paris, salle de l'ancien Conservatoire 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
Duparc La vie antérieure au chant Mallory-Marseillac
Pascal Torpeur         au chant Mallory-Marseillac
???        Capitaine de bateau au chant Mallory-Marseillac
Roussel Le Festin de l'araignée
Schumann Concerto pour piano, op. 54 Mme J. Durand-Texte au piano
Moussorgsky/Ravel Tableaux d'une exposition
Haydn Symphonie en mi bémol

4 février 1939 Paris Opéra-comique
Gounod Mireille Mmes Lillie Grandval, Lecouvreur, M.M. Altéry, Bouvier, Clavery, Barbero

5 février 1939 Paris Opéra-comique
Gounod Mireille Mmes Lillie Grandval, Lecouvreur, M.M. Altéry, Bouvier, Clavery, Barbero

Couperin     4ème concert royal
Couperin     Musettes
Couperin    Versets d'un motet
Koechlin Sonatine n°1 pour orgue Maurice Duruflé à l'orgue
Rameau, arrangement Désormière Les Paladins
Sauguet La Voyante
Boismortier Concerto pour basson     Fernand Oubradous au basson
au chant Gisèle Peyron, Erika Rokyta, Lise Daniels, Germaine Cernay


A cette époque, Désormière se casse le jambe et ne peut plus diriger entre février et mars.


30 mars 1939 Paris Opéra-comique
Gala d'adieu de Carina Ari 
Schmitt La Danse d'Abizag (Scènes dansées, ballet)     danse Carina Ari
Cassado Le Retour interrompu (Scènes dansées) danse Carina Ari
Rossini La Pie voleuse (Scènes dansées, ballet) danse Carina Ari



11 avril 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Madeleine Slbille, J. Rolland MM. Michdetti,Bouvier, Morturieer, etc.
Schmitt La Danse d'Abizag (Scènes dansées, ballet)     danse Carina Ari
Cassado Le Retour interrompu (Scènes dansées, ballet) danse Carina Ari
Rossini La Pie voleuse (Scènes dansées, ballet) danse Carina Ari

12 avril 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Madeleine Slbille, J. Rolland MM. Micheletti,Bouvier, Morturieer, etc.
Schmitt La Danse d'Abizag (Scènes dansées, ballet)     danse Carina Ari
Cassado Le Retour interrompu (Scènes dansées) danse Carina Ari
Rossini La Pie voleuse (Scènes dansées, ballet) danse Carina Ari

16 avril 1939 Paris Opéra-comique
Bizet Les Pêcheurs de Perles Mme Nina Bovy MM. Arnoult, Bouvier, L. Morot
Chabrier     Une Education manquée Mlles Delille, Caudel, M. Rousseau


19 avril 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Georges Thill, Mlle Janine Micheau MM. Louis Musy, Emile Rousseau Mmes Tiphalne, Mattio, Gaudel, Gaudineau

26 avril 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Anduran, Tblin MM. Ch. Priant, Jean Vieulle Jacques Rousseau
Liszt         Rhapsodie Hongroise n° 2

27 avril 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé M. Georges ThiII, Mlle Janine Micheau MM. Louis Musy, Emile Rousseau Mmes Tiphaine, Mattio, Gaudel, Gaudineau

30 avril 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Anduran, Thelin MM. Ch. Friant, Jean Vieuille, Jacques Rousseau
Schmitt La Danse d'Abizag (Scènes dansées, ballet)     danse Carina Ari
Cassado Le Retour interrompu (Scènes dansées) danse Carina Ari
Rossini La Pie voleuse (Scènes dansées, ballet) danse Carina Ari

7 mai 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mme Nina Bovy, MM. A. Seguy, Jacques Rousseau, Ravoux Mlles Tiphalne, Mattio
Liszt     Rhapsodie Hongroise n° 2

10 mai 1939 Paris Opéra-comique
Letorey Omer Le Sicilien ou l'amour peintre Mlle Thelin MM. Pujol, Hérent, Tubiana
Gounod Le médecin malgré lui MM. L. Musy, Arnoult, Morot, Bouvier, Puiol Mmes Mattio, Lecouvreur, Chellet

13 mai 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Germaine Cernay Georgette Donys MM. Charles Friant. A. Gaudin, Jacques Rousseau
Schmitt La Danse d'Abizag (Scènes dansées, ballet)     danse Carina Ari
Cassado Le Retour interrompu (Scènes dansées) danse Carina Ari
Rossini La Pie voleuse (Scènes dansées, ballet) danse Carina Ari

14 mai 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Germaine Cernay, Georgette Denys MM. Charles Friant, A. Gaudin, Jacques Rousseau
Schmitt La Danse d'Abizag (Scènes dansées, ballet)     danse Carina Ari
Cassado Le Retour interrompu (Scènes dansées) danse Carina Ari
Rossini La Pie voleuse (Scènes dansées, ballet) danse Carina Ari

18 mai 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes J. Mlcheau, Mattio, Tiphaine MM. Georges Thill, L. Musy, Emile Rousseau

26 mai 1939 Paris Opéra-comique
Bizet Les Pêcheurs de Perles Mme Lillie Grandval, M.M. A. Seguy, Bouvier et L. Morot


Le Populaire du 6 juin 1939
6 juin 1939 Radio Paris Groupe Mai 36
Désormière Roméo et Juliette (version Jean Cocteau) avec Roméo, Julien Bertheau, de la ComédieFrançaise ; Mercutio, Daniel Lecourtoig ; Paris, Robert Plessy ; Tybalt, Charles Nissar ; Benvolio, René Barré ; Capulet, A. Lurville ; Montaigu, Jean Brochard ; le Prince de Vérone, Camus ; frère Laurent, Geymon Vital ; frère Jean, Jan Margatt ; Balthazar, Pierre Ferval ; Grégorio, Saint-Ailier. Juliette, Madeleine Renaud, sociétaire de la Comédie-Française ; la Nourrice, Gabrielle Fontan ; le Prologue, Odette Brienne ; Lady Capulet, Marguerite Coutan-Lambert

20 juin 1939 Paris Opéra-comique
Letorey Omer Le Sicilien ou l'amour peintre Mlle Thelin, MM. Pujol, Herent et Tubiana

21 juin 1939 Paris, salle Gaveau concert La Sérénade
Orchestre de chambre de la Société Philharmonique
Rieti     Concerto du loup, pour piano et orchestre     Création
Poulenc Concerto pour orgue en sol mineur Création    avec Maurice Duruflé à l'orgue

L'Humanité du 26 juin 1939

Premier concert de l'Union musicale de France

Nous avons déjà dit hier, dans la page du spectacle quel était le but de cette nouvelle association. Nous sommes heureux de signaler à nos lecteur les noms des personnalités qui composent son comité. Président Georges Auric Vice-président R. Désormière Secrétaire général E. Barraine Secrétaire adjoint A. de Jouvenel Trésorier A. Locatelli.



26 juin 1939 Paris, Ecole normale de musique Union musicale de France
Honegger Sonatine pour violon et violoncelle Albert Locatelli au violon et André Navarra au violoncelle
Poulenc Pièces pour piano
Delannoy Mélodies
Auric Trio d'Anches Gromer, Vacellier et Grandmaison
(orchestrations Désormière) Danceries de la renaissance Quintette à vent de Paris.P.T.T
Satie Socrate au chant Germaine Cernay et José Peyron, et Elsa Barraine au piano

L'Humanité du 6 juiller 1939

Le premier concert de l'Union Musicale de France 

Ainsi que nous l'avions annoncé, le premier concert donné sous l'égide de l’Union musicale de France a eu lieu ces jours derniers avec tout le succès que nous présagions., Il faut dire que soucieuse de présenter les œuvres dans les meilleures conditions, cette jeune association que préside Georges Auric s'était adressée à des artistes heureusement animés de l'esprit de compréhension indispensable à la réussite. J' ajouterai que ces artistes sont des meilleurs. On ne s'étonnera donc pas du succès qu'ils ont obtenu. Il faut dire aussi que, dès l'abord, l'U. M. F. n'a pas voulu voir trop « grand », elle s 'est contentée de monter un concert de musique de chambre. Certains des initiés penseront avec nous que, cependant, ce n'est pas là chose si simple. Le concert débutait par une Sonatine pour violon et Violoncelle d’Arthur Honegger, œuvre peu jouée, mais qui n'en est pas moins très intéressante et très personnelle. Admirablement interprétée par A. Locatelli au violon et A. Navarra au violoncelle, c'est là une œuvre solide et digne, en tous points, des autres ouvrages bien plus importants de son auteur.

En second, des mélodies de Marcel Delannoy, d'une sensibilité toujours délicate et neuve, et populaires dans le meilleur sens du mot, obtinrent un franc succès, redevable pour une part à Mme Odette Ertaud qui les a fort bien chantées. 

Ensuite, le beau, quintette à vent de Paris joua de Roger Dèsormière des arrangements fort intéressants dans l'esprit de certains airs de danse de la Renaissance. Et trois des musiciens se détachèrent de ce, quintette pour interpréter le Trio si gai et si populaire ce qui n'exclut pas les subtilités dont il fourmille et si trépidant de Georges Auric. Et pour terminer la première partie, Francis Poulenc, dont on connaît le talent d'interprète de ses œuvres, vint nous jouer cinq ou six Pièces pour le piano plus captivantes les unes que les autres. 

Pour la deuxième partie du concert, l'U. M. F. avait voulu choisir une œuvre dont l'importance marquât heureusement les débuts de ses manifestations ; le Socrate d'Erik Satie lui a semblé tout indiqué. On sait les polémiques et les controverses que cette œuvre souleva naguère. Je dirai même qu'aujourd'hui encore, après près de trente ans de recul, il est des personnes qui ne peuvent ou ne savent peut-être pas la comprendre. Socrate n'en reste pas moins d'une pure beauté « linéaire », pourrait-on dire, mais qui risque évidemment de confiner, pour des profanes, à la monotonie. L'œuvre de Satie a été très bien interprétée par Mme Germaine Cernay et M. J. Peyron, et au piano par Elsa Barraine qui, pour sa part, contribua à faire ressortir toutes les beautés de cette musique émouvante. 

Bons débuts, en somme. Souhaitons ardemment que cette jeune association poursuive la tâche qu'elle a si heureusement commencée et pour laquelle, du reste, elle a été créée : obtenir la collaboration étroite entre les interprètes, les créateurs et le public. 

Henry SAUVEPLANE. 




27 juin 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes G. Cernay, Angèlici MM. José Janson, Gaudin, Rousseau
Milhaud Suite provençale (ballet)
Bizet Les Pêcheurs de Perles Mme Lillie Grandval, MM. A. Seguy, Bouvier, L. Morot

28 juin 1939 Paris Opéra-comique
Bizet Djamileh MM Arnoult, Emile Rousseau Mme J. Mattio
Bizet Les Pêcheurs de Perles MM. Séluy, Jeantet, L. Morot Mme Lillie Grandval
Massenet Werther Mmes G. Cernay, Angelici MM. José Janson, Gaudin, Jacques Rousseau
Milhaud Suite provençale (ballet)

29 juin 1939 Paris Opéra-comique
Bizet Djamileh MM Arnoult, Emile Rousseau Mme J. Mattio
Bizet Les Pêcheurs de Perles MM. Séluy, Jeantet, L. Morot Mme Lillie Grandval

11 juillet 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mlles Arguelle, Tiphaine Fenoyer MM. Arnoult, Musy, Vieillie, Pujol

12 juillet 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mmes Arguelle, Tiphaine, Fenoyer MM. Arnoult, Musy, Vieuille, Pujol
Massenet Werther Mmes Germaine Pape, Claudel, ,Legouhy MM. Altéry, Gaudin, Emile Rousseau, Malvasio, Julia

24 août 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé Mlles Odette Turba-Rabier, Tiphaine, Legouhy. Chellet, Gaudinau MM. Louis Arnoult, Clavensy, Emile Rousseau

26 août 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Manon Mlle Bernadette Delprat et M. Louis Arnoult


   L'Opéra-Comique fait relâche les 1er et 2 septembre ; le 3, déclaration de guerre, tout est fermé. Quelques rares spectacles reprennent le 17 septembre, mais l'actualité est autre. 
Désormière est "sans affectation" jusqu'en février 40 et sa mobilisation.

Le Figaro du 17 septembre 1939

23 novembre 1939 Paris Opéra-comique
Gounod Mireille Mireille (Mlles G. Denys, Madeleine Sibille, Gaudinau, Thelin. Danière MM. Bouvier, Guénot, Malvasio, Baldous, Dufont, Paven

25 novembre 1939 Paris Opéra-comique
Delibes Lakmé

7 décembre 1939 Paris Opéra-comique 
Gounod Philémon et Baucis Reprise

Le Ménestrel du 8 décembre 1939 (en vacacance aprés le 14 juillet, ne reprend qu'avec ce numéro au rythme bimensuel)

La Reprise de la Saison Théâtrale

La Saison théâtrale n'a repris, à Paris, que très lentement, et pour ainsi dire au compte-gouttes, en raison surtout des prescriptions de la Défense passive, qui non seulement rendent, le soir, les sorties assez malaisées, mais imposent, dans chaque salle, un contingentement des spectateurs, afin de parer à toute possibilité d'accident en cas de panique et de proportionner le nombre des personnes admises dans la salle aux nombres d'occupants que comportent les abris les plus proches.

En ce qui concerne les scènes de musique, dont l'exploitation comporte des frais écrasants et où une grande partie du nombreux personnel se trouve mobilisé, seuls, les deux théâtres lyriques nationaux (Opéra et Opéra-Comique) ont été à même, grâce à leur importante subvention, de continuer à fonctionner, en représentant exclusivement, bien entendu, des oeuvres du répertoire courant. Les deux théâtres ont d'abord groupé leurs représentations à la Salle Favart, puis le Palais Garnier a fait sa réouverture particulière. Les scènes d'opérettes sont restées fermées jusqu'ici.

(…)

A l'Opéra-Comique, les oeuvres inédites suivantes devaient être représentées : Guignol, opéra-bouffe de MM. Justin Godard et Henri Fabert, musique de M. André Bloch ; Comme ils s'aiment, comédie lyrique de M. Marcel Belvianes, musique de M. André Lavagne ; Sous le Masque, opéra de M. Louis Laloy, musique de M. G. Auric ; Le Coup de Fusil opéra-bouffe en un acte de M. Marcel Belvianes, musique de M. Louis Fourestier ; Pour un Jour d'Été, divertissement en un acte, musique de Mlle Jeanne Leleu; L'Anniversaire de l'Infante, divertissement en un acte de M. Robert Planel ; Catherinette, ballet en un acte de M. Louis Laloy, musique de Mme Henriette Roget.

Les reprises suivantes devaient se succéder :

La Basoche d'André Messager, Philêmon et Baucis de Ch. Gounod, Le Juif Polonais de Camille Erlanger, Fragonard de Gabriel Pierné, Quand la cloche sonnera de M. Alfred Bachelet, La Carmélite de M. Reynaldo Hahn, Le Roi d'Yvetot de M. Jacques Ibert, Riquet à la Houppe de M. Georges Hue, Esther de Carpentras de M Darius Milhaud. L'École des Maris de M. E. Bondeville, Carmosine de M. Henry Février, La Farce du Cuvier de Gabriel Dupont, Le Pays de M. Guy Ropartz, Phryné de Saini-Saëns, Las Toreras de M. Raoul Laparra, qui devait accompagner la 100e de La Habanera.

L'Opéra-Comique accueille aussi des concerts, les Concerts Pasdeloup et l'Orchestre symphonique de Paris notamment.



14 décembre 1939 Paris Opéra-comique

Bruneau Le Rêve      Mlles Denys et Lecouvreur, MM, Altéry Erdreze et L. Guénot

25 décembre 1939 Paris Opéra-comique
Massenet Werther Mmes Bouvier et Angelici MM. Altéry et Gaudin
Letorey Le Sicilien ou L'amour peintre Mlle Thelin MM. Pujol. Herent, Baldous Mlle Juanina Schwarz et le corps de ballet.

   Le Ménestrel du 5 janvier 1940

ÉCHOS ET NOUVELLES

A l'Opéra :

— Marouf de M. Henri Rabaud, dont M. Philippe Gaubert assure la mise au point musicale, sera repris Je 10 janvier, peu de jours après Siang-Sing de M. Georges Hue.

Vers fin janvier vont commencer, sous la direction de M. Charles Dullin, les études scéniques de Médée, adaptation lyrique en trois actes de la tragédie d'Euripide, par Mme Madeleine Milhaud, musique de M. Darius Milhaud (oeuvre commandée en 1938 par l'Etat).

— A l'Opéra-Comique :

Le mois de janvier va être marqué par la reprise de Madame Butterfly et celle de Pelléas et Mélisande, cette dernière avec de nouveaux décors lumineux projetés.

Dans les premiers jours de février, aura lieu la reprise du Chemineau, puis, en février ou mars, celles du Caïd et sans doute de la Peau de Chagrin.

— Serge Lifar s'est embarqué à Marseille pour l'Australie, où il fera une tournée de trois mois avec le ballet du Covent Garden de Londres.


 Le Ménestrel du 26 janvier 1940

A l'Opéra-Comique : Pour le vingtième anniversaire de la mort de Xavier Leroux, le 10 février, on prépare une reprise du Chemineau. Viendra ensuite celle d'Angélique de M. Jacques Ibert, formant spectacle avec Mesdames de la Halle d'Oflenbach et Pour un jour d'été, ballet de Mme Jeanne Leleu.



   Désormière devait donner Lakmé à Liège le 5 mars, il est mobilisé le 16 février 40 ; de retour à Montluçon d'abord comme en 1917, le 21 février 40. Puis il devient infirmier, passe au front le 16 mai, connaîtra la Débacle jusqu'au 25 juin, et sera finalement démobilié le 15 juillet. Il faudra attendre septembre pour Pelléas et Mélisande…



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