années 40 190 concerts l'Opéra-comique, l'Opéra, l'Orchestre national


curriculum vitæ de 1947 pour les années 40

190 concerts, de 40 à 49 : 90 avant la Libération ; de fin 44 à 49, 100


de 40 à 46, 40 représentations de Pelléas et Mélisande


fin 1940 : début de l'Occupation, 
Pelléas et Mélisande et la Pantoufle de vair de Delannoy
Opéra-comique les samedis et dimanches ?

Le Matin du 22 août 1940 

LA REOUVERTURE DE L'OPERA ET DE l'OPERA-COMIQUE 

Après la clôture annuelle, les théâtres lyriques reprennent leur activité normale.

Il a fallu tout d'abord réunir le personnel dispersé.

- Combien avez-vous envoyé de lettres de rappel ?

- Le public parisien sera heureux de retrouver des représentations lyriques. 

- Quel sera le prix des places ?

- Les prix des spectacles populaires, ceux que nous avions tout l'hiver dernier, de 5 à 30 francs. 

- Et le répertoire ?

- D’abord les œuvres françaises célèbres et les chefs-d'œuvre anciens. A l'Opéra Faust, La Damnation de Faust, Thaïs, Salammbô, Alceste, Fidelio, La Flûte enchantée, Don Juan, et des soirées de Ballets qui ont toujours la faveur du public; à l'Opéra-Comique Carmen, Louise, Werther, Mireille, Pelléas. 

- Et les artistes ?

- Toute la troupe :  les artistes des deux théâtres sont tous présents, sauf les prisonniers.


De gauche à droite : Irène Joachim en Mélisande, Germaine Cernay/Geneviève, José Beckmans/Golaud (ici en Judas) 
                     
12 septembre 1940 Paris, Opéra-comique 
Reprise (266ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia (le médecin)…
   

14 septembre 1940 Paris, Opéra-comique ???
Bizet        Les Pêcheurs de perles
Chabrier    Une Education manquée 

En bas, au centre autour du directeur, Jacques Rouché, les chefs Busser, Wolff, Désormière et Bozza. La carte est petite, on indique ici les noms des musiciens quui se lisent mal sous toute réserve. Les musiciens sont 75. De gauche à droite. Ligne du haut : Jadeau, Jurgenson, Lestringant, Berte, Fricquegnon, Coudougnan, Pigassou, Guyot, Périer, Delacroix, Hermans, Dhérin, Clayette. 2ème ligne : Charon, Benedetti, Pascal, Marchésini, Normandin, Crunelle, Caratgé, Manouvrier, Lamorlette, Debondue, Balout, Lenom, Laval. 3ème ligne : Cagnard, Gerling, Vizentini, Schwartz, Birbaum, ???, Jamin, Claveau, Mignot, Guilévitch, Maire, Vuillermoz, Hodin. A gauche des chefs. Ligne du haut : Géo Dupont, Krabensky, Benoit, Pasquier. 2ème ligne : E. Darrieux, Delacourcelle, Barrier, Bas. 3ème ligne : Juste, Lopes, Taine, Ferret. Ligne du bas : (les 2 seules femmes, harpistes peut-être) Mmes Bruquière et Cagnard-Delgado, Ginot, Darrieux. En bas, dans un cercle, Duche, bibliothécaire. A droite des chefs. Ligne du haut : Savoye, Selmer, de Antoni, Vandenbrouck. 2ème ligne : Fontalirand, Boulanger, Laurent, Devemy/Deverny. 3ème ligne : de la Haulle, Migliocini, Dervaux, Delbos. Ligne du bas : Cieutat, A. Dupont, Billard, Vigoureux. (cette liste sous toute réserve)


21 septembre 1940 Paris, Opéra-comique (267ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot  (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Jullia (le médecin)…

29 septembre 1940 Paris, Opéra-comique (268ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Jullia (le médecin)…

12 octobre 1940 Paris, Opéra-comique (269ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin)…
Jean Vieuille prend le rôle du médecin pour un soir

20 octobre 1940 Paris, Opéra-Comique ???
Bizet     Les Pêcheurs de perles
Chabrier    Une Education manquée 

26 octobre 1940 Paris, Opéra-comique (270ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia  (le médecin)…

Le Matin du 9 novembre 1940

2 novembre 1940 Paris, Opéra-comique
Delannoy    La Pantoufle de vair    avec Lydia Bizante, Garnier et Jaladis

12 novembre 1940 Paris, Opéra-comique (271ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia  (le médecin)…

24 novembre 1940 Paris, Opéra-comique (272ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia  (le médecin)…

Henri Etcheverry 
15 décembre 1940 Paris, Opéra-comique (273ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia  (le médecin)…
   1 nouveau : Henri Etcheverry-Golaud


18 décembre 1940 Bordeaux, Grand Théâtre
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia  (le médecin)…


1941 : année Chabrier, 10 fois Pelléas
25 représentations à l'Opéra-comique et l'Opéra, 7 concerts
Opéra-comique les jeudis, samedis et dimanches ?

Le Matin du 18 janvier 1941 pour le centenaire de Chabrier

L'Information musicale de janvier 1941
19 janvier 1941 Paris, Théâtre du Chatelet Concerts Gabriel Pierné
Chabrier Gwendoline, ouverture
Delannoy Intermezzo     Création
Duparc Invitation au voyage       au chant Germaine Cernay (mezzo-soprano)
Duparc La Vie antérieure      au chant Germaine Cernay (mezzo-soprano)
Falla     L'Amour sorcier              
Beethoven IVème Symphonie
Roussel Le Festin de l'araignée
Debussy Nocturnes

16 février 1941 Paris, Opéra-comique (274ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia  (le médecin)…


25 février 1941 Paris Orchestre de la société philharmonique de Paris/de Beaumont
concert Couperin 
Couperin     3 Airs sérieux au chant Paul Derenne
Couperin     4ème Concert royal
Couperin     Les Folies françaises ou les Dominos    divertissement dansé par les élèves de l'école de l'Opéra, réglé par Mauricette Cébron, costumes de Jean Hugo
Couperin     Musettes de Choisi et de Taverni
Couperin     Pièces d'orgue     à l'orgue Maurice Duruflé

article de Marcel Delannoy

Musique

Dieux et fétiches

MARDI 25 février a eu lieu le concert inaugural du Centre d’échanges artistiques et de culture française dont on doit l'initiative au comte Etienne de Beaumont. Celui-ci a consacré aux arts modernes d'entre-deux-guerres les soins les plus généreux et les plus éclairés. Dans le merveilleux salon de la rue Duroc, qu'il vient de mettre à la disposition de la musique, se sont nouées de précieuses amitiés artistiques et mondaines que la tourmente n'a point compromises, sorte d'académie ésotérique qui, pendant vingt ans, préféra rompre avec l'humain plutôt que d'abandonner l'art au vulgaire. 

Aussi bien, le Centre d'échanges semble vouloir élargir ce dessein. Il convient de l’accueillir avec sympathie et de lui faire confiance pour que les fenêtres du salon fameux s'ouvrent toutes grandes au souffle impérieux de la vie. En attendant, et puisque notre pays est au premier chef celui des musiciens de cour. reconnaissons la qualité du premier, concert, consacré à Couperin-le-Grand. Des orgues précieuses furent mises en action par Duruflé, l’excellent organiste de Saint-Etienne-du-Mont. Paul Derenne nous proposa trois airs sérieux un peu longuets et anémiques, qu'on ne saurait discerner de l'abondante production de cette époque. Mais le quatrième Concert royal est une splendeur de l'art français de tous les temps. Le « clou » de la soirée. était constitué par un divertissement habilement orchestré et dirigé par Roger Desormiëres, et dansé par les  petits rats ». Ce dessert raffiné avait été préparé par Mlle Cebron, sur les indications (?) de M. Ristelhueber, explique le luxueux programme illustré par Mme Valentine Hugo. On applaudit ainsi le défilé des « Folies françaises » (Virginité, Pudeur, Ardeur, Espérance, etc ... ) dans les dominos charmants imaginés par Jean Hugo. 

(…)



Concerts de Beaumont 1941/42

27 février 1941 Paris Orchestre de la société philharmonique de Paris/de Beaumont
concert Couperin pour les étudiants des universités de Paris
Couperin     3 Airs sérieux au chant Paul Derenne
Couperin     4ème concert royal
Couperin     Les Folies françaises ou les Dominos     divertissement dansé par les élèves de l'école de l'Opéra, réglé par Mauricette Cébron, costumes de Jean Hugo
Couperin     Musettes de Choisi et de Taverni
Couperin     Pièces d'orgue     à l'orgue Maurice Duruflé


16 mars 1941 Paris, Opéra-comique (276ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Louis Guénot (Arkel), Christiane Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia  (le médecin)…


24 mars 1941 Paris, salle de l'ancien Conservatoire Centre d'échanges artistiques et de culture française Orchestre de la société philharmonique de Paris/de Beaumont
Rameau/Désormière Les Paladins
Poulenc Aubade        au piano Francis Poulenc
Chabrier Fish ton camp (Verlaine)    création        au piano Francis Poulenc    au chant Germaine Cernay, Lucienne Tragin, Roger Bourdin et Paul Derenne
Chabrier Vaucochard et fils (Verlaine) création        au piano Francis Poulenc    au chant Germaine Cernay, Lucienne Tragin, Roger Bourdin et Paul Derenne
Stravinsky Pulcinella           1er violon-solo René Benedetti, violon Albert Locatelli, alto Henri Benoit, violoncelle Paul Tortelier, contrebasse Edouard Nany, trombone André Lafosse


25 mars 1941 Paris, salle de l'ancien Conservatoire Centre d'échanges artistiques et de culture française Orchestre de la société philharmonique de Paris/de Beaumont
reprise pour les étudiants des universités de Paris
Rameau/Désormière Les Paladins
Poulenc Aubade        au piano Francis Poulenc
Chabrier Fish ton camp (Verlaine)          au piano Francis Poulenc    au chant Germaine Cernay, Lucienne Tragin, Roger Bourdin et Paul Derenne
Chabrier Vaucochard et fils (Verlaine)        au piano Francis Poulenc    au chant Germaine Cernay, Lucienne Tragin, Roger Bourdin et Paul Derenne
Stravinsky Pulcinella           1er violon-solo René Benedetti, violon Albert Locatelli, alto Henri Benoit, violoncelle Paul Tortelier, contrebasse Edouard Nany, trombone André Lafosse

Le Matin le 9 avril 1941

Demain jeudi matinée et soirée. OPERA-COMIQUE. La distribution de l'Etoile, de Chabrier dont la première représentation sera donnée demain jeudi, est la suivante Mlle Fanely Revoil. Lazuli, Mlle (Lily) Grandval, Laoula Mlle Madeleine Mathieu, Aloès M. (René) Hérent. Ouf 1er M. (Alban) Derroja. Hérisson M. (André) Balbon. Siroco M. (René) Bonneval, Tapioca M. Payen, chef de la police M. Dupont. maître des requêtes. M. Roger Désormière conduira l'orchestre.



10 avril 1941 Paris, Opéra-comique 2 représentations
Centenaire de la naissance d'Emmanuel Chabrier
Chabrier L'Etoile     Création à l'Opéra-Comique     avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeanne Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval (distribution du disque)

chab l'étoile.mp4

Quelques pages du livret des disques


Fanély Revoil





René Herent et Jeanne Mattio
Lucie Thélin et Roger Désormière




Le Petit Parisien du 13 avril 1941

(…) Quant au chef d'orchestre, Roger Désormière, il a merveilleusement conduit une des œuvres les plus parfaites d'Emmanuel Chabrier, le grand musicien, au génie bien français.

Charles Quinel.

Le Matin du 16 avril 1941

17 avril 1941 Paris Société d'instruments à vent Fernand Oubradous/de Beaumont
Gounod    Symphonie d'Instruments à vent
Ibert Quintette
Stravinsky Octuor
Stravinsky Pastorale
Schmitt Quatuor     Création

Le Matin du 19 avril 1941
19 avril 1941 Paris, Opéra-comique
Chabrier L'Etoile avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ?




à gauche  : Jacques Jansen
à droite Henri Médus



20 avril 1941 Paris, Opéra-comique (277ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Henri Médus (Arkel), Paule Touzet (Yniold), Gabriel Jullia (le médecin)…
   1ère de Jacques Jansen qui remplace André Gaudin, Musy 1ère et unique Golaud,  Christiane Gaudel disparaît, remplacée par Paule Touzet, Henri Médus nouvel Arkel

Le Matin du 23 avril 1941

du 24 avril au 26 mai 1ers enregistrements de Pelléas et Mélisande


 30 avril 1941 Paris, Opéra-comique RD ???
Centenaire de la naissance d'Emmanuel Chabrier
Chabrier L'Etoile     avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ???

1er mai 1941 Paris, Opéra-comique RD ???
Centenaire de la naissance d'Emmanuel Chabrier
Chabrier L'Etoile     avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ???

Le Matin du 3 mai 1941
4 mai 1941 Paris, Opéra-comique RD ???
Centenaire de la naissance d'Emmanuel Chabrier
Chabrier L'Etoile    avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ???


13 mai 1941 Paris, Opéra-comique RD ???
Centenaire de la naissance d'Emmanuel Chabrier
Chabrier L'Etoile     avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ???

17 mai 1941 Paris, Opéra-comique (278ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande    avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Guénot (Arkel), Paule Touzet (Yniold), Gabriel Jullia  (le médecin)…

27 mai 1941 Paris, Opéra-comique
Delvincourt Bal vénitien (ballet)     Création à l'Opéra-Comique     Chorégraphie Constantin Tcherkas Décors et costumes d'après les maquettes de Jannot  Lydia Byzanti (Lélio), Guidez (Sylvio), Pilleyre (la Commère), Constantin Tcherkas (Arlequin), Ancelin (Pantalon), Christian Foye (Léandre)

Désormière : Le Bal vénitien.mp4




Le Matin du 30 mai 1941
3 juin 1941 Paris, Opéra-comique RD ???
Centenaire de la naissance d'Emmanuel Chabrier
Chabrier L'Etoile      avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ???

8 juin 1941 Paris, Opéra-comique (281ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande    avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Guénot (Arkel), Paule Touzet (Yniold), Jean Vieuille (le médecin)…


14 juin 1941 Paris, Opéra-comique RD ???
Centenaire de la naissance d'Emmanuel Chabrier
Chabrier L'Etoile     avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ???

21 juin 1941 Paris, Opéra-comique RD ???
Centenaire de la naissance d'Emmanuel Chabrier
Chabrier L'Etoile     avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ???

2 juillet 1941 Paris, Opéra-comique    (ou Louis Fourestier ?)
Grovlez La Princesse du jardin     Création        avec Lycette Darsonval (la Princesse), Serge Peretti (l'Iris) et Efimoff (Le Solitaire) ; chorégraphie de Serge Lifar ; argument d'Emile Vuillermoz ; décor et costumes de Paul Bony

27 juillet 1941 Paris, Opéra
Adam Giselle (200ème représentation)   Ballet de l'Opéra : Lycette Darsonval (Giselle), Yvette Chauviré (Reine des Wilis), Charrier (Bathilde), Kergrist et Paulette Dynalix (Willis), Thuillant (la mère,) Serge Lifar (Albert), Ponti (Hilarion), Sauvageot (le Prince), Nicolas Efimoff (l'Ecuyer)

3 août 1941 Paris, Opéra
Hüe     Siang-Sin     Ballet de l'Opéra
Delibes Coppelia     Ballet de l'Opéra

9 août 1941 Paris, Opéra
Delibes Coppelia     Ballet de l'Opéra avec Solange Schwartz
Adam Giselle     Ballet de l'Opéra avec Lycette Darsonval, Serge Lifar, Yvette Chauviré

© Archives Erik Satie
23 septembre 1941 Paris, Centre d'échanges artistiques & de culture française
Gervaise (orchestrées par Elsa Barraine et Louis Laloy)     Danceries
Françaix     L'Apostrophe (Honoré de Balzac)    au chant Marie-Blanche de Polignac (la Tascherette), Pierre Bernac (le Taschereau), Paul Derenne (Carandas)
Markevitch    Laurent le magnifique     dirigé par Igor Markrvitch



En une du Matin du 26 septembre 1941

27 septembre 1941 Vichy, Grand Casino Ballet de l'Opéra de Paris
Gala de bienfaisance au profit des prisonniers de guerre coloniaux en présence de Pétain
Beethoven Prométhée            Danse : Chauviré, Lifar, Efimoff
Delibes Sylvia (suite)            Danse : Schwarz, Lifar, Efimoff
Chabrier Suite pastorale
Samuel-Rousseau     Entre deux rondes            Danse : Schwarz, Lifar, Efimoff
Chopin Suite romantique        Danse : Chauviré, Lifar
Bizet Jeux d'enfants
Brahms Danse hongroise        Danse : Lifar

   Désormière, le Vichyssois, retrouve sa vile natale et le Grand-Casino dont il est né à l'ombre. Après l'invasion de l'URSS, le Communiste Désormière donne peut-être aussi des gages avec ce concert devant Pétain et celui avec Cortot, mais pour 2 bonnes causes qui ne l'engagent pas plus que ça, les prisonniers de guerre coloniaux et le Secours national.
1er octobre 1941 Paris, Opéra 
Delibes Coppelia 600ème représentation    avec Solange Schwarz (Swanilda), Bardin (Franz), Lascar (Coppelia), Nicolas Efimoff (Coppeiius), Petit (le Bourgmestre), Roger Ritz (le Seigneur), Guylaine, Sauvageot, Fenonjois (les Automates)

les 6, 8, 9, 13, 16 et 18 octobre 2ème série d'enregistrements de Pelléas et Mélisande

2 novembre 1941 Paris, Opéra-comique (277ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Vieuille (Arkel), Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia (le médecin)…

OPERA-COMIQUE. L'Opéra-Comique reprendra dimanche prochain en soirée. l'Etoile, de Chabrier, l'un des plus grands succès de la saison précédente, tant au point de vue de la mise en scène que de Ia musique et du chant. 

Le Matin du 4 novembre 1941

7 novembre 1941 Paris, Opéra Orchestre de la Société philharmonique de Paris concert donné au profit du Secours national par Alfred Cortot
Fauré Ballade pour piano et orchestre     Alfred Cortot au piano
Franck Variations symphoniques             Alfred Cortot au piano
Ravel Concerto pour la main gauche     Alfred Cortot au piano
Saint-Saëns Concerto pour piano n°4 Alfred Cortot au piano

9 novembre 1941 Paris, Opéra-comique
Chabrier L'Etoile avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ???

15 novembre 1941 Paris, Opéra-Comique (282ème représentation)
Debussy Pelléas et Mélisande    avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Vieuille (Arkel), Gaudel (Yniold), ? (le médecin)…


16 novembre 1941 Paris, Opéra
Samuel-Rousseau     Entre deux rondes Solange Schwartz, Serge Lifar

17 novembre 1941 Paris, Opéra
Samuel-Rousseau     Entre deux rondes Solange Schwartz, Serge Lifar

17 novembre, ultimes enregistrements de Pelléas et Mélisande

L’Atelier du 6 décembre 1941

LA MUSîQUE

S’il se refuse à avoir des projets

Roger Désormière

a pourtant du bon travail en perspective

Prix Blumenthal de composition, membre du groupe des musiciens d’Arcueil qui entouraient Satie, chef d’orchestre de Serge de Diaghilew, Roger Désormière a donné des concerts dans l’Europe entière et notamment en Allemagne et en Belgique. 

Après avoir vu L'Etoile qu’il dirige actuellement à l’Opéra-Comique, je m’étais promis de venir lui demander ses projets. 

Et me voici à sa recherche dans les coulisses du théâtre. Ma conviction est faite : je tombe mal. On répète. J'éprouve la pénible Impression du jeune soldat qui cherche le magasin d’habillement de sa compagnie, Je me perds une dizaine de fois dans les multiples couloirs, frappant à toutes les portes, au nasard… 

Ah ! Enfin, c'est lui. Il s'excuse, il n'a pas le temps. D'ailleurs, il n'a rien à dire, Des projets ? Il n'en a pas. Il travaille, c'est f tout. J'insiste. Eh bien, voilà. 

A l'Opéra-Comique, il dirige « L'Etoile » et « Pelléas et Mélisande » qu'il a enregistré intégralement en 20 disques pour « La Voix de son Maitre ». 

Avec Alfred Cortot, il va reconstituer l'Orchestre Phllharmonique de Paris. Il donnera trois concerts par semaine, au Palais de Chaillot. Innovation intéressante, deux de ces concerts seront réservés. l'un aux étudiants - le jeudi - et l’autre aux travailleurs, le dimanche matin à 11 heures, comme cela se fait en Allemagne. 

Les programmes seront établis de façon à grouper les compositeurs suivant leurs affinités. Un musicien sera chargé de la présentation. Exemple Concert : Franck, Strawinsky, Honegger, présenté par Honegger. 

Cette formule, qui fut l'an dernier celle des concerts-causeries du Théâtre des Mathurins, obtiendra, je crois, un grand succès. Particulièrement, les concerts destinés aux travailleurs devront bénéficier d'un grand effort de propagande. Une initiative aussi hardie, la première de ce genre en France, ne doit pas souffrir de la médiocrité des moyens financiers. Elle mettra en échec les cuistres qui préservent la musique à l' « élite » et consacrera une fois de plus le grand talent et la conscience artistique de Roger Désorrntère. 

Jacques PARROT.

 


Semaine Mozart du 30 novembre au 7 décembre

6 décembre 1941 Paris, Opéra-comique Reprise
(7ème représentation aprés 1937)
Mozart L'Enlèvement au sérail     Solange Delmas, Odette Turba-Rabier, Rouquetty, Claverie, Malvasio, Lioté



18 décembre 1941 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Vieuille (Arkel), Gaudel (Yniold), Jullia (le médecin)…

24 décembre 1941 Paris, Opéra-comique
Chabrier L'Etoile avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ?


1942 : 24 concerts et représentations


13 janvier 1942 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande            avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jullia (le médecin)…


 Le Petit Parisien du 23 janvier 1942 




29 janvier 1942 Paris, Opéra-comique
Mozart L'Enlèvement au sérail (vf)        Solange Delmas, Odette Turba-Rabier, Rouquetty, Claverie, Malvasio, Lioté ?

30 janvier 1942 Paris, Opéra-comique
Chabrier L'Etoile avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ?

31 janvier 1942 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Vieuille (Arkel), Gaudel (Yniold), Jullia (le médecin)…

Le Matin du 4 février 1942
8 février 1942 Paris, Opéra-comique
Chabrier L'Etoile avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ?

15 février 1942 Paris, Opéra-comique  1ère Carmen RD
Mozart L'Enlèvement au sérail (8ème représentation)    Solange Delmas, Odette Turba-Rabier, Rouquetty, Claverie, Malvasio, Lioté
Bizet Carmen Hélène Bouvier, Altéry           

19 février 1942 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Vieuille (le médecin)…

Le Temps du 3 mars 1942

Pellêas et Mélisande en vingt disques

Pellêas et Mélisande, l'un des sommets de l'art lyrique, enrichit désormais l'édition phonographique. L'enregistrement intégral d'un tel ouvrage est déjà malaisé en période normale. L'avoir réalisé et pleinement réussi dans les circonstances présentes en surmontant maintes difficultés, ajoute encore au mérite de M. Jean Bérard, animateur de la « Voix de son maître ». C'est avec les soins les plus minutieux et sans ménager les répétitions que Pellêas et Mélisande fut gravé sur cire. Tous les problèmes qui se posaient pour reproduire sans altération une musique si pure et subtilement nuancée, de même que pour exécuter un découpage judicieux d'une œuvre qui se prête si peu au morcellement, furent résolus grâce au talent et à la foi de ceux qui dirigèrent cette entreprises ou y participèrent. M. Louis Beydts, qui assuma avec compétence et adresse la direction artistique le chef d'orchestre Roger Désormière, qui assura comme à son pupitre de l'Opéra-Comique, une interprétation fidèle à l'esprit debussyste, M. G. Viseur, le chef de chant, naguère l'un des collaborateurs les plus appréciés de Debussy, et les interprètes Mlles Irène Joachim (Mélisande), Germaine Cernay (Geneviève), Leila Ben Sedira (Yniold), MM. J. Jansen (Pelléas), Etcheverry (Golaud). P, Cabanel (Arkel), Narçon (un médecin), conférèrent à cette œuvre exceptionnelle, si marquante dans l'histoire de la culture française, toute sa signification. Cette présentation de Pelléas et Mélisande, tremplin du rêve et expression de bien des aspirations secrètes, permet de percevoir toutes les beautés de la partition et du poème.

Aujourd'hui, c'est parmi les pièces les plus précieuses de toutes les discothèques que, grâce à ce remarquable enregistrement. se place l'œuvre de Debussy, et Pelléas et Mélisande pénètre dans i bien des foyers, y créant une réconfortante atmosphère poétique et enchanteresse dans laquelle se complaisent l'esprit et le cœur. Ces vingt disques constituent également, à l'étranger, autant d'ambassadeurs convaincants du génie français. 

M. Le B.


8 avril 1942 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), ? (Arkel), ? (Yniold), ? (le médecin)…

5 mai 1942 Paris, Opéra-comique chef d'orchestre Francis Cébron
Le Flem    Le Rossignol de Saint-Malo        Création     opéra-comique en un acte,  Jacques Rouché met en scène, livret de Gandrey-Rety     avec Irène Joachim, Raymond Malvasio, Emile Rousseau
Désormière dans une lettre à Paul Collaer annonçait qu'il était chargé de la création de cette œuvre…


Le Matin du 7 juin 1942

A l'Opéra-Comique 

Le Rossignol de Saint-Malo 

L'Opéra-Comique vient d'enrichir son répertoire on peut le dire dès aujourd'hui d'une page d'une qualité rare, spirituelle, légère; et mise eh scène avec un à-propos exquis. Le Rossignol de Saint-Malo semble, pour son décor et ses gestes, échappé de quelques Riches Heures, c'est une enluminure de haut goût sur un texte de qualité.

La musique de Paul Le Flem, ingénleuse, pleine-d'une fantaisie où les timbres se jouent à plaisir, est d'une tenue exceptionnelle c'est l’œuvre d'un maître musicien, probe .sans raideur, Joyeux avec finesse, une œuvre, d'intelligence, de verve et d'autorité souriante, une belle oeuvre qui restera. Nous avons dit que décor et costumes étaient particulièrement heureux ; leurs maquettes sont de M. Noury. Ils forment un cadre de choix à Mlle Irène Joachim, charmante Agenor, MM: Rousseau, plaisant Jacquemin et Malvasio, servant d'Amour dessiné par un imagier. D'aimables commères, Mmes Drouot, Legouly, Lecouvreur, animent le tableau de leurs commentaires harmonieux.

Au pupitre, M. Francis Cebron a su donner à la partition tout le relief désirable et le publlc, car il faut le, nommer aussi, .quelquefois, quand il ne se trompe pas a montré son sens de 1a qualité en réclamant l'auteur avec suffisamment d'insistance pour forcer la discrétion de celui-ci. P. d'A.


Lettre de Désormière a Paul Collaer le 27 décembre 1941 

Cher Paul, 

(…)

J'ai beaucoup à faire. Je dirige à l'Opéra-Comique : L'Etoile, Pelléas, L'Enlèvement au sérail et je monte une opérette de Delannoy et un court ouvrage charmant de Le Flem Le Rossignol de St-Malo.

(…)


Le Matin du 6 mai 1942
8 mai 1942 Paris, Opéra-comique
Chabrier L'Etoile avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ?

22 mai 1942 Paris, Opéra-comique 
40 ans de la création de Pelléas (30 avril 1902)
    Nouveau décor de Paul Lavallay - Nouvelle mise-en-scène de Jean Mercier 
Jean Vieuille est le neveu de Félix Vieuille, le créateur d'Arkel 
Debussy Pelléas et Mélisande    avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

28 mai 1942 Paris, Opéra-comique 
Debussy Pelléas et Mélisande    avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…


7 juin 1942 Paris, Opéra-comique 
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
Etcheverry étant souffrant c’est M. José Beckmans qui le remplace (Golaud).

Le Temps du 28 mai 1942
Le Temps du 10 juin 1942

8 juin 1942 Paris Opéra
Chopin/Messager/Vidal    Scènes de danses    200ème représentation    avec Suzanne Lorcia et Serge Peretti

11  juin 1942 Paris, Opéra-comique
Ravel Ma mère l'Oye Création à l'Opéra-comique     chorégraphie de Constantin Tcherkas    Lydia Byzanti, Simone Garnier, Christine Anne, Constantin Tcherkas


16 juin 1942 Paris, Opéra-comique  RD ou Francis Cébron ?
Le Flem    Le Rossignol de Saint-Malo 

30 juin 1942 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

25 juillet 1942 Paris, Opéra-comique Soirée Delannoy
Delannoy Ginevra        Création     Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant    danse Christine Annie    décors et des costumes de Chapelain-Midy    mise en scène de Jean Mercier
Delannoy Philippine

Désormière : Ginevra.mp4


Le Matin du 15 juillet 1942

Le Matin du 25 juillet 1942

M. Marcel Delannoy nous parle de « Ginevra » dont la générale a eu lieu hier à l'Opéra-Comique

Nous avons pu joindre, hier, M. Marcel Delannoy au moment qu'il sortait ne l'Opera-Comique, où il venait d'assister à la dernière répétition de travail de Ginevra, dont il est l'auteur pour la musique, tandis que M. Julien Luchaire en a écrit le livret.

Quel dommage, nous a-t-il dit, que M. Julien Luchaire, retenu ailleurs par des soucis impérieux, n'ait pu être là, Il eût été content.

Et M. Marcel Delannoy à qui l'on doit dé,ià le Poirier de misère, le Fou de ia dame, Pantoufle de vair et Philippine de nous parler longuement de Ginevra. Elle nous a été commandée par l'Etat, en 1938. Le livret en a été tiré d'un conte de Boccace, intitulé l'Imposteur confondu. C'est une interprétation très libre de ce conte. Le rôle de Ginevra est tenu par Mlle Irène Joachim, qui s'y montre tout à fait charmante. Nos interprètes sont, d'ailleurs, tous à complimenter : MM. Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier. Et Mlle Christine Annie, qui danse adorablement.

Nous avons entr'aperçu de fort beaux décors et des costumes qui ne l'étaient pas moins. Ils ont été exécutés d'après les maquettes de Chapelain-Midy. La mise en scène est de M. Jean Mercier.



Le Matin du 28 juillet 1942

LA deuxième représentation de Ginévra opéra-comique de MM. Delannoy et Julien Luchaire, qui devait avoir lieu ce soir à l'Opéra-Comique, est reportée à une date ultérieure, ce soir la Tosca. La direction de l'Opéra-comique fait savoir que les billets de service concernant la deuxième de Ginévra ne seront pas acceptés.

Marcel DELANNOY - Ginevra (extraits)

Orchestre de l'Opéra-comique avec Irène Joachim, Maria Angelici, Eliette Scheneberg et Henry Etcheverry, Paul Derenne, Pierre Gianotti, Camille Maurane

Enregistrement réalisé à Paris les 7 et 9 juin 1943. 78t : Pathé PDT 76/8 (CPTX 542 à 547)
CD : Dante Lys 322


8 août 1942 Paris Opéra
Chopin/Messager Suite de danses Ballet de l'Opéra (200ème représentation)
Poulenc Les animaux modèles     Création Ballet de l'Opéra : Suzane Lorcia (La Cigale, la Mort), Solange Schwartz (la Fourmi, la Poule), Yvette Chauviré (Elmire), Serge Lifar (le Lion amoureux, le Coq noir), Serge Peretti (le Coq blanc), Nicolas Efimoff (l'Ours, le Bûcheron)
Décors et costume de Brianchon - Chorégraphie de Serge Lifar

   Le Temps du 18 août 1942

LA MUSIQUE A PARIS

GINEVRA A L'OPÉRA-COMIQUE  LES ANIMAUX MODÈLES  A L'OPÉRA

par GUSTAVE SAMAZEUILH

L’OPÉRA-COMIQUE doit être loué d'avoir mis à la scène, dès son achèvement, l'oeuvre importante d'un des mieux doués des représentants de la plus jeune génération de nos musiciens français. Dès le Poirier de misère, joué salle Favart,  voici une quinzaine d'années, M. Marcel Delannoy avait montré, avec encore de l'inexpérience et des influences bien explicables, des qualités sympathiques de fraîcheur et d'accent qui l'avaient signalé à notre attention. Elles s'étaient affirmées d'incontestable façon dans ses divertissements chantés et dansés : le Fou de la dame, la Pantoufle de vair, et la charmante Philippine dont le passage à la Comédie des Champs-Elysées pendant l'exposition de 1937 fut, au gré de beaucoup, trop bref. Divers ouvrages, comme sa Symphonie, son Quatuor à cordes, sa Sérénade concertante pour violon et orchestre, lui ont permis aussi de marquer sa place en bon rang dans le domaine du concert et de manifester un indiscutable tempérament qui n'a peut-être pas encore entièrement donné sa mesure. Même ceux qui peuvent discuter la conception et certains aspects un peu fragmentés du style de Ginevra ne lui refuseront pas, j'imagine, des mérites de vie et de mouvement essentiels dans une oeuvre lyrique.

Le livret, tiré par M. Julien Luchaire de sa comédie Boccace, conte 19, nous transporte dans l'ambiance fastueuse du moyen âge. Au premier acte, de riches marchands génois, Bernabo, Lapo Ambrogio et Gino, festoient à Paris chez la belle Catherine. Poussés par un astucieux personnage dénommé le Cocu du quartier, ils soupçonnent leurs épouses d'en faire autant à Gênes. Seul  Bernabo n'hésite pas à tenir le pari, proposé par Ambrogio, que, même si sa femme apprenait sa conduite, elle lui resterait fidèle. Au second acte, Ambrogio est venu à Gênes pour tenter l'épreuve auprès de la belle Ginevra, qui longtemps lui résiste, mais finit par lui donner un rendez-vous pour le lendemain. Grâce à un stratagème inventé par son ami Cecco, il pénètre même dans la chambre où elle dort et la contemple, émerveillé, en respectant son repos. Parmi les vêtements épars il emporte seulement une ceinture, grâce à laquelle, à l'acte suivant, qui se passe au bord de la mer, il met le comble à l'anxiété de Bernabo, enfin survenu pour connaître son sort. Ginevra, éplorée, apprenant à son tour la vérité, s'oublie dans les bras de Lapo et de Guido. Alors un divertissement italien, exécuté par l'orchestre comme intermède, nous remet « dans l'esprit de la farce ». Le Cocu du quartier, déguisé en grand eunuque, vient nous expliquer que Ginevra, ravie par les pirates, se cache à la cour du sultan d'Acre sous la cotte de mailles d'un capitaine des gardes. Ce qui nous vaut une scène orientale mouvementée au cours de laquelle Ginevra, quoique entourée du désir de tous, finit par rester à son époux, tandis qu'Ambrogio repart pour Paris en quête d'une nouvelle aventure.

Un peu copieux peut-être en certaines de ses parties, et comportant, dans la conduite de l'action, des redites auxquelles il semble nécessaire de remédier, le livret de Ginevra convient, somme toute, à l'expression musicale et au dessein qu'avait ici, de son propre aveu, M. Marcel Delannoy d'écrire un opéra-comique dans la tradition mozartienne ou rossinienne. Je lui sais pour ma part un gré particulier d'avoir su, la plupart du temps, affronter à son avantage, et parfois d'une façon heureuse et. neuve, les multiples tournants dangereux de l'alternance du chant et du dialogue parlé. Je n'en veux pour preuve que les diverses interventions - et en particulier la dernière - du Cocu du quartier. De même que, naguère, le Fou de la dame était tout pénétré des rythmes du blues, ce sont ceux, langoureux et séducteurs, de la rumba qui imprègnent la partition de Ginevra, lui donnent sa saveur et, si j'ose dire, son odeur particulières.

Sans méconnaître ni le soin avec lequel sont traitées les scènes comiques du premier tableau, qui gagneraient, je l'ai déjà dit, à être allégées, ni l'accent sincère et direct des scènes d'action sentimentale, c'est dans les tableaux d'évocation poétique que la nature de M. Marcel Delannoy me paraît se manifester avec le plus de bonheur, et trouver sans effort son langage le plus personnel. Le tableau de la cour d'amour de Ginevra à Gênes, celui de la foire d'Acre, mélangent les expansions lyriques, les choeurs, la danse, les saillies comiques avec une adresse harmonieuse, qui a certes son prix, et assurera, il faut le souhaiter, à Ginevra la faveur durable des habitués de l'Opéra-Comique. Rien n'a été négligé par la direction pour leur présenter sous son meilleur jour l'ouvrage de MM. Luchaire et Delannoy. Mme Irène Joachim est, une Ginevra dont la vertu finale est d'autant plus méritoire que ses multiples prestiges personnels sèment les tentations sur sa route. Mme Eliette Schenneberg donne, avec son beau timbre de mezzo un singulier relief au rôle épisodique de la nourrice. M. Etcheverry montre de l'autorité et de la classe dans le personnage d'Ambrogio. MM. Bouquetty, Bonneval, Giovanetti l'entourent avec des fortunes diverses. M. Jean Vieuille est un sultan replet et nonchalant à souhait. Mme Turba-Rabier et M. Paul Derennes vocalisent avec art. M. Derroja est un Cocu du quartier plein, d'à-propos et d'esprit. M. Roger Désormière conduit son orchestre et ses choeurs avec un soin nuancé dont il faut lui faire honneur. La mise en scène de M. Jean Mercier s'inscrit sans heurts dans des décors de M. Chapelain-Midy dont le deuxième et le dernier, en particulier, par leurs lumineuses atmosphères, sont d'heureuses réussites.

De même que l'Opéra-Comique avait représenté Ginevra à la veille de sa fermeture annuelle, l'Opéra nous a offert, quatre jours avant la fin de saison de ballets, un nouveau divertissement dansé, les Animaux modèles, dont M. Serge Lifar a signé la chorégraphie et M. Francis Poulenc la musique. Ce seul fait prouve qu'en ce moment il n'est pas de morte-saison sur notre première scène lyrique. Comme on pouvait s'y attendre, le ballet de M. Poulenc forme avec celui de M. Werner Eck, Joan de Jarissa, dont je vous ai entretenus dernièrement, un contraste marqué. Son argument transpose librement six fables de La Fontaine : l'Ours et les deux compagnons, la Cigale et la fourmi, le Lion amoureux, l'Homme entre deux âges et ses deux maîtresses, la Mort et le bûcheron, les Deux coqs, entre deux épisodes familiers, le Petit jour et le Repos de midi, qui leur servent de cadre au XVIIe siècle, en Bourgogne, dans l'atmosphère champêtre d'une matinée de printemps.

Certains bons juges sont tentés de regretter parfois que M. Francis Poulenc, dont nul ne méconnaît, je pense, les dons de musicalité spontanée, ne paraisse pas plus soucieux, à mesure qu'il avance dans sa carrière, d'élargir son champ d'action. Il leur répondra sans doute, non sans raison, qu'il est le meilleur juge de sa route, de ses possibilités, et que. mieux vaut réussir une fois de plus ce que l'on conçoit naturellement que s'engager dans des chemins plus ardus, et qui, je le reconnais, ne sont plus guère fréquentés aujourd'hui. Il fut un temps, pourtant, où la danse considérait comme un honneur de servir la poésie et la musique au lieu de les soumettre, parfois avec quelque désinvolture, à ses volontés et à ses caprices. Au lieu de s'imposer en conquérantes, les suggestions de la plastique, voire même de la culture physique, aimaient à s'accorder avec celles de l'expression sensible et du geste eurythmique... Ainsi sont nées, et pourraient paître encore, de grandes œuvres...

Aux jours actuels, où tant de personnes plus ou moins qualifiées dissertent sur la musique et la danse, il était naturel que, dans les discussions soulevées sur leurs droits éventuels, la première se vît attribuer tous les torts et que les partitions chorégraphiques, qui prétendaient en défendre avec éclat la souveraineté, dont l'élaboration nécessite d'ailleurs une maîtrise technique et une hauteur de visées qui ne sont pas données à tous, aient été reléguées dans une ombre passagère au profit de divertissements de portée volontairement plus restreinte. Au moins celui que nous dispensent les Animaux modèles est-il, en son ensemble, fort agréable et de bon aloi. Sans doute le lien entre les fables célèbres et le spectacle n'apparaît-il pas toujours de façon péremptoire aux yeux du spectateur. Mais du moins s'agit-il d'une chorégraphie qui modernise avec une subtile ingéniosité l'esprit de la tradition classique. Dans sa partition, M. Francis Poulenc ne manque pas de déployer ses qualités de franchise et de séduction., d'y montrer sa fidélité à des maîtres bien choisis. Peut-être son instrumentation soignée, et même heureusement évocatrice, comme dans les épisodes de l'Ours et des Coqs, fort bien venus, est-elle un peu dense pour la nature des thèmes. Peut-être aussi la carrure de ses rythmes gagnerait-elle par endroit à, un peu plus de diversité. Tels quels, les Animaux modèles n'en constituent pas moins un spectacle que le public de l'Opéra a paru fort apprécier, et qui est mis en valeur par une interprétation de choix. On peut trouver Mlle Lorcia un peu anguleuse en Cigale, Mais elle ne danse pas sans expression les pas de la mort dans la Mort et le bûcheron. Mlle Solange Schwarz semble d'abord un peu gênée par un costume de Fourmi peu seyant. Mais elle est ensuite, comme bien vous pensez, la plus sémillante parure de l'essaim de poules de luxe constitué par le deuxième quadrille, pour les charmes duquel on comprend, je vous assure, que MM. Serge Lifar et Serge Peretti, coqs de haute lignée, se prennent violemment plus qu'aux becs l En Elmire, Mlle Yvette Chauviré nous dispense ses savoureux prestiges. L'Ours de M. Efimoff a fait la joie de la salle. Dans les ensembles variés la troupe bondissante et légère que vous savez entoure avec grâce, et entrain les protagonistes. A l'orchestre, M. Roger Désormière tient le bâton du chef avec une intelligente précision.



Les concerts du dimanche organisés par la Ville de Paris reprendront le 6 septembre (dans la capitale et en banlieue).

Durant le premier semestre de l'année l'inspection générale des beaux-arts de la Ville de Paris avait organisé dans des salles de Paris et de la banlieue, une série de concerts populaires du dimanche destinés, d'une part, à fournir au public le moyen de suivre d'excellentes auditions à des conditions de prix fort modiques et sans devoir effectuer de longs déplacements pour se rendre au concert et, d'autre part, à affirmer que la Ville témoigne à l'art musical autant qu'aux arts plastiques une sollicitude vigilante.

Devant les résultats encourageants obtenus par cette tentative et le succès remporté, les concerts du dimanche vont reprendre régulièrement à partir au dimanche 6 septembre.

L'orchestre sera conduit par M. William Cantrelle. Le programme sera établit pour un mois et chaque dimanche du mois, l'orchestre prendra possession d'une salle différente.

Le programme des quatre premiers mois est ainsi fixé septembre, Festival Chabrier octobre, Paysages de France novembre, Légendes et féeries décembre, L'Opérette française.

Le festival Chabrier sera donné le 6 septembre à la salle de la Société d'Encouragement (44, rue de Rennes) le 13, à la Schola cantorum le 20, à la bibliothèque historique de la Ville de Paris (31, rue de Sévigné) le 27, à Courbevoie (groupe scolaire Aristide Briand).

Tous ces concerts auront lieu de 14 h. 30 à 16 h. 30 et le prix d'entrée en est fixé uniformément à 5 francs.

Le Matin du 31 août 1942 William Cantrelle


Le Matin du 12 et 13 septembre 1942 (Désormière ?)

Demain dimanche (13 septembre), à 14 h. 30, festival Emmanuel Chabrier, 269, rue Saint-Jacques, avec l'orchestre et des artistes de l'Opéra-Comique. Prix d'entrée 5 fr 

(le 269, rue Saint-Jacques, c'est la Schola Cantorum)


Cantrelle et Désormière, anciens chefs de la FMP dans Liouba Bouscant dans « Charles Koechlin : l’engagement des années 30 » in Charles Koechlin : compositeur et humaniste Philippe Cathé, ‎Sylvie Douche, ‎Michel Duchesneau - 2010

 



23 septembre 1942 Paris, Opéra-comique RD ou Francis Cébron ?
Le Flem    Le Rossignol de Saint-Malo 
Bizet Les Pêcheurs de perles

5 novembre 1942 Paris, Opéra-comique 
Delannoy Ginevra        Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

novembre 1942 Paris, Opéra-comique  RD ou Francis Cébron ?
Le Flem    Le Rossignol de Saint-Malo 


Le Temps du 12 novembre 1942

La musique à Paris

PROPOS DE RENTREE

La vie musicale a repris à Paris depuis le début d'octobre, et semble promettre d'être aussi active que la saison dernière. En qualité d'administrateur général de. la réunion des théâtres lyriques nationaux, M. Jacques Rouché a publié, et commenté lui-même avec la bonne grâce nuancée que lui dicte sa longue expérience, un programme copieux et varié, dont il faut souhaiter que les circonstances permettent la réalisation, au moins pour sa partie essentielle. Même ceux qui goûtent avant tout dans ses oeuvres de musique de chambre, de piano ou de chant, le parfum impérissable et si profondément français du génie de Gabriel Fauré, se réjouiront de voir entrer la noble et pure Pénélope au répertoire de l'Opéra. La reprise de la Légende de saint Christophe apportera une satisfaction appréciable même à ceux qui, parmi les admirateurs de Vincent d'Indy, si injustement délaissé depuis quelques années, estiment que Ferval, sur lequel courent bien des légendes injustifiées, eût été digne, par sa jeunesse vibrante et sa poésie, d'avoir sur le public une action plus durable et plus efficace.

Parmi les nouveautés proprement dites on est heureux de voir figurer, avec Antigone, de M. Arthur Honegger, qui aura eu la part belle, cette année, le Lucifer de M. Claude Delvincourt qui reste, ainsi que M. Jacques Ibert, une des meilleures forces de sa génération.

A l'Opéra-Comique, des hommages justifiés seront rendus aux soixante-dix huit ans toujours extraordinairement verts du maître Richard Strauss, avec une de ses œuvres les plus caractéristiques, Ariane à Naxos ; aux quatre-vingt-cinq ans de M. Sylvio Lazzari avec l'émouvante Lépreuse ; à M. Raoul Laparra avec la centième représentation de sa communicative Habanera ; sans préjudice de partitions nouvelles de MM. Marcel Bertrand et Henri Sauguet... Le cinquantenaire de la création de Salammbô d'Ernest Reyer sera aussi bientôt commémoré, tandis que Thaïs, dans sa version primitive, et Grisélidis achèveront la célébration du (centenaire) de la naissance de Massenet. Puis-je ajouter qu'en ce qui concerne le répertoire wagnériem on verrait volontiers, non seulement Lohengrin, mais Tannhaeuser, la Walkyrie ou Tristan, avec des mises en scène renouvelées, corser l'at- trait un peu épuisé du Vaisseau fantôme et de l'Or du Rhin qui figurent seuls à l'affiche depuis des mois ?... Est-on sûr que les difficultés de distribution, qui sont sans doute la cause de cette longue absence, soient vraiment insurmontables ?

(…) Gustave SAMAZEUILH




14 novembre 1942 Paris, Opéra-comique 
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

21 novembre 1942 Paris, Opéra-comique 
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

29 novembre 1942 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Denise Scharley  (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
Denise Scharley était juste sortie du Conservatoire en 42 (elle était jeune pour le rôle, 25 ans).

5 décembre 1942 Paris, Opéra-comique 
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

8 décembre 1942 Paris, Opéra-comique Représentation interrompue
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Denise Scharley (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
À 18 h 55 alerte sur Paris. Terminée à 19 h 50. Représentation interrompue et non reprise par suite du manque de temps pour pouvoir finir à 22 h 15.

10 décembre 1942 Orchestre de la société des concerts du Conservatoire 
Concert José Torres
???    ???

15 décembre 1942 Paris, Opéra-comique 
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant

27 décembre 1942 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Madeleine Sibille (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
Madeleine Sibille sort de sa retraite pour remplacer ponctuellement Cernay

29 décembre 1942 Paris, Opéra-comique 
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?


1943 : 33 concerts et représentations 
Opéra-comique Opéra ou 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire 
Opéra-comique les mardis, jeudis, samedis et dimanches ?

Début 1943, Roger Désormière, André Schæffner et Nadia Boulanger avec Denise Tual pour l’organisation de ces représentations créent avec le soutien de Gaston Gallimard ce qui va devenir les concerts de la Pléiade. Le 1er a lieu le 8 février 1943, dirigé par Maurice Hewitt. Désormière attendra 1945 pour prendre la baguette à son tour. Hewitt, Désormière… ils sont déjà engagés dans la Résistance, le réseau Buckmaster et le Front national.

L'Information musicale de juin 1943





3 janvier 1943 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra         Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?
21 janvier 1943 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra           Irène Joachim,  Eliette Scheneberg  et Henry Etcheverry, Rouquetty

24 janvier 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Madeleine Sibille (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

30 janvier 1943 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

février 1943 Marseille, Opéra
Mozart L'enlèvement au sérail (vf) Mmes Janine Micheau et Turba-Rabier, MM. Rambaud, Claverie, Bonneval et Vieullie

6 février 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Denise Scharley (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

8 février 1943 Paris, Opéra-comique
Chabrier L'Etoile avec Fanély Revoil, Lucie Thelin, Jeane Mattio, et René Herent, André Balbon, Alban Derroja, René Bonneval ?

9 février 1943 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra        Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

26 février 1943 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

L'Information musicale de mars 43
7 mars 1943 Paris, Salle du Conservatoire 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
Stravinsky Chant du Rossignol (Petrouchka prévu)
Albeniz Rapsodie Espagnole (orchestration Enesco)      Lucette Descaves au piano
Falla     Nuits dans les jardins d'Espagne      Lucette Descaves au piano
Debussy Marche écossaise
Rimsky-Korsakov    Rhapsodie espagnole (prévu)
Poulenc Les Animaux modèles, suite d'orchestre    Création
journal Aujourd'hui ?



La Société des auteurs a remis hier ses prix du théâtre, du cinéma et du prisonnier.

Ginevra de Marcel Delannoy fut dotée d'un prix de 10.000 francs cependant que 6.000 francs furent attribués à M. Francis Poulenc, pour les Animaux modèles. 

Le Matin du 4 mars 1943


18 mars  1943 Paris, Opéra-comique
Soirée réservée aux Jeunesses musicales de France
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Denise Scharley (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…


Mars 43, photo dédicacée par Irène Joachim au neveu de Roger Désormière, Philippe Malarin 
"En souvenir d'une Mélisande qui a pour lui une sincère Amitié." 

27 mars 1943 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

 3 avril 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Suzanne Duman (Geneviève), ? (Arkel), ? (Yniold), ? (le médecin)…

17 avril 1943 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

26 avril 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Denise Scharley (Geneviève), ? (Arkel), ? (Yniold), ? (le médecin)…

30 avril 1943 Paris, Opéra-comique
Strauss R. Ariane à Naxos (vf) Création française    au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis Création française       décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)

deso mich ariane.mp4



 
L'Information musicale d'avril 1943

Le Petit Parisien du 5 mai 1943


Le Matin du 1er/2 mai 1943

2 mai 1943 Paris, Opéra-comique (2ème représentation)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)
Le Matin du 4 mai 1943
4 mai 1943 Paris, Opéra-comique (3ème représentation)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)

Le Matin du 6 mai 1943
Le Matin du 7 mai 1943
7 mai 1943 Paris, Opéra-comique (4ème représentation)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)

Le Matin du 8 mai 1943

A la scène A l'Opéra-Comique. Le public a salué comme il convient, c'est-à-dire en leur réservant un accueil très chaleureux Fêtes de jadis et Ariane à Naxos, les deux ouvrages de M. Richard Strauss que vient de monter l'Opéra-Comique.

C'est avec Fêtes de jadis, ballet en deux tableaux, musique de Couperin, arrangée par M. Richard Strauss, chorégraphie de M. C. Tcherkas, que commençait le spectacle.

Ce ballet charmant, dont la musique évocatrice est d'une grande délicatesse, est dansé à la perfection par Mlles Simone Garnier, Christine Annie, d'Arc, Hitz (?), Jalades. Malard, MM. Tcherkas, R. Bon, Charles Foye et le corps du ballet de l'Opéra-Comique.

Avec Ariane à Naxos, opéra en un acte, M. Richard Strauss fait alterner l'opera seria aux pages d'une sonorité éclatante et au somptueux déploiement lyrique avec les divertissements italiens.

Mlle Germaine Lubin est une émouvante Ariane, M. Georges Jouatte dont on admire toujours la déclamation parfaite est Bacchus.

Mlle Janine Micheau, aux cascadantes et étincelantes vocalises, est la jeune Zerbinette que la douleur d'Ariane émeut et qui cherchera à la consoler. Mlle Marisa Ferrer, qui porte avec adresse le travesti, est un jeune compositeur qui ne peut comprendre que pour satisfaire aux désirs d'un homme riche et puissant il faille mélanger aux pages de son opéra des motifs d'un opéra-bouffe. A leurs côtés on applaudit Mlles Paule Touzet, Hélène Bouvier, Georgette Denys et MM. S. Rouaseau, René Herent, E. Rousseau, Paul Derenne, Bonneval, Giovannetti, Derroga, Jean Drouin, Henry Buck, Gianotti. Au pupitre M, Roger Désormlère conduit son orchestre de façon si parfaite que son autorité lui valut, le soir de la première représentation, les enthousiastes ovations des spectateurs.



11 mai 1943 Paris Orchestre de la société des concerts du Conservatoire 
???    ???

 13 mai 1943 Paris, Opéra-comique
Soirée réservée aux Jeunesses musicales de France
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Georges Cathelat (Pelléas), José Beckmans (Golaud), Madeleine Sibille (Geneviève), Henri Médus (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
Distribution différente pour l'occasion (en gras les habituels), même si les remplaçants ont déjà été de l'aventure.  

Le Matin du 15/16 mai 1943
15 mai 1943 Paris, Opéra-comique (5ème représentation ?)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)

17 mai 1943 Paris Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
???    ???

17 mai 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec ??? Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), ? (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
Le Matin du 17 mai 1943


21 mai 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Simone Duman (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Gabriel Jullia (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

1er juin 1943 Paris, Opéra 
(lors du Carnaval des costumes au profit du Centre d'aide des prisonniers ?)
Beethoven Prière (2ème mouvement de la Symphonie n° 7)     Création (pour 5 représentations) Ballet de l'Opéra     Chorégraphie et danse de Serge Lifar         danseurs Serge Lifar, Solange Schwarz, Serge Peretti, Lycette Darsonval ???
L'Information musicale du 1er juin 43


L'Information musicale de juin 1943
Le Matin du 4 juin 1943
4 juin 1943 Paris, Opéra-comique (6ème représentation ?)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)

Le Matin du 8 juin 1943
8 juin 1943 Paris, Opéra-comique (7ème représentation ?)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)


11 juin 1943 Paris, Opéra-comique
Ravel Ma mère l'Oye

Le Matin du 19/20 juin 1943
19 juin 1943 Paris, Opéra-comique (8ème représentation ?)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)

Le Matin du 22 juin 1943
22 juin 1943 Paris, Opéra-comique (9ème représentation ?)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)

27 juin 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Madeleine Sibille  (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

Le Matin du 1er juillet 1943
1er juillet 1943 Paris, Opéra-comique (10ème représentation ?)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent    version française de Paul Spaak        décors et costumes de Paul Lavalley
Couperin/Strauss R. Fêtes de Jadis          décors et costumes dessinés par P. Lavailley     chorégraphie de Constantin Tcherkas         Mlles Simone Garnier (Flore), Christine Annie (la Danseuse), d'Arc, Jaladis, Malard, Hadrielly (les Sylphides), Constantin Tcherkas (le Maître à danser, Zéphyr), Christian Foye (le Secrétaire), René Bon (Arlequin), Poujols (le Duc)

3 juillet 1943 Radio nationale 1ère aprés-midi du Studio d'essai de Pierre Schaeffer
Françaix    Le Jeu sentimental
Markevitch    Rébus
Jaubert    Les Fils de l'homme
        3 Cantates
Thiriet Le Bourgeois de Falaise

11 août 1943 Paris Opéra
Adam Giselle M. Serge Lifar. Mlles Solange Schwarz et Lycette Darsonval
Delibes Coppelia M. Serge Lifar. Mlles Solange Schwarz et Lycette Darsonval

2 octobre 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec  ??? Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), ? (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
Le Matin du 2/3 octobre 1943  (Désormière ?)

17 octobre 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Madeleine Sibille  (Geneviève), ? (Arkel), ? (Yniold), ? (le médecin)…

19 octobre 1943 Paris, Opéra-comique 
50ème anniversaire de la mort de Charles Gounod
Gounod Le médecin malgré lui

6 novembre 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Madeleine Sibille  (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

26 novembre 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Madeleine Sibille  (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…


11 décembre 1943 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Madeleine Sibille  (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…


Le Matin du 11 décembre 1943 : 
Renouant une tradition vieille d'un siècle.
L'orchestre des élèves du Conservatoire donnera demain son premier concert
Demain dimanche, en soirée, l'orchestre des élèves du Conservatoire donnera, sous la direction de M. Roger Désormières, son premier concert public. Fondé par Habeneck en 1801 c'est-à-dire vingt-sept années avant la Société des concerts du Conservatoire, qui devait peu à peu conquérir une gloire mondiale l'orchestre des élèves du Conservatoire peut revendiquer, entre autres titres à la reconnaissance des musiciens, l'honneur d'avoir fait entendre pour la première fois, à Paris, une symphonie de Beethoven. Ancêtre, en quelque sorte, de tous les orchestres symphoniques qui, depuis, servirent si hautement la cause de la musique française, ne se devait-il pas, à l'heure où l'on souhaite par une savante initiation aux beautés d'un art entre tous éloquent, étendre certains milieux, qui lui demeuraient fermés, le divin langage des sons, de reprendre du service ?
Le jeune sang qui, perpétuellement coule dans ses veines, lui en faisait un devoir impérieux. Composé qu'il est des meilleurs éléments des classes de la rue de Madrid, M. Claude Delvincourt a estimé qu'il méritait une diffusion plus vaste que celle dont bénéficiaient jusqu'ici ses rares manifestations les exercices publics d'orchestre.
Sans chercher à concurrencer les grands symphoniques, une tâche d'une portée sociale considérable l'attend. Il va s'y attaquer avec une fougue en même temps juvénile et pleine de maturité, grâce au chef éminent qui le dirige, pour le plus grand profit de l'art musical et la plus grande gloire du Conservatoire.
Soulignons que pour ce premier concert de dimanche qui aura lieu, à 20 heures, dans la vénérable salle de la rue du Conservatoire un programme d'une exceptionnelle qualité a été élaboré où l'on relève les titres d'ouvrages comme la Suite inédite des Paladins, de Rameau, L'horizon chimérique, de Fauré, ou certain air de Don Procopio, de Bizet, qu'i! ne nous est que trop rarement donné d'entendre.


L'Information musicale du 12 décembre 1943
12 décembre 1943 Paris, Salle du Conservatoire Orchestre des élèves
1er concert de l'Orchestre des cadets du Conservatoire 
Rameau/Désormière Les Paladins
Bizet Don Procopio (air)         au chant André Basquin
Haydn Symphonie n°101 "L'Horloge"
Fauré L'horizon chimérique au chant André Basquin
Bizet L'Arlésienne (1ère suite)
L'Information musicale de janvier 1944

Le Matin du 18 décembre 1943



1944 : 10 concerts avant la Libération, 7 ensuite 

6 février 1944 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), ? (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

25 février 1944 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra  Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

 27 février 1944 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), ? (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…

 2 mars 1944 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

14 mars 1944 Paris, Opéra-comique dirigé par Gustave Cloez
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), André Gaudin (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Hélène Bouvier (Geneviève), Henri Médus (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
Première fois sans Désormière et et avec Hélène Bouvier « M. Gaudin remplace M. Jansen souffrant. »

30 mars 1944 Paris, Salle du Conservatoire Concert des 1ers prix
Orchestre des cadets du Conservatoire ???
???    ???    ???

1er avril 1944 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

13 avril 1944 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra    Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

21 avril 1944 Paris, salle Gaveau Orchestre national
Poulenc Chansons villageoises     au chant Pierre Bernac

Désormière - 6 chansons Villageoises de Francis Poulenc ‎(1944)‎.mp4



28 avril 1944 Paris, Opéra-comique concert JMF annulé
Debussy Pelléas et Mélisande       
Désormière était prévu mais "Soirée réservée aux Jeunesses musicales de France" ; "M. Jansen n’étant pas arrivé pour chanter Pelléas la représentation n’a pu avoir lieu."

6 mai 1944 Paris, Opéra-comique
Delannoy Ginevra        Irène Joachim, Etcheverry et Rouquetty, Mmes Eliette Schenneberg, Turba-Rabier au chant ?

Le Matin du 8 juin 1944
8 juin 1944 Paris, Opéra-comique (11ème ??? représentation)
Strauss R. Ariane à Naxos (vf)     au chant ??? Germaine Lubin, Janine Micheau, Marisa Ferrer, Georges Jouatte, René Herent ???

11 juin 1944 Paris, Opéra-comique
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Georges Cathelat (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Denise Scharley (Geneviève), Guénot (Arkel), Gaudel (Yniold), Jean Vieuille (le médecin), Camille Maurane (un berger)…
Denise Scharley est à nouveau là et Jansen absent pour la 3ème fois, remplacé par Georges Cathelat

4 juillet 1944 Paris Opéra-comique
Sauguet     La Gageure imprévue     Création Mmes Turba-Rabier, Monda-Million, Gaudel, Legouhy et MM. E. Rousseau. P. Derenne, Buck et Morturier



Août 1944 Libération de Paris


6 novembre 1944 Paris, Palais de Chaillot 
Orchestre de la Radiodiffusion de la Nation Française
Concert hommage à la Résistance
Glinka ???
Moussorgsky
Rimsky-Korsakov
Lully ???
Grétry ???
Delibes Coppelia avec le Ballet de l'Opéra


23 novembre 1944 Paris, Opéra-comique
Massenet Manon avec Georges More

29 novembre 1944 Paris Orchestre de la Radiodiffusion de la Nation Française 
concert russe
Moussorgsky ???
Glinka ???
Liadov ???
Rimsky-Korsakov ???

Stravinsky Histoire du soldat avec Louis Salou (le soldat), Alfred Pasquali (le diable), Julien Bertheau et Jean-Claude Malouvrier (le narrateur), J. Raoul (la princesse), A. Chanu (le tambour)      Marcel Darrieux (violon), Gaston Logerot (contrebasse), Ulysse Délécluse (clarinette), G. Derain (basson), Raymond Sabarich (cornet à piston), G. Cieutat (trombone), Félix Passerone (percussions)     Bronislaw Horowicz (mise en ondes)

Désormière : Histoire du soldat en 1944.mp4






7 décembre 1944 Paris Orchestre de la Radiodiffusion de la Nation Française
Hommage à Serge de Diaghilev
Stravinsky Petrouchka
Satie Parade
Falla     Le Tricorne (extrait : 3 danses)

10 décembre 1944 Paris, Sorbonne Orchestre Symphonique et Garde Républicaine
???? ???

17 décembre 1944 Paris, Théâtre des Champs-Elysées Concerts Pasdeloup
Festival Bach/Mozart
Bach    Double concerto n°3 en ré mineur    Jacques Thibaud et Marcel Reynal au violon
Mozart    Concerto en ré majeur n°4    Jacques Thibaud au violon
Mozart    Symphonie concertante en mi bémol    Jacques Thibaud au violon et Maurice Vieux à l'alto

fin 44 en Angleterre ?

Dans le Monde, programme de l’Opéra et de l’Opéra-comique (en bleu répertoire de Roger Désormière)

En 1944 

En Décembre

A l ’Opéra le 21 le Cid, les Santons, Giselle ; le 25 Boris Godounov ; le 30 Roméo et Juliette ; le 31 Samson et Dalila et Suite de danses  

A l ’Opéra-comique  le 19 Manon ;  le 22 Lakmé ; le 25 Mignon ; les 26, 28 et 29 la Tosca ; le 31 Le Rêve







1945 : 12 dates

fin 45 en Angleterre le BBC symphony orchestra ?

??? janvier 45 Montreuil-sous-Bois
???    ???

En 1945

En Janvier

A l ’Opéra le 1er Faust ; le 3 Le Festin de l’araignée, les Santons ; le 5 Othello ; le 7 Boris Godounov ; le 9 la Damnation de Faust ; le 10 la Peri, Impressions de music-hall, Jeux d'enfants, les Deux pigeons ; le 12 Samson et Dalila et  le Spectre de la rose ; le 13 Boris Godounov ; le 14 Marouf, savetier du Caire ; le 16 le Roi d’Ys ; le 20 Rigoletto ; le 23 Requiem ; le 25 le Festin de l’araignée ; le 27 Othello ; le 29 Othello ; le 31 le Spectre de la rose, Soir de fête, Elvire, Coppelia 

A l ’Opéra-comique le 1er Mireille ; le 2 Lakmé  ;   le 4 les Noces de Jeannette, le Jongleur de Notre-Dame ; le 6 Werther ; le 7 Carmen et la Bohême ; le 9 Mignon ; le 11 le Barbier de Séville ; le 12 une Education manquéele Pauvre matelotAngélique (voir ci-dessous) ; le 13 Manon ; le 14 le Rêve ; le 17 la Traviata ; le 23 la Bohème ;; le 26 Carmen ; le 28 Manon ; le 30 la Tosca 


3 janvier 1945 Paris, Opéra (dir. RD)
Roussel Le Festin de l'araignée
Tomasi Les Santons (dir. ?)

10 janvier 1945 Paris, Opéra (dir. RD)
Dukas La Péri        Suzanne Lorcia (la Péri) et Serge Peretti (Iskender)
Pierné    Impressions de music-hall    (dir. ?)
Bizet Jeux d'enfants
Messager    Impressions de music-hall    (dir. ?)


12 janvier 1945 Paris, Opéra-comique (dir. RD)
Chabrier     Une Education manquée     Jeanne Rolland (Contran) et Irène Joachim (Hélène) Émile Rousseau (Pausanias)
Milhaud Le Pauvre matelot     Jeanne Rolland et MM. Bonneval, Guénot et Musy
Ibert Angélique     Geori Boué (Angélique) Roger Bourdin MM. Payen, Malvasio, J. Vieulle, Bonneval

LE MONDE | 20.01.1945

QUATRE REPRISES

René DUMESNIL.

   La musique, elle aussi, eut ses victimes; la Péri, que les Allemands avaient bannie, nous est enfin rendue; et, pour cette reprise - j'allais écrire pour cette réparation due à la mémoire de l'un des plus grands musiciens français, - l'orchestre a fait entendre la noble fanfare que Paul Dukas ajouta pour servir d'introduction à son " poème dansé ". Chef-d'œuvre précédant le chef-d'œuvre, cette fanfare éclatant à l'orchestre de l'Opéra nous sembla, par la puissance de son rythme, par la beauté de ses harmonies, par la plénitude de son développement, le symbole de notre délivrance.

La Péri a servi de modèle à quantité d'ouvrages; nulle partition n'a été plus étudiée, plus imitée. Elle demeure du petit nombre de celles qu'on admire davantage à mesure qu'on les connaît mieux, car on y découvre chaque fois de nouvelles raisons de les aimer, raisons profondes, et qui tiennent bien plus à la qualité exceptionnelle des idées, à leur poésie, qu'à la somptueuse parure d'une instrumentation éblouissante.

   L'interprétation est confiée à Mlle Suzanne Lorcia (la Péri) et à M. Serge Peretti, excellent dans Iskender. Paul Dukas, au soir de sa vie, avait imaginé une nouvelle mise en scène. Nous la fera-t-on connaître un jour ? Et, dès que les circonstances le permettront, pouvons-nous espérer entendre Ariane et Barbe-Bleue ?

   Si le livret d'Une éducation manquée, dû, comme celui de l'Etoile, à la collaboration de Leterrier et Vanloo, ressemble à quelque estampe galante un peu trop fanée, au contraire, la musique d'Emmanuel Chabrier garde toute sa fraîcheur. Elle date pourtant de 1879, mais elle a conservé la vivacité de ses couleurs. Sa belle humeur est irrésistible : on oublie, à cause d'elle, les paroles sur lesquelles elle s'appuie avec tant de légèreté, et elle contient plus de vraie musique que maints ouvrages sérieux jusqu'à l'ennui. Et il suffit d'en écouter deux mesures pour y reconnaître la main d'un des maîtres les plus originaux et les plus français de chez nous. Mmes Jeanne Rolland et Irène Joachim sont toutes deux excellentes dans les rôles de Contran et d'Hélène; M. Émile Rousseau interprète à merveille le personnage de Pausanias.

   On nous en avertit : le Pauvre matelot est une " complainte ". Que Jean Cocteau et Darius Milhaud aient voulu garder à cette " complainte " le style de l'imagerie populaire et du no japonais, c'est possible, c'est même certain puisque la notice nous le dit. Qu'ils y soient parvenus, c'est autre chose. La vraie simplicité est celle qui s'ignore, point celle que l'on cherche à tout prix. Bien sûr, M. Darius Milhaud est un musicien trop habile pour qu'il n'y ait point, de temps en temps, quelques ingénieuses lueurs dans la brume monotone de son Imagerie sonore. Mais j'aurais préféré pour ma part qu'on nous donnât pour sa rentrée à l'Opéra-Comique son aimable Esther de Carpentras, ou sa charmante Suite provençale dont la carrière fut malheureusement interrompue par la guerre. Le Pauvre matelot date vraiment. Il est à la mode d'une époque bien loin de nous déjà; les " audaces " qu'on y trouve ont depuis longtemps cessé d'effaroucher les oreilles devenues complaisantes aux surprises de la polytonalité. Le piment de la musique est parti; la fadeur du livret reste avec l'accablant ennui de la complainte, encore aggravé par les gestes de pantins imposés aux interprètes. Heureusement, il y a Mme Jeanne Rolland. Et il y a auprès d'elle, heureusement aussi, MM. Bonneval, Guénot et Musy...

   Le spectacle s'achève par Angélique de MM. Nino et Jacques Ibert, Angélique dont chaque reprise confirme le succès. On retrouve avec plaisir cette farce de bon aloi, enrichie d'une musique alerte, primesautière, dont l'humour conserve jusque dans la charge une distinction naturelle et une qualité rare. Angélique a le même âge que le Pauvre matelot ; mais il n'y paraît point.

   Le grand attrait de la soirée était de voir et d'entendre Mme Geori Boué dans Angélique. Ses éclatants succès à l'Opéra et à l'Opéra-Comique ne semblaient guère la désigner pour devenir l'épouse du " pauvre M. Boniface ". Elle, qui fut Mireille et Rosenn, Marguerite et Juliette, vient d'y prouver au contraire la souplesse de son talent et la diversité de ses moyens. Elle y reste une cantatrice de premier ordre ; elle s'y montre une comédienne accomplie. M. Roger Bourdin, " marchand de paroles " irrésistible et très fin comédien lui aussi, autant qu'habile chanteur, MM. Payen, Malvasio, J. Vieulle, Bonneval complètent une distribution excellente en tous points. La mise en scène de M. Louis Musy est fort adroite.

   M. Roger Désormière conduit les trois ouvrages avec sa souple autorité coutumière.





En Février

A  l ’Opéra le 5, Samson et Dalila et la Péri ; le 8 Samson et Dalila, les 2 Pigeons et la Péri ; le 9 Othello ;  le 13 Roméo et Juliette ; le 15 Le Festin de l’araignée, Impressions de music-hall, Giselle le 16 Samson et Dalila et la Péri ; le 18, Rigoletto ; le 20, Marouf : le 23, Faust ; le 26, Othello

A  l ’Opéra-comique le 7 Manon ; le 9  le Jongleur de Notre-Dame et Angélique ;   le 10 Manon ; le 14 Louise ; le 15 Mireille ;  ; le 16 une Education manquéele Pauvre matelotAngélique ;  le 19 Lakmé  ; le 20 Manon ; le 22 la Lépreuse ;  le 25 le Rêve ; le 27 le Chemineau ; le 28 Mme Butterfly


La suspension de M. Jacques Rouché

LE MONDE | 23.02.1945

   Par arrêté du ministre de l'éducation nationale et des beaux-arts, M. Jacques Rouché, administrateur général de la réunion des théâtres lyriques nationaux, vient d'être suspendu de ses fonctions.

   M. Jacques Rouché, qui avait été nommé directeur de l'Opéra le 1er août 1914, était administrateur de la réunion des théâtres lyriques nationaux depuis la loi du 14 janvier 1939, qui a groupé en établissement public d'État, sous cette dénomination, l'Opéra et l'Opéra-Comique.


JACQUES ROUCHE ET SAMUEL ROUSSEAU DEVANT LA CHAMBRE CIVIQUE

LE MONDE | 19.07.1945 

En raison du grand nombre de témoins cités tant par le commissaire du gouvernement, M. Croissac, que par la défense, la première chambre civique, que préside M. Hude, n'a pas statué dès la première audience sur l'indignité nationale réclamée contre Jacques Rouché, directeur de la réunion des théâtres lyriques nationaux, et Samuel Rousseau, directeur artistique de l'Opéra.

Un certain nombre d'artistes congédiés par Jacques Rouché sont venus exposer leurs griefs assurant que le directeur avait eu trop d'attentions pour les autorités occupantes. Par contre, des représentants de l'orchestre et des machinistes, ainsi que MM. René Fauchois et l'architecte Jules Formigé, de l'institut, attestèrent que Jacques Rouché et Samuel Rousseau avaient eu une conduite parfaite du point de vue patriotique.

Après le réquisitoire de M. Coissac. M. Georges Chresteil - pour Jacques Rouché - et Me Maurice Garçon - pour Samuel Rousseau - dégagèrent, cet après-midi de ces témoignages, des conclusions favorables et leurs clients.


MM. Jacques Rouché et Samuel Rousseau acquittés

LE MONDE | 20.07.1945 

Le Jury de la première chambre civique s'est prononcé sur les poursuites en indignité nationale intentées contre MM. Jacques Rouché et Samuel Rousseau.

Un verdict d'acquittement a été rendu, la preuve n'ayant pas été faite d'une aide quelconque apportée à l'ennemi par les deux prévenus.



En Mars
A  l ’Opéra le 2, Rigoletto ; le 4 Marouf ; le 5 Faust ; le 7 la Grisi, le Festin de l’araignée, Coppelia ; le 10 Hérodiade ; le 15, Castor et Pollux, la Peri, Impressions de music-hall, Coppelia ; le 16,  la Damnation de Faust, Impressions de music-hall ; le 17, Samson et Dalila
A  l ’Opéra-comique le 1er une Education manquéele Pauvre matelotAngélique ;  le 3 le Chemineau ; le 4 la Lêpreuse ; le 5 Werther ; le 6 Manon ; le 8 Carmen ; le 14 Mireille ; le 15  le Chemineau ; le 16, la Traviata ; le 17, le Rêve ; le 18, Lakmé

Concerts à Londres



au pianoforte Ernest Lush
Brahms Concerto pour violon     au violon Ginette Neveu
Mozart Les Noces de Figaro (ouverture)
Ravel Pavane pour une infante défunte
Stravinsky Petrouchka  (suite)

24 mars 1945 Londres, London Philharmonic Orchestra
Delalande    Sinfonies pour les soupers du Roy
Messaen    Les Offrandes oubliées
Beethoven     Concerto pour violon    au violon Ginette Neveu
Walton    Potrsmouth's point
Milhaud    Suite provençale

Fin mars
A  l ’Opéra le 29, Marouf ; le 30, Faust
A  l ’Opéra-comique le 27, le Chemineau ; le 29, Mme Butterfly

En Avril
A  l ’Opéra le 2,  le Spectre de la rose, Castor et Polluxles Deux pigeons ; le 3, Boris Godounov ; le 4, la Grisi, Roméo et Juliette et Giselle ; le 6, Hérodiade ; le 7, Rigoletto et   le Spectre de la rose ; le 8,  la Damnation de Faust et Elvire ; le 9, Marouf ; la 10, Faust ; le 11, Le Cid, Daphnis et Chloé, Coppélia ; le 14, Boris Godounov ; le 15, Faust ; le 16n le Roi d'Ys ; le 18; Scènes de la rue, Soir de fêtes, Jeux d'enfants, les 2 Pigeons 
A  l ’Opéra-comique le 1er, Werther ; le 2, Manon ; le 3, Mignon ;  le 5 Carmen ;  le 7, Manon ; la Tosca ; le 8, le Chemineau ; le 10, Lakmé  ; le 12, le Rêve ; le 13, le Jongleur de Notre Dame, Angélique ; le 15, Manon, les Pêcheurs de perles ; le 18, le Barbier de Séville ; le 19, Werther ; le 20, Mme Butterfly

18 avril 1945 Paris, Opéra-comique (dir. RD)
Grande soirée au profit des œuvres sociales du Front national 
du 2éme arrondissement
Rossini     Le Barbier de Séville        dans la version française de Castil-Blaze ; avec Claudine Collart, S (Rosine), Louis Arnoult, T (comte Almaviva), Emile Rousseau, BAR (Figaro)...


21 avril 1945 Paris, Salle du conservatoire concert de La Pléiade 
Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
Messiaen 3 petites liturgies de la présence divine Yvonne Loriod au piano, Ginette Martenot aux ondes, chorale Yvonne Gouverné sous la direction dYvonne Gouverné
Milhaud Quatrains valaisans (Rainer Maria Rilke)     Création    chorale Yvonne Gouverné sous la direction dYvonne Gouverné
Poulenc Soir de neige (Paul Eluard)   Création    chorale Yvonne Gouverné sous la direction dYvonne Gouverné 

Caplet     Inscriptions champêtres (Rémy de Gourmont), pour voix de femmes     chorale Yvonne Gouverné sous la direction dYvonne Gouverné

Œuvres polyphoniques de la Renaissance : 

Des Prés     Petite camusette     chorale Yvonne Gouverné sous la direction de Fernand Lamy 
Janequin    Petite Nymphe folastre (Ronsard)     chorale Yvonne Gouverné sous la direction de Fernand Lamy 

Janequin     Du beau tetin (Marot)     chorale Yvonne Gouverné sous la direction de Fernand Lamy 

Le Jeune    Revecy venir du printans (Baïf)    chorale Yvonne Gouverné sous la direction de Fernand Lamy 
Le Jeune    S’ébahit-on si je vous ayme     chorale Yvonne Gouverné sous la direction de Fernand Lamy 
Le Jeune    L’Été rallumant les feux    chorale Yvonne Gouverné sous la direction de Fernand Lamy 


Arthur Honegger, Georges Auric, Francis Poulenc, Henri Sauguet, Roland-Manuel, André Jolivet, Claude Delvincourt, Lazare Lévy, Daniel-Lesur, Irène Joachim, Maurice Gendron, Jean Wiéner, Georges Braque, Paul Éluard, Pierre Reverdy, Pierre Boulez, Serge Nigg, Pierre Henry étaient présents dans la salle.



A  l ’Opéra le 23, Aïda 
A  l ’Opéra-comique le 22, Carmen


" LA GAGEURE IMPRÉVUE " à L'Opéra-Comique

   En juillet dernier, au moment où la cadence accélérée des alertes allait amener la fermeture des théâtres, l'Opéra-Comique affichait la Gageure imprévue. C'est donc une véritable " première ", bien plutôt qu'une reprise, qui fut donnée mardi. M. Pierre Bertin, s'est fort habilement inspiré de la comédie du bon Sedwine ; antérieure de seize ans au Mariage de Figaro, et dont Beaumarchais se souvint apparemment quand il écrivit le second acte de sa Folle journée.

   La partition de M. Henri Sauguet révèle des dons réels et une maladresse non moins certaine : l'orchestre, traité symphoniquement, interpose constamment une barrière que les voix ne parviennent point à franchir. Celle de Mme Turba-Rabier est exquise. C'est une raison de plus pour regretter de ne pas mieux l'entendre. L'interprétation de la Gageure imprévue ; que M. Roger Désormière dirige avec autant de soin que d'intelligence, est excellente. Il faut citer particulièrement Mlle Monda-Millon, MM. Émile Rousseau et Riallland.

R.D.

24 avril 1945 Paris, Opéra-comique
Sauguet    La Gageure imprévue         Mme Turba-Rabier Mlle Monda-Millon, MM. Émile Rousseau et Riallland.
Auric    Le Pauvre matelot


25 avril 1945 Paris, Opéra-comique
Massenet Don Quichotte


A  l ’Opéra le 30, Faust  
A  l ’Opéra-comique le 26, le Chemineau ; le 27, le Barbier de Séville, Giselle


5 mai 1945 Paris, Opéra 
Orchestre de la société des concerts du Conservatoire 
Festival de danse soviétique
Chostakovitch ?????


Le Monde du 5 mai 1945 RD ?

En MAI
A  l ’Opéra le 2,   Roméo et Juliette, Soir de fêtes, Jeux d'enfants, Daphnis et Chloé ; le 5, Festival de danse soviétique ; le 6, la Damnation de Faust, Castor et Pollux  ; le 7, Hérodiade ; le 9, la Grisi, Le Festin de l’araignéeGiselle ;  le 11, Boris Godounov ; le 13, Marouf ; le 14, Pénélope ; le 15, Rigoletto ; le 16,  les Santons,  Castor et PolluxImpressions de music-hall, les Deux pigeons ;  le 18, Samson et Dalila, les Santons ; le 20, Boris Godounov ; le 21, Aïda ; le 25, Faust ; le 26, Scènes de dansesJeux d'enfantsCoppelia ; le 27, Hériodiade ; le 28, la Damnation de Faust, Castor et Pollux  ; le 30, le Cid,  le Spectre de la rose, Impressions de music-hall
A  l ’Opéra-comique le 2, Mireille ; le 3, Werther ; le 5, Carmen ; le 6, Lakmé ; le 8, Manon ; le 10, le Rêve ; le 12,  le Jongleur de Notre Dame, la Gageure imprévue : le 12, le Barbier de Séville ; le 13, la Traviata ;  le 15, Mireille ; le 17, la Tosca ; le 18, le Chemineau ; le 19, Lakmé ; le 20, Werther ; le 21, Mignon, les Pêcheurs de perles  ; le 22, Mme Butterfly ; le 24, la Bohème ; le 26, Carmen ; le 26, Dom Quichotte ; le 27, Louise ; le 29, Manon ; le 30, la Tosca ; le 31, le Chemineau

Nomination de Maurice Lehmann à la tête de la Réunion des théâtres lyriques nationaux en 1945 : plusieurs dates font références, le 30 avril, le 25 mai, le 14 juin dans le Monde… mais c'est à ce moment qu'elle intervient. Le Monde détaille le 26 juin la nouvelle équipe qui l'entoure : Maurice Lehmann administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux, donc, les directeurs Reynaldo Hahn à l’Opéra avec Roger Désormière comme adjoint, Albert Wolff à l’Opéra-Comique. Désormière ne dirige plus à l’Opéra-Comique après juin, juillet peut-être le temps que tout se mette en place.


En JUIN
A  l ’Opéra le 1er, Pénélope ; le 2, le Roy d'Ys ;  le 4, Le Festin de l’araignée,Samson et Dalila ;  le 6; Aïda ;  le 7, Le Festin de l’araignée les Santons, Giselle ;  le  

2,   Roméo et Juliette, Soir de fêtes, Jeux d'enfants, Daphnis et Chloé ;  le 5, Festival de danse soviétique ; le 6, la Damnation de Faust, Castor et Pollux  ; le 7, Hérodiade ; le 9, la Grisi, Le Festin de l’araignéeGiselle ;  le 11, Boris Godounov ; le 13, Marouf ; le 14, Pénélope ; le 15, Rigoletto ; le 16,  les Santons,  Castor et PolluxImpressions de music-hall, les Deux pigeons ;  le 18, Samson et Dalila, les Santons ; le 20, Boris Godounov ; le 21, Aïda ; le 25, Faust ; le 26, Scènes de dansesJeux d'enfantsCoppelia ; le 27, Hériodiade ; le 28, la Damnation de Faust, Castor et Pollux  ;  le 30, le Cid,  le Spectre de la rose, Impressions de music-hall

A  l ’Opéra-comique le 1er, Mireille ; le 2 le Barbier de Séville ; le 3, le Rêve ; le  6, Le Rossignol de Saint-Malo,  la Gageure imprévue,  Angélique ; le 7, Carmen ; le 

Werther ; le 5, Carmen ; le 6, Lakmé ; le 8, Manon ; le 10, le Rêve ; le 12,  le Jongleur de Notre Dame, la Gageure imprévue : le 12, le Barbier de Séville ; le 13, la Traviata ;  le 15, Mireille ; le 17, la Tosca ; le 18, le Chemineau ; le 19, Lakmé ; le 20, Werther ; le 21, Mignon, les Pêcheurs de perles  ; le 22, Mme Butterfly ; le 24, la Bohème ; le 26, Carmen ; le 26, Dom Quichotte ; le 27, Louise ; le 29, Manon ; le 30, la Tosca ; le 31, le Chemineau

26 juin 1945 Paris, Opéra-comique
Leoncavallo Paillasse


LA PARTICIPATION FRANÇAISE AU FESTIVAL DE ZURICH ???

LE MONDE | 30.06.1945 

Une partie du corps de ballets de l'Opéra vient de se rendre à Zurich pour participer au festival d'art lyrique.

Au programme s'inscrivaient des œuvres de Rameau, Léo Delibes, Lalo, Honegger, Darius Milhaud, Paul Dukas. Ce spectacle danses classiques mettait en lumière les dons de Mlle Darsonval, de MM. Peretti et Roger Fenonjois, danseurs étoiles, entourés de jeunes danseuses qui révélèrent à un public particulièrement averti un talent certain. Ces représentations furent chaleureusement accueillies et suscitèrent de multiples ovations.

Le festival comportait également " Pelléas et Mélisande ", avec Mlle Dosia et MM. Etcheverry et Jansen. Ces artistes conférèrent à l'œuvre de Debussy sa plus haute signification.




JACQUES ROUCHE ET SAMUEL ROUSSEAU DEVANT LA CHAMBRE CIVIQUE

LE MONDE | 19.07.1945

   En raison du grand nombre de témoins cités tant par le commissaire du gouvernement, M. Croissac, que par la défense, la première chambre civique, que préside M. Hude, n'a pas statué dès la première audience sur l'indignité nationale réclamée contre Jacques Rouché, directeur de la réunion des théâtres lyriques nationaux, et Samuel Rousseau, directeur artistique de l'Opéra.

   Un certain nombre d'artistes congédiés par Jacques Rouché sont venus exposer leurs griefs assurant que le directeur avait eu trop d'attentions pour les autorités occupantes. Par contre, des représentants de l'orchestre et des machinistes, ainsi que MM. René Fauchois et l'architecte Jules Formigé, de l'institut, attestèrent que Jacques Rouché et Samuel Rousseau avaient eu une conduite parfaite du point de vue patriotique.

   Après le réquisitoire de M. Coissac. M. Georges Chresteil - pour Jacques Rouché - et Me Maurice Garçon - pour Samuel Rousseau - dégagèrent, cet après-midi de ces témoignages, des conclusions favorables et leurs clients.





Le Monde du 13 septembre 1945

LA SAISON 1945-1946 dans les théâtres lyriques nationaux

Le Monde  13.09.1945

   M. Maurice Lehmann, d'accord avec M. Reynaldo Hahn et M. Roger Desormière, nous communique le programme qu'il a arrêté, concernant les ouvrages qui seront créés ou repris à l'Opéra au cours de la saison prochaine : " Ariane et Barbe-Bleue ", de Paul Dukas, dans une présentation scénique nouvelle ; " Antar ", de Gabriel Dupont; " Joseph ", de Méhul ; " Padmavati ", d'Albert Rousse); " le Bal masqué ", de Verdi ; " Lucifer " (création), de M. Delvincourt, poème de M. René Dumesnil ; " Diane de Poitiers ", de M. Jacques Ibert ; " le Marchand de Venise ", de M. Reynaldo Hahn, dont la reprise avait été décidée la saison dernière; une œuvre nouvelle de M. Darius Milhaud; " Graziella ", l'ouvrage de M. Mazellier, qui avait déjà été répété sous l'ancienne administration.

   D'autre part, M. Lehmann, en attendant l'arrivée à Paris de M. Albert Wolff, a mis on répétition, à l'Opéra-Comique : " l'Heure espagnole ", de Ravel ; " Fragonard ", de Gabriel Pierné, qui sera présenté pour la première fois sur la scène de ce théâtre.

   La création de " Guignol ", de M. André Bloch, et la reprise de " Falstaff " et des " Contes d'Hoffmann " sont également envisagées.



   Par Désormière,  reprise le 24 janvier 1947 du ballet Diane de Poitiers de Jacques Ibert (d’après des airs et danceries du XVIème siècle), créé en 1934 par Michel Fokine pour Ida Rubinstein
   Déjà prévu en 42, Lucifer de Claude Delvincourt ne sera créé que le 15 décembre 1948 par Louis Fourestier, après que Désormière eût quitté l’Opéra. 
   Il devait aussi diriger Bolivar de Darius Milhaud qui ne sera créé que le 12 mai 1950 à l'Opéra de Paris sous la direction d'André Cluytens.



9 octobre 1945 Paris, Opéra Orchestre de la société des concerts du Conservatoire
concert chinois 
Tcherepnine Cantate de Pan Kéou

7 novembre 1945 Paris, Opéra-comique
Gounod Le Médecin malgré lui
Ravel L'Heure espagnole mise en scène de Louis Musy ; décors et costumes de Suzanne Roland-Manuel ; chef d'orchestre : Roger désormière avec Dosia (Concepcion), Guénot (don Inigo), Beckmans (Ramiro), Arnoult (Gonzalve), Payen (Torquemada)

" Le Médecin malgré lui " " L'Heure espagnole "

LE MONDE | 13.11.1945

   L'Heure espagnole, ce petit chef-d'œuvre d'humour et de grâce dû à la collaboration de Franc-Nohain et de Maurice Ravel, fut créé à l'Opéra-Comique le 19 mai 1911. À la onzième représentation, la clôture annuelle interrompit les représentations et l'ouvrage fut délaissé jusqu'au 5 décembre 1921 sur la scène de l'Opéra, M. Rouché le reprit ; et le voici de retour rue Favart, où, dans un délicieux décor de Mme Roland-Manuel, avec une interprétation qui groupe autour de la sémillante Conception qu'est Mlle Ellen Dosla, MM. Louis Arnoult, J. Beckmans, Guenot et Payen, il retrouve, grâce aux soins méticuleux de M. Roger Désormière dont l'orchestre anime avec une délicate précision cette fine horlogerie, un succès qui, espérons-le, le maintiendra cette fois au répertoire. Pour faire spectacle avec l'Heure espagnole, l'Opéra-Comique a repris le Médecin malgré lui, chef-d'œuvre aussi, dont on se demande pourquoi le public le boude et lui préfère des Butterfly et autres Tosca. M. Musy, au double titre de principal Interprète et de metteur en scène, doit être félicité pour ce spectacle où il a pour partenaire Mmes Renée Gilly, Legouhy, Drouot et MM. Malvasio, Vieuille et Le Prin.

R. D.




5 décembre 1945 Paris Opéra Soirée Gabriel Pierné
Pierné Cydalise et le Chèvre-pied     Reprise (31ème représentation) Ballet de l'Opéra Yvette Chauviré (Cydalise), Paulette Dynalix (la Source), Mail (ma Gouvernante), Gerodez et Krempff (Esclaves blanches), Sianina, Guillot, Lelievre (Esclaves de couleur), Fenonjois (Styrax), Nicolas Efimoff (le Vieux faune et le Sultan) Chorégraphie de Léo Staats
Pierné Impressions de music-hall Ballet de l'Opéra
Pierné Suite de danses Ballet de l'Opéra
7 décembre 1945 Paris, Salle du conservatoire concert de la Pléiade
Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire 
Baudrier     Symphonie     Création
Milhaud      Concerto pour deux pianos et orchestre      Création     Ina Marika et Geneviève Joy aux pianos
Stravinsky     Scènes de ballet     Création en Europe
concert chahuté par Boulez et ses jeunes amis

11 décembre 1945 en Belgique pour la radio flamande ?
Milhaud Jeux de printemps

? 15 décembre 1945 Paris, Théâtre des Champs-Elysées reprise du concert de la Pléiade ?
Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire 
Baudrier     Symphonie    Création
Milhaud      Concerto pour deux pianos et orchestre          Création en Europe    Ina Marika et Geneviève Joy aux pianos
Stravinsky     Scènes de ballet     Création en Europe
concert chahuté par Boulez et ses jeunes amis



1946 : 20 dates

début 1946 Tournée avec Francis Poulenc en Belgique, Suisse, à Vienne…
??? 1946 Paris, Opéra-comique  RD ou Francis Cébron ?
Le Flem    Le Rossignol de Saint-Malo (23ème représentation)

??? 1946 en province Opéra-comique  RD ou Francis Cébron ?
Le Flem    Le Rossignol de Saint-Malo

LA GRÈVE DES VIOLONS

LE MONDE | 11.01.1946 

Après vingt minutes d'attente devant le rideau baissé, le public venu pour assister aux représentations de l'Opéra et de l'Opéra-comique apprit hier que l'on ne jouerait pas et que les places seraient remboursées. Les musiciens, pour protester contre le retard apporté au paiement des augmentations de salaires, venaient de voter la grève.

Les revendications des musiciens d'orchestre peuvent être légitimes, et c'est affaire à leur syndicat et aux pouvoirs publics d'en juger. Ce qui est inadmissible, c'est de traiter les spectateurs avec autant de sans-gêne. Nul ne conteste le droit de grève, mais il y a un abus intolérable dans l'usage que les musiciens d'orchestre viennent d'en faire.

Quand on joue sur nos premières scènes nationales, à quelque jeu auquel on participe, on se doit au public. Le moins qu'on puisse dire est que les musiciens de l'Opéra, qui pourraient se montrer d'autant plus conciliants qu'ils ne se privent pas d'encaisser des cachets à l'extérieur, ont manqué de courtoisie à l'égard du parterre de spectateurs étrangers venus applaudir les ballets. L'impression fut déplorable dans la salle. Heureusement le publie, lui, à l'Opéra, sait se tenir. Il y eut quelques sifflets mais peu de cris. Ceux qui regagnaient le vestiaire constataient seulement avec une juste colère que l'on signalait vraiment chez nous à perdre dans tous les domaines notre réputation de bon sens et de politesse.

LA GRÈVE DES MUSICIENS des théâtres lyriques nationaux

LE MONDE | 12.01.1946 

Nous sommes en mesure d'apporter quelques précisions au sujet de la grève qui a été déclenchée, mercredi soir, par les musiciens des orchestres de l'Opéra et de l'Opéra-Comique.

Il y a déjà plusieurs mois que les musiciens des théâtres lyriques nationaux et ceux de la radiodiffusion nationale appartenant au syndicat des musiciens, lui-même rattaché à la fédération du spectacle, ont des intérêts opposés.

Les musiciens de la radio assurent 374 services par an, de trois heures chacun, soit 1.122 heures; ceux des orchestres de l'Opéra et de l'Opéra-Comique 200 services par an, de quatre heures chacun, soit 800 heures.

Au mois de janvier 1945 les musiciens de la radio obtinrent une amélioration de traitements.

Aujourd'hui, en dépit de la différence dans le nombre d'heures de travail, leurs camarades des orchestres de l'Opéra et de l'Opéra-Comique exigent que leurs salaires soient élevés au même niveau.

Ajoutons que la fédération du spectacle accomplit actuellement les plus grands efforts pour faire cesser dans le plus bref délai une grève si préjudiciable aux intérêts de tous. Une importante réunion à laquelle assistent les représentants de la fédération du spectacle et des musiciens se tient encore à l'Opéra, au moment où nous écrivons ces lignes, pour essayer de résoudre la question : y réussira-t-elle tout de suite? L'Opéra et l'Opéra-Comique pourront-ils jouer l'un Faust, l'autre Werther, affichés pour ce soir ?

La grève des musiciens de l'Opéra et de l'Opéra-comique

LE MONDE | 14.01.1946 

Le conflit des musiciens n'est pas encore aplani. Il faut le regretter très vivement. Non seulement le public est privé des spectacles de l'Opéra et de l'Opéra-Comique, mais le personnel artistique des deux théâtres lyriques nationaux se trouve gravement lésé par suite du chômage qui lui est ainsi imposé.

Les grévistes arguent, pour justifier leurs revendications, des études qu'ils ont accomplies, des récompenses qu'ils ont obtenues au Conservatoire, pour tout dire, enfin, de leur talent. Mais les musiciens de la radiodiffusion nationale ont fait les mêmes études, ont remporté les mêmes récompenses, possèdent de semblables qualités artistiques. La preuve en est - ceci vient de nous être confirmé - que, durant ces quinze dernières années, de nombreux instrumentistes de la radio sont passés aux orchestres de l'Opéra et de l'Opéra-Comique; d'autres jouent, comme leurs camarades, dans les concerts symphoniques. Seul le nombre de services demeure donc en question ainsi que nous l'avons dit hier.

Une réunion s'est tenue ce matin, au syndicat des musiciens. Mettra-t-elle fin à cette grève pour le moins inopportune ?

L'Opéra-Comique ne jouera pas ce soir

LE MONDE | 14.01.1946 

Une réunion se tient depuis ce matin au syndicat des musiciens, 21 bis, rue Victor-Massé. Commencée à 10 heures, elle se poursuivait encore, à huis clos, à 14 h. 45.

L'administration des théâtres lyriques nationaux nous informe d'autre part que l'Opéra-Comique ne jouera pas ce soir. Elle fera savoir par la voie de la presse et de la radio si les représentations annoncées pour demain à l'Opéra et à l'Opéra-Comique auront lieu.

Les musiciens de l'Opéra et de l'Opéra-Comique ont repris leur service

LE MONDE | 15.01.1946 

Différentes réunions se sont tenues samedi, tant au syndicat des musiciens qu'à la direction des arts et des lettres. À l'issue de la dernière, qui eut lieu à 21 heures, le ministère de l'éducation nationale communiqua la note suivante :

" Les musiciens des orchestres des théâtres nationaux de l'Opéra et de l'Opéra-Comique ont notifié leur décision de reprendre leur service dimanche, laissant à leurs organisations le soin de poursuivre les négociations avec les ministères intéressés. "

Ainsi se trouve confirmée l'information que nous avons publiée vendredi.


 
23 janvier 1946 Paris Opéra reprise et 28ème représentation
Tchaïkovski Le Lac des cygnes (2ème acte) Nouvelle création (28ème représentation) Ballet de l'Opéra     Chorégraphie Victor Gsovsky d'aprés Marius Petipa et Lev Ivanoff Yvette Chauviré (Odette), Dynalix, Vaussard, Krempff, Lauvray, Guillot, Mail, Sianina (les Cygnes), Serge Peretti (le Prince Wolfgang), Efimoff (Benno), Ponti (Génie du mal), Bari (le Chasseur)
30 janvier 1946 Paris Opéra
Poulenc Les animaux modèles Reprise et 30ème représentation    Ballet de l'Opéra : Suzane Lorcia (La Cigale, la Mort), Christiane Vaussard (la Fourmi, la Poule), Yvette Chauviré (Elmire), Guillot et Mail (2 coquettes), Hamerer (la nourrice), Serge Peretti (le Lion amoureux, le Coq noir), Roger Ritz (le Coq blanc), Nicolas Efimoff (l'Ours, le Bûcheron), Duprez (Arnolph), Renault et Bari (2 chasseurs), Sauvageot, Decarli, Ponti, Duflot (les Paysans), Jammet (l'Homme entre 2 âges), Delannay (le Marchand)            Décors et costume de Brianchon - Chorégraphie de Serge Lifar



LA GRÈVE DES CHORISTES des théâtres lyriques nationaux

LE MONDE | 15.02.1946 

Un mois tout juste après les musiciens d'orchestre des théâtres lyriques nationaux, les choristes sont en grève. La cessation de travail des instrumentistes avait gêné la reprise d'Ariane et Barbe-Bleue. La grève des choristes, à la veille de la première de Fragonard à l'Opéra-comique et d'Antar à l'Opéra, est non moins inopportune. Mais les embarras causés a l'administration par leur attitude semblent le moindre souci des grévistes, qui ne paraissent pas non plus se rendre compte du tort irréparable qu'ils font à la musique française. Il est évident que les efforts faits par M. Maurice Lehmann pour assurer l'exploitation des deux scènes nationales dans des circonstances difficiles sont menacés de demeurer vains si, à chaque instant et sous tous les prétextes, le personnel s'applique à jeter le désarroi dans le fonctionnement des deux théâtres.

La situation des choristes parait cependant, à l'heure actuelle, acceptable, et c'est le moins qu'on puisse dire : Ils gagnent, au théâtre, de 11.000 à 12.000 francs par mois, et, pour beaucoup d'entre eux, ils ajoutent à cette somme les cachets qu'ils touchent dans les églises, alors que telle artiste du chant, premier prix du Conservatoire, débute à 6.000 francs par mois. Ils ont une retraite. Il serait souhaitable que choristes et musiciens comprissent que des exigences excessives, à l'heure où des compressions budgétaires s'imposent, risquent d'entraîner des conséquences dont ils seraient les premiers à pâtir.

R. D.


Antar Louis Fourestier CO chœurs  Siohan

28 février 1946 Paris, Opéra Gala France-URSS
Chostakovitch    Symphonie n°8

Regards du 15 mars 1946  
ROGER DESORMIËRES dirige la "8e Symphonie" de CHOSTAKOVITCH 
Ce n'est pas par hasard que la 8e Symphonie de Chostakovitch a été révélée à Paris, sous la baguette de Roger Desormières. 
Roger Desormières, par ailleurs directeur adjoint de l'Académie nationale de musique et de danse et directeur du ballet, est, en dépit de son jeune âge, un chef d'orchestre de renommée mondiale. 
Il fit ses études ,au Conservatoire de Paris, classe de flûte chez Xavier Letaux Leroux ?, classe d'harmonie chez Vincent d'Indy, puis, à la démobilisation, devint l'élève de Chartes-Marie Widor et de Charles Gaubert. 
En 1920, après avoir obtenu le prix Blumenthal, il quitta le Conservatoire, attiré aux jeunes mouvements (groupe des Six) par Honegger et Darius Milhaud. 
En 1925, après avoir connu les ballets suédois de Jean Borlin, Diaguileff l'invita à conduire, ses ballets, russes. A Paris même, il dirigea le grand orchestre symphonique, l'orchestre philharmonique de Paris, celui des concerts Colonne, Pasdeloup, etc. 
Roger Desormières est alors invité, en 1935, à un voyage en U. R. S. S. Il s'y lie avec de nombreux compositeurs soviétiques : Glière, Mossolov, l'auteur de Fonderies d'acier ; Miaskovsky, professeur de Prokofieff et père de vingt symphonies : enfin, Alexandroff, auteur de l'hymne soviétique.  
Desormières. vient de donner à Paris la 8e Symphonie de Chostakovitch, dans un gala organisé par France-U.R.S.S. 
Ce musicien russe est déjà l'auteur de neuf symphonies, deux opéras, deux ballets, vingt-quatre préludes, un concerto, des quintettes, quatuors et trios, ainsi que d'une importante production de musique de films, 
A travers l'effroyable épreuve endurée par l'Union soviétique, il a su trouver l'inspiration nécessaire à trois symphonies. Durant l'automne 1941 dans Léningrad assiégée, Chostakovitch écrivit la Septième héroiïque. Voici le commentaire littéraire que l'auteur a donné à son œuvre : 
« La 7e Symphonie est une composition inspirée par les événements terribles de 1941. Elle se compose de quatre portées. La première raconte comment, dans notre belle et paisible existence, fit irruption une force terrible : la guerre. Je ne me suis pas posé le problème de représenter d'une façon naturaliste les faits de la guerre (résonnement sic des avions, bruits des tanks, tirs des canons). Je n'ai pas composé une musique dite de bataille, j'ai voulu exprimer l'essence d'événements formidables. »  
La 7e symphonie, Symphonie de Stalingrad, est également, comme son titre le suggère, une tragédie: symphonique. La force des conflits dramatiques à l'issue desquels pointe l'éclaircie symbolique entraîne l'auditeur dans une vision où, en dehors du relief donné aux péripéties sauvages des combats, se dressent les ruines de la cité détruite, s'entendent les gémissements et les pleurs humains, éclate le rythme de la virilité, tels qu'ils furent engendrés par la réalité. 
Une neuvième symphonie entreprise par le compositeur doit, vraisemblablement, après un résumé narratif des souffrances et des efforts fournis par le pays, s'adapter, dans un mouvement d'ampleur, à la lumière dont s'emplit le final de la huitième et se terminer par l'hymne grandiose de la victoire. 
Michel ROCHE-VARGER. 
12
Regards du 15 mars 1946



Le Monde



René Dumesnil dans le Monde du 19 mars 1946

LES CONCERTS

LE MONDE | 19.03.1946

René Dumesnil.

   Écrite dans Leningrad assiégé, la Septième Symphonie de Chostakovitch films laissait le souvenir d'une œuvre pleine d'intentions généreuses, mais de proportions fort excessives pour la substance musicale qu'elle renferme. La huitième, récemment donnée à l'Opéra, est à peine moins longue ; elle dure près d'une heure, et cependant elle semble, auprès de sa devancière, beaucoup moins étendue. Certes, les développements auraient pu être resserrés sans qu'elle y perdit, bien au contraire ; mais elle est intéressante d'un bout à l'autre, et même elle s'élève assez haut par instants. Il est difficile d'analyser même brièvement, après une seule audition, un tel ouvrage. Ce que l'on peut affirmer, c'est qu'il témoigne en faveur de ce musicien puissant et fécond. Si Chostakovitch parvient à se concentrer plus encore, on peut attendre de lui des œuvres qui le placeront au premier rang. Le compositeur qui a conçu l'adagio du premier mouvement, le scherzo et la passacaille que nous venons d'entendre, qui a orchestré - sans pitié pour les trombones, mais avec quelle réussite ! - certain épisode de la troisième partie, celui-là porte en lui les qualités qui font les maîtres.

   M. Roger Désormière a dirigé avec son autorité coutumière cette difficile partition, éclairant du jour exact qui leur convenait tous les détails d'une instrumentation touffue, et dégageant pleinement l'émotion d'un ouvrage qui exige du chef auquel il est confié autant de finesse et de pénétration que de soins minutieux. (…)



? mars 1946 Vienne ?
Poulenc Concert Champêtre avec Francis Poulenc au piano


LES CHORISTES DE L'OPÉRA ET DE L'OPÉRA-COMIQUE FERONT-ILS GREVE ?

LE MONDE | 17.04.1946

A la suite des pourparlers engagés entre la direction des arts et des lettres et la fédération du spectacle concernant le rajustement îles salaires des choristes, des danseurs et du petit personnel des théâtres lyriques nationaux, la partie ouvrière avait fixé au 15 avril la date limite pour décider d'un arrêt du travail au cas où les négociations n'auraient pas abouti.

Selon la fédération du spectacle, aucune mesure n'ayant encore été prise à ce sujet par les pouvoirs publics, M. Maurice Lehmann reçut ce malin, à 11 heures, les délègues de la fédération du spectacle, des chœurs et du petit personnel de l'Opéra et de l'Opéra-Comique. L'entretien prit fin à midi 30. Une nouvelle réunion a lieu à 14 h. 30, au cours de laquelle interviendra une décision définitive concernant la grève envisagée.

LA GRÈVE DES THÉÂTRES LYRIQUES NATIONAUX

LE MONDE | 18.04.1946 

L'administration de la réunion des théâtres lyriques nationaux communique la note suivante :

Les représentations des théâtres nationaux de l'Opéra et de l'Opéra-Comique sont suspendues jusqu'à nouvel ordre.

Ces théâtres feront donc relâche ce soir mercredi et les jours suivants.

L'Opéra-Comique n'a pas joué hier soir.

On se souvient qu'une grève des musiciens d'orchestre, puis, quelques jours plus tard, une grève des choristes, interrompirent les représentations des théâtres lyriques nationaux. Ces conflits n'avaient point pour cause des revendications nouvelles du personnel de ces deux scènes. La reclassification du personnel et le rajustement des salaires étaient envisagés depuis longtemps, en accord avec l'administration de ces théâtres. La date limite du 15 avril avait été fixée, de part et d'autre. Mais les finances n'ont pris aucune mesure pour donner satisfaction aux intéressés, qui, au cours de la réunion tenue hier, ont décidé de suspendre le travail.

On fait remarquer que les artistes des chœurs, par exemple, ne reçoivent actuellement qu'un salaire brut de 9 100 francs par mois, dont il faut déduire l'impôt cédulaire, les assurances sociales et les retenues pour la retraite, Que certains choristes chantent dans les églises et donnent des leçons, c'est leur droit, en dehors des heures de travail. Le mouvement de protestation du personnel des théâtres lyriques n'est nullement dirigé contre l'administration de ces théâtres; il vise à attirer l'attention des pouvoirs publics sur une catégorie d'artistes et de travailleurs du spectacle dont les traitements et salaires n'ont pas obtenu l'augmentation accordée à d'autres travailleurs.

LE PERSONNEL DES THÉÂTRES LYRIQUES DÉCIDE LA REPRISE DU TRAVAIL

LE MONDE | 19.04.1946 

A la suite d'une réunion tenue ce matin par les différentes catégories de personnel des théâtres lyriques nationaux, la reprise immédiate du travail a été décidée.

En conséquence, le cours des représentations annoncées reprendra ce soir par la représentation de " Carmen ", à 20 h. 15, à l'Opéra-Comique.

LA GREVE DES THÉÂTRES LYRIQUES NATIONAUX

LE MONDE | 29.04.1946

Une assemblée générale du personnel de l'Opéra et de l'Opéra-Comique se tient aujourd'hui, à 16h.15, à l'Opèra-Comique, en vue de décider la reprise du travail ou la continuation de la grève.   

La grève des théâtres lyriques nationaux

LE MONDE | 30.04.1946 

Le personnel de l'Opéra et de l'Opéra-Comique, qui, ainsi que nous l'avons dit, s'est réuni samedi après-midi en assemblée générale, a " décidé de maintenir son mouvement revendicatif jusqu'à ce que satisfaction lui soit accordée ".

Les grévistes de l'Opéra et de l'Opéra-Comique décident la reprise du travail

LE MONDE | 04.05.1946 

À l'issue de l'assemblée générale du personnel de l'Opéra et de l'Opéra-Comique qui s'est tenue ce malin, à 11 heures, à l'Opéra-Comique, on apprenait que la reprise du travail venait d'être votée sous réserve que les pourparlers engagés continueraient jusqu'à ce que satisfaction soit donnée aux demandes ayant fait l'objet de la grève.





8 avril 1946 Genève, Grand Théâtre 
Orchestre de la Suisse Romande
Rameau Castor et Pollux, extraits     Ballet de l'Opéra de Paris
Wolff L'Oiseau bleu, extraits      Ballet de l'Opéra de Paris
Fauré Dolly      Ballet de l'Opéra de Paris
Lalo     Suite en blanc (Namouna)     Roger Fenonjois Mlles Ivanoff et Lafond, MM. Ritz et Bozzoni    Ballet de l'Opéra de Paris
Dukas La Péri      Ballet de l'Opéra de Paris
Ravel La Valse      Ballet de l'Opéra de Paris
Poulenc Les Animaux modèles     Ballet de l'Opéra de Paris
Chabrier Menuet pompeux     Ballet de l'Opéra de Paris
Honegger L'Appel de la montagne, extraits          Ballet de l'Opéra de Paris

avril 1946 Genève, Grand Théâtre 
Orchestre de la Suisse Romande
Rameau Castor et Pollux, extraits     Ballet de l'Opéra de Paris
Wolff L'Oiseau bleu, extraits      Ballet de l'Opéra de Paris
Fauré Dolly      Ballet de l'Opéra de Paris
Lalo     Suite en blanc (Namouna)     Roger Fenonjois Mlles Ivanoff et Lafond, MM. Ritz et Bozzoni    Ballet de l'Opéra de ParisDukas La Péri      Ballet de l'Opéra de Paris
Ravel La Valse      Ballet de l'Opéra de Paris
Poulenc Les Animaux modèles     Ballet de l'Opéra de Paris
Chabrier Menuet pompeux     Ballet de l'Opéra de Paris
Honegger L'Appel de la montagne, extraits          Ballet de l'Opéra de Paris

Journal de Genève du 8 avril 1946

12 avril 1946 Lausanne, Théâtre municipal 
Orchestre de la Suisse Romande
Rameau Castor et Pollux, extraits     Ballet de l'Opéra de Paris
Wolff L'Oiseau bleu, extraits      Ballet de l'Opéra de Paris
Fauré Dolly      Ballet de l'Opéra de Paris
Lalo     Suite en blanc (Namouna)     Roger Fenonjois Mlles Ivanoff et Lafond, MM. Ritz et Bozzoni    Ballet de l'Opéra de Paris
Dukas La Péri      Ballet de l'Opéra de Paris
Ravel La Valse      Ballet de l'Opéra de Paris
Poulenc Les Animaux modèles     Ballet de l'Opéra de Paris
Chabrier Menuet pompeux     Ballet de l'Opéra de Paris
Honegger L'Appel de la montagne, extraits          Ballet de l'Opéra de Paris

13 avril 1946 Lausanne, Théâtre municipal 
Orchestre de la Suisse Romande
Rameau Castor et Pollux, extraits     Ballet de l'Opéra de Paris
Wolff L'Oiseau bleu, extraits      Ballet de l'Opéra de Paris
Fauré Dolly      Ballet de l'Opéra de Paris
Lalo     Suite en blanc (Namouna)     Roger Fenonjois Mlles Ivanoff et Lafond, MM. Ritz et Bozzoni    Ballet de l'Opéra de Paris
Dukas La Péri      Ballet de l'Opéra de Paris
Ravel La Valse      Ballet de l'Opéra de Paris
Poulenc Les Animaux modèles     Ballet de l'Opéra de Paris
Chabrier Menuet pompeux     Ballet de l'Opéra de Paris
Honegger L'Appel de la montagne, extraits          Ballet de l'Opéra de Paris

Le Monde du 16 avril 1946

LES BALLETS DE L'OPÉRA à Lausanne et à Genève

LE MONDE | 16.04.1946

OLIVIER MERLIN.

Genève, 15 avril. - Les ballets de l'Opéra, présentés tout au long de la semaine sur les bords du lac Léman, ont enchanté le public suisse. Dues à l'initiative de l'Association française de l'expansion artistique, ces représentations constituaient en fait un agréable panaché de notre art chorégraphique peu souvent savouré sur la scène même de l'Opéra. Conduite par son chef officiel, M. Roger Dêsormière, la sélection du corps de ballet triompha dans sa plus pure tradition en dansant tour à tour à Lausanne et à Genève devant des salles combles. L'amour-propre ne pouvait rester insensible à cette faveur, qui a servi fort opportunément notre propagande et n'a eu d'égal que le triomphal passage de la compagnie Diaghilev en 1923.

   La troupe de l'Opéra étonna surtout par l'audace de ses ballets modernes et par la jeunesse de ses premiers sujets. On avait tendance, ici comme à Paris, à considérer quelque peu notre École nationale de danse comme hors cadre, hors du temps, et à ne voir encore nos ballerines que sous les traits chiffonnés et les chignons des petits " rats " immortalisés par Degas. Le poème de la Péri, en révélant aux Suisses la musique dramatique de Paul Dukas et l'ensorcelante Mlle Bourgeois dansant le scalp autour de M. Serge Peretti; le divertissement des Animaux modèles, en leur faisant apprécier la fraîcheur d'inspiration de Francis Poulenc, et la charmante Mlle Vaussard, ont démontré aux Vaudois que noire scène officielle ne se cantonnait pas uniquement dans le répertoire classique.

   Trois autres réalisations chorégraphiques ont paru surprendre et séduire également le public suisse : Dolly, de Gabriel Fauré - lequel a heureusement d'autres titres de gloire, - la Valse, de Ravel, où les crinolines tourbillonnent, tourbillonnent, sans parvenir toutefois à nous émouvoir, et les Ingénues qu'en robes à rubans, Mlles Dynalix, Guillot et Hammerer représentent dans le silence et la seule musique du vers de Verlaine.

   Notre chorégraphie classique recueillit cependant la plus grosse part du succès, ce qui prouve que le ballet en blanc est toujours le fleuron inimitable de notre Académie nationale. La " Suite en blanc ", tirée de Namouna, d'Edouard Lalo, qu'on se doit de mettre à l'affiche de l'Opéra, présenta successivement Mlles Ivanoff et Lafond, MM. Ritz et Bozzoni, dans des variations, des pas de trois, des adages, des mazurkas, des sérénades, plus ravissants les uns que les autres, où M. Roger Fenonjois, véritable triomphateur de ces représentations, fit acclamer son aérienne virtuosité.

   Si nos amis suisses restèrent éblouis, les fervents de l'Opéra venus de France ne furent pas moins charmés. Ils eurent notamment l'occasion d'admirer de somptueux costumes du XVIIIe siècle que, sur l'instigation de M. René Lehmann, Mme Thiébault, la dame d'atours du voyage, avait eu la mission de rechercher dans les penderies secrètes du palais Garnier.

   Tout concourut au succès de cette semaine : les mille prévenances de nos hôtes, l'impeccable présentation du spectacle et un constant enchantement devant le féerique panorama du lac.





21 mai 1946 Programme national  
Désormière     Roméo et Juliette     Avec Jean Cocteau dans le rôle de Mercutio, et le groupe théâtral « Mai 36 », notamment  Julien Bertheau (Roméo) et Renée Faure (Juliette)


Journal de Vichy du 21/22 mai 1946
24 mai 1946 Vichy, Grand Casino Orchestre Radio Lyrique de la RDF
IIème congrès national du tourisme
Massenet Manon (principaux airs) au chant Janine Micheau, Georges More et Paul Cabanel     au piano Ginette Doyen ?
Chabrier Suite pastorale
Franck Variations symphoniques
Gounod     Le Médecin malgré lui (ouverture) 
Gounod     Roméo et Juliette (actes de la chambre et du tombeau)      au chant Janine Micheau, Georges More et Paul Cabanel     au piano Ginette Doyen ?
Liszt    Concerto pour piano        au piano Raymond Trouard

Journal de Vichy du 29 mai 1946


21 mai 1946 Programme national  
Désormière     Roméo et Juliette     Avec Jean Cocteau dans le rôle de Mercutio, et le groupe théâtral « Mai 36 », notamment  Julien Bertheau (Roméo) et Renée Faure (Juliette)

7 juin 1946 Paris, Opéra
Méhul Joseph Recréation à l'Opéra par Reynaldo Hahn (œuvre créée le 17 février 1807 au théâtre Feydeau alors Théâtre national de l'Opéra-comique à Paris)
Lalo  Suite en blanc (d'après Namouna)    21ème représentation Ballet de l'Opéra Mlles Bardin, Christiane Vaussard, Guillot, Gérodez, L.Mail, Lafon MM. Roger Ritz, Bozzoni, Legrand


Le Monde du 9/10 juin 1946

" Joseph "

LE MONDE | 10.06.1946

René Dumesnil

   La reprise de Joseph est mieux et plus que la réparation d'une injustice, puisqu'elle est, pour le plus grand nombre des auditeurs, la révélation d'un chef-d'œuvre. Bien sûr, le nom de Méhul n'est pas de ceux qu'on ignore : tous les Français ont frémi aux accents du Chant du départ, et beaucoup, qui ne savent même pas le titre du Jeune Henry, connaissent au moins les thèmes d'une ouverture demeurée largement populaire. Mais ce n'est pas assez, et l'on a trop oublié que Méhul n'est pas seulement l'auteur de ces pages célèbres. Nos théâtres l'ont trop dédaigné, et comme Joseph vient, grâce à M. Reynaldo Hahn, de rentrer au répertoire de l'Opéra, l'Irato devrait reparaître sur la scène de l'Opéra-Comique, et nos grands concerts pourraient eux aussi rendre à Méhul une place que ses deux Symphonies lui auraient conservée si nous n'étions point des ingrats, trop oublieux de nos propres gloires.

   Joseph fut créé sur la scène de l'Opéra-Comique le 17 février 1807. Si le livret d'Alexandre Duval, si la partition de Méhul elle-même, portent la marque de cette époque, cela n'empêche point l'ouvrage de se hausser fort au-dessus de toute la production contemporaine, tout comme Fidelio. Bien des pages de Joseph font d'ailleurs songer à l'opéra de Beethoven, animées qu'elles sont d'un même souffle et d'une pareille grandeur. On prend à les écouter comme un bain de pureté ; elles purifient en effet, elles étonnent par le dédain de tout artifice, de tout ce qui n'est pas l'essence même de la musique. Jamais art n'a été plus simple, plus direct, plus profondément humain ; jamais non plus musicien ne semble avoir été plus sincère ; et c'est cette qualité si rare, c'est la franche et géniale naïveté de la mélodie, la solidité aussi d'un soutien harmonique pareillement réduit à l'essentiel, qui permettent de négliger les faiblesses d'un livret parfois puéril, mais dont l'imperfection littéraire disparaît sous la qualité d'une inspiration musicale qui, elle, ne faiblit jamais. Dès l'ouverture on est conquis ; on s'abandonne, et il faudrait plaindre ceux qui, de parti pris, résisteraient.

   M. Reynaldo Hahn a dirigé les études de cette reprise; il conduit l'orchestre, et on ne saurait trop louer le soin respectueux, la conscience et le goût dont il a fait preuve dans cette tâche difficile. La représentation de Joseph honore l'Opéra, et si le public exigea que M. Reynaldo Hahn, au baisser du rideau, parût en scène avec les protagonistes, ce ne fut que justice. Rarement, d'ailleurs, la troupe de l'Opéra a montré pareille homogénéité : il n'y a pas une tache dans cet ensemble discipliné, et s'il convient de mentionner tout particulièrement M. Edmond Rambaud, qui interprète Joseph en chanteur consommé et dans un style impeccable, on doit les mêmes éloges à M. Endrèze, qui est un admirable Jacob, à Mme H. Saint-Arnaud, qui compose un Benjamin touchant et sans fadeur, à M. Fronval, pathétique avec sobriété dans Siméon; et il faudrait citer avec eux tous leurs camarades, sans oublier les chœurs de M. Robert Siohan.

   Le spectacle s'achevait par la reprise de Suite en blanc, extraite de Namouna, M. Désormière, au pupitre, donna de l'exquise partition d'Edouard Lalo une interprétation alerte et nuancée à souhait. La place m'est trop mesurée pour parler comme il se devrait de ce ballet et je me borne à enregistrer le très vif succès remporté par les protagonistes : Mlles Bardin, Vaussard, Ivanoff, Guillot, Gérodez et Mail ; MM. Ritz et Bozzoni. 


Regards du 26 juin 1946
Actuellement, jusqu'au 30, se tient Sale Pleyel le Congrès de la Pensée
française au service de la Paix, organisé par l'Union nationale des Intellectuels. Les plus hauts représentants des lettres, des arts et des
sciences y étudient les grands problèmes actuels. Parmi eux : MM. Georges Duhamel, Pierre Blanchar, Frédéric Joliot-Curie, Jean Cassou, Jean Schlumberger, Paul Langevin, Aragon, Jean-Louis Barrault, Roger Desormières, Paul Eluard, François Mauriac, Jean Painlevé, Armand Salacrou, Henri Wallon, etc.
Le Congrès est public.

4 juillet 1946 Paris, Opéra
Delibes/Busser    Soir de fête    Ballet créé par Léo Staats en 1925    200ème représentation    Christiane Vaussard et Roger Ritz

7 juillet 1946 Vienne, Theater an der Wien (alors Opéra d'Etat de Vienne)
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), ? (Geneviève), ? (Arkel), ? (Yniold), ? (le médecin)…

9 juillet 1946 VienneTheater an der Wien (alors Opéra d'Etat de Vienne)
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), ? (Geneviève), ? (Arkel), ? (Yniold), ? (le médecin)…

11 juillet 1946 VienneTheater an der Wien (alors Opéra d'Etat de Vienne)
Debussy Pelléas et Mélisande        avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), ? (Geneviève), ? (Arkel), ? (Yniold), ? (le médecin)…

14 juillet 1946 Paris, Opéra
Delibes/Busser    Soir de fête




Ce que sera la prochaine saison à l'Opéra et à l'Opéra-comique

LE MONDE | 18.07.1946

HENRI KLOTZ.

   Nous avons eu un entretien avec M. Georges Hirsch, au cours duquel l'administrateur de la réunion des théâtres lyriques nationaux nous a fait part de ses projets pour la saison prochaine. De fréquentes conversations ont eu lieu en effet entre lui. M. Reynaldo Hahn, directeur de l'Opéra, et M. Henry Malherbe, directeur de l'Opéra-Comique, pour fixer les programmes.

   " Tout d'abord, nous dit M. Georges Hirsch, les artistes du chant de l'Opéra feront leur rentrée le xx août. Nous reprendrons donc, à ce moment, le répertoire lyrique : Rigoletto, la Flûte enchantée, le Roi d'Ys, Boris Godounov. Seront également affichés : le Vaisseau fantôme, de Wagner; la Tour de feu de Sylvio Lazzari, et Olello, de Verdi. Nous avons l'intention d'effectuer les créations, à l'Opéra, de Sadko, de Rimsky-Korsakow, et du Prince Igor, de Borodine. Nous voudrions rejouer aussi le Coq d'or, de Rimsky-Korsakow ; Orphée de Gluck. Nous comptons remonter Faust, dans une mise en scène nouvelle, et reprendre Don Juan. D'autre part, le comité consultatif fera connaître son avis au sujet de la création éventuelle de l'Oiseau bleu, de Maurice Maeterlinck, musique d'Albert Wolff, qui sera chef d'orchestre des deux théâtres lyriques nationaux. Nous aurons aussi Padmavati, l'opéra-ballet d'Albert Roussel. En dehors des ouvrages que je monterai moi-même, les différentes mises en scène seront assurées par Pierre Chéreau et par des metteurs en scène de l'extérieur.

   Nous réserverons la saison prochaine aux ballets, nous dit également M. Georges Hirsch, un éclat tout particulier avec le concours du maître de ballets Balanchine, présentement à Hollywood, et de l'étoile Olga Toumanova. Des ballets seront créés, dont plusieurs réglés par des maîtres français : Albert Aveline. Marcel Berger. Les décors seront confiés à des artistes de talent. Mme Valentine Hugo a déjà accepté de dessiner les maquettes de l'un d'eux. Nous pouvons citer : Sylvia, Diane de Poitiers, les Malheurs de Sophie, Lucifer, l'Oiseau de feu, etc.

Pour les artistes, à part une ou deux exceptions, les chanteurs les plus renommés continueront de paraître sur les deux grandes scènes lyriques. Nous y ajouterons M. Raoul Jobin, de retour d'Amérique ; M. Romagnoni, M. Barnier, M. Charles Richard, M. André Pernet, M. Nougaro, et d'autres chanteurs de haute valeur. "

Tout cela nécessite des crédits qui ont été demandés et que l'administrateur général espère obtenir, étant convenu que s'il entend réaliser de larges économies par une réorganisation intérieure des deux théâtres il veut avant tout, nous a-t-il précisé, marquer son action par un renouveau artistique qui augmentera encore le prestige de l'Opéra et de l'Opéra-Comique, ces deux premières scènes lyriques du monde.

En ce qui concerne l'Opéra-comique, M. Henry Malherbe nous a dit d'autre part :

" D'accord avec M. Georges Hirsch, nous voulons adapter à la vision moderne tous les décors et costumes des grandes pièces du répertoire. Déjà un effort sérieux, que nous poursuivrons, a été fait dans ce sens. Il faut en effet que décors et costumes soient désormais dessinés et peints par les plus importants de nos artistes d'aujourd'hui, et que le côté décoratif d'une œuvre musicale soit, en quelque sorte, la transposition visuelle et comme la " projection coloriée " d'une partition. Une entente absolue doit exister entre le compositeur et le peintre. Il est indispensable que la musique, avant tout la musique française, domine sur toutes choses au théâtre lyrique. Je m'attacherai de toutes mes forces à faire triompher la vraie musique.

" Dès le mois de septembre, poursuit M. Henry Malherbe, l'Opéra-comique reprendra le Roi malgré lui, d'Emmanuel Chabrier, un admirable maître français qui est à la racine de toute la musique moderne. En octobre, nous redonnerons Pelléas et Mélisande dans des décors et avec des costumes nouveaux, et tels que les désirait Claude Debussy lui-même, qui, de son vivant, m'a toujours témoigné une vive amitié. Je connais bien ses idées là-dessus. Je ferai l'impossible pour les respecter.

Comme créations, nous envisageons celles des Mamelles de Tirésias, d'Apollinaire et Francis Poulenc ; de Guignol, de M. Justin Godart et Henri Fabert, musique de M. André Bloch ; d'une œuvre nouvelle de MM. Pierre Emmanuel et Olivier Messiaen, et d'autres partitions dues à des musiciens français modernes.

" Grâce à M. Georges Hirsch, nous dit enfin M. Henry Malherbe, les distributions seront particulièrement soignées, et toutes les illustrations de la scène musicale y participeront. Par exemple, pour ne citer que les chefs d'orchestre, le public pourra applaudir, à côté des chefs habituels, les plus grands maîtres, tels que MM. Paul Paray, Albert Wolff, Eugène Bigot, Gustave Clœz. "




8 novembre 1946 Paris, Opéra     qui dirige ?
Berlioz  Les Troyens, la marche création du "Grand Défilé" du Ballet de l'Opéra de Paris



21 novembre 1946 Paris, Théâtre des Champs-Élysées 
concert de la Pléiade 
Orchestre de la radiodiffusion française
Falla     Première (deuxième ?) Suite du Tricorne     Création
Chavez     Concerto pour quatre cors et orchestre     Création en Europe      aux cors Courtinat, Robin, Richard et Albert
Françaix     La Doulce France     Création
Stravinsky     Troisième Symphonie     Création en Europe

LES CONCERTS

LE MONDE | 27.11.1946

René Dumesnil.

   Après un hommage à Manuel de Falla - et ce fut un enchantement que cette deuxième suite du Tricorne, si alerte, si spirituelle, et si profondément espagnole - M. Roger Désormière, qui, ce soir-là, dirigeait l'Orchestre national pour le concert de la Pléiade, nous a donné trois œuvres nouvelles. Du Concerto pour quatre cors de M. Carlos Chavez, compositeur mexicain, on garde une impression fâcheuse. Rien dans cet ouvrage ne retiendrait l'attention si sa laideur extrême, et qui semble voulue, hélas ! ne l'imposait cruellement au souvenir. Venant ensuite, la Doulce France, de M. Jean Françaix, se parait aisément de toutes les grâces, trop souvent superficielles, d'une musique dont les complications harmoniques laissent au moins paraître la piquante légèreté. L'auteur a voulu évoquer Versailles et Fontainebleau, nous dit-on. Il se peut : son charmant babillage exprime, en tout cas, une joie qui fui celle de la " doulce France " en des temps heureux ; et on lui sait gré de nous avoir ménagé cet instant de fraîcheur reposante. La pièce principale était la Troisième Symphonie de M. Igor Strawinsky, écrite en 1945. Encore qu'elle se pare d'une instrumentation qui est d'un maître incontesté, l'œuvre nouvelle nous a déçus, il faut l'avouer. Strawinsky nous a tout dit sans doute de ce qu'il avait à dire, et nous ne retrouvons là que des souvenirs, et point renouvelés, une sorte de résumé de toutes ses recherches, de toutes ses " manières ", celles de l'Oiseau de feu et celles du Sacre du printemps, celles du Rossignol et de l'Octuor, et puis encore un souci de construction classique que semble parfois contredire la diversité des styles juxtaposés. La Troisième Symphonie laisse une impression de " décousu ", qu'une nouvelle audition ne parait pas devoir effacer, et que la direction parfaite de M. Roger Désormière n'est point non plus parvenue à masquer.

   Quelques jours plus tôt, M. Gaston Poulet étant au pupitre, le même orchestre nous avait révélé une suite de M. Benjamin Britten, Soirée musicale, d'après Rossini. Musique colorée, variée, inégale peut-être, mais attrayante en de nombreux endroits, et qui obtint le plus vif succès.



12 décembre 1946 Paris Orchestre de la radiodiffusion française
Rameau ????
Mendelssohn Concerto pour violon         au violon ???
Messiaen ????
Milhaud Suite n°2

26 décembre 1946 Paris Orchestre de la radiodiffusion française
Rameau/Désormière Les Paladins (extraits)
Beethoven Concerto pour piano n°4     au piano Claudio Arrau
Koechlin La Nuit de Walpurgis classique, op. 38
Milhaud     Symphonie n°2 ou    Symphonie de chambre n°2 ???


1947 : 20 dates

Balanchine passe 4 mois à l'Opéra de Paris à l'invitation de Désormière :
création de Sérénade et du Palais de cristal (voir ci-dessous)
? reprise d'Apollon musagète et du Baiser de la fée ?

La Maison-Dieu : cahiers de pastorale liturgique N40 en ??? 1947

     (…)

Le programme de « Travail et Culture » (T.E.C.)

COOPÉRATIVES ET ÉCOLES DE SPECTATEURS

Avec le concours artistique de MM. Dullin, Barrault, Dux, Barsacq, Daquin, Becker, Delannoy, Carné, Soulima, Strawinky, Wandel, Desormières, Georges Auric, Bourdariat, Fr. Michel, Delvincourt, Cluytens, Goerg, Fougeron, etc., ces coopératives et écoles se proposent de permettre aux jeunes des milieux populaires (syndicats, mouvements dk jeunesse, etc.) d'entrer en contact avec les grandes œuvres du théâtre, du cinéma, de la musique, de la danse, de la peinture et de préciser les exigences de ce vaste public éclairé et organisé.

A cet effet, elles offrent : des billets spéciaux à tarifs fortement réduits; des conférences d'initiation réalisées par les grands maîtres de notre temps; des spectacles ou expositions réservés à leurs adhérents; un bulletin d'information (C.I.D.) et des fascicules de documentation : Les Cahiers du C.I.D.

En outre, un bureau des fêtes organise dès spectacles, concerts ou expositions dans les usines et foyers ouvriers.

Ces coopératives sont les suivantes : Théâtre : C.I.D., Culture et initiation dramatique.

Cinéma : C.I.C., Culture et initiation cinématographique.

Musique : C.I.M. Culture et initiation musicale.

Danse : C.C., Culture chorégraphique.

Peinture : C.I.P., Culture et initiation plastique.

Direction des Coopératives de spectateurs : J.-M. SERREAU. Direction du Bureau des fêtes : ROGER BLIN.

La masse des travailleurs n'a jamais trouvé dans les organisations qui se proposaient une tâche d'éducation populaire la satisfaction complète de son profond besoin de culture.

La transposition malheureuse de la « culture universitaire » essentiellement passive, la profonde coupure qui sépare l'élite de la masse, une méconnaissance absolue de la psychologie de « l'homme de la rue » aliéné de son travail et incapable de vivre pleinement son temps libre, ont été les pircipales causes de ces échecs.

Cependant divers éducateurs et artistes, à l'appel des services sociaux d'usines, des syndicats, des dirigeants des colonies de vacances et des collectivités de jeunesse, ont poursuivi isolément depuis plusieurs années des expériences d'éducation populaire, qui permettent de dégager les principes de cette éducation nouvelle.

C'est pour répondre de la façon la plus complète possible aux très nombreuses demandes des organisations ouvrières et des mouvements de jeunesse que ces éducateurs sé sont réunis et que s'est constituée en août 1944 l'Association « Travail et culture ».

CENTRE DE CULTURE POPULAIRE

Le Centre de culture populaire se propose : d'élaborer les techniques d'expression qui permettront à tous de se libérer d'un rationalisme trop mécanique ou d'une rigidité sans grâce; de donner aux usagers des mouvements de jeunesse et aux classes laborieuses en général les éléments d'une nouvelle culture fondée non pas sur une hypertrophie du sens critique, mais sur le droit qu'a chacun de s'épanouir librement; de permettre une communion profonde entre les artistes les plus authentiques de l'heure présente et les masses en tant qu'ils participent tous à la même inquiétude.

A cet effet, il offre : a) des cours du soir réservés aux adhérents des mouvements de jeunesse, des organismes de loisir, des jeunes des syndicats, etc.; b) des stages dans lesquels sont formés des moniteurs d'activité culturelle mis ensuite à la disposition des dites collectivités; c) des équipes d'animation et de démonstration circulant à travers les collectivités parisiennes et provinciales afin d'éveiller le goût des activités culturelles et d'aider à des réalisations artistiques locales.

(…)



??? 1947 Quinzaine de la musique autrichienne à l'occasion de l'expo des musées de Vienne 
??? Concerts
Berg    Concerto pour violon
Berg    3 Extraits de Wozzeck 
Berg    Suite lyrique
Schoenberg     Le Pierrot lunaire 
Haydn     ???
Mozart     ???
Schubert      ???
Mahler     ???

10 janvier 1947 Genève, Grand Théâtre Orchestre de la Suisse Romande
Gounod Mireille avec Joseph Peyron, Solange Delmas, Mmes de Montmollin et Pernet, Michel Dens, Charles Clavensy, Derek Olden, Robert Furon, Robert Burgnard, Willy Flay

12 janvier 1947 Genève, Grand Théâtre Orchestre de la Suisse Romande
Gounod Mireille avec Joseph Peyron, Solange Delmas, Mmes de Montmollin et Pernet, Michel Dens, Charles Clavensy, Derek Olden, Robert Furon, Robert Burgnard, Willy Flay

24 janvier 1947 Paris, Opéra
Tchaïkovski Le Lac des cygnes
Présentation de l'Ecole de danse    Berlioz        La marche des Troyens
Ibert (d'après des airs et danceries du XVIème siècle)     Diane de Poitiers Reprise     Chorégraphie de Marcel Bergé      danseurs : Micheline Bardin (Diane), Lafon (une Demoiselle d'honneur), Roger Ritti (le Roi), Legrand (le Marchand d'orviétan), Efimoff (premier Moscovite) 
Artistes du chant : Mmes Laurence, Couvidoux (les Musiciennes) MM. Rouquetty, Petitpas (les Musiciens)

OPÉRA : " DIANE DE POITIERS "

LE MONDE | 28.01.1947

RENÉ DUMESNIL.

   Nous gardions mémoire (il y aurait eu de l'ingratitude à ne point s'en souvenir) de la Diane de Poitiers que nous révéla somptueusement Mme Ida Rubinstein au printemps de 1931. De rares exécutions de quelques épisodes, dans les concerts, avivaient notre désir de voir l'ouvrage de M. Jacques Ibert entrer au répertoire de l'Opéra. Il y est à sa place, d'abord par la qualité d'une partition de haute tenue et pleine de travailles heureuses, par la magnificence du spectacle, des décors et costumes d'A. Benois, et puis enfin parce que l'ingénieux livret de Mme Elisabeth de Gramont a permis au compositeur de renouveler la forme qui est à l'origine même de notre théâtre lyrique : le divertissement de cour. Tentative heureuse à l'heure où tout le monde constate l'épuisement des genres qui pendant deux siècles ont alimenté l'Opéra, l'usure des formules périmées. Remonter aux sources, sans négliger pour autant les acquisitions récentes, n'est-ce point la meilleure manière de " faire du nouveau " ? Plus que tout autre, M. Jacques Ibert était qualifié pour une telle entreprise. Il l'a réussie admirablement. Grâces lui soient rendues.

   Mme de Gramont lui proposait une série d'images, de belles enluminures, dont la vie de Diane de Poitiers formait le sujet. Diane, duchesse de Valentinois, reçoit en son château hommages et présents : une ambassade de Venise, un marchand d'orviétan, des Moscovites, des seigneurs espagnols menant de belles captives incas. Diane saisit un arc que ceux-ci lui apportent, et, entendant au loin les trompes de la chasse royale, improvise un divertissement mythologique : elle est Diane chasseresse et feint de poursuivre deux faons. Son royal amant survient et l'admire. Au second tableau, Diane prend au matin son bain de rosée, au fond du parc. Henri II, une fois encore la rejoint, et lui redit sa tendresse. Le finale nous conduit dans un port méditerranéen. Bourgeois, seigneurs, gardians de la Camargue, matelots et pêcheurs s'empressent devant la galère qui doit emporter Diane et le roi vers quelque Cythère. Les tambours retentissent, précédant le cortège. Farandole, liesse populaire, et, sur des airs de pavane et de gaillarde, le couple heureux danse à son tour avant que de prendre passage sur le navire.

   Point d'intrigue compliquée, mais une série de tableaux heureusement variés : comme dans le ballet de cour, les chants alternent avec les airs à danser. Et c'est la l'une des réussites de M. Jacques Ibert : il a enchâssé dans sa musique quelques chefs-d'œuvre de nos maîtres de la Renaissance. Passereau, Janequin, Claude Gervaise lui ont fourni les plus belles de leurs polyphonies. Il les a si habilement utilisées, il a lui-même - et sans souci de pastiche - écrit une musique colorée de teintes archaïques, mais personnelles, si justes, que le point de jonction se devine à peine. Un voisinage semblable eût été bien dangereux si M. Jacques Ibert n'était un musicien de race, et qui sait écrire aussi bien une rumba pour la danse des Incas, un hopak pour le pas des Moscovites, avec autant de sûreté, avec un goût aussi parfait.

   J'entendais quelques grincheux reprocher au musicien de n'avoir fait ni un opéra, ni un ballet. Et c'est précisément ce dont on le doit féliciter puisque tel était son propos. Pourquoi, disait Flaubert, toujours demander aux cerisiers de produire des oranges ? M. Jacques Ibert a voulu nous donner les fruits qu'il lui a plu de choisir. Ils sont savoureux, et c'est la seule chose qui importe. Il serait tout aussi vain de reprocher à M. Marcel Bergé de n'avoir point fait plus large part à la chorégraphie classique. On a goûté particulièrement les danses russes, où M. Efimoff est excellent, les danses des Incas, la farandole si animée du finale ; Mlle Bardin en Diane fait applaudir la sûreté de sa technique; souhaitons-lui, après cela, de voir bien vile se changer en étoile le croissant qui brille sur son front. M. Ritz, dans le rôle du roi, a belle prestance et danse à ravir la gaillarde. Mlles Dynalix, Lafon, Moreau, Bourgeois, Gérodez, Sianina, ont droit, elles aussi, à leur part de louange. Les chœurs et l'orchestre, sous la ferme et intelligente direction de M. Roger Désormière ont contribué au succès de l'ouvrage, donné pour le quatrième vendredi de gala avec le Lac des cygnes et la présentation de l'Ecole de danse. Il n'est que juste de signaler à ce propos le goût montré par M. Albert Aveline pour la composition des groupes encadrant la valse dansée par Mlle Vaussard et le pas de trois exécuté par Mlles Lafon, Moreau et Bourgeois. Ce fut un instant inoubliable.


?? février 1947 Venise, la Fenice 2 dates
Debussy Pelléas et Mélisande       Création à Venise     avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Suzanne Chauvelot (Geneviève), Pierre Froumenty (Arkel), Paule Touzet (Yniold), Mario Franzini (le médecin)
?? février 1947 Venise, la Fenice 2 dates
Debussy Pelléas et Mélisande       Création à Venise     avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Suzanne Chauvelot (Geneviève), Pierre Froumenty (Arkel), Paule Touzet (Yniold), Mario Franzini (le médecin)

13 février 1947 Paris, Théâtre des Champs-Élysées concert de la Pléiade 
Orchestre national de la radiodiffusion française
Markevitch     Rébus (suite de ballet)
Nigg    Concerto pour piano     Création à Paris    Yvette Grimaud au piano
Prokofiev     Cinquième symphonie    Création à Paris


20 mars 1947 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Tailleferre Ouverture
Prokofiev Concerto pour violoncelle au violoncelle Maurice Gendron
Messiaen Poèmes pour Mi     au chant Marcelle Bunlet
Milhaud     Symphonie n°2

30 avril 1947 Paris, Opéra
Tchaïkovsky    Sérénade    Création    Décors et costumes d'André Delfau     Chorégraphie de Georges Balanchine    danseurs Mlles Vaussard, Bourgeois, Gerodez, Guillot, Sianina, Rigel MM. Renault, Boioni, Duflot, J.-P. Andreani, Touroude, Lallement
Delibes Coppelia Ballet de l'Opéra
Ibert Diane de Poitiers Ballet de l'Opéra












" Sérénade "

LE MONDE | 03.05.1947

RENÉ DUMESNIL.

Le décor est singulier : sur les côtés, de grands cadres à peu près vides, et tels que des échafaudages préparés pour des panneaux de publicité, élèvent presque jusqu'aux cintres de larges quadrillages réguliers ; dans le fond, devant le cyclorama baissé, même assemblage de montants et de traverses, mais beaucoup plus bas ; et partout de légères étoffes blanches, drapées, qui pendent irrégulièrement. M. André Delfau, le décorateur, a recherché un effet de simplicité candide, qui ne serait pas pour déplaire si l'on n'éprouvait quelque impression de pauvreté. Heureusement, au milieu de la scène, un groupe de danseuses de blanc vêtues se rompt, évolue, se reforme harmonieusement sur la musique de la Sérénade qui n'est pas, il s'en faut, la meilleure parution de Tchaïkovski. Point d'argument ; solistes et ensembles paraissent tour à tour : ici la danse se suffit à elle-même, et c'est fort bien ; ce serait mieux encore si, la musique aidant, on était parvenu à éviter toute monotonie, car, en dépit de la diversité des figures ingénieuses, l'intérêt, loin de progresser, s'affaiblit. La formule, cependant, peut être excellente : Suite de danses ou Suite en blanc l'ont prouvé, en offrant une série de numéros de caractère nettement tranché et de rythmes opposés. Mais Sérénade, malgré l'absence de scénario, est plutôt une juxtaposition d'épisodes tendant à l'expression de sentiments et d'actions dont on cherche, malgré soi, l'idée et le lien, que la musique ne suggère d'ailleurs aucunement. C'est le reproche que l'on peut faire à ce ballet de M. Balanchine. On attendait avec curiosité ses débuts à l'Opéra : il y apporte ses hautes qualités et son expérience consommée. Il est, incontestablement, un animateur.

L'interprétation fait honneur au corps de ballet de l'Opéra : elle est sans faiblesses, et chaque artiste, depuis l'étoile jusqu'aux quadrilles, mérite des louanges. Mlle Christiane Vaussard, Mlles Bourgeois, Gérodez, Guillot, Sianina, Rigel, MM. Michel Renault et Max Bozzoni, s'y distinguent particulièrement.

Au début de la soirée on applaudit Mlle Bardin et M. Ritz dans Diane de Poitiers, et le spectacle s'acheva par Coppélia. Mlle Toumanova y parut dans le rôle de Sicanilda, confirmant l'impression qu'elle nous avait laissée dans Giselle : elle est inégale, et ses qualités ne nous font pas oublier, bien loin de là, les interprètes habituelles du rôle.







5 mai 1947 : Les ministres communistes sont renvoyés du gouvernement. Fin du tripartisme et création de la troisième force (SFIO + radicaux + MRP).



18 mai 1947 Londres, Wigmore Hall Orchestre Philharmonia
Lutyens     The Pitscène dramatique pour ténor, basse, chœur de femmes et orchestre 
Création 
dirigé par Edward Clark
Messiaen 3 Petites liturgies de la présence divine Yvonne Loriod au piano, Ginette Martenot aux ondes, Dorian Singers
Nigg     Variation pour pianoforte et 20 instruments     au pianoforte Yvonne Grimaud
Sauguet La Voyante     Création en Angleterre        au chant Irène Joachim

3ème de 3 concerts de musique française
anonymes Danceries du XVIIème
Binchois     Mon cuer chante au chant Irène Joachim
Couperin     Musette de Choisy et Taverny
Françaix     Sérénade pour petit orchestre
Gervaise et anonymes Danceries du XVIème siècle
Hayne de Ghizeghem A la audienche
Delalande Musette pour les hautbois
Milhaud Catalogue de fleurs au chant Irène Joachim
Milhaud Sérénade pour petit orchestre
Petit Pierre    Scherzo pour 4 violoncelles    aux violoncelles John Shinebourne, Muriel Taylor, William De Mont, Peggie Sampson
Poulenc Le Bestiaire au chant Irène Joachim
Poulenc Le Cortège d'Orphée
Rameau La Livri au clavecin George Malcolm



" Apollon Musagète "

LE MONDE | 29.05.1947 

RENÉ DUMESNIL

Étendue sur un rocher et couverte de voiles noirs, une danseuse, représentant Latone, simule les douleurs de l'enfantement, et bientôt paraît le fils qu'elle eut de Jupiter. L'enfant est ceint de bandelettes. Deux nourrices les déroulent : Apollon est resplendissant. Trois muses viennent : à Calliope, il remet un rouleau de papyrus: à Terpsichore, une lyre; à Polymnie, un masque; il est le musagète, le conducteur des muses. Tour à tour elles le séduisent et il les enchante, mais c'est à Terpsichore qu'il marque la tendresse la plus vive. Cependant il les abandonne : un chariot descend des nues pour emporter le dieu vers l'empyrée, tandis que Latone se lamente et que les muses demeurent au Parnasse.

Ce scénario croque le souvenir des ballets du grand siècle. Sur ces données, Igor Stravinski a écrit une partition volontairement dépouillée, réduite au quintette à cordes, et dont les thèmes rappellent le mélisme de Tchaïkovski. On y songe d'autant plus impérieusement que le programme fait succéder Apollon Musagète à Sérénade. Le rapprochement, volontaire ou fortuit, est piquant : nous sommes bien loin, avec cette musique, du Sacre ou des Noces, et déjà nous pressentons le Baiser de la fée.

Près de vingt ans ont passé depuis que, le 12 juin 1923, Diaghilev nous révélait Apollon Musagète au théâtre Sarah-Bernhardt. Serge Lifar, beau comme le jeune dieu, y trouva l'un de ses premiers succès. C'est aujourd'hui Michel Renault qui est Apollon, et s'il ne fait pas tout à fait oublier son devancier il montre du moins dans ce rôle les meilleures qualités techniques. Mlle Tall Chief est avec beaucoup de grâce et de savoir Terpsichore, et Mlles Dynalix et Moreau sont avec non moins d'habileté et de charme Calliope et Polymnie. Enfin Mlles Carlsen, Bertagnol et Le Roy complètent une distribution bien homogène. La chorégraphie de M. Balanchine traduit fidèlement les intentions du musicien par son néo-classicisme dépouillé, par la prédominance des mouvements rythmiques, qui souvent l'emportent sur la danse réduite parfois à des ports de bras. Le pas de deux d'Apollon et de Terpsichore est fort réussi : les groupes sont harmonieux et d'un bel équilibre. Le succès a été vif et partagé par M. Louis Fourestier qui a dirigé l'orchestre avec sa coutumière maîtrise.



En juin 1947,  Roger Desormière dirige un concert au festival mondial du film et des beaux-arts de Bruxelles (programme inconnu).

Festival mondial du film à Bruxelles

LE MONDE | 10.06.1947

H. M.

   Le festival mondial du film et des beaux-arts de Bruxelles a attiré une affluence considérable dans la capitale belge et suscité déjà diverses manifestations. Il débute cet après-midi en tant que compétition proprement cinématographique dans la grande salle du palais des beaux-arts où seront projetés chaque jour jusqu'au samedi 28 juin les films sélectionnés à cet effet par les dix-sept nations participantes.

Six longs métrages représentent la France : Le silence est d'or (11 juin), le Café du Cadran (13 juin), le Diable au corps (15 juin), Copie conforme (19 juin), les Portes de la nuit (21 juin) et le Bataillon du ciel (28 juin). Parmi les bandes plus courtes citons des œuvres de M. J. Epslein, de R. Leenhardt, de J. Painlevé et de Masson. Septième Porte représente l'Union française, ainsi qu'un court métrage marocain : Vingt-quatre heures de la vie du bled.

  Le programme annonce onze grands films américains, dont The best years of our lives, Oscar 1947 ; six italiens, dont Vivere in pace, Païsa et Sciuscia; six anglais, dont Great expectations et The overlanders; cinq argentins, trois mexicains, deux tchécoslovaques, deux suédois, un belge, un australien et un portugais. Des prix seront attribués par un jury belge de vingt-sept membres au meilleur long métrage, à la meilleure mise en scène, au meilleur scénario, à la meilleure photographie, à la meilleure interprétation masculine et féminine, et à telle ou telle qualité exceptionnelle à définir par le jury.

   De nombreuses fêtes, des conférences, des concerts, des expositions, des excursions, des reconstitutions historiques, sont prévus pendant toute la durée du festival. La France tient ici ou là sa place avec une représentation d'Ondine, un spectacle Noël-Noël, un gala de Paris, un récital Marianne Oswald, la compagnie Grenier-Hussenot, un concert dirigé par Roger Desormière, une représentation de L'amour vient en jouant et quelques autres évocations. Anvers, Liège, Spa, Bastogne, Namur, Binche, recevront les invités du festival. A Bruxelles même le cortège historique de l'Ommegang sera suivi sur la Grand'Place de jeux du XVIe siècle.

   S'il nous est permis de risquer quelques pronostics, nous pouvons espérer notamment que l'interprétation de Gérard Philippe dans le Diable au corps et la qualité d'un film comme Le silence est d'or attireront sur nous l'attention du jury. Mais nous avons affaire à forte partie avec les États-Unis, l'Angleterre et l'Italie, sans compter les " outsiders " toujours possibles.

   S'il nous est permis de risquer quelques pronostics, nous pouvons espérer notamment que l'interprétation de Gérard Philippe dans le Diable au corps et la qualité d'un film comme Le silence est d'or attireront sur nous l'attention du jury. Mais nous avons affaire à forte partie avec les États-Unis, l'Angleterre et l'Italie, sans compter les " outsiders " toujours possibles.

   De toute manière le soin avec lequel nos amis belges ont organisé leur festival, les moyens qu'ils mirent en œuvre à cette fin et la qualité des œuvres qui y seront présentées comme des manifestations qui l'entourent ont déjà fait de Bruxelles, où de nombreuses personnalités sont arrivées ou annoncées, le rendez-vous de juin de tous ceux qui s'intéressent au cinéma.




" Le Baiser de la fée "

LE MONDE | 05.07.1947

RENÉ DUMESNIL.

Apollon Musagète avait été créé par la troupe de Diaghilev eu juin 1928 ; à la fin de novembre de la même année, Mme Ida Rubinstein montait à l'Opéra le Baiser de la fée, dont la parution suscitait le même étonnement devant cette volonté, si nettement marquée par le compositeur, de s'inspirer directement de Tchaïkovski. Inspiration, et cette fois plutôt même emprunt de thèmes, comme déjà Strawinski avait fait pour Pulcinella en accommodant à sa façon du Pergolèse. Mais avec Tchaïkovski plus d'humour, plus d'intentions parodiques ; c'est du respect, c'est un hommage, c'est l'affirmation d'un idéal nouveau chez le musicien qui veut exprimer la tendresse et parler un langage mélodique et harmonique plus accessible au commun des mortels. Remarquons qu'il ne néglige pas pour autant de donner aux fragments de Tchaïkovski l'empreinte de sa personnalité.

L'argument est poétique : une fée, un soir de neige, ravit un enfant à sa mère et lui donne un baiser. L'enfant grandit, devient un homme, s'éprend d'une jeune fille et va connaître le bonheur dans l'amour.

Mais le soir des noces la fée reparaît pour emporter dans les sphères célestes le prédestiné, qui connaîtra, après un second baiser de la fée, un bonheur éternel. Quatre tableaux avec de jolis décors et de charmants costumes de Mme Alice Halika ; quelques longueurs dans les interludes, où la musique parvient difficilement à maintenir l'intérêt - malgré les soins attentifs que lui donne, au pupitre, M. Blot ; une chorégraphie, en général très réussie, de M. Balanchine, mais qui, elle aussi, souffre parfois de celte volontaire uniformité de la partition; de beaux épisodes, des groupes harmonieux, un pas de deux remarquable au troisième tableau, et une parfaite utilisation des ressources - d'un corps de ballet qui demeure admirable - quoi qu'en disent ses contempteurs ; au total une création qui fait honneur à M. Balanchine, à la troupe et au théâtre de l'Opéra. Mlles Toumanova et Tall Chieff, celle-ci surtout, ont, dans les rôles de la fiancée et de la fée, recueilli de longs applaudissements. Le grand succès de la soirée a été pour M. Kalioujny, qui, sur le vaste plateau de l'Opéra, peut tout à l'aise faire preuve de ses qualités extraordinaires. Il faut espérer qu'un danseur de ce mérite exceptionnel paraîtra dans les rôles où il pourra montrer sous tous leurs aspects ses dons merveilleux. Il faut citer encore Mlles Moreau, Guillot, Deleplanque et M. Efimoff ; mais, en bonne justice, c'est tout le corps de ballet, et particulièrement les quadrilles, qu'il faudrait nommer.

Le défilé qui suivit le Baiser de la fée, et qui est réglé avec tant de goût par M. Aveline, a été comme de coutume accueilli avec enthousiasme.

Le Lac des cygnes a permis à Mlle Darsonval - éblouissante en Odette, - à M. Ritz, à Mlles Moreau, Bourgeois, Gérodez, Guillot, Mail et Sianina de prendre leur part légitime du succès.



23 juillet 1947 Paris, Opéra
Poulenc Les Animaux modèles 50ème représentation    Ballet de l'Opéra : Micheline Bardin (La Cigale, la Mort), Christiane Vaussard (la Fourmi, la Poule), Paulette Dynalix (Elmire), Guillot et Mail (2 coquettes), Hamerer (la nourrice), Bozzoni (le Lion amoureux), Golovine (le Coq noir), Bari (le Coq blanc), Nicolas Efimoff (l'Ours, le Bûcheron), Duprez (Arnolph), Renault et Bari (2 chasseurs), Sauvageot, Decarli, Ponti, Duflot (les Paysans), Duflot (l'Homme entre 2 âges), Lallement (le Marchand)            Décors et costume de Brianchon - Chorégraphie de Serge Lifar


IMPRESSIONS D'OPÉRA

LE MONDE | 26.07.1947

R. D.

Mercredi s'achève la saison des ballets à l'Opéra ; saison brillante, dont le succès n'a surpris aucun de ceux qui ont suivi le travail accompli dans la maison depuis un an. Pourtant c'est devenu une mode parmi certains de dénigrer la troupe de l'académie nationale et d'aller répétant qu'elle " sommeille " et que les meilleurs artistes l'ayant quittée, il est impossible d'y faire rien de bon. La vérité c'est qu'au lendemain de défections retentissantes le corps de ballet est parvenu non seulement à jouer le répertoire dans des conditions fort honorables, mais à fournir des interprètes de classe pour des créations telles que Sérénade, Apollon musagète, la Baiser de la fée, Mer, et le Palais de cristal, qui aura lieu lundi. La venue de M. Balanchine, de Mlles Toumanova et Tall Chieff, plus récemment de M. Kalioujny, a sans doute été un stimulant du plus heureux effet, mais il serait injuste de ne pas reconnaître l'effort fourni par le corps de ballet et de dire, comme tout récemment la grande revue américaine Dance News, qu'il s'enlisait dans les " vieux ballets ", qu'il se perdait dans les " méandres chorégraphiques " de la danse néo-classique, qu'il était, en somme, en pleine décadence.

M. Balanchine, arrivé en mars dernier, va repartir la semaine prochaine pour les États-Unis. Dans un entretien que nous avons eu hier avec lui, il s'est plu, tout au contraire, à rendre hommage aux mérites des danseurs et des danseuses dont il a pu apprécier le travail pendant quatre mois. " Il y a ici, nous a-t-il déclaré, des éléments remarquables non seulement parmi les étoiles et les sujets, mais aussi parmi les jeunes, coryphées et quadrilles. La troupe est pleine d'ardeur et de désir de bien faire ; elle aime son art. Et c'est cela qui m'a permis, malgré la place prise au tableau de service par le répertoire, de monter quatre ballets en un temps aussi court, dans les conditions les meilleures. Je pars à regret, enchanté de mon séjour, heureux du parfait esprit de collaboration que j'ai constaté chez tous, et j'ai le plus vif désir de revenir bientôt. "

Mlle Toumanova garde, elle aussi, la meilleure impression du théâtre où elle dansé les principaux rôles du répertoire aussi bien que ceux des nouveaux ballets créés par M. Balanchine ; et elle n'est pas moins que lui désireuse d'y revenir quand elle aura rempli les engagements qui, tout l'hiver, vont la retenir en Amérique, où elle doit danser dans les principales villes.

Il y a loin de ces déclarations toutes spontanées aux propos fantaisistes de certains.




Madeleine Lafon et Max Bozzoni (Perles), Lycette Darsonval et Alexandre Kalioujny (Rubis), 
Tamara Toumanova et Roger Ritz (Diamants noirs), Michel Renault et Micheline Bardin (Emeraudes)

28 juillet 1947 Paris, Opéra
Bizet Le Palais de Cristal (Symphonie en ut)     Création     Décor et costumes d'après les maquettes de Léonore Fini.     Chorégraphie de Georges Balanchine    Lycette Darsonval, Tamara Toumanova, Micheline Bardin, Madeleine Lafon, Roger Ritz, Michel Renault, Alexandre Kalioujny, Max Bozzoni Ballet de l'Opéra
+ Stravinsky    Apollon musagète ?
+ Stravinsky    Le Baiser de la fée ?

Les 4 mouvements de la symphonie deviennent 4 pierre précieuses : Rubis (Premier Mouvement Allegro Vivo,  Lycette Darsonval et Alexandre Kalioujny),  Diamant noir (Deuxième mouvement Adagio, Tamara Toumanova et Roger Ritz),  Émeraudes (Troisième mouvement Allegro Vivace, Micheline Bardin et Michel Renault) et Perles (Quatrième mouvement et final Allegro Vivace, Madeleine Lafon et Max Bozzoni).




" Le Palais de cristal "

LE MONDE | 01.08.1947

René Dumesnil

   Avec le Palais de cristal, que M. Georges Balanchine vient de créer à l'Opéra, la saison de ballets s'achève en apothéose. Tout concourt en effet à la réussite du spectacle : une musique exquise, une chorégraphie variée, pleine d'inventions propres à mettre en valeur les qualités des protagonistes et les ensembles, un mouvement, un allant, qui, d'un bout à l'autre des quatre parties, se renouvelle sans redites; il y a là de quoi satisfaire les plus difficiles et combler d'aise les plus délicats.

   Bizet avait dix-sept ans lorsqu'il composa sa Symphonie en ut. Élève d'Halévy, il allait, deux ans plus lard, en 1857, obtenir le prix de Rome ; mais déjà en pleine possession du méfier, il affirmait dans ces pages juvéniles l'originalité de ses dons. Il y a dans la Symphonie tout Carmen et toute l'Arlésienne en puissance, et l'adorable andante, avec sa phrase de hautbois si tendrement mélancolique, est de la même qualité que les chefs-d'œuvre auxquels Bizet doit son rang dans la musique française. S'il est souvent discutable d'utiliser pour la chorégraphie une page symphonique qui se suffit à elle-même et à laquelle la danse n'ajoute rien, tel n'est pas ici le cas: cette symphonie semble suggérer, dans le déroulement de ses thèmes et l'opposition de ses mouvements, une interprétation plastique - ou du moins M. Balanchine a-t-il su en tirer un parti tellement logique et adéquat que nous ne songeons plus un seul instant qu'il eût été possible de faire autre chose... et de manquer ce qu'il a si bien réussi. C'est, me semble-t-il, le meilleur éloge que l'on puisse faire de sa chorégraphie : elle jaillit de la musique elle-même, elle en est la traduction vivante, et l'on dirait même nécessaire.

   Mais elle a d'autres mérites : elle permet à la troupe tout entière de paraître, en offrant au spectateur tout ce qui constitue le plaisir du ballet, suite de numéros bien enchaînés, ensembles et groupes d'une rare harmonie, exercices de virtuosité et moments de gracieux abandon, et puis un finale qui est comme un résumé de l'ouvrage et le conclut en beauté. Pas de complications psychologiques, pas de scénario ; rien que de la danse pure - et c'est bien mieux ainsi puisque à aucun moment on n'éprouve une impression de longueur. Le thème est simple ; le palais de cristal, c'est le palais des gemmes : diamants, rubis, émeraudes paraissent tour à tour et se réunissent pour le finale. Et cela forme une symphonie de couleurs en même temps que se déroule la partition si diversement colorée, elle aussi.

   Il faudrait citer tout le monde avec les mêmes éloges pour chacun : Mlles Darsonval, Toumanova, Bardin, Lafon, MM. Ritz, Renault, Kalioudjny, Bozzoni, au premier rang; Mlles Moreau, Bourgeois, Gérodez, Guillot, Rigel, Deleplanque, Thalia, et puis les coryphées et les quadrilles - car toutes et tous se sont surpassés. Et dans l'allocution qu'il a prononcée après la soirée, au cours d'une réunion qui groupait autour de lui ses collaborateurs et les amis de la maison, M. Georges Hirsch a pu dire très justement que M. Balanchine, en nous donnant ce beau spectacle, avait su tirer le meilleur parti de l'instrument merveilleux qu'est le corps de ballet de l'Opéra.

   Il serait fort injuste de ne point associer à ces louanges l'orchestre conduit par M. Roger Désormière. Il a donné de la Symphonie de Bizet une interprétation digne aussi bien du maître que des meilleures traditions de l'Opéra.



Désormière quitte alors l'Opéra.


L'ANNÉE CHORÉGRAPHIQUE

LE MONDE | 18.08.1947 

René Dumesnil

  LA saison chorégraphique s'est brillamment achevée par la création à l'Opéra du Palais de Cristal, de M. Georges Balanchine, sur la Symphonie en ut majeur de Bizet ; et l'activité des diverses troupes dansantes jusqu'aux derniers jours, l'empressement d'un public toujours plus enthousiaste et friand de ballets inclineraient volontiers à l'optimisme si l'on s'en tenait aux apparences. Jamais le nombre des créations ou des reprises importantes n'a paru plus élevé, et si des défections trop fréquentes ont semblé compromettre un moment la qualité des spectacles sur notre principale scène, l'effort de tous et le dévouement des artistes dont l'esprit d'indépendance sait se plier quand il le faut aux exigences d'une stricte discipline ont vile conjuré le péril. Pourtant des sujets d'inquiétude demeurent : les subventions, si larges qu'elles puissent paraître, deviennent insuffisantes aussitôt qu'accordées ; les dépenses s'accroissent plus vile que les recettes, et dans ce monde aérien de la danse les questions matérielles sont tout comme ailleurs charges pesantes.

  Après l'examen annuel et les promotions dont on a rendu compte en leur temps, l'Opéra reprit Diane de Poitiers, dont la chorégraphie fut confiée à M. Bergé : tâche difficile, périlleuse même. On gardait souvenir de ce que Fokine avait fait en 1934 lorsque Mme Ida Rubinstein monta sur la même scène l'ouvrage de Mme Elisabeth de Gramont et de M. Jacques Ibert. Mais aucune trace utilisable ne demeurait de ce travail, et M. Berge se trouva aux prises avec des embarras de tout ordre. Il réussit néanmoins à présenter un spectacle agréable et, bénéficiant de l'expérience acquise à Tabarin, il sut composer de beaux ensembles, régler des danses évoquant l'époque de la Renaissance mais laissant place cependant aux acquisitions plus récentes de la technique. Mlle Bardin, qui porta le diadème de Diane, acquit par sa danse de l'arc au premier tableau, sa variation du deuxième acte, de nouveaux titres au rang suprême, tandis que M. Ritz, promu récemment danseur étoile, y prouvait la légitimité de cet avancement.

  S'il est vrai que certaines représentations du répertoire ont témoigné parfois d'une faiblesse passagère, la troupe a bien vite montré qu'elle était capable de se ressaisir. L'arrivée de M. Georges Balanchine en mars lui en donna l'occasion: en quatre mois quatre ballets nouveaux furent créés, et tous quatre de style très divers, montrant ainsi du même coup les aptitudes variées du chorégraphe et la souplesse d'une troupe dont les ressources permirent les réussites successives de Sérénades, Apollon Musagète, le Baiser de la Fée, et le Palais de Cristal - deux ballets de danse pure et deux ballets d'action - avec la présence de Mlles Toumanova et Tall-Chieff, apportant elles aussi le bienfaisant esprit d'émulation sans lequel la routine risque de s'installer pour le plus grand dommage de l'art.

  Tchaïkovski et Igor Stravinski furent à l'honneur en ces soirées de la " saison " parisienne, mais aussi Georges Bizet. Et sans doute convient-il, d’insister davantage sur le Palais de cristal puisque M. Georges Balanchine eut la hardiesse (certains dirent la témérité, mais le succès récompense souvent l'audace) de s'emparer de la Symphonie en ut pour en faire un ballet. La musique juvénile de Bizet justifia ce choix, cet hommage, pourrait-on dire, car non seulement nulle faute de goût ne vint la ternir, mais encore l'interprétation plastique du chorégraphe parut elle-même jaillie spontanément de la partition, et l'on n'oubliera pas de si tôt les ovations qui l'accueillirent au baisser du rideau. Auprès des deux ballerines étrangères Mlles Darsonval, Bardin, Lafon, Moreau, Bourgeois, Gérodez, Guillot. Rigel, Delaplanque et Thalia, MM. Ritz, Michel Renault et Bozzoni eurent leur part, large et méritée, de succès; et M. Kalioudjny, précieuse recrue dont les débuts dans le Baiser de la fée avaient fait grande sensation, confirma l'impression qu'il avait donnée d'être un danseur extraordinaire. D'autre part MM. Golovine et Bari ont, eux aussi, justifié les espoirs nés dès leurs débuts.

  L'Opéra-Comique possédait un corps de ballet suffisant à peine pour les divertissements du répertoire. Cependant quelques ballets furent créés naguère salle Favart : le Petit Elfe et les Reflets, de M. Florent Schmitt, la Pantoufle de vair, de M. Marcel Delannoy, Jour d'été, de Mlle Jeanne Leleu, entre autres; et le Festin de l'araignée, d'Albert Roussel, y tint longtemps l'affiche avant d'entrer à l'Opéra. Comme la production musicale contemporaine abonde en ballets alors que les œuvres lyriques nouvelles deviennent rares, il était naturel que l'Opéra-Comique fît une place plus large à la danse. M. Henry Malherbe, en plein accord avec M. Georges Hirsch, renouvela donc heureusement la troupe en la complétant. Il fit appel à Mlles Kergrist et Didion qui, grands sujets de l'Opéra, avaient quitté ce théâtre en 1941, à Mlle Berggren, transfuge elle aussi de l'académie nationale ; il engagea des danseurs, et parmi eux M. Guélis, formé à la même école et paré des lauriers cueillis en Amérique. La réunion des deux théâtres lyriques permit à Mlle Darsonval de paraître à l'Opéra-Comique. Et si les spectacles de début furent inégaux, bientôt la qualité s'améliora, la troupe ayant pris plus de cohésion. Le répertoire chorégraphique s'enrichit de la Précaution inutile, sur des thèmes de Rossini orchestrés par M. Thirici, et que M. Etcheverry, le nouveau maître de ballet appelé rue Favart, avait donné déjà avec la compagnie de l'Oiseau bleu. Les Sylphides, Casse-Noisette, parurent avec l'amusante Rosière du village, de M. Henri Tomasi, créée sur la même scène quelque dix ans plus tôt. Mais les deux événements les plus importants de la saison furent la première de Khamma et la reprise de l'Amour sorcier, car on peut négliger la Rose rouge, dont la musique trop dépourvue de rythme rendit bien difficile la tâche du chorégraphe et des interprètes, et, en dépit du " modernisme " de ses trois tableaux, le ballet que Mlle Janine Charrat imagina sur le Concerto de Prokofiev.

   La partition de Khamma n'avait été jouée qu’au concert, et bien rarement. L'ouvrage posthume de Claude Debussy bénéficiait donc de l'attrait suscité par un inédit ; s'il n'est point d'une valeur comparable aux chefs-d'œuvre du maître, du moins est-il parfaitement digne de lui, et l'orchestration de M. Charles Koechin (Debussy lui-même la lui avait confiée) est si parfaitement respectueuse et si habile qu'on la croirait de la main qui instrumenta l'après-midi d'un faune. M. J.-J. Etchcverry étoffa le scénario primitif de miss Maud Allan, et en cela encore Debussy fut obéi, qui disait de l'argument qu'il " tenait dans la main d'un enfant ". Paré d'un très beau décor de M. Luc-Albert Moreau, Khamma eut pour principale interprète Mlle Geneviève Kergrist, qui trouva dans le personnage de la danseuse sacrée un rôle où elle put donner la mesure de son talent. Le même soir, dans Casse-Noisette. Mile Marie-Louise Didion obtenait elle aussi un très vif succès.

  Le souvenir de la Argentina reste attaché à l'Amour sorcier, et c'est la chorégraphie originale que Mlle Mariemma, chargée à la fois de remettre l'ouvrage en scène et de danser le rôle de Candelas, s'appliqua à restituer pour la représentation donnée en hommage à Manuel de Falla. La partition, évocatrice de l'Andalousie, demeure tout aussi fraîche qu'au premier jour. M. Yves Brayer, qui avait déjà établi la maquette du décor lorsque Serge Lifar monta l'Amour sorcier à l'Opéra, a su se renouveler sans cesser d'être en complet accord avec l'œuvre. Reprise intéressante, où Mlle Mariemma était entourée du mime Georges Wague, de Mlle Marita Aeros et de M. Vargas, auprès desquels la troupe de l'Opéra-Comique s'efforça tant qu'elle put de créer une atmosphère gitane.

  Les ballets des Champs-Élysées n'ont paru qu'en hiver et n'ont pu donner leur saison de printemps. En décembre ils nous faisaient connaître le Bal des blanchisseuses, un ballet réglé par Roland Petit sur un argument de Boris Kochno et une musique de Vernon Duke, une amusante fantaisie, haute en couleur, et qui mit en vedette une jeune danseuse acrobatique, - à l'aise aussi dans les pas classiques, - Mlle Danièle Darmance, venue de Tabarin. Par contraste, quelques jours plus tard, la compagnie Roland Petit dansait la Sylphide, le ballet romantique par excellence, qui précéda Giselle et même lui servit de modèle, Mlles Nina Vyroubova et Irène Skorik en furent les héroïnes élégiaques et charmantes, sûres de leur technique, émouvantes et aériennes comme le titre du ballet, évoquant tant de souvenirs...

  À la salle Pleyel, en avril, Mlle Renée Jeanmaire et M. Skountoff, présentant quelques-unes des dernières créations de Serge Lifar, donnèrent ainsi aux Parisiens un avant-goût de la saison de Monte-Carlo. Ce furent des fragments de Voir et blanc, version nouvelle de Suite en blanc; l'Aubade, de M. Francis Poulenc; Pygmalion, sur la Symphonie classique de Prokofiev, et puis surtout la résurrection d'un ballet de Hérold datant de 1828, la Fille mal gardée, dont la chorégraphie, due à Dauberval, fut habilement reconstituée par Mme Balachova. Mlle Jeanmaire trouva dans le personnage de Lise, - la fille mal gardée, - un rôle en parfaite convenance avec son talent.

  Et puis encore faut-il rappeler la venue traditionnelle des ballets Joos, toujours- égaux à eux-mêmes, le passage d'une troupe de ballets nègres à Marigny, une séance Janine Charrat, Ethery Pagava et Jean Guélis à la salle Pleyel, avec un pas de trois sur la Symphonie de Franck, réglé par Serge Lifar, et contrastant heureusement avec une singulière version chorégraphique de la Vie de bohème due à Janine Charrat, et sur une musique de Mendelssohn. Mais tout énumérer, sans dépasser la longueur d'un feuilleton, serait se borner à dresser une simple liste.

  Une conclusion très simple s'impose : si la danse jouit d'une faveur accrue de saison en saison, l'Opéra demeure sans conteste le véritable temple de Terpsichore.




Journal et date inconnus, article de Serge Moreux


12 août 1947 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Chabrier Idylle
Ravel Pavane pour une infante défunte
Satie Mercure

Désormière : Mercure de Satie en 1947.mp4



A l’initiative de René Char, la Semaine d'Art en Avignon en septembre 1947, organisée par un mystérieux Cercle d’échanges artistiques internationaux, est liée à une grande exposition d’art contemporain organisée par un couple de grands collectionneurs, Christian et Yvonne Zervos, qui rassemblait le meilleur de la création du XXème siècle : Matisse, Braque, Picasso, Miro, Giacometti, Calder, Klee, Mondrian, Valentine Hugo, Ernst, Léger, Dufy, Kandinsky, Chagall, Tanguy, Brauner…. Côté théâtre, trois créations dans trois lieux différents, cour d'honneur du palais des papes, verger d'Urbain V et théâtre municipal, réunissent un peu plus de 4 000 spectateurs pour le "premier" Festival d’Avignon. Cette « semaine » devient « festival » l'année suivante. Jean Vilar le dirigera jusqu'à sa mort en 1971. 



UNE GRANDE SEMAINE D'ART DRAMATIQUE s'est ouverte à Avignon

Le Monde | 06.09.1947

Avignon, 5 septembre.

C'est par la représentation de Richard II, de Shakespeare, que s'est ouverte dans le cadre grandiose du palais des Papes la semaine d'art dramatique organisée celte année à Avignon, sous le patronage du président de la République et de M. Edouard Herriot., Mme Dussane, M. Jean Vilar, et nombre d'autres acteurs en renom prêtent leur concours aux spectacles qui sont donnés au cours de cette semaine : après Richard II, on jouera l'Histoire de Tobie et Sara, de M. Paul Claudel, et une nouvelle pièce de M. Maurice Clavel, la Terrasse de midi. M. Roger Desormière dirigera des concerts de musique ancienne.

Un nombreux public assistait, hier, par une nuit magnifique, à la première représentation. Ses applaudissements permettent de prédire un grand succès à cette manifestation, dont le but essentiel est de donner au spectacle un cadre à sa mesure et un décor naturel.

7 septembre 1947 Avignon, Palais des Papes Semaine d'Art en Avignon
Orchestre de la RDF de Marseille
Guillaume de Machaut     Ballade au chant Irène Joachim 
Hayne de Ghizeghem A la audienche au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Binchois Mon cœur chante joyeusement au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Gervaise at anonymes     Danceries de la Renaissance (XVIème siècle)
Anonyme Manuscrit de Cassel : Libertas au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Anonyme Manuscrit de Cassel : Les pleurs d'Orphée ayant perdu sa femme au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Couperin     Musète de Choisi
Couperin     Musète de Taverni
de Lalande Pièce pour les Fêtes du Roi Louis XIV qui se jouaient à Versailles sur le Grand Canal-Muzette
de Lalande Pièce pour les Fêtes du Roi Louis XIV qui se jouaient à Versailles sur le Grand Canal-Fanfare en écho
Milhaud Deuxième symphonie "Pastorale" pour petit orchestre
Milhaud Catalogue de fleurs au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Milhaud Troisiième symphonie ""Sérénade"" pour petit orchestre
Poulenc Mouvements perpétuels
Poulenc Bestiaire au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Françaix Sérénade
Gauthier de Coincy Cantique à Notre-Dame au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 

8 septembre 1947 Avignon, Palais des Papes  Semaine d'Art en Avignon 
Orchestre de la RDF de Marseille
Thibaud de Champagne Chanson de Croisade - Ballade Provençale au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Thibaud de Champagne Chanson de Croisade - Estampie au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Philippe de Vitry Espudenter circuivi au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Campra L'Europe galante : airs de ballet au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Mouret Suite de Symphonies
Stravinsky Deux suites pour petit orchestre
Sauguet La Voyante au chant Irène Joachim     au piano André Audoli 
Milhaud Le Carnaval d'Aix         au piano André Audoli 

LA SEMAINE D'ART en Avignon

LE MONDE | 12.09.1947 à 00h00 • Mis à jour le 12.09.1947 à 00h00 |

J. CHASSING

   Pour la première fois dans notre histoire, le palais des papes d'Avignon a été le siège pendant une semaine de manifestations dramatiques, elles-mêmes exceptionnelles.

   Pour créer simultanément, un drame historique anglais, le drame sacré de Tobie et Sara, et une tragédie psychologique française, loin des scènes parisiennes, hors des saisons théâtrales, dans un cadre jamais utilisé encore pour des manifestations dramatiques, il fallait un metteur en scène d'une audace exceptionnelle et de talent : Jean Vilar (qui mit en scène à Paris Shakespeare, Strindberg, Anouilh, d'autres encore, comme T.-S. Elliott, auteur du Meurtre dans la cathédrale), entouré d'une équipe d'artistes dont la valeur et le dynamisme forcèrent l'admiration et les applaudissements de l'assistance.

   Le public a su apprécier les efforts et les risques courus par ces comédiens jouant de nuit, en plein air, dans une ville nettement plus éprise d'art lyrique que de théâtre.

   Dans le cadre du palais des papes l'acteur n'est plus défendu par le rideau, la rampe, le barrage de lumière, la scène encadrée et protégée par le décor. Il n'a plus l'appui du souffleur. Il ne peut compter sur le concours des éléments qu'ailleurs meuble un plateau. Il doit exécuter ses entrées et ses sorties au vu des spectateurs. Il doit remplir seul une immense scène presque nue, s'avancer largement parmi les premiers rangs du public, avec lequel il se trouve de plain-pied. Il faut qu'il possède assez de force, de présence d'esprit, d'énergie verbale pour se servir de la grandeur du cadre au lieu de se laisser écraser par elle, le seul butoir du fond étant une muraille de quelque trente mètres... et plus.

   Mais qui ne connaît la douceur de la nuit provençale, la majesté de la pierre de cette forteresse extraordinaire qu'est le palais des papes, la résonance de l'air méridional, la tendresse des gazons et des bosquets, ne peut imaginer le surcroît de beauté que peut recevoir une interprétation digne des œuvres qui ont été présentées pour la première fois au public au cours de celle grande semaine d'art. Semaine qui nous valut également deux auditions fort appréciées des artistes de l'orchestre de la Radiodiffusion française - station de Marseille - sous la direction du maître Roger Désormière, avec le concours d'Irène Joachim, cantatrice, et d'André Audoli. Ces deux auditions de musique ancienne furent vivement goûtées de nos hôtes et des Avignonnais dans le jardin Urbain V du palais des papes.



été 47 concerts à Ostende et Knokke-le-Zoute


saison 47/48 Orchestre national de la radiodiffusion française : 15 concerts trouvés

septembre 1947 projet de curriculum vitæ
sont prévus pour 47/48, 18 concerts à la radio française, il en manque 3 ?
tournée en Italie (Turin, Milan, Palerme et Rome) que nous n'avons pas
deux concerts BBC à Londres que nous n'avons pas
concerts aux Pays-Bas (Hilversum) que nous n'avons pas non plus
concerts en Allemagne (Baden-Baden) 
nous connaissons celui du 25 avril 1948 avec Ginette Neveu, est-il unique ?



octobre 1947 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française


9 octobre 1947 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Festival Roussel
Roussel Suite en fa
Roussel Le Bardit des Francs chœur de la radiodiffusion française dirigé par René Alix
Roussel Ænéas chœur de lradiodiffusion française dirigé par René Alix
Roussel Bacchus et Ariane (suite)

LES CONCERTS

LE MONDE | 18.10.1947

RENÉ DUMESNIL

(…) A la mémoire d'Albert Roussel

   Il y eut dix ans le 23 août qu'Albert Roussel mourut. Pour honorer sa mémoire l'orchestre national, sous la direction de M. Roger Desormière, a donné un festival qui, pour n'avoir pu être organisé à la date précise (les vacances s'y opposaient), n'en a pas moins constitué un hommage fervent. La qualité d'une exécution remarquable a mis en pleine valeur la seconde suite de Bacchus et Ariane, dont on s'étonne qu'elle ne figure pas plus souvent au programme de nos concerts : victime à l'Opéra d'une présentation qui l'empêcha de réussir, ce ballet demeure pourtant une des œuvres maîtresses d'Albert Roussel, et les pages symphoniques dont est faite cette suite suffiraient à faire vivre son nom. Il est juste que le concert impose cet ouvrage et prépare ainsi son retour à la scène où sa vraie place demeure marquée. Le Bardit des Francs. - trop peu joué lui aussi, mais il y faut les chœurs, ce qui explique sans l'excuser sa rareté, - la Suite en fa, désormais classique, non seulement par la coupe, mais par le succès, et Æneas complétaient un programme assez varié pour rappeler tous les aspects d'un musicien dont le souvenir demeure si vivant parmi nous et qui nous a laissé tant de regrets. (…)

20 octobre 1947 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
concert spécial Don Quichotte
Strauss R. Don Quichotte     avec Maurice Maréchal au violoncelle
Ravel Don Quichotte à Dulcinée     au chant Yvon Le Marc'Hadour
Falla     Les Tréteaux de Maître Pierre Henri Etcheverry, Joseph Peyron, A. Peris



LES PROCHAINS PROGRAMMES

LE MONDE | 27.10.1947

  À la conférence de presse tenue hier dans le bureau de M. Porché, directeur de la radiodiffusion, M. Jacques Meyer a fait le compte rendu des conférences de radiocommunications d'Atlantic City.

   Puis M. Paul Gilson a parlé des émissions nouvelles et des perspectives d'avenir des programmes. La nouvelle série de " Vous avez la parole ", d'André Gillois, sera consacrée, à partir du 8 décembre, aux élèves des facilités et grandes écoles ; l'ensemble des discussions couvrira toutes les préoccupations actuelles, et tous les éléments d'une partie récréative seront fournis par les étudiants. Des universitaires, écrivains et savants participeront aux émissions éducatives comme " Connaissance de l'homme ", " l'Union française ", " les Origines de la civilisation occidentale " et " introduction i la connaissance scientifique ".

   Dans les émissions dramatiques et littéraires les auditeurs entendront diverses pièces et adaptations de romans français et étrangers et des œuvres spécialement écrites pour la radio. Diffusion trois fois par semaine des spectacles de Paris et chaque jeudi après-midi des matinées classiques du Théâtre-Français.

   Des chefs d'orchestre étrangers prestigieux, tels Stravinski, Pierre Monteur, Sir Thomas Beecham, Vittorio de Sabbata, Paul Sacher. Freitas Branco, donneront une série de concerts ; Charles Münch, Paul Kletzki. Paul Paray, Albert Wolff conduiront l'orchestre national, et Darius Milhaud dirigera le 30 octobre sa Symphonie avec Te Deum ; Roger Desormière donnera le 2 novembre, en première audition, le Requiem de Duruflé et la VIe Symphonie de Tansman : le 18 décembre Inghelbrecht présentera la Pénélope de Fauré, intégralement. Parmi les émissions lyriques nouvelles : la Croisade des dames, de Schubert, le Roi d'Yvelot, de Jacques Ibert, etc.

   Enfin un débat ??? mais d'ailleurs confus s'ouvrit sur l'émission " les Temps modernes " de Jean-Paul Sartre ; MM. Pierre Laroche, Pierre Descaves. Jean Guignebert, Louis Pauwels et, bien entendu, M. Porché ont tour à tour défini leur conception de la liberté d'expression au micro. Le directeur général, pour sa part, estime que celle liberté est un compromis entre l'expression individuelle et la solidarité sociale, et comprend une limite au moment où elle devient abus.




30 octobre 1947 Paris, Théâtre des Champs-Elysées 
Orchestre national de la radiodiffusion française
Festival Milhaud
Milhaud 2 Marches pour la Libération op 260    Création
Milhaud Symphonie n°2     Création française
Milhaud Cantate nuptiale         au chant Mme Zevor (?), J. de Faris
Milhaud Symphonie n°3 "Te Deum"     Création     chœur de lradiodiffusion française dirigé par René Alix
Milhaud Carnaval d'Aix        au piano Jeanne-Marie Darré   

Darré : Carnaval d'Aix en 1948 ‎(ou 47)‎.mp4


Désormière : Symphonie n°2.mp4



LA MUSIQUE

LE MONDE | 04.11.1947

RENÉ DUMESNIL

Premières auditions

   ON avait espéré la présence de M. Darius Milhaud au pupitre de l'Orchestre national pour le festival donné à l'occasion de son retour en France. Retenu par la maladie il ne put paraître, et M. Roger Désormières dirigea le concert avec la pénétrante sûreté qu'on lui connaît.

   Au programme, quatre œuvres nouvelles, rapportées d'Amérique : d'abord deux Marches, l'une pesante et de caractère sombre ; l'autre enjouée, et qui évoque, semble-t-il, quelque cortège provençal. Puis la Deuxième Symphonie, divisée en cinq mouvements : paisible, mystérieux, douloureux, avec sérénité, et alléluia. Le caractère constamment lyrique de cette symphonie, le parti pris quasi général de polytonalité des divers mouvements, l'enchevêtrement des lignes mélodiques, font éprouver devant elle un sentiment complexe : on admire la richesse surabondante des dons qu'elle met en œuvre, mais on reste décontenancé par ce déluge sonore.

   Le Carnaval d'Aix (donné en place des Mélodies annoncées) fut brillamment enlevé par Mme Jeanne-Marie Darré, puis on entendit la Troisième Symphonie, en quatre mouvements ; fièrement, très recueillie, pastorale, et Hymnus Ambrosianus, qui la conclut par l'intervention du chœur chantant le Te Deum. L'ouvrage est pour ainsi dire baigné dans une atmosphère liturgique, et lui aussi donne une impression d'indéniable noblesse et de puissance, mais point exempte d'une monotonie due au procédé d'écriture, à l'absence de modulations, aux rugosités volontaires de la forme. Ceci n'a point empêché le succès de ces œuvres qui s'imposent par leur force indéniable et convaincante.

   C'est aussi M. Roger Désormières qui a fait connaître le Requiem de M. Maurice Duruflé, donné par l'Orchestre national, avec le concours de Mme Hélène Bouvier (qui chanta merveilleusement), de M. Camille Morane, des chœurs Yvonne Gouverné, et de Mlle Henriette Roger, organiste. Le compositeur a construit ce Requiem sur les thèmes grégoriens de la messe des Morts, tantôt en les suivant exactement, tantôt en leur demandant l'inspiration d'un libre commentaire. Ce respect de la musique liturgique loin de nuire à l'ouvrage lui confère une belle unité et une véritable grandeur, et le principal mérité de l'auteur - mais ce n'est pas le seul - est d'avoir su rendre ses propres inventions dignes d'un voisinage singulièrement périlleux en leur donnant toute la noble et sobre éloquence exigée.



2 novembre 1947 Paris, Théâtre des Champs-Elysées 
Orchestre national de la radiodiffusion française
concert In memoriam et Requiem 
au chant Hélène Bouvier et Camille Mauranne        à l’orgue Henriette Roget
chœur de lradiodiffusion française dirigé par Yvonne Gouverné
Tansman Symphonie n°6 "In Memoriam" Création en France
Lajtha Laszlo     In memoriam
Duruflé     Requiem                                 Création   

Le son de l'archive n'est pas bon pour Tansman, un peu mieux pour Lajtha et bon pour Duruflé. 

tans:laj:duruf.mp4



13 novembre 1947 Paris, Théâtre des Champs-Elysées 
Orchestre national de la radiodiffusion française
Festival de musique autrichienne
Spitzmuller 3 hymnes à la paix Création
Berg Concerto pour violon "A la mémoire d'un ange"     au violon Roland Charmy
Haydn Symphonie concertante en mi bémol, op. 84    Louis Perlemuter au violon, Jacques Neilz au violoncelle, J. Plessier, Jules Gœtgheluck au hautbois
Berg Wozzek (fragmts) au chant Marcelle Bunlet
26 novembre 1947 Paris solistes de l'Orchestre national
Mozart Sérénade avec timbales
Berg Kammerkonzert          Germaine Manchon-Theiss au piano, Roland Charmy  au violon
Schubert     Octuor

4 décembre 1947 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Rameau Hippolyte et Aricie Lucienne Jourfier, Marie-Thérèse Holley, B. Delprat/Delpret?, Gencé? S. Jeans?, Raymond Amade, Charles Cambon, Florent, Planel, Loriot, Geniau, Claveney, etc.    chœur de la radiodiffusion française dirigé par René Alix

15 décembre 1947 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Mendelssohn Symphonie n°4 "Italienne"
Saint-Saëns Concerto pour violon n°4 (Concertstuck)     Louis Perlemuter au violon
Milhaud La Création du monde
Rivier Symphonie n° 4 pour orchestre à cordes    Création
Haendel L'Allegro, il penseroso ed il Moderato au chant Odette Turba-Rabier
Haendel Concerto pour hautbois en sol mineur       Jukes Goetgheluck hautbois
Mozart Air de concert au chant Odette Turba-Rabier
Satie Mercure
Milhaud Cantate Nuptiale au chant Odette Turba-Rabier
Rivier Symphonie n°4 pour orchestre à cordes

Désormière : 4ème Symphonie dite « Italienne » en 1947.mp4

Désormière : La Création du monde.mp4




1948 : 20 concerts

9 février 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Gervaise et anonymes     Danceries du XVIème siècle
Haendel Concerto pour hautbois en sol mineur     Jules Gœtgheluck au hautbois
Binet L'Ile enchantée (suite extraite du ballet)
Dukelski Symphonie n°2
Poulenc Les Biches, suite de concert

20 février 1948 Paris Orchestre national Radio-lyrique
Delannoy Ginevra      Irène Joachim, Maria Angelici, Eliette Scheneberg  et A. Cuvillier, etc.

4 mars 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Rameau Zaïs, ouverture
Magnard Symphonie n°4
Le Jeune     Fantaisie n°2
Delannoy Le Fou de la Dame Hélène Bouvier, Raymond Amade, Odette Ertaud, Eliette Scheneberg, Pierre Gianotti, Yvon Le Marc'Hadour, J. Chalude
Tailleferre Ouverture

11 mars 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Stravinsky Symphonie pour instruments à vent
Milhaud Le Bœuf sur le toit
Bartok Concerto pour piano n°3 Monique Haas au piano
Auric Les Fâcheux

bartok déso haas.flv



8 avril 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Festival de musique italienne
Gabrieli Chansons pour quatuor à cordes, chœurs et orchestre
Petrassi Coro di morti
Malipiero Symphonie n°3
Vivaldi Concerto pour hautbois  Jules Gœtgheluck au hautbois

15 avril 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Concert pour le 80ème anniversaire de Charles Koechlin 
Koechlin Le Livre de la jungle (intégrale) Création    au chant Irène Joachim, Suzanne Darbans, André Vessières, Louis Arnoult    Voix Darius Milhaud

   Le Livre de la jungle
   1. La Loi de la jungle
   2. Les Bandar-Log
   3. Berceuse phoque
   4. Chanson de nuit dans la jungle
   5. Chant de Kala Nag
   6. La Méditation de Purun Bhagat
   7. La Course de printemps

   Le 29 novembre 1932, Salle Pleyel à Paris, à la tête de l’Orchestre symphonique de Paris lors d’un premier Concert Koechlin, Désormière avait déjà créé La Course de printemps

koech l de la j.mp4



" Le Livre de la jungle " de M. Charles Kœchlin

LE MONDE | 30.04.1948

RENÉ DUMESNIL

  CHACUN sait dans le monde des musiciens qu'en dépit de la juste considération que lui marquent, ses pairs les associations symphoniques ne se montrent guère empressées de mettre les ouvrages de M. Charles Koechlin aux programmes de leurs concerts. Combien de fois ont-elles joué le Livre de la jungle, qui est pourtant une des pages les plus significatives de la production contemporaine, une des plus nobles aussi ? Je ne l'ai, pour ma part, entendu que deux fois : en novembre 1932 lorsque M. Roger Désormière dirigea l'Orchestre symphonique de Paris pour un festival Koechlin, et la semaine dernière au concert de l'Orchestre national, donné sous la conduite du même chef, à l'occasion des quatre-vingts ans du maître. Pourtant la Jungle de Koechlin est digne du chef-d'œuvre de Kipling, qui l'inspira. Mais peut-être l'auteur eut-il deux torts : au long de sa carrière il s'est toujours occupé des autres, des jeunes surtout, plus que de lui-même, et le désintéressement n'est pas souvent récompensé ; et puis Charles Koechlin a été un précurseur. Rôle ingrat autant que nécessaire, qui ne donne aux artistes d'élite, seuls capables de le remplir, qu'une popularité restreinte et tardive, mal réparatrice des injustices subies par tous ceux qui devancent leur temps.

   Le Livre de la jungle réunit des ouvrages d'époque différente, dont les plus anciens, les trois poèmes (Chanson de nuit. Berceuse phoque, Chant de KalaNag), furent composés en 1898-1899, tandis que la Course de printemps ne fut achevée qu'en 1927. Or on trouve déjà dans les trois poèmes bien des choses que Koechlin avait découvertes, bien des moyens d'expression originaux et qui devaient quelque dix ou vingt ans plus tard révolutionner la musique. Il est bon de le dire : Charles Koechlin ne doit qu'à lui-même ses " audaces " harmoniques, devenues aujourd'hui familières à tous les musiciens, comme il ne doit qu'à lui seul l'éblouissante richesse de sa palette orchestrale.

   Les trois poèmes de Kipling lui ont inspiré des mélodies confiées aux solistes, reprises par le chœur et l'orchestre, et pleines de trouvailles expressives d'une étrange saveur : avec Chil le vautour la ligne mélodique plane dans l'ombre à l'heure où la nuit envahit la terre ; avec Kala-Nag, l'éléphant captif qui veut oublier l'entrave et qui pleure sa forêt natale, le regret de la liberté perdue s'exprime si douloureusement que l'on est secoué de pitié ; avec la Berceuse phoque c'est la fluidité " des lents flots berceurs " où se joue la lune. Rarement la musique a su dire autant de choses diverses et les imposer mieux à l'esprit de l'auditeur ; enfin dans la Course de printemps l'orchestre seul traduit la folle ardeur de Mowgli, en qui s'éveille l'instinct voluptueux et qui, libre et joyeux jusqu'alors, croit avoir absorbé le poison d'une plante vénéneuse tant les effluves printaniers dilatent son cœur et embrasent ses sens. Il court, et sa langueur est plus forte, plus douce encore ; il se révolte, mais en vain. Il lui semble que toute la jungle court avec lui cette course folle, il s'arrête, à bout de souffle, halluciné ; alors une voix s'élève, chante, sereine et grave, et le laisse anxieux devant le mystère du monde.

   Ce vaste sujet, Charles Koechlin l'a traité largement, comme une belle fresque, de dessin pur et de couleurs franches. Sa musique évoque, suggère, sans chercher à décrire comme tant d'autres. Elle dédaigne les moyens déclamatoires, et ses audaces polytonales préparent la simplicité monodique de la conclusion où " toutes les voix de la jungle grondent comme une corde basse de harpe qu'aurait touchée la lune éclaboussant du flot de sa lumière la roche et l'étang, et filtrant au travers des millions de feuilles ". C'est Kipling lui-même qu'il faut citer puisque cette musique, si parfaitement exemple de littérature, exprime avec tant de fidélité la poésie même de Kipling...

   M. Roger Désormière, le magnifique orchestre national, les solistes (Mmes Irène Joachim, S. Darbans, MM. A. Vaissière et L. Arnould) et les chœurs de René Alix, en servant avec ferveur la belle œuvre de Charles Koechlin, ont bien servi la musique française.

   Dom Clément Jacob Gallois-Montbrun

  C'EST aussi M. Roger Désormière qui, au concert du Triptyque, conduisit l'orchestre de chambre auquel fut confiée l'exécution de la Sinfonietta funèbre de dom Clément Jacob, Dom Clément Jacob fut dans le siècle Maxime Jacob, et, comme M. Roger Désormière, l'un des disciples du bon Satie au temps de l'école d'Arcueil. L'orchestre à cordes aurait gagné à être un peu plus nombreux pour mieux mettre en valeur les intentions généreuses de cette Sinfonietta, composée en mémoire des disparus, victimes de la guerre et de l'occupation ; mais, admirablement dirigé, l'ouvrage est apparu plein d'émotion contenue et de noblesse. Et l'on souhaite que M. Désormière nous le fasse réentendre, comme on voudrait aussi retrouver bientôt le Verger, sur le poème de Rilke, les poèmes de Supervielle, que chantèrent Gisèle Peyron et M. Yvon Le Marc'hadour, les poèmes de René Chalupt et d'Aragon, interprétés par Marguerite Pifteau. (…)



? avril 1948 Paris concert du Triptyque
dom Clément Jacob    Sinfonietta funèbre
dom Clément Jacob    Le Verger, sur le poème de Rilke
dom Clément Jacob    Poèmes de Supervielle    au chant Gisèle Peyron et Yvon Le Marc'hadour
dom Clément Jacob    Poèmes de René Chalupt      au chant Marguerite Pifteau
dom Clément Jacob    Poèmes d'Aragon    au chant Marguerite Pifteau


25 avril 1948 Baden-Baden Orchestre national de la radiodiffusion française
Chabrier Gwendoline, ouverture
Brahms Concerto pour violon     Ginette Neveu au violon
Stravinsky Symphonie en 3 mouvements
Roussel Bacchus et Ariane (suite)

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Pelléas à Dublin, raconté par Ralph Cusack, en mai 48 ???






20 mai 1948 Paris, Théâtre des Champs-Elysées 
Orchestre national de la radiodiffusion française
Centenaire de 1848 
Rouget de Lisle/Berlioz La Marseillaise      chœur de la Radiodiffusion française
Magnard Hymne à la justice      chœur de la Radiodiffusion française
Berlioz Hymne à la liberté      chœur de la Radiodiffusion française
Milhaud Symphonie n°4 "1848" dédiée à Désormière    Création    sous la direction de Darius Milhaud
Beethoven Fantaisie chorale Aline van Barentzen au piano, chœur de la Radiodiffusion française
Verney 4 Chants des Girondins     chœur de la Radiodiffusion française
Berlioz Symphonie funèbre et triomphale     chœur de la Radiodiffusion française                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Roger Désormière : Fantaisie chorale de Beethoven en 1948.mp4

Le concert commémoratif de 1848

LE MONDE | 29.05.1948

René DUMESNIL.

   Parmi les manifestations officielles du centenaire de 1848 le concert de l'Orchestre national donné sous la direction de M. Roger Désormière offrait le double intérêt de faire entendre une symphonie inédite de M. Darius Milhaud et des œuvres peu ou point connues de Beethoven et de Berlioz, sans parler du bel Hymne à la justice d'Albéric Magnard, si injustement négligé ; tout cela inspiré sinon par les journées de février 1848 elles-mêmes, du moins par l'idéalisme généreux et l'amour de la liberté, moteurs essentiels du mouvement populaire qui renversa Louis-Philippe.

   Vers 1860 Berlioz s'enthousiasma pour un poème d'un certain Vaudin, le Temple universel, exaltant la fraternité et chantant : " Embrassons-nous par-dessus les frontières ! " Et comme Beethoven mit en musique, au finale de la Neuvième Symphonie, l'Hymne à la joie, de Schiller, Berlioz composa un double chœur pour voix d'hommes, avec accompagnement d'orque, sur les vers de Vaudin. C'est cet ouvrage que M. Robert Siohan a exhumé et qu'il a orchestré avec autant d'adresse que de respect. Ouvrage curieux, non seulement par l'intérêt historique qu'il présente, mais par ses développements où le musicien exprime son exaltation, sa passion romantiques, sous une forme parfois gauche mais constamment généreuse, très proche de celle qu'il donna à sa Symphonie funèbre et triomphale, écrite à l'occasion du dixième anniversaire des journées de Juillet vingt ans plus tôt. Cette symphonie, M. Roger Désormière ne l'a point dirigée avec un sabre comme fit Berlioz à la tête de la musique militaire accompagnant le cortège qui conduisit les cendres des héros de Juillet jusqu'au monument de la place de la Bastille, mais il sut en traduire la fougue, et fit comprendre le mot admiratif de Wagner : " Cette symphonie est grande de la première à la dernière note. Elle durera et exaltera les courages tant que durera une nation portant le nom de France ! "

   On peut voir dans la Fantaisie pour piano, orchestre et chœurs, opus 80 de Beethoven, composée en 1808 - la même année que la Pastorale, - une ébauche de la Neuvième : c'est le même plan, c'est le même procédé d'introduction du chœur par une sorte de prélude vocal confié aux solistes ; et c'est la même explosion finale ; mais tout cela plutôt en intention que pleinement réalisé, ou du moins souffrant d'un manque d'équilibre et de proportions, chacun des éléments demeurant intéressant en soi, comme les soli de piano, traités à la manière d'un concerto (Mme Aline Van Barentzen les joua en perfection, et les chœurs de M. René Alix, ici, comme dans le Berlioz, comme dans le Chant des Girondins, firent merveille).

   Souffrant encore de la maladie qui l'éloigne de Paris depuis son retour d'Amérique, M. Darius Milhaud tint à venir diriger lui-même sa Symphonie 1848, dont les mouvements portent ces sous-titres : " Insurrection, Aux morts de la République, Les joies paisibles de la liberté retrouvée, Commémoration de 1843 ". Le premier, d'un tour populaire, chante plutôt l'allégresse d'un peuple partant à la conquête de la liberté qu'il n'exprime la tragédie provoquée le 23 février par la fusillade du boulevard des Capucines. Mouvement irrésistible, au surplus, et que la musique traduit nettement par son rythme, par quelques dissonances, sans excès. Le second mouvement, grave et recueilli, aurait gagné, semble-t-il, à être plus concis : c'est le seul reproche qu'on peut lui faire ; le troisième a le caractère d'une idylle, mais qui reste grave et ne s'alanguit point. Le dernier prolonge, en le variant, l'effet tumultueux du premier. Au total une œuvre pleine, gonflée de générosité, et qui, si elle n'échappe pas à quelques critiques de détail, atteste la vigueur et le souffle épique de son auteur.



27 mai 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Festival dédié à la Vierge
Mozart Litaniæ Lauretanæ K.196 chœur de la Radiodiffusion française dirigé par Yvonne Gouverné
de Manziarli    Sonate à Notre Dame de Paris chœur de la Radiodiffusion française dirigé par Yvonne Gouverné
Poulenc Litanies à la Vierge Noire     création de la version orchestrale chœur de la Radiodiffusion française dirigé par Yvonne Gouverné
Monteverdi Magnificat             chœur de la Radiodiffusion française dirigé par Yvonne Gouverné
Szymanowski Stabat Mater     chœur de la Radiodiffusion française dirigé par Yvonne Gouverné


mai 1948 Paris, Théâtre Marigny Compagnie Roland Petit
Désormière/Strauss    Le Beau Danube       chorégraphie Léonide Massine

Ballets de Paris Ballets des Champs-Élysées

LE MONDE | 31.05.1948

René Dumesnil.

On danse au théâtre Marigny et l'on danse au théâtre des Champs-Élysées ; du rond-point à l'Alma la distance est courte, et d'un soir à l'autre on retrouve ici et là, dans la rivalité des deux compagnies, un même désir de renouvellement, sinon une semblable réussite. Roland Petit, pour son deuxième spectacle, offre un Beau Danube accueilli avec sympathie. Devant un rideau de fond qui reproduit un Constantin Guys apparaissent des bourgeois en promenade. C'était le temps heureux où Johann Strauss fils se posait en rival de son père, où l'air léger de Vienne semblait, aussi bien au Prater qu'au Volksgarten, chargé de rythmes de valses. Une jeune fille, tout de blanc vêtue, regarde avec tendresse un beau hussard que lui dispute une " danseuse des rues " tout de rouge habillée. Un " homme fort " arrache des haltères de 100 kilos ; tout ce monde s'agite et danse sur les airs connus que rajeunit discrètement l'orchestration de Roger Desormière. C'est varié, c'est plein de vie et de mouvement, et c'est fort réussi en somme. La chorégraphie de Léonide Massine fournit à Mlles Colette Marchand (la jeune fille) et à Mlle Renée Jeanmaire (la danseuse) l'occasion de montrer en des rôles opposés leurs qualités, l'une de danseuse romantique - elle l'a mieux encore affirmée dans l'adage du Lac des cygnes, où elle avait pour partenaire Serge Perrault, - l'autre de fantaisiste pleine d'espièglerie. Roland Petit, en bel officier de hussards, Serge Perrault, en athlète, Gordon Hamilton, en manager, Maria Dalba, en midinette, donnent à leurs personnages un relief qui assure le succès de ce ballet - un ballet où l'on danse. (…)

L'ANNÉE CHORÉGRAPHIQUE

LE MONDE | 09.08.1948 

RENÉ DUMESNIL

(…) Autre incident : le départ de Roland Petit du " Ballet des Champs-Élysées " et la fondation du " Ballet de Paris ", dont la saison à Marigny ce printemps nous a valu quelques ouvrages intéressants : le Beau Danube bleu de Johann Strauss-Desormière, Que le diable l'emporte de Manuel Rosenthal, les Demoiselles de la nuit de Jean Françaix, et surtout Adame Miroir de Darius Milhaud, Allegro de Ravel et La Femme et son ombre de Tcherepnine. La présence de Mlle Margot Fonteyn, étoile du Covent-Garden Opéra, de Mlles Renée Jeanmaire, Colette Marchand, de l'Opéra, Janine Charrat, Maria Dalba, Joan Sheldon, de Serge Perrault, Gordon Hamilton, W. Skouratov assurait à ces représentations une qualité qu'on ne rencontre pas souvent dans les troupes "  tournantes ", et l'esprit d'initiative de l'animateur a trouvé sa récompense dans le succès qui accueillit la saison de Marigny.

La venue des " Ballets russes " du colonel de Basil nous a au contraire causé une désillusion ; il serait cruel d'insister sur la manière dont l'Oiseau de feu et Paganini furent interprétés. Un peu plus tard le ballet de Monte-Carlo du marquis de Cuevas nous apportait du bon, du médiocre et du pire. Le bon était dû à Rosella Hightower, à Marjorie Tallchief, à Ethery Pagava, à Olga Adabache, ainsi qu'à André Eglevski, danseur de grande classe ; le médiocre ce fut Sebastian de Gian-Carlo Menotti, ce furent les Biches, en dépit de la charmante partition de Poulenc; et le pire ce fut Salomé...

Aux Champs-Elysées rien à signaler, si ce n'est, auprès de quelques reprises, une chorégraphie nouvelle de Serge Lifar pour le Pas d'acier de Prokofiev, avec Youli Algarov, J.-B. Lemoine et Françoise Adret : version simplifiée, réduite à un schéma qui, loin d'affaiblir le caractère pathétique du ballet dont le thème est l'asservissement de l'homme à sa tâche, exprime avec plus de puissance encore l'antagonisme des aspirations spirituelles et de la brutalité de la machine.  

LE BALLET DE L'OPÉRA S'EST-IL FOURVOYÉ A NEW-YORK ?

LE MONDE | 09.10.1948 

OLIVIER MERLIN.

Le corps de ballet de l'Opéra vient de terminer une série de représenterions à New-York. Il se produit ces jours-ci à Washington et rentre le 13 octobre par le De Grasse.

Si noire première troupe chorégraphique a remporté des succès flatteurs à Montréal et à Chicago, il ne semble pas que sa " performance " de plus d'une semaine à New-York ait hissé sur Je pavois l'école française de danse. Certes les communiqués d'agences parient d'ovations " frénétiques ", de " rappels sans fin ", de " triomphe inhabituel ". Ces appréciations n'égarent personne, il n'est pas douteux que le public américain a fort bien accueilli nos ballerines - comment résister à leur charme ? Mais il est non moins certain que le corps de ballet n'a pu déployer ses talents dans les conditions d'ampleur auxquelles il est accoutumé, qu'il a subi la concurrence de la meilleure troupe du cru, et que la cri-figue, très tendre pour celle-ci, s'est montrée sans indulgence pour celui-là.

On avait réservé à l'Opéra de Paris la scène du City Center, " plateau " exigu où l'évolution des ensembles est extrêmement malaisé. Pourquoi pas la vaste scène du Metropolitan Opéra ? Parce que cette dernière était affectée depuis quelques jours - curieuse coïncidence - au Ballet russe dit de Monte-Carlo. C'est dans ce cadre avantageux que les artistes ayant la faveur du Tout-New-York et justement célèbres, Mia Siavenska, Alicia Markova, Alexandra Danilova, Anton Dolin, Léon Danielan, interprétèrent la semaine dernière Coppélia, Gisèle, le Lac des cygnes et le Beau Danube, - un répertoire étrangement " coco " pour la ville des gratte-ciel. (…)


10 juin 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
à la radio
???    ???

PROCHAINS BALLETS À L'OPÉRA

Le Monde | 12.06.1948

Le répertoire des ballets de l'Opéra va s'enrichir la saison prochaine de deux autres marquantes. Jean Cocteau et Georges Auric d'une part présenteront un nouveau ballet, Phèdre, et Darius Milhaud composera d'autre part un ballet intitulé Bolivar, sur un livret de Supervielle. Les maquettes des décors et des costumes sont de Fernand Léger, la chorégraphie de Serge Lifar.

La direction musicale est assurée par Roger Désormière.

L'Opéra reprendra à la fin du mois Tristan et Yseult, de Wagner.

Faux : Désormière a quitté l'Opéra l’année précédente pour l’Orchestre national.


Le festival de Strasbourg

Le Monde | 21.05.1948

C'est, rappelons-le, du 7 au 20 juin que seront donnés à Strasbourg les concerts de musique française mis au programme du festival de cette année. Ils commenceront par une exécution du Requiem de Berlioz, à la cathédrale, le lundi 7, à 20 h. 30, sous la direction de Charles Münch, et qui réunira cinq cents exécutants.

Des séances de musique de chambre salle de l'Aubette, des soirées-sérénades de musique ancienne dans la cour et dans les salons du château des Rohan, des récitals d'orgue à la cathédrale, des concerts de musique spirituelle ancienne, de musique moderne, la venue de l'Orchestre national, successivement dirigé par Roger Désormière, D.E. Inghelbrecht et Chartes Münch, de virtuoses comme Francis Poulenc, Robert Casadesus, Zino Francescani, Yvonne Lefébure, Lily Laskine, René Le Roy, François d'Albert, la création d'ouvrages nouveaux, tout concourt à faire de ce festival une incomparable manifestation de l'art français dont le succès s'affirme déjà aussi vif que celui de l'inoubliable festival Bach l'an dernier.



17 juin 1948 Strasbourg Festival de musique française
Orchestre national de la radiodiffusion française
Gervaise et anonymes     Danceries du XVIème siècle
Rameau/Désormière Les Paladins
Poulenc Concert Champêtre     Francis Poulenc au piano
Milhaud Symphonie n°4 "1848"

LE FESTIVAL DE STRASBOURG

LE MONDE | 22.06.1948

RENÉ DUMESNNIL

   CEUX qui doutaient, doivent être convaincus maintenant : le festival de Strasbourg, consacré tout entier cette année à la musique française, a connu un succès pareil à celui de l'an dernier, qui cependant bénéficiait du nom prestigieux de Jean-Sébastien Bach. Il a fallu la foi pour entreprendre cette démonstration, et aussi de l'audace. Ce sont vertus courantes en Alsace, et la Société des amis de la musique, leur président le professeur Pautrier, ont droit à la gratitude de tous ceux qui en France s'intéressent à l'art sonore et n'ont que trop d'occasions de déplorer le peu d'enthousiasme mis à son service par ceux-là mêmes dont la mission est de défendre notre patrimoine musical. Pendant quinze jours seize concerts ont donc été donnés dont les programmes, par leur variété, par la haute qualité des exécutions, ont permis de passer en revue les chefs-d'œuvre de l'école française, ceux du passé le plus lointain comme ceux dont l'encre est encore fraîche sur les copies. Des ouvrages inédits, l'admirable Quatuor de Florent Schmitt, le charmant Divertimento de Guy Ropartz, l'émouvante Offrande de Louis Aubert, ont été révélés à un public largement international, confiant dans la vieille réputation musicale de Strasbourg. Il n'a pas été trompé et il emporte de la capitale alsacienne des souvenirs qui ne s'effaceront pas. Il saura mieux désormais que l'école française, riche de son passé, a le droit d'être pareillement fière de son présent.

   Les concerts symphoniques de l'Orchestre national, dirigés par MM. Roger Désormière, D.-E. Inghelbrecht et Charles Münch, ont obtenu le plus large succès. Il était bon que l'un des meilleurs orchestres du monde - au dire des chefs étrangers qui l'ont conduit - se fît entendre à Strasbourg, et non pas seulement par la voix des ondes. Grâce à sa présence le festival a pris fin ce dimanche en apothéose.




24 juin 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Festival Stravinsky
Stravinsky Le Chant du rossignol
Stravinsky Symphonie en ut
Stravinsky Orphée

 juillet 1948 Avignon, Palais des papes Semaine d'art dramatique Jean Vilar
Désormière (arrangement)     La Mort de Danton de Bûchner

8 juillet 1948 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Gluck Orphée, suite orchestrale
Chagrin Francis Prélude et fugue
Mozart Concerto pour flûte et harpe 3 O.N. René Leroy, Lily Laskine
08 07 1948 Paris Martinet??? Orphée??? 4 O.N.


9 juillet 1948 Reprise du concert du 9 février 1948 Paris 
Orchestre national de la radiodiffusion française
Gervaise et anonymes     Danceries du XVIème siècle
Haendel Concerto pour hautbois en sol mineur     Jules Gœtgheluck au hautbois
Binet L'Ile enchantée (suite extraite du ballet)
Dukelski Symphonie n°2
Poulenc Les Biches, suite de concert

1er août 1948 Radio Orchestre national de la radiodiffusion française
Bizet L'Arlésienne (suite 1)

saison 48/49 sont prévus
concerts en Province (Lyon, Strasbourg à nouveau) que nous n'avons pas
nous avons Vichy et Nice
à nouveau l'Italie (Gênes, Rome, Palerme)
Pelléas à Dublin, raconté par Ralph Cusack, (mai 48 ou saison 48/49 ?) 
et à Londres à Covent-Garden-BBC encore


24 octobre 1948 Londres London Philharmonic Orchestra
Poulenc Sinfonietta         Création

24 octobre 1948 Radio Orchestre national de la radiodiffusion française
Bizet L'Arlésienne (suite 2)

25 octobre 1948 Radio Orchestre national de la radiodiffusion française
rediffusion du concert du 4 décembre 1947
Rameau Hippolyte et Aricie  Lucienne Jourfier, Marie-Thérèse Holley, B. Delprat, Gencé, Raymond Amade, etc.        chœur de la radiodiffusion française dirigé par René Alix

1er novembre 1948 Radio Orchestre national de la radiodiffusion française
???        ???

18 novembre 1948 Radio Orchestre national de la radiodiffusion française
rediffusion du concert du 30 octobre 1947 ?
Milhaud 2 Marches
Milhaud Symphonie n°2
Milhaud Carnaval d'Aix     au piano Jeanne-Marie Darré
Milhaud Symphonie n°3 "Te Deum" chœur de la radiodiffusion française dirigé par René Alix


15 novembre 1948 Radio Orchestre national de la radiodiffusion française
rediffusion du concert du 2 novembre 1947 ?
Duruflé Requiem au chant Hélène Bouvier, Camille Mauranne    chœur de lradiodiffusion française dirigé par Yvonne Gouverné



1949 : 32 concerts


5 janvier 1949 Paris Orchestre de chambre d'André Girard
Martin Petite symphonie concertante au piano Frank Martin
Macawski    Résurrection pour piano    au piano Geneviève Joy
???        Recitativo et arietta        au piano Geneviève Joy
Spisak    Humoresque pour piano        au piano Geneviève Joy
Panufnik Berceuse pour orchestre à cordes
Webern Konzert opus 24
Webern Cantate n°1     au chant G.Dumaine

Désormière : Petite symphonie concertante.mp4



8 janvier 1949 rediffusion du concert de l'Orchestre de chambre d'André Girard
Martin Petite symphonie concertante au piano Frank Martin
Macawski    Résurrection pour piano    au piano Geneviève Joy
???        Recitativo et arietta        au piano Geneviève Joy
Spisak    Humoresque pour piano        au piano Geneviève Joy
Panufnik Berceuse pour orchestre à cordes
Webern Konzert opus 24
Webern Cantate n°1     au chant G.Dumaine


14 janvier 1949 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Aubert La Forêt bleue      au chant L. Arnault, Lucien Lovano, Jean Vieuille, Odette Turba-Rabier, Marguerite Pifteau, etc.

20 janvier 1949 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Manuscrit Cassel     5 Pièces du XVIIème siécle
Chausson Caravane      au chant Marcelle Bunlet
Satie Jack in the box
Satie En habit de cheval
Satie Grimaces
Messiaen Poèmes pour Mi         au chant Marcelle Bunlet
Poulenc Sinfonietta    Création française

LA MUSIQUE ET LA DANSE

LE MONDE | 25.01.1949

René Dumesnil.

   Cette année n'est pas seulement le centenaire de la mort de Chopin, - qui sera célébré par toute une série de concerts, et qui déjà nous a valu cette semaine un récital Uninsky (où l'on a entendu - fort bien jouées - quatre études, deux mazurkas, la Valse en la bémol et la Polonaise en la, et plus critiquables la Fantaisie en la mineur et la Sonate en mi bémol mineur), - cette année est aussi Je cinquantenaire de la mort d'Ernest Chausson, qui le 10 juin 1899 fut victime d'un accident de bicyclette. La Radiodiffusion n'a pas voulu attendre l'anniversaire pour inscrire Je nom de Chausson à ses programmes, et Mlle Marcelle Bunlet a chanté la Caravane au concert de l'orchestre national, ainsi, que les Poèmes pour Mi, de M. Olivier Messiaen. Sachons gré à la cantatrice d'avoir mis son talent au service d'un musicien comme Chausson, et souhaitons que l'exemple soit suivi : Chausson est de ceux envers lesquels on se montre injuste en leur mesurant chichement la part qui leur devrait revenir. Au même programme M. Roger Désormière donnait en première audition une Sinfonietta de M. Francis Poulenc. C'est un petit ouvrage spirituel et charmant où l'on retrouve - c'est tout plaisir - des allusions aux Animaux modèles, et dont le mouvement lent contient une sorte de berceuse qui est une délicate paraphrase de la java du ballet. (…)



27 janvier 1949 Paris Orchestre national de la radiodiffusion française
Schubert     Rosamunde, extraits & airs de ballet
Brahms Concerto piano n°1         au piano Julius Katchen
Dallapiccola Chants de prison (Canti di Prigionia)         (Prière de Marie Stuart, Invocation de Boèce, Savonarole)    chœur de la Radiodiffusion française dirigé par Yvonne Gouverné

Le "Te Deum" de Marc-Antoine Charpentier

LE MONDE | 01.02.1949

RENÉ DUMESNIL.

(…) M. Luigi Dallapiccola est un des musiciens italiens les plus personnels de la jeune école. Utilisant le système dodécaphonique il a écrit les trois ouvrages donnés par l'orchestre et les chœurs de la radiodiffusion sous la direction de M. Roger Désormière, et qui n'emploient qu'un nombre d'instruments réduit (deux pianos et deux harpes, un xylophone, un vibraphone, un jeu de cloches, trois tam-tams, deux cymbales, une grosse caisse, six timbales, auxquels se joint un chœur mixte, sans solistes). Cette énumération ferait penser qu'il s'agit d'une musique assez barbare. Mais point : en construisant ces Chants de prisonniers (Prière de Marie Stuart, Invocation de Boèce, Savonarole) sur le thème du Dies Irae adapté à ces moyens d'expression inattendus, Luigi Dallapiccola n'a point renoncé à traduire avec une éloquence certes dépouillée, mais réelle, l'émotion qui se dégage des textes. Il y réussit, et si l'on éprouve parfois ici et là une impression de monotonie, du moins faut-il rendre justice à la qualité d'une musique si personnelle, si volontairement et si sincèrement dépouillée de tous les moyens ordinaires de séduction. M. Roger Désormière s'en est fait l'avocat avec le talent et la conscience qu'il apporte à ses interprétations. Il a gagné la cause. (…)



Le carnaval des ondes à Nice

LE MONDE | 07.02.1949 

   On sait que sur l'initiative de M. Porché, la Radiodiffusion française diffuse tous les samedis matin une émission intitulée " Université radiophonique internationale " au cours de laquelle sont faits des exposés sur des sujets d'un intérêt universel.

   Dans ce même dessein la Radiodiffusion française organise à Nice du 19 au 26 février les journées du " Carnaval des ondes ", qui comporteront, comme nous l’avons dit précédemment, un congrès radiophonique international avec des séances de travail au Centre universitaire méditerranéen, et une série de manifestations artistiques, dont nous donnerons le détail dans nos programmes habituels.

   Sont déjà prévus : le 19 février, un récital par le pianiste Alexandre Borouski ; le 21 février, concert de musique française, américaine, anglaise, italienne et russe, avec l'Orchestre national dirigé par Roger Desormières ; le 23 février, un spectacle Katherine Dunham ; enfin les galas des vedettes françaises le 35 février, et des vedettes internationales le 26 février.


21 février 1949 Nice Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Capdevielle Le Pédant joué, ouverture
Antheil Symphonie n°5
Lambert Roméo et Juliette
Rieti     Barabau
Prokofiev Symphonie n°4

28 février 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Chostakovitch Symphonie n°8
Thiérac Jacques Volets de tryptique
Aubert Le Tombeau de Chateaubriant

4 mars 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Milhaud Suite harmonique
Delannoy 4 Décors pour Ginevra au chant Irène Joachim, Raymond Amade ?
Dandelot     Midas au chant Nadine Sautereau, Ginette Guillamat, Claudine Collart, Denise Scharley, L. Noguera, C. Richard, Jean Giraudeau, M. Prigent, Lucien Lovano, Camille Maurane, André Vessières, 

7 mars 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Tailleferre Cantate de Narcisse au chant Ginette Guillamat et Jean Planel    chœur de la Radiodiffusion-télévision française dirigé par René Alix
Auric Les Matelots, ballet
Nigg     3 Mouvements symphoniques Création

taill auric nig 49.mp4


LE GRAND PRIX DU DISQUE

LE MONDE | 07.03.1949 

   L'académie Charles Cros, réunie sous ta présidence de M. Marc Pincherle, a proclamé les prix du disque. L'activité déployée au cours de l'année par les éditeurs français a été grande. Elle a abouti à la réalisation d'enregistrements intégraux tels que les quarante-huit préludes et fugues du " Clavecin bien tempéré " par Isabelle Nef, et du " Magnificat " de Bach.

   Le prix d'honneur du Grand prix du disque de l'académie Charles Cros a été attribué à " l'Homme et son désir " de Darius Milhaud-Paul Claudel, réalisé par l'orchestre Désormières sous la direction de l'auteur.

   Dans le palmarès on relève les prix suivants pour les divers genres de musique :

Musique symphonique : Daphnis et Chloé, de Ravel, par l'orchestre du Conservatoire, sous la direction de Charles Münch.

Musique symphonique contemporaine (ex aequo) ; Symphonie en trois mouvements, de Strawinski, par l'orchestre philharmonique de New-York, sous la direction de l'auteur; Symphonie liturgique, d'Honegger, par l'orchestre symphonique sous la direction de l'autour.

Orchestre de chambre : Première suite pour cordes, de John Blow, par l'orchestre dirigé par Anthony Lewis.

Instruments avec orchestre (ex aequo) : Concerto pour violon et orchestre, de Hindemith, avec Henri Merckel et l'orchestre des Concerts Lamoureux, sous la direction de Roger Désormières ; Concerto, pour basson et orchestre, de Bodin de Boismortier, avec Fernand Oubradous. Orchestre sous la direction de Roger Désormières.

Instruments : Sonate en si mineur, pour piano, de Chopin, exécutée par Dinu Lipatti ; quatre Sonates pour clavecin, de Cimarosa, exécutées par Ruggero Gerlin. Jazz : Trumpet no end, par l'orchestre Duke Ellington. Mention jazz français : Lullaby for a be-bop baby, par le trio Bernard Peiffer.


UN CŒUR DE DIAMANT

LE MONDE | 12.04.1949 

Jeanne Dumesnil.

Monte-Carlo, avril - Dans la féerie d'avril les nouveautés des ballets de Monte-Carlo éclosent chaque année devant les privilégiés que le printemps ramène en cet éden où la nature et les arts font si bien oublier les misères du temps. La première des trois créations annoncées cette saison, Un cœur de diamant, est une illustration chorégraphique de la nouvelle d'Oscar Wilde The Birthday of the Infanta. Le scénario de David Lichine se propose de démontrer que la beauté de l'âme est supérieure à la laideur physique. Pensée profonde ou puérile, comme toutes les vérités premières, mais en tout cas point aisée à traduire plastiquement.

Le décor de Nathalie Gontcharova nous montre donc un jardin, ou plutôt la grille qui le clôt, du côté cour. Elle s'ouvre pour livrer passage " aux filles et aux garçons nobles ", puis à l'infante. Tous s'ébattent, tournent, jouent à la balle. Des hommes paraissent ; ils portent, suspendu à un bâton, comme une biche au retour de la chasse, un pauvre hère qu'ils déposent aux pieds de la princesse. Ebloui, l'homme ne voit plus qu'elle et la poursuit à travers les danses, tandis que les autres s'efforcent de l'en empêcher. Or ce gaillard, d'apparence si solide, est en vérité un pauvre nain, contrefait, bossu, affreux ; mais on nous le montre tel qu'il se croit, tel qu'il se voit. Resté seul il veut rejoindre l'infante et sa suite qui déjà s'en sont allées hors du jardin. La grille se referme dès qu'il parvient au seuil, et ses efforts pour la rouvrir restent vains. Quatre noirs personnages voilés détachent les vantaux où le nain demeure comme s'il y était cloué, déposent son corps sur le sol et replacent la grille. L'infante revient un moment, tend au nain un miroir : il reste aveugle devant sa propre disgrâce. Les hommes noirs apportent alors un coffre recouvert d'un suaire. Le nain le soulève et découvre sous le linceul le corps d'un bossu en haillons qui s'anime, lui sourit tristement et lui révèle qu'il est sa propre image. Pour l'en convaincre il lui tend un manteau en guenilles, tout pareil à celui qu'il porte, et sous lequel se cache sa bosse. Le nain le revêt, se roule à terre et meurt. L'infante revient alors avec sa cour. Elle seule regarde le cadavre avec pitié.

L'infante est Mlle Tamara Toumanova, et le nain M. George Skibine. Ils font de méritoires efforts pour dissiper l'obscurité d'un argument trop confus, pour animer une chorégraphie qui doit surtout aux apparitions des " danseurs d'entr'acte " (Mlle Marjorie Tallchief et M. René Bon), chargés de relier les différentes scènes du drame, ses meilleurs moments. Les ensembles sont bien réglés, et M. Gustave Cloez, à la tète de l'excellent orchestre de Monte-Carlo, donne le meilleur relief à la partition de M. Jean Hubeau, écrite avec élégance, dramatique à souhait, et qui porte la marque d'un musicien accompli.

Le second acte du Lac des cygnes a permis à Mlle Toumanova de donner, mieux que dans Un cœur de diamant, la mesure de son talent. Ses tours, la sûreté de son équilibre, lui ont mérité de longs applaudissements, partagés avec son partenaire, M. André Eglevski. Dans le Beau Danube bleu, aussi bien que dans le pas de deux du Cygne noir (tiré du troisième acte du Lac des cygnes), Mlle Rosella Hightowet a fait preuve d'une technique vraiment hors de pair, et M. David Lichine, en hussard, s'est montré d'une précise souplesse qui lui a valu un très vif succès.

Soirée brillante, devant un public enthousiaste, où l'en remarquait l'Aga Khan. Tout le monde se retrouvera après-demain à la création de Tristan fou, le ballet de Salvador Dali, Ivan Boulnikor et Léonide Massine, objet de vives discussions, en attendant la première.


LES BALLETS DE MONTE-CARLO "LA SOMNAMBULE"

LE MONDE | 05.05.1949 

RENÉ DUMESNIL.

(…) On avait commencé par le second acte du Lac des cygnes, donné avec quelques variantes dans la chorégraphie, les unes heureuses, comme les groupes formés à la fin de la valse qui suit l'entrée des cygnes, les autres moins opportunes, comme les portés que font les archers en enlevant les cygnes avant leur sortie. Et pour que ce second acte forme à lui seul un tout le mauvais génie emporte la princesse Odette, et le prince Siegfried meurt désespéré. Comme disait Jules Lemaitre, la mort est le seul dénouement qui vraiment dénoue. Mlle Tamara Toumanova prête à la Princesse-Cygne sa grâce romantique, la sûreté merveilleuse de son équilibre, et, aussi bien dans ses variations que dans l'adage, fait preuve d'exceptionnelles qualités. Son partenaire, M. André Eglevski, se montre digne d'elle. Et il n'est que juste de louer la troupe tout entière pour les progrès réalisés depuis l'an dernier. Les ensembles témoignent du bon travail accompli.

Le spectacle s'achevait par le Cygne noir, tiré du troisième acte du ballet de Tchaïkovski, et par le Beau Danube, dansé par Mlles Rosella Hightower, Riabouchinska et M. Léonide Massine. Nous aurons l'occasion prochaine de dire leurs mérites, mais il faut dès aujourd'hui louer M. Gustave Cloez, qui conduisit l'orchestre en chef consommé. (…)


Léonide Massine -Tamara Toumanova - Rosella Hightower

LE MONDE | 06.05.1949 

O. M.

Un grand événement de la danse s'est passé avant-hier sur la scène du théâtre des Champs-Élysées : la rentrée parisienne - très éphémère puisqu'il réside à Londres - de Léonide Massine. On nous parie des succès que Lifar remporte de nouveau comme danseur suc la scène de l'Opéra à un âge de pleine maturité, mais que dire du permanent et éclatant triomphe de Massine sur les ans ! Ce n'est un secret pour personne, et l'intéressé a la coquetterie de ne pas s'en cacher, que celui qui fut le plus grand chorégraphe de Diaghilev après Fokine a dépassé la cinquantaine. Qui s'en apercevrait en le voyant aujourd'hui pirouetter aussi lestement qu'il y a seize ans sous l'uniforme de hussard à brandebourgs du Beau Danube ? On l'a retrouvé avec ses yeux immenses mangeant son visage, cette " présence " qui galvanise ses partenaires et donne à chacun de ses gestes un style lié, une sveltesse de taille enfin qui en dit long sur les bienfaits esthétiques de la discipline à la barre !

Nous n'apprendrons pas à ceux qui depuis la guerre de 1914 suivent avec une sorte de ferveur quasi mystique les moindres créations de ballet - que ne pourrait-on écrire sur ce " milieu " si spécial de la danse ? - que la figure de Massine a dominé le ballet russe de Monte-Carlo durant une vingtaine d'années.

En fait Massine a été le premier choréauteur de cette compagnie à éclipses qui reprend corps actuellement sous le mécénat désintéressé et bruyant du marquis de Cuevas, qui fut tour à tour commandité et dirigé par le colonel de Basil, le baron d'Erlanger, René Blum avant la guerre, qui groupa dans le ciel céruléen de Monaco tout ce que l'émigration russe compte de danseuses aux noms plus tolstoïens les uns que les autres. On se souvient que c'est Diaghilev qui, lui donnant sa chance en même temps qu'à son camarade Balanchine, avait dès 1917 poussé Massine à créer le genre de la danse mimée avec Parade, ballet pour lequel l'aidèrent Cocteau et Picasso, puis avec la Boutique fantasque (Rossini-Derain), enfin avec le fameux Tricorne (de Falla-Picasso) qu'il danse encore à Londres et dont Mlle Espanita Cortez nous offrait l'autre soir un" version discutable sur la scène de l'Opéra-Comique.

Massine incarne trop bien le complexe " désordre et génie " de l'âme slave pour s'être contenté de ramer à la grosse la même formule de ballet, comme aurait fait un intendant des Menus de la principauté monégasque. Non content de représenter ses œuvres sur toutes les scènes du monde, il vint sur notre Riviera en 1938-1939 s'essayer au genre de la symphonie chorégraphique : il créa ainsi de vastes fresques à la fois plastiques et musicales sur la Septième Symphonie de Beethoven (décors de Christian Bérard) ou sur l'Etrange Farandole de Chostakovitch (décors de Matisse), un peu du style que l'on peut admirer aujourd'hui dans les pathétiques traductions de Janine Solane. En novembre 1939, osant s'attaquer au ballet surréaliste, Massine présentait enfin au public new-yorkais la Bacchanale de Salvador Dali. Cette œuvre hardie identifiait Louis II de Bavière avec tous les héros mythiques de Wagner. Elle était le prélude de ce Tristan fou que l'on va voir créer samedi sur le plateau des Champs-Élysées, qu'il sera curieux de comparer aux dernières œuvres de Serge Lifar, de Boris Kochno ou de Roland Petit, et qui constitue la dernière conception en date de cet artiste très généreux qu'est Léonide Massine.

Le célèbre impresario américain S. Hurok raconte dans ses savoureux souvenirs comment, lui-même Russe émigré, il accueillit aux États-Unis la troupe russe de Monte-Carlo, composée de Georges Balanchine, de David Lichine, d'Alexandra Danilova, d'Irina Baronova, de Tatiana Riabouchinska et de l'enfant étoile Tamara Toumanova, dont la naissance dans une roulotte séduisait, on s'en doute, l'imagination des reporters américains. Les meilleurs éléments de cette troupe, y compris la grande Danilova - en spectatrice malheureusement, - sont à l'heure actuelle à Paris. (…)




21 mars 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Destouches Callirhoé, suite orchestre
Koechlin Les Heures persanes pour orchestre op. 65
Vivaldi Concerto grosso en sol min, RV 577
Mozart Concerto cor en mi bémol         au cor Louis Courtinat
Jolivet Concerto pour ondes Martenot      aux ondes Ginette Martenot

4 avril 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Prokofiev Symphonie n°4
Berkeley Lennox  Divertissement
Hindemith "Les 4 tempéraments"         au piano Yvonne Loriod
Antheil Symphonie n°5

12 mai 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Falla     L'Amour sorcier (fragments symphoniques)
Ponce Concerto pour guitare         à la guitare Andres Segovia
Martinet La Trilogie des Prométhées     Création

Désormière : L'Amour sorcier en 1949.mp4



2 juin 1949 Paris Orchestre national de la Radiodiffusion-télévision française
Ropartz Requiem         au chant Geneviève Moizan et chœur de la Radiodiffusion-télévision française
Samazeuilh Nuit
Roland-Manuel Stella Maris au chant Irène Joachim, Yvon Le Marc'Hadour et chœur de la Radiodiffusion-télévision française
Vlad Roman De profundis     au chant Geneviève Moizan et chœur de la Radiodiffusion-télévision française

ORCHESTRE DE CHAMBRE et chœurs du conservatoire de Liège : "DIDON ET ÉNÉE " de Purcell

LE MONDE | 08.06.1949

RENÉ DUMESNIL.

(…) L’Orchestre national a donné le Requiem de M. Guy Ropartz. N'eût-il écrit que cet ouvrage - et cette messe des morts, dont la première audition eut lieu en 1939, s'inscrit à la suite d'une longue production dont aucun numéro est indifférent, - l'auteur aurait dû siéger déjà à l'Institut depuis dix ans. Son Requiem est avant tout un acte de foi, et la manière ou plutôt les manières dont ce mot requiem est accentué chaque fois qui revient expriment bien la confiance et la sérénité, l'aspiration vers la lumière du juste que n'alourdit point dans son ascension vers la demeure du Père le poids d'aucune faute inexpiable. Mais cet acte de foi se double d'un acte de charité: Il est une consolation pour ceux qui à l'heure de la séparation dernière demeurent les yeux pleins de larmes et le cœur gonflé de regrets. L'ouvrage est de vastes proportions; rien cependant n'y est inutile, rien n'y est redite ou développement oiseux. La justesse et la convenance des détails ne permettent nulle part d'oublier le plan général, et la beauté des thèmes, la qualité de l'orchestration font de ce Requiem une œuvre maîtresse. L'exécution qu'en ont donnée l'Orchestre national et la chorale Gouverné fut remarquable. M. Roger Désormière, qui la dirigeait, y a fait preuve de ses habituelles qualités de chef attentif et scrupuleux, de son goût et de sa sensibilité.


13 juin 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Rameau Acanthe et Céphise
Mozart Concerto pour piano n°21, K.467     au piano Monique Haas
Mihalovici Variation, pour cuivres et cordes
Sauguet     La Chatte

16 juin 1949 Londres, Royal Opera House Covent Garden
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim, Solange Michel, Jacqueline Cellier, Jacques Jansen, Henri Etcheverry, Pierre Froumenty, Jean Vieuille

17 juin 1949 Londres, Royal Opera House Covent Garden
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim, Solange Michel, Jacqueline Cellier, Jacques Jansen, Henri Etcheverry, Pierre Froumenty, Jean Vieuille

18 juin 1949 Londres, Royal Opera House Covent Garden
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim, Solange Michel, Jacqueline Cellier, Jacques Jansen, Henri Etcheverry, Pierre Froumenty, Jean Vieuille


20 juin 1949 Londres, Royal Opera House Covent Garden
Debussy Pelléas et Mélisande     avec Irène Joachim, Solange Michel, Jacqueline Cellier, Jacques Jansen, Henri Etcheverry, Pierre Froumenty, Jean Vieuille


30 juin 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Campra L'Europe Galante, suite orchestrale
Mozart Concerto pour flûte en ré     à la flûte Fernand Dufrêne
Weber/Berlioz L'invitation à la valse
Stravinsky Le Rossignol au chant Janine Micheau, Claude Collart, Geneviève Moizan, Marie-Thérèse Holley, Pierre Gianotti


LE THÉÂTRE DE MARIE-ANTOINETTE va rouvrir ses portes pour venir en aide au château de Versailles

LE MONDE | 29.06.1949 

OLIVIER MERLIN.

   Le théâtre du Petit Trianon va rouvrir ses portes pour une soirée de gala exceptionnelle le 7 juillet prochain. La fête est organisée au profit du château de Versailles par la Ligue urbaine et rurale, qui justifie ainsi sa mission de contribuer à la sauvegarde du patrimoine architectural français. Le temps n'est plus, hélas ! où les dollars du grand Rockefeller bouchaient les lézardes, couvraient les toits ou doraient les plombs du palais de la Monarchie. Nous avons souvent fait allusion ici à la noble misère dans laquelle Versailles végète depuis la guerre, et aux efforts quotidiens déployés par le conservateur, M. Mauricheau-Beaupré (1), par ses zélés collaborateurs, pour que l'Europe puisse toujours admirer la demeure du grand roi.

   Hier encore la princesse Margaret, le maréchal Montgomery, les délégations étrangères de la conférence des Quatre, visitaient les salons princiers. Demain la chambre de la reine sera inaugurée dans son décor de boiseries et de tentures du XVIIIe siècle. Ici et là des tableaux réencadrés, des consoles, des sièges, donnent un air vivant aux grands appartements. Mais tout cela, selon les propres dires du conservateur, c'est " de la poudre aux yeux ".

   En fait il pleut dans la galerie des Batailles, les toiles marouflées de Le Brun se décollent du plafond de la galerie des Glaces, les voûtes des Écuries s'effondrent. A l'extérieur c'est pire. La pièce d'eau des Suisses, qu'on avait curée et dont on avait cimenté les deux arrondis, est envahie par les herbes. Les bassins des parterres, notamment les deux Cabinets des animaux, se craquellent et fuient. Quant aux statues, qui représentent le plus bel ensemble sculptural de l'art du XVIIe siècle, elles sont dans un tel état d'abandon qu'on les découvrira un jour étêtées, bancales ou manchotes. On a refait les treillages. Mais les arbres, les plantations ? Les jardiniers et les gardiens comptent parmi les plus dévoués, les plus polis des Palais nationaux. Comment, en si petit nombre, les malheureux parviendraient-ils à préserver le parc des atteintes du temps et... du public ?

   Si l'on voulait remettre en état le domaine de Versailles il faudrait un crédit de 1 milliard 500 millions. Le simple défrichage de la pièce d'eau des Suisses coûterait 50 millions. Or c'est cette somme qui a été accordée globalement à Versailles pour les grands travaux, l'État se contentant sordidement de lui octroyer une dotation annuelle d'entretien de 5 millions. On voit en quel péril se trouvent le château et ses dépendances.

   Le gala de bienfaisance du 7 juillet versera donc une goutte d'eau dans la mer. Du moins l'intention est-elle louable. Deux cents à trois cents invités pourront prendre place dans l'adorable petit théâtre que Richard Mique construisit en un an pour Marie-Antoinette. Ils arriveront par le Petit Trianon, et sous une voûte de tilleuls centenaires taillés en berceau gagneront le portail ionique encastré dans les fermes du Jardin français, sur le seuil duquel ils seront reçus par Mme René Mayer, entourée des membres de la Ligue urbaine et rurale. Deux ouvrages lyriques du temps, Blaise le savetier (musique de Philidor, paroles de Sedaine) et les Paladins (musique de Rameau, paroles de Monticour) seront interprétés sous la direction de M. Roger Désormières par les artistes du chant et le corps de ballet de l'Opéra. Un médianoche debout réunira ensuite organisateurs, invités et vedettes dans le charmant Pavillon français.

   Il y a près de vingt ans, exactement depuis la dernière venue en ces lieux de Rockefeller, que le théâtre de la reine n'avait été ouvert. On n'y pénètre jamais, et pourtant, tel que nous l'avons visité hier en compagnie de M. Mauricheau-Beaupré, tel il devait apparaître au familier des petits cabinets en 1780. Par delà la corbeille, le balcon et les loges aux tentures de moire bleue, les sculptures en carton-pâte de l'orchestre, le rideau est levé et le décor de scène est planté : cinq portants simulant de chaque côté des perspectives de palais fuyant vers un fond de paysage sylvestre, où transparait la porte Saint-Antoine. Dans ce cadre prenait place la famille royale, sur ce plateau la reine incarnait la Colette du Devin du village ou Rosine du Barbier de Séville, dans ces loges carrelées, au détour d'un escalier de coulisse où subsiste l'inscription " Danseuses au premier étage ", se travestissaient les Polignac, Vaudreuil, l'illustre M. Campan...

   La retraite est si discrète parmi les communs que des escadrilles d'hirondelles y faisaient volontiers escale ce printemps, et que l'autre jour encore les bons gardiens du Trianon ont dû livrer une chasse énergique aux derniers habitants pour vider la place.

   Le brimborion de Marie-Antoinette servant la cause de Louis XIV, voilà assurément un secours imprévu dont tous les fervents de Versailles se féliciteront. Mais ne serait-il pas temps qu'à l'échelon national l'administration des beaux-arts obtint les crédits qui relèveront notre majestueux domaine menaçant ruine ?

   (1) On lira avec le plus vif intérêt le dernier livre que M. Mauricheau-Beaupré a consacré au grand œuvre de Versailles, intitulé Versailles, publié aux éditions des Documents d'art a Monaco, orné de 144 reproductions en héliogravure et de 18 planches en couleur.


7 juillet 1949 Versailles, Théâtre de la reine du Petit Trianon 
1er concert à Versailles
Rameau/Désormière Les Paladins Chorégraphie Serge Lifar Ballet de l'Opéra     Mlles Bardin, Lafon, Moreau, Bourgeois, Dynalix MM. Lifar, Ritz, Renault, Bozzoni


27 juillet 1949 Bordeaux, Grand Théâtre Mai musical de Bordeaux
 Orchestre national de la Radiodiffusion-télévision française
Sauguet Symphonie n°2 "allégorique" ou "les saisons" Création     au chant Janine Micheau, chorale de la RDF (dirigée par René Alix), chœurs d'enfants par la maîtrise de la RDF (dirigée par Marcel Couraud)

Désormière : Symphonie n°2 Les saisons.mp4


La Symphonie allégorique D'HENRI SAUGUET

LE MONDE | 02.11.1949

René DUMESNIL.

(…) On était curieux d'entendre la Symphonie allégorique écrite par Henri Sauguet sur le thème des Saisons. Cet ouvrage, dont la durée d'exécution atteint une heure et quart, utilise un grand orchestre, des chœurs mixtes, des chœurs d'enfants, une soprano soliste, sans compter maints effets de " bruitage " ; un tel effort commande a priori le respect. On ne peut en effet qu'admirer le musicien qui ose entreprendre une tâche aussi difficile et consacrer tant de labeur à une œuvre d'un placement toujours incertain, et plus que jamais aujourd'hui, où les questions matérielles font obstacle à tout ce qui dépasse les proportions ordinaires. Comme pour mieux affirmer son dessein de faire grand, le compositeur a divisé sa symphonie en six mouvements, : aux quatre saisons il ajoute un " nocturne du rossignol " qui naturellement, s'inscrira après le printemps ; et, pour conclure après l'automne, le dernier mouvement décrira le " retour de l'hiver ". Rien que de très justifiable en cela. Rien n'oblige le musicien à suivre le plan de Haydn et à commencer par le printemps. Il semble même qu'il y ait avantage à faire débuter la symphonie par l'hiver, et Haydn lui-même l'a bien senti puisque son introduction a pour objet de peindre le passage de la désolation hivernale à la joie printanière. Mais j'imagine l'embarras qui, plus d'une fois, dut peser sur Henri Sauguet, soucieux de s'écarter de Haydn, et ramené malgré lui par la nature même du sujet à suivre son illustre devancier. Certes, si le cadre est demeuré le même, les moyens de le remplir se sont développés depuis 1794, et le compositeur dispose aujourd'hui de ressources inconnues au temps de Haydn. Eut-il raison de choisir parmi elles l'une des plus contestables ? Fit-il bien de mêler à la musique le " bruitage ", l'enregistrement des aboiements des chiens, des croassements des corbeaux, des chants d'oiseaux, des cocoricos de la basse-cour, du tintement des cloches, du meuglement du troupeau, du sifflement du vent et des mille bruits de la nature ? Entre chacun des six mouvements de sa symphonie, parfois même au plein milieu, ces bruits répétés créent de la lassitude : on les attend ; ils viennent, on en est gêné. La musique pourrait si bien suggérer ce que l'auteur veut nous faire sentir qu'on lui en veut d'avoir choisi ce qui fait paraître son ouvrage plus monotone et trop long. Pour l'automne aussi était-il indispensable d'évoquer la chasse tant de fois décrite à l'orchestre au moyen des fanfares de cors ? Les aboiements de la meute s'y ajoutent, il est vrai. J'aime mieux, dans cette cinquième partie, le chœur des hommes, auquel répond un chœur de femmes. Mais ce qui m'a paru le meilleur c'est dans sa simplicité naïve la chanson enfantine, c'est aussi la phrase du violon solo s'élevant à la fin de l'été avant le chœur d'enfants, "ainsi s'accomplit l'union du soleil et de la terre".

   L'ouvrage a été l'objet des soins attentifs de M. Roger Désormière. L'orchestre national, les chœurs de M. René Alix, la maîtrise de M. Marcel Couraud, ont droit à des éloges, et la voix pure de Mme Jeannine Michaud a fait merveille dans un solo trop court à notre gré.



saison 49/50 sont prévus
20 concerts de l'ON
à nouveau Strasbourg 
et Londres (nous n'avons que Sauguet, le 4 mars 1950 avec la BBC)
concerts à Bâle, Berlin, Budapest
 Prague ? printemps de Prague en juin 50 ?

25 septembre 1949 Paris Studio d'essai 
« Tout Shakespeare en dix-huit émissions »
Désormière     Roméo et Juliette  (version Jean Cocteau)       avec  Jean Marais (Roméo), Josette Day (Juliette), Jean Cocteau (Mercutio), Julien Bertheau (Frère Laurent après Roméo en 37 et 47), Roger Bontemps, Béatrice Bretty (la Nourrice), Jacques Dacqmine, Jacqueline Morane (Dona Capulet), Louis Seigner (Capulet), Lily Siou (Dona Montaigut)

29 septembre 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Berlioz Benvenuto Cellini, ouverture
Mozart Concerto pour piano n°20, K.466     au piano Pierre Sancan
Walton Le Festin de Balthazar      au chant Denys Noble et chœur de la Radiodiffusion-télévision française dirigé par Yvonne Gouverné

" Le Festin de Balthazar " de William Walton 

LE MONDE | 05.10.1949 

RENÉ DUMESNIL.

   M. William T. Walton, qui est né en 1901, est aujourd'hui un des meilleurs artisans de cette renaissance de l'école musicale britannique à laquelle nous assistons avec tant de joie. Il n'est point un inconnu pour le public des concerts parisiens : son Concerto pour alto, si j'ai mémoire, fut joué à Paris avec succès, et en novembre 1946, les concerts Lamoureux donnaient son Portsmouth-Point, qui témoignait de l'originalité de son talent et de la solidité de son métier. Son oratorio Balthazzar's Feast, composé en 1932, jouit depuis sa création en Angleterre d'une réputation comparable à celle qu'avait obtenue le Songe de Gérontius, d'Edward W. Elgar dès sa création en 1900. Nous étions impatients d'entendre ce Festin de Balthazar ; grâce à l'Orchestre national et à son chef, M. Roger Désormière, nous savons maintenant que l'ouvrage de William T. Walton mérite pleinement les louanges dont l'écho nous était parvenu d'outre-Manche.

   Le Festin de Balthazar est écrit pour orchestre, double chœur et baryton solo. L'orchestre même est renforcé d'une fanfare dont le compositeur sait user avec un discernement qui en accentue les vigoureuses interventions. Tout l'ouvrage d'ailleurs atteste par son écriture la pleine maîtrise du musicien : architecture solide, style classique qui cependant ne répugne point à l'utilisation judicieuse des dissonances, chœurs largement traités, avec des effets de puissance qui n'imposent jamais un effort excessif aux voix, soli de baryton d'une belle envolée, mais exempts de grandiloquence : un art d'équilibre, une musique virile et qui émeut par sa sincérité, sans nulle recherche de singularités.

   L'oratorio est divisé en plusieurs épisodes enchaînés : à la véhémente prophétie d'Isaïe succède un lamento suivi du chœur des captifs gémissant aux rives babyloniennes de l'Euphrate ; le meurtre de Barthazar par Cyrus, meurtre justifiant la prophétie d'Isaïe, forme le centre de cette large fresque sonore, qui s'achève par une hymne et un alléluia. Le finale atteint une réelle grandeur, et l'ouvrage peut être classé parmi les meilleures réussites de l'école contemporaine.

   L'exécution en a été remarquable, et c'est d'abord M. Roger Désormière qui doit en être félicité, aussi bien pour les soins dont il a entouré la préparation d'une tâche aussi lourde que pour la perfection des détails et la vigueur de l'ensemble. L'orchestre, sous l'impulsion de son chef, s'est surpassé, ainsi que les chœurs. Le soliste enfin, M. Denys Noble, s'est acquitté de sa tâche avec un zèle qui lui a valu un succès personnel bien mérité.

   Au même concert M. Pierre Sancan fit applaudir dans le Concerto en ré mineur (K. 466) de Mozart la clarté de son jeu et son talent de compositeur, les cadences étant son œuvre personnelle. On en a prisé la facture autant que l'exécution délicatement mozartiennes.(…)



3 octobre 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Purcell The Virtuous Wife au chant Nadine Sautereau, P. Mollet, Lucien Lovano et chœur de la Radiodiffusion-télévision française dirigé par René Alix
Beethoven Concerto pour piano n°1     au piano Geza Anda
Gounod Symphonie d'instruments à vent
Vellones Le Roi Salomon     au chant Nadine Sautereau, P. Mollet, Lucien Lovano et chœur de la Radiodiffusion-télévision française dirigé par René Alix

Le centenaire de Chopin

LE MONDE | 11.10.1949

(…) Au concert de l'Orchestre national, où Roger Désormière dirigea brillamment le Roi Salomon, du regretté Pierre Vellones (une œuvre dont le lyrisme de bon aloi doit assurer la survie), on eut le rare plaisir d'écouter la charmante Symphonie pour instruments à vent, de Gounod. La saine gaieté, la bonhomie de cet ouvrage font passer sur quelques longueurs et révèlent un Gounod bien ignoré aujourd'hui. Gesa Anda, au cours de la même séance, a fait preuve dans le premier Concerto de Beethoven d'un tempérament pianistique hors de pair : jeu lumineux, transparent, nuances d'une délicatesse et d'une justesse expressive exceptionnelles. (…) 


11 octobre 1949 Radio Torrens Orchestre symphonique national ???
Bizet Jeux d'enfants

22 octobre 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Debussy Pelleas et Mélisande avec Irène Joachim (Mélisande), Jacques Jansen (Pelléas), Henri Etcheverry (Golaud), Germaine Cernay (Geneviève), ? (Arkel), ? (Yniold), ? (le médecin)…

1er novembre 1949 Paris Studio d'essai 
« Tout Shakespeare en dix-huit émissions »
reprise de l'émission du 25 septembre 1949
Désormière     Roméo et Juliette  (version Jean Cocteau)       avec  Jean Marais (Roméo), Josette Day (Juliette), Jean Cocteau (Mercutio), Julien Bertheau (Frère Laurent après Roméo en 37 et 47), Roger Bontemps, Béatrice Bretty (la Nourrice), Jacques Dacqmine, Jacqueline Morane (Dona Capulet), Louis Seigner (Capulet), Lily Siou (Dona Montaigut)


 3 novembre 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Destouches Les Eléments
Beethoven Concerto pour violon     au violon Jeanne Gauthier
Milhaud Concerto pour harmonica à l'harmonica Larry Adler
Delannoy 4 Décors pour Ginevra au chant Irène Joachim, Raymond Amade

14 ou 15 novembre 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Duke Vernon (Vladimir Dukelsky) Paris aller et retour au chant Irène Joachim, Raymond Amade, chœur d'enfants
Saint-Saëns Concerto pour piano n°3     au piano Magda Tagliaferro
Loucheur Plein air (3 mouvements symphonique pour chœur et orchestre) chœur de la Radiodiffusion-télévision française

Vernon Duke Raymond Loucheur

LE MONDE | 22.11.1949

René Dumesnil.

(…) Il y a mieux que de l'habileté et de la fantaisie dans la cantate Paris aller et retour de Vernon Duke, sur un texte tendrement ironique de Paul Gilson. Les interventions du piano, les chœurs d'enfants, y sont traités avec une légèreté de touche et une sûreté qui font honneur au compositeur, et que M. Roger Désormière a rendues à merveille. Dans les soli Mme Irène Joachim et M. Joseph Peyron ont eux aussi, bien servi les auteurs. Les trois mouvements symphoniques que M. Raymond Loucheur a intitulés Plein air évoquent tour à tour un crépuscule d'été, un nocturne d'une tendresse verlainienne et, enfin, des sportifs défilant sur le stade. On y retrouve le sens rythmique, la puissance et la variété des effets d'orchestre, le goût de la concision qui caractérisent l'auteur - un des musiciens les plus personnels de ce temps. A ce même concert Mme Magda Tagliaferro a joué merveilleusement le Cinquième Concerto pour piano, de Saint-Saëns. (…)





HOMMAGE A DEUX DISPARUS

Le Monde | 26.11.1949

Jacques Copeau

Ginette Neveu

Lundi 28 novembre, à 20 h. 50, sur le programme national, l'Orchestre national, dirigé par Roger Désormière, donnera un concert en hommage à la grande violoniste tragiquement disparue. Au programme : fragments du De Profundis de Lalande, Ode funèbre pour les jeunes femmes mortes de Charles Kœchlin, et la Naissance du Verbe, pour chœurs et orchestre, de Scelci.

A l'entr'acte Claude Delvincourt, Francis Poulenc et Roger Désormière évoqueront le souvenir de Ginette Neveu.

28 novembre 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Hommage à Ginette Neveu
Delalande De profundis (fragments) au chant J. Cellier, C. Cayral, Hélène Bouvier, Raymond Amade, L. Noguera, chœur de la Radiodiffusion-télévision française dirigé par Yvonne Gouverné
Koechlin Chant funèbre à la mémoire des jeunes femmes
Scelsi Naissance du verbe     chœur de la Radiodiffusion-télévision française dirigé par Yvonne Gouverné

Hommage à Ginette Neveu " La Naissance du verbe "

LE MONDE | 30.11.1949

RENÉ DUMESNIL.

   L'Orchestre national, sous la direction de M. Roger Désormière, a rendu hommage à la mémoire de Ginette Neveu. Le De Profundis de La Lande - ce magnifique chef-d'œuvre si longtemps oublié - ouvrait le concert, suivi de l'Hommage à la mémoire des jeunes femmes mortes, de M. Charles Kœchtin. Puis, durant l'entr'acte, la carrière de l'artiste si tôt disparue, en pleine gloire, ses qualités de virtuose merveilleuse et ses qualités de cœur et d'esprit, furent évoquées par Mme Line Talluel, son premier professeur ; MM. Francis Poulenc, qui écrivit pour elle sa Sonate de violon ; Roger Désormière, qui l'accompagna en Angleterre et en France, et Mlle Nicole Henriot, qui souvent partagea ses succès à travers les deux continents. Hommage ému s'il en fut jamais, et si émouvant aussi.

   La seconde partie du concert était consacrée à la première audition d'un vaste oratorio pour soli, chœurs et orchestre de M. Giacinto Scelci, la Naissance du verbe. Les proportions de l'ouvrage, son plan, exigeaient pour qu'on en pût parler comme il le mérite qu'on l'entendit de nouveau : il n'est pas de ceux qui livrent leur secret à un premier et trop superficiel contact quand on n'a sous les yeux ni la partition ni même un programme. Il se divise en trois parties : dans la première, les grondements des basses, traversées de notes ascendantes, peignent le chaos qui lentement s'organise. Le chœur entre, d'abord piano, grandit lui aussi, s'enfle ; le rythme s'établit ; des appels se répondent, nettement scandés, et, sur une tenue des soprani, les alti brodent des vocalises. Une courte phrase de violon, et le premier mouvement s'achève. Le second débute par un appel de trompette repris par les cuivres. Alors commence un fugato sur une marche harmonique ascendante ; les voix entrent bientôt, et toute cette partie est comme un long crescendo. La troisième s'ouvre par un chœur syllabique qui progresse en intensité, s'élève, plane, laissant par instants dominer les solistes. Et l'œuvre prend fin sur le mot Christs repris et amplifié par le chœur.

   La difficulté d'exécution de ce monumental ouvrage est grande. Les chœurs Yvonne Gouverné, l'Orchestre national et M. Roger Désormière méritent d'être loués pour l'effort qu'ils ont accompli.




9 décembre 1949 Paris Orchestre national Radio-lyrique
Milhaud Médée chanteurs Janine Micheau, Jeanne Rolland, Hélène Bouvier, Joseph Peyron, Camille Maurane, Charles Clavensy, chœur de la RTF
Milhaud Les malheurs d'Orphée chanteurs Janine Micheau, Nadine Sautereau, B. Freda, Claudine Collart, Joseph Peyron, Camille Maurane, Charles Clavensy, chœur de la RTF

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23 décembre 1949 Paris Orchestre national de la Radiodiffusion-télévision française concert Bach dans le cadre d'une opération commune des radios 
anglaise, belge, hollandaise, luxembourgeoise et française
Bach    ???

 26 décembre 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Mozart Sérénade nocturne en ré
Berlioz L'Enfance du Christ (extraits) au chant J. Planel, F. Dufrene, R. Rochet, E. Cariven, chœur de la Radiodiffusion-télévision française dirigé par Yvonne Gouverné
Caplet Epiphanie, pour violoncelle             au violoncelle Jacques Neilz
Ferroud Foules     au violoncelle Jacques Neilz

 29 décembre 1949 Paris Orchestre national 
de la Radiodiffusion-télévision française
Mozart Symphonie n° 36
Mozart Concerto piano n°24, K.491    au piano Ina Marika
Ravel Valses nobles et sentimentales
Chabrier Prélude Pastoral
Chabrier Joyeuse Marche


LA DERNIÈRE SOIRÉE DES BALLETS DE MONTE-CARLO

LE MONDE | 02.12.1949 

C'était hier la dernière soirée parisienne des ballets de Monte-Carlo. Le théâtre Sarah-Bernhardt s'est révélé, durant tout ce mois de novembre si riche en créations chorégraphiques, parfaitement propice à l'art de Terpsichore. Salle comble pour cette ultime représentation. Était-ce la chaleur de l'ambiance ? Le programme particulièrement bien choisi ? L’aimable émulation des interprètes faisant partir sur la fin un feu d'artifice de prouesses techniques ? Rarement nous avons assisté à un spectacle de ballets aussi brillamment enlevé. (…) Même le Beau Danube, qui terminait le spectacle à la manière dont une partition de Chabrier sert de " bouquet " à un concert, fut interprété à une allure endiablée par toute la troupe du marquis de Cuevas  (…) 



Bilan d'un mois de ballet II - La compagnie du marquis de Cuevas

LE MONDE | 09.12.1949 

OLIVIER MERLIN.

Aux ballets des Champs-Élysées nous avons pu reprocher de n'avoir présenté pour leur " mois " parisien que quelques ébauches d'une valeur chorégraphique extrêmement mince (1). Du moins la compagnie de Boris Kochno avait-elle monté cinq créations et, à défaut de retrouver la veine des Forains, avait-elle ranimé les feux couvant sous la cendre du décor Christian Bérard. Nous ferons aux ballets de Monte-Carlo, dont les spectacles se succédèrent du palais de Chaillot au théâtre Sarah-Bernhardt, un grief inverse : la part de la chorégraphie était prépondérante, mais elle ne mettait en valeur aucune nouveauté, et le cadre qui l'entourait - décors, costumes - péchait par la médiocrité.

(…) Certes dans les hautes sphères de la chorégraphie la constellation Monte-Carlo soutient favorablement la comparaison avec la Voie lactée Babilée. Mlle Rosella Hightower, technicienne de premier ordre, toujours musicale, règne en souveraine infaillible sur la danse féminine. Mlle Tamara Toumanova, malgré le lyrisme affecté et cette brusquerie de gestes qui rebutent souvent le spectateur, possède la beauté dans son visage, et ses pointes piquent de prodigieux équilibres. Mlle Marjorie Tallchieff. Quand elle a suffisamment répété les ballets qui mettent en valeur la finesse de ses lignes corporelles, sait rester " en dehors " et terminer bravement une variation. Mlle Ethéry Pagava, qui n'est plus la gracieux androgyne du Déjeuner sur l'herbe, tantôt pleine de charme, tantôt privée de feu, autorise encore de sérieux espoirs, de même que Mlle Anna Cheselka, qui a des dons certains mais gagnerait à ne point trop les extérioriser. Du côté des hommes l'affiche est riche, même si l'on met à part Léonide Massine, qui n'est venu qu'en représentations danser le Tricorne à Sarah-Bernhardt. M. André Eglevsky, qui au repos montre sur une charpente de colosse des rotondités musculaires assez inesthétiques, se transforme en libellule dès qu'il s'élance dans la troisième dimension. Il est peut-être le seul danseur de ce temps à stopper aussi longtemps en l'air. Respiration bloquée, les yeux vides, il est là, planant dans l'espace, tandis que ses pieds commencent à croiser l'entrechat tout en paraissant freiner sa descente non pas pour atterrir mais pour feutrer ses chaussons sur du mousse - étonnant sortilège ! Quel dommage que l'artiste " casse " ses mains de si vilaine façon et ne soit vraiment expressif que dans Tristan, le meilleur rôle de sa carrière ! Quel dommage surtout qu'il n'astreigne pas davantage sa puissante académie aux exercices à la barre, qu'il néglige presque de s'échauffer avant d'entrer en scène ! George Skibine possède une finesse aristocratique qui n'appartient qu'à lui : la distinction de ses traits autant que l'élégance de son parcours en fait le partenaire idéal des pas de deux romantiques. René Bon enfin, léger et bondissant, a témoigné ces temps derniers de progrès remarquables dans l'art de la pirouette et du doubla four en l'air.

(…) Nous ne citerons que pour mémoire les valeurs sûres du répertoire de Monte-Carlo : les Femmes de bonne humeur, le Beau Danube, chorégraphies originales de Massine ; Constantia, de William Dollar, qu'on a revu avec plaisir, et les harmonies roses du célèbre Pas de quatre, de Pugni, exhumé par Anton Dolin, et qui servit de match à Taglioni, Grisi, Cerito et Grahn.

Pourquoi le marquis de Cuevas qui est un mécène, ne songe-t-il pas enfin à monter des décors convenables pour mettre en valeur les bons éléments de sa compagnie ? Comment ne va-t-il pas plus loin, ne se tourne-t-il pas du côté des maîtres décorateurs de notre époque, les Cassandre, les Derain, les Brianchon, les Brayer, les Diqnimont ? Qu'il fasse appel aux talents de l'art pictural, musical, chorégraphique, qui de tout temps ont élu domicile sur les deux rives de la Seine, et le " grand ballet de Monte-Carlo ", ce jour-là, méritera pleinement son nom.FIN

(1) Voir le Monde du 8 décembre 1949

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