Valérie Canat de Chizy



Paysages écrits N° 28

Octobre 2017


*

 

la grotte est tapissée

de silhouettes et d’ombres

 

femmes sauvages

vêtues de peaux

réunies autour du feu

 

 

elles

chantent et dansent

 

la grotte résonne

de leurs entrailles

 

dans un récipient macèrent

des fleurs des champs

 

 

 


 

 

 

*

 

le squale n’est plus

 

le corps entre dans l’eau

 

les carreaux de la piscine

les quadratures à la surface

 

un poisson plat

aux rayures noires

ondule doucement

 

l’eau glisse sur la peau

poisson sirène

 

 

 


 

 

 

*

 

dans ses yeux je vois

la face cachée du monde

 

les radeaux pneumatiques

les peaux tirées par la faim

les regards brûlants de détresse

 

ce que l’on ne veut pas voir

ce qui n’existe pas pour nous

 

 


 

 

 

*

 

la mort passe

effleure les rideaux

 

elle passe et

ne s’arrête pas

 

le lien à mon enfance

toujours vivace

 

se nourrit de plantes

et d’eau

 

arrose le jardin