Carole Carcillo Mesrobian & Philippe Jaffeux



Paysages écrits N° 26

Décembre 2015

IL

(extrait, page 36)

  

N°6 : Sa discipline invisible se règle sur les mesures d'un spectacle informe. Glissons-nous entre nos répliques pour exprimer la grandeur d’une unité imperceptible. La légèreté d'un manque se combine avec une évolution de notre conversation gratuite.

N°8 : Un espace rempli par la durée de l’immensité opère une mutation de nos rôles. L’altération de notre métamorphose s’insinue sous nos masques parce qu’IL apparaît dans le flux de nos paroles.

N°6 : IL cultive le souffle clandestin s de son alphabet silencieux pour nous arracher au calcul de nos paroles dialogue intelligible. 

N°8 : Nous invoquons le silence avec nos bouches remplies de bruit. IL exagère sa disparition pour que nos paroles n’atteignent pas le silence.

N°6 : L’existence de son absence s’apparente à la fluidité de nos apparitions. Nos yeux forcent un passage vers l'énergie de ses disparitions éblouissantes.

N°8 : L’affrontement de notre regard nous ôte la vue de son absence. Nous élaborons des représentations échelonnées sur une méconnaissance du vide. Notre théâtre élève nos fantasmagories au rang d’une chimère incontestable.

N°6 : Ses intentions interlinéaires embrouillent le rayonnement de nos répliques hasardeuses. Incarnons la place de son absence pour personnifier des acteurs qui s’ignorent grâce au jeu de son rôle.

N°8 : IL s’est perdu où nous avons duré parce qu’IL compte notre persistance avec des nombres incalculables. Notre patience s’échelonne sur le vide de notre représentation.

N°6 : IL a créé son silence en mélangeant de l’air avec du vide. IL se camoufle derrière un enchevêtrement lumineux de souffles et de lacunes. Les opérations de notre attente imprévisible programment nos apparitions chaotiques.

N°8 : Son cadavre fantasmatique trace les contours de son absence. IL détermine la fréquence de sa disparition en modulant l’onde du faisceau de notre attente inhumaine.

N°6 : Son inexistence se déploie à l’extérieur d’un dialogue qui étouffe notre respiration. Une danse de l’air évoque la valeur picturale de son rôle fantomatique. La pureté de notre métaphysique exprime l'épaisseur immatérielle de sa transparence.

N°8 : IL achèvera son absence inexorable quand la combinaison de l’espace et du hasard fabriquera un infini réversible.

N°6 : Le sens de notre pièce se renouvelle dans les airs avant de rebondir sur la face d’une valeur cachée. Partagerons nos volte-face avec la vacuité de notre hôte lunaire. Son silence symbolise le message d'une absence qui trouve sa place dans notre attente théorique.

N°8 : IL recule devant l’obscurité parce qu’IL y reconnaît la source de toute clarté.

N°6 : Eloignons-nous de nos corps pour nous abstenir de nommer la réalité de son recul. Investissons un vide expérimental pour donner une forme à nos apparitions instinctives.

N°8 : IL s’articule à la globalité d’un espace inexorable. Nous supposons y séjourner parce qu’IL n’y apparaît que lorsque nous cessons d’accepter de ne pas y être.