REVUE DES REVUES                                                                                              Aka, n° 3 et 4 / 2014.



Paysages écrits N° 23

Décembre 2014

A partir de quelques extraits du Journal de Louise Bourgeois, dont :

 

Samedi 3 octobre 1987

La transparence m’intéresse. Je veux être transparente. Si on pouvait voir au travers de moi, on ne pourrait pas s’empêcher de m’aimer, de me pardonner. Quelle différence y a-t-il entre les deux ? Aucune. 

 

les contributeurs ont fait leurs propositions :

 

Aude Pivin : « Elle a beau dire, elle a beau écrire » :

            Une nuit, elle a rêvé qu’elle était assise, fesses nues, sur les genoux de son père et qu’elle lui mordait le bras jusqu’au sang pour une caresse. Pourtant dans l’histoire, c’est lui qui mord l’âme et le cœur.

(et j’ai rêvé je vais te frapper si fort cette fois)

Elodie Boublil : « cymbales » :

            […]      Corps subtil croqué par la ligne d’un regard

                       Se redresse à l’affût

                        Puis disparaît et fond en toi […]

Et :

            Il strie les tambours et lacère leurs peaux

            Musique des sphère, réduite au silence

            Ouroboros – où recommencer sans fin ?

 


Katrine Dupérou : « en vie » : […]

chaque matin pose une année nouvelle à explorer il suffit d’exister et chaque chose ce qu’elle est chaque matin je regarde par la fenêtre l’impossible lumière et la confiance

je fais mes comptes et devant mes yeux tout passe et au travers je vois let me tell you

 

Séverine Daucourt-Fridriksson : « te suis passée à côté » : […]

                                   m’exposer à l’autre

                                               non pour calmer ma fièvre

                                                                                  :

            pour qu’il me retourne

 

                                               à loisir

            .

                        je me penche pour crever l’espace toucher

                        la joue tiédeur

 

                                   ,

            Suffoque joie extrême si difficile à

Dire […]

Pietr Jetko : « trois » :  […]  

dans un morceau très ancien nous habitons l’impasse de la baleine, le temps de l’impasse de la baleine […]

Sandrine Cuzzucoli : « alors » : […]

(Moi) de tissu et de marbre.

 

Tu me rejoins, à présent tu es dans mes plis et mes veines, vanillé, et dire que tu es rentré avec le jeu, la bataille.  […]

Raluca Maria Hanea : « Estérel » : […]

on ne voit pas les anges, on imagine des papillons

                                   les objets seuls s’espacent

                                   autour, à distance

 

                                   nos têtes

                                   épinglent des chutes et

                                   des froissements de sable […]

Claude Favre : « déboires » :

# à forboire creuser et manques

 

_creuser page n’est fosse vierge des strates d’histoires

trop mal connues_d’abreuves_fourbue à_et nombreux

taiseux ne_moins font plus […].

Revue Aka quatre




Stéphane Korvin


Cette fois-ci, le texte d’incipit est « La lettre au nègre » de Philippe Vandenberg :

« J’ai été peintre comme j’ai été gosse, longtemps. Faute d’un langage maternel, je suis entré en peinture pour formuler les questions, les demandes.

Mais, les questions posées, les demandes exprimées, où trouver les réponses ?

Et je suis devenu un peintre d’embouteillages. Un peintre d’exil. Un peintre de grandes crucifixions d’embouteillages en dedans de la toile, qui déchirent la peau de la belle peinture. Suis-je encore innocent ? » […]

Et les réactions de :

Tisza : « nue que ne déchiffre ».

Corinne Lovera Vitali : « sans titre » :

et j’aurais pénétré son atelier avec mon rocher de solitude et je l’aurais roulé violemment vers lui et il ne se serait pas protégé et je l’aurais sauvé de l’écrasement par mon seul rocher d’écriture et il m’aurait sauvée avec ses mains de peintre et je n’aurais pas eu à le faire ici depuis mon écriture bidon […]

Lucie Taïeb : « conversation » :

Serge Ritman : « je volubile ton dire silencieux » : […]

ta nudité au fond

de l’œil qui luit

tu fais ma nuit

 

et si j’écrivais que ta fente

me coupe en deux

tes doigts caressent les pointillés

de toutes les émasculations […]

Et surtout : […] « ante-post-scriptum » :

les poèmes hésitent       et il faudrait qu’ils rient de ces poursuites qui se cassent la gueule autant de défis à cette permanence culturelle des assis de la poésie ceux qui savent trop bien où ils en sont et avec qui je viendrai au fond de la salle des prix de fin d’année pour toujours repartir bredouille avec dans mon dos une marque au fer rouge que le poème ne cesse de creuser : de l’air […]

Sandrine Cuzzucoli : « il vient » : […]

Et vite. // Le dessin déborde et comment. Pourtant on courait (à tout rompre !). // On est surpris, on se soumet. // On ne l’a pas vu arriver. // Et à qui ai-je l’honneur ? // Grâce à qui ? // De donner naissance ? // Mal outillée, du moins je le crois //        – Fra Angelico m’a placée dans un couvent –.

Marie-Hélène Archambeaud : « l’amour d’un homme pour ses mensonges » :

Jean-Louis Giovannoni : « provinces » : […]

Ne me souviens pas d’avoir été appelé.

En rêve, peut-être, sur de courtes durées. // Courses folles. Emprunts de nombreux visages. Plusieurs à la fois. //Combien de corps…// L’aube n’en a gardé aucun. // Devant –– ouvert // Horriblement ouvert […]

Pietr Jetko : « cardeluis cardeluis » :

Marc Perrin : « Spinoza in China, 20.11.2011 – extrait ».

Sanda Voïca


Revue Aka 
n° 3 et 4 / 2014.