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Témoignage écrit de Shane


Date et lieu : En 2017, à Limoges

Depuis l'adolescence, je me sentais perturbé, qu'il y avait des choses en moi qui n'allaient pas. Mais dans les années 60 en campagne, il était très difficile de comprendre ce qui se passait en soi. Comment définir ce mal être qui s'installait.

La seule chose que je savais, c'était que je vivais dans un lieu dit, où tous les voisins avaient des filles a peu près de mon âge et que j'adorais jouer a la poupée avec elles. Mon frère et ma soeur avaient une trop grande différence d'âge avec moi (9 et 11 ans) pour que je joue avec eux. Donc pendant des années, j'ai vécue avec çà, oubliant parfois ce mal être qui s'installait de plus en plus en moi.

J'avais découvert par hasard, en rentrant dans la chambre de ma soeur, pour y chercher un livre, les habits que ma mère avaient repassés et posés sur le lit. Et là, j'ai été attirée comme un aimant par ses dessous. Il fallait que je les mette. J'en avais subitement envie et ce fut comme un électrochoc. C'était çà que je ressentais, l'envie d'être une fille.

Je savais que tout le temps de sa grossesse, ma soeur était souvent collé a ma mère murmurant a son ventre qu'elle voulait une soeur, hélas pour elle.... et en découvrant ce plaisir de porter ainsi les dessous je me sentais bien.

Ce bonheur était hélas éphémère car je ne pouvais garder cela avec moi. Mais chaque fois que je me retrouvais seul a la maison, je m'habillais en fille car je savais que c'était ce que je voulais. Cependant il a fallu des années avant que je trouve une solution pour çà.

A certains moment de ma vie, je parvenais a effacer un peu ce désir, essayant de me dire que ce n'était pas possible et en plus tellement peu d'informations qui circulaient sur ce sujet. Puis j'ai rencontré une femme délaissée par son mari et qui avait 4 enfants a charge. J'étais amoureuse d'elle et je me suis investit dans sa vie pour nous installer ensembles et vivre plusieurs années, ayant même une fille, le plus beau cadeau qu'elle m'ai fait. Et puis mon désir d'être femme a repris le dessus, je n'arrivais pas a exprimer mon malaise avec elle. Elle voyait bien que ça n'allait pas. Nous avons décidé de consulter un psychologue, j'ai pu me libérer un peu, ma femme ne comprenait pas ce qui m'arrivait. J'ai été aiguillé vers un psychiatre qui voulait me bourrer de médicament pour me faire oublier cela. Bref, la situation dégénérait petit a petit. Ma femme voulait m'aider, je n'arrivais pas a lui parler franchement. Nous avons vécus quelques mois de plus plutôt l'un a côté de l'autre avant de nous séparer.

De mon côté j'essayais de trouver des solutions pour mon changement d'identité. La seule chose qui existait alors c'était des opérations et je n'avais pas envie de me lancer la dedans. Et puis réussissant a parler a mon médecin traitant il m'a fait prendre un prendre un rendez vous dans un centre psychologique, puis une psychologue, un psychiatre avec qui je ne me suis pas du tout entendu. Il ne me parlait que d'opération. Sur FB, je m'étais faite amie avec une trans qui comme moi ne voulait pas d'opération. Elle m'a parlé d'un médecin a Lille qu'elle consultait et avec qui elle avait pu commencer un traitement hormonal. Et grâce a elle ( merci Sonia) j'ai eue mon 1er rendez vous en novembre 2017 et ensuite commencer mon traitement avec le suivi médical qui va avec.

Dans le même temps j'étais toujours en contact avec mon épouse, notre fille se partageant entre elle et moi comme elle le voulait. Du fait de notre séparation, j'ai pu mieux lui parler, lui expliquer toutes mes démarches. Bien que ce fut difficile, elle a été très compréhensive et ce fut une 1ère délivrance pour moi.





Age: 56

Date et lieu : Entre 2017 et 2018, à Limoges

Catégorie : Milieu professionnel

Réaliser un coming-out professionnel est sans doute une des choses les plus difficiles à faire. Pour ma part, j'ai la chance d'être dans une grande société qui a créé en son sein une association LGBT .

En 2017 j'ai commencé à prendre contact avec des collègues, membres de cette association (Mobilisnoo) pour leur parler de mon projet de transition ; cependant, je n'étais pas prête encore pour en parler. Donc, je restais en contact régulier avec Claire (membre du CA de l'association) .

En 2018 j'avais commencé les hormones, j'ai pris contact avec mon assistante sociale pour lui en parler, puis le médecin du travail. Au fil des semaines, mon projet prenait corps ; j'avais fait mon coming -out personnel et je me sentais prête a réaliser le professionnel. Je commençais par en parler avec des collègues techniciennes avec qui je m'entendais bien, qui saluèrent mon courage et ravie de cette décision que je prenais. Mon manager commençait à se douter de quelque chose, aussi au début du dernier trimestre 2018, j'en ai parlé avec lui ; cela ne posait aucun soucis. Comme il ne connaissait pas vraiment notre monde, ni ce que cela pouvait impliquer au niveau professionnel, je lui ai parlé de Mobilisnoo et des référents Claire et Ludovic. Il s'est investit dans cette démarche d'accompagnement.

Nous faisions des points réguliers durant le dernier trimestre, faisant une réunion avec le service RH aussi pour les impliquer dans l'action. Toutes les mises au point étant faites avec mon manager, mobilisnoo et son référent région Ludovic, la RH, nous avons convenus d'une date mi-décembre pour informer mes collègues professionnels. Le jour dit, Ludovic fit une intervention pour présenter l'association avant de me passer la parole ; j'étais plutôt détendue, et tout se passa bien. J'indiquais à mes collègues qu'à partir du 4 janvier (retour de congés), je serai définitivement sous mon apparence féminine. La RH fit aussi une intervention. Au final, tout était ok .

Comme il y a plusieurs services sur le site, la direction avait mis en place des réunions au même moment avec tous les managers et leurs équipes pour leur parler de ma transition. Tout était bien organisé et l'ensemble des collègues mis au courant au même moment. Aujourd'hui 3 mois se sont passés, et c'est un peu comme si j'avais toujours été présente en tant que femme dans mon entreprise. Je n'ai eue à ce jour, aucun mauvais retours.





Age: 56 ans

Date et lieu : En 2018, à Limoges et ses alentours

Si le processus médical était enclenché, prise d'hormones, résultat sanguins et déjà 3 visites chez le Dr Riff a Lille, il me fallait prévenir la famille et ça, je craignais. Des copines qui avaient fait leur coming-out et avaient vues s'éloigner parents, frères, soeurs ou enfants, ne me mettaient guère en confiance. Si ma femme était au courant, approuvait ma démarche, il fallait que j'en parle a ma famille. Comme il était impossible de les réunir en 1 seule fois, je me suis imposée le fait de leur rendre visite. En fin de compte c'est assez lourd de faire ainsi, cependant j'avais pris cette décision. J'ai commencé par une cousine avec qui je suis très proche. Elle n'a pas vraiment été surprise, avait noté des changements sur mon physique,ma façon de m'habiller (Depuis fin 2017, je m'achète des jeans ,tee shirt, chemises femme que je porte régulièrement). Pour ma cousine pas de soucis, me félicite pour mon courage. Déjà 1 bon point.

Puis ma nièce, elle travaille et vis a Paris avec son mari et ses enfants mais revient régulièrement, loge chez ses parents ou beau parents près de chez moi. Donc je vais leur rendre visite et leur parle de ma transition. Elle est heureuse de ma démarche et me félicite. Elle était déjà un peu au courant ayant vu des photos sur mon profil Facebook fille par hasard. Elle en avait parlé avec mon neveu et était restée discrète . Du coup cette visite lui plaisait et avec son mari ne voyait aucun soucis, il était même content pour moi, il avait déjà vue un changement vestimentaire aussi ; il pensait juste que pour ma fille, ma maman, frère et soeur cela serait moins facile. C'était un 2ème bon point.

J'ai ainsi fait ma transition avec d'autres cousins, ma voisine d'enfance et tout était bien, content pour moi et tout le courage que j'avais de faire ce parcours et cette démarche. Puis vint le tour de mon frère, ma belle soeur et ma soeur . Pour eux ce fut un choc. Il ne s'était rendu compte de rien . Ils ont dû mal a comprendre ; mon frère se refuse a avoir une autre soeur, ne veut pas m'appeler Sophie, pas trop envie de me connaitre. Ma belle soeur un peu dans la même réflexion. Ma soeur un peu plus compréhensive mais quand même difficile . Restait ma maman et là ça été difficile pour lui parler, je n'y arrivais pas et bon je devais me lancer et j'ai finit par lui dire. Très difficile aussi pour elle de comprendre cela. Comment cela pouvait arriver et pourquoi ? J'ai essayé de lui expliquer au mieux avec des mots simples et de la rassurer. Cela reste quand même difficile pour elle. J'ai réalisé mes coming-out familiaux de septembre à novembre 2018 en spécifiant qu'à partir du 1er janvier il n'y aurais plus que Sophie qui existerait. Personne ne m'a rejeté. Je suis sortie 2 fois avec ma nièce en ville, 1 fois avec ma cousine, 1 fois avec mon neveu et sa copine ,je suis allée voir 3 fois maman et vue 2 fois ma soeur. Seuls mon frère et ma belle soeur ne connaissent pas Sophie . Pour les Rameaux, repas familial.....




Catégorie : Démarches administratives

Pour mon changement d'identité, je me suis un peu débrouillé toute seule, hormis pour le TGI, ou j'ai fait un SOS à Claire, car à Limoges, ils n'ont pas été fichu de me renseigner.

Une chose importante à savoir si vous débutez dans le changement d'identité, les témoignages à fournir sont les mêmes pour la mairie et le TGI.

Donc demandez aux amis et à la famille de remplir plusieurs témoignages en écriture manuscrite. Un pour la mairie et trois pour le TGI (il était demandé de faire 3 dossiers).

Vous remplissez votre partie à vous et vous portez le tout à la mairie de votre lieu de naissance. Si vous êtes marié, il faut aussi joindre un extrait d'acte de mariage.

Attendez de recevoir votre nouvel extrait d'acte de naissance pour faire la demande de carte identité.
Vous pourrez en avoir une nouvelle avec les prénoms  choisis, cependant, sur l'inscription de la mention de sexe, le "M" figurera toujours.
Une fois reçu le nouvel extrait d'acte de naissance modifié, vous pouvez aller au TGI porter votre dossier.
Seule le TGI est habilité à vous attribuer votre nouveau genre.
En plus des témoignages, si vous avez toutes sortes de documents ( courrier, email, facture, etc..) où figure votre nouvelle identité, joignez-les aussi. Remplissez aussi votre demande qui explique pourquoi vous changez d'identité.
Attendre la convocation ( suivant les régions, possible que vos documents soient acceptés sans aller à une convocation).
Sinon, vous allez affronter un juge et une ou deux personnes judiciaires et qui vont poser des questions.
Apres cela, il faudra attendre le jugement pour refaire votre carte d'identité avec cette fois-ci, un "F" dans la mention sexe.

Voila, je reste a votre disposition si je peux aider un peu plus dans vos démarches administratives.

Shane



Convocation au TGI pour changement d'identité

Date : le 3 mai 2019

Ce vendredi matin je suis convoqué au TGI.
Lorsque je suis allée poser mon dossier de changement de genre, la secrétaire m'a dit, qu'il fallait peut-être attendre environ huit mois pour la convocation. J'étais déçue de ce long délai, mais bon.
Aussi quand j'ai reçue ma convocation en avril, la joie que j'ai eue!
J'ai attendue patiemment entre pressée d'y être, et aussi, pas la peine de vieillir trop vite, lol !

Je me suis aussi renseignée auprès de Claire (une collègue et copine d'ici) et auprès des autres filles du groupe.
Finalement j'étais plutôt tranquille au vu de mon dossier que j'avais déposé :

18 attestations d'ami(e)s, association LGBT, familles, amies, assistantes sociales, médecin du travail, mon manager et surtout, ma femme, puisque juste séparée encore, et MA FILLE  que j'adore.

Le jour arrive, je suis plutôt sereine.

Convoquée a neuf heures, j'arrive trente minutes avant. Portillon automatique, détecteur de métal, tout va bien. Je vais a l'accueil ; tiens je croise une amie d'enfance, je lui dis bonjour, elle ne me reconnait pas, normal, on s'est pas vu depuis l'an dernier et pas encore expliqué à propos de mon changement.

A l'accueil, la secrétaire m'indique la salle d'audience n°6.



Pffffff il y a un monde, surtout tout un groupe de jeunes hommes. A les voir, ils vont dans une autre salle. Oui en effet, 9 à être reçues avec un civil qui l'aient appellent .
Des avocat(e)s arrivent au fil de l'eau. D'autres condamnés sont là 🤣🤣🤣🤣.
Nous patientons.

La salle d'audience n°6 est toujours fermée.

9h25 : La porte s'ouvre, il y a des femmes a l'intérieur, toutes en robe noire.... Lol !
Et là le stress monte d'un coup de 0 à 100 à la vitesse de l'éclair.
Encore quelques minutes et ce sont deux avocats qui rentrent. Bon, encore patienter.

Cinq minutes plus tard, ils ressortent, et là ce que je suppose être une greffière avec un papier à la main. L'aiguille du stress s'affole à nouveau sur le compteur.
Encore raté 2 personnes rentrent.
Bien, je patiente de nouveau.

Dix minutes encore, les personnes ressortent. Elles se disent au revoir et une se rassoit.
La greffière réapparaît, elle vient voir la femme "bon on va faire le dossier x"... puis, elles reviennent en salle 6.
L'aiguille du compteur stress redescend.

A côté de moi des avocats évoquent un jugement sur une affaire de viol.
Tout se passait à peu près bien jusqu'au moment où la juge a découvert que la victime femme portait un string léopard au moment des faits.
A priori, cela sentait un peu la provocation, d'après ce que j'ai compris.
6 mois de prison pour le coupable.
Conclusion d'un des avocats à côté de moi: " Il ne vaut mieux pas porter de culotte" .
Comme quoi, cela tiens a pas grand chose...

Après cette anecdote "croustillante" je dirais, je patiente encore...
Je crains que l'on ne m'appelle par M. aussi. Cela n'arrangerait pas mon compteur stress.

La porte s'ouvre enfin, ressort la personne, puis la greffière arrive, et appelle Sophie B....
Super, du respect, c'est genial !
L'aiguille du compteur monte un peu mais sans plus. Je suis tranquille. Je suis invitée a m'asseoir. Cinq femmes sont présentes.
Celle qui est la juge j'imagine, décline mon état civil, suite à ma dépôt de dossier, effectué il y a quelques semaines. Elle parle donc de ma demande de changement de genre. De la lettre M en F, puis évoque un peu toutes les attestations.
Elle a vue qu'a priori, je ne désirais pas une opération, mais que j'étais sous traitement hormonal. Par contre, elle n'arrivait pas à voir la date, pour savoir si c'était depuis 2013 ou 2017. Donc je lui apporta verbalement la précision.

Elle me demande si je suis toujours avec un suivi médical.
Oui avec une endocrinologue de Limoges.  Je lui donne le nom, en ajoutant que j'ai aussi un suivi avec un psychiatre et une psychologue.
Elle me demande les noms.
Elle veut savoir si je prévoyais une operation. Je lui précise que peut-être simplement une mammoplastie.
Elle semble satisfaite et donne un avis favorable.
Puis elle donne la parole a Madame la procureure assise a ma gauche.
Juste une question pour elle.
Elle sait très bien que depuis 2016, il n'y a plus besoin officiellement d'opération pour justifier cette requête. Elle a vu mon dossier, et constate que c'est une décision réfléchie et assumée. Juste par curiosité, elle veut connaître la raison pourquoi je ne veux pas faire d'opération.
Je lui réponds, que c'est mon côté Queer. Si je sors d'une case ce n'est pas pour rentrer dans une autre. Je préfère être entre deux.
Elle sourit et ajoute qu'elle est tout à fait favorable a mon dossier.
La juge me demande si j'ai quelque chose a rajouter.

Juste un merci très spécial a ma fille, qui m'a fait un beau cadeau en me faisant une attestation.
La juge m'indique que je recevrai le jugement le 7 juin par courrier recommandé.
Je peux maintenant partir.
Je l'ai remercie toutes, et je quitte la salle d'audience, le coeur léger.
J'attends d'être rentrée dans ma voiture pour crier ma joie.

Juste un dernier mot pour ma convocation.

Ce n'est qu'un sentiment, mais cependant, je pense les avoir impressionnées par ma tenue relativement classe.

Shane



Mai 2019

S'il y a des choses qui paraissent "évidente" lorsque l'on veut se lancer dans un coming out, d'autres le paraissent bien moins.

Je crois sincèrement aussi que rien n'oblige chacun ou chacune d'entre nous a faire ce genre de démarche. Nous avons toutes des vies différentes, des démarches uniques, parfois certaines similitudes entres nous, ceci dit la décision au final nous appartient. Ce n'est pas parce que, un ou une a fait son coming out, que nous devons emboîter le pas.
Ceci étant un avis personnel.
Mon rapport avec ma famille fait, que je ne pouvais pas passer au travers, surtout déjà que ma nièce avait découvert ma double vie il y a 3 ans environ et attendant patiemment, que je vienne lui en parler; elle avait déjà échangé avec son frère sur ma "supposé " nouvelle vie.
Aussi quand je suis venue me confier a elle et son mari, ils ont été content que je vienne à eux et heureux pour moi aussi.
Ma cousine qui était ma confidente aussi me suivait, me conseillait aussi parfois,donc était contente que je fasse cette démarche. 

Dans ma vie de couple,nous avions un peu suivit une thérapie avec mon épouse qui s'était révélé catastrophique avec un psychiatre, me considérant comme une malade, n'arrangeant rien dans notre couple.
Aujourd'hui bien que séparée, je m'entends bien avec mon épouse.
Enfin bref, quand je me suis sentie prête, j'ai fait mes coming out en plusieurs fois auprès de ma famille.
Personne ne m'a rejeté ; certains comprenant mon mal être et approuvait ma démarche, d'autres plus de mal encore aujourd'hui.
Il y a le coming out professionnel, loin d'être évident, qui est une veritable épreuve. 
Pour ma part, grace a l'association LGBT de ma société (merci Claire) entre autre, un travail sérieux en amont a été effectué afin de le préparer ; j'ai la chance d'avoir un manager en OR qui ne connaissait pas ce genre de situation. Il s'est investit, se renseignant sur le sujet pour m'accompagner aussi avec les référent de l'association LGBT de la société. Une bonne préparation de ma part. Ce fut un succès. 
Il y a aussi le coming out (qui pourrait se traduire par "révélation personnelle") associatif, un événement plus rare.

Je participe a un son et lumière depuis 2 ans a un spectacle très important depuis 2 ans, la Scenofeerie de Semblencay (Dpt 37, proche de Tours) 450 acteurs, 12 cavaliers environ, 2000 costumes) donc une grosse production durant juillet et août. (j'en profite pour faire de la pub)
Cette année, je reviens participer après une année sabbatique en quelque sorte. 
Bien sûr j'ai des amitiés avec pas mal de personnes, cependant personne ne se doute de mon mal être, également nous nous connaissons assez peu.

Le retour cette année est super stressant pour moi. Seule la présidente est un peu au courant du fait d'être "amie" sur Fb et donc suit un peu mon parcours ; elle a une personne dans son entourage appartenant a la communauté LGBT, elle appartient a une association humanitaire et parfois se rend en Afrique pour aider. Une belle personne, dans la tolérance, la bienveillance. C'est mon point de soutien dans l'association et sera là pour m'aider. 
1er dimanche, de reprise, de répétition. J'arrive sur le site, drôle de sensation, car je connais un certains nombre de personne, hélas impossible d'aller vers elles, car elles ne me connaissent pas. 
Donc, je demeure seule plusieurs minutes, attendant l'arrivée de la présidente. 
On se parle, pas trop d'idée sur la façon de faire, juste qu'au cours de son message de bienvenue a tous, elle parlera de tolérance pour évoquer ma transition ; ce sera vraiment de l'impro au final. 

La présidente après avoir demandé à tous d'aller s'installer dans les tribunes, attaque son discours de bienvenue. Il y a environ 200 personnes présente.


Je suis en stress depuis mon arrivée, et devant autant de personnes encore plus.
Puis vient sa partie sur la tolérance et à travers ce sujet, la présence d'un adhérent, devenue adhérente par choix de mieux vivre, d'avoir choisit de faire sa transition et de m'appeler pour me présenter.

Une émotion intense m'envahit, je suis au bord des larmes. Je parviens a maîtriser celà et arrive au côté de la présidente. Elle continue un peu son discours, précise que beaucoup me connaissait avec mon prénom de garçon, que désormais j'étais une femme et me prénommé Sophie. Elle me demande si je veux prendre la parole. Je n'ai rien préparé, cependant c'est évident que je dois parler. 
Donc j'explique mon parcours, ce que j'ai vécue, les difficultés pour en arriver là, tellement contente d'avoir fait ce parcours pour être Sophie. Je remercie la présidente et tous les adhérents pour l'accueil qu'ils pourront me faire. 
Des applaudissements s'en suivent, puis je reviens en tribune.

Tout au long de la journée, des personnes viendront me parler, me féliciter, saluer mon courage. La présidente par trois fois me demande si tout se passe bien, qu' elle ne permettra "aucun dérapage". Ceci dit, gardez en mémoire que tous n'auront pas la même tolérance.
Tous les adherents de mon groupe, n'ont pas fait de différence; je suis une actrice désormais et je dialogue tout a fait librement avec chacun et chacune.

Vraiment une belle journée, tant par le soleil extérieur que celui que j'ai reçu dans le coeur.
Fière de ma journée et du résultat.

Shane