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Témoignage écrit d'Alexandra


Date et lieu : En 2016, chez mes parents

Catégorie : Milieu familial

Avant de parler à mes parents de mon souhait de changement, j'ai attendue d'être bien avancée dans le travail avec la psychiatre de l'équipe de Paris, l'idée était de montrer à mes parents que la démarche était bien avancée et sérieuse.

J'ai aussi passer plusieurs séances avec ma psychiatre pour bien préparer cet événement. Elle m'avait conseillé de leur rendre visite pour leur en parler sans la présence d'autres membres la famille car c'est tout même un instant très particulier et qui nécessite donc une certaine intimité.

Elle m'avait aussi déconseillé d'utiliser certains termes comme transgenre ou transsexuelle qui sont des termes brutaux voir à connotation péjorative. L’utilisation d'expressions du type « femme prisonnière dans un corps d'homme » nécessitent un temps de réflexion de la part de l'interlocuteur et sont donc bien moins brutaux.

Je suis donc aller voir mes parents le lundi de pâques 2016 et j'ai appliqué les conseils de la psychiatre et ça c'est bien passer même si j'ai bien vue que le coup a été rude pour mon père.

L’annonce en elle même a duré 2 min et les 15 mins suivantes ont été consacrées à leur expliquer le parcours et surtout à les rassurer en leur expliquant qu'il ont été de bon parents, qu'ils ont élevé un enfant bien équilibré et qu'en conséquence il n'avait absolument rien à reprocher.

Par la suite, j'ai commencé à rendre visite bien plus souvent à mes parents afin de resserrer les liens. J'ai fait aussi le choix de ménager mon père en ne lui parlant de l'avancement de mon parcours uniquement s'il me le demandait.

Aujourd’hui, mes parents m'ont bien acceptée en tant que leur fille aînée et sommes même devenue plus proches qu'avant.




Date et lieu : En 2016, dans l'entreprise où je suis salariée

Catégorie : Milieu professionnel

Je me suis sentie prête à informer ma directrice d'agence après presque 1 an de consultation avec la psychiatre de l'équipe de Paris.

Un jour de Juin 2016, J'ai profité d'une journée de formation à l'agence pour passer a mon bureau et lui demander si elle avait 5 minutes à me consacrer. Tout comme avec mes parents, j'ai pris soin d'éviter certains termes comme transgenre ou transsexuelle qui sont des terme brutaux voir à connotation péjorative.

J'ai dis tout simplement que je suivais depuis 1 an, un parcours médical, et qu'a l'issue de ce dernier « un de ses collaborateurs allait devenir une collaboratrice ». Ma directrice a très bien réagi et me connaissant depuis 10 ans elle a parfaitement compris que ma démarche était sérieuse et réfléchi. Elle me demanda de ne pas tarder a en informer mon chef de secteur (son bras droit). Ce que je fis en sa présence 2 mois après. Tout comme avec ma direction je lui ai simplement expliqué que « un de ses collaborateurs allait devenir une collaboratrice ». Après un bref instant de surprise, il fini par réagir de façon positive.

Avec ma directrice et mon chef de secteur nous convînmes qu'il serait pertinent de communiquer auprès du reste des salariés au début mon traitement hormonale afin de prévenir toutes rumeurs ou spéculations si quelqu'un finissait par remarquer quelque chose.

La stratégie de communication élaborée avec ma direction, était d'informer les salariés en petit comité, en passant dans les différents services accompagnée de mon chef de secteur de bureau, en adaptant le discours au niveau affinité.

Ainsi fin novembre mes collègues furent informés que suite a un parcours médical un collaborateur allait devenir une collaboratrice.




Date et lieu : Entre 2018 et 2019, au Club de Kendo de ma ville

Catégorie : Vie quotidienne

La psychiatre de ma ville m'a longtemps encouragé a faire des activités afin de me sociabiliser.

J'ai donc fini par décidée d’attendre la vaginoplastie et la fin de ces soins post opératoires pour m’inscrire au Kendo (le sabre japonais).

Le jour de la rentrée en septembre 2018, j'ai été très bien accueillie au dojo. A l’époque mon changement d'Etat civil n'ayant pas encore été validé, j'ai refusé que le secrétaire m'inscrive sous le prénom d'Alexandra. En effet pour des questions d'assurance on m’avait recommandé de bien m’inscrire sous mon Etat civil.

Mon intégration dans le club s'est très bien passée de même que les rencontres avec des pratiquants d'autres dojos. Il est vrai que l'armure et l'uniforme nous rendent tous égaux et que le respect et la courtoisie sont deux vertus majeures de cet art martial.

En Mars 2019, j'ai envoyé un e-mail au comité de Judo de ma région (le kendo est rattaché à la fédération de judo) avec une copie du jugement du tribunal concernant mon changement d’État civil, afin de leur demander de bien vouloir mettre à jour ma licence. Trois heures après, une personne de la fédération nationale m'a appelée pour m'informer que ma licence à été bien mis à jour, et aussi pour me demander s'ils devaient aussi mettre à jour mon adresse e-mail.

Cinq minutes après, je recevais sur ma nouvelle adresse mail ma licence à jour.

 

Alexandra