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Bar El Hikman dont elle nous rabâche les oreilles, mais qu'est-ce dont? C'est un endroit un peu mystérieux et qui se mérite, j'ai même envie de dire que seuls certains initiés peuvent l'atteindre. Bon, j'en rajoute un peu, mais pas tant que ça! Découvert sur le site de Voyage Forum, grâce au membre Gilfov, expatrié à Oman, qui le mentionnait assez souvent lors de la préparation de notre premier voyage et qui m'avait déjà mis l'eau à la bouche. J'en avais déjà à l'époque noté les points de localisation. Vous ne le trouverez pas dans les guides. Evoqué dans le dernier Oman Off Road, il n'y en a cependant pas les coordonnées. Il faut dire que c'est vraiment au bout, du bout du monde, qu'il faut absolument avoir la trace GPS, normalement être à deux voitures car en cas de pépin, il n'y a pas un chat, pas même un dromadaire, que les pistes pour y parvenir sont piégeuses et qu'en plus on s'aventure dans les sebkahs évoquées précédemment. D'ailleurs nous ne rencontrerons sur place que deux voitures d'expatriés vivant à Oman, et ça parce que c'est le week-end. Bref, le jeu en vaut-il la chandelle?

A suivre...

Donc, nous quittons Sugar Dunes sans revenir sur nos pas, mais en prenant la piste qui part à l'opposé de notre point d'entrée et qui rejoint la fameuse autoroute du désert. C'est en fait une grande route bitumée, coincée entre les dunes et la mer. Très belle route! La piste qui y accède est elle aussi une fois de plus superbe, alternance de paysages et couleurs tous plus attractifs les uns que les autres. Bar El Hikman n'est pas si loin, mais bien entendu nous faisons encore de nombreux arrêts photo.

Nous atteignons "l'autoroute" que nous suivrons jusqu'à la bifurcation qui menait à Al Khaluf.

Une fois cet embranchement atteint, nous suivons la pancarte pour Filim, point de départ pour Bar El Hikman. Gilles se sent pousser des ailes à force de voler sur les pistes sableuses, et là dans une envolée supplémentaire, sur une butte de sable profond, il décide de faire sa propre trace pour se différencier des autres, sa petite touche personnelle! Oui mais, une, le chemin emprunté par le commun des mortels était peut-être le bon, deux il a complètement zappé le fait que les pneus ne sont pas dégonflés!

Bingo! La voiture a le ventre planté sur la dunette. En plein cagnard!

Courage, on sort la pelle, nous sommes équipés!!! Oui, mais à ce rythme c'est plusieurs heures de boulot, Bar El Hikman avant le coucher du soleil, ça sent pas bon! Et c'est là qu'interviennent nos voisins de Sugar Dunes, vous vous rappelez? Les deux autres tentes de la plage. Deux voitures s'arrêtent. Ce sont des familles d' expatriés en week-end, français et sud africains, et qui vont eux-aussi à Bar El Hikman. Ils sont de très bonne volonté et commencent plusieurs manoeuvres pour nous sortir de ce faux pas. Bien mieux équipés que nous, ils ont une sangle, des plaques dignes de ce nom, les nôtres ressemblent plus à un gadget, et un compresseur muni d'un manomètre. Après plusieurs tentatives, le Pathfinder puissant des français nous tracte hors du monticule. Ils en profitent pour nous dégonfler les pneus, que du bonheur!

Nous décidons de faire ensuite route ensemble. Nous les suivons, mais au final, nos traces étant plus précises, c'est nous qui prenons la tête. A Filim, pas trop le temps de faire un arrêt, nous devons enchaîner rapidement pour prendre la fameuse piste de Bar El Hikman, toujours cette "p....n" de course contre le soleil. Les autres voitures décident de faire une halte pour pique niquer, car c'est long pour les enfants. Nous nous séparons donc, sans trop s'attarder, et je le regrette encore. Nous n'avons pas pu les remercier à la hauteur de leur gentillesse. Si un jour, vous lisez ces lignes, sachez qu'on vous en a été fortement reconnaissants, merci à vous tous!

On attaque le meilleur! Une piste, qui se divise en deux autres pistes, qui se divisent elles-mêmes etc.... Il n'y a qu'un mot: garder le cap, toujours garder le cap sans s'écarter de notre trace. Après le sable, survient le sel.

Les sebkhas sont tout autour de nous, c'est super chouette.

Objectif atteint: Bar El Hikman est là, juste devant nos roues et il n'est pas trop tard dans la journée. Nous croisons des expatriés qui viennent d'une autre piste et qui installent leur tente à l'entrée de la plage. Ils nous indiquent d'autres coins sympas, afin que nous ne leur disputions pas l'emplacement, car nous étions arrivés les premiers. Beaux joueurs nous filons sur la plage de sable blanc, le long de la mer turquoise, jusqu'à trouver le coin propice.

Nous choisissons un endroit proche de petites dunes de sable blanc. Nous avons le temps d'arpenter la plage dans la belle lumière du soleil qui décline, de planter la tente et de prendre un bain de mer.

La plage est splendide, très grande. Comme elle n'est fréquentée que par des pêcheurs dont nous voyons les traces sous forme de filets et de hameçons un peu partout, elle n'est pas nettoyée non plus. Les détritus, c'est un fléau à Oman, même si le sultan actuel instaure des cours liés à l'environnement à tous les étudiants, et même si des poubelles fleurissent un peu partout, elles ne sont visiblement pas beaucoup utilisées, il faudra attendre les nouvelles générations pour s'en servir, du moins on l'espère. Bref, tout ça pour dire, qu'hélas sur le sable blanc, les bouteilles plastiques et autres, disputent la place à la multitude de morceaux de corail qui peuplent la plage.

Nous ne tardons pas à nous apercevoir que nous campons pas loin très certainement d'un cimetière de tortues. De nombreux vestiges et ossements nous entourent. Et oui, les tortues aussi subissent le cycle de la vie, mais nous ne l'avions jamais vraiment réalisé, car sur les autres plages, les restes doivent être nettoyés. A mon grand dam, les seules tortues rencontrées seront des tortues mortes hélas. Pourtant nous avons guetté à plusieurs reprises durant la nuit, mais point de tortue à aucun moment aux alentours de notre emplacement. Ce n'est pas la grande période de ponte qui a lieu plutôt en juillet, mais il y en a toujours qui sont un peu précoces.

Un crabe a choisit de faire son trou à l'abri d'une carapace de tortue, assez drôle!

C'est le royaume des tortues, mais aussi des crabes qui ont élu domicile un peu partout, et dont nous voyons les manifestations sous forme de petits monticules à côté de trous entourés de multiples traces de va-et-vient.

Leur choix d'emplacement n'est pas un hasard, ils sont friands des oeufs de tortue!

La prolifération de bouteilles et autres déchets sur la plage aura indirectement et de façon fort curieuse une incidence sur notre soirée et l'emplacement de notre bivouac. Nous installons le campement, la tente et la voiture sont en place, et le soleil décline. Et là Gilles me dit: "Je viens d'écraser des oeufs de tortue, ça a craqué sous mes pieds, il y en a tout autour de nous"! Je blémis. Nous ne sommes pas là pour faire du mal aux tortues qui ont déjà tellement de mal à survivre. Je me lève à mon tour, et partout où je marche ça craque. Il est trop tard pour bouger la voiture, et de toutes façons nous ferions plus de mal qu'à ne rien faire du tout. Prostrée sur mon petit coin de natte, je n'ose plus bouger. Nous décidons de ne pas faire de feu de bois non plus et mangeons quelques restes de la veille.

Gilles, devant mon désarroi, décide d'aller explorer un des fameux endroits qui a tant craqué . Ce sont en fait des bouteilles en plastique! De plus, le guide que j'ai relu entre-temps, nous confirme qu'il est impossible d'écraser les oeufs qui sont enfouis à 40 centimètres de profondeur. Ouf, plus de peur que de mal, à priori! Nous nous endormons donc d'un sommeil plus paisible...

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