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Une grande leçon de solidarité et de fraternité

publié le 2 déc. 2010 00:08 par Garrel Dominique

 Les obsèques de Joseph Baptiste, le « Zé » ont eu lieu en la cathédrale d’Alès ce lundi 19 novembre 2010. C’est tout un peuple, le peuple Gitan, qui s’était donné rendez-vous dans ce lieu de culte pour accompagner le « roi » des Gitans jusqu’à sa dernière demeure.

Les Gitans n’ont jamais eu de roi. C’est un peuple trop fier, trop libre pour avoir un suzerain. Cette communauté a un de ses sages qui règle les conflits entre ses membres. Ce peuple désigne un porteur de Sara, « leur sainte » (que l’église n’a jamais voulu canoniser…).

En fait, il s’agit d’une grande famille dont le roi est le père. Comme tel, il a comme responsabilité d’élever ses enfants, de gérer leurs rivalités, de leur donner une éducation morale et civique.

Le Zé n’était pas un roi, c’était un chef de clan, le patriarche. Et ses enfants étaient nombreux ce lundi dans la cathédrale, un bon millier…

Tous les peuples ont des relations privilégiés avec d’autres. Pour les Gitans, c’est la Camargue parce que c’est là que Sara la servante est arrivée en barque avec les saintes Marie. Aussi, pour le départ du Zé, les représentants de la Camargue sont venus. Dans la cathédrale étaient présents des membres et le capitaine de la Nation Gardiane, Guy Chaptal, mais aussi des membres de la Confrérie des Saintes-Maries-de-la-Mer dont Henri Vicente son président. Ce dernier a ému l’immense foule quand il a éclaté en sanglots, incapable de lire la fin de l’hommage qu’il avait préparé.

Comme un symbole du retour aux sources de la vie, on a aussi remarqué que les ascendants étaient venus. Les musiciens du Rajasthan ont joué pendant que Zé sortait de la cathédrale. Barkhat Khan a joué du sarangui accompagné à l’harmonium par Rafik. Il était prévu qu’il chante. Mais il nous confiera que, la poitrine oppressée par des sanglots intérieurs, aucun son n’a pu sortir.

Il y eu aussi la famille, nombreuse, tous les proches du Zé qui entouraient son cercueil en invoquant les Saintes-Maries.

Un grand de la nation gitane est parti et ses enfants, ses amis, l’ont accompagné comme un roi. L’an prochain, pour le pèlerinage du 24 mai, un nouveau porteur sera là. Il aura un lourd héritage à porter, dans un contexte bien difficile…

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Garrel Dominique,
2 déc. 2010 00:14
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