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Culture scientifique et technique – Relations Nature-Science-Technologie-Société

La « culture scientifique et technique » est-elle une simple culture générale en sciences, l’objectif d’une nécessaire acculturation des masses populaires par des campagnes de vulgarisation à des fins de promotion de la science et de la technologie, ou peut-on espérer y voir davantage ? « Culture de sciences », « science en culture », « médiation scientifique », « empowerment sociotechnique »… Derrière ces expressions se cachent non seulement des formes de communication différentes, mais également et surtout des conceptions différentes du savoir savant, du « grand public » et des relations nature-science-technologie-société.

Lorsqu’elle se veut « responsable », l’innovation fait face à de nombreux défis en matière de gouvernance éthique, particulièrement dans le contexte actuel du développement de la recherche et de l’industrie, et le mouvement de « démocratie technique » qui consiste à donner un pouvoir d’action et de réaction aux citoyens ne peut se révéler efficace que si ces derniers sont entendus par les acteurs et créateurs de l’innovation scientifique et technique.

Dès lors, parce que les progrès scientifiques et technologiques bousculent notre quotidien et changent le monde de demain, parce que les controverses sociotechniques nourrissent un débat permanent sur l’impact des technosciences sur nos sociétés, la communauté de la culture scientifique travaille désormais autant à redonner une place à la société civile dans les choix technologiques de demain qu’à promouvoir la place de la science dans la culture.

Cette intervention analyse l’évolution des pratiques de communication de la science et des rapports des scientifiques à la société, de la vulgarisation du 19e siècle aux formes de médiation extrêmes du 21e siècle, inspirées de la RRI (Responsible Research and Innovation), des sciences participatives (citizen science), du mouvement DIY (FabLabs notamment) ou des pratiques artistiques. A travers les apports de l’épistémologie et de la sociologie des sciences, elle montre comment la communication de la science, parce qu’elle ne peut plus faire abstraction des valeurs et des croyances de ses publics, a dû évoluer vers des formes de « médiation scientifique » qui permettent l’échange et la construction individuelle d’une culture scientifique véritable, non imposée, pour des technologies choisies démocratiquement.



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