Le RBG-AMO

Le RBG-AMO

Revenu de Base Généralisé associé à une Assurance Maladie Obligatoire


Le projet de revenu de base généralisé associé à une assurance maladie obligatoire (RBG-AMO) est un programme qui propose à l’Etat d’octroyer à chaque citoyen sénégalais un revenu minimum d’un montant de 20.000 F CFA par mois, défini comme un seuil de pauvreté. Une cotisation de 3000 F CFA par mois sera versée par chaque citoyen dans une société d’assurance pour financer une assurance maladie généralisée et obligatoire. Ces contributions solidaires effectuées par les 12 millions de sénégalais serviront à leur couverture sanitaire allant des frais de consultation à l’hospitalisation en passant par le traitement et par l’accès aux soins et aux médicaments presque gratuitement. Le RBG-AMO repose sur des fondements économiques, sociaux, juridiques, philosophiques et éthiques. Enraciné dans les principes constitutionnels sénégalais et du droit universel, il contribue à la croissance économique et prévient les risques sociaux tels que la maladie, la pauvreté, la vieillesse, le chômage etc… La société du « salaire contre performance » exclue toutes les activités humaines non rémunérées, mais d’égale importance sociale, de la dignité  de travail. Le revenu de base généralisé, par contre, repose sur une philosophie qui rétablit l’équité et la justice sociale, en réhabilitant et en revalorisant la notion de production sociale et d’utilité sociale, tout en reconnaissant l’impossibilité de quantifier une utilité sociale par un salaire ou un revenu de base. Il prend en compte toutes les activités humaines utiles à la société. L’Etat est une Entreprise qui produit de la société et dont les actionnaires sont les citoyens qui doivent percevoir des dividendes. Notons, en passant, que l’idée d’un transfert direct* de revenus aux populations n’est pas nouvelle. Elle est même supportée par certains fonctionnaires des institutions de Brettons Wood pour améliorer l’efficacité de l’aide pour la lutte contre la pauvreté.

Le projet RBG-AMO est un concept fondé sur une dynamique sociale et économique pour sortir le Sénégal (voire les pays africains) du sous-développement et de la pauvreté. Sa mise en œuvre s’appuie sur une approche conceptionnelle et perspectiviste qui utilise des concepts économiques, financiers et commerciaux opérationnels pour ouvrir aux jeunes,  aux femmes en particulier et aux populations de manière générale des perspectives. La mise en œuvre du projet s’opère dans un cadre de partenariat entre l’Etat, le secteur privé et les populations qui participeront désormais à hauteur de 10, 20, 50, 70 ou 100% aux programmes publics dans un environnement favorisé par une bonne politique de communication dont l’objectif est l’émergence d’une opinion citoyenne. Les banques financent, les entreprises privées investissent dans la réalisation des programmes publics, les populations paient les services et l’Etat contrôle, accompagne, encadre et oriente. Suivant l’objectif stratégique du projet,  le RBG devrait évoluer, après consolidation, en un revenu de transfert plus substantiel pour permettre aux populations de payer les services de santé, de formation et d’éducation, entre autres, offerts par les entreprises privées retenues dans le cadre du partenariat. Le capital des entreprises sélectionnées pourrait être détenu à hauteur de 70% par les travailleurs en activité dans les secteurs concernés. L’esprit de ce partenariat est fondé sur des principes de bonne gouvernance, d’efficacité économique et sociale et de gestion financière rigoureuse. Il résulterait de l’introduction de ce projet la réduction des prix à l’intérieur et à l’extérieur du Sénégal et la disparition de la dette publique intérieure. Les questions liées à la faisabilité du projet relèvent moins de son financement que de l’évaluation de ses impacts sur la croissance économique  et sur le comportement des sénégalais parallèlement au bénéfice social incontestable pour garantir le succès du programme. Le RBG-AMO est un instrument efficace pour lutter contre la pauvreté dans le cadre d’un partenariat mondial pour le développement. Il permet de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et du document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSRP). Au-delà, il est aussi un concept de gestion et de bonne gouvernance pour développer l’activité économique et améliorer l’efficacité du financement des programmes sociaux de l’Etat. La modernisation de la vie économique, politique, sociale, culturelle et le redressement éthique et moral de la société pourrait passer par ce projet. Les incidences de ce programme sur le progrès et le dynamisme économique, social et démocratique seront, à côté des valeurs humaines, morales et éthiques évidentes, discutées et justifiées à travers des propositions, thèses, hypothèses, analyses et interprétations dans des débats et interviews radio télévisés et dans des conférences publiques.


L’expertise politique et économique de notre planète a confiné et dessiné l’activité économique dans un ordre qui a atteint les limites de son potentiel de développement humain. Devant les échecs répétés et les cul-de-sac qui aboutissent à la récession économique, aux crises de toutes sortes, à l’exode rural, à l’émigration clandestine, à des inégalités issues d’un ordre technologique, commercial et économique international inégal, à l’exclusion de milliards d’individus de la production et de la consommation par un chômage incompressible, à l’appauvrissement des 3/5 de la population mondiale et à l’enrichissement d’une minorité de milliardaires, nous sommes bien à la croisée des chemins. Faut-il donc renouveler la pensée, les méthodologies et les habitudes face à la fin des modèles socioéconomiques des politiciens et des économistes ? TGL a osé penser autrement et audacieusement pour apporter de nouvelles approches et un nouveau ton au débat et à la démarche politiques. La valeur des idées ne dépend que de leur pénétration dans l’opinion et de leur appropriation par les populations. Notre rôle est donc de convaincre les sénégalais de la justesse et du réalisme du concept pour que notre projet ait la chance de se mesurer à la réalité en brisant les barrières érigées par la dépendance intellectuelle et psychologique des intellectuels, des politiciens et des économistes par rapport à  l’esprit de système. Il s’agit également de déclencher une dynamique sociale pour créer un rapport d’influence qui puisse orienter la volonté des autorités gouvernementales à prendre en charge la mise en oeuvre du projet.



Dr. Abdoulaye Taye

Enseignant à l’Université de Bambey

Président National de TGL

Tél : 77 413 14 49

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