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L'esprit de la chose...

André Dandine, c’était un sacré bonhomme !!

Ni un saint, ni un démon, un de ces personnages au caractère bien trempé qui se donne sans compter pour atteindre les buts qu’ils se sont fixés.

Humaniste avant tout, il croyait en l’Homme et en ses capacités à faire sans se soucier des questions de langue, couleur de peau, religion, handicap, ou autres préoccupations du même acabit.

Pour lui, comme il le disait :

 « C’est l’esprit de la chose qui fait la chose ».

Evidemment, son engagement et son ouverture d’esprit ne lui ont pas attiré que des amis !!!

Visionnaire de l’aviron, André DANDINE  s’est battu toute sa vie pour le développement et l’ouverture de l’activité aviron à tous les publics. Ce combat lui a attiré des inimitiés, mais il s’est efforcé de poursuivre dans cette voie. Il nous a quitté en octobre 1996 mais son travail n’est pas resté vain. Le TUC section Aviron, créé sous l’impulsion d’acteurs universitaires et sportifs dont André faisait partie et développé par la suite par ce dernier, s’est efforcé depuis lors de poursuivre son action en conservant « l’esprit de la chose », comme le disait Dédé.

André, l’Aviron il connaissait !!!!! 

A 10 ans il entrait à l’Emulation Nautique de Toulouse, club qu’il n’a pas quitté et avec lequel il a mis en place une collaboration avec la section Aviron du TUC pour permettre aux étudiants de pratiquer en milieu civil. Cette collaboration a perduré jusqu’en 1999.

En 1962 André commençait des études de Professeurs d’Education Physique et Sportive. Il obtint sa certification en 1967.

Il choisit alors le corps des Conseillers Techniques et Pédagogiques du Ministère de la Jeunesse et des Sports, dès 1968 dans lequel il fut nommé par Bernard Bourandy Entraîneur National avec la responsabilité du Bataillon de Joinville.

En 1971, Dédé prenait le poste de Conseiller Technique Régional en Midi-Pyrénées où il rayonna et ne manqua pas de multiplier les actions au profit de tous. 
Et en plus de ses engagements et pour ne pas que ce soit au détriment d’autres activités, il assura en plus le secrétariat du Syndicat National des Activités Physiques et Sportives sans décharge d’horaires.

Grâce à sa compétence technique, à son immense et inépuisable talent de pédagogue, il a formé des rameurs de tous niveaux. Il a également fortement contribué à la formation des cadres et dirigeants des clubs de la région.

André a contribué par son action au développement de l’aviron en Midi-Pyrénées et à l’amélioration de la notoriété de la discipline en favorisant par ses actions la création de nombreux clubs et la mise en œuvre d’opérations de grandes envergures telles que le rallye du Canal du Midi, les journées Arc-en-ciel ou les journées Sport Défi pou n’en citer que quelques-unes unes.

Mais malgré ses détracteurs, les qualités de Dédé ont été reconnues.

Formateur hors pair, il a été très souvent sollicité pour former des cadres dans toute la France, étant toujours en avance dans la didactique. Il a insufflé une certaine idée de l’aviron à de nombreux cadres et dirigeants et a été réellement un exemple et un modèle pour un grand nombre de ses collègues et amis.

Formateur ! Formateur ! Vous avez dit Formateur !!!!

Soucieux que la formation soit accessible au plus grand nombre pour favoriser l’essemmage, et le développement de la discipline, André a formé pour ne parler que de Midi-Pyrénées 500 moniteurs, 150 éducateurs, 50 entraîneurs et des Brevets d’Etat d’Educateur Sportif travaillant dans les plus grands clubs français.
Les années 70 ont été des années importantes.

André a contribué auprès de divers acteurs universitaires à créer une section aviron au sein du Toulouse Université Club.

Par la suite grâce à sa formidable énergie et à son investissement personnel (tant humain que financier), le club s’est développé.

Grâce à lui, la section, contre vents et marées atteindra toute sa puissance dans la décennie tout en respectant l’esprit universitaire.
Les titres, les médailles et les places d’honneur ont été nombreuses sous sa direction et continuent à l’être en suivant son exemple. Ces aspects comme le disait Dédé ne sont pas tout. « L’esprit de la chose, », c’est autre chose. Les médailles et titres ne sont pas la vitrine du TUC. Celle du club, c’était et c’est toujours de former ses propres rameurs, sans faire du recrutement, sans dépouiller les petits clubs qui forment eux aussi. Pour André, les champions devaient être des exemples (études et sports). Ils devaient avant tout partager, aider et former les débutants. Cette philosophie perdure toujours au sein du Tuc Aviron. 
En s’appuyant sur les rameurs compétiteurs et cadres étudiants, André initiait environ 350 étudiants à l’Aviron, nombre qui demeure toujours d’actualité. 
André savait que ces rameurs seraient demain, les cadres, les décideurs et qu’ils connaîtraient l’Aviron et pourraient en faire la promotion. L’histoire là encore lui a donné raison car de nombreux ex-étudiants ayant pratiqué l’aviron au sein du TUC contribuent maintenant, en fonction de leur moyen, à faire vivre la discipline au sein de leur club.

Sous son impulsion, la section aviron du TUC a été précurseur en matière d’accueil de personnes handicapées et en difficultés sociales en intégrant dès les premières années des personnes handicapées.

Humaniste ! Vous avez dit humaniste ! André était comme ça.

Un beau jour, vla un étudiant qui se pointe atteint d’une « polio » sévère…

Dédé n’a pas vu le handicap, il a vu le bonhomme… Il n’a pas vu les problèmes, il a vu une occasion de se poser des questions sur l’adaptabilité du matériel, de remettre en question les fondamentaux de la pédagogie et de bouleverser les idées préconçues en matière de handicap en faisant se rencontrer les personnes.

Petit à petit, au fil des ans, grâce au fantastique capacité d’adaptation et d’innovation du bonhomme et malgré ses détracteurs, Dédé a fait ramer tous les types de handicaps (moteurs, visuels, auditifs et mentaux). Du petit doigt coupé dans la machine outil à la personne quasi tétraplégique en passant par l’autiste, André a constamment remis en question ses connaissances afin de donner à tous les publics le plaisir de la sensation de glisser sur l’eau.

Et il s’est efforcé, en fonction des capacités des publics, à mélanger les genres en accueillant tantôt certaines personnes au sein de créneaux habituels d’ouverture du club, tantôt d’autres publics au sein de créneaux dédiés.

Le TUC aviron a ainsi acquis une solide expérience dans le domaine.

Vers 1984, Dédé est allé plus loin avec le Handicap visuel en créant au sein du club une section de compétition pour les handicapés visuels (non et mal voyants) et en ouvrant les portes du club à des toxicomanes en thérapie.

Très peu reconnu à l’époque au niveau français (pas de pression internationale, pas de médaille à gagner, pas d’argent à rafler, et pas à la mode), son travail avec les compétiteurs déficients visuels a cependant été reconnu au niveau international (Match France Angleterre, Régates Royales aux Pays Bas, etc.…).

Mais pour Dédé, la pratique d’une discipline ne se limitait pas à la compétition bien que celle-ci soit un bon vecteur pour se construire et se dépasser.

Au côté de spécialistes du monde médical, il a organisé en 1993 un rassemblement nautique à Cazaubon où 130 handicapés ont pu pratiquer diverses disciplines nautiques dont l’Aviron. Exemple en la matière, Dédé n’a eu aucune difficulté pour mobiliser ses amis et les étudiants du club pour encadrer la manifestation qui a vu se côtoyer non seulement des cadres régionaux mais aussi des cadres venus de la Bretagne jusqu’à la Méditerranée.

Rassembleur ! André, c’était aussi un rassembleur.

En dépit de détracteurs et envieux, son action a eu un retentissement au niveau international. Ainsi, en 1996, il a été invité comme intervenant au séminaire européen de l’Aviron et des handicapés. Son intervention a été très appréciée, basée sur les compétences, les connaissances, et la pratique de l’expert de l’aviron pour tous qu’il était.

En 1994, mis à l’écart de l’aviron Midi-Pyrénées pour excès de compétences et de travail mais en continuant son action sur le TUC Aviron, il est devenu responsable à la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports de Midi-Pyrénées de la formation continue du personnel. Au travers de son travail, celle-ci est devenue par sa qualité et son nombre de participants un exemple pour toutes les Directions Régionales et le ministère de tutelle.

En octobre 1996, André nous a quitté, laissant un immense vide derrière lui.
Mais il avait transmis « l’Esprit de la chose.. ».

Les dirigeants et membres se sont alors mobilisés pour faire vivre cet esprit et continuer son travail.

En mai 1997, le Toulouse Université Club, en collaboration avec les instances universitaires et sous l’impulsion de la section Aviron a baptisé la base nautique du nom de son co fondateur. Ainsi, il est toujours parmi nous de par l’état d’esprit qu’il a su nous transmettre ainsi que par les activités que nous faisons perdurer, notamment, concernant l’accueil des personnes handicapées ou en difficultés. Longtemps décriées, celles-ci sont de plus en plus en vogue et suscitent des vocations, y compris, auprès de ses anciens détracteurs.

MAIS ALORS !  AVAIT-IL RAISON ???
Au jour d’aujourd’hui, l’essentiel de « l’esprit de la chose » demeure au sein du TUC Aviron.
Par-là même, André est toujours parmi nous.