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Fief d'Antoulin/Champis

Fief d’Antoulin mandement de Champis

 

 

 

Dans les temps anciens, Antoulin aurait eu une fabrique de tuiles romaines

 

Ce domaine dépendait au XIXème siècle du monastère de Saint-Estève, existant alors sur  la montagne de Crussol.

 

Dans une charte du 21 mars 1327, Jean Bastet, sire de Crussol, donne un droit de franchise sur le port de Valence au prieur de Saint Estève et à ses gens d’Antoulin où d’ailleurs  on voit figurer dans un contrat fait à Saint-Peray, en 1456, un religieux et un  frère convers de cette même communauté..

 

Hommage rendu à Giraud de Baste :En 1464, Pierre d'Antoulin, alias Bouschet, possède à proximité de la Perrotière et de Théolier.(Januel)

 

Sur les registres des requêtes et sentence de la Cour de Justices de Saint Peray de 1530/1531 au châtrier d'Uzès, il est dit qu'une partie de mas d'Antoulin se tient de la directe de l'abbaye de Douë près le puy en Velay. C'est de cette abbaye dont dépendait l'église de St Etienne de crussol appelée, semble-t-il, improprement prieuré, n'étant qu'une chapelle ou aumônerie comme bénéfice et à la collation de l'abbé régulier des Prémontès de ladite abbaye

 

 

A partir du XVPme siècle, quelques rares domaines tels le Castelet, la Molière et plus tard Deyras, Antoulin, le Sourbier et Chapoulier devenaient la propriété de familles bourgeoises venues de localités avoisinantes. Ces nouveaux possesseurs, bien que restant rede­vables des charges royales et seigneuriales, allaient désormais gérer leurs terres comme de véritables petits maîtres. Ils confiaient le soin de leur exploitation à des fermiers ou des grangers pour des périodes limitées le plus souvent à une, trois ou six années. Le contrat de fermage  était établi selon la redevance d'une rente en argent et en nature alors que le grangeage était fondé sur le partage des récoltes par moitié ) entre le propriétaire et le granger, celui-ci n'ayant aucune avance à faire, les semences, le bétail et les ins­truments aratoires lui étant fournis.

 

Plus tard, cette propriété a appartenu aux de Beaux, de Saint Peray( 1700). Ils avaient à St Peray, le fond du Vallon de la Merdarie, un moulin,  ils plantèrent des vignes.

Cette famille prétend descendre des princes d’orange. Gens de robe, juge de Durtal en 1617 et en 1665, vers la fin du XVIIIème, un était avocat en parlement de Toulouse. Ils avaient le tempérament irascible et batailleur. En 1642,le marquis d’Espinchal  attaqué par surprise par De Baux ,déchargea son arme et le tua.

 

Fléchier rapporte ce fait dans les Grands Jours d’Auvergne :

 

Louis, par la grâce de Dieu, roi de France, et de Navarre, à tous présent et à venir, salut.

 

« Nous avons reçu l’humble supplication de Charles-Gaspard, marquis d'Espinchal, contenant qu'encores que la pluspart des faits dont il  est prévenu.soient présentement prescrits et qu'il n'ayt pour .tesmoings que ses propres parties et ses plus cruels ennemis, il se trouve néantmoings engagé, par la contrainte de nos loix, de se conformer entièrement à leurs dépositions concertées entre eux, après un acte. public, passé pardevant nottaires comme un voeu commun de le poursuivre devant tous juges et de le perdre par toute sorte de voyes; Exposant ledit suppliant, qu'en l'année 1642, sortant de Valance en Dauphiné avec un officier du régiment de Roussillon, sur des chevaux de poste, n'ayans tous deux qu'un postillon, allant rendre visite au sieur marquis de Ternes, son oncle, qui alloit à Marseille, il auroit fait rencontre, à cinquante pas de la ville de' Tournon, d'un gentilhomme nommé nommé de Baux, accompagné de trois autres cavalliers qui passèrent sans le saluer, au sujet de quelque froideur qu'il y avoit entre eux; lequel sieur de Baux l'ayant passé de vingt pas revint avec ses gens, l'espée et le pistollet à la main, ce que voyant ledit officier, et que ledit suppliant quoyque seul se mettoit en estat de se deffendre, prit le party de les séparer; mais au lieu d'arrester ledit sieur de Baux qu'il ne çonnoissoit pas, il prit la bride d'un cheval de l'un des siens, ce qui donna moyen audit sieur de Baux de passer dans l'instant et de venir audit suppliant, ayans l'un et l'autre tiré leurs pistollets en mesme temps, dont ledit suppliant fut blessé, et ledit sieur de Baux aussy d'un coup dans le corps, dont il mourut trois jours "après et bien que les officiers de Tournon eussent informé de cette action, les parens ayans reconnu que ledit sieur de Baux avoit tort, ne firent aucune plainte ny poursuite qui pust donner lieu à un décret contre Espinchal. »

 

Cependant celui-ci fut poursuivi, mais il obtint sa grâce, à l’occasion de l’entrée du roi dans sa bonne ville de Paris, lors de son mariage avec la princesse Marie-Thérèse d’Espagne

                                                   

Moutonnage

« l'an 1508  et le sixiè­me jour de mai, au château de Charmes, en la chambre de nos sei­gneurs, par devant magnifique dame Simone d'Uzès, dame de Crussol, en la présence de moi notaire, s'est présenté Laurent de Baratier tant en son nom propre que de Pierre Gonon de Baratier au mandement de la Bâtie, disant que l'année précédente, ils ont baillé à Raymond d'Antoulin, commis pour lever les moutons accoutumés pour Monseigneur en sondit mandement de la Bâtie, deux moutons, lesquels ils avaient vendu à madite dame, un cha­cun d'eux. Et pour ce que ledit Antoulin leur en demandait encore un à chacun d'eux, en ensuivant la coutume de prendre chacun an un mouton ou deux sur chacun de ses hommes, combien ils n'en aient point, supplient madite dame que pour cette année son plai­sir soit de n'en plus prendre sur eux, sans préjudice de la préémnence et coutume de mondit seigneur à laquelle n'entendent en mille façon et manière de déroger ; auxquels madite dame a fait réponse que pour cette fois était contente de n'en faire point frtndre de moutons chez lesdits de Baratier sans déroger à la pré­éminence de mondit seigneur, des siens et de la Maison" »

En 1671, en vertu de l'ordre dont il était porteur, un sergent accompagné de 10 ou 12 fusiliers parmi lesquels se trou­vait Salomon Queyrel d'Antoulin, s'était rendu à la grange de Chavarain, appartenant au sieur Veyret, et y avait saisi une vache . Par erreur ou par excès de zèle, les hommes s'emparaient égale­ment des troupeaux de Jacques Fontbarlet  et de Daniel Flame . Averti de cette méprise, Jean Roche, beau frère de Flame, pria le sergent de lui rendre le bétail dont il proposa de se rendre cau­tion. Mal lui en prit car, le 3 juin suivant, une dizaine de fusiliers se rendirent la nuit dans sa propriété d'Antoulin.. Deux d'entre eux se saisirent du grangier et les autres emmenèrent le troupeau sans qu'il fut possible de savoir où ils s'étaient rendu

 

 

Ref :

 

 Manuscrit du Mialan

Fléchier les Grands jours d’Auvergne

(A.D.D Fonds du séminaire de Viviers j.155

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