1 ALLUMEUR de RÉVERBÈRES ou FALOTIER : un MÉTIER qu'on rencontrait AVANT aux Lilas - racines du 93 - généalogie & histoire locale
1 ALLUMEUR de RÉVERBÈRES ou FALOTIER : un MÉTIER qu'on rencontrait AVANT aux Lilas - racines du 93 - généalogie & histoire locale
falotiers geo https://www.geo.fr/histoire/metier-oublie-qui-etaient-les-falotiers-227585
L'histoire oubliée des falotiers, les allumeurs de réverbères
Au gré des siècles et de l’évolution des techniques d’éclairage, le métier d'allumeur de réverbères, ou falotier, n'a cessé d'évoluer, avant de disparaître au XXe siècle.
Alors que crimes et délits ensanglantent Paris, bandits et voyous profitant de l’épais manteau de la nuit, Louis XIV décide en 1667 de faire installer 3000 lanternes à bougie dans les rues de la capitale. Paris est ainsi la première ville à adopter l'éclairage public. Alors que naît la ville Lumière, émerge un métier nouveau, celui d’allumeur de réverbères. Des travailleurs de l’ombre, mais de la lumière, dont le métier a été rarement décrit dans la littérature, rarement montré au cinéma. "Il y avait plusieurs types d'allumeurs de réverbères selon la source lumineuse : chandelles, huile, gaz… Avec des outillages et des gestes différents", explique Ara Kebapcioglu.
L'allumeur de réverbères, chargé de l'allumage et de l'entretien
L’éclairage aux chandelles perdure pendant un siècle, mais les lanternes sont peu à peu remplacées par des réverbères. L’année 1775 marque un tournant. "L'amélioration de la forme de la flamme, la création des premières lampes à mèche plate ont permis d'améliorer l'éclairage et surtout d'éliminer les effets secondaires, les mauvaises odeurs et les fumées", explique le spécialiste. "L’allumeur de réverbères en tant que profession en bonne et due forme avec une compagnie qui les rémunère apparaît dès la fin du XVIIIe siècle avec les lanternes à réverbères", ajoute-t-il. Le falotier s’occupe de l’entretien de l’appareil dans la journée et de son allumage le soir.
Il y a donc au moins deux visites sur 24 heures, et plutôt que d’envisager une troisième visite pour éteindre la lanterne, la municipalité décide de laisser la lampe s'éteindre toute seule. L’allumeur de réverbères à huile transporte avec lui un bidon d’huile pour remettre à niveau le réservoir ainsi qu’une nouvelle mèche pour remplacer celle qui a brûlé. Mais ce n’est pas tout. "Il faut pouvoir gratter la partie de la mèche qui est carbonisée, une paire de ciseaux est donc nécessaire pour araser la mèche. Si le verre s'est voilé ou même cassé il faut aussi avoir des verres de rechange", détaille M. Ara. Les lanternes et les réverbères à huile étaient accrochés à un système de cordes et de poulies.
Pour pouvoir travailler, le falotier devait faire descendre le mécanisme à hauteur d’homme grâce à un petit cabestan. "Il fallait enclencher la manivelle, relâcher la corde qui tenait la lanterne et la faire descendre. La corde et le cabestan étaient conservés dans une boîte sécurisée fermée à clé", explique le collectionneur. On trouve encore dans Paris de rares vestiges de ce système. L’allumeur de réverbères travaillait souvent seul, mais il était parfois accompagné d’un enfant qui portait son panier. Son rôle ne s’arrêtait pas à la vérification de la mèche à l’allumage, il devait également s’assurer de la propreté du réflecteur en métal argenté et donc le polir régulièrement.
L'arrivée du gaz à Paris transforme le métier
Le métier d’allumeur de réverbères change bien sûr radicalement avec l’éclairage au gaz. Certaines villes européennes ont commencé à l’utiliser avant 1810, mais il n’a fait son apparition en France qu’assez tardivement, en 1819-1828. Pendant la première moitié du XIXe siècle, on améliore la lampe à huile, mais le gaz va petit à petit prendre sa place. "Il y avait plusieurs compagnies gazières à Paris mais elles sont réunies dans une compagnie unique en 1857. Pendant 50 ans, c'est elle qui va fabriquer et distribuer le gaz sur l'ensemble du territoire de Paris", explique le spécialiste.
Mais on n’allume pas un réverbère à huile comme un réverbère à gaz, notamment parce que ce dernier ne peut pas être descendu à hauteur d’homme. C’est donc au falotier de s’élever jusqu’à lui. Si la lanterne est proche d'un mur, le falotier appuie l'échelle contre celui-ci. Les réverbères qui étaient à distance des murs possédaient une ou deux petites barres d'appui pour y placer l'échelle. L'une des faces du candélabre s'ouvrait pour permettre à l’allumeur de réaliser l’entretien quotidien.
“Mais pour allumer le réverbère, il n’a plus besoin de monter. Il lui suffit d’utiliser une longue perche, en réalité deux cannes fixées l'une dans l'autre en baïonnette, qui lui sert à faire basculer le robinet de gaz situé dans le croisillon en position ouverte”, explique M. Ara. “À l'extrémité de la perche se trouve un embout contenant une petite lampe à huile et un vaporisateur à alcool que le technicien active au moyen d’une poire en caoutchouc. Une flamme surgit et allume le réverbère”, ajoute-t-il. On va ensuite inventer le système de la veilleuse, une petite flamme qui brûle en permanence.
Plusieurs passages chaque jour
L’allumeur passe une première fois en plein jour pour l'entretien, par exemple pour tester si le brûleur est propre et fonctionne correctement. Lors du deuxième passage il procède à l'allumage, puis il effectue un troisième passage pour l’extinction. Lors de sa tournée, il allume également les numéros d'immeubles parisiens éclairés par un bec de gaz.
"Cela va être un petit peu modifié par l'arrivée d'un manchon à incandescence, dont il faut aussi vérifier qu’il n’est pas fêlé ni fendu. Mais peu de temps après les manchons, on voit aussi apparaître un dispositif automatique d'allumage, une minuterie faite pour allumer et éteindre un bec de gaz à une heure prédéfinie par deux curseurs. L'allumeur de réverbères aura alors seulement à régler cette horloge une fois par semaine" détaille M. Ara.
Les colonnes Morris, lieu de stockage du matériel des falotiers
Les falotiers, vêtus d'une blouse hydrofugée qu'ils enfilaient par-dessus leurs vêtements de ville, étaient une quarantaine par quartier et disposaient d'à peu près une minute pour allumer chaque réverbère. Leur matériel était entreposé à l'intérieur des fameuses colonnes Morris qui servaient donc d'armoires de rangement.
Les allumeurs de réverbères se sont adaptés et ont acquis de nouveaux savoir-faire, jusqu'à voir leur métier se limiter à une simple surveillance d'un matériel désormais totalement automatisé. L'arrivée et la généralisation de l'éclairage signent la fin de leur activité.
Merci à M. Ara Kebapcioglu, collectionneur, conférencier et restaurateur, auteur de L'autre Siècle des Lumières, Histoire de l'éclairage de 1775 à 1925 (Éditions Déclinaison, 2025). Lumières de l'œil (4, rue Flatters - 75005 PARIS), magasin-atelier de restauration spécialisé sur les éclairages anciens abritant également un petit Musée des Éclairages Anciens.
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Les réverbères, cibles des vandales
Les lanternes étaient en cuivre, et le réflecteur lui-même était en cuivre argenté. L’ensemble était donc très coûteux et les vols et actes de vandalisme étaient fréquents. "D’une part, l'éclairage la nuit rendait le travail des brigands plus difficile. Et d'autre part, on trouvait sur certaines lanternes l'emblème du pouvoir en place, les armes du roi ou de la ville par exemple. Rien que ce symbole irritait les révolutionnaires et les anarchistes. Il y a donc eu le métier, si j'ose dire, de destructeur de réverbères !", indique M. Ara.
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