Jean-Paul Burdy

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- Villes, capitales, métropoles




20 juin 2008 :

De Vilnius à Salonique, de Sarajevo à Mostar.

L'Europe des villes rêvées et des absences,

enjeux de mémoires et d'histoire.

L’élargissement de l'UE à l’Europe post-communiste permet de réintégrer progressivement à l’histoire commune des dimensions sociétales, spirituelles et culturelles que la division bipolaire avait occultées. L’évocation de quelques “villes-frontières” d’Europe médiane et balkanique permet ainsi de rappeler l’importance des communautés juives (Vilnius, “la Jérusalem de Litvakie”; Salonique, “la Jérusalem des Balkans”), et la présence multiséculaire d’un islam européen (Sarajevo, ville cosmopolite; Mostar, ville divisée).

Dépassant les revendications d’une « Europe chrétienne » et les ethno-nationalismes monistes, les mémoires collectives retrouvées peuvent permettre l’écriture d’une histoire européenne laïcisée et partagée, base d’une identification à une collectivité européenne, et d’une réflexion sur la complexité de l’identité et des valeurs européennes...

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Mars 2004 :


« La liberté coûte un ticket de métro... »

Transports et circulations dans le Berlin de la Guerre froide (1949-1989)


Après « l’âge d’or» des transports urbains berlinois pendant la République de Weimar, la Seconde guerre laisse les réseaux en ruine. Dans la ville divisée entre zones occidentales et zone soviétique, les mobilités évoluent de manière différenciée à l’Ouest (déclin du tramway, progrès de l’automobile) et à l’Est (priorité confirmée aux transports collectifs). Dès 1949, les transports urbains sont un des enjeux méconnus de la guerre froide au quotidien: dénomination des stations ; gestion du S-Bahn dans toute l’agglomération par Berlin-Est ; fuites des Allemands de l’Est vers l’Ouest ; grèves politiques. La construction du Mur en 1961 brise toutes les lignes ; le métro de l’Ouest traverse désormais les «stations-fantômes » de Berlin-Est. La réunification de la ville après la chute du Mur a permis de reconnecter les lignes, mais les habitudes de mobilité des usagers gardent la trace d’une division de plusieurs décennies.

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12 avril 2003 :


"Thèmes de recherche en histoire urbaine: des espaces sociaux aux lieux de mémoire

Communication au séminaire du CEDEJ (Le Caire) le 6/4/ 2003


A partir de recherches personnelles (Le Soleil noir. Un quartier de Saint-Etienne, 1840-1940, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1989, 270p.), et d’une centaine de mémoires traitant de la ville, encadrés entre 1993 et 2003 dans un séminaire de troisième année de l’IEP de Grenoble (“Villes, capitales et métropoles. Histoire et mémoire, politique et politiques publiques -France, Europe, Monde, XIXe-XXe”), on a retenu, parmi de nombreuses autres pistes possibles, trois thèmes récurrents d’approche historique et politique de la ville.

1) Dépasser et enrichir la monographie de quartier par le genre comme catégorie d’analyse, et la prosopographie comme démarche dé-territorialisée.

2) Repérer les silences, occultations et filtres de la mémoire individuelle et collective de la migration et de l’immigration dans le champ urbain.

3) Etudier les villes comme lieux et espaces de mémoire et d’identités, mais en n’oubliant pas l’histoire et la géopolitique.




22 janvier 2000 :

Politiques publiques & transports urbains - 2000

Titre: « Analyser et penser “l’Etat en action” à travers les politiques publiques. Les transports publics urbains », in IREHG, Actes du colloque Enseigner l’Etat, IUFM de Lyon, 2001, 286p., p.31-42.

Résumé: Depuis environ deux décennies, l’Etat-providence européen, classiquement envisagé sous les angles institutionnels et administratifs, est de plus en plus analysé, et enseigné -par exemple dans les sections des Instituts d’Etudes Politiques français qui préparent aux concours de la fonction publique d’Etat ou territoriale- à travers son action. C’est toute la problématique des politiques publiques, une des principales manifestations de l’activité politique et de la fonction de régulation de l’Etat, et qui vise à comprendre les genèses et les déterminants de la décision politique, les logiques d’intervention, le jeu des acteurs publics et privés, et l’articulation entre l’Etat, les collectivités territoriales, les acteurs économiques privés et la société.


En évoquant, plus particulièrement, les transports urbains, on s’attache donc ici à définir les politiques publiques résultant de l’activité politique (I). Puis à montrer que leur analyse, qui emprunte aux méthodologies et aux problématiques de la sociologie des organisations et de la science politique, est rendue complexe par la pluralité des genèses et des acteurs du processus décisionnel (II). On évoque enfin deux facteurs d’évolution: l’évaluation, qui vise à rationaliser et démocratiser l’action publique; la critique néo-libérale de la régulation par l’action publique, qui se traduit, en particulier, par un processus de privatisation en partie lié à la construction européenne (III).


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26 avril 1997 :

Local Political Power or Public Servants?
On the Development of Corruption in France  and Some European Countries in the Last Decade.

The disclosure of "corruption affairs" is an important component of the political crisis of the last decade in France, but also in other European countries (mainly in Italy and Belgium). Front politicians are going on trial or are in jail: former ministers, former M.Ps, former regional leaders, former mayors of large towns, and so on. Our paper for the Thematic Workshop on "Corruption and Ethics in the Public Service", intends to focus on the definitions of corruption in the French judicial and administrative system; on the main reasons of the development of corruption in the last decade; on the influence of the 1982 political and administrative decentralization laws on the increase of local political power, and thus on development of corruption inside local and regional government.

The paper will then try to answer the question of the involvement of public servants in the corruption process. It seems clear that the disclosed and judged corruption less implies basic public servants than elected political leaders, and their close public assistants: these are at the crux of political and administrative power. But a closer look shows that more numerous public servants can be directly or unwillingly implicated. Globally, the paper will stress the fact that corruption of both state and local public servants can still be considered as an unusual occurrence in France. Finally, the paper will briefly discuss the existing means of fighting against corruption: the necessity of a deontological education for the civil servants; the State and citizen confidence in the public service; the administrative and judicial institutions able to prevent and to fight corruption in the public services; the importance of the press and citizen monitoring on regional and local political decisions, and on the functioning of local public services; the importance of a common European attitude towards corruption and “black money”. This French point of view will thus try to offer elements for a comparative approach to the cases of Central and Eastern Europe.




Février 1996 :

« Multiples mémoires urbaines »
       Mémoires individuelles et collectives et histoire de la migration dans le champ urbain au XXe siècle.

Par son histoire longue et la diversité des composantes de ses populations, par l'inscription du changement politique, social et culturel dans ses espaces, par ses périodes de bouillonnement et de ruptures, la grande ville est un champ favorable au développement de mémoires diverses, souvent contradictoires, et dans lesquelles le travail de reconstruction et d'occultation des mobilités géographiques, sociales et politiques est évident.

La mémoire des groupes arrivant en ville, que ce soit par l'exode rural, par l'immigration du travail, ou par l'exode politique, est à double détente: discours de reconstruction justifiant la migration, et affirmant la réussite collective de l'arrivée et de l'installation, de la sédentarisation et de l'intégration, elle n'exprime que difficilement les tensions et les affrontements, les difficultés et les échecs de "l'entrée en ville" dont les sources écrites portent traces.

Partant, la mémoire la plus accessible est celle des "groupes constitués": Polonais, Arméniens, Italiens; au détriment de la mémoire de populations pour lesquelles les conditions d'installation en France ont, sur la longue durée, été difficiles: pour l'essentiel, les populations maghrébines. La mémoire collective privilégie donc le "quartier-village" au détriment du bidonville; la stabilité résidentielle d'une partie des populations au détriment des individus ou des groupes mobiles et dispersés; la réussite sociale au détriment des échecs de la mobilité sociale.

Le processus de reconstruction et d'occultation, de dénégation ou de valorisation rétrospectives est également à l'oeuvre chez les urbains "autochtones" qui, installés depuis une ou plusieurs générations, se revendiquent d'une "vraie urbanité" représentative de "l'identité de la ville", et portent un regard critique sur ces ruraux, ces immigrés ou réfugiés, en général urbains de fraîche date. Si la difficulté à accepter "l'Etranger" paraît être une constante largement séculaire, "un étranger chasse l'autre" dans les discours: les immigrés des générations antérieures sont progressivement intégrés, au détriment des derniers arrivés.

Plusieurs variables interfèrent dans la construction de ces mémoires différentielles du passage à la ville: on soulignera ici l'importance de l'appartenance de sexe (gender) dans la définition des espaces et des rôles, et les mutations de cette définition; et l'influence du facteur générationnel sur l'évolution de la mémoire collective: il épure celle-ci en formalisant une forme de "norme sociale" prétendument stable, mais peut aussi remettre en cause la discrétion du discours des générations précédentes sur certains épisodes douloureux.

Les sources orales peuvent être considérées comme importantes pour l'écriture de l'histoire, en particulier lorqu'on cherche à cerner les identités collectives. Mais elles ne sont pas une condition sine qua non à cette écriture.

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8 octobre 1992 :

« Folles prédications, Douces homélies, Saine morale sociale » Des politiques sociales pendant la première révolution industrielle (Loire, 1830-1870 environ)

Les théories du patronage et du paternalisme industriels du XIXe siècle français, et quelques-unes de leurs réalisations les plus visibles, dans les mines, le textile et la sidérurgie, ont été largement étudiées par les sociologues et quelques historiens, parce que commodes d'accès, et intellectuellement gratifiantes. Dans les années 1970, il s'agissait d'en dénoncer, dans l'esprit des travaux de Michel Foucault, la logique in fine totalitaire. Plus récemment, dans le cadre de la réhabilitation néo-libérale de l'entreprise, le paternalisme apparaît comme un des éléments de la construction du consensus dans l'entreprise, et de la collaboration des classes sociales.

L'objectif est ici de confronter les définitions modélisées disponibles au cas du bassin de la Loire, autour de la ville de Saint-Etienne, pendant la période 1830-1870. Succédant à une longue tradition artisanale pré-industrielle ayant donné naissance à un patronat et des groupes ouvriers anciens et divers, c'est une période d'industrialisation et d'urbanisation rapides, reposant sur plusieurs piliers (métal, soierie et textile, charbon, verre).

Le constat du peu d'inscription dans les espaces du bassin des preuves matérielles classiques de politiques paternalistes de masse (le « modèle mulhousien »: cités, oeuvres sociales, etc.) est relativement aisé à établir en bilan de cette période. Nous montrons cependant ici qu'une tentative de mise en place d'une politique sociale de grande ampleur a été faite par une compagnie minière (la Compagnie dite « du Monopole ») à la fin des années 1840. Et qu'elle s'est heurtée à une coalition hétérogène d'intérêts patronaux et ouvriers. Le patronat ancien (du textile essentiellement, mais aussi des mines), et la plupart des nouveaux entrepreneurs (de la métallurgie), ont donc maintenu, sauf exceptions, des formes traditionnelles de rapports sociaux dans l'entreprise et, au-delà, dans l'espace social et politique du bassin. Et n'ont introduit que les mesures sociales indispensables à la satisfaction des besoins en main-d'oeuvre, ou imposées par la législation ou par la pression ouvrière....




Mars 1992 :

« Les quartiers ouvriers et la ville industrielle en France. Une approche thématique et bibliographique des dynamiques sociales et culturelles (XIXe-début XXe s.) »

Ce texte présente la bibliographie existante sur l’un des volets de la question d’histoire contemporaine du concours d’agrégation de 1992-1993. L'identité ouvrière s'inscrit largement dans les quartiers de la ville industrielle française du XIXe s. Lieu des acculturations, le quartier ouvrier est défini par son homogénéité sociale, et par la densité de ses réseaux de sociabilités. Mais il n'y a pas pour autant de "culture ouvrière de quartier". Dans un espace urbain d'autant plus divers qu'il est étendu, les ouvriers revendiquent et pratiquent le droit à la ville, à ses lumières et à ses spectacles, aux opportunités de mobilité géographique et sociale. Cependant, à partir du début du XXe s., l'extension de la banlieue et certaines pratiques politiques tendent à renouveler le cantonnement social. Les configurations sociales et culturelles de la ville doivent donc être analysées en termes de dynamiques.

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