6-9-2011-Bahreïn-Iran-Qatar-Elections

Bahreïn 2011, Qatar 2011, Iran 2012:

"Y aller, ou pas ?"

Participer aux élections, ou les boycotter ?

 

Au Bahreïn, un double boycott :  du « dialogue national » en juillet,

des législatives partielles le 24 septembre

 

 17 août 2011, Manama: au siège du Wefaq, Ali Salman annonce le boycott

La principale « société politique » chiite d’opposition, al-Wefaq (63% des suffrages exprimés aux législatives d’octobre 2010, et 45% des sièges de députés, soit 18 sur 40) a tranché à la mi-août, après plusieurs semaines de réflexion interne, de pressions de certains partisans modérés de la monarchie sunnite, et sans doute de l’ambassade des Etats-Unis [1]: al-Wefaq appelle donc au boycott des élections législatives partielles prévues le 24 septembre, qui doivent pourvoir aux 18 sièges laissés vacants depuis mars par la démission collective de ses députés, qui entendaient alors protester ainsi contre la répression du mouvement revendicatif de la place de la Perle. L'autre parti d'opposition susceptible de remporter quelques sièges, le Waad, nationaliste arabe non confessionnelle, a adopté la même position de retrait, malgré de fortes sollicitations officielles à participer.

Participation ou boycott ? La question s’est posée en juin, à propos du « dialogue national » proposé par le roi, et qui s’est ouvert le 2 juillet. Au nom du réalisme politique, et vraisemblablement soumis à de fortes pressions américaines, le Wefaq a décidé de participer aux premières séances (notre analyse du 3 juillet 2011). Estimant très vite qu’aucune des conditions politiques minimales de démocratisation exigées depuis des mois par les opposants ne risquait d’être satisfaite, il s'est ensuite retiré, sous les invectives et parfois les menaces de certains tenants du régime, prompts à dénoncer l'irresponsabilité d’opposants à qui l’on proposait « une opportunité historique ». La question s’est reposée en août, dans la perspective des législatives partielles du 24 septembre. En décidant de ne pas y aller, compte tenu, entre autres, du blocage persistant sur les inégalités flagrantes du nombre d’inscrits dans les circonscriptions électorales, le Wefaq et les autres opposants privent a priori ces partielles de toute légitimité. On va donc, à coup sûr, se retrouver avec une chambre presque exclusivement sunnite, et entièrement dévouée au régime, les "indépendants" étant en réalité des représentants tribaux affiliés à la dynastie régnante: ce qui renvoie politiquement le royaume une décennie en arrière, avec la composition quasi monocolore de la chambre de 2002. Cette décision de boycott signe, une fois de plus,  est-on tenté de dire, l'échec des négociations en coulisses menées préalablement entre le Wefaq et quelques "réformistes" au sein de la famille royale.

Le débat participation-boycott n’est, en réalité, pas nouveau dans cet émirat qui a une riche histoire de revendications politiques et sociales, et qui n’est en cela comparable à aucun autre Etat du Golfe [2]. L’historien rappellera qu’au milieu des années 1930, puis à nouveau au début des années 1950, donc encore sous la tutelle britannique, les chiites avaient largement boycotté les élections pour le conseil municipal de Manama, estimant (déjà !) que les découpages électoraux se traduisaient par une sur-représentation trop évidente de l’électorat sunnite [3] . La question ne s’est pas posée en 1972 (élection d’une assemblée constituante) et 1973 (législatives), le corps électoral étant alors des plus limités (moins de 10% de la population masculine), et l’expérience parlementaire étant suspendue dès 1975.

 

Boycott en 2002, participation en 2006 et 2010

 

2002: publicité philatélique pour la participation aux élections

C’est donc pour les premières vraies élections législatives au suffrage universel masculin et féminin, en 2002, que le débat sur participation ou boycott a ressurgi, après une éclipse d’un demi siècle. Les « associations politiques » d’opposition ont été alors confrontées à la promulgation par le roi d’une nouvelle constitution très en deçà de celle de 1973 (suspendue dès 1975), et verrouillant la chambre basse élue (et a priori mal élue vus les découpages électoraux) par une chambre haute (majlis as-Shura) nommée [4]. Une partie de ces « associations » a décidé de « jouer le jeu » de la participation, une autre a refusé. Les partis chiites ont boycotté : al-Wefaq, mais aussi al-Waad (National Democratic Action Society : gauche laïque), la National Democratic Rally Society, l’Islamic Action Society, etc. Le régime n’a pourtant pas lésiné sur les moyens de convaincre les électeurs à aller voter : affiches, pancartes, timbres, clips télévisés, etc. Selon les chiffres officiels, la participation a été de 53,2% des électeurs inscrits. Comme d’habitude, ce niveau, qui est opportunément légèrement supérieur à la moitié des inscrits (comme le pourcentage de chiites récemment « révélé » par un vrai-faux rapport officiel, qui s’établit à 51% : voir notre analyse du 14 juillet 2011), a sans doute été nettement inférieur dans les faits.

En 2005, le débat a ressurgi dans les mêmes termes : faut-il ou pas participer aux législatives de 2006? Réponse identique du côté de l’opposition : oui pour les « réformistes » (ou « réalistes ») qui espèrent pouvoir faire avancer les dossiers, aussi imparfait le régime soit-il, et les « radicaux » qui estiment que le processus est vicié au départ, que l’opposition est « baladée » par le régime, et qu’il faut donc refuser de cautionner la mascarade. Les quatre partis d’opposition « participationnistes » forment alors une alliance (al-Wefaq, les radicaux d’al-Amal, la gauche d’al-Waad, les bassistes). Ce qui amène, en retour, les sunnites à se coaliser également pour leur faire barrage (principalement al-Asala, salafiste, et al-Minbar, représentant les Frères musulmans). Deux partis d’opposition sont exemplaires de ces analyses opposées : al-Wefaq côté participation « raisonnable, responsable, mais sans illusion » ; al-Haq, du côté des désillusionnés qui estiment inutile de perdre du temps et de l’énergie, et de cautionner en participant un déni de justice électorale.

Un facteur nouveau est toutefois alors intervenu dans le débat bahreïni. Le grand ayatollah irakien Ali al-Sistani, dont l’influence dans le monde chiite duodécimain est immense, a encouragé les chiites du Bahreïn à participer aux élections [5].  En réalité, et contrairement à ce qu'on lit parfois, le texte d'ali-Sistani n'était pas a proprement dire une fatwa, mais un simple avis. D'autre part, cet avis est arrivé pour confirmer une décision qui avait déjà été prise par la majorité des dirigeants et militants du Wefaq, confirmant que celui-ci fonctionne comme parti politique "laïque" et non comme organisation politico-religieuse dirigée par des clercs qui exerceraient politiquement leur autorité spirituelle. Ali al-Sistani rendait en quelque sorte la monnaie de sa pièce aux autorités religieuses sunnites d’Arabie saoudite qui, en 2002, avaient (par anti-chiisme) encouragé les sunnites bahreïnis à participer aux élections, et en particulier le dirigeant salafiste Adel al-Mouawda. Suite au courrier d’Ali al-Sistani, le sheikh chiite Isa Qasim (l'autorité spirituelle des chiites du Bahreïn et du Wefaq, formé à la fois à Najaf et à Qom, considéré comme le mentor d'Ali Salman a émis une fatwa appelant les électeurs chiites à se rendre aux urnes: « Boycotter les élections serait une grave erreur ».

La politisation du Bahreïn, l'abstentionnisme du Qatar

Mai 2011: Elections municipales au Qatar

La société du Bahreïn est très politisée, avec une longue tradition historique d'organisations politiques multiples, dont les fondements sont autant idéologiques que confessionnels; et une solide tradition de luttes politiques et sociales .La participation électorale y dépend donc largement de choix politiques rationnels, quelles qu'en soient les légitimations.  La différence est tout à fait importante  avec le Qatar, Etat gazo-rentier voisin. Quand, à partir de 1999, puis de la Constitution de 2003,  l'émir du Qatar Hamad ben Khalifa al-Thani décide d'organiser lui-aussi des élections municipales (ce sont les seules consultations électorales à ce jour dans le pays, en 1999, 2003, 2007 et mai 2011), y compris avec des femmes électrices et éligibles (à l'initiative de la deuxième épouse de l'émir, sheikha  Moza, c'est une première dans le Golfe, trois ans avant le Bahreïn), les taux de participation sont importants sur le papier, mais dérisoires en réalité: les taux affichés portent, en effet, sur un nombre très réduit d'électeurs inscrits par rapport au potentiel théorique, d'autant plus que les nationaux susceptibles de s'inscrire sur les listes électorales ne représentent, par ailleurs, que moins de  20% de la population totale (officiellement il y a au Qatar 200000 nationaux pour 1,2M d'habitants: soit 80% d'étrangers, pour la plupart est-asiatiques). Compte tenu d'un fonctionnement tribalo-dynastique et clanique resté très prégnant, les nationaux Qataris n'ont ni tradition de partis politiques, ni de participation à une vie politique démocratique, il est vrai réduite ici à des municipales sans enjeux réel; et n'ont donc aucune envie de s'inscrire sur les listes électorales, malgré les efforts importants du gouvernement (ou, plus précisément, des courants réformateurs au sein de la tribu dominante) pour les en convaincre. On mesure bien là, à quelques dizaines de kilomètres de distance, les écarts spectaculaires entre les traditions politiques du Bahreïn (qui  peuvent être comparées à celles du Koweït) et celles du Qatar (très proches de celles des Emirats arabes unis), les deux se distinguant partiellement du tribalisme dynastique des monarchies conservatrices d'Arabie saoudite et d'Oman.



Octobre 2010, Bahreïn: deuxième tour des élections législatives générales

Ces dernières années, la tendance participationniste a dominé au Bahreïn, comme on a pu le relever lors des législatives de novembre 2006 (la participation a été estimée à 72%), puis en octobre 2010 (participation estimée à 67%). Les déceptions du printemps 2011, et la répression post-15 mars, et l’évidente absence de bonne volonté du régime dans l’ouverture de démocratisation, ont pourtant conforté ces derniers mois la tendance du refus, celui-ci étant par ailleurs, un moyen de pression sur le régime. Lequel, dans une réponse tactique politicienne de mauvaise foi, joue sur le sérieux de l’opposition (celle qui participe) ou sur son irresponsabilité (celle qui boycotte). Le "diviser pour régner" est une vieille recette…. En attendant, une fois de plus, le gouvernement a mis en œuvre les grands moyens pour inciter les électeurs à se déplacer vers les urnes : banderoles, affiches, pancartes, spots télévisés. Quant aux menaces d'activistes pro-régime contre les partis d'opposition, voire contre certains candidats potentiels, elles se sont déployées dans la presse locale ou sur l'internet. Le Bahreïn étant gros utilisateur de l’internet et des réseaux sociaux (Facebook, twitter), sites et messages adaptés à ces supports. Les Bahreïnis de la diaspora, particulièrement nombreux à Londres sont, quant à eux, appelés à voter dans leurs ambassades dès le 20 septembre. Le taux de participation est donc un enjeu politique, qu’il faudra analyser avec précision.

 

Le même dilemme en Iran dans les deux dernières décennies


Avril 2008: législatives pour le Majlis iranien

Ce débat stratégique et les décisions de participation ou de non participation au Bahreïn ne sont pas sans rappeler la situation en Iran dans la dernière décennie. Mais là ce sont les électeurs qui ont arbitré de manière opposée. Forte participation aux élections municipales, législatives et présidentielles à l’époque de Mohammad Khatami (élu en 1997 avec une participation de 83% ; réélu en 2001 avec une participation de 67%), quand il paraissait possible qu’une réforme de démocratisation du système passe par la voie électorale, un président de la République réformiste, une majorité de réformateurs au Majlis. Puis le blocage des lois de réforme votées par les députés par les conseils des Gardiens et de l’Assemblée des experts, et l’enlisement des réformes annoncées ont découragé les électeurs. Qui ont, de leur propre initiative et/ou en répondant à l’appel de certains des courants réformistes, ont massivement boudé les urnes au début de la décennie. Facilitant, du même coup, la reprise en main par les (ultra-)conservateurs aux municipales de 2003 (la participation serait alors tombée à 15% !), aux législatives de 2004 (la participation officielle aurait été de 50,45%, mais plus vraisemblablement de 40%, alors que la moyenne de la décennie précédente tournait autour de 65%) et à la présidentielle de 2005 (où Ahmadinejad aurait été élu avec une participation réelle d’environ 40%).

Mai 2009, Téhéran: meeting électoral du mouvement Vert

Le retour de balancier a été spectaculaire au printemps 2009 quand, après un début de campagne sans tonus, une cristallisation politique s’est faite autour du candidat du mouvement Vert Mir Hossein Moussavi. Celui-ci, en quelques semaines, est passé du statut de candidat « réformateur au sein du système » agréé par la commission électorale, à porte-parole de l’écrasante majorité de tous les électeurs (et, en particulier, de toutes les électrices) aspirant à un changement politique profond. Et, du coup, la participation électorale le 12 juin 2009 a été remarquablement élevée, estimée à environ 85% par l’ensemble des observateurs nationaux et internationaux. Et la confiscation des résultats de ce premier tour par le « coup d’Etat électoral » de l’équipe de Mahmoud Ahmadinejad a été, du coup, d’autant plus insupportable à une grande partie du corps électoral, provoquant les plus importantes manifestations anti-régime en Iran depuis des années, autour de la question mille fois scandée « Où est mon vote ? »


On notera que, ces dernières semaines, les dépêches d’agence rendent compte de quelques « signes » de la part du régime d’Ahmadinejad : libération d’une centaine de prisonniers politiques (pour la plupart arrêtés lors des manifestations de l’été 2009, et graciés par le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei ; mais les figures de proue restent détenues) ; autorisation de reparaître accordés à quelques titres interdits de la presse réformatrice. Si les deux ex-candidats Mir Hossein Moussavi (du mouvement Vert) et Mehdi Karoubi sont maintenus en résidence surveillée, certains observateurs estiment cependant que le régime entend  rouvrir le jeu politique. Et en particulier, à six mois des législatives de mars 2012, les réformateurs sont de plus en plus souvent appelés à participer au scrutin par une partie des conservateurs, inquiets du risque de voir les électeurs modérés déserter massivement, une fois de plus, les urnes. Du coup, le débat a été relancé chez les réformateurs, très divisés jusqu'à présent sur l'opportunité de participer au scrutin.

 

Ingéniérie du maintien au pouvoir et « transitologie »

 

Octobre 2010, Bahreïn: candidat(e)s aux élections législatives

On aurait tort de ne voir dans cette affaire qu’un avatar « oriental » d’un vieux débat européen, qui remonte au moins à la fin du XIXe siècle, et qui a divisé durablement les réformistes (« le pouvoir est au fond des urnes »), et les révolutionnaires (« le pouvoir est au bout du fusil » -ou « sur la barricade », mais en tous cas pas « au fond des urnes de la bourgeoisie »).  Il est sans doute facile de donner des leçons de morale politique dans la quiétude des sociétés démocratiques installées. Il est plus difficile de savoir quel est « le bon choix » stratégique face à des régimes qui se prétendent démocratiques, ou qui promettent la démocratisation, mais qui, en réalité, n’acceptent le verdict des urnes que s’il leur est favorable ; ou qu’après avoir soigneusement organisé, par une ingéniérie démographique et électorale (nécessairement élaborée par des spécialistes de la science politique…), les conditions de leur maintien sans limite de durée au pouvoir.

La comparaison du Bahreïn, régime monarchique à dimension démocratique très limitée, et de la République islamique d’Iran, évoluant de plus en plus vers une dictature d’islamistes laïques, est volontaire de notre part. Elle ne s’appuie pas uniquement sur la proximité géographique, et sur les vieilles prétentions historiques persanes sur l’archipel bahreïni ; ou sur l’accusation scandée une nouvelle fois depuis ce printemps 2011, sans preuve tangible, par le régime de Manama contre les opposants chiites d’être des sujets à loyauté hypothétique, parce que lorgnant un peu trop vers les ayatollahs de Téhéran. La transitologie (sic), présentée depuis quelques années comme une nouvelle spécialité de la science politique (à partir des exemples latino-américains et centre- et est-européens), n’est pas encore une science exacte capable de répondre de manière convaincante à un dilemme qui préoccupent nombre d’opposants à des régimes non démocratiques, en l’occurrence au Moyen-Orient.

 


Manama, septembre 2011: site officiel appelant à participer aux législatives
(capture d'écran JPB)

 

NOTES:

[1]  Le gouvernement Obama est mal à l’aise sur le dossier du Bahreïn, où il a laissé faire l’intervention saoudienne et la répression du mouvement démocratique. Ses motivations de realpolitik étaient évidentes : la sécurité de ses intérêts stratégiques dans le Golfe, et celle des routes du pétrole vers Ormuz, l’emportent sur la démocratisation d’un petit émirat. Mais, du coup, les Etats-Unis peinent à justifier ce choix alors qu’ils soutiennent les mouvements de démocratisation ailleurs dans le monde arabe. L’ambassade américaine à Manama essaie donc d’entretenir le contact (hors la vue) avec les oppositions bahreïnies, et principalement avec le Wefaq.

[2]  Pour une approche générale, à actualiser après 2005 : Fatiha DAZI-HéNI, Monarchies et sociétés d’Arabie. Le temps des confrontations, Paris, Les Presses de Sciences-Po, 2006, 364p.

[3]  On se reportera à Nelida FUCCARO, Histories of City and State in the Persian Gulf. Manama since 1800, Cambridge, Cambridge University Press, 2009, 258p., chap.4 & 5, et surtout p.146-147. Lors des elections de mai 1950, les femmes s’étaient vu octroyé le droit de vote: elle ne l’ont pas utilisé, les structures sociétales sunnites et chiites de l’époque rendant la démarche pratiquement inconcevable.

[4]  Arrivé au pouvoir en 1999, l’émir Hamad avait ouvert un processus de démocratisation institutionnelle et politique, qui semblait devoir déboucher en 2001 sur une monarchie constitutionnelle. Puis le processus a brusquement été suspendu, pour prendre la forme d’une promulgation sans consultation, très en deçà de ce qui était annoncé, et attendu. Certains y ont vu la victoire du clan conservateur du régime sous la houlette du très autoritaire premier ministre et oncle du roi.

[5]  Cette intervention d’Ali Sistani amène d’ailleurs à relativiser le quiétisme auquel il est souvent associé. Or, ce quiétisme le tiendrait éloigné de toute prise de position politique, et pas seulement du refus de principe de la théorie khomeyniste du velayat-e faqih, c’est-à-dire de la prise en main de la politique par les clercs. Mais si on fait la liste de ses interventions politiques régionales (en Irak et dans le Golfe), on s’aperçoit  qu’il prend finalement assez souvent position. On devrait donc plutôt le qualifier d’influent donneur de conseils politiques  discret et modéré (par opposition au radicalisme bruyant de son jeune collègue Moqtada Sadr). Sur ces points, et plus particulièrement le Bahreïn, voir Laurence LOUËR, Chiisme et politique au Moyen-Orient, Perrin, 2008, p.126-136


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