22 novembre 2014: Législatives au Bahreïn

Elections au Bahreïn (1) 

Quelle participation réelle pour le

premier tour des législatives du 22 novembre ?





Manifestation de l'opposition appelant au boycott (mi-octobre 2014)



Samedi 22 novembre s'est tenue au Bahreïn, le plus petit Etat du Golfe (1,3 million d'habitants, dont 50% de nationaux citoyens), mais pas le moins intéressant par son histoire politique agitée, le premier tour d'élections législatives (40 sièges de députés à pourvoir à la chambre basse, le Majlis al-Nawwab ou Elected Council of Deputies) et municipales (trois municipalités métropolitaines à élire). Dans un Golfe largement autocratique (Arabie, Qatar, EAU, Oman), seuls le Koweït et le Bahreïn peuvent prétendre commencer à avoir une expérience, sinon du parlementarisme, au moins de consultations électorales générales. Le régime de Manama insiste d'ailleurs sur les quatre consultations électorales en douze ans (2002, 2006, 2010, 2014), auxquelles il faut ajouter les élections partielles de l'automne 2011 (à la suite de la démission de 18 députés d'opposition pour protester contre la répression), et donc sur l'enracinement de « l'expérience démocratique du royaume » depuis la constitution promulguée par le roi Hamad ben Issa Al Khalifa en 2002 (et contestée depuis cette date par ses opposants). Pour le Bahreïn, ce sont surtout les premières élections générales depuis l'écrasement du Printemps de la Perle en mars 2011, avec l'aide de forces du Conseil de coopération du Golfe, et principalement de la Garde nationale saoudienne. Les législatives de 2014 devaient donc permettre aux courants politiques de se compter, et aux observateurs de mesurer les nouveaux rapports de force quatre ans après le « Printemps de Manama ». Il n'en a rien été.


Participation ou boycott (1). Les enjeux pour le régime


Les enjeux pour le régime tribalo-dynastique sunnite des Al-Khalifa et ses alliés tribaux sunnites ont été lisibles à travers ce qu'il faut bien qualifier de propagande, diffusée en boucle pendant des semaines, et y compris le jour de l'élection, par les chaines télévisés bahreïnies et les autres médias de l'archipel. Il s'agit, par une forte participation des électeurs et électrices, d'attester en interne et en externe de la normalisation de la situation politique depuis la contestation majeure de 2011 ; de la grande légitimité du régime (d'où d'incessants et quelque peu surréalistes « documentaires » à la gloire du premier ministre et oncle du roi, du roi Hamad, et de la famille royale) ; et du renforcement de la démocratisation du pays par l'élection. A cette fin, le régime souligne qu'il a fait des efforts en redécoupant plus justement les circonscriptions électorales, répondant ainsi à l'une des principales critiques de l'opposition et des ONG locales ou extérieures -on y reviendra. Et il a fait un effort de « pédagogie », par d'innombrables clips télévisés rappelant les modalités électorales, la nouvelle cartographie des circonscriptions, les institutions d'organisation et de contrôle du vote. Dans cette perspective, le régime avait intérêt à ce que le maximum de forces politiques participent à la compétition électorale.


Participation ou boycott (2). Les enjeux pour l'opposition




L'opposition a décidé de ne pas jouer le jeu de la participation, et de boycotter les élections. Depuis 2011, l'opposition regroupe deux tendances principales, qui étaient d'ailleurs présentes sur la Place de la Perle : une opposition dite  « radicale », autour du Mouvement du 14 février, qui milite pour le renversement du roi, et dont certains acteurs ont adopté des formes de guérilla urbaine de basse intensité contre les forces de police ; et une opposition dite « légaliste », soit une demi douzaine de « sociétés politiques enregistrées » (les partis ne sont pas autorisés au Bahraïn), qui réclament « une vraie monarchie constitutionnelle et parlementaire », ce qui ne les protège pas d'un harcèlement policier et judiciaire permanent. Parmi elles, le grand parti chiite al-Wefaq (L'Entente) qui, à lui seul, avait obtenu en octobre 2010, 63% des suffrages (mais seulement 18 sièges sur 40, les circonscriptions électorales étant taillées sur mesure pour empêcher les chiites d'obtenir une majorité parlementaire: voir notre communication au colloque de Prague en mai 2014, sur ce site). Depuis douze ans (2002), l''opposition s'est régulièrement divisée sur la participation ou pas aux élections. Pour le Wefaq et ses alliés: boycott en 2002, participation en 2006 et octobre 2010, démission des 18 députés en février 2011 (pour protester contre la répression du « Printemps de la Perle »), boycott des législatives partielles de l'automne 2011, et boycott des élections de novembre 2014.


Les sept sociétés légalistes d'opposition ( le Wefaq chiite, mais aussi des partis sunnites ou séculiers) ont étayé leur appel de la mi-octobre au boycott des élections de novembre par plusieurs arguments : la répression qui les a décapitées (de nombreux dirigeants et cadres ont été lourdement condamnés et sont emprisonnés ; certains ont été déchus de leur nationalité et envoyés en exil) ; le harcèlement policier dont elles sont l'objet (le Wefaq a ainsi été interdit d'exercice de toute activité de novembre 2014 à janvier 2015) ; la sous-représentation de l'opposition dans le « Dialogue national » ouvert et refermé à plusieurs reprises depuis 2011 ; le caractère cosmétique des « réformes constitutionnelles » octroyées en 2012, qui n'ont en rien démocratisé et parlementarisé la monarchie; la politique de naturalisation d'étrangers sunnites (cf.notre analyse du 18 juillet 2011);  le premier ministre et oncle du roi, en poste depuis 1971 (cf.notre portrait du 1er septembre 2011), etc. Dans cette analyse, l'enjeu pour l'opposition est que la participation électorale soit la plus faible possible, attestant ainsi de la fragilité de la légitimité du régime autoritaire, et de la capacité de mobilisation politique maintenue de l'opposition.




Gerrymandering. Une ingéniérie électorale aux effets imprévisibles :

les redécoupages électoraux



Objets de critiques majeures de l'opposition et des ONG internationales lors des consultations précédentes, les circonscriptions électorales ont été redécoupées à l'automne. La situation était, il est vrai, caricaturale. La députée du sud avait été élue sans concurrents (« on » les avait dissuadés) avec moins de 800 électeurs inscrits: c'était une femme, pro-régime. Les députés du nord étaient, quant à eux, élus par plus de 20000 électeurs: il est vrai qu'ils étaient opposants, et chiites. C'est ainsi que le parti Wefaq, avec 63% des électeurs inscrits, n'a pu obtenir que 18 sièges sur 40 à la chambre basse en 2010... Les circonscriptions électorales ont été redécoupées à l'automne 2014, par la suppression d'un gouvernorat du centre de l'archipel (Central), dont les cantons ont été redistribués dans les quatre autres gouvernorats (Capital, Muharraq, Northern, Southern). Les nouveaux cantons sont désormais en général plus équilibrés démographiquement, avec 8 à 12000 électeurs en moyenne (quelques cantons restent très faiblement peuplés au sud). L'impact potentiel de ces redécoupages est disputé par les analystes.


Certains estiment que l'ingéniérie électorale dont le régime est spécialiste (via sans doute des sociétés spécialisées anglo-américaines) ne peut que conforter ses bases électorales sunnites. Pour le politiste américain et éminent spécialiste du Bahreïn, Justin Gengler (le 18 octobre, sur son blog Bahrain Politics), la dissolution du gouvernorat du Centre, et la redistribution de ses cantons dans les 4 régions restantes (la circonscription de Muharraq mixte sunnite-chiite, mais bastion traditionnel des islamistes sunnites, les salafistes d'al-Asalah, les Frères musulmans d'al-Minbar, 8 sièges à pourvoir; la circonscription de Capital, mixte, 10 sièges ; la circonscription Northern à majorité chiite, 12 sièges; la circonscription Southern, pro-sunnite, 10 sièges) rééquilibre certes démographiquement les circonscriptions, mais ne modifie pas le découpage selon des lignes de partage confessionnelles -sunnites-chiites, de telle manière que les sunnites ont la certitude a priori d'obtenir 22 sièges.


D'autres, tels le blog bahreïni citizensforbahrain, estiment que le redécoupage traduit un effort réel vers plus de justice électorale, y compris en constituant des cantons confessionnellement un peu plus mixtes qu'auparavant. Ces derniers estiment donc que le nouveau découpage pourrait modifier la donne, car il n'est pas nécessairement très favorable à des figures sunnites sortantes. Au bilan donc, un redécoupage qui ne risque pas d'avantager beaucoup les chiites d'al-Wefaq, mais pas non plus quelques sortants sunnites trop revendicatifs sur les affaires de corruption du régime. Ainsi, deux de leurs figures de proue, jusque-là élus dans deux cantons limitrophes (Jassim al-Sa'idi et Khamis al-Rumaihi) se retrouvent en concurrence dans la même circonscription ! Une partie des sunnites de la coalition Al-Fateh, en principe pro-régime, risquent donc de faire les frais des redécoupages. On notera, par ailleurs, que la radicalisation anti-Frères musulmans en Arabie et dans les Emirats arabes unis (qui viennent, à la suite de Riyad en mars, de mettre les Frères musulmans et toutes leurs organisations satellites sur le liste des organisations terroristes) a un impact électoral potentiel au Bahreïn. Leur façade légale, la société politique al-Minbar (Al-Minbar National Islamic Society), a admis faire profil bas pour les législatives, pour ne pas se retrouver dans des collimateurs saoudiens, émiratis ou bahreïnis...


Pour le moment donc, personne ne maîtrise la réalité et les effets potentiels de ces nouveaux découpages électoraux dans une éventuelle redistribution des cartes. D'autant plus que l'opposition boycottant, on n'a pas un jeu où tous les acteurs sont en compétition sur le marché politique.



Localement hémiplégique peut-être, mais une vraie campagne électorale.




Une chose est sûre néanmoins, évidente sur le terrain au moins dans la semaine qui précède le vote : ces élections ont été disputées dans une bonne partie de l'archipel, ne serait-ce que par le nombre de candidats. Pour les 349 713 électeurs inscrits électeurs inscrits et les quarante sièges de députés, il y a eu 266 candidats et candidates déclarés. Soit 6,6 candidats par circonscription. En réalité 4-5 candidats en général, mais jusqu'à 10-12 dans les plus importantes circonscriptions. Sur les 40 députés sortants, 11 ne se représentaient pas. Ce qui laisse plus de 230 candidats nouveaux: des hommes, des femmes (environ 10%, ce qui est peu), beaucoup de trentenaires ou quadras, encartés ou non à l'une des « sociétés politiques » (dont il faut rappeler qu'elle ne peuvent pas se réclamer d'une ethnie ou d'une religion ou confession particulières). Beaucoup « d'indépendants », qui se présentent comme tels, et qu'on ne peut pas automatiquement qualifier de « pro-régime ». On peut certes supposer, mais sans certitude générale, qu'ils (elles) ne sont pas « opposant(e)s », puisqu'ils (elles) sont candidat(e)s. Mais seule une étude personnalisée -impossible à réaliser actuellement au Bahreïn, eu égard à la tension politique, permettrait d'établir le positionnement effectif de chaque candidat(e) vis-à-vis du régime, mais aussi de l'opposition. Il y a ainsi des candidats chiites « officiels » et pro-régime (plusieurs sont issus du clan chiite Al-Safour, auquel le premier ministre a opportunément rendu visite le jour même du vote), mais aussi quelques jeunes candidats chiites non-officiels, par exemple à Aali, bastion du Wefaq dans l'environnement sunnite très pro-régime de Rifah. On notera que certains électeurs désabusés attribuaient le nombre élevé de candidatures aux avantages en nature liés à la fonction de député (une indemnité annuelle de 150000 US$, et une voiture de fonction avec chauffeur).


La réalité de la campagne était visible : affiches et panneaux omniprésents dans le paysage; diwans électoraux un peu partout tous les soirs, avec une participation variable; réunions organisées par les candidat(e)s chez les électeurs... Il est clair que les « quartiers » ou « villages » chiites patentés n'ont guère participé à la campagne, mais on peut estimer que cela a plus traduit leur marginalisation dans l'espace physique et politique du royaume, qu'une valorisation de leur choix du boycott, dans la mesure où ils ont, du coup, été réduits au silence et à l'invisibilité dans les médias nationaux et internationaux. Il est d'ailleurs significatif qu'il faille recourir aux médias iraniens et du Hezbollah libanais pour avoir un minimum de couverture de ces quartiers chiites boycottant. Globalement la campagne électorale s'est déroulée "dans le calme", parce que sous haute surveillance policière, en particulier du côté des quartiers et villages chiites : la presse locale a rendu compte d'une douzaine d'incidents relativement mineurs (panneaux déchirés, quelques tentes électorales vandalisées ou brulées, quelques pneus crevés).



Une brève et localisée "contre-consultation" référendaire par l'opposition



Dans les jours précédant le scrutin, l'opposition légaliste, associée semble-t-il au Mouvement du 14 février, a organisé des manifestations pacifiques d'appel au boycott, qui ont réuni quelques centaines de participants dans des bastions chiites tels que Jidhafs, Saar, Sitra ou Diraz.  Manifestants et manifestantes brandissaient des pancartes appelant au boycott, et dénonçant le déni de démocratie. Il semble que ce soit au premier chef le Mouvement du 14 février qui a tenté d'organiser le vendredi 21 février, veille du scrutin, un référendum alternatif.  Dans 29 "bureaux" (des tentes en général), des urnes bleues recueillaient un bulletin "oui ou non pour un référendum d'autodétermination sur la nature du régime sous la supervision de l'ONU" (ci-dessus). Ces bureaux ont pu se tenir pendant quelques heures dans des bastions chiites (Jidhafs, Sanabis, Ditraz...), mais la police est en général intervenue pour interdire l'initiative, et a interpellé un certain nombre des "scrutateurs" de ces bureaux alternatifs.  Le blackout étant absolu du côté des médias officiels, c'est essentiellement par les réseaux sociaux que l'on a eu quelques témoignages photographiques ou vidéos, relayés ensuite par des médias iraniens ou libanais. L'initiative était symbolique donc, mais elle a cherché à respecter les formes d'une "vraie" consultation référendaire, confirmant le choix légaliste des sociétés politiques concernées.



Le premier tour, la participation et les résultats


Il est impossible, en l'état, d'évaluer la participation réelle au premier tour, faute de médias locaux crédibles, et en l'absence d'observateurs étrangers indépendants (le régime a annoncé la présence de 400 journalistes locaux et étrangers pour couvrir le scrutin, mais ces derniers n'ont apparemment pas obtenu de visa d'entrée...). Peut-être des ONG locales pourront-elles publier sur des blogs ou les réseaux sociaux des estimations ou évaluations.


Le Haut comité des élections et le ministre de la Justice ont publié successivement les chiffres de 51,5 % (le 23 novembre) puis 52, 6 % (le 24 novembre) ; et 16 % d'électeurs qui auraient boycotté -ce qui laisse perplexe pour qualifier les  30 à 35% manquant (de l'abstention, mais pas du boycott ?). Les chaînes télévisées et les autres médias ont montré, tout au long de la journée du samedi 22 novembre, de longues queues d'électeurs et électrices devant les bureaux de vote, au point que la fermeture des bureaux, initialement fixée à 20h, a été prolongée jusqu'à 22h -officiellement pour faire face à l'afflux des citoyens. On notera qu'outre les bureaux des 40 circonscriptions, la commission électorale avait installé 12 « bureaux publics » hors circonscriptions, dans des gymnases ou des centres commerciaux, ouverts à tout électeur ou électrice de l'archipel. Mais les organismes officiels n'ont donné aucun pourcentage par bureau, et aucun pourcentage par candidat : les médias locaux ont juste publié la liste des candidats élus, donc ayant dépassé 50 % des inscrits dès le premier tour (il y en a six, dont certains semble-il élus par retrait des autres candidats), et celle des duels pour le second tour (il en reste donc 34 pour 40 sièges, avec très peu de femmes).


A l'inverse, et tout en dénonçant le nombre élevé de nouveaux électeurs étrangers fraîchement naturalisés parce que sunnites, le Wefaq, au nom de la coalition des opposants, a estimé à 30 % le taux de participation, avec une marge d'erreur de plus ou moins 5 %. Des photographies de différentes circonscriptions circulant sur les réseaux sociaux ont montré des bureaux totalement vides d'électeurs -mais on ne sait pas toujours où et à quelle heure les photos ont été prises. Et les médias iraniens et du Hezbollah libanais ont montré quelques images de manifestations pro-boycott la veille et le jour du scrutin. On ne peut qu'inférer du paysage confessionnel et politique de la dernière décennie que la participation a sans doute été active dans certaines circonscriptions à majorité sunnite et ayant manifesté ces dernières années leur soutien au régime (ainsi dans la zone centrale de Rifah, bastion territorial et politique du régime, qui y a installé ses nombreux palais, et regroupé ses affidés tribaux ou confessionnels) ; et que la participation a été faible, voire peut-être inexistante, dans les bastions chiites connus (l'accès aux bureaux de vote ayant, de plus, souvent été entravé par des pierres, ou des pneus enflammés, ou dissuadé par des forces de sécurité en tenue de combat). Mais certains témoignages publiés sur des réseaux sociaux montraient que l'électorat sunnite était loin d'être unanimement enthousiaste à aller voter pour une chambre basse "sans dents" ("teethless" -sic !), c'est-à-dire sans pouvoirs réels...


Les deux chiffres avancés pour la participation -52%-30 %-  sont politiquement très cohérents avec la polémique récurrente ces dernières années sur la composition confessionnelle du pays : le régime avançant que désormais il y a à peu près équilibre entre sunnites et chiites (cf.notre analyse du 14 juillet 2011) ; et les chiites se référant au pourcentage cité depuis des années de « 70 % de chiites au Bahreïn », ce qui est sans doute désormais surestimé, en particulier à cause des « naturalisations politiques » de sunnites étrangers par le pouvoir.




L'opposition, encore plus affaiblie par le boycott




L'opposition est, depuis 2012 dans une position difficile. Les « radicaux » du 14 février sont contenus dans leurs quartiers et villages, et sur les réseaux sociaux. Les sociétés politiques légalistes ayant vocation à intervenir dans le champ politique, en particulier le Wefaq, nous paraissent en mauvaise posture par leur choix du boycott.

- Elles sont présentées par le régime et ses médias comme de mauvais joueurs, qui ont refusé une compétition électorale plus juste grâce aux redécoupages électoraux.

- Les opposants ne peuvent pas se compter, quatre ans après la révolution de la Place de la Perle. Le Wefaq avait obtenu 63% des suffrages en octobre 2010, ce qui lui donnait une légitimité forte à poser des revendications sur les institutions et le fonctionnement du régime. On ne sait absolument plus, quatre ans après, ce que peut être la représentativité de ce parti. S'il avait confirmé le 22 novembre son score de 2010, et même s'il n'avait pas obtenu la majorité des sièges, il aurait pu arguer du poids de son électorat pour refonder avec force ses revendications de réformes structurelles.

- Avec le boycott, le Wefaq a été suspendu d'activité et d'expression publique pour trois mois, et il n'a plus, depuis la démission collective de février 2011, de tribune d'expression publique au Conseil de la choura. Il est donc condamné à une opposition sans la caution politique officielle de députés élus.

- Pour les quatre ans qui viennent, la chambre basse sera peuplée de soutiens du régime, et d'indépendants qui auront profité du boycott pour accéder à la députation, au détriment des forces politiques organisées.


Le pays est, depuis quatre ans, dans une impasse politique globale. Mais, de notre point de vue, le boycott a renforcé le blocage de l'opposition « légaliste » dans cette impasse, sans représentation officielle ni tribune parlementaire pour les 4 ans à venir, et encore plus harcelée par la justice. Et l'appel à l'ONU lancé par l'opposition ne donnera rien, bien évidemment, la "communauté internationale" n'accordant depuis 2011 qu'un intérêt très restreint à la question des droits de l'homme et à la nature du régime de l'archipel.



                                                                                                                                                                 A suivre...



> Toutes photographies et captures d'écrans :  JP.Burdy (13-23/11/2014)


> Notre enquête au Bahreïn a fourni quelques éléments

- pour un article de Laure Stéphan dans Le Monde du 21/11/2014: https://sites.google.com/site/questionsdorient/chroniques-d-actualite/22-novembre-2014-legislatives-au-bahreien


- et sur RFI par Caroline Paré le 22/11/2014

(http://m.rfi.fr/moyen-orient/20141122-bahrein-paysage-politique-opposition-wefaq-etat-islamique/?ns_campaign=google_choix_redactions&ns_fee=0&ns_linkname=moyen-orient.20141122-bahrein-paysage-politique-opposition-wefaq-etat-islamique&ns_mchannel=editors_picks&ns_source=google_actualite)


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