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Thérèse LARRE-NOEL poétesse

Thérèse LARRE-NOEL née le 15 octobre 1890 à Rélizane (Algérie) et décédée le 21 janvier 1971 a écrit une soixantaine de poésies, monologues et saynètes en français et langue occitane.
Très attachée au terroir gascon et en particulier au village de Sabazan, elle évoquera dans ses poésies la vie rurale, l'amour de la nature et les souffrances de l'être humain pendant la guerre 14-18.
 
Au début du 20ème siècle, les félibres de l'Armagnac ont contribué au rayonnement de l'Escolo Gaston Fébus.
Par son enthousiasme, son amour du prochain et sa générosité, Thérèse Larré-Noël apportera sa "plume" à ce mouvement créé en 1854 par Frédéric MISTRAL et dont l'objectif est de promouvoir, de défendre et illustrer la langue d'Oc.
 
Dans les années 1950, Marcel CAZA, animateur de l'émission "Les Cadets de Gascogne" diffusa sur les ondes de la Radio toulousaine les chansons et les poèmes de Thérèse Larré-Noël.
 
Les palmes académiques lui furent décernées en 1948 : reconnaissance d'un talent d'artiste et d'écrivain en milieu rural.
 
 
 
                     
 
 
                                                        ACROSTICHE
 
 
  S abets aquesto débineto ?
  A us alentours dous dus moudous
  B estido de berduro, dé flous
  A satudo ser uo coulinéto
  Z éro sé trobos pas Liseto
  A quet bilatjé charman
  N as pas troubat ? Qu'ey SABAZAN
 
 
 
  
 

 

Ma Maison (extrait)
 
Ma maison est un nid caché sous la ramure
Ouvrant sa large baie aux rayons du soleil,
Les murs sont tapissés de fleurs et de verdure
Badigeonnés de blanc, de rose, de vermeil.
 
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Ma maison est un nid, caché sous la verdure,
On y rit, on y pleure, on y vit, on y meurt,
Pleine de souvenirs d'une vie parfois dure,
Dans ses murs reste enclos le secret de nos coeurs.
 
Thérèse Larré-Noël - Sabazan - 15 mars 1943             
 
 
 
 
 
 
 
                                    TERRO GASCOUNO (extrait)
 
 
          Que t'aymerèy toustem o moun Païs, en Armagnac, o terro bouno,
 
          Béroy païs, nat coumo tu jou n'ey pas bist, Terro Gascouno
 
 
 
 
  
 
 
La Guerre 14-18 - Lettre à son mari soldat (extrait) - 17 septembre 1918
 
Trois ans sont écoulés : trois ans de longue attente ...
 
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Pourquoi ne suis-je pas semblable à l'hirondelle ?
Je pourrais m'envoler auprès de toi, les soirs,
T'embrasser tendrement et du bout de mon aile,
Chasser de ton beau front les fous papillons noirs
 
 
 
La Hesto de las bregnos
 
 
 
 
 LA BRIULETO
 
Briuleto dou Primtems, migo, tu qu'ès l'imatjé
            D'un cô simplot é dous,
Aquiu louy dé tout brut qu'embaumos lou paratjé
            D'ab tas bérojos flous.
Qu'aïmi tan dé t'espia pou mey dé la berduro
            Oun t'estujos béroy
Proché d'aquet broc blanc, praquïu pé la fréscuro
            Au près d'aquét liloy !
 
Dé jou n'aujés pas pau qu'ey la man générouso
            N'et hérey pas dou mau,
Qu'et boy décha praci, pujo qué j'ès urouso
            A l'oumpro qu'es doun cau !
Nou, t'amasserey pas en garbéto poulido
            Per flouri lou men cô,
Pou ben é pou sourelh sérès bisté lassido.
            Migo ! qu'em hérès do !
 
                                                           25 octobre 1949
 
 
 
Discours prononcé par Roselyne NOEL, petite fille de Thérèse LARRE-NOEL, lors du vernissage de l'exposition "Sabazan, mon village" organisée par l'association La Cigale, le 18 octobre 2009.
 
C'est avec beaucoup d'émotion que je viens aujourd'hui, accompagnée de mes enfants et de toute ma famille, rendre hommage à cette grande dame qu'était ma grand-mère Thérèse LARRE-NOEL, petite par sa taille, immense pour toute la tendresse qu'irradiaient ses yeux clairs.
 
Ses poèmes sont témoins de l'amour qu'elle portait à sa terre et à ses gens. La nature n'avait pas de secret pour elle. Elle imitait si bien le chant des oiseaux qu'ils venaient, à son appel, se poser sur la fenêtre et manger dans sa main.
Sa maison avait l'arôme des fleurs des champs.
En effet, tous les jours, elle allait cueillir les plantes nécessaires à la guérison de nombreux malades venus de tous les coins du pays, afin de soulager leurs souffrances. Incalculables sont les personnes qui lui doivent leur guérison. Actuellement, ce don spécial est reconnu par la médecine et mis en pratique dans certains hôpitaux.
 
Très appréciée par l'Institut d'Etudes Occitanes de Toulouse, elle a maintenu durant plusieurs années une longue correspondance avec monsieur Marcel CAZA qui tenait à bien faire connaître ses poèmes par l'audition à la radio de Toulouse.
Egalement, la Société Archéologique et Historique du Gers à Eauze a contribué à la diffusion de nombreux ouvrages.
Dans la langue gasconne, elle a décrit les joies et les souffrances de sa famille et de son cher village Sabazan.
 
Mais il y a un poème qui, n'ayant jamais été écrit, est néanmoins le chef-d'oeuvre de sa vie. C'est celui qu'elle a imprimé dans le coeur de ceux qui l'aimaient et qui lui sont reconnaissants.
 
Pour terminer, je voudrais remercier tous ceux qui ont contribué à organiser cette exposition et en particulier Brigitte et Roland SOUSBIES, infatigables pour la réussite de cette journée.
Merci de tout coeur.
 
Roselyne NOEL
 
 
 
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