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Esotérisme, occultisme et mysticisme, quelles différences ?

L’ésotérisme est l’étude de ce qui est caché, voilé par les apparences et les formes. Plus exactement, c’est l’étude et la recherche des forces et des énergies qui animent le monde dans lequel nous évoluons. Dans ce sens, l’étude de l’âme appartient au domaine de l’ésotérisme puisque l’âme est ce qui est caché dans une forme.

Pour être complète, cette étude doit être un vécu intérieur, sans distanciation mentale entre le sujet d’études et celui qui étudie. Ainsi, pour avoir une vraie vision et une compréhension réelle de l’âme, l’étudiant doit vivre la vie et la conscience de l’âme. Il doit en ressentir l’énergie et être impactée par elle et il doit tendre à devenir de plus en plus cette âme. Sans cela, toute l’approche est faussée, fallacieuse et sans vie.

Par ailleurs, le travail de l’ésotériste est de faire descendre sur Terre les énergies supérieures. Plus il vit, comprend et utilise l’énergie de l’âme, plus il est à même de changer le monde qui l’entoure et d’élever la matière.

L'ésotérisme est l'art de "faire descendre sur terre" les énergies émanant des sources les plus hautes, puis de les y ancrer.

L’ésotérisme est lié à la lumière et à l’illumination. La matière est lumière, mais sa lumière n’est rien en comparaison de la lumière de l’âme. Quand la lumière de l’âme descend en contact avec la lumière de la matière, il se produit illumination et contamination. La matière est élevée.

Lorsque cette étude s’accompagne d’un véritable travail scientifique, c’est-à-dire faisant appel au mental, soutenu par un travail de conscience (ou de cœur) et de vécu personnel, alors apparaît un occultiste.

Le mystique ne s’occupe pas dans sa conscience d’énergies et de forces. Il cherche à vivre ce qui satisfait la soif de son âme, c’est-à-dire les qualités de Dieu. Ainsi, un mystique est tout à fait capable de vivre l’Amour divin, la Beauté ou la compassion, la bonté, la joie… Mais il est dans l’incapacité d’en comprendre les mécanismes. Il n’est ni dans le pourquoi des choses, ni dans le comment. Sa seule façon de faire partager ces qualités à d’autres est de les rayonner et / ou d’amener autrui, notamment par le biais de la méditation à vivre ses qualités.

Le mystique n’est pas un véritable créatif, cela ne veut pas dire qu’il n’établit pas un contact réel avec ce qui est supérieur, mais n’utilisant pas le mental, il n’est pas en mesure de changer le monde de façon aussi tangible que l’occultiste.

Le mystique symbolise le cœur. L’occultiste est le pas suivant, il est le cœur + la tête. Autrement dit, le mystique n'est pas nécessairement un occultiste, mais l'occultiste contient le mystique. Ainsi, à termes, tous les mystiques doivent devenir des occultistes.

Le mystique traite avec la vie évoluante ; l'occultiste avec la forme.

Le mystique traite avec le Dieu intérieur ; l'occultiste avec Dieu dans la manifestation extérieure.

Le mystique travaille du centre à la périphérie ; l'occultiste renverse le processus.

Le mystique monte par l'aspiration et une intense dévotion vers le Dieu intérieur ou le Maître qu'il reconnaît ; l'occultiste y parvient par la reconnaissance de la loi en action et par le maniement de la loi qui unit la matière et la rend conforme aux nécessités de la vie intérieure. L'occultiste parvient ainsi à ces Intelligences Qui travaillent avec la Loi, jusqu'à ce qu'il atteigne l'Intelligence fondamentale Elle-même.

Le mystique travaille par les Rayons d'Amour, d'Harmonie ou de Dévotion, ou par le sentier du second, quatrième et sixième rayons. L'occultiste œuvre par les Rayons du Pouvoir, de l'Activité et de la Loi Cérémonielle ou le premier, le troisième et le septième. Tous les deux se rencontrent et s'unissent par le développement mental, ou par le cinquième Rayon de la Connaissance Concrète (un fragment de l'intelligence cosmique), et sur ce cinquième rayon, le mystique se fond dans l'occultiste et travaille alors avec tous les rayons.

En trouvant le royaume de Dieu en lui-même et par l'étude des lois de son être, le mystique devient alors versé dans les lois qui gouvernent l'Univers dont il est une partie. L'occultiste reconnaît le royaume de Dieu dans la nature ou le système, il se regarde comme une petite partie de ce grand Tout, et par conséquent gouverné par les mêmes lois. (…)

Le mystique cherche à travailler de l'émotionnel à l'intuitionnel et de là, à la Monade ou Esprit. L'occultiste travaille du physique au mental et de là, à l'Atma ou Esprit. L'un emploie la ligne de l'amour ; l'autre celle de la volonté. Le mystique échouera dans le dessein de son être, celui de l'amour dans l'action, à moins qu'il ne coordonne le tout par l'emploi de la volonté intelligente. C'est pourquoi il doit devenir l'occultiste.

De même l'occultiste échoue et devient seulement un représentant égoïste du pouvoir travaillant par l'intelligence, à moins qu'il ne trouve un but pour cette volonté et cette connaissance, par la stimulation d'un amour qui lui donnera un mobile suffisant pour tout ce qu'il recherche.

Lettres sur la Méditation Occulte p 155-157.

 
La véritable étude de l'occultisme est l'étude du pourquoi et du comment des phénomènes. C'est la découverte de la méthode par laquelle des résultats sont obtenus, et elle implique une analyse étroite des événements et des circonstances, en vue de découvrir les lois qui les gouvernent.

Lettres sur la Méditation Occulte p 207.

A partir de phénomènes perçus objectivement, l’occultiste remonte au monde des causes et des principes, ce faisant, il entre dans un monde de forces et d’énergies, jusqu’à atteindre la signification de ce qui est. Il est en contact avec ce qui est de l’ordre de l’Universel, du grand Tout, au-delà de sa petite personne. Un tel travail le rend capable d’expliquer la vie et l’idée qui se trouve à la base des forces qu’il a perçu et de reproduire le phénomène perçu. Il en ressort donc une capacité à formuler une loi, un modèle, une équation, à créer et à inventer des objets qui font évoluer l’humanité, tant dans son aspect matériel, que mental, mais aussi et surtout au niveau de la conscience.

Par exemple, la capacité à comprendre et manier l’électricité, à faire voler un avion, à détecter et utiliser les ondes radio… étaient, il n’y a pas si longtemps que cela de l’ordre de l’ésotérisme. Il a fallu des esprits brillants, inspirés, capables de percevoir certaines des lois fondamentales de fonctionnement de notre univers pour être en capacité de manier ces énergies et à partir de là, d’en créer quelque chose.

L'approche de base, pour tous ceux qui s'efforcent de saisir l'ésotérisme ou de l'enseigner, est de mettre l'accent sur le monde des énergies et de reconnaître que, derrière tous les événements du monde des phénomènes (par là, je désigne les trois mondes de l'évolution humaine), il existe un monde d'énergies ; ces dernières sont extrêmement diverses et complexes, mais toutes se meuvent et fonctionnent selon la Loi de Cause à Effet. Il est donc à peine nécessaire que j'indique la nature très pratique de cette définition, son applicabilité à la vie de l'aspirant, à la vie de la communauté, aux affaires mondiales, ou aux niveaux immédiats des énergies spirituelles expérimentales qui cherchent constamment l'impact ou le contact du monde des phénomènes. Elles le font, sous direction spirituelle, afin de mettre en œuvre le Plan. La déclaration ci-dessus est d'importance fondamentale, elle contient implicitement toutes les autres définitions ; c'est la première vérité importante concernant l'ésotérisme, qui doit être apprise et appliquée, par chaque étudiant, au mystère et à l'universalité de ce qui fait mouvoir les mondes et sous-tend le processus de l'évolution.

La première tâche de l'ésotériste est de comprendre la nature des énergies qui cherchent à le conditionner, et qui aboutissent à l'expression sur le plan physique par l'intermédiaire des moyens dont il est doué, son véhicule de manifestation. L'étudiant de l'ésotérisme doit donc saisir :

1. Qu'il est un agrégat de forces héritées, façonnées par ce qu'il a été, auquel s'ajoute une grande force antagoniste qui n'est pas un principe et que nous appelons le corps physique.

2. Qu'il est sensible à certaines énergies inconnues de lui, inutilisables par lui, et dont il devrait prendre conscience de plus en plus s'il veut pénétrer plus profondément dans le monde des forces cachées. Il peut s'agir d'énergies qui, pour lui, seraient mauvaises et qu'il lui faut discerner et rejeter ; il en est d'autres qu'il doit apprendre à utiliser, car elles se révéleraient bénéfiques, accroîtraient sa connaissance, et devraient être considérées comme bonnes. Cependant, gardez bien à l'esprit que les énergies en soi ne sont ni bonnes ni mauvaises. La Grande Loge Blanche, notre Hiérarchie spirituelle, et la Loge Noire emploient les mêmes énergies universelles, mais avec des motifs et des objectifs différents ; les deux groupes sont constitués d'ésotéristes compétents.

L'ésotériste en cours d'entraînement doit donc :

1. Prendre conscience de la nature des forces qui constituent les moyens de sa personnalité, et qu'il a lui-même amenées magnétiquement à l'expression dans les trois mondes. Elles forment une combinaison de forces actives. Il doit apprendre à distinguer l'énergie strictement physique, qui réagit automatiquement à d'autres énergies intérieures, de celles qui émanent des niveaux de conscience émotionnels et mentaux ; ces dernières se focalisent dans le corps éthérique qui, à son tour, provoque certaines activités de son véhicule physique, en le motivant et en le galvanisant.

2. Devenir sensible aux énergies déterminantes de l'âme émanant des niveaux mentaux supérieurs. Elles cherchent à maîtriser les forces de l'homme triple quand un point précis d'évolution est atteint.

3. Reconnaître les énergies qui conditionnent son entourage, les envisageant non comme des événements ou des circonstances, mais comme de l'énergie en action. De cette façon, il apprend à pénétrer derrière la scène des événements extérieurs, dans le monde des énergies ; il y recherche le contact et les qualifications pour certaines activités. Il réussit ainsi à entrer dans le monde des causes. Les événements, les circonstances et les phénomènes physiques de toutes sortes sont simplement des symboles de ce qui arrive dans les mondes intérieurs, et c'est dans ces mondes que l'ésotériste doit pénétrer, autant que sa perception le lui permet. Il découvrira successivement des mondes qui feront appel à sa capacité d'investigation scientifique.

4. Pour la majorité des étudiants, la Hiérarchie elle-même reste un domaine ésotérique qui demande à être découvert, et qui acceptera d'être pénétré. Je choisis mes mots avec soin, afin de susciter chez vous une réaction ésotérique.

Education dans le Nouvel Age p 51 à 53.

… celui qui aide véritablement le Plan est celui qui a la vision de ce qu'il peut être dans ce cycle de vie, mais qui, également, peut apercevoir le stade, petit et immédiat, juste devant lui. C'est là qu'est la différence entre le mystique et l'occultiste. L’Etat de Disciple dans le Nouvel Age Vol. I p 193.

Les notes-clés que le mystique reconnaît à présent et que l'écrivain et le penseur religieux sont prêts à admettre sont celles du sentiment de l'existence divine, de la sensibilité à celle-ci, de la reconnaissance d'une vision de Dieu qui suffira à satisfaire le besoin de l'individu et ainsi à apporter soulagement, paix et compréhension, et la conception de la divinité extérieure et intérieure. Ils sont prêts à admettre en outre les rapports de l'homme avec un certain Facteur extérieur appelé Dieu, ou le Soi, ou le Christ. Cette attitude est toujours teintée d'un sens de dualité ; elle conduit à la réalisation de l'union, union dont les relations du mariage restent le symbole et l'illustration les meilleurs ainsi que les ouvrages des mystiques de toutes les périodes et de toutes les nationalités en témoignent, et qui préservent encore la conscience des deux identités.

Les notes-clés de la vie occulte ont été (et avec raison) les notes de la connaissance, de l'approche mentale du problème de la divinité, de la reconnaissance de l'immanence divine et du fait que "tel qu'Il est, ainsi sommes-nous". Il n'y a, toutefois, aucun sens de dualité. Le but est la réalisation d'une telle identification approuvée et appréciée que l'homme devient ce qu'il est, un Dieu et finalement Dieu en manifestation. Ceci n'est pas la même chose que l'union mystique.

Et cependant, tout le thème est mystique et foncièrement subjectif. Le temps viendra où le mystique appréciera et suivra la voie de la tête et non plus seulement la voie du coeur. Il apprendra à comprendre qu'il doit perdre son sens du Bien-Aimé dans la connaissance que lui et le bien-aimé sont un et que la vision doit disparaître et disparaîtra au fur et à mesure qu'il la transcendera (notez cette phrase) dans les plus vastes processus d'identification au moyen de l'initiation.

L'occultiste, à son tour, doit apprendre à faire entrer l'expérience mystique en une conscience pleinement compréhensive, en tant qu'exercice de récapitulation, avant de la transcender et de passer à une synthèse et à une inclusion dont l'approche mystique n'est que le commencement et dont le mystique reste inconscient.

Le mystique est trop enclin à avoir le sentiment que l'occultiste surestime le chemin de la connaissance et il répète à satiété que le mental est le destructeur du réel et que l'intellect ne lui apporte rien. L'occultiste est également enclin à mépriser la voie mystique et à considérer la méthode mystique comme "se trouvant loin derrière lui". Mais tous les deux doivent apprendre à fouler le chemin de la sagesse. Le mystique doit devenir l'occultiste et le deviendra, et cela, qu'il aime le processus ou non. Il ne peut, à longue échéance, y échapper, mais l'occultiste n'est pas un véritable occultiste tant qu'il n'a pas redécouvert l'expérience mystique et qu'il ne l'a pas traduite en termes de synthèse. Notez la structure des mots que j'utilise dans ce dernier paragraphe car elle sert à éclaircir le problème.
Traité sur les 7 Rayons Vol. II p 499-500.
 
On s'aperçoit ainsi que les deux voies sont essentielles ; la voie mystique est celle de la majorité actuellement, et un nombre important et croissant de mystiques vont se dégager des masses modernes ; parallèlement, la voie occulte attire de plus en plus le monde de l'intelligentsia. Son expérience n'est pas fondamentalement religieuse, au sens où l'entend l'homme d'Eglise traditionnelle. La voie de la science est aussi profondément nécessaire à l'humanité que la voie de la religion, car on trouve "Dieu" également sur ces deux voies. La voie scientifique conduit l'aspirant dans le monde des énergies et des forces qui est le véritable monde de l'effort occulte, révélant le Mental universel et le fonctionnement de cette grande Intelligence qui créa l'univers manifesté.
Traité sur les 7 Rayons Vol. V p 536.
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