Activités et enseignements

L’Antenne clinique de Mons s’inscrit dans un réseau plus large dont l’horizon est à la fois national, avec la Section clinique de Bruxelles et international, avec les Sections cliniques de Paris, Barcelone et Madrid. Ces structures ont pour but d’assurer un enseignement fondamental de psychanalyse, tant théorique que clinique, qui s’adresse aussi bien aux travailleurs de la « Santé mentale », psychiatres, médecins, psychologues, orthophonistes, éducateurs, infirmiers, etc., qu’aux universitaires, et aux psychanalystes.

Participer à l’Antenne clinique n’habilite pas à l’exercice de la psychanalyse.

Le programme comprend le cours à Mons, l’élucidation des pratiques de thérapie à Mons, la présentation de cas à Tournai, ainsi que le cours d'introduction du Samedi matin à Bruxelles. Accès gratuit aux cycles de conférences à Bruxelles et au Collège Clinique de Lille.

Thème de travail // L’urgence dans la clinique

Le Cours : Psychoses et institution : Quelle place pour l’inconscient ? (Mons)

Enseignants : Béatrice Brault-Lebrun, Philippe Hellebois, Dominique Holvoet, Jean-François Lebrun, Guy Poblome

Les 16 oct, 20 nov, 11 déc, 15 jan., 11 mars, 22 avril, 13 mai de 19h00 à 21h00, suivi des travaux pratiques

Ateliers de la Fucam, rue des Sœurs noires, 2, 7000 Mons

Arguments :

Les institutions spécialisées accueillent des sujets toujours plus désarrimés qui laissent les professionnels bien démunis devant des symptômes résistant aux discours éducatifs, aux soins bienveillants, voire aux méthodes contraignantes.

En découvrant l’inconscient à l’orée du XXè siècle Freud installe un espace inédit pour une liberté de parole qui trouve sa contrainte en elle-même. On peut parler autant qu’on veut laissant apparaître quelque chose qui échappe au discours et ne peut se saisir qu’en ménageant une place aux symptômes, soit ce qui cloche et dérange l’ordre public. Le symptôme deviendra le point de repère de la clinique psychanalytique, non comme un dérangement à éradiquer mais comme une perturbation propre à l’humanité de chaque être parlant, et qui fonde sa singularité.

Avec le Dr Lacan la psychanalyse a pu aborder le champ clinique des sujets désinsérés à partir de la traduction de l’inconscient freudien comme bévue, ratage propre à chacun. Finalement tout le monde délire. Au-delà de l’inconscient porteur des significations du symptôme, il y a une bévue fondamentale qui désorganise le destin de chaque être parlant. Il n’y a pas de destin fixé, il n’y a que des rencontres bonnes et mauvaises qui donnent chance, si l’on saisit l’opportunité d’une rencontre – ce que nous nommons transfert – à un arrimage sérieux et pérenne.

A partir du belvédère de la clinique des psychoses nous étudierons la place qui peut être faite à l’inconscient lacanien comme montage discursif organisé autour d’une bévue fondamentale que Lacan nomme sinthome. Nous apprendrons à repérer ce qui fait symptôme pour un sujet et la manière dont il peut organiser son univers de discours pour s’arrimer non pas à l’institution qui porte le discours du maître mais à sa fiction à lui, faite de bric et de broc. Les concepts psychanalytiques nous serviront de garde-fou fiable dans un champ psycho-éducatif déboussolé qui cherche toujours plus son chemin du côté d’une science sans sujet.

Elucidation des pratiques (Mons)

Enseignants : Béatrice Brault-Lebrun, Philippe Hellebois, Dominique Holvoet, Jean-François Lebrun, Guy Poblome

Les 16 oct, 20 nov, 11 déc, 15 jan., 11 mars, 22 avril, 13 mai de 21h00 à 22 h00

Ateliers de la Fucam, rue des Sœurs noires, 2, 7000 Mons

Argument :

L’éthique de la psychanalyse implique de prendre la clinique à partir du cas, et non pas des classifications et des évaluations qui visent à faire rentrer chacun dans des petites cases. Le travail de construction du cas est un effort de bien dire, de nomination, un effort de saisie par le langage de ce qui arrive à un sujet. Cette construction logique du cas n’est cependant pas suffisante. Il y a quelque chose qui lui échappe, qui tient à un impossible à dire et qui inscrit un trou. C’est la place de la jouissance ; elle concerne au plus près la différence absolue, le point de singularité même du sujet.

Enfin, pour qu’un cas soit un cas, il reste encore la mise du praticien, de son désir, et la façon dont il s’affronte au réel en jeu. Ces trois points – construction logique, place de la jouissance, désir du praticien – nous guideront pour aborder les cas présentés par les participants. Comme ils sont issus le plus souvent de leur pratique en institution, nous accorderons une attention particulière aux psychoses, à l’autisme ainsi qu’à la pratique à plusieurs.


Les Présentations (Tournai)

Enseignants : Philippe Hellebois, Dominique Holvoet, Véronique Mariage

Hôpital Les Marronniers, rue Despars, 94 à 7500 Tournai

Les 18/10, 22/11, 13/12, 17/01, 21/02, 20/03, 15/05 de 9h30 à 11h30

Argument :

Un patient hospitalisé est invité à témoigner de son parcours de vie en dialogue avec un psychanalyste extérieur au service. L'entretien met en évidence la trame de son existence et les difficultés, les impasses auxquelles il s'affronte. En éclairant les choses d’une façon absolument nouvelle, la présentation a un effet d’enseignement aussi bien pour le patient que pour l’assistance. Cet effet d’enseignement tient principalement dans la révélation de la singularité du sujet au-delà du cas. Si les cas peuvent se comparer, la singularité est par contre irréductible à chacun. Elle constitue ce que chaque cas a de plus sérieux, et partant de plus précieux. Et c’est seulement en prenant appui sur celle-ci que nous pourrons élaborer avec le patient les réponses ajustées à ce qui lui est arrivé.


Conférences du Champ freudien (Bruxelles)

"L’inconscient en psychanalyse"

12 octobre 2019 : "Pousse-toi de là que je m’y mette" Antonio Di Ciaccia, psychanalyste à Rome

7 décembre 2019 : Virginie Leblanc, psychanalyste à Lille

11 janvier 2019 : Sonia Chiriaco à Paris

21 mars 2019 Patrick Monribot à Bordeaux

Les conférences se tiennent les samedis de 15h00 à 17h15 à la Maison des Associations Internationales - rue Washington, 40 - 1050 Bruxelles — inclus dans l’inscription à l'Antenne Clinique de Mons


Cycle d'introduction à la lecture de Freud et Lacan (Bruxelles)

Sept samedis matins (12 oct., 9 nov., 7 déc. 2018, 11 janv., 7 mars, 21 mars et 9 mai 2020)

Lieu : Maison des Associations Internationales — rue Washington, 40 — 1050 Bruxelles ; excepté les cours du 9 mai qui auront lieu au local de l’ACF, Rue Defacqz, 16 à 1000 Bruxelles

9h-10h30 : Gil Caroz, Yves Vanderveken et Alfredo Zenoni

Des formations au réel de l’inconscient

L’inconscient est le premier des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse puisque c’est d’abord par une relecture de l’inconscient que Lacan effectue le « retour à Freud ». Une reprise de l’analyse des formations de l’inconscient, tels que Freud la déploie dans les grands livres du début, permet à Lacan de mettre en lumière la dépendance de la pensée refoulée par rapport à la matière signifiante de ces formations. C’est « l’inconscient structuré comme un langage ». Dans un deuxième temps, Lacan fait remarquer que ce qui est refoulé n’est pas un être actuel, mais un être virtuel, qui est à l’état du possible et qui apparaîtra ou non. L’inconscient, c’est une hypothèse. C’est pourquoi il va désigner l’être du sujet de l’inconscient comme un « manque à être », mieux dit en anglais comme un « want to be », qui laisse entendre ce que Lacan appelle, en ce deuxième temps, le statut « étique » de l’inconscient. Enfin, à partir de ce que Freud lui-même avait rencontré comme persistance du symptôme, comme « reste symptomatique », malgré l’interprétation, Lacan va isoler une dimension de jouissance qui ne peut se résorber dans le sens, celle d’une jouissance inéliminable qui l’amènera à parler d’un inconscient réel ou d’un réel de l’inconscient.

10h30-12h : Alexandre Stevens, Bruno de Halleux et Monique Kusnierek

Vers l’inconscient réel

À partir des chapitres consacrés à l'inconscient dans le Séminaire XI – nous prendrons ce séminaire comme texte de référence pour cette année – nous suivrons le concept de l’inconscient, tel qu’il se présente chez Freud et dans différents moments de l’enseignement de Lacan.

Cela nous conduira à nous poser un certain nombre de questions.

– Ainsi, pourquoi Lacan dit-il de l’inconscient freudien qu’il est structuré comme un langage, alors même que Freud ne disposait pas encore des apports de la linguistique ?

– Aborder l’inconscient par la structure d’une béance nous ouvre-t-il la voie à saisir le un de la fente, du trait, de la rupture ?

– Ce Un de l’Unbewuste préfigure-t-il le noyau, l’ombilic, « le nombril, le centre d’inconnu » qui anticipe le passage de l’inconscient transférentiel à l’inconscient réel ?

– Y a-t-il une différence, et si oui quelle est-elle, entre l'abord de l’inconscient dans le Séminaire XI, saisi en 1964 à partir de ce qui cloche entre la cause et ce qu’elle affecte[1] et l’inconscient réel épinglé en 1976, entre deux incises, dans la Préface à l’édition anglaise[2] du Séminaire XI?

[1] Séminaire XI, p. 25

[2] Autres écrits, p. 571.