l'Intelligence artificielle ou I.A


PUBLIER - 26/10/2019 -

L'intelligence artificielle (IA) est « l'ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence ». Elle correspond donc à un ensemble de concepts et de technologies plus qu'à une discipline autonome constituée. D'autres, remarquant la définition peu précise de l'IA, notamment la CNIL, introduisent ce sujet comme « le grand mythe de notre temps ».

Souvent classée dans le groupe des sciences cognitives, elle fait appel à la neurobiologie computationnelle (particulièrement aux réseaux neuronaux), à la logique mathématique (partie des mathématiques et de la philosophie) et à l'informatique. 

Elle recherche des méthodes de résolution de problèmes à forte complexité logique ou algorithmique. Par extension elle désigne, dans le langage courant, les dispositifs imitant ou remplaçant l'homme dans certaines mises en œuvre de ses fonctions cognitives.

[Comment ça marche ?] Qu’est-ce que l’intelligence artificielle (IA) ?

[Comment ça marche ?] Qu’est-ce que l’intelligence artificielle (IA) ?


Ses finalités et son développement suscitent, depuis toujours, de nombreuses interprétations, fantasmes ou inquiétudes s'exprimant tant dans les récits ou films de science-fiction que dans les essais philosophiques. 

La réalité semble encore tenir l'intelligence artificielle loin des performances du vivant ; ainsi, l'IA reste encore bien inférieure au chat dans toutes ses aptitudes naturelles.


Définition

Le terme « intelligence artificielle », créé par John McCarthy, est souvent abrégé par le sigle « IA » (ou « AI » en anglais, pour Artificial Intelligence). Il est défini par l’un de ses créateurs, Marvin Lee Minsky, comme « la construction de programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui sont, pour l’instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique »a,. On y trouve donc le côté « artificiel » atteint par l'usage des ordinateurs ou de processus électroniques élaborés et le côté « intelligence » associé à son but d'imiter le comportement. Cette imitation peut se faire dans le raisonnement, par exemple dans les jeux ou la pratique des mathématiques, dans la compréhension des langues naturelles, dans la perception : visuelle (interprétation des images et des scènes), auditive (compréhension du langage parlé) ou par d'autres capteurs, dans la commande d'un robot dans un milieu inconnu ou hostile.

Même si elles respectent globalement la définition de Minsky, il existe un certain nombre de définitions différentes de l'IA qui varient sur deux points fondamentaux :

Pourquoi l’intelligence artificielle a besoin d’éthique

les définitions qui lient l'IA à un aspect humain de l'intelligence, et celles qui la lient à un modèle idéal d'intelligence, non forcément humaine, nommée rationalité ;
les définitions qui insistent sur le fait que l'IA a pour but d'avoir toutes les apparences de l'intelligence (humaine ou rationnelle), et celles qui insistent sur le fait que le fonctionnement interne du système d'IA doit ressembler également à celui de l'être humain et être au moins aussi rationnel.


Historique

 - Création et développement -

Historiquement, l'idée d'intelligence artificielle semble émerger dans les années 1950 quand Alan Turing se demande si une machine peut « penser ». Dans un article « Computing Machinery and Intelligence » (Mind, octobre 1950) Turing explore ce problème et propose une expérience (maintenant dite test de Turing) visant à trouver à partir de quand une machine deviendrait « consciente ». Il développe ensuite cette idée dans plusieurs forums, dans la conférence « L'intelligence de la machine, une idée hérétique », dans la conférence qu'il donne à la BBC 3e programme le 15 mai 1951 « Les calculateurs numériques peuvent-ils penser ? » ou la discussion avec M.H.A. Newman, Sir Geoffrey Jefferson et R.B. Braithwaite les 14 et 23 janvier 1952 sur le thème « Les ordinateurs peuvent-ils penser ? ».

Une autre origine probable est la publication, en 1949, par Warren Weaver d'un mémorandum sur la traduction automatique des langues qui suggère qu'une machine puisse faire une tâche qui relève typiquement de l'intelligence humaine.

Le développement des technologies informatiques (puissance de calcul) aboutit ensuite à plusieurs avancées :

dans les années 1980, l'apprentissage automatique (« Machine Learning ») se développe. L'ordinateur commence à déduire des « règles à suivre » rien qu'en analysant des données ;
parallèlement, des algorithmes « apprenants » sont créés qui préfigurent les futurs réseaux de neurones, l'apprentissage par renforcement, les machines à vecteurs de support, etc.). Ceci permet par exemple en mai 1997 à l’ordinateur Deep Blue de battre Garry Kasparov au jeu d'échecs ;
l'intelligence artificielle devient un domaine de recherche international, marquée par une conférence au Dartmouth College à l’été 1956 à laquelle assistaient ceux qui vont marquer la discipline ;
depuis les années 1980, la recherche se fait principalement aux États-Unis, notamment à l'université Stanford sous l'impulsion de John McCarthy, au MIT sous celle de Marvin Minsky, à l'université Carnegie-Mellon sous celle de Allen Newell et Herbert Simon et à l'université d'Édimbourg sous celle de Donald Michie, en Europe et en Chine. En France, l'un des pionniers est Jacques Pitrat ;
dans les années 2000, le Web2.0, le big data et de nouvelles puissances et infrastructures de calcul, permettent à certains ordinateurs d'explorer des masses de données sans précédent ; c'est l'apprentissage profond deep learning »).
Les bornes de ce domaine varient, ainsi optimiser un itinéraire était considéré comme un problème d'intelligence artificielle dans les années 1950, et n'est plus considéré aujourd’hui que comme un simple problème d'algorithme.

Vers 2015, le secteur de l'intelligence artificielle cherche à relever trois défis : la perception de l'environnement, la compréhension d’une situation et la prise de décision par une IA. Produire et organiser des données massives et de qualité, c'est-à-dire corrélées, complètes, qualifiées (sourcées, datées, géo-référencées...), historiées est un autre enjeu. Et la capacité déductive et de généralisation pertinente d'un ordinateur, à partir de peu de données ou d'un faible nombre d’événements, est un autre objectif, plus lointain.

Entre 2010 et 2017, les investissements auraient été décuplés, dépassant de 5 milliards d’euros en 2017.

Vidéo Interview ci dessous: d’où vient le concept d’intelligence artificielle ?
L’intelligence artificielle vise à mimer le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Futura-Sciences est parti à la rencontre de Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) afin de mieux comprendre d’où vient ce concept. 

Précurseurs

Si les progrès de l’intelligence artificielle sont récents, ce thème de réflexion est tout à fait ancien, et il apparaît régulièrement au cours de l’histoire. Les premiers signes d’intérêt pour une intelligence artificielle et les principaux précurseurs de cette discipline sont les suivants.



Avec ses trois essais, « Sapiens... », « Homo deus... » et « 21 leçons pour le XXIe siècle », Yuval Noah Harari caracole en tête des ventes depuis quatre ans. Nous avons rencontré le philosophe israélien pour une discussion sur l’état du monde.

Paris Match. Votre pensée tient sur un postulat très clivant : il faut remettre en cause la question de la croyance. Vraiment ?
Yuval Noah Harari. 
Les grandes questions sont : pourquoi y a-t-il tant de souffrances dans le monde ? Que peut-on y faire ? Beaucoup de gens y répondent avec la religion. Les musulmans croient à une histoire, les juifs à une autre, les chrétiens à encore une autre. Ils ne peuvent tous avoir raison. C’est tellement simple de penser que notre culture est la plus importante au monde, qu’elle domine l’histoire mondiale, qu’elle apporte des réponses. Mettre cela en question est toujours compliqué. Car si vous commencez à en douter, vous vous retrouvez dans une forme d’incertitude et de chaos. Or, plus on avance, plus on apprend. L’Univers existe depuis 14 milliards d’années, les humains sont là depuis plus de 2 millions d’années. Donc comment l’histoire d’un peuple dans une partie de cet Univers pourrait avoir la réponse à tout ? Comment se fait-il que des millions de gens croient à ces fictions et vivent dans l’illusion ?

Parce que nous vivons en pleine ignorance ?
Peut-être, mais quand un adolescent commence à remettre en cause la fiction dans laquelle il a été élevé, à laquelle il croit vraiment, que fait-il ? Croire très fort en quelque chose est-il la preuve que c’est vrai ? Mon questionnement n’est pas une forme de protestation, mais une conviction profonde, un désir réel de réponses.

Notre société fait que les gens ont besoin d’une histoire à laquelle croire, sinon ils sont perdus

Comment en vient-on à croire à de fausses idées ? A partir en Syrie pour le dijhad ?
La force de la croyance a peu à voir avec la vérité de l’histoire à laquelle vous adhérez. Les humains ont besoin d’un récit pour comprendre le monde. Nous sommes des animaux qui racontent des histoires, nous ne comprenons le monde qu’à travers elles. Il n’y a pas besoin de Dieu pour cela. Prenez le communisme dans les années 1920, le mouvement n’était porté par aucun dieu mais provoquait le même phénomène : des convictions extrêmement fortes qui poussaient certains à commettre d’atroces violences, à sacrifier leur propre vie et à tuer d’autres êtres humains. La religion n’est que l’une des options. Notre société fait que les gens ont besoin d’une histoire à laquelle croire, sinon ils sont perdus.

La solution pour mettre fin aux conflits serait donc d’inventer de nouveaux récits auxquels nous devrions adhérer ?
Pourquoi pas ? Prenez les guerres de religion en France au XVIe siècle entre huguenots et catholiques. Rien n’a vraiment été réglé, mais les catholiques et les protestants vivent en paix, même s’ils ne sont pas toujours d’accord sur l’origine de la naissance du Christ. Mais l’histoire commune française est désormais plus importante. Etre français est plus important qu’être catholique ou protestant.

Cette logique est-elle applicable au conflit Israélo-Palestinien ?
Je ne suis pas très optimiste, car je ne vois pas d’histoire commune se dessiner entre les deux peuples. Et aucune des parties ne me semble prête à abandonner la sienne au profit d’une nouvelle. C’est la même chose avec l’Union européenne : on tente d’inventer une narration commune, qui aurait ses raisons d’être, mais tout le monde n’est pas d’accord pour y croire.

Pourquoi tant de gens veulent sortir de l’Europe, selon vous ?
Parce qu’ils oublient un peu vite les deux guerres mondiales. Ils voient la paix en Europe comme une forme de stabilité, ce qui est sa plus grande réussite, mais préfèrent se concentrer sur les problèmes d’immigration ou d’économie. Si l’Europe s’effondre, que chaque nation décide de se tourner sur elle-même, on assistera sans aucun doute au retour de conflits, des Balkans à l’Irlande. Si le nationalisme signifie, au contraire, prendre soin de la sécurité de son peuple, alors un bon nationaliste est celui qui saura s’intégrer dans la marche du monde. Pour justement défendre ses intérêts au sein d’une entité plus globale. On ne peut pas protéger sa population d’une guerre nucléaire sans avoir passé des accords avec d’autres pays. Le réchauffement climatique ne s’arrête pas aux frontières. Sans accord global, nous ne parviendrons pas à le réguler. Mais le défi le plus important qui nous attend est celui de l’intelligence artificielle, qui ne pourra être relevé qu’avec une Union forte.


Vous parlez même de danger à propos de l’intelligence artificielle. Pourquoi ?
Un exemple : on développe actuellement des robots tueurs, qui peuvent assassiner n’importe qui sans l’autorisation d’un être humain. Si la France dit “C’est une mauvaise idée” mais que les Américains ou les Chinois croient à son bien-fondé, que pèsera la voix de la France ? Elle devra se résoudre à la développer pour se protéger. Seule l’Europe peut empêcher cela. Sans accord global, aucun pays n’y renoncera de lui-même. La science va bientôt permettre de créer des “super-humains”. Là aussi, si tout le monde ne s’accorde pas à penser que c’est une mauvaise idée, comment l’éviter ?

Ces super-humains existent dans les films, qu’ils soient Avengers ou X-Men. Pourquoi dites-vous ne pas aimer ces personnages ?
Dans toutes ces fictions, on voit beaucoup de robots qui se rebellent contre les humains. Or, cela ne risque pas d’arriver. Nous n’avons pas d’exemple actuel de développement de la conscience artificielle, on assiste au contraire à celui de l’intelligence artificielle (IA). L’intelligence permet de résoudre des problèmes ; la conscience permet de ressentir la souffrance, le plaisir, l’amour ou la haine. Or, l’émergence de l’IA va laisser une partie des humains sur le carreau et créer une classe d’inutiles. 
Son autre danger est qu’elle va permettre la concentration des pouvoirs entre les mains de dictateurs, d’une élite 
|/ On en parle tout le temps de ces élites, et de ces dictateurs à la TV , et tout le monde s'en fout, et ça c'est pas une (théorie du complot) c'est la vérité  


Est-il encore temps d’agir ?
Maintenant, oui. Dans trente ans, il sera trop tard. Les nationalismes ne sont qu’une broutille face à ce grand danger. On se trompe de combat. Combien de temps le Royaume-Uni va-t-il passer sur le Brexit plutôt que de se préoccuper des vrais problèmes ? Le Brexit ne va en rien nous aider à lutter contre les guerres nucléaires, contre le réchauffement climatique, ni à réguler l’IA. On consacre trop de temps à un sujet secondaire. Dans vingt ans, on se dira : “Pourquoi n’avons-nous pas organisé l’intelligence artificielle ?” Et la réponse sera : “Parce qu’on s’occupait du Brexit.” En Chine, l’IA est une préoccupation majeure parce que les dirigeants ont pris conscience du problème. Tous les pays européens se sont endormis sur ce sujet.

Vous affirmez même que Xi Jinping est le nouvel Obama…
Dans un sens, oui. Du temps d’Obama, l’Amérique s’est vue comme le leader de la lutte contre le changement climatique. Puis Trump est arrivé et a tout rayé d’un trait de plume, se retirant même de l’Unesco. Il a ainsi clairement affirmé que les Etats-Unis n’étaient plus un pays leader, voulant se recentrer sur ses propres difficultés. Laissant le champ libre à Xi Jinping, qui s’est emparé des thématiques majeures du moment. La Chine se comporte en adulte qui prend à bras-le-corps la question du changement climatique, des accords globaux nécessaires pour parvenir à l’endiguer. Evidemment, cela est fait avec beaucoup d’arrière-pensées politiques. Mais elle s’est positionnée comme un pays pionnier sur ce sujet. Au moment où l’Amérique bat en retraite.

Ce retournement n’est-il pas l’exemple le plus ironique du monde dans lequel nous vivons ?
Que Xi Jinping et la Chine deviennent des leaders sur la scène internationale, oui, bien sûr. Mais cela découle de la volonté américaine. Depuis deux ans, les Etats-Unis attaquent le Canada, l’Allemagne, leurs alliés historiques, et vantent les mérites de la Corée du Nord ou de la Russie. C’est une folie de s’en prendre à ses amis car vous avez toujours besoin d’amis. Je n’ai pas de réponse, on ne parle même plus de valeurs dans ce cas. Pourquoi créer des conflits avec ses partenaires ? C’est une question qu’il faudrait poser à Donald Trump. Mais j’ai cru comprendre qu’il préférait Twitter ! Il rit. ]

Qu’est-ce qui vous pousse encore à écrire ?
C’est pour répondre aux questions que les gens se posent. Mon travail en tant que scientifique est d’apporter plus de clarté sur les sujets qui agitent notre planète. Je n’ai pas de réponse à donner sur tout, je ne sais pas comment juguler la crise économique en France, par exemple. Mais je tente de faire un peu la lumière sur tous ces problèmes. Car, quand on pose les bonnes questions, on a déjà fait la moitié du chemin.

Etes-vous optimiste sur l’évolution de l’humanité ?
Je ne sais pas. Je ne peux que constater que l’humanité a réussi à surmonter de nombreuses crises. Dans les années 1960, tout le monde craignait la guerre froide, qui aurait pu se transformer en guerre nucléaire, éradiquant une bonne partie de la population. La paix a fini par triompher. L’homme est capable de prendre les bonnes décisions. La famine a longtemps semblé un fléau insurmontable. Depuis deux générations, on meurt plus de trop manger que de ne pas assez se nourrir. Les famines ne sont hélas que le résultat de politiques publiques, comme c’est le cas au Yémen. On ne manque pas de nourriture au Yémen, mais le gouvernement préfère voir son peuple mourir de faim. Nous ne pouvons pas dire qu’il nous est impossible de surmonter ces problèmes. Nous avons les moyens d’y parvenir.


 - SOURCE (LIEN)

Paris Match | Publié le 18/06/2019 à 01h00 - Interview Benjamin Locoge - Yuval Noah Harari  - Julien Weber/Paris Match


Parmi les applications les plus spectaculaires de l'intelligence artificielle, le jeu. Ici, la victoire du logiciel AlphaGo contre le champion du monde coréen de jeu de go. afp.com/JUNG YEON-JE

Personne ne peut plus lui échapper, et pourtant elle échappe largement à tout le monde: faut-il se méfier de l'intelligence artificielle?
Elle est déjà partout et ce n'est qu'un début: l'intelligence artificielle, ce mélange de puissance de calcul et de gigantesques bases de données, va nous devenir aussi indispensables que le moteur à essence - plus indispensable disent les plus acharnés. Elle pilotera bientôt nos voitures, répond déjà à nos questions sur nos smartphones et gérera sans doute notre maison, demain. Elle sert aussi à des buts moins louables, comme la surveillance généralisée ou la "notation sociale", mise en place en Chine. Cette semaine, L'Express fait la part du bon grain et de l'ivraie. Bruno D. Cot et Sébastien Julian, notamment, s'y sont collés. Ils répondent à nos questions. 


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Nous avons posé ces questions à Sébastien Julian et Bruno D. Cot

Quand on me parle d'intelligence artificielle, je ne peux m'empêcher de penser à Minority Report, le film de Spielberg, à Big Brother, bien sûr, aux Robots, cette série de romans de l'auteur de Sciences-fictions Isaac Asimov, à Black Mirror, la formidable et terrifiante série d'anticipation de Netflix, ou alors, plus ancré dans le réel, dans l'actualité, à la victoire d'AlphaGo, un programme signé Google, sur le champion de monde de jeu de go, au premier accident mortel d'une voiture autonome ou aux agissements coupables de Cambridge Analytica, cette société qui en manipulant des données personnelles volées à Facebook aurait contribué à la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. 
Et puis on lit le dossier que L'Express consacre cette semaine à l'IA, et on ajoute des questions aux questions, de l'inquiétude à l'inquiétude, malgré, ou à cause des bonnes feuilles, des extraits du dernier livre de Laurent Alexandre sur l'intelligence artificielle, qu'il cosigne avec Jean-François Copé, maire de Meaux et leader marginalisé des Républicains. L'intelligence artificielle, on en parle. Sébastien, tu écris qu'elle "s'apprête, comme Internet en son temps, à bouleverser notre quotidien". En quoi ?  

Une définition de l'intelligence artificielle ?
Pourquoi aujourd'hui, alors qu'on en parle depuis très longtemps ? Tu parles d'un "alignement exceptionnel de planètes" : qu'est-ce qui l'a rendu possible ?
Elle est déjà présente partout, l'intelligence artificielle : dans quels domaines tout particulièrement ?
Et demain ?

"Défi vertigineux" : pour l'économie, pour nos sociétés, pour la science. Qu'est-ce qu'elle change dans ces trois domaines ? 


En économie, la grande peur de l'intelligence artificielle, c'est qu'elle tue les emplois, avec les conséquences qu'on imagine, à la fois pour le niveau de vie et pour la convivialité, le vivre ensemble. Comment y répondre ?
Les défenseurs de l'IA nous expliquent qu'elle créera autant d'emplois qu'elle en détruira. On a du mal à y croire...
Pour l'instant, et à court terme, profite à deux grandes puissances, les Etats-Unis et la Chine. Quel rôle peut jouer l'Europe ? 
La France ?
C'est la grande crainte de Laurent Alexandre, qu'on leur laisse ce gigantesque marché, et le pouvoir correspondant. Il a raison d'avoir peur ?
Comment rattraper notre retard ?
Aujourd'hui, les Gafa dominent le monde. 
Donnez-moi une raison de croire qu'elles ne le domineront pas encore plus demain ?

L'intelligence artificielle pose des questions éthiques. Dont celle-ci : le jour où une voiture autonome devra choisir entre écraser deux piétons, lequel choisira-t-elle, et selon quelles règles ? 

Elle en pose d'autres : qui en profitera ? Une société à deux vitesses ?
La protection de la vie privée, dont on voit déjà qu'elle est très menacée ? Comment y répondre ?
La Chine ne se pose pas ces questions, qui classe et fiche déjà ses citoyens, qu'elle reconnaît automatiquement dans la rue. Ce n'est pas demain, ça, c'est aujourd'hui ?

Le défi scientifique : comment garder le contrôle, sur des intelligences dont on se dit qu'elles finiront par nous surpasser. C'est là que les réponses sont les plus optimistes... 

Un de vos interlocuteurs nous explique qu'il se passera vingt ou trente ans avant que soit disponible une "intelligence artificielle forte", capable de sortir de son strict domaine d'intervention. Vingt ou trente ans, c'est demain matin !
Qui nous protégera des apprentis sorciers ? Qui nous dit qu'ils ne vont pas créer des monstres incontrôlables, des terminators ?

Face à Jean-François Copé, Laurent Alexandre stigmatise "la nullité technologique des politiciens". Il a raison ? Les politiques sont largués ? 

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L'intelligence artificielle

Les athlètes dans la course aux données
Interfaces cerveau-machine : les folles promesses d'Elon Musk
"Discipliner le numérique"

Et nous, citoyens, comment peut-on faire ?
C'est apparu dans les premiers grands débats menés par Emmanuel Macron : la numérisation à marche forcée de l'administration et des services laisse sur le bord du chemin des tas de gens, et une partie d'entre eux l'ont dit sur les ronds-points en enfilant un gilet jaune. Cette fracture, elle va forcément s'accentuer...


Propos recueillis par Eric Mettout (avec Louis Coutel à la technique),
publié le 22/02/2019 à 16:57 - SOURCE - (LIEN)

               - SOURCES -

"L’intelligence artificielle est le 
plus grand danger qui nous guette"
L'intelligence artificielle, 
danger ou progrès?
Intelligence artificielle
Homo Deus : 
Une brève histoire de l'avenir

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