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Vietnam

Avril 2007, parcours du Sud au Nord du Vietnam
 
Le Vietnam est très certainement le pays où j'ai vu le plus de personnes jouer! Certes, les jeux sont toujours les mêmes, les classiques nationaux: jeux de cartes ("Phom" et Variante du "gang of Four") et Shogi, mais ce qui est étonnant, c'est de croiser des joueurs partout dans la rue!
Ainsi, l'on voir des gens joueur dans tous les squares, les cafés, des bancs publics, les étalages de marchés, et bien souvent à même le trottoir un peu n'importe où.
Juste une petite anecdote pour illustrer mon propos: sur une petite île au large de île de Katba, il n'y a que arbres sauvages, plage de sable blanc et parait-il quelques singes cachés. La seule petite touche de civilisation est une cahute pour vendre le strict nécessaire aux pêcheurs et touristes passant sur cet endroit paradisiaque: Des bouteilles d'eau, des clopes (...), et... des jeux de cartes!
 
Les partie de Shogi sont souvent accompagnée de nombreux spectateurs, avec une ambiance digne d'un combat de rue!
Lors des 3 semaines de balade, j'ai petit à petit appris les différents jeux de carets pratiqués (en tout cas, ceux que j'ai vu), c'est marrant de voir les petites différences de jeux suivant les villes, chaque groupe de joueur ayant ces habitudes.
 
Au Sud, le jeu qui semble le plus pratiqué est très proche du "Gang of four" (désolé, je n'ai pas retenu le nom en Vietnamien), avec un jeu de 34 cartes commun.
Souvent, les après midi, sur les marchés, il y a peu de client et les vendeurs tapent le carton. Ainsi, un après midi tranquille au marché couvert de Nha Trang, des commerçantes sympathique m'ont appris à jouer. Et cela sans un mot d'anglais échangé, c'est beaucoup plus pittoresque et sympa.
 
Au Nord, c'est le "Phom" qui l'emporte, qui utilise aussi un jeu de 34 cartes basique. J'ouvre une parenthèse sur la langue vietnamienne, qui est peu facile pour les touristes car il de nombreux tons. Ainsi, un vieux monsieur nous a gentiment expliqué que si l'on dit "ki" par exemple, ou "Key" en anglais, un Vietnamien pourra l'entendre de 7 façon différentes... Quand il nous cite "ki, ki, ki, ki, ki, ki, ki" (en tout cas, c'est ce que notre oreille entend), et ben lui, il entends 7 mots différents, qui peuvent aller de chaussure à cimetière ou encore un Prénom. Tout cela pour dire, que même si tout fier, après quelques discutions et rencontres sympathiques, je savais jouer au "Phom", il est bien plus difficile de le faire comprendre aux autochtones. J'ai beau répéter "phom" sur tous les tons que mon imagination peut engendrer, face aux regards interrogateurs (ou moqueurs..), j'ai donc assez vite opté pour le mime, en secouant mon jeu de carte toujours dans la poche! Mon oreille a beau me dire que les futurs compagnons de jeu ont répondu "Ahhhhh, Phom!", toujours est-il que ce n'est pas le Phom dit !
 
L'autre jeu pratiqué un peu partout est le Shogi (les échecs chinois). Bon, il faut avouer que je n'ai même pas tenté... Car pour moi, occidental moyen, il y a déjà un jeu dans le jeu: il faut reconnaître les pièces. Si aux échecs le cavalier à la forme d'un cheval et la tour d'une tour, au Shogi, les pièces sont toutes identique, avec le nom écrit dessus. Et donc leur nom est un idéogramme Chinois. C'est une question d'habitude, mais j'ai beau avoir trimbalé mon mini-shogi avec moi durant tout le séjour, je n'ai pas dépassé la "reconnaissance" des pièces! Alors de là à jouer... D'autant plus que vu leur assiduité à pousser du pion, j'aurais été ridicule!  
 
Entre eux, jouer, ça veut forcément (ou en tout cas, très souvent) dire 'pour de l'argent'. Entre les parties il n'est pas rare de voir des pièces ou billets changer de mains. Comme ils ont souvent les mêmes compagnons de jeu (collègue, voisin de boutique, habitués du parc...), l'argent doit circuler en cercle fermé! Mais cela doit être pour donner du piment au jeu. Pour toutes les parties auxquelles j'ai participé, les joueurs, par peur de me plumer ou de passer pour des escrocs (?), m'ont toujours indiqué: "no money, just for fun", sans même que je le demande.
 
Des voyageurs m'ont dit avoir trouvé les Vietnamiens plutôt distants. C'est surement vrai, ils vivent leur vie et ne courent généralement pas après les touristes. Grâce à toutes les parties de jeux de cartes, mes souvenirs avec les autochtones et bien différent. J'ai rencontré des vendeuses qui m'ont appris à jouer en mimes, onomatopées et anglais de série TV, des jeunes ravis de passer leur traversée en bateau avec un touriste qui les a battu à leur propre jeu, un couple de la capitale de retour d'un week-end à la montagne qui nous a expliqué, dans un anglais parfait, des points de règles manquants entre les banquettes du train couchette, des guides de montagnes en pause au chalet du coin pour cause de temps grisâtre, content d'avoir un 4ème joueur, et bien d'autres aux terrasses à café.
 
On ne le dira jamais assez, le jeu est un super vecteur pour faire des rencontres étonnantes, entre ceux qui sont ravis de nous apprendre comment jouer, ceux qui sont déconcertés de voir que l'on sait jouer, et tout ceux qui sont juste contents de passer un peu de temps à jouer avec des personnes venues de loin et dont ils ne comprennent pas un mot.
Le Vietnam est un très joli pays, et grâce au jeu, je sais que les Vietnamiens sont aussi des gens très agréables.