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Historique de la Polyclinique

 

 

 

MA VIE ET MON OEUVRE

 

 

 

 

DOCTEUR MATHIEU TAGNY

PAR LEOPOLD ATOUR TAGNY

 

 

VOLUME IV

 

 

 

 

Conception

 

 

Papa ne donne aucune indication à ce sujet.

 

 Quand donc est née dans son esprit l’idée de construire une clinique ?

 

Au vu de ses lettres au Directeur du Service des Domaines réclamant une indemnisation ou un dédommagement parce que le terrain familial venait d’être inclus dans le périmètre urbain,

 

Compte tenu de son souci de s’informer en lisant le Journal Officiel au sujet du droit foncier, 

 

Le Journal Officiel  44° année n° 1329 du 28 Octobre 1959 pages 1438, 1448,1458 publie les Décrets 59-181 du 7/10/59, 59-182 du 7/10/59, 59/183 du 9/10/59

Celui de la 2ème année n° 15 du 30/06/1962 pages 381 à 384 ;

Et celui de la 6° année n° 2 (supplémentaire) du 1/07/1966 page 61

 

Ces extraits traitent du problème domanial.

Dans son souci de justice et du respect de la loi, papa s’informait et agissait conformément aux lois et règlements de la République.

 

Vu sa démission de l’U.P.C. « Lorsque je compris que mon courrier et mes renseignements envoyés de la prison à UM NYOBE resteraient lettres mortes, je n’avais plus de raisons de participer à l’action de l’U.P.C. »,

 

Compte tenu de  l’Indépendance  « sans saveur, modelée, confectionnée à la mode de Paris, c'est-à-dire, à la mesure et selon la volonté de l’autorité coloniale »,

 

Tenant compte de son attachement à l’évolution et au développement de son pays qui était très fort,

 

Compte tenu de sa détermination à sauver le patrimoine foncier familial ou plutôt ce qui en restait,

 

Il m’est permis d’affirmer avec force que c’est dans les années 50 qu’est née, et s’est renforcée et  avec le temps, l’idée de construire une clinique à Bafoussam sur la terre de son grand père Doundze/Doun’mve.

 

 

 

 

 

 

HISTOIRE D’UN TERRAIN FAMILIAL

 

 

 

Installation

 

Le roi  des Bafoussam, TAGHE installe tous les immigrants Baham auprès de son palais pour les raisons de sa santé car, parmi cette colonie, il y avait de grands guérisseurs qui s’occupaient de lui.. Mon arrière grand père, DOUNDZE/ DOUN-MVE occupe ainsi une parcelle d’environ 8 hectares. Ce quartier, rappelons le,  porte le nom de TIN-HAM (en bas de Baham). Aujourd’hui, le quartier a été rebaptisé TAMDJA. L’actuel Mairie, le palais de Justice, le palais présidentiel, etc. … sont édifiés sur les terres de DOUN-MVE.

 

 

 

DEPOSSESSION

 

La ville de Bafoussam grandissant, le terrain familial est inclus dans le périmètre urbain. Papa va passer à l’action pour tenter d’obtenir une indemnisation des autorités. C’est ainsi qu’il va écrire au Directeur du Service des Domaines  la lettre ci-dessous.

 

 

 

 LA CONQUETE

 

Las d’attendre une réponse favorable, l’ordre d’évacuation traînant à leur être adressé, craignant d’être dépossédé sans être indemnisé, papa va se battre pour valoriser le terrain en vu de  garder ainsi une partie de la terre qui l’a vu naître. Bénéficiant d’un crédit de 1.241.268 francs du Crédit du Cameroun à travers le Ministre des Finances, il va commencer les travaux de construction de sa clinique et de ses maisons dès mai 1961.

 

Le 11 Juillet 1964, il obtient une autorisation provisoire de bâtir signée de Monsieur

le Préfet.

 

 

 

Par Décret n° 67/192/COR du 04/08/1967, le Premier Ministre approuve le plan de lotissement du quartier Tamdja à Bafoussam, et stipule que 10 lots seront attribués gratuitement aux ressortissants de ce même quartier.

 

Par Arrêté Préfectoral n° 357/AP/DMI du 19 Octobre 1967, une commission ad hoc a été nommée aux fins de la répartition des 10 lots. Voici le procès-verbal de leurs travaux.

 

 

 

 

Bien qu’étant un  ayant droit coutumier et avoir occupé Tamdja avant le lotissement, bien qu’ayant été le seul à avoir mis en valeur le lot dont il avait obtenu une autorisation provisoire de bâtir, la commission n’a pas jugé utile de retenir parmi les bénéficiaires,  M. TAGNY Mathieu. Il faut noter que c’est cette commission qui, à l’unanimité, a convenu des conditions à remplir pour bénéficier d’un lot.

 

 

 

 

 

Le 12 Novembre 1967, il adresse la lettre suivante à Monsieur le Préfet. Nous notons que c’est maman Drusile qui signe par ordre parce que papa est incarcéré à la prison de Yaoundé.

 

 

 

 

 

Le 15/03/1969 il relance Monsieur le Préfet en ces termes :

 

 

 

 

Le 05/04/1969 sa sœur, Madame MAGNE Lydienne,  écrit à son tour à Monsieur le Préfet ;

 

 

 

 Après un an et 08 mois,  il  reçoit enfin la réponse à ses réclamations   de Monsieur le Préfet

 

 

 

 

Sans se décourager,  le 03 mars 1971, il s’adresse  à Monsieur le Premier Ministre.

 

 

Le Préfet saisi  par lettre n° 186/PM/SG/DL du 17/02/1972 de Monsieur le Premier Ministre,  répondra ainsi :

 

     

 

 

 

 

 

Après près d’un an d’attente, Monsieur le Ministre lui répond :

 

 

 

On peut s’en douter, Mathieu TAGNY s’est empressé de constituer le dossier réclamé et l’expédier.

 

 

 

 

A cette réponse, il joint la lettre explicative suivante.

 

 

    

 

 

 

Après étude,  le titre foncier n° 1359/MIFI lot spécial N° 78 d’une superficie de 4056 m² lui est remis.

LA SOCIETE

 

ANNEES 1960  1969

 

Pendant cette décennie, Docteur TAGNY Mathieu va s’ingénier à trouver des sources de financement pour construire ses deux maisons et bâtir sa clinique.

 

1960

Sans attendre d’avoir acquis définitivement  le terrain, le Docteur Mathieu TAGNY, bien avant son installation à Bafoussam,  adresse une demande de crédit au Ministre des Finances en vue de construire sa clinique.

 

 

 

Lettre de soutien et  d’appui de son Ministre et ami Kamga Victor

 

 

 

                                                          

 

 

 

1961

 

Le 18 Mai 1961 il signe le Contrat de Prêt Habitat d’un montant de 1.241.268 francs. Qu’il va finir de rembourser le 29 Novembre 1967

 

 

 

 

 

1962

 

Le 02 Avril 1962, sans avoir soldé son premier compte, il adresse une autre demande au même organisme, agence de Dschang pour construire sa clinique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré tous les documents justificatifs donnés, aucune suite favorable ne sera réservée à sa requête.

 

C’est un de ses amis, employé de la Banque,  qui lui en donne la raison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sans se décourager, le Docteur TAGNY Mathieu va se tourner vers ses frères et amis pour les inviter à souscrire des actions.

Convainquant, inspirant confiance, il va se déployer sur le terrain si bien que, des souscriptions comme celle ci-dessous, vont lui parvenir. Le 17 juin 1962, il tiendra la première réunion.

 

 

 

 

 

t

 

 

 

 

De réunions en réunions, ils vont évoluer, se concerter, pour finalement aboutir à la création de la Société Immobilière pour le Clinique de Bafoussam. Voici la genèse :

 

1963

 

 

 

 

1964

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons ci-dessous les résultats de leurs travaux.

 

 

 

 

 

 

 

Malgré les efforts des uns et des autres, il leur fallait trouver de l’argent frais pour achever les travaux de construction. C’est ainsi qu’ils ont, par l’entremise de leur Gérant,  le Docteur TAGNY Mathieu, relancé une demande de crédit en passant par Monsieur le Préfet. Voici l’évolution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1965

 

 

 

 

 

1966

Malgré les problèmes,  la Société progresse  très lentement,  mais progresse. Il faut tenir des réunions pour expliquer et convaincre les uns et les autres afin d’avancer, corriger les erreurs, combler les lacunes.

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrêté le 28 Novembre 1966 et écroué le 1er  Décembre 1966, tout s’arrête.

 

 

 

 

 

1969

 

 

Libéré le 08 février 1969, il va s’ingénier à redonner un souffle nouveau à la Société. Pour ce faire, il faut relancer tous les actionnaires, les convaincre à poursuivre cette œuvre et l’achever afin de réaliser leur rêve. Il les réunis en Juillet 1969. Son retour galvanise un bon nombre qui n’a pas perdu espoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La transparence dans sa gestion, les chiffres présentés, la situation clairement présentée, tout cela va inciter les uns et les autres à redoubler d’effort pour concrétiser leur projet.

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEES   1970  -  1979

 

OUVERTURE ET FONCTIONNEMENT

 

C’est la décennie du démarrage des activités proprement dites de la Société. Pour y parvenir, les choses n’ont pas été faciles. Il a fallu collecter de l’argent, chercher d’autres sources de financement, convaincre les hésitants, et rassurer ceux qui étaient déjà engagés afin d’achever les travaux de construction et acheter le matériel médical et l’équipement.

C’est ainsi que se tiendra l’Assemblée Générale du 24 Mars 1973 dont voici le procès-verbal.

 

 

 

 

 

Le 09 Février 1974, la demande d’ouverture de la Clinique est rejetée avec pour  motif :      Dr. NTAGNY Mathieu est fonctionnaire

 

 

 

 

Qu’à cela ne tienne, avec son frère et ami TAGNE Abraham, ils  vont tout entreprendre pour obtenir l’autorisation d’ouverture. Puisqu’il n’était question que de changer le nom du gérant, il est décidé que c’est le nom de TAGNE Abraham qui sera donné bien que ce soit une Société de plusieurs actionnaires. Ce qui fut fait et il recevront la lettre qui suit :

 

 

 

Le 11 Octobre 1974, ils  reçoivent l’Arrêté créant la Clinique Médicale Privée de Bafoussam. Tagne Abraham est le gérant officiel. L’essentiel était d’aboutir à ce résultat.  .

 

 

Dans la foulé, il obtient sa mise à la retraite par anticipation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 12 Septembre 1975, ils reçoivent l’autorisation d’ouverture et de fonctionnement de la Clinique Privée Médico-Chirurgicale-Maternité de Bafoussam.  TAGNE Abraham est désigné propriétaire.(Article 1er ) bien qu’il s’agisse d’une Société Anonyme composée de plusieurs actionnaires.

 

 

 

 

Entre eux, il n’y a aucun problème quant à l’appartenance de la Polyclinique. Ce sont des frères et amis, et ils ne voient qu’un seul objectif, ouvrir et faire fonctionner leur « hôpital »/société.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L’esprit qui les animait était basé sur la confiance, l’honnêteté, l’amour véritable qui impliquait le soutien mutuel.

 

Le terrain que l’on a hypothèqué  appartient toujours à Monsieur TAGNY Mathieu. En date du 25 Mars 1977, le Conseil d’administration décide qu’il faut évaluer le terrain sur lequel est construit la clinique, les deux villas du Docteur et Sage femme, devra  faire parti de l’apport du Docteur TAGNY Mathieu.

 

Le 21 Mai 1977, le Conseil d’administration entre autre lui adresse ses félicitations pour le travail combien efficace et indispensable qu’il a su accomplir pour la réussite de l’Entreprise depuis sa mise en chantier.

 

Le 26 Octobre 1979, le Conseil d’administration donne son accord pour l’acquisition d’un terrain de 4056 m² à raison de 300 francs le m², appartenant à Mr. TAGNY Mathieu, objet du titre foncier n° 1559/ MIFI sur lequel sont construits les bâtiments de la Polyclinique de Bafoussam ainsi que l’acquisition des deux maisons d’habitation sises sur le m^me titre foncier expertisées à 11 millions.

 

Au 03 Janvier 1994 rien de concret n’a été fait.

 

 

 

 

 

 

 

Quand donc,  le Conseil d’Administration régularisera-t-il  effectivement cette situation ?

 

 

 

 

Conformément aux résolutions  de cette Assemblée Générale, le Conseil d’Administration,  par son Gérant, va s’adresser à la B.I.A.O. pour obtenir un crédit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 02 Août 1974, la BIAO leur répondait en ces termes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour bénéficier du crédit, rappelons que le terrain hypothéqué,  est toujours la propriété de TAGNY Mathieu et qu’aucun transfert au bénéficie de la Polyclinique n’est fait. La confiance régnait, et seul l’ouverture effective et le fonctionnement de leur société primaient sur toutes les autres considérations.

 

 

 

 

 

 

 

 

La BIAO leur fait savoir les conditions de remboursement dictées par la BEAC.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La BIAO réclame les factures du matériel acheté.

 

 

       

 

 

Le 10 Décembre 1979, grâce à sa rigueur dans la gestion, grâce aux multiples sacrifices, il travaillera d’arrache pied pour faire fonctionner la Polyclinique et rembourser le crédit, il recevra cet Etat des frais et ce Certificat de Radiation d’Hypothèque.

 

 

 

 

 

ANNEES   1980 à 1989

La vitesse de croisière

 

Cette décennie se caractérise par le paiement des dividendes aux actionnaires ; ce qui prouve la bonne marche de la Société. Son extension est entreprise grâce à un nouvel emprunt. 

 

 

 

 

 

 

Dans la salle d’opération

  

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mais très vite, des nuages s’accumulent à l’horizon avec l’arrivé de Nzongang qui a bénéficié de sa retraite et qui va  s’impliquer dans la gestion de la Polyclinique.

 

 

 

 

 

ANNEES  1990  à  1999

 

LA CRISE

 

Cette sombre décennie est marquée par le conflit ouvert entre le Docteur TAGNY Mathieu et M. NZONGANG Didier. La Polyclinique en a souffert et les actionnaires sont divisés en trois camps : chaque antagoniste ayant ses partisans, le troisième étant celui des neutres qui ont préférés pour la plupart, vendre leurs actions.

 

Ne comprenant rien à la méthode de gestion de Tagny qui a fait ses preuves, Nzongang va chercher à imposer la sienne. Cela va donc créer des mésententes, aboutir à un conflit, finir par la démission de Tagny, puis l’éviction de Nzongang et tous se retrouveront au tribunal qui va trancher en faveur de TAGNY

 

Pour comprendre la chute de ce fleuron de l’économie nationale camerounaise, fierté de l’Ouest en général et de Fuh-Sep en particulier, il nous faut remonter le temps.

 

Qui est donc Monsieur NZONGANG Didier ? Qui est-il donc pour Dr. TAGNY  Mathieu ?    

  

 

Si mes souvenirs sont exacts, c’est en 1950 – 1951, étant médecin à Yagoua, que je suis entré en relation avec NZONGANG  Didier. Il est alors « en France » ? à Aix-en-Provence où il prépare sa capacité en droit. Je crois que c’est en ce moment qu’il m’écrit et me fait parvenir une photo de lui. C’est normal, les jeunes se cherchent et celui qui peut avoir mis Nzongang et TAGNY en contact peut être KENGNE Auguste, un vieil ami à moi, originaire de Bamendjou, village de Nzongang. J’ai en effet été à l’école primaire à Bafoussam, puis à Dschang, avec KENGNE Auguste. Malgré la séparation vers les années 1938, (il est admis à l’école professionnelle de Douala, tandis que je suis à l’Ecole primaire supérieure de Yaoundé), nous n’avons jamais été complètement séparés ; nos relations sont restés et nous nous retrouvions souvent à Bafoussam, pendant les vacances.

 

En 1951 (Juin) je suis affecté à l’hôpital central de Yaoundé. Là, j’ai mené parallèlement  mes activités professionnelles (chirurgie) et politiques (UPC).

 

En « 1954 » la section de l’UPC que j’ai créée, soutient à fond la candidature de Mr. SOPPO PRISO aux élections à la présidence de l’Assemblée territoriale, présidée jusqu’alors par Mr. AUJOULAT.

 

Mr. SOPPO PRISO est donc élu président de l’Assemblée ; il a battu le candidat du collège des Français. Mr. Paul SOPPO PRISO est un Nationaliste convaincu. En dehors de Ahidjo, une bonne fraction des élus du Nord que je connais personnellement a été vite convaincu et a soutenu la candidature de Mr. P. SOPPO PRISO. Ce dernier est élu et a apprécié à sa juste valeur, ma modeste et désintéressée contribution à son succès. Il s’ouvre à moi et, ensemble, nous lui trouvons un secrétaire en la personne de Nzongang Didier, en service à Douala (contributions directes ?).

 

 

 

 

 

SOPPO  PRISO et TAGNY Mathieu

 

NZONGANG Didier

 

 

 

Mr. Didier Nzongang arrive donc à Yaoundé et est confié à Tagny. Et c’est ainsi que Nzongang Didier sera chez moi, mangeant chez moi (je suis marié, j’ai une famille et il est seul, célibataire) pendant plus d’un an. En effet, bien qu’ayant un logement par la suite, il est resté longtemps pensionnaire chez moi et cela jusqu’en 1955. En mai 1955, je suis impliqué dans les évènements de Yaoundé et suis emprisonné. Mr. Nzongang Didier, en mon absence, épouse une de mes belles sœurs, Marie NOUETCHEGHEMO. C’est avec elle qu’il a eu deux enfants (Alice et Baby). Il faut, dire ici que Nzongang n’a jamais été upéciste ; tout au plus peut on dire qu’il était sympathisant, nationaliste. Après ma libération en Novembre 1955, nos relations sont restées bonnes, pas plus.

 

Le 12 Février 1954 à Yaoundé

 

 

Baby  - Nzongang – Tagny – Guy Pierre

DECEMBRE 1998 en France

 

Ce rappel me parait nécessaire pour permettre à ceux qui veulent et voudront savoir le pourquoi des évènements qui durent depuis quelque temps.

 

Que reproche Nzongang Didier au Docteur TAGNY Mathieu ?

La plainte contre TANGY Mathieu et les Administrateurs de la Polyclinique de Bafoussam nous permet de le savoir et si possible de comprendre le fond de la discorde entre ces deux hommes. C’était le 28/12/1992.

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut souligner avec force que leurs amis communs à l’instar de Monsieur Ngapeth Job René, de même que  les autorités comme Monsieur le Préfet de la Mifi,  avaient  tout entrepris pour les réconcilier. Rien ni fit, Nzongang alla au tribunal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tagny - Ngapeth

 

 

 

 

 

 

 Monsieur le Préfet de la Mifi les a invités pour tenter de les réconcilier pour l’intérêt de la société.

 

 

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Le 27 Novembre 1990, Monsieur le Préfet de la Mifi leur adressait le rapport de leur rencontre. re

 

 

Ce procès-verbal nous montre ce qui opposait les deux hommes. Ce que chacun pensait de l’autre et leurs souhaits.

 

PROVINCE DE L’OUEST                                                        REPUBLIQUE DU CAMEROUN

PAIX – TRAVAIL – PATRIE

DEPARTEMENT DE LA MIFI

PREFECTURE DE BAFOUSSAM

SECRETARIAT PARTICULIER

PROCES VERBAL

 

L’an mil neuf cent quatre vingt dix et le 30 Octobre à 9 heures, s’est tenue dans le Cabinet du Préfet de la Mifi et sous la présidence effective de Monsieur BELL Luc René, une importante séance de travail relative à l’examen d’un différend qui déchire deux anciens amis : le Docteur TAGNY Mathieu et Monsieur NZONGANG Didier associé à la Polyclinique de Bafoussam Société Anonyme.

 

Y ont pris part, outre Monsieur le Préfet et les 2 mis en cause :

 

MM. - Bladi Abba, Sous-préfet de Bamendjou

-         Nzete Emmanuel, Maire de la Commune Urbaine de Bafoussam

-         Diesse Mathias, Député

-         Foka André Député

-         Tankam André, Député

-         Kué Tagne Jean Président Section RDPC Mifi

-         Tchuinté Madeleine, Présidente Section OFRDPC Mifi

-         Benayack, Commandant de Compagnie de Gendarmerie

-         Siwa Dieudonné, Commissaire Spécial

-         Bokono, 1 er. Adjoint au Commissaire de Sécurité Publique

-         Sokoudjou Philippe, Chef Bamendjou

-         Pouokam Christophe, Chef Bayangam

-         Njitak Ngompe , Chef Bafoussam

 

Empêchés : MM  Le Sous-préfet de Bafoussam

Le Chef Bamougoum

 

Le Préfet :  Madame et Messieurs, je vous remercie d’avoir sacrifié vos lourdes obligations pour répondre à mon invitation consacrée à l’examen d’un problème préoccupant, d’un différend qui oppose deux anciens amis dans leurs relations d’affaires à la Polyclinique de Bafoussam.

 

J’ai été saisi par l’un et l’autre qui m’ont, chacun, présenté la version des faits qui les oppose. J’aurais bien voulu les orienter vers les tribunaux compétents dans pareilles circonstances, amis comme il s’agissait entre autres griefs, des menaces de mort, il m’a semblé opportun de me saisir de l’affaire et de l’examiner avec les notables que vous êtes pour que l’adage qui veut qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un meilleur procès prévale.

 

Mais je tiens à vous rappeler que j’ai dit à l’un et à l’autre que, bien qu’étant les promoteurs de la Polyclinique de Bafoussam, l’impact social de cette formation sanitaire dépasse les limites d’une simple Société anonyme. De ce fait, ils n’ont pas le droit de favoriser la ruine de cette structure.

 

Pour ne pas déformer les faits qu’ils se reprochent mutuellement, pour ne pas en altérer la substance, je préfère laisser la parole à l’un et à l’autre pour nous en présenter l’économie.

 

Mon vœu est que nos discussions ne connaissent pas des éclats de voix, mais qu’en responsables, nous cherchions des voies et moyens susceptibles de rapprocher ces deux frères et amis afin qu’ils retrouvent la sérénité d’antan. Il appartiendra à eux-mêmes de nous aider à mieux les aider dans la solution de leur problème. A ce titre, je demande que nos débats soient ordonnés. Je voudrais également préciser que cette instance ne saurait se transformer ni se comporter en un tribunal ou, à l’issue des débats il y aura un verdict. Je voudrais que, par cette voie de médiation, nous prenions conscience de notre être et de notre cité.

 

La parole est à Monsieur Nzongang Didier.

M. Nzongang : Je remercie Monsieur le Préfet pour cette initiative qui pourra nous aider à débrouiller cette situation.

 

Je constate qu’on en est arrivé là, à cause du manque de dialogue entre nous. Le problème est, à mon avis, simple. La Société (Polyclinique) est créée il y a 40 ans par des amis : Nzongang et Tagny dans le but de préparer leurs vieux jours. Le Conseil d’Administration était composé de 9 personnes dont 4 sont, à ce jour, décédées.

 

Je suis venu voir le Préfet et le Commissaire de Sécurité Publique parce que je me sens en insécurité. La brouille dure depuis un peu plus d’un an. A un moment donné, le Docteur Tagny à qui nous avions confié la Polyclinique s’est avéré trop chargé . Une fois libéré (retraite) il s’est déchargé en faveur de nous : Monsieur Simo Tagne et moi-même.

 

A un moment donné, je constate qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Deux mois sans salaire, les employés commencent à se plaindre. Tout ceci se passe pendant mon hospitalisation là-bas à la Polyclinique. Avec l’accord du Docteur Tagny, je passe Président Directeur Général. Je suis alors chargé de faire un rapport en vue du redressement de notre Société. Au cours d’un Conseil d’Administration tenu le 23 juin 1985, je suis éjecté. Une nouvelle gestion avec pour Président  Directeur Général, le Docteur Tagny, commence le 1er Juillet 1989. Monsieur Tagny est en même temps Président Directeur Général, Médecin-chef, chargé de la Médecine de travail, c’est le cumul total.

 

Le 4 juillet 1989, le Docteur Tagny, par lettre, exige que son fils Luther qui vivait chez moi le rejoigne. Je n’y comprenais rien à tout cela. Le 2 septembre 1989, bien que chargé du recouvrement des impayés de la Société auprès des clients, je vois ma dotation d’essence supprimée. Dès lors, j’ai commencé à comprendre que je suis assis sur des braises ardentes.

 

Pour éviter tout cela, j’ai dépêché auprès du Docteur Tagny, son ami de classe pour le voir afin de tenter une médiation. Dans sa réponse, le Docteur me fait dire par cet ami qu’en vertu de quoi je m’oppose à ce que Monsieur Simo Tagny gagne beaucoup d’argent.

 

Sans toutefois me décourager, je tente une deuxième médiation. Cet ami me dit après avoir rencontré le Docteur Tagny que l’affaire de la Polyclinique de Bafoussam se terminera comme l’affaire de Marseille. Pour la petite histoire, des amis à Marseille créent une clinique et l’un d’eux est assassiné. J’ai très mal pris la chose. J’ai alors compris que le conflit était ouvert et qu’il fallait bien me défendre.

 

Le 15 mars 1990, le Docteur Tagny n’assiste pas au Conseil tenu à Yaoundé. Le 31 mars 1990, il est constaté que la réunion de juin 1989 est irrégulière, nulle et de nuls effets. Le Procès-verbal sera notifié à Monsieur Tagny. Quelques temps après, je constate que mon bureau est fermé et les serrures changées. Le Docteur Tagny me lance : « tu n’y entreras que lorsque je n’y serai plus ». Dès lors la bagarre était définitivement engagée.

 

Le 21 avril 1990, le Docteur Tagny convoque une réunion et en aparté je lui dis : « tu m’as eu et je t’ai eu Ventre affamé n’a point d’oreilles. J’ai fait le rapport que tu as vu, mais tout est encore possible ». Il a accepté qu’on peut tout effacer. Mais l’atmosphère a changé et il s’est débiné.

 

Le 28 avril 1990, les choses se sont gâtées davantage car il y a eu violence. J’ai failli lui casser la tête avec un tabouret car il m’a pointé du doigt. Ce jour-là, il dit : « Messieurs, sachez que vous êtes chez moi ».Le Docteur Tagny étant un aîné, je reste à sa disposition pour toute médiation.

 

A la réunion du 12 mai 1990, le Docteur Tagny démissionne de ses fonctions de Médecin-chef. La rumeur fait dire que l’élite Bafoussam le soutient à tort ou à raison. D’après ces élites, la clinique est bâtie sur les crânes de leurs ancêtres et c’est là où le cordon ombilical du Docteur Tagny est enterré. En coutume Bamiléké, c’est très profond. Ca veut dire qu’il ne peut en aucun cas abandonner ces lieux.

 

Dès lors j’ai vu le Préfet et le Service de Sécurité notamment en raison des déclarations de Monsieur Tagny et selon lesquelles « …la menace précise de mort que Nzongang fait peser sur moi que j’ai l’honneur de vous demander d’accepter dans l’intérêt de notre Société, ma démission… ».

 

J’ai dit au Préfet que le risque que je cours dans la ville de Bafoussam est grand. Depuis 1955, j’ai souffert matériellement et moralement pour le Docteur Tagny. Maintenant que nous sommes vieux … Voilà comment ça se termine ! Il est impensable que je puisse songer un seul instant à tuer le Docteur Tagny. La menace de mort… avoir derrière soi toute une ethnie… à mon âge ce sont des causes valables d’une crise cardiaque.

 

Que faire ? Pour ma part, il ya lieu d’éclaircir la situation des intérêts de la Société.

 

Je reproche au Docteur Tagny d’avoir dit que je fais peser des menaces de mort à son endroit. Qu’il me donne des explications là-dessus.

 

Dans le cadre de la société, le Docteur Tagny a quitté juridiquement le groupe en cédant ses actions à un de ses enfants. N’étant plus associé, il est resté salarié : médecin-chef et avec sa démission, il n’est plus rien. Ses malades seront toujours admis en clinique. Je lui ai demandé en vain de signer une convention avec la clinique. Je constate maintenant qu’il saboter la clinique, ni plus ni moins.

 

Le problème de la clinique, à mon avis, peut toujours avoir d’issus. On ne peut pas en peu de temps trouver un chirurgien de la trempe de Tagny. Je ne sais même pas pourquoi le Docteur Tagny a démissionné. En ce qui me concerne, je n’ai rien contre lui. On a crée cette clinique pour préparer nos vieux jours. Le véritable problème est, non pas la marche de la clinique en tant que telle, mais Nzongang/Tagny sur la menace de mort.

 

Le jour où il établira l’acte que j’ai posé pour lui ôter la vie, je lui demanderai pardon.

 

Le Préfet : Je vous remercie pour cette intervention. Je retiens que vous ne reconnaissez nullement avoir menacé de mort, le Docteur Tagny. Vous reconnaissez qu’il n’est pas facile de remplacer le Docteur Tagny à la Polyclinique de Bafoussam. Je note aussi qu’en votre qualité de juriste vous maîtrisez bien les ficelles de la réglementation.

 

La parole est au Docteur Tagny.

 

Dr. TAGNY : Je reconnais avoir écrit que Nzongang fait peser des menaces de mort sur moi.

 

En effet : Monsieur Nzongang ici présent dit à un de mes enfants que je ne l’aime pas, sinon je l’aurais envoyé à l’Université comme je l’ai fait pour les autres. Cet enfant qui a fait des études jusqu’en classe de seconde au collège St Paul de Bafang ne fait rien actuellement. Si cet enfant réagissait négativement sur moi, son geste serait condamnable mais provoqué par Nzongang.

 

Toujours mon ami Nzongang qui me regarde ici, a dit à mon fils qui est à Paris, chirurgien de son état que je le laisse louer à ses frais alors que j’ai logé ma fille dans une villa que j’ai achetée. Pour peu qu’il y croie, qu’adviendrait-il ?

 

A un autre de mes enfants, Nzongang a dit, ton père a économisé de l’argent toute sa vie. Il a mis tout ça dans la construction de la Polyclinique. Au moment où il sent la mort proche, il a cédé toutes ses actions à tel… Vous êtes là, vous ne faites rien. C’est sûr que vous n’aurez plus rien.

 

Il s’agit-là de mes enfants personnels qu’il monte contre moi de la sorte. Si ça s’arrêtait là, je pouvais encore tenter de calmer mes enfants. Mais il va plus loin. Monsieur Nzongang est aller me calomnier auprès des enfants de mon frère Tagne Abraham. Il leur dit « que faites-vous là. Pauvres enfants ? Votre père est mort, et Tagny est en train de manger le fruit de votre part d’héritage laissé par votre papa ». Il leur présente un document où il est autorisé à Tagne Abraham de construire la clinique de Bafoussam. A cela l’explication est que au moment où je construisais la Polyclinique, j’étais encore fonctionnaire. Rien ne pouvait être fait en mon nom.

 

Tous ces enfants attendent à l’affût. Il n’est pas rare d’apprendre par-ci, par-là qu’un enfant a éliminé son père pour affaire de biens. Actuellement, j’ai peur de mes propres enfants et de ceux de mon feu frère, et ce, à cause de Nzongang. J’ai pourtant fait tout ce qu’un père peut faire pour ses enfants et pour ceux de mon frère. J’ai vu des membres du Gouvernement en leur faveur, mais je ne reçois en retour que déception.

 

De plus, si j’étais superticieux, j’aurais ouvert une autre page. Mais je suis chrétien, je ne crois pas en tout cela…

 

Tous ces déboires proviennent justement de la clinique. Avant la clinique, Nzongang ne m’avait jamais menacé de mort. Pour sauver ma tête, je la lui laisse. Je vais me débrouiller à expliquer à mes enfants tout cela. Par ailleurs j’étais contraint par la force des choses à vendre l’appartement signalé plus haut pour connaître un peu de paix chez moi. Tout cela à cause de Monsieur Nzongang.

 

Fort de tout cela, il y a, à mon avis, menace. J’ai pensé partir de la clinique, mais je n’arrive pas à m’en aller, car les gens de Bafoussam m’obligent à y rester. On demande : « Tagny est où » ? Ca m’écoeure. Vraiment,t je n’arrive pas à partir. Pour Nzongang, je suis parti.

 

Quand Nzongang a pris sa retraite, c’est moi qui ai pris l’initiative de me décharger en sa faveur. On en a fait le Président du Conseil d’Administration. Il m’a proposé sur ma demande un gestionnaire : Monsieur  Simo Tagne, homme travailleur et honnête. Un an après l’arrivée de Monsieur Simo, on a pu dégager un bénéfice à la clinique, et j’ai pu toucher des dividendes intéressants. Monsieur Simo a reçu les félicitations de tous. En 1987, Nzongang me dit que Simo gagne beaucoup d’argent, il faut le renvoyer. Et pourquoi renvoyer celui qui nous fait de la bonne finance ? Nzongang allègue qu’il n’entend pas que Simo refasse sa vie sur ses économies. Quelque temps après, Nzongang dit qu’il veut redresser la clinique et tient à être Président Directeur Général, car dit-il, Simo vole et détourne beaucoup d’argent à la clinique. Je dis : soit. Nommons Nzongang Président Directeur Général afin qu’il remette la clinique sur les rails et qu’il établisse ainsi au grand jour, la mauvaise gestion de Simo. Pourtant c’est lui qui m’a proposé la candidature de Monsieur Simo.

 

L’ami dont il parlait tout à l’heure, c’est son ami. Il s’agit du Commissaire Principal Nguewou Nana. On s’est retrouvé chez Monsieur Nguewou toute une nuit. Au cours des discussions, Nzongang a dit que Monsieur Simo n’a pas été reconnaissant envers lui. Qu’aurait-il fait ? J’ai cautionné la nomination de Nzongang comme Président Directeur Général. Je sais que Nzongang ici présent ne peut pas me poignarder. Mais noter qu’il anime les mains de mes enfants. S’il ne s’agissait que de la clinique, je comprendrais car moi, je suis dans ma ville natale, mais Nzongang va plus loin, il ose même dire aux infirmiers que si moi Tagny j’amène un malade à la clinique, que celui-ci ne soit pas traité. Les infirmiers me l’ont signifié par écrit. C’est ainsi qu’un  cadre des brasseries qui y a conduit son épouse pour un accouchement a été mal reçu et s’est vu obligé de la conduire ailleurs. De même un cadre de la BEAC a été enguellé là-bas. Tous ces clients m’ont demandé ce que la clinique est devenue. Voilà la gestion de Monsieur Nzongang. Voilà le résultat de ses consignes.

 

Si ce que Nzongang a fait est bon, si ce sont-là des conseils qu’il a donnés à mes enfants, je lui pardonne. Que sa conscience le juge.

 

S’agissant des actions que j’ai cédées à mon fils, je l’ai fait sur conseils de Monsieur Nzongang. La procuration que j’ai faites à cet effet à mon fils, Nzongang  s’en sert aujourd’hui pour voter avec la voix de mon fils contre moi. C’est vraiment méchant Nzongang !

 

Le Préfet : Je vous remercie Docteur pour cette intervention. Je retiens que Monsieur Nzongang lui-même ne peut pas vous tuer mais il est responsable des menaces de mort pouvant provenir de vos enfants car c’est lui qui les endoctrine, c’est lui qui arme leurs bras contre vous. J’ai également noté que, bien que juridiquement votre lien soit effacé avec la clinique, vous n’arrivez pas à quitter la clinique. J’avoue moi-même que j’ai toujours cru que c’était votre affaire personnelle, car j’ai toujours entendu dire « Clinique du Docteur Tagny ». C’est à l’occasion du présent différend que je comprends qu’il s’agit d’une Société.

 

Sans polémique, je vais demander à Monsieur Nzongang d’apporter quelques éclaircissements sur les arguments massues que le Docteur vient de relever à son endroit.

 

Nzongang : Sur les menaces de mort : je dis que depuis le 23 juin 1990, je n’ai plus de contact avec les fils de Tagny. Celui de Paris, je lui envoie régulièrement des documents en sa qualité d’actionnaire. Mais je ne l’ai plus revu depuis la mariage de Guy. Le 25 octobre 1990, je me rappelle que ses enfants étaient à la clinique. A la lecture de la lettre du personnel, j’ai compris que la menace continuait à peser sur moi. Je ne reconnais pas avoir dit quoi que ce soit à l’un quelconque de ses enfants. Je m’excuse, mais je crois que le Docteur Tagny est tout simplement naïf. Son fils qui a arrêté ses études au niveau de la classe de 2nd. Pouvait arriver par quels moyens dans l’enseignement supérieur ? On a beau avoir de l’argent, on ne peut pas forcer le destin d’un enfant de ce niveau-là. Pour la villa de Paris, c’est tout le monde qui le savait. Les deux enfants habitaient la même ville. Comment Tagny sait-il que c’est moi qui ai dit cela ? En ce qui concerne les enfants de Tagne Abraham, nos statuts sont là pour régler pareille conflits. Ce ne sont pas des choses qui se décident dans l’anti-chambre. Enfin,la lettre que les employés de la Polyclinique ont adressée à Monsieur Tagny a été dictée par ce dernier.

 

Adire vrai, la menace de mort est née quand j’ai dénoncé le laisser-aller, la mauvaise gestion et le gaspillage… il y a un  téléphone à la cuisine du Docteur Tagny ! Je suis venu lui dire : faisons dès à présent la paix, nous sommes quittes.

 

C’est moi qui t’ai présenté Simo et aujourd’hui c’est ton homme de main, et moi je suis quoi dans tout cela. J’excuse le Docteur Tagny car son argumentation est basée sur des on-dit. A cause de son laisser-aller la clinique aura à payer 20 millions de francs de publicité à Jeune Afrique Economie. Moi je te pardonne tout ce que tu as dit et fait contre moi.

 

Le Préfet : Je crois que ça se clarifie davantage. « Tu m’as supprimé l’essence et je t’ai dénoncé » ça dit beaucoup. Je pense pour ma part que l’argent, le matériel ne devrait pas séparer des anciens amis qui ont mis leur jeunesse à profit pour préparer leurs vieux jours.

 

M. SIMO : Avec mon arrivée à la clinique sur proposition de Monsieur Nzongang, je suis devenu intime à ces deux frères aînés. Monsieur Nzongang est un grand juriste, je n’en ai que des rudiments à travers lui d’ailleurs. Moi j’ai appris à courir avec des enfants… Quand la situation a commencé à s’envenimer, j’ai évité de prendre parti, j’ai essayé de rester neutre dans l’espoir de parvenir à un arrangement. Monsieur Nzongang a dit que je ne pouvais pas gérer ses économies et m’enrichir à ses dépens alors que lui, il meurt de faim. Il l’a dit partout à qui voulait l’entendre. Dans son comportement cupide il s’est mis à racheter les actions détenues par les Bamendjou. Devenu Président Directeur Général, il ne m’a pas chassé, mais j’ai compris que je n’avais plus de place au sein de la clinique tellement le climat était devenu tendu. Après la réunion du Conseil d’Administration, j’ai remis les chéquiers car Nzongang a dit haut et fort que j’ai volé. Il a fait appel à un audit pour contrôler ma gestion. Cet audit, sans m’entendre, sans travailler avec moi, n’a pas pu voir un lot de factures déjà réglées et classées. Tout ce que je dis à notre frère aîné Nzongang, c’est qu’en Société, ce n’est pas la ruse qui compte. Les choses sont réglées par les textes.

 

M. Nzongang : Monsieur Simo que j’ai proposé à Monsieur Tagny est devenu son homme de main. Ce n’est pas moi qui ai signé la lettre relative au détournement. Il y a un expert qui a tout contrôlé.

 

M. Kue Tagny Jean : La leçon a été bien enregistrée et nous allons l’appliquer. Ceci pour dire qu’au lieu d’apprendre quelque chose de positif auprès des aînés, ils nous enseignent plutôt la division, le désordre etc.…

 

Le Chef Bayangam : Pour la survie de cette importante clinique, vous devez vous entendre.

 

Le Chef Bamendjou : Nous demandons que les deux protagonistes ne nous fassent pas copier ce mauvais exemple.

 

Le Préfet : Je remercie leur Majesté pour ces paroles pleines de sagesse et de signification. Nous pensons que l’un et l’autre ont compris. Je constate que les deux amis sont conscients de ce qui leur arrive. Le Docteur Tagny démissionne, mais n’arrive pas à partir, Monsieur Nzongang constate que le Docteur Tagny est irremplaçable, … qu’ils peuvent faire  la paix… Reste à mon avis, à trouver des modalités pratique de cette paix.

 

Le Député Kamdem Didier : Je constate que nos aînés eux-mêmes regrettent les actes qu’ils posent. Je souhaite qu’ils prennent conscience des enjeux qui sont les leurs et qu’ils fassent tout pour nous laisser un bon exemple. La menace de mort constituant une peur – somme toute –légitime, et le vieil ami ayant nié les faits en blocs, il y a lieu que vous tiriez un trait dessus. Votre échec, sachez-le, fera tâche d’huile dans la création des affaires dans notre cité.

 

Député Tchuinté Madeleine.   En ma qualité de corps médical et client de la clinique où je viens de passer des moments difficiles avec ma fille, je suis sidérée quand j’apprends que les infirmiers se mêlent dans ce différends et que les malades ne sont plus bien reçus, qu’on retire des perfusions aux malades pour défaut de paiement… Tout ceci est très grave et condamné par notre déontologie. Le retour des choses à la normale s’impose.

 

Chef Bafoussam : Je prie les deux papas surtout Monsieur Nzongang que je découvre pour la première fois de ne pas tribaliser cette affaire. Les élites Bafoussam n’ont rien à y voir. La gestion de la clinique est fixée par des textes la régissant. Les élites Bafoussam ne se liguent pas contre Monsieur Nzongang pour le tuer. Non –c’est faux. La clinique de Bafoussam qui nous a vu naître est notre fierté. Nous ne voulons pas sa destruction ; nous ne voulons pas non plus perdre le Docteur Tagny. L’appel que je lance aux deux vieux ammis est qu’ils puissent sauver notre honneur.

 

Député Diesse Mathias :  Je voudrais insister sur le fait que les lois et les textes ne résolvent pas toujours définitivement le problème des hommes si ces derniers ne sont pas mus par la volonté de parvenir à la solution recherchée. Je lance un appel aux hommes et femmes de cette ville, de ce Département à pouvoir revenir à la véritable tradition africaine, à éviter la balkanisation qui s’installe dangereusement chez nous. Monsieur Nzongang a une déformation  professionnelle : il ne voit que le droit. Mais parfois la logique, le bon sens, … peuvent vous conduire, en dehors des textes, à des résultats spectaculaires. Chers aînés, donnez-nous l’occasion de rester de bons amis.

 

Le Préfet :  Je vous remercie Madame et Messieurs les Députés pour ces propos. On a suffisamment épluché ce dossier. Peut-on avoir le mot de fin des deux parties ?

 

Docteur Tagny :  La clinique de Bafoussam, institution d’affaires, que Nzongang en fasse ce qu’il veut. Mais je précise qu’il doit se cantonner dans le volet gestion administrative, et qu’il me laisse le domaine technique. Les deux sont complémentaires. J’avoue que je n’arrive pas à partir.

 

M. Nzongang : Le Docteur Tagny est irremplaçable à la clinique, c’est sûr et certain. Je pardonne au Docteur Tagny tout ce qu’il a ou aurait fait contre moi. Nous allons, lui et moi, passer, et la clinique restera. Le problème de nombril, des crânes, des élites… rentrent dans la rumeur. Le Docteur Tagny est une personnalité que je défends. Je l’ai fait par le passé et je le ferai toujours. Les menaces de mort partent des bobards. Chez les Bamiléké, nous avons un grand défaut, j’allais dire une grande faiblesse : quand deux personnes sont en conflit, au lieu de trancher… le Bamiléké dit toujours : « aller vous entendre ». Le renvoi au dos à dos ne résout pas le problème.

 

Député Diesse : Parfois, sinon toujours, les positions tranchées ravivent les rancoeurs.

 

Député Kamdem : On a beaucoup parlé, mais je ne sens pas le rapprochement.

 

Le Préfet : Messieurs Tagny et Nzongang ne sont pas des enfants. Je crois qu’ils ont fait, l’un et l’autre, des pas significatifs vers ce rapprochement, la réconciliation. Ce sont des enfants qui, après s’être battus, partagent, une minute après la bagarre, un même plat. Chez des grandes personnes, il faut laisser le temps jouer. Il faut poser des garde-fous et laisser agir le temps.

 

Nous constatons que, même si le Docteur Tagny et Monsieur Nzongang ne sont pas les seuls actionnaires de la clinique, ils restent les principaux animateurs, le moteur qui tire le reste. Ils doivent, à mon avis, maintenant qu’ils ont posé les premiers jalons du rapprochement, convoquer rapidement un Conseil d’Administration au cours duquel ils vont laver ce linge sale, au cours duquel ils vont présenter à leurs amis le nouveau visage de la clinique. A cette occasion ils devront mettre les points sur les i pour que chacun puisse faire sa part de travail sans gêner l’autre.

 

 

 

 

 

Malgré les efforts des uns et des autres,  Nzongang a traîné Tagny au tribunal qui l’a débouté.

   

 

 

La Société va péricliter jusqu’à sa  fermeture en 2004. La mort du Docteur TAGNY Mathieu, du Docteur TAGNY Guy Pierre, de Jean Jacques TAGNY, de Yves TENKEU et de Dominique TAGNY va permettre à NZONGANG d’assouvir ses desseins : faire croire que  la Polyclinique est  en liquidation afin de parachever son œuvre destructrice

 

 

 

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« TOUT CE QUI EST JUSTE VIENT A LA LUMIERE » Docteur TAGNY

 

Oui Seigneur, en  silence j’attends ton secours.

 

 

 

EN GUISE DE CONSLUSION

 

A la lecture de la plainte de Nzongang contre Tagny Mathieu  et les administrateurs de la Polyclinique de Bafoussam, il m’a paru opportun d’éclairer tous les lecteurs sur les différentes accusations.

 

Il y a lieu de préciser qu’il a été débouté.

En page 1 : La Société est créée en 1965 mais ne fonctionnait pas et la construction n’était pas achevée.

 

Les actionnaires étaient tenus informés de l’évolution de leur projet. Personne ne se plaignait. Malgré l’arrêt des travaux pendant 2 ans où Dr. Tagny était en prison, tous lui ont fait confiance. « Tous les actionnaires manifestent un désir sincère de voir les travaux se poursuivre ».

 

Ce n’est qu’à partir de 1975 que l’on peut parler de gestion. On peut préciser et rappeler que c’est faux de dire que Tagny a géré seul la Société.

 

 

 

 

 

Que répond le Dr. Tagny Mathieu au sujet de l’abus des biens sociaux ? (page 2)

   

 

 

 

 

 

 

 

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A la lecture des déclarations du Dr. Tagny, et compte tenue des témoignages de tous les gestionnaires qu’a connu la Polyclinique, nous pouvons affirmer, sans l’ombre d’un doute, que les recettes, découlant de la Médecine du Travail ont été, de toutes les recettes, les plus importantes. La preuve est que, dès que la Polyclinique a perdu cette clientèle, elle a eu des problèmes de trésorerie et ce au moment ou Nzongang gérait. Curieux non ?

 

Le Décret n° 79/096 du 21/03/79 fixant les modalités d’exercice de la Médecine du Travail est clair. Les fonctions de médecins du travail sont individuelles.

 

    

      

 

 

 

 

 

 

 

 

Concernant l’appropriation de la Société Anonyme de la Polyclinique de Bafoussam, le fait de dire : « mon pays, mon village, mon bureau, mon cabinet mon professeur …» ne fait pas du locuteur un propriétaire mais montre simplement son appartenance à l’objet cité  ou sa relation avec la personne.

 

Le Docteur Tagny n’a pas modifié les Statuts en plaçant la Société comme étant sa propriété.

 

Il y a à cette époque des régularisations et des ajustements des conventions de soins. L’Etat a finalement tout uniformisé.

 

Comme l’a expliqué le Dr. Tagny, il y avait 2 formes de recettes : Celles du Dr. En sa qualité de Médecin du Travail et celles de la Polyclinique pour hospitalisation etc.…

 

Nzongang aurait souhaité que les revenus du Docteur soient  entièrement reversés à la Polyclinique qui bénéficiait déjà largement de son agrément.

 

Nous rappelons qu’à cause des crédits à rembourser, le Dr. Tagny ne percevait pas de salaire conforme à son travail au sein de la Polyclinique. Et ce n’est qu’à partir de 1976 en fait qu’il a commencé à percevoir non pas un salaire en tant que tel car la Société ne tournait pas encore en plein régime mais une compensation fait de petits avantages.

 

En dehors des félicitations, l’a-t-on dédommagé pour tout le sacrifice consenti pour la Société ?

 

Utiliser donc la Boîte Postale de la Polyclinique,(qui en réalité était celle du Dr. TAGNY Mathieu),  son Cabinet etc.… pour faire bénéficier la Polyclinique de fortes sommes  d’argent, n’était qu’une juste et infime compensation  de ses services qui, sous d’autres cieux, auraient coûté une fortune à la Société.

 

La preuve éclatante est que, ayant pris les commandes de la Polyclinique, Monsieur Nzongang a été contraint de licencier,  réduire les  dépenses, fermer et enfin mettre frauduleusement la Société en liquidation.

  

 

 

 

Depuis, Jean Jacques et Guy Pierre  ont  mené cette guerre. Ils sont aujourd’hui décédés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, Atour se bat pour rouvrir la Polyclinique et redorer son blason.

 

Avec l’aide de Dieu, le soutient de tous les actionnaires conscients de l’importance de cet édifice, l’assistance de toutes les bonnes volontés, j’y arriverai.

 

 

« Réjouis-nous autant de jours que tu nous as humiliés, autant d’années que nous avons vu le malheur. Que ton œuvre se manifeste à tes serviteurs, et ta gloire sur leurs enfants ! Que la grâce de l’Eternel, notre Dieu, soit sur nous ! Affermis l’ouvrage de nos mains, oui affermis l’ouvrage de nos mains ».

Psaumes 90 : 15 – 17

 

 

« Gardez-vous avec soin de l’avarice ; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance ». Luc 12 : 15

 

                                                                                          

 

 

 BAFOUSSAM LE 30 AOUT 2007

 

 

 

                                                                                               

 

 

 

 LEOPOLD ATOUR TAGNY

 

 

 

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