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Fiche synthétique de site

France – presqu’ile de Crozon – pointe des espagnols

 

 

 

 

 



CE QUE L'ON PEUT ENCORE VOIR SUR SITE


L'ensemble du site subsiste en bon état sous un masque d'épineux difficilement pénétrable.



ORIGINE DES INFORMATIONS

site internet : http://patrimoine.region-bretagne.fr

site internet : http://atlantikwall.superforum.fr

Revue "histoire et fortifications" de juin 2002




GENERALITES GEOGRAPHIQUES

 

Le plateau rocheux (schistes et quartzites de Plougastel) de la presqu'île de Quélern se termine au nord-est par un promontoire à peu près triangulaire, bordé de falaises très raides tombant dans la mer, dont la face nord constitue la rive sud du goulet de Brest et la face est domine la rade intérieure. Ce promontoire est la pointe des Espagnols, dont le sommet commande de 60 mètres l'entrée du port de Brest, à 5 000 mètres de distance, et qui constitue l'extrémité est du goulet, à partir de laquelle le plan d'eau s'élargit pour former la rade intérieure.

C'est, en fait, la porte intérieure du Goulet.

A cet emplacement privilégié s'ajoute le fait que la disposition étirée du sommet de la pointe se prête tout naturellement à une organisation du genre "éperon barré" éminemment favorable à sa défense face à l'intérieur.

 

 

 

 

HISTORIQUE SOMMAIRE

 

La configuration géographique du site a eu sur les événements historiques une influence indéniable :


  • au printemps 1594 les Espagnols alliés de la ligue débarquent de 12 vaisseaux à Camaret, envahissent la presqu'île de Quélern et avec l'aide de la population locale attirée par des salaires élevés, construisent un fort triangulaire au sommet de la pointe. Sourdéac, qui commande à Brest au nom du roi Henri IV ; demande des renforts au Maréchal d'Aumont gouverneur de Bretagne. Le 15 octobre 1594 une armée composée de 3 000 français commandés par Molac, 2 000 Anglais commandés par Norris, 300 arquebusiers à cheval et 400 gentilshommes, vient bloquer et attaquer le fort tenu par 400 Espagnols munis de canons et commandés par Don Thomas Praxede. Malgré la profondeur insuffisante des fossés (due à l'extrême dureté du sol) le siège est très dur, du fait de la maladie qui sévit, et de la vigoureuse résistance des Espagnols ; ce n'est que le 18 novembre que l'assaut final submerge le fort, tous les Espagnols sauf 13 (9 blessés et 4 qui s'étaient cachés) sont tués y compris Praxede. Sourdéac fait aussitôt raser le fort. Depuis cette date la pointe prend le nom de pointe des Espagnols. On notera que si l'initiative d'attaquer Brest, à partir de ce point, après l'avoir solidement organisée, revient aux Espagnols, l'idée en sera reprise ultérieurement et la leçon n'a pas été perdue, ni par les Anglais qui participaient au siège de 1594, ni par les français qui organisèrent en conséquence la presqu'île, ni même par les Allemands entre 1942 et 1944.
  • entre 1590 et la 1er guerre mondiale, le site va être régulièrement et puissamment transformé. C’est durant cette période que le site connait ses plus importantes transformations. Une analyse thématique est nécessaire pour en saisir la complexité. (Voir annexe n°1 ci après)
  • en 1915-1916 comme sur la plupart des ouvrages de la rade de Brest, et compte tenu de la maîtrise des mers détenue par les alliés (sauf dans la guerre sous-marine) on enlève une forte partie des matériels d'artillerie qui part sur le front du nord-est pour constituer l'A.L.V.F. et l'A.L.G.P. dont les armées en campagne ont le plus pressent besoin.
  • à la veille de la seconde guerre mondiale la pointe des Espagnols n’est plus dotée que de trois matériels de 105 mm mle 1897 et de quatre canons de 47 mm mle 1885 à tir rapide.
  • enfin pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands occupent la pointe des Espagnols et en font le "Groupe de point d'appui de Crozon - Route des Espagnols ("Stützpunktengruppe Crozon" relevant du 17e Pestrings Pionier Stab.) Une analyse thématique est nécessaire pour en saisir la complexité. (Voir annexe n°2 ci après)

 

 

 

 

ANNEXE 1 : DESCRIPTION ET HISTORIQUE DES INSTALLATIONS ENTRE LE 16e SIECLE ET LA 1ere GUERRE MONDIALE

 

lien vers le site internet de la position de la pointe des espagnols :http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xspxecute=show_document&id=MERIMEEIA29001543&query=sdx_q0&n=17&me



Vue générale de la position française



Vue des positions françaises à l'intérieur de l'enceinte



On rencontre, de haut en bas, en décomposant les différents éléments constitutifs :

 

Ouvrages du "sommet"

- la Tour Réduit modèle 1911.

- l'ouvrage à cornes et ses branches tombantes.

- le magasin à poudre sous roc.

- la batterie haute de 24 cm Nord.

- la batterie haute de 32 cm Nord.

- la batterie haute de 32 cm Est.

- la batterie haute de 24 cm Est.

- la batterie haute de 19 cm Est.

- le magasin à poudre enterré Nord.

- le magasin à poudre enterré Est.

- la batterie de 100 mm à tir rapide (ancienne batterie de mortier).

 

Ouvrages "bas"

- la batterie basse (dite "batterie de Vauban").

- les bâtiments de la batterie basse.

- la batterie de rupture.

 

 

 

 

LA TOUR REDUIT modèle 1911

Elle est construite en 1811, à l'époque du blocus continental. Implantée au sommet topographique du promontoire, sur la bissectrice de l'angle formé par les deux faces de la pointe ; elle est tout à fait conforme au plan-type du modèle n° 1 du décret du 3 Mai 1811 (tour pour 60 hommes) et semblable à celle du même modèle construite à la batterie de Cornouaille[s]. L'ouvrage est privé du parapet de la plateforme supérieure et de ses bretèches (Rasées sous l'occupation semble-t-il.) Il est construit en maçonnerie de moellons de schiste brun foncé avec : encadrement des ouvertures, modillons et tablette de soubassement du parapet, chaînes d'angles, linteau et seuil des créneaux de fusillade en pierre de taille appareillée et dressée, de granite clair. L'encadrement de la porte et les chaînes d'angle sont harpés, pas de date au-dessus de la porte. La tour, entourée d'un fossé, d'un chemin couvert et d'un glacis périphérique, est reliée à l'ouvrage à contrescarpe une double caponnière tracée suivant la capitale de cet ouvrage.


lien vers le site internet de la tour réduit de la pointe des espagnols : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001781

lien vers le site internet des tour réduit en général : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002299

 

plan : vue d'ensemble (tour et fossé)



plans : 1er étage (niveau d'accès)



plan : RdC (niveau du fossé)



Plan : vue en coupe



photo : état actuel

l'absence de créneaux est lié aux travaux de transformation du site faits par les allemands pendant la 2e guerre mondiale



 

L'OUVRAGES A CORNES ET SES BRANCHES TOMBANTES

Description :

La capitale de l'ouvrage à cornes est orientée nord-est sud-ouest et correspond à la bissectrice intérieure de l'angle formé par la pointe.

Longueur du front (entre saillants de bastions) : 80 m.

La route d'accès, prolongeant la double caponnière de la tour-réduit et coupant la route stratégique, pénètre dans l'ouvrage en milieu de courtine par un portail aujourd'hui détruit après avoir franchi le fossé général sur un pont.

Escarpe, en maçonnerie de schiste brun, à chaînes d'angle harpées et tablettes de couronnement en granite, soutenant un parapet en terre avec banquette.

Les branches tombantes, de même construction que l'escarpe ci-dessus, prolongent les flancs de l'ouvrage à cornes, avec retour en angle légèrement obtus. Ils enveloppent l'ensemble des ouvrages hauts et bas.

La branche nord, simple mur dépourvu de parapet, se raccorde en ligne droite, selon la ligne de plus grande pente, à l'extrémité ouest de la batterie basse. La branche sud, plus longue, part d'abord obliquement puis se brise et descend directement au rivage.

 

Historique :

Cet ensemble, orienté face à l'intérieur des terres, constitue l'enceinte de sûreté couvrant la batterie basse et la batterie haute contre une attaque à revers. La réalisation d'un tel dispositif, projetée dès les origines, vers 1694, a été longtemps différée. Fin 17e siècle, un aide d'artillerie, du "MEE", émet le projet d'un fort triangulaire au sommet de la pointe (projet non exécuté). Jusqu’au 18e siècle, plusieurs projets sont envisagés et abandonnés (1769 en particulier) tendant à construire une enceinte enveloppe (couronné bastionné).

Au 18e siècle la batterie haute est remaniée pour recevoir 6 mortiers sur plateformes et entourée, du côté du plateau d'un retranchement en terre. Le retranchement en terre en est la résurgence partielle des projets  précédents (réalisée à moindres frais.), avec fossé et parapet, couvrant, en tracé tenaillé, l'ensemble de la position.

La date exacte de construction de l’ouvrage à cornes et des branches tombantes n'est pas connue, faute de documents, mais on sait que l'ouvrage n'existait pas en 1811 et existait en 1880 au moment où furent établies les batteries hautes. On remarque une analogie très nette avec l'enceinte arrière de la batterie du Toulinguet.), la position étant déjà couverte, à l'arrière et à plus grande distance, par les lignes de Quélern.

 

 

 

 

MAGASIN A POUDRE SOUS ROC

Etabli sous le terre-plein de l'ouvrage à cornes et parallèlement à la courtine, cet ouvrage a été construit vers 1890 pour remplacer les deux magasins enterrés de 1880-1885 auxquels les explosifs brisants (obus torpille) mis en service en 1885-1886 avaient ôté toute valeur de protection.

Il s'agit d'un magasin jouant le rôle de magasin de secteur et destiné à ravitailler les cinq batteries hautes de gros calibre.

L'entrée est ménagée dans le flanc sud de l'ouvrage à cornes dont le fossé a été raccordé par deux routes en tranchée à la route stratégique. Cette entrée donne accès à une galerie descendante avec escalier aboutissant à un premier vestibule. De ce vestibule une seconde galerie, décrochée en baïonnette par rapport à la première, mène, après avoir traversé un deuxième vestibule, à la chambre des poudres vaste local de 35 mètres par 5 mètres environ voûté en berceau et creusé sous 8 mètres environ de roc.

La chambre des poudres est suivie d'un troisième vestibule ; de ce troisième vestibule et du deuxième, partent deux tronçons de galerie, perpendiculaires à l'axe de la chambre des poudres aboutissant au pied de puits verticaux ayant été équipé de monte-charges, et débouchant dans l'escarpe de la courtine à ras des flancs des demi bastions. Les puits protégés par des massifs bétonnés assuraient le livraison des obus aux batteries, l'approvisionnement se faisait par la galerie d'accès.

Le tout était équipé à l'intérieur de monorails de transport aérien et à l'extérieur, d'un réseau de voie de 0,40 mètre aujourd'hui enlevé. Eclairage par lanternes à pétrole de sécurité sous niches protégées du type réglementaire.

Entrée en plein cintre à claveaux rayonnants harpés en granite de l'Aber Ildut noyés dans le béton du massif protecteur.

Locaux et circulations intérieurs : maçonnerie enduite au mortier.

Dispositions architecturales et d'équipement en tous points semblable aux magasins du même type de la Batterie Robert, des Capucins et de Tremet.

 

Documents :

Plan type :

 

BATTERIES HAUTES

Description :

 

Ces batteries sont des batteries de bombardement, à air libre avec traverses-abris. Elles sont d'organisation identique (Seule, la batterie de 32 cm est implantée à l'intérieur de l'enceinte de l'ouvrage à cornes. Les autres sont établies à l'extérieur, le long de la route stratégique, sans protection contre une attaque d'infanterie sur leurs arrières. Ce qui prouve que l'enceinte arrière (ouvrage à cornes et branches tombantes) est antérieure à la construction des batteries hautes) : ce sont des batteries barbette à ciel ouvert traversées de pièce en pièce (sauf la batterie double 24 cm et 19 cm de la face est traversée de deux en deux parce que fichant dans une direction non dangereuse et risquant peu le tir d'enfilade).

 

Dans les deux batteries de la face nord une traverse sur deux est creuse (traverse abri).

Dans les batteries de la face est, la batterie de 32 cm a deux traverses sur trois creuses ; la batterie de 24 cm et 19 cm a toutes ses traverses creuses (dont une double).

 

Les traverses-abris de toutes les batteries sont identiques et, simples ou doubles, conformes aux dispositions réglementaires de 1877 à 1885. Façades en maçonnerie de schiste, encadrements des baies harpes et tablette en granite clair appareillé ; voûtes en maçonnerie (berceau) enduites au mortier. Cloisonnement transversal divisant le bâtiment en abri à personnel (côté façade) et soute à munition de pièce au fond. Le tout, sauf la façade arrière dégagée, est recouvert par un massif de terre de protection.

 

En fait, les batteries ne diffèrent que par les plate-formes adaptées au matériel d'artillerie. L'état d'embrousaillement ne permet pas de détermine le type exact des affûts.

 

 

Historique :

 

23 Avril 1694 : l'état de l'artillerie du indique la batterie comme armée de 4 canons de 24 livres de balle et 3 mortiers.

 

Fin de l'année 1695 :  la batterie haute était armée de 6 canons (4 canons de 36 livres de balle, 2 canons de 24 livres de balle) 

 

7 novembre 1844 : le comité des fortifications s'appuyant sur le travail de la commission des côtes de 1841 (Atlas de défense des côtes, tome III, 2e arrondissement de Brest) recommande l'armement de la batterie haute : 5 mortiers de 32 cm en fer.

 

1858 : la batterie haute de la pointe des Espagnols est mentionnée dans l'Atlas de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classée en 1er degré d'importance, elle est armée de 4 mortiers de 32 cm.

 

7 février 1870 : selon l'état extrait de la délibération de la Commission de Défense des Côtes annexé au projet d'instruction pour la révision à faire à l'armement du littoral, l'armement transitoire antérieur à 1870 est composé de 4 mortiers de 32 cm.

 

1883-1884 : réalisées le long de la route stratégique et répertoriées sur l'Atlas des batteries de côte de 1893, les batteries hautes et basse de pointe des Espagnols sont armées de :

 à l’intérieur de l’enceinte : 3 canons Marine de 32 cm modèle 1870 sur affûts Marine modèle 1876-T-1883 P. A. tirant dans la rade intérieure (vers l'île Ronde) ("batterie intérieure", cote : 67,19 mètres) ;

A l’extérieur de l’enceinte, sur la face nord,

- à l'ouest, près de la batterie de Pourjoint (nommée batterie n°2 sur le lien google earth en fin de page) : une batterie pour 4 pièces de 24 cm Marine modèle 1870-1884 sur affûts Marine modèle 1876-T-1883 tirant normalement au goulet ("batterie extérieure de gauche", cote : 74,24 mètres) ;

- à l'est, près de l'ouvrage cornes (nommée batterie n°1 sur le lien google earth en fin de page) une batterie pour 4 pièces de 32 cm Marine modèle 1870-1881 sur affûts Marine modèle 1882 P. A, tirant vers le nord, obliquement par rapport au goulet ("batterie extérieure de gauche du goulet", cote : 70,50 mètres).

A l’extérieur de l’enceinte, sur la face Est (au sud de l’ouvrage à cornes) tirant dans la rade intérieure

- une batterie comprenant 4 pièces de 19 cm Marine modèle 1864-1870 sur affûts Marine modèle 1869-T-1884 P. A. ("batterie extérieure de droite", cote : 64,93 mètres)

- une batterie comprenant 4 pièces de 24 cm Marin en modèle 1870 sur affûts Marine modèle 1876-T-1883 ("batterie extérieure de droite", cote : 64,93 mètres),.

Nota : les 2 batteries ne sont pas physiquement distinctes et ne paraissent n’en faire qu’une seule sur le terrain (nommée batteries n°3 et 3 bis sur le lien google earth en fin de page)

 

liens vers des sites internets : 

- batterie de bombardement en général : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002300&query=sdx_q0&n=2&menu=4

- batterie n°1 : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001864

- batterie n°2 : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001863

- batteries n°3 : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001866

-batterie n°3bis : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001867





Cette évolution résulte d’une réorganisation d'ensemble liée de la mise en service de l'artillerie rayée. Il est à noter que la crise de l’obus torpille n’entrainera pas la réorganisation du site comme cela aurait du l’être. On se contenta par raison d'économie et du fait de la position en retrait de ces batteries par rapport à l'entrée du goulet, de construire un magasin à poudre sous roc sous l'ouvrage à cornes avec entrée par le fossé du flanc sud, bien défilé.

 

1913 : Selon l'Atlas des batteries de côte, les batteries hautes et basse de pointe des Espagnols sont armées de :

- 3 canons Marine de 32 cm modèle 1870 sur affûts Marine modèle 1876-T-1883 P. A. ("batterie intérieure", cote : 67,19 mètres) ;

- 4 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affûts Marine modèle 1876-T-1883 ("batterie extérieure de droite", cote : 64,93 mètres).

 


Documents :

Plan de la batterie ouest de la façade nord (coté batterie de Pourjoint) : a noter le détail d’un abri traverse avec ses 2 compartiments (un pour les hommes et un pour les munitions)

 


 

Plan de la traverse double de la batterie de la façade Est :

 


photo d'un abri traverse des batteries hautes :

origine de l'image : 

 


MAGASIN A POUDRE ENTERRES (type 1874)

 

Ils sont construit en 1882-1883. De type 1874, Etablis en retrait sur le plateau, pour des raisons de défilement aux coups du large, et de distance de sécurité par rapport aux batteries, en cas d'explosion. Ils sont orientés nord-est-sud-ouest avec entrée au sud-ouest, face à l'intérieur des terres. Ce sont de vastes locaux en maçonnerie, voûtés en plein cintre et recouverts, sauf la façade d'entrée, d'un important massif protecteur, de terre.

La façade d'entrée, seule dégagée donne sur une cour fermée par un mur de clôture, cour encastrée dans le massif d'enveloppe.

Le magasin nord desservait les deux batteries de 24 et 32 cm de la face nord.

Le magasin est desservait les 3 batteries de 32 cm, 24 cm et 19 cm de la face est.

Ils sont distants de 400 mètres l’un de l’autre

La desserte se faisant par des embranchements routiers particuliers.

La crise de l’obus torpille rendra leur protection inefficace et entrainera la construction d’un magasin sous roc

Les deux magasins sont en partie ruinés et ensevelis sous les ronces.


 

BATTERIE DE 100 mm A TIR RAPIDE (repère N du plan Marine)

Avril 1694 : constituant, à l'origine, la seule batterie haute de la pointe, elle était en armée de 4 canons de 24 livres de balle et 3 mortiers et avait un plan en fer à cheval très allongé.

 

1773 : Une fois terminée la batterie basse, cette batterie est dotée exclusivement de mortiers pour lesquels 6 plate-formes sont aménagées.

 

1900 : elle est remaniée et reconstruite en béton, mais sur un plan identique (imposé d'ailleurs par la forme du terrain) et armée de 6 pièces de 100 mm à tir rapide disposées en ligne sur un axe nord nord-est sud sud-ouest, avec un champ au tir de près de 270 degrés.

 

1913 : Selon l'Atlas des batteries de côte, la batterie haute de pointe des Espagnols est armée de 4 canons Marine de 100 mm modèle 1897 à tir rapide sur affût Marine modèle 1897 P. C. (cote : 63 mètres) ;

 

1922 : Selon l'Atlas des batteries de côte, la batterie haute de pointe des Espagnols est armée de :

- 2 canons Marine de 100 mm modèle 1881 à tir rapide. (cote : 63 mètres) ;

- 4 canons de 75 mm en défense antiaérienne.

 

La cuvette centrale a été comblée de terre lors du récent "aménagement touristique" (?) du site et est seul visible le parapet en fer à cheval allongé.

 


 

Photos :

 

La batterie à tir rapide vue du ciel :

 


La batterie à tir rapide vue de l’intérieur de l’enceinte :





 


BATTERIE BASSE « Vauban »


Description :

 

Construite par Vauban elle dessine un V très ouvert, à branches asymétriques fermées aux deux extrémités par des retours, enveloppant le pied des falaises de la pointe, à quelques mètres à peine au-dessus du niveau de la pleine mer.

Accès par sentier en zig-zag descendant de la batterie haute.

Le terre-plein soigneusement nivelé a été obtenu par déroctage à la mine du soubassement rocheux, aplani pour asseoir la maçonnerie, et, de la falaise, pour obtenir l'espace suffisant au service des pièces.

Elle est bordée à l'avant d'un parapet en maçonnerie de schistes bruns assez grossière, surmontant une escarpe peu élevée fondée sur le soubassement de roc naturel.

  


Historique :

 

A l'origine ce parapet était entaillé de 32 embrasures (32 sur le plan approuvé par Vauban le 24 Janvier 1676 - 33 sur d'autres documents) pour pièces de gros calibre ainsi réparties :

- retour (ou flanc) ouest : 2.

- face nord (le long du goulet) : 18.

- face nord-est : 8.

- retour (ou flanc) sud : 4.

 

« Le 11 mars 1689, Vauban proposait de faire un fortin à la pointe des Espagnols avec une tour à l´extrémité qui servirait de batterie. Situé sur un promontoire à l´extrémité de la presqu´île de Roscanvel vis-à-vis du fort du Portzic, la batterie de la pointe des Espagnols qui dominait toute la rade et l´embouchure du goulet de Brest, était la dernière fortification sur la rive Sud du goulet avant l´entrée de la rade. Elle croisait ses feux avec celle du Portzic ; « La batterie basse a été construite à la mine au pied de l´escarpement à l´endroit le plus resserré du goulet ».

 

Décembre 1695 - armement de la batterie basse de la pointe des Espagnols :

- vieille batterie basse : 10 canons (Tous de 12 livres).

- nouvelle batterie basse : 24 canons (Tous de 36 livres ; dont 17 en voie d´installation ; batterie conçue pour recevoir 30 gros canons).

- un corps de garde, un magasin et une forge (Génie, F°33, tome 2).

 

24 janvier 1696 : d´après le plan de l’ingénieur Traverse du de la nouvelle batterie de la pointe des Espagnols (toujours en chantier), les huit premières plate formes du côté gauche de la batterie étaient faites. Restaient à faire les vingt-deux autres pour porter la nouvelle batterie basse à trente canons, ainsi que les magasins, des logements et un quai de déchargement pour les chaloupes. La batterie occupait un espace d´environ 90 toises en longueur (Génie, article 8, section 1 : Brest, carton n° 1, n° 32).

Une fois équipée de quarante-neuf canons, la batterie de la pointe des Espagnols devait constituer, avec celle de Cornouaille, l´un des deux grands ouvrages de défenses de la presqu´île de Roscanvel.

Un plan de Du Mée, aide d´artillerie, mentionnait la construction d´une tour de 10 pieds de haut pour mettre cinq ou six mortiers qui battront dans le goulet et la rade de Brest qui n’a jamais été réalisé.

 

12 décembre 1700 - Légende du plan de Traverse (p. 284) : « il doit y avoir au-dessus de cette batterie une grosse tour ou redoute à trois étages de 10 pieds (3,30 mètres) de haut, couverte d´un retranchement en forme d´ouvrage couronné, avec deux lignes de communication avec la batterie basse qui seront terminées sur les extrémités de la droite et de la gauche par deux tours voûtées à plusieurs étages dans lesquelles seront les escaliers pour descendre dans la batterie basse. Ces tours pourront servir de magasins et de logements pour les troupes et les canonniers (Génie, article 8, section 1 : Brest, carton n° 1, n° 40) ».

Selon traverse, cet ouvrage visait à empêcher les approches de la batterie basse du côté du pays et à fournir une retraite aux troupes qui pourraient être poussées du retranchement de Roscanvel en attendant les chaloupes ». Une batterie de neuf canons était par ailleurs prévue sur la partie supérieure pour remplacer la vieille batterie de six canons », p. 268-269.

 

1758 : La batterie est indiqué par l'Etat d'armement comme [composée] de 24 canons et 2 (?) mortiers, et baptisée "batterie Vauban" nom qu'elle gardera ultérieurement.

 

Fin du 18e siècle ou début 19e siècle : le parapet a été transformé à barbette et les embrasures supprimées. Le mur de genouillère a été entaillé de niches pour les têtes de châssis des affûts de nouveaux matériels à pivot avant. (comme à la batterie de Cornouailles) et l'armement ramené, à 29 pièces.

 

Fin du 19e siècle : la batterie, à demi abandonnée depuis 1870, disparaît en tant que batterie de gros calibre et se trouve transformée en batterie d'artillerie légère. Selon l'Atlas des batteries de côte de 1893, elle est armée de 4 canons Marine de 47 mm modèle 1885 à tir rapide sur affûts Marine modèle 1885 à crinoline ("batterie basse", cote : 4,70 mètres). Ils seront déposées en 1913. La position est en outre dotée de deux projecteurs électriques de 60 et 90 cm, avec usine d'alimentation et un poste de commandement à distance.

 

L'emplacement des 4 pièces de 47 mm est encore visible à l'extrémité ouest de la face nord, ainsi que la ferraille des affûts crinoline ; une bouche à feu de 47 mm gisait encore dans les ronces en 1969. L'état d'embrousaillement de l'ouvrage ne permet pas de reconnaissance plus détaillée.

 

lien vers le site internet de la batterie basse : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001865



Documents :

 

Epoque Vauban : le plan de la batterie basse (le fort triangulaire sur les hauteurs et la tour en partie basse resteront à l’état de projet)



 

19e siècle : la batterie d’artillerie légère :


 



19e siècle : emplacement des projecteurs et de la batterie de rupture :

 

 

plan : abri à soute dans la falaise




Etat actuel : batterie basse

Diaporama Picasa Albums Web


BATIMENTS DE LA BATTERIE BASSE

Soute à munitions creusée en abri-caverne dans le pied de la falaise, à mi-longueur de la face nord et de plain-pied avec le terre-plein ; constituée par une petite chambre à poudres en maçonnerie légère isolée des parois rocheuses par un vide sanitaire (pour protéger les munitions des eaux de suintement). Accès par un petit corridor à tracé brisé.

Bâtiments en élévation situés sur la plate-forme de la face nord-est. Il s'agit de bâtiments sinistrés remontant en partie au 19e siècle ; en maçonnerie de schiste enduite au mortier lissé.

- au sud : deux bâtiments d'habitation, à deux niveaux (rez-de-chaussée et étage) à toiture en bâtière ; le plus au nord a les portes et fenêtres encadrées de granite en gros appareil, feuillure extérieure pour les volets.

- au nord : ancien magasin à poudre (ou citerne ?) petit bâtiment voûté en berceau. Ce bâtiment semble correspondre à un magasin à poudre figurant sur le Grand Atlas de 1823.

Le tout sans aucune décoration.

 

 photo : état actuel des bâtiment



 

BATTERIE DE RUPTURE DE LA POINTE DES ESPAGNOLS

Construite (après la crise de l’obus torpille), en 1888, sous le terre-plein de la face nord et tirant perpendiculairement au goulet, elle est rigoureusement conforme aux plan-type et semblables aux autres batteries de rupture de la rive sud.

Elle est armée de 2 canons Marine de 32 cm modèle 1870-1884 sur affût Marine modèle 1888 (cote 6 mètres).

Entrée à l'est par tranchée et galerie munie d'un escalier à volée droite desservant le magasin à munitions à gauche en entrant, puis les deux casemates de pièces, à droite.

Les embrasures des deux pièces débouchent sous l'escarpe de la face nord, dans le même alignement et sont séparés par un orillon revêtu de maçonnerie destiné à protéger l'embrasure la plus à l'est des coups d'écharpe. 

A noter le renforcement (massif d'éclatement) de la plate-forme de la batterie basse au-dessus de la batterie de rupture, pour compenser l'insuffisance de l'épaisseur de roc au-dessus du ciel des casemates.

Elles seront armées jusqu’en 1913.


lien vers le site internet de la batterie de rupture de la pointe des espagnols : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001809
voir le site internet suivant vers les batteries de rupture en général : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002298&query=sdx_q0&n=11&menu=4

 

Photos : a noter que la rehausse du parapet en maçonnerie réalisée pour permettre la création de la batterie apparaît nettement


 

BATTERIE DE RUPTURE DE POURJOINT

voir le site internet suivant spécifique à la batterie de rupture de Pourjoint : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001810&query=sdx_q1&n=2&menu=4

voir le site internet suivant vers les batteries de rupture en général : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002298&query=sdx_q0&n=11&menu=4

A noter que le poste de direction de tir de cette batterie n'est pas identifié



Batterie de Pourjoint : vue en plan


 

CONCLUSION SUR CETTE PERIODE

Ensemble composé d'éléments d'époque et de missions très différentes qui se juxtaposent voire même se superposent suivant un ordre difficilement perceptible de prime abord et dont la logique n'apparaît qu'après analyse.

A part la tour-réduit (Elle a désormais pour fonction d'abriter des expositions. Le dégagement du fossé, du chemin couvert et du glacis rendrait compréhensible sa destination originelle.), aucun de ces éléments constitutifs ne présente, pris isolément, un intérêt majeur, l'intérêt résultant surtout de la juxtaposition de ces divers éléments concentrés sur un site naturel de grande beauté et de leur adaptation fonctionnelle à ce site.

 

On notera :

- l'échelonnement sur deux niveaux des batteries.

- le long cheminement du probléme, posé dès l'origine, mais résolu au moins un siècle et demi après seulement et à trop petite échelle, de la défense arrière de l'ensemble, repris enfin par les Allemands sur un tracé.

- les points de vue remarquables obtenus du sommet sur l'arrière du goulet, Brest et la rade intérieure.

 

La batterie basse, dite de Vauban, est un des rares gros ouvrages établi en dur (et autrement qu'en fortification du moment) au 17e, mais par rapport à Cornouaille[s], au Mingant ou à la tour de Camaret, il s'agit d'un ouvrage plus récent construit sous l'emprise d'une nécessité plus pressente et d'architecture beaucoup moins soignée (Comouaille[s] et le Mingant ont été entrepris vers 1680, la tour de Camaret vers 1690 : il s'agit d'ouvrages permanents prévus à loisir et bâtis "noblement". La batterie basse des Espagnols semble résulter d'addition de 1689 sinon de l'alerte de 1694. De plus, les remaniements ultérieurs l'ont altérée et les ronces en cachent l'essentiel. Le dégagement du terre-plein et du parapet de la batterie basse et un aménagement du chemin d'accès permettraient une meilleure mise en valeur de l'extrême pointe des Espagnols.).

Sous prétexte de "mise en valeur touristique du site", il a été procédé, il y a quelques années, à des aménagements menés sans le moindre souci de mise en valeur et même de simple respect des ouvrages auxquels les promoteurs ne comprennent manifestement rien. Le tout s'est traduit par un certain nombre de dégâts : comblement de la batterie de 100 mm à tir rapide, éventration de la courtine de l'ouvrage à cornes et comblement partiel du fossé, terrassements de parking ; il serait souhaitable qu'il fut mis fin à ce gâchis et qu'une protection soit imposée.

 

 


 

ANNEXE 2 : DESCRIPTION ET HISTORIQUE DES INSTALLATIONS DE LA 2eme GUERRE MONDIALE 


Les allemands conçoivent le stundpunkt en englobant dans le périmètre défensif, la batterie de rupture de Pourjoint (Voir dossier particulier à cette batterie).

 

Ouvrages français réutilisés :

Ils réutilisent les 2 magasins à poudre enterrés, le magasin à poudre sous roc et la tour modèle 1910 (dont les créneaux sont déposés à cette occasion) comme soute à munitions. Les embrasures des casemates des batteries de rupture sont modifiés (démolition des masques en maçonnerie et remplacement par casemates en béton armé à embrasures à larges trémies) pour accueillir des chambre de tir avec protection en béton armé : 2 canons de 75 mm pour de la pointe des espagnoles et 2 canons 50 mm KWK L/42  (canon de char retiré de l'armement des blindés et remployé comme artillerie légère) pour la batterie de Pourjoint (voir les liens vers les sites internet des batteries de rupture mentionnés dans l'annexe 1). La batterie existante de 100 mm à tir rapide est réutilisée en l’état.

 

Vue en plan et en coupe des aménagements allemands dans la batterie de rupture de la pointe des espagnols




Vue actuelle de la batterie de rupture de la pointe des espagnols

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Batterie de rupture de Pourjoint : vue en plan et en coupe







Photos d'histoire : batterie de Pourjoint en 1969

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Etat actuel : batterie de Pourjoint

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Ouvrages allemands :

 

Avec l’arrivée des Allemands, le site va être abondamment modifié.

 

Batterie anti aérienne : au dessus du promontoire de la batterie de Pourjoint, une batterie antiaérienne lourde 1./MaFlA 231 est mise en place. Cette dernière, codée C43 et baptisée du nom de Eisenträger, est placée sous le commandement de l’Oberleutnant MA d.R Karl Lotze et totalise quatre pièces de 10,5 cm EL C/32 conduites par un télémètre et protégée par deux canons de 2 cm Flak. Les pièces sont mises en batterie dans des cuves octogonales disposées en trapèze autour du poste de direction de tir. Un réseau de tranchée en étoile relie ces ouvrages entre eux ainsi que leurs dépendances : au nord un projecteur de 60 cm sur la falaise et, de l'autre coté de la route, un abri pour groupe électrogène (dans le magasin à poudre enterrés français), quelques barraquements, un radar de conduite de tir, 3 autres canons de 2 cm flak et quelques mitrailleuses lourdes.


Lien vers le site internet de la batterie http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001544&query=sdx_q0&n=16&menu=4


Photos d'époque : emplacement du projecteur



photo d'époque : vue aérienne des cuves 

A noter que cette photo fait apparaitre 6 cuve de DCA alors que le plan général PdF des positions françaises et allemandes (figurant au début de la page) en fait apparaître 4.

la construction en haut à gauche de la photo pourrait être le poste de direction de tir de la batterie de Pourjoint mentionnée plus haut




Photo état actuel : reste d'un affût de canon lourd encore visible à proximité de l'entrée de la batterie de Pourjoint




Logistique : une cale d'appontement et de déchargement est construite au pied de la falaise et est reliée par monte charge à la batterie haute pour facilité l’acheminement des matériaux, vivres et munitions.

Lien vers le site internet de la cale d'appontement : http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29004240&query=sdx_q0&n=10&menu=4


 

Image d’après guerre : la calle de déchargement et le monte charges apparaissent nettement. Le chemin trajet du chemin depuis le monte charge passe à travers le parapet de la batterie Est indiquant que le ce dernier a été défoncé



photo : état actuel







Défenses coté terres : la pointe même a été transformée en réduit hermétique par l’occupant qui y installe un certain nombre d’ouvrages bétonnés (à l’intérieur des terres, derrière l’actuel parking) selon un arc de cercle entre le ravin du Stiff et la côte est, par le hameau de Penaros. 

On y trouve :

  • une douzaine de tobrouk dont un pour mortier
  • deux abris H633 à cloche pour mortier M19 codés C45 et C48 ;
  • quatre abris H634 surmontés d’une cloche blindée à 6 créneaux pour mitrailleuses s.MG 34 disposant d'un champ de tir dégagé vers le sud-ouest ;
  • une casemate H515 pour s.MG 34 sous plaque de blindage codée C49 flanquant l'extrémité nord de la position ;
  • un garage H601 pour canon anti char de 4,5 cm pak 184 ;
  • deux casemates type H680 abritant respectivement un canon de 7,62 cm K38 (celle à l'ouest) et un canon de 7,5 cm FK97 (celle de l'est). Elles ont pour but de prendre en enfilade les 2 routes d'accès à la pointe ;
  • un abri de troupe H668 ;
  • un abri H621 surmonté d’une cloche pour guetteur codé C48/9 ;
  • un abri PC H621 codé C332 d’où est dirigé toute la résistance allemande de la pointe sous l’égide de l’Oberleutnant Becker commandant la 2./Gr.Rgt.898. 

Soit un total de 28 abris ou casemates en béton armé (dont 21 utilisables) et 4 en construction complété par une série d'obstacles (fossés, champ de tellerminen, asperges de rommel). Un réseau de tranchées relie tous ces ouvrages.

 

Image d’après guerre : vue générale

 



Etat actuel : abri pour groupe électrogène allemand (ancien abri à poudre enterré français)

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Etat actuel : casemate H515 pour mitrailleuse à l'est du site

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Etat actuel : casemate H680 SK pour canon anti char à l'ouest du site

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Etat actuel : casemate H634 pour 2 mitrailleuses sous cloche blindée située près de la route à l'Est du site

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Etat actuel : constructions SK non localisées

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Historique

la position de la pointe des espagnols et son homologue du portzic sont inspectées par Rommel les 19 et 20 février 1944. Malgrè des efforts tardifs, et faute de suffisamment de mainoeuvre, ces deux points d'appui ne seront pas entièrement terminés à l'arrivée des américains comme en témoigne notamment l'un des mortiers automatiques mis en place mais non scellé à la pointe des espagnol


Durant les combats de 1944, seul le point d'appui du Portzic rentrera véritablement en action. Pour la position de la pointe des espagnols, la phase de bombardement sera particulièrement violente mais concentrée sur la batterie flak dont le poste de direction de tir et deux cuves sont très endommagées. L'objectif des américains est avant tout de réduire les capacités anti aérienne de la pointe pour pouvoir utiliser leur maîtrise du ciel et notamment les bombardiers lourds en prenant des risques minimaux.Quelques salves d'artillerie et bombes s'abattront sur la ligne de défense terrestre n'occasionnant que des dégâts légers. La forteresse de Brest s'étant rendue le 19 septembre, il n'y aura pas d'assaut de la pointe et les forces alliées prendront possession des lieux le lendemain sans combat.


A l'issue des combats, les terrains sont ravagés et impropres à la culture pour de nombreuses années. La marine nationale envisage un temps de remettre en état pour son compte les batteries anti aérienne du Portzic et de la pointe des espagnols mais ces projets n'aboutissent pas. Les deux sites sont ferraillés dans les années 50-60. 


 

 
 




 
 


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