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Épitaphe

 

Toi le passant, toi qui t’arrête un instant: lis ceci

Je suis en cet endroit pour une éternelle nuit

Ci-gît celui qui se dit philosophe et poète

J’ai laissé des traces, des écrits, des requêtes

Le ciel est comme mon corps de couleur cendré

Je réside en ce lieu, dans le calme pour l’éternité !

Pense à ma gloire qui ne sera que posthume

Le caveau est familial, je compose dans mon urne

Si tu entends du bruit ou des applaudissements

N’ai aucune crainte, je déclame souvent.

Quelle que soit ta religion, je t’en prie fait une prière

Car je n’ai nul besoin de revenir, sur cette terre!

 

Taurus


Le Mendiant

 

Il marchait devant moi boitillant pauvre hère

Vêtu crapoteux, de ses habits de misères

Son ballot sur l’épaule comme seule fortune

Résultat d’une vie, complément d’infortune?

 

Je me demandais qui était ce personnage

Qui étaient ses parents, quel était son âge

Avait-il grandi dans un milieu aisé,

Ou, simplement né, résidu du pavé.

 

J’accélérais le pas, je le touchais déjà

Quand soudain il fit volte face et me regarda.

Dans ses yeux au regard rempli de détresse

Je vis un message et des larmes de tristesse.

 

Ses yeux disaient je t’en prie, aide-moi

Je suis un homme qui se trouve au abois!

La maladie me ronge autant que les regrets

Ceux d’avoir partout en tous temps échoué.

 

Je l’entraînais dans le parc et assis sur le banc

Je lui demandais: qui es-tu pauvre manant?

La crasse habille ton être, tes habits, ton corps,

Lui donnant l’odeur et l’apparence de la mort.

 

Je fus un jour très lointain un homme respectable

Qui servit l’humanité, d’une façon équitable

Professeur d’une grande école, féru de philosophie,

J’appartenais à l’élite dans le milieu des érudits.

 

Je fus heureux tout au long de mon enfance

Jamais je ne connu le besoin, la souffrance

Je servis mon pays dans la guerre je fus le kouros,

Et reçus la médaille, les blessures du héros.

 

L’honneur me fut servi juste pour un temps

L’oubli me rattrapas et seul me laissant,

Sans amis, sans famille, et même sans soutien,

Je devins l’anonyme par le choix du destin.

 

Je tentais tout au long de ma pauvre existence

De gagner l’amour, le respect, la confiance,

Mais, de tous ces choix, nul ne me fut accordé,

Car, sans contre-parti rien n’est jamais gagné.

 

Ainsi, dans cette grande ville, je suis, l’errant,

Celui qui traîne sa carcasse toujours en mendiant,

Qui vit des résidus qu’on décide de lui donner !

Les restes ou les aumônes mais jamais l’amitié.

 

Je pardonne à ceux qui pensent, affirment ou qui croient,

Que la chaleur humaine est indigne de moi!

Que seule l’apparence permet de me juger

Si je suis honnête, si l’on peut à moi se fier.

 

 

J’ai perdu ma famille, mes enfants, ma patrie,

De tous et de tout cela, maintenant je suis honni,

Il ne me reste que le respect des petits et des pauvres

A qui je porte aide, sème l’amour comme l’épeautre !

 

Viens l’ami ta semence céleste à enfin germé,

Tu vas connaître l’ultime facette, celle de ta destiné.

Je t’accueille dans un univers sans peine, sans chagrin,

Car je suis la mort celle qui cèle tous les chemins.

 

L’entraînant doucement vers l’ailleurs, l’au-delà

Son corps tomba au sol, sans un cri, sans éclat.

Lui qui fut déchu, déçu, torturé par la vie

Allait nous montrer sa valeur, la grandeur, son esprit.

 

Le ciel s’enflamma, s’irisa de mille couleurs,

Des chants montèrent au ciel, expression de son cœur,

Les anges s’agenouillèrent sous la forme d’oiseaux,

Ils vêtirent son corps sale, de plus beaux oripeaux.

 

La grandeur d’un être n’est pas son apparence

Ni ses liens familiaux, son savoir, sa prestance

Mais bien ce qu’il porte caché en son cœur

Son humanité, son amour, sa vie, son honneur.

 

Ne pensez pas qu’ici-bas par lâcheté l’injustice

Que vous commettez chaque jour, prétextant l’édifice

D’une société utopique faite de faux-semblants,

De responsabilités déplacées, par manque de cran.

Aujourd’hui ou demain il faudra payer la note

Et toutes vos parodies, vos excuses, vos ergotes

Ne tromperont ni vous, ni d’autres personnes

Cela sera vrai, réel, comme un glas qui sonne.

 

Tu es maintenant béni toi le manant, le petit hère

Tu as fini le chemin, maintenant où que tu erres,

Ton exemple servira de modèle et aussi de leçon,

A ceux qui font le choix d’être, de faux parangons.

 

 

Morale

 

L’homme doit comprendre, qu’aider à tout va

Le malheureux ne retrouve pas, l’amour ou l’amitié,

Il faut l’aider à se suffire à lui même et il en sortira,

Grandi, la joie, la fierté de son estime retrouvé.

 

Taurus 




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