HISTORIQUE



Lors de nos sorties détection il n’est pas rare de rencontrer des petits plombs qui finissent bien souvent dans
nos boites à « merdouilles ».
Ne jetant jamais rien avant une inspection en règle, je me suis vite aperçu que ces petits plombs de diverses
formes portaient souvent des inscriptions ou des décors. Certains avaient même l’air très anciens.
Je me suis donc mis à les garder.
Au départ, les plus beaux je les donnais, les autres illisibles ou lisses je les confiais à la refonte et terminaient
souvent en plomb de pèche, jusqu’au jour où je m’y suis penché réellement et ai essayé de les déterminer.
Ainsi que je l’ai dit plus haut, beaucoup de plombs ne pourront jamais être identifiés car certains sont
anépigraphe, d’autres ne portent que des initiales ou armoriés ou comportant un monogramme et resteront à jamais
anonymes. D’autres portent des légendes qui donnent des informations tant sur la matière transportée (textile, tabac
ou autres) mais également le nom du fabricant ou l’origine du produit et parfois une date.
En regardant cet article j’espère que je susciterai chez vous un meilleur regard voire même un intérêt sur ces
petits plombs.

De grâce, ne les jetez plus, ils font partie de notre passé et des us et coutumes de nos régions. Eux aussi font
partie de notre patrimoine.
Dans le cas contraire donnez les … je pense qu’ils trouveront toujours amateur et feront la joie de l’heureux
collectionneur.
Le plomb de scellé c’est comme une empreinte digitale puisqu’il est la marque de son auteur.
Son usage remonte à la plus haute Antiquité. Le sceau de plomb était le moyen le plus fiable de marquer sa
provenance, la quantité mais aussi la qualité d’un produit et plus tard d’indiquer qu’une taxe avait été acquittée. Il
prouvait également que l’enveloppe, le sac ou la céramique n’avaient pas été ouverts et que le contenu n’avait pas été
modifié. Ce plomb est toujours utilisé de nos jours sur les compteurs électriques, de gaz mais aussi sur les camions.
Cet usage date des périodes hellénistique et romaine jusqu’à nos jours.
Ce plomb n’était utilisé qu’une fois car une fois arraché, il était jeté ou fondu.
C’est pour cette raison qu’aujourd’hui nous retrouvons ces témoignages.
Malheureusement ils ne sont pas toujours en très bon état et leur lecture est quelquefois très difficile.
Nous en trouvons de diverses formes.
Des plombs circulaires, rectangulaires ou triangulaires, à plateau ou à tunnel.

1) les plombs à plateau

Les plombs à plateau sont constitués de deux rondelles reliées par une bande.
Un des plateaux porte un ou deux trous et l’autre un ou deux ergots en saillie qui passent dans le trou lors
du pliage sur l’étoffe et qui sont écrasés lors de la frappe du sceau.
C’est la raison pour laquelle apparaissent au revers les marques de tissus comme nous le verrons plus loin sur les photos.




Exemple de plomb à plateau n’ayant jamais été frappé
Col. CARLAUSIUS


2) les plombs à tunnel

Sous cette deuxième forme le flan du plateau est percé d’un ou deux tunnels double ou en « Y ».


Exemples de plombs à tunnel

3) les plombs à rivet

Chez nos voisins anglais au XVII / XVIIIème siècle on rencontre fréquemment les plombs rivets.
Ceux ci comprennent deux parties. La première étant le rivet qui était attaché au tissu, l’autre
comportait d’un coté un blason et l’autre l’aunage, ou autre indication.
Ces plombs ont été remplacés au cours du XVIIème siècle par les plombs à tunnel jugés plus
pratiques et pouvant être attachés à une plus large gamme de marchandises incluant les sacs, les balles et
autres.
Dans notre partie côtière du Pas de Calais, nous en trouvons parfois. Ceux-ci sont souvent
incomplets étant donné leur fragilité.
J’en ai retrouvé dans les collections de SEB et de MEREAU. Bien entendu ils sont figurés dans ce
catalogue.
Voici deux exemples de ces plombs trouvés sur le net. Je les ai choisis pour leur similitude avec ceux
présentés ci-après.


Les plombs sont encore utilisés aujourd’hui pour les compteurs électriques ou de ciment ou
d’engrais.
Par souci d’éviter toute pollution, le plomb sera remplacé par d’autres matériaux comme la
matière plastique.
Nous ne nous attarderons pas d’avantage sur les différences de plombs car d’excellents articles ont
été réalisés par « YANNOCK » dans les numéros de DETECTION PASSION à savoir :
N°58 sur les plombs pour sceller du XVIIIème siècle pour le textile
N°59 relatifs aux plombs de tabac au XVIIIème siècle
Le numéro 60 pour les plombs de sel et la gabelle au XVIIIème siècle
Et pour terminer le numéro 61 pour les plombs pour sceller au XVIIIème siècle de la Douane.
Dans ce numéro des Dossiers de l’Association WEB DETECTION vous trouverez des plombs de
toutes époques notamment ceux du XIX / XXème siècle ayant trait aux industries et aux transports.
Sauf indications contraires, la majorité de ces plombs proviennent du Nord et du Pas de Calais
notamment de la partie la plus septentrionale.
Pour chaque plomb nous avons essayé d’indiquer les dimensions et les provenances et d’indiquer
telle une monnaie un descriptif avers et revers.



QUELQUES PLOMBS ANTIQUES


Petit plomb d’époque romaine daté de 100 ap. J.C.
Trouvaille anglaise.
Ce plomb zoomorphe représente un lion, un éléphant, un lézard et un serpent
Diamètre 18mm.





Plomb de scellé romain vu chez ROMAN ARTIFACTS.COM
En trois lignes : IV / AVGN / LEG
A cette époque IV s’écrivait IIII.
LEG pour LEGION et AVGN pour AUGUSTUS
Cette Légion portait le numéro III. Le IV pourrait correspondre à un poids. Ces sceaux étaient utilisés pour des
messages ou pour sceller un produit commercial destiné à être transporté à travers l’Empire
Ce lien m’a été communiqué par X’RAY que je remercie.




Pour le plaisir du romaniste que je suis …
 magnifique plomb de scellé du IIIème siècle à l’effigie de GALLIEN









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