Bienvenue

 
 
 
 
 Bienvenue sur le site de plantes extraordinaires, sur ce site des dizaines de plantes qui vous surprendront les unes que les autres. Très peu connues, toutes les plantes que vous trouverez sur ce site vous étonneront de leurs particularités. En passant par l'arbre le plus haut du monde, la plante la plus malodorante et l'arbre le plus prolifique, que d'étonnement.Retrouvez aussi des superbes bonsai.
 
 
Créé en 2007, le blog ''plantes-extraordinaire'' attire plus de 100 visiteurs par jour. Aujourd'hui place à un site qui sera progressivement plus abouti que le blog.



Un mammifère américain sur dix ne survivra pas au changement climatique

Un singe tamarin.

Un singe tamarin. MARENT/ARDEA/CATERS NEWS AGENCY/SIPA

BIODIVERSITE - Et jusqu'à 40% d'entre eux dans certaines régions disparaîtraient faute de trouver de nouveaux lieux de vie...

Adieu bisons, lamas et caribous? Les mammifères qui peuplent le continent américain pourraient avoir du mal à s’adapter au changement climatique, selon une étude parue le 14 mai dans Proceedings of the National Academy of Sciences. Un mammifère sur dix, et dans certaines régions quatre sur dix, pourraient disparaître faute de se déplacer assez rapidement pour trouver de nouveaux habitats correspondant à leurs besoins.

Les souris prennent de l’avance sur les singes

«Nous sous-estimons la vulnérabilité des mammifères au changement climatique lorsque nous faisons des projections climatiques et surtout nous ne prenons pas en compte leur capacité à se déplacer et se disperser dans de nouvelles régions», explique Carrie Schloss, de l’université de Washington. En particulier, ce sont les primates, tamarinsatèles, ouistitis et singes hurleurs, qui seraient les plus menacés de ne pas retrouver d’habitat adapté, tandis que les coyotes et les loups seraient les mieux armés pour le déménagement.

Les scientifiques ont croisé des données climatiques, basées sur des prévisions d’évolution des émissions de CO2, avec les informations disponibles sur la rapidité de déplacement des populations d’animaux. Celle-ci dépend  notamment de la rapidité avec laquelle les animaux se reproduisent: ainsi, les petites souris ne vont pas très loin du fait de leur taille, mais leur rapide reproduction permet à la population de rongeurs de se disperser très rapidement. Rien à voir avec les primates, qui eux n’atteignent la maturité sexuelle qu’après quelques années passées avec leurs mères, autant de temps «perdu» pour la  propagation de l’espèce.

Créer des chemins entre les zones habitables

Sans compter qu’ils vivent dans des forêts tropicales dont la surface diminue d’année en année. «Il est important de souligner que lorsque le climat a changé dans le passé, entre les aires glaciaires et interglaciaires, le paysage n’était pas dominé par les champs agricoles, les autoroutes à quatre voies et les parkings, note Joshua Lawler, co-auteur de l’étude. Les espèces pouvaient se déplacer plus facilement.» Les chercheurs estiment que jusqu’à 75% des primates pourraient ainsi se trouver sans domicile. «Nous pouvons les aider en créant des chemins vers les nouvelles zones habitables qui évitent les zones peuplées par l’homme, poursuit Joshua Lawler. Et pour les espèces qui ne peuvent pas tenir le rythme, il faut réduire les stress qui ne sont pas liés au climat. Mais la seule manière d’être sûr que les espèces aient le temps de s’adapter, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre pour ralentir le changement climatique.»

 Audrey Chauvet

Un iceberg dans le fjord norvérgien Kongsfjord en juin 2010

Un iceberg dans le fjord norvérgien Kongsfjord en juin 2010 MARTIN BUREAU AFP.COM

CLIMAT - Ces changements majeurs devraient se poursuivre dans les prochaines années...

L'Arctique continue à se réchauffer, entraînant depuis ces dernières années un bouleversement durable de l'écosystème de la région, conclut un groupe international de scientifiques dans un rapport rendu public jeudi par le gouvernement américain. Selon ces experts «un nombre suffisant de données annuelles a été collecté permettant d'indiquer un changement dans le système de l'océan Arctique depuis 2006». Ils relèvent également la répétition en 2011 d'un vent d'hiver arctique qui sort de la norme pour la région. Etant donné les projections de poursuite du réchauffement planétaire, «il est très probable que ces changements majeurs vont se poursuivre dans les années à venir avec des impacts climatiques, biologiques et sociaux accrus», écrivent les auteurs de ce rapport appelé «Arctic Report Card».

Cinq chauds étés de suite

Cet état des lieux de l'Arctique est publié annuellement depuis ces dernières années par l'Agence nationale océanique et atmosphérique américaine (NOAA). «Ces travaux menés par 121 chercheurs de quatorze pays concluent que l'Arctique continue à se réchauffer avec moins de glace dans l'océan et une végétation sur le sol plus abondante», relève Monica Medina, une haute responsable de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). «Un Arctique plus vert et plus chaud fait qu'il fera probablement l'objet d'un plus grand développement et un rapport comme celui-ci aide à nous préparer à davantage de demandes d'exploitation des richesses arctiques et à prendre de meilleures décisions concernant la gestion et la protection de ces ressources de plus en plus accessibles», ajoute-t-elle. Les fonds marins sont notamment riches en pétrole et gaz.

En 2011, la température moyenne annuelle de l'air près de la surface de l'océan Arctique était d'environ 1,5 degré Celsius plus élevée que durant la période de 1981 à 2010, précise le rapport de la NOAA. La superficie minimum de glace de l'océan en septembre 2011 a été la seconde plus faible pour la saison d'été, après 2007, mesurée depuis le début des observations par satellite en 1979. Et depuis 2006, l'Arctique a connu les cinq étés durant lesquels l'étendue des glaces a été la plus faible jamais enregistrée. Durant deux années de suite, les trois principaux accès à l'océan Arctique étaient libérés des glaces et accessibles à la navigation, un fait très inhabituel.

430 milliards de tonnes de glace en moins entre 2010 et 2011

De 2010 à 2011, l'Arctique a subi une perte nette de masse de glace de 430 milliards de tonnes, soit la plus forte réduction annuelle jamais mesurée par les satellites depuis 2002. Une telle fonte nette de la glace de l'Arctique équivaut à une montée de 1,1 millimètre du niveau de l'océan, selon ces chercheurs. Une acidification des eaux arctiques résultant d'une absorption accrue de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, a également été mesurée dans les mers de Beaufort et de Chukchi. En outre, cette fonte plus étendue des glaces fait que l'Arctique réfléchit moins l'énergie solaire durant l'été et absorbe plus de chaleur aggravant d'autant plus le réchauffement, relèvent les auteurs du rapport.

Le recul des glaces dans l'Arctique menace l'habitat des morses et des ours polaires dont sept des dix-neuf sous-populations voient leur nombre diminuer. Mais le réchauffement du permafrost se traduit par une végétation plus verdoyante et abondante dans la Toundra des régions côtières adjacentes aux zones où les glaces de l'océan Arctique disparaissent le plus. Autre avantage du réchauffement, le phytoplancton dans l'océan, qui est à la base de la chaîne alimentaire des espèces marines, a augmenté de 20% depuis dix ans, notent ces experts.

 Importé par 20minutes.fr



La dette écologique de l'humanité s'accroît

Le rapport Planète vivante 2006 du WWF fait l'état des lieux des pressions exercées sur les ressources naturelles et prévoit qu'en 2050, l'humanité consommera deux fois ce que la planète peut produire si les individus conservent le même rythme de développement.

Source - Novethic.fr - Véronique Smée, Novethic, Mise a jour : 19 juin 2009



Entre 1970 et 2003, la planète a perdu 30 % de sa productivité écologique globale, affirme le WWF dans le rapport " Planète vivante 2006 ", une étude que l'ONG a mis en œuvre depuis 1998 pour évaluer l'empreinte écologique de l'humanité sur la Terre. L'étude s'appuie sur deux indices : l'empreinte Ecologique, qui mesure l'étendue de la demande humaine sur les écosystèmes et l'Indice Planète Vivante, qui mesure l'état de la biodiversité dans le monde et montre la pression menaçant de nombreuses ressources naturelles. L'ONG constate un rythme d'atrophie de la biocapacité terrestre inégalé dans l'histoire humaine, conduisant à une dette écologique de plus en plus élevée. "L'empreinte écologique a dépassé la biocapacité de la Terre en 2003 de 25 % , souligne le rapport. La capacité de régénération de la Terre ne peut plus désormais suffire à la demande des humains, qui transforment en déchets les ressources trop rapidement pour que la nature puisse les régénérer. L'humanité ne vit plus des intérêts produits par la nature mais entame son capital. Cette pression croissante sur les écosystèmes engendre la destruction d'habitats productifs, la détérioration ou la perte permanente de leur productivité, menaçant à la fois la biodiversité et le bien-être des humains."

C'est "l'empreinte" laissée par les émissions de gaz à effet de serre (GES) en raison de l'utilisation croissante de combustibles fossiles qui est la plus importante de toutes parce qu'elle engendre des changements globaux qui dénaturent les écosystèmes et réduisent leur productivité écologique globale. Les émissions de GES contribuent pour la moitié de tous les phénomènes de dévastation ou d'atrophie des grands écosystèmes dont l'humanité dépend pour se nourrir, se loger ou pour son économie.

Les projections faites sur le modèle de " business as usual " estiment qu'en 2050, l'humanité consommera deux fois ce que la planète peut produire en ressources naturelles.

Actuellement, l'empreinte dans les pays du Moyen orient et de l'Asie centrale est en moyenne de 2,2, celle de l'Europe est de 4,8 (5,6 pour la France) et celle des Etats -Unis de 9,6 ( 7,6 pour le Canada). Elles font partie des plus mauvais bilans avec les Emirats Arabes Unis (11,9 ha) et la Finlande (7,6 ha). L'empreinte écologique de l'Europe est d'ores et déjà deux fois trop élevée alors qu'elle se situe dans la voie médiane de l'indice. Quand au bilan français, il n'est pas reluisant : le pays est classé parmi les douze plus mauvais sur les 147 pays de l'indice, en raison de sa consommation énergétique, fossile et nucléaire. Un Français " consomme " 5,6 ha alors que la moyenne par individu devrait se situer autour de 1,8 ha, selon l'évaluation moyenne par habitant de la superficie disponible biologiquement productive. Ces chiffres nous placent en situation de dette par rapport aux pays en développement qui sont eux très en dessous des 1,8 ha par habitant.

D'une manière globale, l'indice Planète Vivante, qui mesure l'évolution de la diversité biologique de la Terre, montre que les espèces terrestres ont connu une baisse de 31% entre 1970 et 2003, et l'indice marin un déclin de 27 % pour la même période. La disparition de certaines espèces à forte valeur économique, comme le cabillaud et le thon, est désormais avérée. En dehors des pays en développement, l'humanité consomme donc trop, et ce depuis plus de vingt ans. Elle a en effet commencé à dépasser la biocapacité globale dans les années 80, un dépassement qui a ensuite augmenté de 25 % en 2003 et atteint 14,1 milliards d'hectares globaux. En clair, il faut désormais un an et trois mois pour produire les ressources écologiques que nous utilisons en une année.

Pour sortir de la crise écologique, le rapport établit trois scénarios pour l'avenir, celui du " business as usual ", celui de la modification progressive, qui permettrait de stopper la surexploitation d'ici la fin du siècle (à condition de diminuer de 50% nos émissions de CO2 en 2050) et celui de la " réduction drastique ", qui contribuerait à la restauration des espèces en réduisant de 40% l'empreinte écologique de l'humanité en 2100. C'est évidemment le plus efficace, mais c'est aussi le moins probable, tant il exige un " engagement radical " des individus.


 
 

Le nombre de tigres a diminué de 95% en l'espace d'un siècle.

En novembre, les représentants des 13 pays dans lesquels vivent encore des tigres à l'état sauvage doivent se rencontrer à Saint-Pétersbourg en Russie pour le Sommet International du Tigre.

Il y a là une opportunité sans précédent d'inverser la tendance et doubler sa population d'ici 2022. Soutenez-nous et faites entendre votre voix en signant la pétition !

 
   

Climat: éviter que les négociations virent "à l'aigre" (Brice Lalonde)

AFP, Mise a jour : 5 décembre 2010

Il faut éviter que les "positions un peu plus radicales" formulées au terme de la première semaine de négociations climat de Cancun (Mexique) ne "fassent tourner les choses à l'aigre", a averti samedi l'ambassadeur climat de la France, Brice Lalonde.

"Quand on arrive à la fin de la première semaine, il commence à y avoir des prises de positions un peu plus fortes, un peu plus radicales, des effets de manche, et il ne faudrait pas que ceci fasse tourner les choses à l'aigre", a-t-il dit.

"Il faudrait que la volonté de compromis demeure", a-t-il ajouté.

Les positions se sont notamment radicalisées à Cancun, où plus de 190 pays tentent de s'entendre sur la façon de lutter contre le changement climatique, sur la question de la prolongation du Protocole de Kyoto.

Les pays en développement présentent cette question comme un élément central d'un accord à Cancun.

Or, le Japon a d'ores et déjà opposé une fin de non-recevoir à une seconde période d'engagement dans le cadre du traité, qui fixe des objectifs chiffrés de réduction d'émissions de gaz à effet de serre aux pays industrialisés, sauf aux Etats-Unis qui ne l'ont pas ratifié.

La première période d'engagement s'achève fin 2012.

M. Lalonde a répété que la crédibilité de l'Onu, sous l'égide de laquelle se déroule ces négociations, était en jeu, notamment après "l'échec" de Copenhague, et que cet élément pourrait amener les équipes de négociateurs à trouver un compromis.

"Les négociateurs savent qu'ils sont quand même sur une branche qui à un moment donné pourrait ne plus les porter", a estimé Brice Lalonde.

"Si le système climatique des Nations unies n'est pas capable d'avancer, les chefs d'Etat de beaucoup de pays se diront que ce n'est peut-être plus la peine d'envoyer autant de monde (aux grandes négociations climat), qu'on va peut-être trouver d'autres manières de faire, d'autres enceintes", a-t-il ajouté.

Aussi, pour le négociateur français, "les négociateurs sentent quand même qu'ils sont obligés de parvenir à quelque chose, avancer".

Le Sommet des maires sur le climat adopte un "Pacte" anti-réchauffement

AFP, Mise a jour : 21 novembre 2010

Le premier Sommet mondial des maires sur le climat, rassemblant plus de 135 villes, a adopté dimanche à Mexico un "Pacte" d'engagement volontaire à réduire les émissions de gaz à effet de serre, en préambule à la Conférence de l'ONU sur le réchauffement climatique.

Ce "Pacte de la Ville de Mexico", notamment adopté par Paris et Los Angeles ainsi que Johannesbourg, Buenos Aires, Bogota et la capitale mexicaine elle-même, sera transmis à la conférence de l'ONU sur le climat qui se tiendra du 29 novembre au 10 décembre à Cancun, célèbre station balnéaire du Sud-Est du Mexique.

Les villes réclament depuis longtemps de pouvoir participer activement à ce type de conférence, comme elles l'avaient déjà fait, sans succès, avant le Sommet des chefs d'Etat il y a un an à Copenhague, qui n'a pu aboutir à un accord global contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre.

Le Sommet des maires s'est ouvert en prolongement du troisième Congrès mondial de l'association d'élus locaux et régionaux Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), qui a choisi comme nouveau président le maire d'Istanbul, Kadir Topbas, pour succéder à M. Delanoë.

M. Delanoë, qui avait annoncé son intention de renoncer au mandat qu'il exerçait depuis six ans, a été nommé président honoraire de l'association qui rassemblait à Mexico 3.000 maires et élus locaux et régionaux de 114 pays.



 

Depuis un an sur les traces de l'eau, le satellite Smos fournit des données essentielles
 
AFP, Mise a jour : mardi 2 novembre 2010 17:57

Un an après son lancement, le satellite européen Smos fournit déjà des informations utiles sur l'humidité des sols et la salinité des océans, notamment au niveau de l'embouchure de l'Amazone, ce qui peut contribuer à l'amélioration de prévisions météorologiques.

"Smos remplit toutes nos attentes et même davantage", résume dans un communiqué de l'Agence spatiale européenne (Esa) Yann Kerr, directeur du Centre d'études spatiales de la biosphère à Toulouse et responsable scientifique de cette mission visant aussi à mieux comprendre le changement climatique.

"C'est un succès, on ne s'attendait pas à arriver à des résultats pareils un an après le lancement, surtout sur l'aspect océanique", a déclaré à l'AFP Nicolas Reul (Ifremer).

Après le lancement le 2 novembre 2009, il a fallu calibrer le radiomètre imageur MIRAS qui mesure à la surface de la Terre un rayonnement micro-onde variant en fonction de l'humidité du sol ou de la salinité de l'eau. La mission n'a "formellement commencé ses opérations que fin mai", selon l'Esa.

De premières cartes mondiales sur l'humidité des sols et la salinité des océans ont été publiées en juin sur la base des données de mars, précise M. Reul.

Les données terrestres peuvent apporter rapidement des informations utiles pour la météo ou le climat. Quant à la salinité de l'océan, c'est un "traceur climatique sur des échelles longues, à part dans des zones dynamiques où il pleut beaucoup, comme dans l'Amazone", explique-t-il.

"Sur le panache de l'Amazone, on arrive à voir des évolutions à l'échelle de la semaine, ce qu'on n'avait absolument pas avant", poursuit-il, soulignant que les eaux de l'Amazone représentent 15% de l'eau douce arrivant dans les océans du globe.

Pour le moment, les cartes n'indiquent le degré de salinité qu'avec une précision de 0,4 gramme de sel par litre d'eau de mer en surface. L'objectif est d'atteindre une précision de 0,1 à 0,2 gramme.

Sur certaines zones, comme l'Océan indien ou le Golfe du Bengale où se déversent de gros fleuves, "des précisions inférieures sont déjà très utiles", selon M. Reul qui évoque le phénomène El Niño. Les données sur la dispersion dans l'océan du panache d'eau douce de l'Amazone peuvent contribuer à la prévision de cyclones, souligne-t-il.

SMOS avait souffert de problèmes d'interférences dues à des transmissions radar ou de radio-télévision dans une bande de fréquences réservée à l'observation de la Terre et à la radio-astronomie. Selon l'Esa, ces émissions indésirables sont "graduellement éliminées".


Comment prendre en compte la forêt dans la compensation carbone ?

Source - Novethic.fr - Véronique Smée, Novethic, Mise a jour : lundi 5 juillet 2010 10:00

Si des mécanismes ont été prévus dans le Protocole de Kyoto pour les pays en développement, rien n'existe pour valoriser le carbone séquestré par les forêts dans les pays industrialisés, ni les produits issus des filières bois. C'est pour combler ces lacunes que le « Club Carbone Forêt-Bois » vient d'être lancé, avec pour objectif de faire entrer ces filières dans l'économie du carbone.

Comment prendre en compte la forêt dans la compensation carbone ?

®Novethic

« Alors que la forêt constitue un puits de carbone particulièrement intéressant, elle est exclue des mécanismes issus du Protocole de Kyoto applicables au pays industrialisés », explique en préambule Benoît Leguet, directeur de CDC Climat recherche, et initiateur du Club Carbone Forêt-Bois.* En effet, rien ne permet aujourd’hui de valoriser les émissions de CO2 séquestrées par la forêt dans l’hexagone comme dans les autres pays industrialisés, et de « récompenser » la gestion durable des filières qui l’exploitent. Les Mécanismes de mise en œuvre conjointe (MOC) issus de Kyoto et applicables aux pays industrialisés ne prennent pas en compte les projets forestiers, contrairement aux Mécanismes de développement propre (MDP) relatifs à la reforestation et à la lutte contre la déforestation, qui permettent la génération de crédits carbone. Par ailleurs, les mécanismes de déforestation évitée (REDD - réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forets dans les pays en développement) actés à Copenhague et destinés aux pays en développement vont également permettre de valoriser, via les crédits carbone, des projets de gestion durable des forêts. Pour autant, ces initiatives, très complexes à mettre en œuvre, existent en nombre infime, alors que des centaines de milliers d’hectares devraient être « reforestés » chaque année pour lutter contre les changements climatiques.

Rémunérer les services rendus par la forêt

De fait, seuls les programmes de compensation volontaire représentent aujourd’hui un vrai marché de la forêt - 20% sont en effet consacrés à des programmes de conservation de la foret-. Ils permettent aux entreprises non soumises au marché de carbone, mais qui veulent afficher une stratégie dans ce domaine, de compenser leurs émissions « restantes », après avoir déjà réduit toutes celles qu’elles pouvaient. Le volume de la compensation volontaire est encore faible -50 000 tonnes par an en France-, mais pourrait se développer grâce à cette nouvelle offre. « Il existe une vraie demande des collectivités locales et des entreprises pour mettre en place, localement, de tels projets. Or, en l’état actuel des choses, c’est impossible », souligne Benoît Leguet. Jean-Yves Henry, président de l’AFSSOR (Association des sociétés et Groupements Fonciers et Forestiers), qui représente les gestionnaires privés, estime également que le marché doit rémunérer les services climatiques rendus par la forêt, obtenus notamment grâce à une gestion durable des acteurs. « Les professionnels sont engagés aujourd’hui dans cette politique, il est normal que ces services soient rémunérés par des actifs carbone. C’est également un moyen d’assurer la pérennité de la ressource forestière », ajoute-t-il.

Alors que chaque acteur (ONF, organismes professionnels concernés, administration et entreprises) travaille séparément sur ces questions depuis Kyoto, le Club Carbone doit permettre de mutualiser les compétences pour faire progresser le débat et expérimenter cette valorisation économique. Mais pour cela, il faudra au préalable définir un référentiel qui permettra d’évaluer la séquestration et d’attribuer une certification aux crédits carbone sur le marché. En effet, toutes les forêts ne se valent pas en la matière, certaines essences étant plus efficaces que d’autres pour absorber le CO2… De nombreuses questions techniques et méthodologiques doivent donc être résolues. Au premier chef, évaluer le potentiel de séquestration des projets selon leur nature (conversion à certaines essences, reboisement, reconversion de terres agricoles en forêt, etc) ainsi que la quantité de crédits carbone générés.

* Le Club carbone-Forêt-Bois a été fondé à l’initiative de CDC Climat Recherche, de l’ONF, de la Forêt Privée Française, de la Société forestière de la Caisse des Dépôts, de l’ASFFOR, de l’Institut technologique d la forêt, Cellulose, Bois-Construction et Ameublement, et du Syndicat des Sylviculteurs de Sud Ouest.